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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 07:28

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« Il aurait pu être un grand matador

Un voleur de poules, un jeteur de sorts

Prendre une guitare, être musicien

Mais sa vie à lui elle est dans ses poings »

Daniel Guichard, « Le Gitan »

Où Daniel dans un élan magnifique d’humanisme tord le cou aux clichés éculés et propose des pistes d’avenir pour le peuple dit « du voyage ». Il a juste oublié en plus de leur proposer la manche aux carrefours le mec !

Où il sera signifié que si la valeur n’attend pas le nombre d’années, l’imbécilité ne s’éteint pas avec la jeunesse et Jean-François attend le train. Celui-ci est en retard, comme d’habitude. Alors Jean-François attend, et attend encore, et il entend. Il entend siffler le train. Que c’est triste un train qui siffle dans la nuit.

Où l’auteur parlera de lui à la troisième personne parce que pour une fois, le contexte s’y prête et que ça ne fera presque pas prétentieux. En plus cela suscite chez lui un fort début d’érection. L’auteur parlera donc de lui, de la vie de Nico le Tich, alors même qu’il ne s’agit pas de lui mais de moi, l’auteur véritable, Marc Houbart. En résumé, si tout ce livre écrit par Nico le Tich est en fait mon œuvre, dans cet article en particulier je parle de Nico le Tich à la troisième personne en prétendant que lui l’écrit à la troisième personne alors qu’il devrait l’écrire à la première. Cette première personne étant moi, qui n’écris pas à la première personne puisque je décris la vie de Nico le Tich qui n’est pas moi mais une autre personne qui écrirait sur lui-même à la troisième personne. Suis-je clair ?

Né le 31 juin 1925 à Baden-Baden-sur-Mad, en Lorraine. Décédé mortellement en l’an de graisse 1999 à Bora-Bora-sur-Meuse, toujours en Lorraine et toujours en pleine forme en ce mois de mars 2012, même qu’on est en avril.

 

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L’auteur, âgé de 6 ans, billebaudant dans le bocage vallonné de sa Lorraine natale. C’est l’époque où il se prend pour un canard et barbotte dans les mares. Daguerréotype retouché par photoshop, de l’artiste transformiste serbe Ivan Démitch, 1996. Don du Musée vivant de la blanquette de veau de Montigny-le-Mûrier.

 

En vérité, l’auteur (moi quoi, enfin moi mais pas moi, Nico le Tich…) est né dans un hôpital comme la plupart des bébés occidentaux depuis des années. Franchement, je vous le demande un peu. Franchement… On nait dans un hôpital, on y meurt souvent. Comment s’étonner dès lors des chiffres alarmants de l’absentéisme au travail et du fait que la sécurité sociale se délite ? Se délite d’hôpital bien entendu.

Comme son illustre patronyme l’indique, l’auteur n’est pas issu de la fange commune à la plèbe crasseuse qui constitue en majorité le lectorat de cet ouvrage. Monsieur a ses lettres, ses titres, ses châteaux, ses origines.

Pas très lointaines les origines, puisqu’à la fin du 18ème siècle encore, ses ancêtres paternels, les Leruth, étaient d’infâmes rustauds de bourgeois nantis de Metz. Comme la plupart des embourgeoisés de l’époque, les Leruth s’adonnaient frénétiquement aux viles pratiques du commerce et de la spéculation, grattant le grisbi avec une avarice admirable de leurs doigts crochus et griffus. La famille fut de celles-là mêmes qui lors de la révolution, léchèrent des culs Jacobins, réclamèrent des têtes et du sang bleu, demandèrent des libertés, mais pas trop non plus pour que le menu peuple ne puisse pas en profiter. On veut bien être démocrates, mais faut pas déconner.

Alors que la noble race des Capétiens préside encore aux destinées glorieuses de la France, les meneurs de la famille sont deux frères, Théophile et Aristide Leruth. Le premier se lance dans un métier de véritable crapule, banquier. Le second, plus inspiré, s’engage dans l’armée royale où il se liera d’amitié avec un petit soldat Corse.

Viendra la révolution et son cortège de grotesqueries polissonnes. Puis l’Empire et son défilé de polissonneries grotesques. Toujours fidèle au nabot corsicain mégalomane, Aristide est intégré à ce ramassis de parvenus, cette vulgaire noblesse d’Empire, suite à de menus services rendus à l’Empereur insulaire. On colla au cul du Leruth, le titre risible de Comte de la Motte, ce qui donna dans le futur beaucoup d’idées farfelues aux femmes de la famille. Il est vrai que s’appeler Leruth de la Motte, ça ne prête pas au jansénisme militant.

Le fils d’Aristide, Bernard-Gontrand, chercha à épouser une fille de vieille noblesse française pour donner un peu de crédibilité à son blason. Bernard-Gontrand, traumatisé par une jeunesse passée sous le joug des quolibets infâmants de ses petits camarades, choisit une fille dont le noble nom ne prêtait pas à sourire afin de laver son patronyme souillé de déshonneur. La perle rare était Marie baronne de la Tichauvent. Ainsi, par l’enfilade patronymique de la Motte et de la Tichauvent, naquit la famille Leruth de la Motte de la Tichauvent.

Tout petit déjà, Nicodème-Abélard montrait une curiosité réjouissante à l’égard de toute chose : résistance à la traction des pattes de criquets, résistance à la flamme de la peau de grenouille, résistance sous la pression des yeux de rouge-gorge, et déjà, il montrait un intérêt certain pour ce qu’on trouvait sous les jupes et dans le corsage des filles.

Cependant, l’Hapax révélateur qui fit basculer l’existence de notre héros advint alors qu’il avait à peine 6 ans. Ce jour-là, où peut-être était-ce une nuit, près d’un lac endormi, Nicodème-Abélard perdit sa première dent de lait. Ses parents lui avaient raconté la fadaise de la petite souris. Curieux impénitent, l’enfant voulait absolument voir ce fameux petit rongeur usurier. Nicodème avait hérité de ses ancêtres la passion pour l’argent : il voulait être sûr qu’en échange de sa dent, il n’allait pas se faire rouler dans la farine. Nicodème veilla, veilla. Et veilla encore. Et alors même qu’il perdait la partie, ses paupières lourdes croulant sous le poids du sommeil, une cavalcade de pas menus venant de sa table de nuit le tira violemment des doux rêves dans lesquels il commençait à dériver. Ouvrant les yeux, il vit la scène : Un rongeur tenant dans une de ses pattes une quenotte d’enfant et dans l’autre un billet de 100 francs. Il vit, mais englué de sommeil, il interpréta mal la scène.

Son poing serré partit à toute vitesse. « Touche pas au grisbi, salope ». Et s’abattit sur le malheureux suricidé. L’animal gicla dans toutes les directions, étalant sur les murs, les draps et le visage de l’enfant de tous petits bouts de côtes broyées, de minuscules morceaux de crâne émietté, de fines gouttes de sang au délicieux goût métallique, de modestes particules de cervelle broyée qui constellèrent la chambre de petits tas grisâtres et gluants, gras et flasques.

D’une part, ce malheureux incident signa, vous vous en doutez (dans le cas contraire, laissez-moi vous dire que vous êtes quand même un peu con), la mort de la petite souris. Depuis ce sont les parents qui pallient à la disparition de l’animal. Ces radins prenant sur leurs propres deniers, en moyenne, ils donnent moins que l’animal au temps de sa splendeur. Salauds !

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« La p’tite souris se rebiffe » Gouachis Parmentier au vaporisateur d’Engelbert Humperdinck, 1417. Peinture où on voit très bien l’implication évidente de la Guilde des Pharmaciens Vinoalsacophiles (voir le caducée sur le bouclier fiscal de gauche) dans l’Affaire Dreyfus. Don du Musée de l’Ovokindersurprisophilie d’Audun-le-Tich.

 

D’autre part, l’expérience fascina l’enfant qui orienta sa vie, ses études puis sa carrière vers la recherche. Parce qu’un chercheur, ça peut faire de la vivisection tranquillement sans que des chochottes à l’effusion facile viennent t’emmerder avec des conneries de critères éthiques. Tu peux transformer des canaris en cabines de téléphérique ou en auto-scooter en leur fourant des électrodes dans le crâne avec les fils qui dépassent pour taper le courant et faire avancer la bestiole toute seule. Mais tu peux aussi, si le cœur t’en dit, mixer des hamsters, trépaner des chats, peler des chiens, ébouillanter des lapins, le tout avec des animaux vivants et conscients en plus.

Si c’est pour faire progresser la science bien sûr. Tout ça doit avoir un but, sinon ce n’est plus de la vivisection mais de la torture. Et la torture, c’est réservé aux défenseurs de la Civilisation Occidentale cachés sur un bout de l’île de Cuba. Cependant, Nicodème regretta toute sa vie que de stupides tabous liés à une pudibonderie mal placée lui interdisent de travailler sur des handicapés ou des orphelins.

La carrière du chercheur commença juste après le jour de la souris comme il l’appela dans sa biographie lorraine, « Un homme frais, beau gars, aimait la Lorraine bancale1 ». Dans la lignée de sa première découverte rhodonticide, il se mit en tête d’attraper Saint Nicolas et le Père Noël pour les étudier. Il n’y parvint jamais. Par contre son père garda une claudication prononcée depuis que Nicodème, alors qu’il avait 8 ans, avait placé un piège à loup au pied de la cheminée, lassé qu’il était de ses tentatives infructueuses avec des collets.

A 16 ans, n’ayant toujours pas chopé le Père Noël, il se décida enfin à se planquer dans une commode du salon pour observer de visu la venue de l’homme du nord. Quel ne fut pas son effroi dans sa position peu commode dans la commode de découvrir vers minuit, son père en habits de père Noël besognant sauvagement la bonne suisse, une certaine Sophie Tell, en criant « Tu n’as pas été sage mais tu l’auras quand même ton sucre d’orge, vilaine ».

Nicodème-Abélard, en une nuit, perdit ses illusions, son père, sa virginité. La bonne on s’en fout. On s’en fout toujours des bonnes.

Ses illusions parce qu’il comprit que malgré des protocoles stricts, la recherche pouvait nous tromper. Son père parce que Nicodème compta jusqu’à 47 en abattant à chaque fois le tisonnier. Sa virginité parce qu’après avoir buté la bonne aussi, il viola sans retenue les règles de non interaction entre un chercheur et son sujet d’expérience, la bonne, son père, le chat qui passait par là.

L’adolescent fut envoyé durant un an dans un centre de remise en forme pour jeunes en décrochage. Sa famille, discrète sur ce genre de mésentente familiale, fit accuser des meurtres le jardinier algérien d’obédience juive qui entretenait la propriété familiale. Nous étions, je vous le rappelle, en 1941 et on ne passait pas encore les Experts à la télé. Les tests ADN étaient plus que balbutiants. En plus, quand Madame la Comtesse prononça « juif » devant les messieurs en béret et cape noire qui supervisaient la maréchaussée, l’affaire fut entendue.

C’est à la bibliothèque du centre que Nicodème reçoit l’illumination sous la forme d’un opuscule sale et usé perdu au bout du rayon « philosophie des sciences et récits de partouzes ». Cet opuscule, c’était le célèbre « Théorie du tout et du rien mais surtout du pas grand-chose » par Anatole Legrain-Gallet, ouvrage à la base de toute l’école française de branlocouillométrie théorique et expérimentale. Nicodème-Abélard est conquis.

En sortant de son centre, il n’a plus qu’une obsession : rencontrer l’immense scientifique, qui affiche à peine 112 ans au compteur en 1942. Il le rejoint à l’Université de Villerupt-lez-Blanchon-sur-Lesse, où il réalisera sa thèse doctorale en branlocouillométrie sous la direction de son mentor qui lui bourra abondamment le crâne ainsi que d’autres parties de l’anatomie, mais la décence et la pudeur m’obligent à jeter un voile vaporeux sur cet aspect des choses.

Puis, il lui fallut songer à l’aisance matérielle, à s’encabaner avec une bobonne dans la camisole morne des jours de routine qui s’égrènent sur le collier de la vie dont les gosses ne sont pas les perles les plus fines.

Bien que Lorrain de naissance, l’auteur n’épousa pas une quiche mais une ardennaise de Bertrix en Belgique, Annick Blondiau. L’amour lui donna des ailes, comme à tous les pigeons amourachés, alors il partit pour le pays qui avait une lourdeur d’avance. L’amour le grisa bien qu’il vît la vie en rose. D’où le fameux adage, « la nuit toutes les Bertrix sont grises alors il faut les tirer ».

Ce fut l’amour de sa vie. Quand en 1982, elle le quitta pour convoler avec la bonne du curé du village qui voulait bien mais ne pouvait point, tzoin tzoin, il en eut le cœur éparpillé façon puzzle. Il écrivit alors son seul ouvrage non scientifique, une œuvre poétique rédigée sous pseudonyme. Il s’agit bien sûr du « Naufrage de la p’tite Annick » par Steven Iceberg.

 

P4300023 L’auteur, recevant la légion d’honneur des mains de Leonid Brejnev. On lit la fierté et l’émotion dans le regard de l’homme. Gravure sur peau de roupette de lapin par Robert Plant, plombier-pâtissier, 1986. Don du Musée de l’andouillette et de la polka de Bais-en-Ville.

   

Voilà. Edifiant non ? Et sa biographie pourrait encore prendre des pages, des livres, tant la vie fabuleuse de cet homme magnifique s’apparente à la geste ardente d’un héros héroïque du légendaire arthurien. Mais las, Georginette sa nouvelle compagne m’appelle parce que c’est l’heure du boulet sauce lapin. Et oui car je vous rappelle que même à la troisième personne c’est de moi qu’il parle.

Et pour finir, le Grand homme décéda en 1999. Enfin tranquille, il se mit à la rédaction de la pierre angulaire de son œuvre et de la branlocouillométrie moderne, la présente encyclopédie que vous avez entre les mains et que je vous serai reconnaissant de manier avec un peu plus de respect, connard. Et mort depuis 13 ans, il passe à table tant que les frites sont chaudes avec sa seconde épouse. Et maintenant tu te tires, voyeur, parce que j’ai faim !

1. Si vous ne la comprenez pas celle-là, tant pis pour vous. Embarquez vous de nuit pour Key Largo. Moi, j'en suis très fier.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 10:48

    Très édifiante et fort vénérable

Encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Très richement illustrée de gravures d'époque.

 

Par le Très Estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

 

 

Agence de notation.

 

Avertissement : Exceptionnellement, cet article n’a pas été censuré et commenté par Maître Maudit Kramen de la Ligue des Bien-Pensants et des Mal-Comprenants (LBPMC), maître Kramen ayant tout vômi son déjeuner sur ses jolies chaussures après le troisième paragraphe. Bêrk !

 

« Alice, ça glisse... Au pays des merveilles

Bravo Franky... Je sens tes groseilles

Alice, ça glisse... Au pays des merveilles

Bravo Franky... C'est du savon d'Marseille »

 

Franckie Vincent Le Majeur

Poète Baroque Flamand Primitif du 10ème siècle dans les environs de Pompéi.

 

 

Alphabétiquement, cette définition aurait dû se retrouver en tête d’ouvrage. Mais sincèrement, commencer un bouquin en causant d’empaffés pareils, ça me faisait mal au fion. Là. Et puis dois-je le rappeler, c’est moi le patron ici !

Une fois n’est pas coutume, je voudrais faire œuvre utile avec cet article. Les agences de notations étant les plus haïssables, les plus abjects tas d’immondices purulents souillant la face du monde comme une bouse de vache défigure le carrelage blanc de ma cuisine (oui, j’ai des vaches dans ma cuisine et alors ? Vous n’avez pas d’animal de compagnie vous ?), j’ai trouvé salutaire de permettre à chacun d’effectuer une certaine catharsis à la lecture de mon œuvre (n’ayons pas peur des mots).

Je ne lésinerai en aucune façon sur les coprolalies dantesques et magnifiques et autres saloperies cochonesques et insultantes destinées à salir leur nom, à les trainer dans la fange. De plus, ma prose ébourifante de finesse et d’intelligence sera régulièrement interrompue par de salutaires « Bandes d’enculés » à l’endroit des enculés grégaires qui bossent pour les agences de notation, interjections sodomites que vous pourrez répéter à loisir en insistant bien sur la finale pour que ce soit plus jouissif. « Bandes d’enculééééééééés ». Faisons un essai.

Bande d’enculés !

Allez… Encore une fois.

Bande d’enculéééééééés !

Ca fait du bien, non ? Ne me remerciez pas. C’est tout naturel.

Bande d’enculés !

Voilà. Au cas, cher lecteur, où vous seriez vous-même employé par une agence de notation et que vous prendriez pour vous ces insultes, rassurez-vous. Ces insultes sont pour vous.

Bande d’enculés !

L’agence de notation est la quintescence voire le parangon de notre si sympathique et humaniste monde post-moderne… Ou post-industriel ? Post-apocalyptique ? Post-intelligent ? Poste restante ? Je ne sais plus. Avec leurs saletés de nom de chiotte qui font cabinet d’avocat de séries américaines genre Ally Mc Beal, leur dimension un peu fantomatique et virtuelle, leur totale absence de moralité et d’humanité, les agences de notations sont en effet ce qui caractérise le mieux notre époque de merde.

chute des bourses 1

 

Il ne serait pas incongru de placer ici une digression. Je voudrais vous parler de la préparation du sabayon d’asperges et de truffes au ketchup. Quoique. Si je digresse dans un sujet sur les agences de notation, ce pourrait être de mauvais goût. Celui, désagréable, de la friture rance, du pouvoir d’achat qui dégringole, du taux de suicides qui grimpe en flèche, dans un pays victime expiatoire d’une civilisation du « après nous les mouches », un pays qui pourtant passe pour l’avoir inventée, cette civilisation occidentale à la con.

Tenons-nous en donc aux agences de notation, infects agglomérats de crapuleux plein de merde dans les oreilles, de traces de moisis dans leurs vieux calebars jaunis de pisse rancie.

Tous ensembles !

Bande d’enculés !

Comment définir une agence de notation ?

Premier essai.

Ramassis nébuleux d’aligneurs de chiffres sans âmes ni enfants. Et s’ils ont des enfants, ils ne les aiment pas. Un comble alors que même les méchants russes du temps de la peste rouge qui n’a eu que ce qu’elle méritait, aiment leurs enfants aussi. Enfin, d’après String en tout cas. Oui, vous savez, String, ce chanteur qui n’avait qu’une corde à son arc-boutant.

Bande d’enculés !

Deuxième essai.

Tas bouseux de grippe-sous sans conscience, abrutis de chiffres défilant sur des écrans sourdant leur froideur électronique par le moindre pixel de leur anatomie robotique comme des marécages putréfiés exhalent les relents méphitiques des chairs putrides d’amphibiens visqueux. C’est mieux. Péteux mais mieux.

Bande d’enculés !

chute des bourses 2 

 

Troisième essai.

Tas de génies malfaisant, sous-déchets de lampes à huile, perdus au monde du goût et de la finesse, définitivement abandonnés des lumières, pervertis par leur passion précoce et morbide pour les mathématiques, les chiffres et pire, la finance. Misérables gnomes s’activant à la déchéance du monde dans les grandes salles grises de la ruine comme des miasmes dans une épidémie de choléra, virevoltant, sarabande démoniaque, de claviers en téléphones, règlant leurs compte aux mauvais payeurs et aux endettés et faisant marcher le monde au pas de la spéculation. Sale horde de fonds de capote de rats d’égouts de merde de chiasse bancale de bordel à couille de mes deux qui te règlent le sort d’entreprises et même de pays, dont pourtant les prises de risque et l’endettement résultant sont parmi les moteurs qui font tourner cette immonde baraque de foire.

Ca c’est de la définition ! Entre les Roberts de Larousse, je dirais !

Bande d’enculés ! Ah ! Ca fait du bien.

Collatéralement, en faisant leur petit caca baveux, ces saloperies vomitives mettent des millions de gens dans la merde noire, provoquent sans aucun doute des dépressions, des chutes dans la drogue et l’alcool, des fausses couches, des suicides, des divorces. Des veuves, des orphelins, des clodos, des premiers ministres de droite. Ils s’en foutent. Les gens, c’est pas leur truc. Leur truc, c’est les chiffres.

Bande… d’encuuuuuuléééééééééééééés !

Bon. Certes. On me dira qu’au départ, les agences de notations sont de simples thermomètres de la solvabilité des industries et des états. Je vous répondrais qu’un thermomètre, on peut se le foutre dans le cul. Donc, oui en quelque sorte les agences de notation ne sont que des thermomètres. N’empêche.

Ces charmants compères si prompts à annoncer à grand renfort de presse, la dégradation d’un pays dont on sait pourtant déjà largement qu’il va mal, augmentant ses taux d’intérêt et ouvrant la porte aux pires merdes de brouillons d’êtres humains qui existent, les spéculateurs, ces agences donc, furent nettement moins au taquet quand il s’agit de tirer la sonnette d’alarme quant à la crise des subprimes. Il faut savoir que peu avant le début de la crise en 2008, ils donnaient encore d’excellentes notes aux produits dérivés spéculatifs les plus « toxiques ». Bravo, les gars. Vous avez le nez fin. Tu parles d’une bande de klettes de première catégorie.

Bande d’enculés !

chute des bourses fin 

 

En général, un thermomètre, quand tu te l’enfonces dans le derge, c’est juste pour te prendre la température, pas pour empirer la maladie. Mais peu importe le rôle économique exact et les mécanismes brumeux de la finance internationale et du capitalisme aveugle. Je m’en fous. Ce qui m’importe moi, c’est qu’il y a des gars qui travaillent chez des Fritchs, des Brooly’s ou des Poor band of fuckers, des gars qui en vivent, qui s’en nourrissent, voire pour leurs dirigeants qui s’asseyent sur de confortables paquets de fric malodorant. Des mecs qui cliquent, qui calculent, qui pondent des rapports, avec des chiffres plein la tête et les yeux, mais qui doivent bien savoir que leur boulot, à un moment, va emballer la machine, mettre des gens dans la misère, provoquer des faillites, des délocalisations, des licenciements massifs, des putains de drames humains ! Qui doivent savoir et dorment tout de même. Un épouvantable marasme de bougres de sacs à merde de vieilles bites puantes de vômi de bordel à cul de satan de mes couilles, vous dis-je. Saperlipopette ! Sapristi !

Bande d’enculés !

Rapellons nous avec joie le Japon, dévasté par un cataclysme, rongé par les miasmes radioactifs. C’était en mars 2011. Peu après la catastrophe, le Japon avait vu sa note dévaluée par les trois sympathiques associations de malfaiteurs en col blanc. Si ça ce n’est pas une preuve d’humanité débordante, je veux bien manger le slip que je porte depuis quatre jours alors même que dimanche, j’ai mangé un cassoulet. C’est vous dire si je suis sûr de mon coup.

N’ayons pas peur des mots : les succédanés d’êtres humains qui travaillent pour ce ramassis merdeux ne sont que de vils étrons flasques et humides mâtinés de suppuration gluante et tiède de furoncle nécrosé.

Bande d’enculés !

Nos enfoirés de compétition notent aussi les grandes entreprises, innocemment évidemment, pas plus coupables que des themomètres dans un cul de dromadaire chichiteux ou dans le fion béni d’une nonette anachorète.

Tout ça pour juger leur capacité à rembourser leurs emprunts. Aux entreprises, pas aux nonettes ni aux dromadaires.

Seulement, les entreprises, qu’est ce qui leur permet de rembourser leurs emprunts ? Ben leur marge pardi. Enfin en économie, matière fécale à laquelle je n’entends pas grand-chose, mais j’ai été sur wikipedia, on dit taux de marge opérationnel. Bon en quelques mots, pour rembourser ses emprunts, faut du grisbi mobilisable. Et comment que l’entreprise elle met des pépettes de côté ? En rognant sur le dividende des actionnaires ? Ben non patate. T’es vraiment une buse économique ! Les pépettes, on se les taille à grands coup de délocalisation, de gel des salaires, voire d’arrêts d’investissement dans des filiales qui rapportent pas assez et qu’on veut faire sécher comme un bubon sur les fesses d’une adolescente. Rationalisation des coûts qu’ils appellent ça.

 

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« Le Capitalisme embroche la liberté » allégorie sur feuille de rose, sculptée au marteau sur enclume de Vlad Chipotesku, artiste Roumain de l’Ecole de Sprotch. 1695. Don de l’Institut Albator Pagny d’Oulan Bator.

 

 

Parfois, si pas souvent, les agences de notation s’essaient au comique. Et dans ce cas, même des sommités de la rigolade comme Coluche peuvent aller troquer leur salopette de clown contre un uniforme de trader. Parce que question comique…

C’est ainsi qu’on lit l’histoire rigolote suivante sur le magazine en ligne « Rue 89 ». Oui je sais, un repaire de gauchistes… L’entreprise Renault paie l’agence Froutch, Fritch, Fitch, pardon pour noter sa santé financière. En juin 2011, dans son rapport, l’agence recommande gentiment à Renault de prendre des « mesures de réduction des coûts et de délocalisation de la production à l’extérieur de l’Europe de l’Ouest ». Sympathique en diable !

Ce qui est comique dans l’histoire, c’est que le propriétaire de l’agence Frotch, un Français (rien de bon chez le Français, je vous l’affirme) avec un nom du genre de ceux qu’il ne faisait pas bon porter au temps de la Terreur Salvatrice imposée par les belles âmes républicaines, est aussi actionnaire et membre du conseil d’administration de Renault ! Donc le gars arrive à la table, s’assied et se conseille à lui-même de délocaliser un max. Il se dit merci pour le pognon que Renault lui verse, à lui et à Frotch. Puis il se lève, s’assied sur la chaise en face et se répond, « Ah ça c’est une idée ! », et enfin empoche une partie des bénéfices engrangés grâce aux délocalisations. Je ne vois qu’une chose à dire.

A votre avis ? Tous en chœur de tout cœur :

Bande d’enculés !

On s'en fout de toute façon. Bientôt, lâchement, dans le silence feutré des renoncements hypocrites, mars... ne passera pas l'hiver !

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 12:51

 

Très édifiante et fort vénérable

Encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Très richement illustrée de gravures d'époque.

 

Par le Très Estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

 

Avertissement : Cet article a été lu et censuré par Maître Leboutte de la Ligue des Bien-Pensants et des Mal-Comprenants (LBPMC) qui n'y a rien trouvé de grossier, vulgaire, offensant ou discriminant. La ligue a cependant inséré quelques notes de bas de pages à l'intention des mal-comprenants. Merci la Ligue !

Et comme d'habitude en introduction un extrait d'oeuvre poétique majeure du patrimoine francophone !

 

« Je m’appelle Emilie Jolie,

Je voudrais réussir ma vie

Être aimée, gagner de l’argente

Puis surtout être intelligente »

Eric-Emmanuelle Six

 

Chères lectrices, chers lecteurs, cher Hannibal, messieurs les représentants du bareau, messieurs les limiers et toi, mon petit François1.

J’ose augurer de l’acuité de vos consciences quant à deux faits indubitables inhérents à nos sociétés modernes.

1.      L’Ennemi2 est parmi nous

2.      L’Ennemi est partout.

Indubitable, vous-dis-je. Je voudrais bien, dès lors que vous osiez, ne serait-ce qu’une seconde, le dubiter, pour voir. T’oses pas, hein !

L’Ennemi est partout et corolairement, n’en doutez point, l’Ennemi est barbu. Et s’il se rase, l’Ennemi reste barbu à l’intérieur. Quand bien même il n’aurait plus un poil sur le caillou, par-dessus, par-dessous, il reste incommensurablement barbu, au plus profond de la noirceur inimitieuse de son âme torturée.

Un barbu, c’est très connu, ça a toujours quelque chose à cacher. C’est veule et sournois un barbu. De mémoire d’homme, tous les barbus connus ont toujours été des êtres peu recommandables. Et des exemples, j’en ai à foison. 

 

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Justine Henin et Cécile de France lors d’un concert caritatif en faveur du Cercle Scalaglobuphilique3 des femmes à barbe orthodoxes gauchères de Malte. Si on ne voit pas les barbes habilement dissimulées sur cette image, on reconnaitra malgré tout que Justine et Cécile portent de beaux chapeaux. Don de l’Institut Bosniaque pour la Promotion du Malt Torréfié dans la Bière Blanche.

 

Fidel castro, un des derniers tyrans de la clique rouge qui pourtant, c’est étonnant, aime aussi ses enfants, c’est tout de même bien un barbu, non ?

Raspoutine, le sinistre moine lubrique à la fausse poitrine d’une opulence risible… Pensez-donc, il portait des bonnets M. Un barbu !

Saint Nicolas, ce sinistre cureton qui fricote avec les enfants et ses suspects « Pierrots noirs », douteux amalgames aux relents colonialistes entre un Gilles de Binche et l’Oncle Tom… barbu non ?

Véronique Samson, chanteuse interlope qui nous conseille de visiter le Paradis Blanc, celui des lignes de poudreuse chères à un ex-présentateur vedette et chauffeur de bus français.

Bien d’autres encore, plus séditieux, fuyants, comploteurs, spoliateurs et barbus les uns que les autres : l’Abbé pierre, Mussolini, Zaz, Lady Gaga, François Hollande, Justine Henin. Des barbus vous dis-je !

  

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« Le barbu se rebiffe », estampe norvégienne sur papyrus de Monseigneur Léopard, artiste à taches, 1478. Don du musée vivant de la couenne de porc aux endives de Féroncle-sur-Pus.

 

Cependant, sans conteste, le plus terrifiant, le plus inique, le plus vilain des méchants barbus reste Oussama Ben Laden, dont l’ombre pileuse fait trembler l’occident depuis près de 20 ans.

Ben Laden, qui bien entendu, tout seul comme un véhément barbu, a créé, inspiré, armé toute une armée de barbus et de barbues, Al Qaïda ! Et n’ayons pas peur des généralisations sottes et abusives, en fervents défenseurs de l’intégration que nous sommes, derrière Al Qaïda se tiennent en rangs serrés tout les Islamistes du monde entier, certainement que oui si on vous le dit, et même l’Islam tout court, les Musulmans carrément ! Tous ! Des barbus vous dis-je ! Ne les entendez vous pas venir jusque dans nos bras ?

De la juste méfiance envers la capilarité débordante à l’Islamophobie, il n’y a qu’un pas et croyez-moi, je ne suis pas le premier abruti à le franchir.

Pensons donc à tous ces barbus qui nous spolient et tentent de nous imposer leur religion, même pas foutus d’avoir l’air moins barbus pour s’intégrer et trouver du boulot. Ils appellent ça du racisme alors qu’il ne s’agit que de la timidité légitime propre à nos mœurs raffinées.

Ben Laden, cela ne vous aura pas échappé, est un barbu. Moins barbu que Marine Le Pen, mais barbu quand même.

Avec ses sbires pileux, il s’est infiltré partout et a coulé sur le monde civilisé (c’est-à-dire nous, si cela vous avait échappé) une chape de terreur. On connait l’implication des barbus dans les attentats de New-York, Londres, Madrid, leurs crimes odieux lors des croisades de l’Oncle Bush, ces salauds ayant eu le toupet de se défendre et de riposter plutôt que de se laisser démocratiser bien gentiment.

Ce qu’on connait moins, c’est l’implication directe, écrasante, définitive de Ben Laden, des barbus, de l’Islam dans les plaies, qui telles celles d’Egypte (coïncidence d’origine géographique troublante, on ne parle jamais des plaies de Rouen ou de Namur), sapent les fondements de notre civilisation qui finit par l’avoir dans le cul. Et là aussi je possède des exemples à toison, comme disait Demys Roussos devenu V.R.P. en moquette synthétique.

L’explosion du volcan Islandais en 2010 ? Les barbus évidemment !

Fukushima ? Les pileux pardi !

Le réchauffement climatique ? L’Ennemi !

The Voice ? Les barbus encore. La preuve en est, erreur stratégique majeure, que dans la version TF1 de l’émission, il y en avait un dans le jury, aux airs méphistophélétiques et fort jolie d’ailleurs, cette Jennifer.

La chute des bourses ? Les barbus !

L’affaire DSK ? Les barbus !

Standard et Poors ? Les barbus !

Le Titanic ? Je vous le donne en mille ! Vicieux en plus, le type s’était donné un pseudo juif pour les faire accuser ! Iceberg qu’il s’appelait !

Le dernier album de David Guetta ? Hé oui… les barbus !

Partout ! A la messe le dimanche, le type sur une croix qui regarde le type en djellabah qui récite son omélie ? Un barbu !

Ils font tout pour hâter la perte de notre civilisation. Infiltrés, lovés autour des rouages de notre société, complotant, ourdissant et pas seulement dans le bâtiment4. Ils viennent jusque dans nos bras, vous dis-je ! Cachés lorsqu’il le faut ! Ils se rasent ! Après les crypto gauchistes, voici les crypto barbus. Saint Gilette priez pour nous !

Partout, dans tous les coups fourrés ! Comment expliquer sinon l’érosion de nos valeurs, la perte de nos âmes ?

Comment est-on passé de Brel à « Alors on danse » ?

De Benny B à Justin Bieber ?

De Gilbert Bécaud à Benjamin Biollet ?

De Piaf à Zaz ?

De Coluche à Dieudonné ?

Les barbus, simplement.

Quand il pleut pendant tout votre week-end ? Bien sûr que oui ! Eux !

 

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« Bouttons dehors, Bouton d’or » fusain sur feuille de thé de Jean-Pascal Lacoste. Allégorie sur le thème des croisades, l’Islam pourfendant le vilain chevalier occidental. Sur la gauche, notez la présence de Justine Henin, barbu très connu avec sa grosse raquette. Don du Centre laïque pour l’égalité du jour et de la nuit de Boussu-en-Fagne.  

 

Tout petit, le barbu, alors qu’il n’est pas encore barbu, est envoyé dans le désert dans un camp à barbus pour devenir un barbu. Là-bas, Monsieur Ben Laden, Barbu de tous les barbus, lui apprend les Sourates selon Kalachnikov, le maniement de la grenade et la haine de l’occidental. Au bout de dix ans d’entrainement, le barbu est devenu un barbu. Décidément, les barbus sont longs à la détente, à défaut de l’être de la gachette. Dix années dans un camp à chier des briques dans le désert pour comprendre que la civilisation occidentale est corrompue et décadente… Tu allumes la télé sur TF1 et après dix minutes de Secret Story, tu l’as pigé, toi, que l’occident est sur la pente savonneuse de la décrépitude morale !

Cependant, le sol rocailleux du désert est fertile pour le barbu qui de graine devient arbre de colère et de vengeance aux branches qui dans l’azur touchent de leurs bourgeons l’âme du Très-Haut qu’en plus il est Très Grand. Le barbu est un arbre dont le fruit est la grenade. La grenade pousse sur une ceinture que porte le barbu. Quand il est mûr, le barbu aime à se faire exploser au milieu des foules innocentes, répandant ainsi sa colère, la parole divine et aussi pas mal de jus. C’est logique. On nous le dit dans toute la presse féminine et les magazines santé : le jus de grenade c’est anti-occident5 !

Et après, on vous parlera d’un problème d’intégration. Si on pouvait déjà régler celui de la désintégration, ce serait bien.

 

montage benny 

« Le Barbu est prêt à tous les subterfuges, même les plus subtils pour parvenir jusque dans nos bras. » Montage photo saisissant de réalisme d’Abdul Pohlâ, élagueur-chapiste, 1918. Don de la Confrérie des Femmes salafistes voilées de la Grand-Roue de la Foire du Midi.

 

Analysons à présent la philosophie qui sous-tend le comportement du barbu.

Le barbu est fortement imprégné de religion, de religion monothéiste6 qui plus est, ce qui de mémoire d’homme, n’a jamais porté à la gaudriole légère ni au gambadage primesautier. Le monothéiste est un gars généralement monomaniaque et atrabilaire. Tout entier, il se consacre à la vénération, à l’amour de son Dieu et au prosélytisme salvateur auprès des âmes égarées tout en maugréant rageusement quant à la folle insouciance des incroyants. Enfin, tout entier… un peu moins après l’utilisation de la susdite grenade évidemment.

Il existe essentiellement trois grandes religions monothéistes, dites révélées, parce que Dieu est venu, a expliqué ce qu’il fallait dire, faire, penser et qu’après tu fermes ta gueule. Il s’agit du Judaïsme, du christianisme et de l’Islam.

La quatrième, qui vénère Bouddha, n’est pas vraiment une religion, ses relevants étant trop tolérants pour ça.

Pour chaque religion, les tenants des deux autres sont des infidèles, des incroyants, des sauvages à peine pourvus d’une âme. Ils ne méritent que la conversion de force, le bûcher ou la hache. Les trois grandes religions monothéistes font montre dans le domaine de l’intolérance imbécile et de l’obstination obtuse d’une communauté de pensée qui force le respect. C’est tout de même beau l’universalité humaine.

Chaque religion soutient mordicus que c’est son Dieu qui est le bon et pas celui des autres. L’observateur attentif se rit déjà de cette intolérance car il aura compris que les trois grands créateurs des trois religions, à savoir Yavhé, Dieu et Allah, sont en fait le même mec. Cela sautera aux yeux du premier imbécile athée venu : si Dieu est unique, il est unique. Il ne peut y avoir trois Dieux uniques. Ou alors ce n’est plus un panthéon mais une république bananière. Cela dit, j’en conviens, un panthéon d’un seul Dieu, c’est facile à énumérer mais un peu chiant quand même. Un panthéon monothéiste, c’est un peu un One-god chaud !

Si on s’en réfère aux écritures, il n’y a effectivement qu’un Dieu et la B.D. qui raconte ses aventures commence de la même façon pour les trois religions : Adam, Eve la salope, Moïse, Abraham, toute la clique. Une clique essentiellement masculine, les femmes étant dans l’histoire soit des grognasses soit des greluches, un peu comme dans les aventures de Tintin. C’est là un des nombreux points communs des trois religions, le caractère à peine humain qu’on accorde à la femme. Comme quoi, il n’y a pas que du mauvais dans la religion.

Le problème ne vient pas de la saga de base, la bible, mais des franchises. Les chrétiens font grand cas de la série dérivée, le Nouveau Testament, qui met en scène Jésus, une sorte de beatnik avant l’heure. Les Musulmans, eux, ne jurent que par le Coran, récit des tribulations désertiques d’un certain Mahomet.

 

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« Sur le Mont Sinaï, Moïse révèle la Vérité au Peuple ébahi ». Vu sa posture, on se demande quand même s’il ne se fout pas de la gueule du monde. Gouache au pili-pili sur velin, Edouard Mitchell, danseur crépusculaire de boogie-woogie, 1487. Don du Centre d’Art contemporain et de recyclage des déchets de Marcinelle-sur-Pacifique.

 

L’esprit affuté pourra bien déceler quelques différences subtiles à propos de broutilles protocolaires : ce qu’on peut manger ou boire ou pas, c’est qui le chef de bande, quand on fait la fête et qu’on a congé, le nom qu’on donne au prêtre : Rabbin, Imam, Curé, mon chéri ou grosse biloute.

On peut également relever quelques divergences eschatologiques7 (non ce n’est pas sale) mineures mais de fond. Par exemple, si l’attitude des chrétiens (les derniers, les vrais, les fondamentalistes) et des musulmans devant le destin est assez similaire, plutôt fataliste du style « c’était écrit », le chrétien est fondamentalement pessimiste alors que le musulman est optimiste8. En effet, pour le premier, le pire est à venir, le jugement dernier, alors que pour le second, l’Épire c’est du passé. En 622 en fait9. Je me demande quand même si je ne confonds pas Médine et Macédoine, moi. Quelle salade ! 

Une remarque, si vous le voulez bien. Si le jour de l’Armageddon, nous mourrons tous pour renaître et nous asseoir sur un banc à la droite du père, formulons l’espoir que ce dernier n’ait pas profité de soldes estivales chez ALDI pour acheter le susdit banc, car nous risquerions de nous retrouver le cul à terre, maudissant la piètre qualité de la main d’œuvre coréenne. Mais suis-je sot, seuls les justes seront appelés, ce qui réduit quand même vachement le nombre de culs sur le banc.

Cependant, sur l’essentiel, les trois religions sont d’accord : les curés mettent des robes et ont l’air de grosses fiottes, on coupe un morceau à celui qui n’est pas comme nous, les femmes n’ont pas d’âme et devraient fermer leur gueule quand on s’essuie les pieds sur leur dos.

On conçoit ici toute la crétinerie sordide de ces cons, croyant dans le même Dieu avec la même intolérance rigide, avec les mêmes règles de fainéantise (que ce soit le vendredi, le samedi ou le dimanche, il y a quand même un jour de la semaine où ils foutent rien, gauchistes !), avec la même foi béate en l’immaculée infaillibilité du Très-Haut, créateur de toute chose visible ou invisible. Mais quels cons ! Dieu, cet amateur de havanes, m’en fume le cigare à moustaches !

Tout cela alors même qu’ils ont sous les yeux la réalité pouilleuse, sans pitié et sans logique d’un monde de merde ! Tout cela alors même que le Très-Haut, cet idiot, a oublié d’expliquer aux franchisés des trois dogmes qu’ils bossaient tous pour la même crèmerie en fait et qu’il ne servait pas à grand-chose dès lors de se taper sur la gueule !

A moins que le Très-Haut soit un peu vicieux… C’est une option que je ne peux rejeter en toute bonne foi.

Le pire, c’est que les zélateurs des trois obédiences vous soutiendront avec enthousiasme que leur religion est Amour, Ouverture et Tolérance. On a tout de même du mal à le croire lorque l’on songe à l’inquisition, au 11 septembre, à la Palestine ou à Mgr Léonard. Mais enfin, s’ils le disent…

Quand on croit fermement à un Dieu, une Vérité inaltérable et indiscutable, une Révélation, quand on s’offre le luxe pour toute solution à ses plus profonds questionnements existentiels de se contenter de suivre un livre, une recette où tout est déjà écrit et qu’il suffit d’appliquer plutôt que d’affronter le doute, la peur de l’inconnu, comment voulez-vous rester ouverts aux autres et à la diversité ?

Tels sont donc les terribles barbus et leur chef Ben Laden, des monothéistes, à la menthe généralement. Comment voudriez-vous dès lors qu’on n’effraya (Van den Bosch) pas légitimemement pendant des années le quidam d’occident dans sa chaumière en agitant dans l’ombre la silhouette inquiétante et pileuse du maître du terrorisme ? Déjà que quand on lui raconte, le quidam occidental, que les mecs au tour de France ils se tapent les cols sans rien prendre, il le croit ce con ! Alors, Ben Laden Grand Maître des Vilains… Et comment reprocher à l’Oncle sam d’avoir scénarisé le terrassement de la bête à la manière d’un Rambo flamboyant ?

En attendant de passer à côté de cette question primordiale, je voudrais quand même vous signaler que les hideux de mars risquent bien d’être trois cette année !

 

(1)   Il s’agit bien entendu de François Villon, seul François connu méritant qu’on l’admire selon l’auteur. Nous, à la LBPMC, on ne comprend pas, on aime bien Frédéric François aussi !

(2)   On remarquera le e majuscule. C’est vous dire si vous pouvez avoir les choquotes !

(3)   Scalaglobulophilie : Il semblerait que certains désaxés collectionnent les boules de rampes d’escaliers. Bon c’est mieux que les rampes dans leur entièreté… Et on peut se réjouir qu’il s’agisse de boules…

(4)   Voilà bien le type d’humour cher à l’auteur qui traduit sa simplicité profonde. Ourdir, un hourdis… Vous verrez qu’il finira par nous sortir un ourdi, nateur ou la bénédiction hourdis et orbite… Quant à l’hourdination des prêtres, laisse bêton !

(5)   Voilà. Tout ça pour ça. Toute cette métaphore sur l’arbre, le désert, les fruits pour en arriver à un bête jeu de mots abusant de l’homophonie entre oxydant et occident. Quant au double sens de « grenade », soyons simplement heureux que l’auteur n’en profite pas pour nous parler de ses couilles…

(6)   Monothéiste : du Greco-belge mono, une fois et Théos, le thé. Personne qui ne prend le thé qu’une fois par jour. A opposer au polythéiste qui est généralement anglais et qui ne cesse au long du jour de se taper des cups of tea avec du chocolat à la menthe en exhibant ses incisives prohéminentes et sa vilaine peau de roux.

(7)   Eschatologique ? : si ça parle de caca, oui.

(8)   Nous vous conseillons de vous accrocher fermement aux écoutilles pour le jeu de mot qui va suivre.

(9)   On vous avait prévenu ! C'est pire que tout. Il prend la religion à la l'Hégire.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 07:59

 

Très édifiante et fort vénérable

Encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Très richement illustrée de gravures d'époque.

 

Par le Très Estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

 

Avertissement : Cet article a été lu et censuré par Maître Leboutte de la Ligue des Bien-Pensants et des Mal-Comprenants (LBPMC) qui n'y a rien trouvé de grossier, vulgaire, offensant ou discriminant. La ligue a cependant inséré quelques notes de bas de pages à l'intention des mal-comprenants. Merci la Ligue !

Et comme d'habitude en introduction un extrait d'oeuvre poétique majeure du patrimoine francophone !

 

Anacoluthe

 

« C'est la fête au village

Les parents, les enfants

Ont avalé leur potage »

Les Musclés

 

 

Alphabétiquement parlant, ce mot devrait précéder anachorète, mais, je le rappelle, je t’emmerde.

Il ne faut pas confondre l’anachorète et l’anacoluthe. Bien que tous deux fassent partie de la panoplie langagière du capitaine barbu dont il ne faut pas dire le nom sans y être autorisé par les gens dont la société porte le nom d’un château imaginaire inspiré de celui de Cour-Cheverny en Sologne, ils ne recouvrent pas les mêmes réalités épistémologiques1.

Je m’explique. L’anacoluthe (ou anacoluthon) est en effet une figure stylistique qui, par une rupture voulue de la construction syntaxique, conserve non seulement le sens et la facilité de compréhension mais apporte surtout un avantage à l'expression.

Anacoluthe vient de ce bon vieux Grec antique et ne doit dès lors pas être confondu avec l’analocuthe, qui est beaucoup plus douloureuse2. Il y a dans anacoluthe un alpha privatif comme dans :

A pas de bras, a pas de chocolat.

Amoral : qui n’aime pas la moutarde

A Balmoral : quand tu as la tête dans le cul, va donc faire un tour à Spa.

Amiral : qui n’a pas de miral

Analphabète (comme ses pieds) : Qui n’a pas de phabète dans le cul2bis

Abyssinie : privé de désert…

 Et pendant ce temps, au musée...Chocolat

 

Et puis il y a akolouthos « qui suit », comme dans « l’acolyte suivait monsieur le curé dans sa chambre ». L’anacoluthe signifie « qui est sans suite » en parlant d’une figure de style évidemment, pas d’un politicien wallon.

Heureusement, les politiciens wallons (et plus généralement les politiciens, ne soyons pas stupidement racistes, et ça, ce n’est pas une anacoluthe mais un pléonasme), les politiciens donc, seraient alors tous des anacoluthes3, n’ayant que très peu de suite dans les idées en général. Quant au général, pas plus que le colonel, il n’a de suite dans les idées non plus puisque son activité principale autant que sa raison d’être, reste la guerre, activité stupide et contreproductive s’il en est4.

Ce qui n’empêche pas l’acolyte, pourtant issu lui aussi de l’akolouthos comme l’anacoluthe, d’avoir perdu son h dans l’histoire, jalonnée s’il en est de guerroyages sauvages et bestiaux à coups de hache. Vous conviendrez d’ailleurs avec moi, en parlant de haches, que ce texte a de moins en moins de tête et de plus en plus de queue, mais je ne m’aventurerai pas dans de tels parages nauséabonds. Tiens, toujours en parlant de haches, Bertrand, 19 ans, de Liège m’écrit : « J’irais bien faire un tour à Maas ». Cher Bertrand, n’oublie pas que les coffee shops sont maintenant réservés aux résidants. Ca ne me semble pas très net vis-à-vis du traité… de Maastricht, justement, mais bon, c’est toi qui vois pour le dépôt de plainte.

Cela dit, cette perte de hash n’est pas délétère pour l’acolyte puisque sniffer de l’éther ce n’est pas de son h. Bon, craignant de manquer d’air tant je pète dans la stratosphère, je vais redevenir plus terre à terre.

C’est le moment de vous servir la suite. Et donc l’anacholute n’en a pas, de suite, n’est ce pas tout bonnement la classe ? D’ailleurs ne parle t-on pas d’anacholute des classes, dans le cas d’un cancre sans avenir ? Classons ces sentences sans suite puisqu’il n’y a plus de saison5.

Au contraire, le feuilleton « Plus belle la vie » n’est pas une anacoluthe, parce qu’il y a toujours une suite et que les saisons se suivent. Quant à DSK, ce n’est pas non plus une anacoluthe parce qu’il y a toujours une bonne dans sa suite en toute saison.

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« L’anacoluthe des classes, Hollande 1-FMI 0 » Peinture au fusain sur soie d’araignée de Wilfried Tumba, chauffagiste letton, 2012. Don du Musée de la brouette népalaise, Lorgny-en-Boise. On remarquera à gauche Nicolas Sarkozy6 brandissant le bouclier fiscal.

 

Alors que l’anachorète tire une longue figure, l’anacholute en est une de style. Une figure de style que les esprits chagrins qui président aux destinées mortifères d’une langue figée voient souvent comme une erreur de syntaxe. Bande de gueux va !

Le zeugma, la tmèse, l’anastrophe sont des anacoluthes. Je vous vois déjà plus bouche bée qu’un requin baleine se remplissant la panse de plancton.

Rassurez-vous, je ne vous bassinerai pas avec la définition de chacun de ces termes. Je me contenterai de vous en donner quelques exemples bien choisis.

Cependant, je saurai gré aux amateurs de scrabble lisant cet ouvrage de bien vouloir me laisser leur obbole à la sortie.

A ce propos, savez-vous quelle est la meilleure obbole pour un comique ? L’obbole de riz bien sûr.

Et pour Mireille Mathieu? La coupe obbole évidemment.

Je dis Mireille Mathieu mais cela laissera de bois les plus jeunes d’entre vous qui ne se souviennent pas de cette dame. Mais le gag fonctionne aussi avec Jeanne d’Arc, qui est tout de même une chanteuse plus récente. Pour les jeunes crétins alpins qui me liraient, Mireille Mathieu était une chanteuse du siècle passé, très croyante. Quant à Jeanne d’Arc, c’est l’oubliable interprète de « En rouge et noir », et de « Tout feu, tout femme ». Ah non, désolé, on m’informe que « En rouge et noir », c’était Jeanne Stella7qui l’interprétait. Ou Jeanne jupe en l’air7, je ne sais plus…. Ah non Jeanne Alken Maes7…   P4260166

« Mireille Mathieu va au Delphinarium de Chinon ». Soudure à l’arc sur bûches de Dom Rémy d’Orléans.1492. Certains auteurs pensent que sur cette œuvre, Mireille n’est pucelle qu’elle était. Don du musée de l’autruche de course, Reims-la-Glotte.

 

Revenons à nos anacoluthes. Répétez cette phrase 10 fois en faisant bien les liaisons.

« Revenons Za nos Zanacoluthes. » Dix fois.

Bien.

Plus difficile.

Toujours avec les liaisons. Dix fois.

« Revenons à nos anacoluthes zentils agneaux anaux sans anneaux. »

Ceux qui auront échoué gagneront un séjour d’un week-end à Roubaix, en novembre, en compagnie d’Anne-Marie Lisin et de Michel Daerden8. Tant pis pour vos gueules.

Donc différents types d’anacoluthes…

 

Le zeugma est une rupture de la structure syntaxique.

Exemples de zeugma :

« Elle abandonna son pantalon et sa vertu. »

« Il posa sa serviette puis sa question : voudriez-vous me faire le lit et une pipe ? »

DSK, dans : « Dominique l’embrouille au sofitel », Wouane Manne chaud de 2011.

 

La Tmèse9 ou hyperbate : C’est la séparation de deux mots normalement assemblés en intercalant un ou plusieurs autres mots ou le prolongement d’une phrase par ajout d'un élément.

« Une source anonyme et humide m’avait refilé des informations et la chtouille. »

Georges Simainon dans « Maigret et l'arc-en-ciel magique de Potiron»

« Tous ces zonards chomaient, dont c’était le métier»

Edgar-Marguerite Zemmour, dans « L’œuvre des noirs10. »

« Au Val Duchesse, les conneries commencent et les pourparlers. »

Bruno Michel, neveu de Louis, en parlant de la loi de financement.

 

Quand à l’anastrophe, c’est simplement l’inversion raffinée de l’ordre usuel de mots. Non, l’anastrophe n’est pas un couplet interprété par un pétomane… Ca c’est Anal song, d’Alain Caisson, une anale strophe pour ne pas dire une cacastrophe2ter.

Par exemple si je vous dis :

« La sidérurgie liégeoise est condamnée. 3000 personnes vont se retrouver au chômage sans espoir de reconversion. Nous les actionnaires, on s’en tamponne royalement. Notre dividende n’en sera que plus juteux »

Il faut reconnaitre que c’est d’une banalité affligeante et brutale. Par contre si je vous dis :

« Condamnée est la sidérurgie liégeoise. Au chômage se retrouveront les 3000 travailleurs et de reconversion, il n’est pas question. Royalement, nous en tamponnons-nous, actionnaires heureux. Plus juteux en sera le dividende. »,

C’est vachement plus poétique et tous ces râleurs d’ouvriers prendront la nouvelle avec le sourire. Il faut savoir leur parler, à ces gens là.

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« Le métallo n’aime pas la menthe à l’eau » Peinture au spray nasal sur plaque d’acier de Decker Metabo, glacier-ébeniste. 1745. Don de l’Institut Strasbourgeois de pissadouphilie11, Lisbonne-en –Barrois.

 

Je vous remercie de votre inattention et espère ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posiez pas. Dans le cas contraire, ça m’est égal.

Et tout à fait entre nous, en ce qui concerne le mois de décembre, je me suis laissé dire qu’il ne passerait pas l’année.

 

1.   Epistémologique : bien qu’il en ait lu la définition, l’auteur ne comprend pas trop ce mot. Il n’a pas vraiment sa place ici mais l’auteur s’en fout, il trouvait que ça sonnait bien.

2.   Vous remarquerez que dès qu’il en a l’occasion, l’auteur fait des calembours analogiques. C'est-à-dire qu’il place anal partout. C’est logique. En passant, il en profite pour nous servir des clichés grossiers quant aux grecs, aux analystes, aux anneaux olympiques, toutes catégories humaines supposées avoir un penchant pour l’anal. L’anal pour Douvres évidemment, comme dans, "je n’aime pas m’enfiler le train pour Londres, alors j’ai pris l’anal pour Douvres". Parce que bien sûr, selon l’auteur, les Anglais aussi aiment ça.

2bis Qu’est-ce qu’on vous disait ?

3.     L’auteur n’est décidément qu’une ordure poujadiste.

4.     Et antimilitariste en plus !

5.     Alitération prolongée provoquant des escarres de langage.

6.     Selon certaines légendes, ancien petit président du Pays des Schtroumpfs.

7.     L’abus de boissons contenant de l’alcool peut s’avérer dangereux pour la santé.

8.     L’auteur est décidément d’une cruauté inouïe.

9.    On remarquera avec étonnement que l’auteur nous épargne « Tmèse ta bère ».

10.  Celle-là, faut avouer qu’elle est dure à comprendre. M’enfin, il suffit de taper « hyperbate » sur wikipedia. On ne va pas vous obliger à lire Marguerite Yourcenar ou à écouter Zemmour.

2ter. Et hop ! Encore un coup !

11.   Pissadouphilie : marotte qui consiste à collectionner les pots de chambre. Les détours de l’âme humaine auraient du mal à tenir sur une carte Michelin.

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 07:00

     

Très édifiante et fort vénérable

Encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Très richement illustrée de gravures d'époque. 

 

Par le Très Estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

Avertissement : Cet article a été lu et censuré par Maître Leboutte de la Ligue des Bien-Pensants et des Mal-Comprenants (LBPMC) qui n'y a rien trouvé de grossier, vulgaire, offensant ou discriminant. La ligue a cependant inséré quelques notes de bas de pages à l'intention des mal-comprenants. Merci la Ligue !

 

 

Anachorète.

« Il s'appelle Jacques, Jacques, Jacques Cousteau

C'est beau la vie sous l'eau

Tous les poissons sont ses amis,

Les requins, les baleines aussi. »

Plastic Roger Bertrand, 1981.

 

 

Anachorète est un mot rigolo pour commencer une encyclopédie. De plus, c’est le premier mot qui me soit venu à l’esprit pour illustrer la lettre A. Peut-être ce mot ne vous siéra-t-il pas. Sachez que je m’en fous. Du reste, convenez que pour illustrer l'entrée "A" de cette encyclopédie, anachorète est plus opportun que bathyscaphe ou carpophore, mots qui s’ils sont aussi rigolos qu’anachorète se trouvent être légèrement moins représentatifs de la lettre A.

Néanmoins, je vous concède qu’arythmique, anaphylactique ou encore André Antoine eurent convenu. Haricot ou harissa aussi, quoique nettement moins. Cependant, il appert que j’ai choisi anachorète. Et toc. Dans ta face !

Le sympathique appât du gain qui sous-tend ma passion pour l’écriture ne peut se départir d’une certaine déférence bassement calculatrice envers mon lectorat mais il ne faut tout de même pas exagérer. Anachorète, c’est très joli. Je ne vous demande pas non plus la couleur de votre chemise. Ce serait malséant. Du reste, que m’apporterait de connaitre la couleur de vos nippes achetées lors d’un déstockage massif chez WIBRA1 dans vos tentatives désespérées de rattraper au vol votre pouvoir d’achat en chute libre ? Je me fous de vos problèmes mesquins.

Corrélativement, enfin plus ou moins et plutôt moins que plus, cela fait partie des interrogations existentielles qui me tiennent éloigné du sommeil lors de nuits blanches assombries d’errements métaphysiques sans fin (ouf ti !), me tiennent éloigné du sommeil réhitéré-je, au même titre que l’incompréhension qui me gélifie le lobe occipital droit quand je songe que Lâche-Mi Mittal2n’a jamais été évoqué comme manager belge de l’année en 2011. Sans doute parce qu’il n’était pas belge. Discrimination ! Je serais lui, je ferais un procès. Mais je vous arrête, voyant bien dans quel genre de digression discursive vous voulez m’entraîner vils lecteurs.

Et j’en reviens au sujet, à savoir, qu’est-ce que ça peut te foutre, bordel à cul, petit con, que je tienne en haute estime l’anachorète au point de vouloir en discourir en entrée de cette encyclopédie ? En quoi cela regarde-t-il l’apophègme baveux qui lit ces lignes, bougre de chiottes d’attaché au cabinet ? Car enfin, me direz-vous à la fin quel préjugé barbare vous porte à la défiance de l’anachorète ?

 


 

  Kouros Anaphe BM B475 compressé

 

« Pas de bras, pas de chocolat » terre cuite de Jérôme Galère, rameur-pongiste, 1886. Don du Musée de la marelle, Gidéon-sur-Quiquette.

 


 

Au moins, vils sots, savez-vous ce qu’est un anachorète ? Non, vraiment ? Et bien, vous voyez que vous avez bien fait d’acheter ce fichu bouquin malgré son prix exorbitant !

Bien entendu, du haut du sommet inatteignable de mon infinie mansuétude, je vais consentir à éclairer vos obscures lanternes. Mais éclaircissons d’emblée un point hautement litigieux voire carrément broute-burnes.

Oui ! Anachorète est une des insultes favorites du capitaine Haddock. Oui, c’est la raison première pour laquelle ce mot m’est venu à l’esprit pour l’ouverture de cet ouvrage. Et non, je n’ai pas été voir le film, essentiellement parce que j’adore le chapeau d’Indiana Jones et qu’Harrisson Ford ne l’arbore pas dans cet épisode-là. Et enfin, non, ce n’est pas parce qu’anachorète est une insulte pour Archibald que l’utiliser dans un livre est passible de poursuites pénales, mesquines et rémunératrices, par l’autre bande de requins, là ! Pas ceux du lac, ceux du château.

Qu’est-ce donc comme animal que l’anachorète ? Pour l’expliquer de manière intelligible à vos esprits simples nourris de foot et de télé-réalité, j’ai longuement consulté les meilleurs spécialistes de l’Institut. Alors, voyons, voir… wi-ki-pe-dia. Là… Anachorète… bla bla bla… Ah oui quand même !

Bon… ménageons vos neurones… procédons par analogies. D’abord, peut-on déceler des points communs entre un anachorète, Tatayet3 et Charles Michel4 ? La réponse est clairement oui. Pour les deux derniers termes de cette comparaison en tout cas. En effet, dans le cas de Tatayet comme dans celui de Charles Michel, on voit bouger les lèvres du marionettiste derrière. C’est de la très mauvaise ventriloquie. L’anachorète, lui, est d’une toute autre trempe.

Lui, ses lèvres ne remuent qu’avec une parcimonie qui fait chaud au cœur, parce qu’il médite et qu’il les a sèches, les lèvres. C’est que l’anachorète vit dans le désert et dans l’ascèse, le bougre.

Sur l’A16 ? L’anachorète est camionneur ? Non, cela ne signifie pas qu’il vivait dans un péage autoroutier ou sur une aire d’autoroute. Pas l’A16, l’ascèse. Et non, elle n’est pas percée pour qu’il puisse faire sous lui avec aisance et sans s’emplaquer les fesses. Vous êtes un peu con quand même.

Vivre dans l’ascèse, implique que l’anachorète est un ascète. Et là non plus, il ne s’agit pas d’une autoroute. Tant que nous en sommes à mettre des points sur les Zi, Saint François d’Assise n’a rien en commun avec une quelconque autoroute non plus.

P4260166 

« J’ai vu Saint François d’Assise et pourtant il était debout ». Feutres et pastels sur peau de mérou tondue par Jean-Jacques Debout, cycliste-serrurier, 1782. Don du Musée de la bavette à l’échalotte, Crosure-lez-Pétouilles.

 

Et dans la même lignée, non, je dis non ! Si François était d’Assise, il ne l’était pas sur la çaise percée. Et François d’Assise n’était pas d’équerre, il n’y a que les blacks5qui le soient. Bon, c’est tout ? On peut continuer ?

Bref, l’anachorète est initialement un religieux qui se retire pour prier et méditer dans l’ascèse dans un lieu désert. Par extension, cela désigne un homme qui vit dans la solitude et le dénuement pour réfléchir. Je dis un homme comme j’aurais pu dire une femme, ne soyons pas mesquins, bien que je ne vois pas comment une femme pourrait survivre seule sans personne à emmerder.

De cette définition, si nous pouvons conclure que Johnny Halliday ou David Guetta ne sont pas des anachorètes, nous ne pouvons pas tirer grand-chose de plus. Et presque corrolairement, enfin si on veut, ça n’est pas parce que Chirac s’est retiré en Corrèze qu’il vit dans l’ascèse.

    Par extension, il est tentant mais illégitime d’affirmer que nous sommes dirigés par des anachorètes. Au fond, c’est nous qu’ils transforment en anachorètes, ces anacoluthes avec leur austérité à tout va. Austérité blafarde et castratrice qu’ils claironnent crânement dans un effort ultime mais misérable, alors qu’autour d’eux tout se délitte et qu’ils n’ont plus que le subterfuge de l’anachorèse budgétaire pour garder un semblant de contenance face à la rapacité pédante des faiseurs de fric sans âme6.

Mais on s’en tape… ça fait du bien quand même de traiter Di Rupo ou Reynders d’anachorètes…

Mais vais-je enfin donner à vos vilaines âmes souillées de modernité trépidante un exemple édifiant d’anachorète ?

Je vous parlerais bien de Saint Onuphre qui était anachorète en Egypte au 4ème siècle mais peut-on encore évoquer l’époque lointaine où ces terres étaient livrées aux divagations grotesques de la Chrétienté et où le prophète ne jouait même pas encore à chameau perché dans les sables d’Arabie, sans craindre pour l’intégrité de son anatomie face à l’intégrisme désintégrateur des barbus hystériques ?

 

Onuphre libre droit compressé 

« Saint Onuphre à la Gay-Pride » Icône sur peau de phoque de Yann-Arthus Jouret, designer-puisatier, 1752. L’œuvre résume l’iconographie du saint. Vivant seul dans le désert, ses vêtements s’usèrent et sa barbe et sa pilosité corporelle se développèrent par intervention divine pour cacher sa nudité répugnante d’où l’expression « finir à poil ». Et pourtant, Saint-Onuphre est patron des tisserands. Les Gardiens de la Foi sont de grands comiques. Don du musée du slip kangourou de Sydney à Poitiers.

 

Précisons tout de même que l’anachorète est au religieux ce que le ténia est aux plathelminthes7 : un solitaire. L’anachorète est le contraire du cénobite qui lui vit en groupes, mais ça devient dégueulasse et je préfère vous prévenir des dangers d’une pente qui devient savonneuse. Une citation ? 

"Arrête Anachorète, dit le cénobite qui faisait la queue dans la file à l’ascète solitaire qui récitait des vers sans queue ni tête, sans chapeau ni braguette dans le désert."

Evangile selon saints Roger et Robert

 

Le cénobite quant à lui n’est pas forcément pressé. D’ailleurs, si presse bite est rigolo quoique flou de près, presse cénobite moins. Encore une citation ?

« Bien qu’il fut cénobite, il en avait une toute petite. »

Roger Lenain dans « J’ai bien connu Passe-Partout ».

 

Le cénobite désigne un moine qui vit dans la promiscuité, chaste en théorie, mais promiscuité quand même, de ses semblables froqués et libidineux bien que tonsurés.

D’ailleurs n’est ce pas pour cela que le cénobite l’a toute petite parce que libidineux. Oui, comme dans « Ach ! Zo ! Z’est ein doude bidide Nœud ! »

Il n’aura pas échappé à votre sagacité, comme je ne me suis pas privé de ne pas vous le servir grassement et avec insistance8, que dans cénobite, il y a bite. Alors que de l’anachorète, on ne voit pas la queue. Forcément puisqu’elle pend dans l’ascèse percée. Comme quoi… Tout se tient. N’y-aurait-il pas là la marque d’un dessein supérieur et intelligent ?

Et pour conclure et parfaire votre érudition, les côtes austères de la finitude n’étant que rivages lointains sur l’océan sans limite de la Belle Langue, saviez-vous que le français a un mot spécifique et usité pour les gens qui aiment les moines ? Le cénobitophile étant l’ami des moines, s’il a plus de 18 ans et s’il est consentant bien entendu.

Jugez plutôt des lettres élégantes de Gustave Jouret, alias Bakélite Bertrand, chansonnier de l’immédiat après-guerre.  

«          Il aimait tant les moniales, cénobitophile,

Priapique, sans cérémonial, il les enfile. »

Bakélite9Bertrand dans « Tout petit, tout petit la zézette »

 

Et c’est sur ces vers qui ne dépareilleraient pas le phare cher à Claude François puisqu’à douze reprises ils prennent leur pied (si, si, comptez !), que je désirerais vous quitter. En espérant ardemment ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posiez pas, je ne passerai cependant pas au prochain article sans vous faire remarquer qu’il n’est pas d’horizon plus optimiste que de voir 31 jours au mois de novembre.

 

      P4260166

« Saint François d’Assise jouait du piano debout » détail (pour vous) d’une fresque sur porte de toilette de France Ecosse, artiste-charcutière, 1515. Don du musée de la marinade à Marignan.

 

1.       Wibra : chaîne de magasin pour personnes de condition modeste.

2.       Lâche-Mi Mittal : Visionnaire Indou qui comprit en 2011 que la sidérurgie liégeoise rouillait un peu.

3.       Politicien belge à la pilosité hypertrophiée.

4.       Humoriste belge à la pilosité hypertrophiée.

5.       On notera la vision passéiste et hautement discriminante que l’auteur a de certaines notions. Ainsi, il emploie le mot « black » plutôt « qu’histoire drôle ». La graphie de black reste sujette à controverse. Les spécialistes de l’Université de Liège penchent pour « une blââââck » et de même conseillent de ne pas dire un « néééég » mais un « oiseau de couleur ».

6.       On ne s’étonnera pas des envolées souvent gauchisantes de l’auteur qui ne dénotent pas avec sa vulgarité et son univers passéiste.

7.       Les plathelminthes sont des vers plats qui ne méritent pas d’être fustigés ni maltraités. La LBPMC reste particulièrement vigilante quant aux repects des droits de l’animal dans cet ouvrage.

8.       Nous ne sommes pas sûrs que l’auteur lui-même comprenne tout ce qu’il écrit.

9.       Bakélite : sorte d’ancêtre du plastique.

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 06:08

-Mesdames, messieurs, bonjour et bienvenue sur Radio-Couillon. Vous pensiez avoir touché le fond ? Radio Couillon c’est encore plus profond !

-Bonjour Jean-Phil les mouches !

-Bonjour Francis, vous me parûtes bien primesautier alors que je vous croisai ce matin dans nos couloirs ?

-On a oublié le trader sur son fil à linge la nuit passée. Et il a gelé. Il est un peu dur ! Cela me réjoui en diable au point de me faire frétiller la rondelle mon cher Jean-Anal.

-Ah, certes, mais sans plus attendre et avant que Francis ne recommence son delirium très mince, un groupe magnifique Jean-Pierre…

-Et bien oui Jean-Louis. Il s’agit du groupe de death fucking fouchtra metal hurlant « Slip-culotte », groupe très apprécié en Ukraine, ce qui ne m’étonne guère ; tant il n’y a rien de bon chez l’Ukrainien. Non, de ses centrales irradiantes à ses mornes plaines habitées d’Œdicnèmes criards votant Le Pen à la moindre occasion d’exprimer leur poujadisme latent, rien n’est bon chez l’Ukrainien contrairement au cochon pourvu qu’il ne provienne pas de Tchernobyl. Voici donc l’Ukraine, avec des masques, une chanson violente, des étincelles et de la poudre aux yeux : une bonne tête de tube quoi…

-En même temps, à la radio, surtout quand elle est écrite sur le web, est-ce que ça passera bien ?

-Ben oui mais n’oubliez pas que nous sommes une émission transmédiatique favorisant le transit intestinal et donc, demain, en achetant le journal « Votre dernière heure », les auditeurs pourront voir la vidéo. Vous pigez ?

-Hé bé… c’est subtil.

 

 

 

-Ouaw Jean-Pierre, m’ont chauffé comme la braise, comme une friteuse. Ce serait pas plutôt Frit-Kot le nom du groupe ?

-Et bien Jean-Renard, laissez-moi dégoupiller (renard, goupil, ouh là là...) la grenade de mon humour féroce.

-Ta gueule Francis. On n’a pas le temps. Et puis on va essayer de racoler du public en mettant du rythme. Ca va scander ! Et donc sans plus tarder, un groupe issu de Biélaruskofie « the zizi singers », issu du concours « The voice of anal wind ». De l’art très proche du lard.

 

 

 

-Je trouve ces artistes désolant de vulgarité et de platitude. Je m’ennuie un peu mon bon Jean-Pascal. Hé mais… c’est bien sûr. Ecoutez ça ! Je suis un radiateur, un… ventilateur, un… aspirateur, un… vélomoteur, Je suis un pot de fleurs… Vous vous souvenez, Jean-Marcel ?

-Je me souviens mais j’ai un doute sur les paroles Francis. Il me semble que la bouteille de prunelle est vachement entamée.

-Mais non Jean-Cacahuète… ce sont toutes les ritournelles de mon enfance qui remontent en surface. Un …horodateur, Une … baratte à beurre, I am un vrai trou de balle, my name is Hannibal.

-De votre enfance ? Vous ne me ferez pas croire que vous étiez enfant du vivant de Jean-Pascal. C’était à peine il y a…. je sais plus, tiens. C’est qui d’abord Jean-Pascal ?

-Mais c’est le principe de la ritournelle calquée sur une chanson connue. Ecoutez, sur l’air de violette…

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 Anderlecht, Anderlecht.

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 Anderlecht va aux toilettes.

On chantait tous ça, dans les environs de Sclessin en tout cas.

Ou encore : qui a pété ? Ca sent la chicorée. 1 2 3 ce sera toi !

Et même… L’araigneï a péteï et ça sent la chicoreï. Dans sa toile, il y a des millions de femmes à poil.

-Francis, je vous demande de vous arrêter. On perd de l’audience là. Ca s’essouffle.

-Mais non, Jean-Imogène, prenons du plaisir. Celle-là, vous l’avez connue ?

C’est la dance des canards, ferme ta gueule et va t’asseoir, c’est m’sieur l’curé qui l’a dit, poil au zizi…

-Oh seigneur Jean-Louis, faites quelque chose. Arrêtez le massacre… J’entends des auditeurs qui podcastent la messe dominicale tellement ils trouvent ça navrant, pire il me semble voir des clics pour mon émission du matin, c’est dire le désespoir. Si ça continue, ils vont se convertir à "on n’est pas rentréS."

-Z’inquiétez pô mon Jipé des boîtes, j’ai l’arme imparable ! C’est simplement de dire : le taon qui touche à nos parties mange à sa faim.

A vous le point G, et un coup de Cognac. A la semaine prochaine. Hips ! Allez hop… Jean-Pascal après son terrible accident de coucougnettes…

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 05:58

 

 

De lourds rouleaux d’un gris d’étain roulent en troupes pressées sur la vallée poussiéreuse au teint éteint des noires cendrées crachées par les usines tonitruant rageusement du travail des forges dans la nuit.

Et les tours de refroidissement noirâtres lancent sans fin de leurs veilleuses rouges des SOS que personne ne comprend dans le ciel amoindri. Assis seul dans la poussière d’un terril, je pleure sur mes rêves de savanes et de fauves au pelage ruisselant de sueur dans les ors du crépuscule du pays des matins du monde.

C’est une torture de l’admettre, mais je n’ai pas été suffisamment vigilant. Ils m’ont pris. Alors même que je m’apprêtais à poursuivre ma geste héroïque sous des cieux d’azur ayant vu la naissance même de cette humanité si désinvolte, ils sont venus. Et je n’ai toujours pas compris pourquoi. Ni comment ils ont su.

Mon procès fut rondement mené. Je fus très déçu. S’il y a une seule chose que j’aime sur ces écrans vomissant sans cesse médiocrité intellectuelle et promiscuité des sexes et des laides âmes, ce sont les feuilletons judiciaires américains. Je jouis de la roublardise, de la verve et de l’aplomb de ces avocats américains qui s’asseyent avec une outrecuidance magnifique sur la morale emperlousée propre aux banlieusards étroits d’esprits que j’abhorre.

Autant vous dire que la justice belge est loin, très loin, de cette magnificence. Imaginez des palais de justice ringards, sombres et poussiéreux, encombrés de boiseries et de velours d’un autre âge. Sales, passéistes, crotteux en vérité. Et des hommes de loi trainant de lourds accents rustauds, des strabismes divergents, des zézaiements convergents. Une bien piètre vision de la petitesse d’un pays qui regarde les pétales de pâquerettes par le dessous.

Un pâle personnage portant nom saugrenu à la fragrance délicatement métallique du couperet dégoulinant de sang bleu et chaud dans le petit matin, Monsieur Charles-Henri de La Pichardière, a instruit mon cas. Car en Belgique, il revient à l’instituteur du roi de rassembler les preuves contre et en votre faveur. Le roi doit être bien inculte avec des instituteurs de cet acabit. C’est qu’en terme d’instruction, il fit les choses au pas de charge et en fouillant les décharges, le nobliau du barreau. Mais il parait que c’est ainsi en droit belge. Comment parler de droit dans un pays où tout va de travers je vous le demande.

Bref. Je ne sais trop comment notre fin de race procédurière a mené son affaire mais les faits sont là. A peine arrêté et mon magnifique jardin retourné par des troupes de barbares assermentés, je me retrouvais avec sur les bras 32 assassinats d’adolescents fugueurs, 12 meurtres vénaux de vieux en mal d’héritiers et avec en sus les étiquettes un peu simplificatrices et infâmantes de psychopathe, tueur en série et cannibale. J’avais le cœur meurtri, l’âme ravagée, les tripes en ébullition. Ma haie de cornouillers mâles, mon Vilburnus variegata, ma serre, ses aubergines et ses tomates, ma collection de marjolaines et de menthes… tout saccagé par ces Javerts de pacotille.

Et comble du comble, ils trouvèrent des restes de chats et même de chatons en plus des morceaux humains dans mon congélateur. Autant vous dire qu’ils n’entendirent que très peu mon argumentation gastronomique.

Le procès s’est passé de façon aussi grotesque que scandaleuse. Et notre aristocrate pénal très pénible de se pavaner tel un paon qui ne verrait pas qu’il n’a plus de plumes au cul. Mais tout malheur a son revers. Ce procès m’a permis de rencontrer un homme d’un goût exquis : mon avocat, maître Molucarême. Une affable personne dont le seul tort était d’avoir des idées ancrées franchement à droite, ce qui n’est pas pour me plaire, moi qui ait les idées généreuses et progressistes et qui ne porte dans mon cœur ni les nantis ni les parvenus. Par contre l’homme présentait l’avantage non négligeable d’être prêt à tout moyennant des émoluments copieux. Comme tous les avocats et les libéraux me direz-vous, mais lui l’acceptait avec un enthousiasme réjouissant qui me fait subodorer que sous son vernis bourgeois, cet homme-là avait une âme de prédateur semblable à la mienne.

Néanmoins, je suis fort abattu par le résultat du procès. En effet, si je sors blanchi de presque tous les chefs d’accusation qui pesaient sur moi, il n’en reste pas moins que j’ai été condamné pour maltraitance envers des animaux.

Dés lors, on peut encager tous les chasseurs et les employés d’abattoir de ce pays parce que tudieu, s’il y a bien un homme qui a toujours eu à cœur de faire son travail proprement et sans souffrances inutiles pour les chairs sur pattes que je convoitais, c’est moi. Mais voilà, dès qu’il s’agit de chattes et de chiens à leur mémère, les gens sont sottement mièvres et prompts à l’apitoiement visqueux sur le sort des pauvres choux. J’ai donc été condamné pour tout solde de mes prétendus crimes à 215 heures de travaux d’intérêt général.

Et me voilà sur les hauteurs d’Ougrée, bien loin des mes savanes à contempler la misère métallique et charbonneuse que l’homme a étendue au cœur de cette vallée mosane qui devait être si verte et riante autrefois. Au moins puis-je deviner les hauteurs du Sart-Tilman dont les forêts commencent à se teinter de pourpre à travers les brumes méphitiques de ce val de tristesse. Je vais me lever et redescendre vers la ville, vers Seraing, vers le centre d’accueil où je vais servir un brouet noir sans saveur à une clique avachie et claudicante de sans-abris malodorants, de vieilles putes amochées, de pochtrons décatis. Pire que les nantis, je hais ces pauvres qui trainent leur misère et leur inconséquence comme les médailles de bronze d’un concours mondial éternel de la lie humaine. J’aurais pu choisir un endroit plus sympathique et cossu pour payer ma prétendue dette à la société. Cependant, je pensais devoir me punir pour mon inconséquence et l’amateurisme crasse qui m’avaient conduit devant les tribunaux. Amateurisme qui m’aurait valu une solide bastonnade si mon père ne pourrissait pas dans un cimetière.

Me voici donc à déambuler dans ce triste enchevêtrement de laideur et de misère imbécile qu’est Seraing, furoncle disgracieux sur le corps pourrissant de l’horrible et sale ville de Liège, foutoir approximatif de béton plus vaste encore. Me voici à longer ces quais où furent tournées par les frères Dardenne les poursuites les plus mémorables de Taxi 6, artères goudronnées bouchonnées d’un cholestérol humain et automobile où il aurait été plus à propos de tourner un de ces films d’auteurs tristes et soporifiques qui font frétiller pire qu’un tas de gardons en pleine copulation frénétique une quinzaine de réalisateurs Cannoise, repère d’esthètes à la dérive et d’autres intellos branleurs.

Me voici donc à slalomer entre les présents canins aux dieux camés des trottoirs crevassés pour rejoindre mon centre d’accueil, sa soupe populaire, son environnement chiatique d’entrepôts crevés et d’usines agonisantes. Le ciel est vert et les gens du coin, comme à leur habitude sont bleus ou oranges. Pas un blanc dans le coin. Parfois, des cloportes géants, infects tas de chitine gros comme des labradors bien gras, sortent des poubelles dans les impasses et s’accouplent bruyamment au milieu de la rue. Cela ne semble offusquer personne. Et me voici à préparer le café pour ces rebus que je déteste. Ma santé décline ici dans les remugles toxiques et les nuages aveuglant de particules fines. Sans cesse mon nez est encombré de morves gastéropodiennes, purulentes et malodorantes. Alors tous les matins au lever, je recueille soigneusement toutes mes glaires et mes crottes de nez pour les ranger précieusement dans un petit Tupperware. Et je les mélange au café de mes parasites. Ce n’est pas grand-chose mais cela fait partie de toutes ces petites gouttes qui remplissent l’océan du Bonheur.

Et puis il y a Isabelle. Ah ! Isabelle ! Une charmante quadragénaire pleine de bons sentiments et de prétextes au meurtre : chrétienne, concernée, engagée, végétarienne. Et célibataire ex-cocue depuis peu. C’est fou ce que c’est influençable une blonde délaissée.

Attention, je ne vous parle pas ici de coucherie ou de sexualité gluante. A 40 ans je suis encore pur et je ne me commettrai pas dans la dépravation. Je hais les enchevêtrements de cuisses et de bassins. Non, je vous parle de communion des âmes, d’abandon des sens. Surtout le bon, de sens. Figurez-vous qu’Isabelle est technicienne dans un laboratoire de biologie végétale sur le campus du Sart-Tilman et qu’elle y manipule toutes sortes de radioéléments amusants. Des produits peu rayonnants certes, qui rendent la sécurité du labo assez embryonnaire, mais qui versés dans un café pourraient avoir des effets très intéressants sur un organisme.

Je vous vois venir. Mais non, je n’ai aucun projet d’empoisonnement pour mes pauvres âmes en perdition. Sots que vous êtes.

Une fois mon café servi, je me suis rendu dans un des entrepôts désaffectés qui jouxtent mon centre d’accueil. J’y ai vérifié les liens d’Isabelle et la tension de ses muscles. Elle est restée debout une partie de la nuit, attachée à un poteau. Maintenant, je vais l’installer en équilibre sur une chaise, les pieds reliés à une corde qui actionne ingénieusement le déclencheur qui enflammera les 150 kilos de plastic répartis dans le hangar, de quoi évaporer Isabelle, le corps putréfié de maître Molucarême délesté de son foie, le hangar, le centre d’accueil, tout le quartier et une partie des quais serésiens si cinématographiques. Dès qu’Isabelle sera vaincue par la fatigue, ses pieds choieront sottement, tirant sur le déclencheur.

C’est d’une facilité de se procurer des explosifs à Liège ! Il m’a suffit d’accoster un type patibulaire sur cette vaste esplanade à drogués qui s’étale aux pieds mêmes du palais de justice. Il m’a indiqué une officine tenue par une langouste un peu inquiétante mais fort professionnelle ou j’ai pu me procurer tout ce dont j’avais besoin. Après lui avoir serré la pince (humour !), je l’ai tuée pour la dévorer. J’adore les langoustes.

Pour l’avocat, vous me comprendrez : il se tapait des single malts d’une rareté et d’une finesse folles. Je brûlais de savoir si cela avait une incidence sur le goût de son foie : et bien oui ! Et puis ça lui apprendra à ne pas avoir été foutu de me faire acquitter, purement et simplement.

Isabelle me paraît fort vindicative. Je ne puis pourtant la tuer de mes propres mains, ça ruinerait mon plan. Je prends soin de remettre dans son portefeuille sa carte d’accès au laboratoire où j’ai été me procurer un peu de phosphore 32 cette nuit. J’installe ma cocue et je m’éclipse en vitesse ne tenant que moyennement à assister à l’explosion du quartier de trop près.

Et puis, je dois encore passer à l’appartement récupérer mes affaires, surtout mes faux papiers, mon billet pour Athènes et les papiers qui me font propriétaire d’un compte dans une banque lointaine hébergée sur de sympathiques îles tropicales au nom crocodilien, comptes où j’ai placé sur les conseils avisés de Maître Molucarême les économies que j’ai engrangées à force d’abréger les vies déclinantes de vieux esseulés.

Et enfin, avant de me rendre à l’aéroport de Bierset, je passerai au bureau de mon Instituteur du Roi préféré. J’ai, parait-il, des révélations à lui faire. En fait, des broutilles à propos de la prétendue réhabilitation de mon terrain suite au gâchis perpétré par ses limiers. Comme lors de toutes nos conversations orageuses, ce grand nerveux amateur de café, s’en ira contempler la ville par la fenêtre de son bureau, me tournant grossièrement le dos. Tout ça pour éviter la fulgurance de mon regard inquisiteur, misérable lâche. J’en profiterai pour verser le phosphore dans son café. Voilà enfin un traitement qui rendra ce pâle type brillant ! Imaginez-vous l’avilissement de ce pauvre blaireau : il ne boit son café que froid ! Comble du mauvais goût.

Et puis ce sera l’oubli sur les eaux mauves de l’Egée éternelle. Je me réjouis de découvrir le yacht scandaleusement laissé à l’abandon par un petit vieux qui ne gouttait pas assez la fortune d’être riche. Alors, ce seront les enchantements des îles grecques et de leur gastronomie. Quand j’aurai épuisé le sujet, enfin, je mettrai le cap sur la terre ancestrale de l’homme et enfin je trouverai un terrain de chasse à ma mesure. J’espère qu’on peut trouver des crus bourguignons en Afrique !

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 06:22

Meeeeesdames, messieurs, bonjour et bienvenue sur Radio-Couillon. Vous pensiez avoir touché le fond ? Radio Couillon c’est encore plus profond ! En compagnie de nos gros niqueurs habituels et d’un invité de marque…

-Ah, non, pas Marc… c’est moi qui l’a invitérz !

-Jipé, abstenez-vous, je vous prie. Et essayez de ne pas faire de fautes si grossières en parlant par écrit ! Un invité qui n’est autre que Alessio Rastani, trader d’opérette bien connu. Alors Alessio, content ?

-Bonne journée, Jean-Louis. J’ai fait pas mal de pognon en vendant des titres bien pourraves à des orphelinats grecs. Et en plus j’ai ruiné deux associations qui venaient de recevoir des fonds de Cap 48. C’est vous dire si c’est une chouette journée. Pour fêter ça, en venant ici au volant de ma Porsche Cayenne, j’ai écrasé une vieille sur un passage piéton… après avoir fait mine de ralentir en l’invitant d’un geste avenant à traverser. Et j’ai aussi écrabouillé un chiot sur un trottoir en présence de sa petite maitresse de 5-6 ans. Comme dans du beurre quoi !

-Jean-Valjean, vous pourriez nous mettre un peu de musique ? Je dois aller dégueuler les deux morceaux de tarte au riz que je viens de m’enfiler…

 

Attention, le contenu textuel de cette chanson pourrait heurter les âmes sensibles. Les paroles sont d'une vulgarité confinant à un discours politique tentant de nous faire croire qu'il faut être gentil avec les banques et que NOUS allons devoir être courageux pour faire face à la crise !

 

-Ca va mieux Francis ?

-Oui. Mais laissez-moi dire à Monsieur Rastani qu’il est de ces lies fangeuses où s’embourbe la Civilisation. Vous me dégoûtez Môssieur. Vous pouvez vous brosser pour avoir un morceau de tarte.

-Monsieur Rastani, quels sont vos plus beaux coups en bourse ?

-Ah monsieur Hautain, il y en a tellement. Ce que j’adore, ce sont les entreprises pharmaceutiques. On a toujours vent des sorties de médicament un peu précipitées. Vous pouvez toujours être sûrs qu’il y a anguille sous roche et qu’il y a bien un malin qui a planqué une étude critique sous la table. Un jour ou l’autre des gens vont crever ou développer des cancers bien gras. Le con blessé dans sa chair étant procédurier, en général c’est la valse des procès. Dans ces moments là, les actions se mettent à jouer au yo-yo. Il faut être là au bon moment pour sucer un max de pognon. C’est encore mieux quand ça touche des enfants… Mais enfin je prends beaucoup de plaisir dans la vie en général, pas seulement dans le boulot. Il y a tant de choses drôles et gratifiantes à faire. Par exemple, j’ai toujours en poche un petit sac rempli de crottes de lapins que j’offre aux enfants en leur disant que ce sont des bonbons. Saviez-vous d’autre part que 10 ml d’urine dans 250 ml de jus de pomme, ça ne se remarque pas du tout. Et sincèrement dans les distributions genre soupe populaire… ils s’en foutent que l’opercule de la bouteille soit brisé. Et puis on peut injecter la pisse à la seringue aussi mais c’est fastidieux. Faut pas se biler, un pauvre affamé, c’est peu regardant. J’adore voir tous ces fainéants de crève-misère boire ma pisse.

-Jean-Paulette, faites le taire. Il est immonde.

-Attendez, je n’ai pas fini. J’en ai plein d’autres. Vous savez que je me fais régulièrement des plus-values faramineuses en faisant des paris avec mes copains traders ? J'ai le nez fin pour ça vous savez. Chaque fois qu’on fait un bon coup, on prend les paris sur le nombre de suicidés qui en découlera. Sur la Grèce, je les ai tous bluffés. J’ai eu le pourcentage d’augmentation des suicides suite à la crise à l’unité près. Génial non ? Mais le plus fun, c’est les agriculteurs. Ca fait des années qu’on les presse. On a fait un vrai travail de fond vous savez sur ce coup là. Histoire d’instiller une bonne ambiance. Maintenant on récolte enfin les fruits de notre travail. Non seulement, on se fait un max de blé (de blé, en parlant d’agris ! Ouarf arf arf !) sur leur dos grâce aux multinationales agro-alimentaires, non seulement, tous ces suicides ça engendre du trafic juteux sur le plan foncier mais en plus avec les potes, on a nos paris sur les suicidés mensuels. Et ça va loin dans la finesse vous savez, parce qu’on peut tenir des statistiques par pays, par région, par filière agricole. C’est extrêmement divertissant.

-Vous êtes un chancre monsieur. Un mildiou rampant. Une grosse saloperie.

-Je vous le répète, monsieur Ballast. C’est le boulot. Je suis juste un professionnel. Mais j’ai aussi une vie, des loisirs. Vous aimez le tennis ? Le squash ? Perso, je kiffe à mort ! Avec les potes, pour pimenter un peu, on joue avec des hamsters.

-Des hamsters ?

-Ben oui, le hamster-tennis et le hamster-squash c’est comme le tennis ou le squash mais avec un hamster à la place de la balle. C’est drôle vous savez. Et quand on utilise un de ces amusants canons pour nous servir les hamsters, ça devient désopilant. Surtout contre un mur. Ca tourne au paint ball. On peut parvenir à des résultats franchement créatifs vous savez.

-Vous permettez que je reprenne un morceau de tarte, Francis ?

-Serge, ce n’est pas le moment. Je fulmine !

-Bien sûr que si… Mmmmhhh, excellente. Très crémeuse. RRRRRRRRRR… SPRLATCH ! Voilà un bon gros glaviot à la tarte au riz dans ta gueule, connard. Quand Lama fâché, lui faire toujours ainsi.

-Un peu de musique en attendant de repêcher monsieur Rastani au milieu de l’étang de bave andine dans lequel il baigne. Vous voulez une bouée Monsieur Rastani ?

 

 

-Voilà, nous devrons malheureusement nous passer des lumières de monsieur Rastani que nous avons mis à sécher avec le linge de madame Laroupette, la concierge du studio.

-En espérant qu’il n’ait pas rétréci au lavage Jean-Louis.

-J’avoue que je m’en fous un peu Serge. Je regrette juste de ne pas avoir fait un nœud dedans pour voir si les taches, elles allaient vraiment partir.

Et le temps de toucher nos parties arrive à mes mains, à bientôt les couillons !

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 06:33

Le jour de mes 16 ans, mon père m’a expliqué le sens de la vie. « Pour réussir, tu dois te fixer des objectifs. Ne jamais dévier de ta trajectoire met du sens dans tes actes. C’est le secret du Bonheur. »

Je mets un grand B à bonheur parce qu’à l’œil brillant et aux tremolos gaulliens dans la voix de mon père, j’avais senti que ce bonheur-là était majuscule.

Des études d’ingénierie agronomique, un travail rémunérateur, une villa cossue dans un quartier campagnard plein de vie, de chats, d’enfants, de voisins aux idées racornies et jaunâtres. Et la solitude pour mener sans entrave une vie asservie à des objectifs porteurs de sens et d’élan civilisateur, le jardinage par exemple. Un homme droit au regard portant loin.

Très vite, mes objectifs heurtèrent de front les réalités quotidiennes d’un coin rural et néanmoins résidentiel, ses chats, ses enfants, ses voisins jaunis.

Très vite, les chats devinrent un objectif majeur et emplirent ma vie de moments délectables. Je les capturais par mille artifices savants qui me procuraient les délices du fauve tapis dans la savane guettant sa proie. Pièges, sarbacane, coups de pelle dans la gueule. Peu importe, ce qui primait c’était le décorum. Un uniforme de cavalerie nordiste, le sabre au clair, Wagner hurlant ses notes guerrières dans la brume d’une aube pastel, moi vociférant mon cri de mort alors que je trucidais les profanateurs de mes plates-bandes chéries.

Et une fois occis, les arts nobles de la boucherie et de la gastronomie m’affolaient les sens. Souvent je pensais à mon père et à son B majuscule. Par exemple lorsque par de beaux matins d’octobre, je dénichais les pied bleus qui accompagneraient le ragoût félin et le noble cru bourguignon qui feraient mon ordinaire de la mi journée.

Tout bascula le jour où la gamine des voisins, éplorée comme seule une greluche de moins de dix ans peut l’être, vint sonner à mon huis pour m’interroger quant à la disparition d’Hector, sont matou adoré.

Je répondis à cette petite idiote que je connaissais son ami et je l’invitais à venir lui rendre un dernier hommage en se recueillant devant la dernière cuisse de l’animal encore dans mon congélateur.

Je resterai toujours interdit devant le manque de gratitude des enfants. Cela doit venir de l’éducation. Petite conne !

Toujours est-il que trois heures à peine après son départ en pleurs, je me retrouvais à la merci d’une maréchaussée peu amène.

Je me rends compte à présent combien cet événement fut pour moi comme une seconde naissance, fidèle que je suis à un autre grand principe paternel, inculqué à grands renforts de ceinturon dans la tronche, « l’adversité doit toujours être source de renouveau. »

Les premières semaines que je passai en compagnie du Docteur Flammekuche et de son personnel resteront bien sûr parmi les plus éprouvantes de ma vie, tant la rétivité de ces êtres frustes au croquant de l’existence faisait peine à voir. Nous entrâmes tout de suite en conflit à propos de broutilles qu’eux érigeaient sottement en principes : la valeur d’une vie humaine, la valeur intrinsèque d’une oreille et la malséance d’en arracher une avec les dents à un infirmier. Des vétilles vous dis-je.

Petit à petit, je me rendis à de meilleurs sentiments vis-à-vis du praticien et de son équipe. Aujourd’hui que la flagrance de mes erreurs m’est apparue, jamais je ne leur serai assez reconnaissant de l’équilibre qu’ils ont apporté à ma vie. Certes, ce fut à coup de douches glacées, de caissons d’isolement et sous la douce torpeur protectrice d’une épaisse camisole chimique. Mais aujourd’hui, je puis dire que je suis guéri et je puis de nouveau déambuler parmi mes contemporains en homme épanoui.

Arrière Wagner et tes oripeaux guerriers. Une nouvelle vie. Un nouveau quartier. Et de nouveaux objectifs. J’ai inscrit mon existence dans une optique de partage et de confraternité avec mon prochain. Une phrase qui réjouirait le cœur de ce brave Dr. Flammekuche s’il était encore de ce monde.

Prenez mes voisins par exemple, des gens adorables quoique fort âgés. Chaque jour ou presque, je les aide dans leur désir d’aménager leur jardin. Mon goût pour les espèces originales y trouve son épanouissement. Je leur ai composé un magnifique jardin de curé avec légumes, plantes aromatiques et médicinales. Ces braves gens ont cinq chats, les compagnons fidèles de leurs vieux jours.

Aider son prochain. Bel objectif, papa, en vérité. Etre fervent à l’église, aux oeuvres scolaires, au comité des fêtes. La probité. L’ascèse… percée bien entendu (je n’ai rien perdu de mon humour ravageur).

Une aide, gratuite, discrète, toujours discrète, voilà mon pain quotidien.

Ces pauvres hères que je croise au long des routes de ma région frontalière. Des adolescents errant au plus profond de la nuit, en décrochage de la société, des chiens perdus. Cette jeune Isabelle, 16 ans. Pauvre âme. Une trop longue exposition aux railleries de la bande de primates sous-développés qui se trouvaient être ses condisciples lui avaient mis en tête qu’elle était grasse comme un hamburger. Allons-donc ! Bien en chair peut-être mais si jolie, si délicieuse. Après avoir croisé mon chemin, écouté ma parole, elle est partie rassérénée, le sourire aux lèvres.

Quand je pense à mes frasques félines… Vil fou que j’étais. Le Dr Flammekuche m’a bien expliqué que je tentais de tuer le père en m’exposant de la sorte alors que mon éducation avait été si stricte. Tuer le père oui.

Une seconde fois, métaphoriquement. Vu que la première fois avait été la bonne. C’est fragile un vieux grabataire. Le coussin de son lit peut en témoigner.

Il y a trois jours, on a enterré mes voisins, une cérémonie magnifique. Les malheureux. Ils avaient mangé une salade garnie avec le bouquet de fleurs comestibles que j’avais semé dans leur jardin : souci, capucine, origan, Aconit napel. Evidemment, il faut être sot pour se lancer dans la « cuisine nature » sans aucune connaissance botanique. Introduire une plante mortelle comme l’aconit dans un plat sous prétexte de sa beauté envoûtante, c’est bien une étourderie de néo-rural ! Et qui se douterait de l’origine de cette petite erreur, vu que j’ai toujours adoré jardiner au petit matin dans la quiétude, quand aucun œil ne vous épie.

Et surtout, délice suprême, qui va donc pleurer la disparition mystérieuse de leurs chats ?

Je suis ici sur ma terrasse à admirer le soleil qui se couche sur mon jardin miraculeusement déserté par les chats. Je termine mon succulent dîner rendant hommage à mes voisins, à Isabelle, à mon père, au Bonheur et aux objectifs.

Tomates juteuses de ma serre, purée de panais tirés ce soir même de ma terre. Une de mes plus magnifiques bouteilles : un carignan de vieilles vignes de 2005.

Le Bonheur.

Une entrée somptueuse : Un carpaccio de chaton tapé. Simple à faire. Le petit dernier des voisins, le crâne explosé contre un mur. Puis on tranche finement à chaud. Basilic, champignons, balsamique et huile d’olive truffée. Tomates séchées. Etre généreux sur le parmesan.

Et bien sûr, la pièce de résistance : un superbe rôti cuit longuement à basse température avec une croûte de sel et de romarin. Une chair fondante, goûteuse à souhait. J’en étais sûr, c’est bien meilleur que le chat. Mes facultés d’anticipation me laisseront toujours pantois. J’avais raison Isabelle : ta cuisse est délicieuse.

Bien sûr, je sais qu’un jour, je devrais partir. Les gens sont suspicieux vous savez. Et puis mon jardin a beau faire vingt ares, il commence à être encombré de mes exploits. Et la poudre d’os est peut-être un excellent amendement, il y a néanmoins des parties difficiles à broyer.

Peu importe, ma nouvelle identité dort déjà dans un tiroir. Le monde s’offre à moi. Tant de destinations. Tant d’objectifs. Parfois, je songe aux mares où viennent s’abreuver les fauves dans l’ocre vespérale de la savane primordiale. Et en Afrique, n’est-on pas moins prompt à faire grand cas de la disparition d’un enfant ? Il s’en passe de belles vous savez là-bas. La barbarie humaine me laissera toujours sans voix.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 06:19

Réunion de crise dans les locaux de la radio publique belge Radio Rustique Belgique. Les audimats de l’eurovision des couillons chutent plus sûrement que le titre DEXIA. Il faut trouver une nouvelle formule… L’équipe planche sur un nouveau projet dans les studios de Hunserkfundjrupdropgrotekeu

 

-Pffff l’eurovision, ça paye plus. Les gens n’écoutent plus. S’en foutent.

-Mais Jean-Nicolas, si nous restions dans ces magnifiques studios et que nous y développions un concept révolutionnaire d’émission radiophonique ?

-Jean-Louis, c’est Jean-Louis, Francis. Révolutionnaire ? C'est-à-dire ?

-Et bien nous sommes ici toute une bande de chroniqueurs. Achetons des revues, lisons-les à l’antenne, passons des artistes Majuscules à la pelle et racontons n’importe quoi en mangeant de la tarte et en buvant de la prunelle.

-Ouiiiii. Jipé content ! Et on aurait des rubriques innovantes : les buzz sur twitter, et une chronique… sur les bobos tiens, c’est pas mal les bobos, c’est rigolo.

-Et puis c’est comme le con, on est toujours le bobo de quelqu’un d’autre. C’est vrai que c’est du jamais vu ça Jipé, un sujet tout neuf, jamais abordé…

-Oui mais là ou ça va te faire ruer Copernic dans les brancards, Jean-René, c’est que ce sera une émission de radio à lire sur le web !

- Ouaw… Génial Francis ! Ce serait un peu comme de montrer un dessin à la radio. Vachement hype quoi ! Et pas cher en plus ! Allez… Pesé c’est emballé. 

Et vous venez, chers auditeurs, d’assister à un de ces processus créatifs extrêmement illuminés qui explique la magie dont sont imprégnées les émissions bien pensées… place au direct et à Jean-Louis !

 

-Mesdames et messieurs, chers auditeurs, chères auditrices, nous sommes de retour en direct de Hunserkfundjrupdropgrotekeu, non pas pour la suite de la retransmission en Eurovision, parce que vous n’en avez rien à foutre de cette merde mais pour une émission de radio dont, nous en sommes sûrs, vous n’aurez pas grand-chose à foutre non plus. En compagnie de Jean-Pierre Hautain, Crooner et présentateur célèbre, de Francis Ballast, historien à moustaches et de Serge le lama, c’est Jean-Louis Lahaye qui est aux commandes. Et donc sans plus attendre, notre nouvelle émission…. Merde, on n’a pas de titre les gars… On a oublié de trouver un titre. Francis, une idée ?

- Euh… il en faut vraiment un Jean-Mastoïde ?

-On n’est pas couchés ?

-Déjà pris ça Jean-Pierre.

-Alors, on n’est pas levés, on n’est pas des cormorans, on n’est pas des canards sauvages, on n’est pas des enculés, on n’est pas lavés et on sent des pieds… Euh… les grosses klettes ?

-Non, Jean-Pierre, non…

-Foi de lama, j’ai une idée !

-Allez-y Serge… Je rappelle aux auditeurs que vous êtes un vrai lama, avec de la laine, qui crache et tout. Un lama grattez moi l’tec, ça bougera le dépôt de Charleroi.

-Mmmmmmhhhh. On n’est pas sorti, je l’évite, logique pour un lama. Donc je pense à « la minute encyclopédique inutile du professeur Lapète pour les malentendus et les non comprenant ».

-Je crois que c’est passé de mode. N’oublions pas que les auditeurs sont des crétins…

-LOL@cons alors ?

-Pas mal Serge. Mais on a surtout un public de vieux. Vont pas piger. Bref… une autre idée les gars ? Jean-Pierre, au lieu de mater les seins de l’assistante, une idée ?

-Vous n’y pensez pas Jean-louis, je ne suis pas payé pour ça.

Bon, un peu de musique et de tendresse en attendant que FIAT LUX, comme dirait Bart. OK Jean-Pierre ?

-Je préfère les voitures françaises Jean-Louis.

-Fernand  nous chante les TECs, mesdames et messieurs.

 

 

-Bon et ce titre ? On peut faire une émission sans contenu mais pas sans titre.

-Il faut un truc qui fasse tilt. Un truc transmédiatique, tu vois, avec une page FB et tu renvoies tout le temps les auditeurs dessus. Et puis un blog aussi, bien référencé.

-C’est has been les blogs et puis personne ne lit. Ou alors il faut mettre des noms de peoples avec « nu » derrière.

-Borf, moi j’avais un blog et j’ai essayé. J’ai mis comme titre à tous mes articles « Roger Hannin nu ». Ben, ça n’a pas marché très fort. Avec Mireille Mathieu non plus…

-Vous auriez du essayer avec « Steve Jobs nu » Jean-Pierre, ça aurait eu la cotte. Faut être moderne. Navarro et Mireille Mathieu, plus personne ne les connait.

-Bon merde et ce titre ?

-Ca y est ! Alléluïa comme disait Archimètre dans son bain ! J’ai trouvé !

-Un titre Jipé ?

-On n’a pas fini de vous refiler de la merde ! Génialissime non ? C’est juste trop LOL !

-Oui... oui... Bref, musique!

 

 

-Bon, pendant la chanson, on a cogité, enfin on a essayé. On a trouvé. Ce sera Radio-couillon. Simple, un peu vulgaire, sans jeu de mot, court. Parfait.

Et le temps de nos parties touche à sa fine. A la semaine prochaine.

 

 

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