Mercredi 21 septembre 3 21 /09 /Sep 08:25

« Faut pas être Saint Ture noire pour faire du Judo »

Le Grand Jojo, Vive les Saints.

 

 

Allez, mettez-moi ça en sourdine pendant la lecture. Vous aurez vraiment l'impression d'être dans un bistrot à la fin des années 80.

 

Amis et voisins, électriciens, électriques chiennes, mes chers compatriotes, les patriotes malins aussi, cher Olivier Maingain.

Alors évidemment, cet été, on peut difficilement faire l’impasse sur le massacre norvégien. C’est con hein, le jour même de l’attentat et de la fusillade, dans les premières heures dubitatives, mon cousin Roger et son pote Dédé, ils le savaient hein, que c’était un coup des musulmans ! Les barbus, ça a toujours quelque chose à se reprocher.

Non, sans rire, c’est vache. Le terrorisme musulman, ça nous facilitait la vie. C’est facile à reconnaitre, à stigmatiser et à fustiger un Musulman. C’est vachement plus confort pour te l’embarquer dans un charter vers les oubliettes de Cacaguano. C’est qu’avec ses airs suspects de franchement pas comme nous et même de carrément pas comme les autres non plus, il a une bonne tête de prétexte d’invasion le terroriste musulman.

Un petit blond tout propre sur lui avec ses p’tits polos de bourgeois de Wépion qui va à la messe le dimanche par contre… qui se méfierait ? Merde, avec Roger au café de la Renaissance, ils croyaient que terroriste ça prenait deux airs de barbe et de Nekhab, point c’est tout. Tout défoutus qu’ils étaient les mecs du bistrot.

Mais bon, il doit y avoir talon aiguille sous France Roche. Le Hans truc muche-là, ce doit être un abstinent ou un végétalien ou un truc comme ça. C’est pas un mec comme nous.

Un gars de chez nous qui descend sa chope, son ballon ou son jaune et qui s’enfile ses six saucisses piquantes, ses trois boulets maison et son dagobert à midi, ça te dézingue pas 60 personnes dans l’après-midi.

C’est pas les mecs qui te font une virée au Luxo pour acheter du pastaga et du péket chez Massen et qui te descendent une platée de palette fumée aux fèves sauce Roquefort au Keup avec un ou deux Picon-vin blanc à l’apéro et puis deux-trois « klench », des demi-litres, de Bofferding pour faire descendre le cochon fumé, qui se vautrent dans l’immolation aveugle et le génocide artisanal après. C’est juste des trucs d’excités de buveurs d’eau et de thé.

Mon cousin Roger est un grand théoricien de la psychologie abdomino-stomacale. Et je dois le dire, sa prose est souvent estomacante. Mais quelque part il a raison. Allez, vous voyez Michel Daerden au FN vous ?

Néanmoins, allez raconter ça à John de la Tourette Galliano, le mec qui défrise les moustaches d’Adolf dès qu’il a un verre dans le nez. Malheureusement, la preuve ultime de l’égalitarisme de l’humanité, c’est qu’il y a des cons partout, même chez les bons vivants. C’est trisssss hein monsieur !

Moi ça me conforte dans mes idées : A mes oreilles, le froufroutement des djellabas est plus doux que le martèlement du pas de l’oie.

 

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"Quand on arrive à l'extrémité des idées, on tombe dans le vide" allégorie du massacre norvégien par Anatole Legrain-Gallet (1830-1973). L'oeuvre nous dépeind les barbares fascistes assassinant la démocratie, représentée par un vieux dinosaure. Beaucoup d'Historiens de l'Art ont recherché, en vain, une gaufre allégorique qui serait cachée dans le tableau.

 

Et puis cet été, alors qu’il pleuvait de plus belle, le roi martela du poing sur la table (Ouah l’autre hé, l’enchaînement !). Le Roi fit donc vaciller la table. La fameuse table tellement tournante qui devait tellement tourner que ça allait tellement entrainer une révolution tellement copernicienne qu’on n’avait plus vu ça depuis Aristote.

Table tournante à laquelle depuis plus d’un an les grands mages des partis demandaient "Esprit es-tu là ?". Mais d’esprit, il n’y avait pas. Et personne ne se mettait autour de la table ronde qui était carrée pour voir Oui oui oui, pour voir non non non si l’accord est bon. Las, Arthur fait le camelot à la télé et Merlin s’en est allé meubler son ennui avec Leroy, ce qui enchante Tonton tapis, le génie des carpettes, (à ne pas confondre avec Ceaucescu qui était le génie des Carpates et qui n’avait pas de moustache).

Mais Albert, tout empourpré, tapa du poing sur la table et cria. Pas pour que Charlène revienne, ça c’est un autre Albert, Albert de mes deux bis. Et puis je l’ai déjà faite. Albert a crié, crié hé, pour que Bordel de merde, les partis se les bougent un peu, les parties, foert à la fin .

Enfin, il l’a pas dit comme ça Albèredeu. Mais l’effet fut fort. Alors les huit partis se mirent d’accord !

Enfin !

Après plus d’un an !

D’accord pour partir en vacances trois semaines en laissant l’élève Bart en rattrapage pour son cours de latin. C’est pour ça que Bart a latin pâle, parce qu’il n’a pas décroché la timbale.

En Belgique, on était content : c’était déjà une victoire. Finies les petites phrases assassines et rigolotes. On allait s’emmerder ferme.

Heureusement, à la fin de l’été, il y eut l’hospitalisation de Michel Daerden. Triste. J’ai compatis. Je lui ai envoyé des fleurs. Six roses. Mais attention, j’ai compatis, soit, mais pourtant on dit toujours que ce sont les meilleurs qui pâtissent en premier.

Le public se rabattit donc sur la fin lente de Khadafi. Et oui, c’est la fin lente de Khadafi, et il aura beau sortir des petits lapons de son chapeau magique, il a perdu les rennes du pouvoir. Sauf qu’évidemment depuis, il a disparu justement. Il est entré dans un de ses beaux chapeaux et abricot des bras, il est parti. Est-il sur l’île avec Gilbert Bicot et Michael Klaxon ? Mais ne nous moquons pas, le chômage est un fléau. Et il lui en faudra des entrevues d’orientation et des formations formatives pour retrouver un boulot à Mouammar. Décidément, c’est la crise pour les dictateurs. J’en profite d’ailleurs pour vous montrer une fois encore, la fiche signalétique de l’individu.

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Et puis, toujours aussi évidemment, il y eut le dénouement de la saga Strauss-Khan, la terreur des Sofitel, le faune priapique, le fléau de ces dames, le gourdin socialiste. On a bien fait de largement lui accorder la présomption d’innocence à celui-là. La preuve on a abandonné les charges, alors même que le problème résidait justement dans le fait qu’il y avait eu décharge (très fraiche, celle-là, j’avoue). Même si Gaïa va gueuler, moi je dis que castrer les porcelets pour éviter l’odeur de verrat, c’est pas si mal.

Et donc la morale de cette histoire, c’est que "Dominique, nique, nique, s’en allait tout simplement, routier, pas si pauvre, en chantant". Moi je dis qu’on lui en a fait assez baver à ce pauvre homme. Déjà aculé hâtivement par la soubrette, le voici encore accusé par Tristane, bah non alors !

Nénesse n’a pas tout compris de l’affaire DSK. Il est persuadé que DSK est poursuivi pour maltraitance envers les animaux et zoophilie. Il croit à une sombre affaire de triste âne et d’ânon. Quelle mule le Nénesse !

N’empêche qu’il saute soubrette, Sinclair et on voudrait qu’il soit un Saint ? Je dis que si mon Templar, genre Into the Dany Wilde, il ne faut pas s’étonner d’être aux sévices sucrés de sa majesté. Mais ça, c’est la Moore, comme dirait Roger avant d’ajouter amicalement : "à la vôtre".

Colas l’a dit qu’il trouvait ça étrange. Voyez-vous cet homme de pouvoir, promis aux plus hautes fonctions, fortuné au point d’avoir le loisir d’assouvir ses penchants les plus vils avec d’accortes autant que callipyges professionnelles tarifées à la fois compétentes et discrètes, se commettre dans une coucherie sordide au hasard d’une rencontre fortuite avec une femme de chambre finalement assez quelconque encore que ce soit là matière de goûts et de couleurs dont il ne faut pas discuter du bienfondé ?

Je dois à la vérité que Colas n’a pas présenté les choses de cette manière. Lui il a dit : Putain, le DSK c’est une bite sur pattes. Il pense avec sa queue. Le mec peut pas s’empêcher de quetter tout ce qui bouge, gros pourcê. Y verrait un chien avec un chapeau, il se le ferait encore. Quand je pense que ce gars là peut se payer les plus jolies carrosseries du monde et il saute le premier boudin qui passe. Et ça veut être président…. Hé bé… Remets moi une chope va Roger.

Vous avouerez que ma manière de présenter les choses est plus élégante…

 

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Bon, quand on le voit nu évidemment, on comprend les femmes. C'est qu'il est bien fourni l'animal...

 

Mais bien entendu, l’épée de dame aux caisses qui a plané sur l’Europe tel l’Hindenburg en flammes surgissant de nulle part tel un aigle noir, c’est le spectre du bardaf de la braderie économique. C’est que, je me tue à vous le dire, les bourses vont mal. Pas celles de DSK évidemment. Elles, elles se portent à vermeil, comme la carte. Fier comme l’obélisque, il monte Lagarde, le faune lubrique.

Non palsambleu ! Regardez donc les émeutes anglaises, les indignés espagnols, les insaturés de Grèce… L’Europe s’effondre mes amis. Notez qu’en Grèce, question ruines, ils ont l’habitude. C’est même un fond de commerce chez ces gens-là. L’Italie vacille. La Belgique dérive. L’Angleterre se soulève. La France râle (oui mais ça, bon, c’est un peu comme dire que le soleil se lève à l’est…). La Grèce s’effrite. L’Andalouse s’indigne. Le cornet à plus de deux euros tout de même ! C’est un signe de la fin du monde ça, madame. La prophétie de Maya l’abeille me semble inéluctable. Ca va être dur de l’élucter.

Et puis l’été se prolongea par le mois de septembre. Et oui, c’est en septembre chantait l’insupportable Gilbert Bécaud. Oui, celui-là même qui chantait les irritants tubes de "l’orange" et de "Nathalie". C’est en septembre que les feuilletons de l’été se dénouent. Que les BHV sont scindés, que les DSK sont blanchis, que les HIV sont toujours trop transmis, que les WTC effondrés soufflent des bougies, que la NVA défile avec le VB, le TAC, la SS, et toute la clique nazillonne flamoutche, que les ObCDE se mettent à nu.

Yves met le terme à sa carrière politique belge et part à l’OCDE. Enfin, Yves Leterme a trouvé les fameuses cinq minutes de courage politique qui lui manquaient pour s’avouer qu’il était incompétent dans son rôle de premier sinistre. L’OCDE n’a qu’à bien se tenir. Tiens quand ça va à l’étranger, ça descend dans quelle chaîne d’hôtel les gens de l’OCDE. Pas des sofitels au moins ? C’est quoi l’hymne national de l’OCDE ? Money for nothing and the chicks for free ? Ah non, ça c’est le FMI.

Enfin septembre, ce n’est pas encore tout à fait l’été, ce sera donc pour un prochain épisode.

Et en plus, avant-hier soir, François de Brigode annonçait officiellement, chiffres à la pluie, que l’été avait bien été pourri, au-delà des conversations de café du commerce disait-il… Ben merde alors… Hé Roger, Nénesse, Colas… vous n’aviez pas remarqué que le petit péteux du 19h30 de la RTBF là, il était passé pendre un pot lundi ?

Dans ces conditions de crise économique, vous ne serez pas surpris de constater que l’été ne pourra en aucun cas prolonger son contrat au-delà du 21 septembre. Mais que fait donc, foert zut, le gouvernement ?

Par le rustre - Publié dans : Chroniques rustiques - Communauté : Made in Belgium
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Lundi 19 septembre 1 19 /09 /Sep 08:18

 

Animé par un désir légitime de reconnaissance littéraire, j’agrémenterai dorénavant mes textes d’une grande autant que définitive citation en en-tête : poète, philosophe indispensable, écrivain révolutionnant la culture… que de l’essentiel avec Le Rustre.

 

"On l’appelait Jacques, Jacques, Jacques Cousteau. C’est beau la vie sous l’eau. Tous les poissons sont ses amis, les requins baleines aussi."

 

Plastic Bertrand

 

Amis et voisins, bouchers, bouchères, cher Yves Leterme. Quoi de mieux pour une rentrée sans vouloir se fouler qu’une petite revue pas pressée de l’actualité de l’été ? Enfin, l’été… si on veut ! Hein, parce que mon bon monsieur, les saisons, c’est plus ce que c’était !

Mais attention, pas n’importe quelle revue de presse à cinq balles qu’on vous assène du haut d’une quelconque carte de presse kinder surprise. C’est pas de la bête info Reuter à la sauce RTBF qu’il vous propose le Rustre.

Non, ma rédaction à moi, c’est du costaud les gars. Ca t’en débite à la mitraillette. A la pita ou au cervelas chaud même des fois. C’est mon cousin Roger et toute l’équipe du café la Renaissance fraternelle de Berdoule-en-Hesbaye qui vous livrera tout l’automne, de l’info chaude comme de la baraque à frites. Chaude mais parfois un peu défraichie, rance comme de la vieille huile de friteuse. C’est qu’au bistrot, ils sont lents à la détente.

Vous ne connaissez pas Roger ? Mais si Roger, mon cousin. Pas Roger Jouret. Roger Tout Court. Roger Jouret, c’est the artist formerly known as Plastic Bertrand. Mais siii ! Plastic Bertrand, ce roi de l’extase et de la poudre, et pas qu’aux yeux, qui déclarait "ça plane pour moi". Il faut cependant noter que ses plus fins exégètes disent cette déclaration apocryphe.

Plastic Bertrand, celui-là même qui lors de sa mort tragique écrivit sur un mur en longues trainées collantes et dégoulinantes "Radiateur m’a tuer". Je soumets ici à votre sagacité, l’extraordinaire finesse de mon humour décalé. D’une blague éculée du genre "Plastic Bertrand est mort. Il s’est assis sur un radiateur et il a fondu", j’arrive à tirer un mot d’humour transcendant les cultures populaires et renouvelant le genre.

Et quand j’écris éculé, c’est à dessein. J’écris éculé sans haine parce que je ne suis pas un sot d’homme. C’est vrai quoi, c’est pas parce qu’on veut finir dans les annales qu’il faut s’en prendre plein le cul.

Mais revenons au cœur de l’actualité passée et néanmoins estivale de ces derniers temps maussades. Ah ben oui, tiens, parlons-en du temps maussade, comme on dit aux services secrets israéliens.

Car l’info majeure de cet été, c’est évidemment le temps qu’était pourri. Comme dit Roger, il a fallu attendre le premier septembre pour avoir chaud aux fesses. Et comme continue Roger, c’est chouette parce qu’avec un si beau temps au début du printemps, ça promet pour l’été en décembre. Vivement les vacances qu’on en profite. Je me demande décidément si Roger ne devrait pas freiner un peu sur la Leffe Radieuse.

Quel foutre Dieu de bordel à cul de saloperie de temps pourri. Et c’est pas moi qui le dit, c’est Roger, alors je peux pour les gros mots. De la pluie, du froid. Du soleil tout timide et des orages. S’il y a eu une bonne nouvelle cet été, c’est la fin des lancements de la navette spatiale. Ils vont enfin arrêter de nous trouer la couche de la zone et nous faire rien qu’à détraquer le temps atmosphérique avec leurs expériences, là. Espérons que la zone ça cicatrise vite ! Enfin, Roger y dit toujours : faut voir quelle zone, parce que la zone d’érogène par exemple, elle est au-dessus. Parce que l’érogène c’est moins lourd que l’air qu’on se donne en rentrant dans les cercles autorisés des strates de hautes sphères. Enfin bon, c’est l’avis de Roger. Et aussi de Nénesse, qui chante souvent le Bia Bouquet en trempant son dentier dans sa chope, puis qui remet ses dents et se vide la bière d’un trait. C’est vous dire s’il s’y connait le Nénesse.

Non dans le genre pourri… Parlez-en aux mecs qui habitent Orp-le-Grand. Mais bon, il ne faut pas désespérer. Le Bourgmestre annonce des mesures drastiques : on va rebaptiser la rue principale « Avenue Jacques Cousteau ». L’inauguration sera parrainée par Plastic Bertrand, tiens, justement, qui chantera son tube : On l’appelait Jack Cousteau, c’est beau la vie sous l’eau. Dommage, le bourgmestre d’Orp-Jauche aurait voulu qu’on l’appelle Venise.

 

Génial non ? Plastic, avec son art du consommé, nous propose de jolies rimes en ouille. Mais il en manque une, lecteur sagace. Sauras-tu la retrouver ?

 

On rigole, mais à Orp ils ont été inondés 4 fois depuis le 28 juin. Au point que certains habitants n’ont plus de canapés dans leur salon mais des bouées.

Non, je ris mais c’est comme dit Colas au bistrot : S’il pleuvait des cordes, ils auraient pu pendre les politicards que c’est qui font rien. Nom di Dju ! Parce que hé, c’est qui font rien les hommes politiques. Ils laissent pleuvoir. Scandaleux ! Heureusement, arrivent les mesures métriques, systémiques et à vrai dire définitives : des bassins d’orages et des études très fines pour isoler les causes d’inondation. Les scientifiques se tâtent (les cochons) : certains esprits osés incriminent déjà la pluie comme coupable, étonnant non ?

Le parti socialiste en appelle cependant au respect de la présomption d’innocence. Nénesse, y dit qu'avec le PS, c'est plutôt de péremption d'innocence qu'il faut causer. Il est érudit hein Nénesse ?

Des représentants de la Fédération des agriculteurs Wallons ont analysé la région. Ils ne voient décidément pas d’où aurait pu provenir la boue qui a envahi les rues d’Orp. En attendant, un promoteur Flamand veut racheter le village pour en faire un parc d’Attraction. Ca s’appellerait le Monde de Nemo.

Question mauvais temps, le Pukkelpop gardera un mauvais souvenir de 2011. Des vents de 170 km/heure quand même. Plus rapide qu’un rôt de Michel Daerden lancé à pleine puissance. Environ 170 000 fois plus rapide qu’un bus des TECs. C’est vous dire si ça souffle ! Qu’en dire sinon…

Attention, insoutenables séquences érotiques !

 

Pour Roger et les potes du troquet, Gégé, c’est leur Dieu. Gégé, c’est le messie qui se prenait pour une lanterne même s’il avait pas l’air d’une lumière. Une lumière qui préfère rouler en Fiat luxe plutôt qu’en Ferrari sans options si vous voulez, même au JT de 20 heures sur TF1, hein. L’eau rance des râperies en terre arable (attention humour betteravier). Vous suivez toujours ? La betterave, les râperies avec des bassins de décantation, terres arables, Lawrence d’Arabie, Laurence Ferrari, fiat lux, latinisme, la lumière, les vessies tout ça… OK ? On continue.

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Ah ! désolé, je m'a trompu. C'est pas Gégé ça. C'est mon pote Nénesse qui vient de finir le Bia Bouquet et qui a remis ses dents en bouche. Il est content Nénesse.

 

Roger y dit que Gégé, c’est un des philosophes les plus importants depuis Zaza tousse pas, même que quand Gégé y tousse, t’as les anges qu’attrapent un rhume. Gégé, tu as la danse du monde qui brille dans ses yeux. Roger y dit que si Gégé débarquait au cafetar, les pompes à bière se changeraient en or. Gégé, y change l’eau en vin et le vin en pisse. Gégé, y s’en fout des mondanités et des convenances des culs coincés et des bénis oui-oui. Gégé c’est le dernier des Dieux Gaulois encore sur terre. Il descend cul sec des tonneaux de cervoise et mange des bœufs entiers d’une bouchée royale en s’en foutant des gaz à effet de serre, avant, pendant, après l’ingestion même si ça embête Madeleine. Parce que Gégé quand il vente, il se dit in Peto, tant pis si le gaz part, Proust pour Madeleine.

Moi j’y ai demandé à Roger à combien de Leffes Radieuses il était. 6 qu’il m’a répondu et pas cul sec parce que j’ai des problèmes de vessie. A 8 Leffes, je suis sûr qu’il va mettre une flûte de pan et des pattes de bouc à DSK. Il est comme ça Roger, c’est un poète comme Ovide : un homme de bonne Campanie qui sonne la Toscane pour tirer notre conscience vers la firme à Maman avec l’Apulie suspendue à la poutre de son âme bâtée. Tiens moi, la Leffe, ça ne me dit rien, je préfère l’Orval, ça me rend mystique. Quand j’en bois 6, je chante que Mathilde est revenue de Toscane, justement, comme je viens d’en causer avec Roger, ça tombe bien hein, de Toscane donc où elle était partie pêcher la truite dans un canal perdu dans un pays où il ne pleut que des perles de pluie avec un anneau d’or pour la cuire au court bouillon avec du chou vert pour son neveu Godefroid.

Cet humour vous laissera de glace si vous préférez les godes chauds et le gaz pas chaud à boire le bouillon ou la fugue de la mineure à la truite de chou vert.

Aïe, je ne me suis pas surveillé. J’ai recommencé à écrire des trucs incompréhensibles avec des jeux de mots au 23ème degré tarabiscotés comme pas possible. C’est pas demain la veille que je vais gagner le cœur des auditeurs de "On n’est pas rentré" sur la première.

Mais ont-ils seulement un cœur ceux-là ? Allez mon Roger remets moi donc un Orval. Et tu rajouteras une portion de saucisse piquante. Faut bien ça pour me remonter le moral. Quand je pense que le mois de septembre a failli quitter la table des négociations mais qu’on est finalement parvenu à un accord sur la scission de l’automne en trois mois, je me demande tout de même ce que fait le gouvernement !

Par le rustre - Publié dans : Chroniques rustiques - Communauté : Made in Belgium
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Mercredi 14 septembre 3 14 /09 /Sep 08:59

 

Amis et voisins, lecteurs, lectrices, cher Albert II. Longtemps j’ai hésité à reprendre l’écriture de ce blog en berne depuis le 27 juillet. Plus mort encore qu’un pays sans gouvernement élu depuis près de 500 jours. Je me suis dit que mon dernier post pouvait servir d’adieu et que de toute façon, tout le monde se fichait de mes délires. Franchement, j’ai failli. Sans rire. Sans déconner.

Me trouer le cul à écrire des trucs pas possibles, que même moi je ne comprends plus en les relisant, pour me récolter une quarantaine de lecteurs par jour… Merde. J’ai quarante ans. Je veux percer moi et tout de suite. Je ne vais pas attendre mes 60 ans pour abandonner la Belgique et aller faire vomir de rire la France chez Drucker. D’autant plus que quand j’aurais 60 ans, Drucker il en aura… Mon Dieu, je doute qu’il ait encore une émission ailleurs qu’au Père Lachaise. J’exige mon quart d’heure de gloire et tout de suite. Rémunérée la gloire, merci.

Et encore, je vous parle de 40 lecteurs par jour, mais analysons leur provenance voulez-vous ? Plus de 50 % de mes visiteurs me sont envoyés par gogole. Alors si on enlève les jardiniers qui arrivent chez moi dans l’espoir de vraiment trouver une méthode efficace pour chasser les chats du potager, les amis des animaux alertés par un jardinier ami des chats qui viennent voir si sérieusement, il y a un mec sur la toile qui préconise de tirer les chats à la sarbacane pour les mijoter ensuite avec du sirop de Liège et de la Rochefort 10°, si on enlève les centaines de travestis bordelais qui continuellement viennent observer le retour des bordeaux travestis sur le blog, les personnes qui cherchent l’origine de l’expression « putain de bordel à cul de Satan de mes couilles », il ne reste plus grand monde de réellement intéressé par mes calembours au 25ème degré et mes phrases tellement à rallonge que moi-même je n’en vois que rarement le bout .

Et donc j’avais sérieusement envisagé d’abandonner un blog franchement pas au goût du jour : pas de vidéos, des textes très longs, plein de gros mots comme anachorète, myrmécéen, pleupleuter, zinzinuler. Des mots tellement gros qu’on croirait des inventions alors qu’ils existent vraiment, même si word me les souligne.

Mais que voulez-vous, la muse qui me bassine, c’est Rika Zaraï et elle ne l’entendait pas de cette oreille dans la ruelle borgne de mon esprit où mon surmoi en sous-vêtements l’avait encabanée.

C’est que les textes divers et variés s’accumulent quand même sur mon ordinateur. Peut-être pas des bons textes mais des textes sincères, spontanés. Je ne peux tout de même pas vous épargner des fulgurances telles que :

GAÏA préconise de laisser pendouiller vos valseuses le vendredi, non pas pour savoir, à l’instar de Visé ou de l’ineffable François Feldman, ce que deviennent ces fichues valses de Vienne, bordel à foutre queue, mais pour protester contre la castration des porcelets pour l’élevage. Conséquence : le lundi, les bourses chutent ! La débandade de l’économie n’est pas loin.

 

P8020072Et là, ça pendouille peut-être ?

 

Je me permets ici quelques petites remarques fort à propos quoique complètement éloignées du sujet. D’abord, c’est vrai quoi, que deviennent les valses de Vienne ? Et puis il ne faut pas confondre les valseuses viennoises avec les couilles de Jörg Haider. Et en plus si la tomme de Savoie a l’instar de Visé comment voulez-vous que le dernier tome d’Harry Pot de fleur casse trois pattes à un canard de Suez ? C’est logique non ? Non ?

D’accord, mais quand même. Depuis que je sais que notre roi des belges Albert II trompe paëlla avec Charlène Ingalls, je suis tout défoutu. Sans rire.

Mais laissons Charlène et revenons à nos moutons… Oui je sais. Mon humour n’est pas à bout de souffle, il est à perdre haleine, comme disait Woody quand il tenait le chandail alors que sa femme se tapait le fils de l’ébéniste.

Voilà, ça me reprend. Faut suivre et les gens ne suivent pas. Il faut connaitre les frasques du cinéaste avec la fille adoptive de sa femme, accepter le rapprochement foireux entre Woody, bois, ébéniste, savoir que les moutons ont en général mauvaise haleine et pas de plumes. Pire, si je vous dis que l’image de l’épouse d’Albert de Monaco m’assaille, vous me traiterez de Zulu, nom d’une vuvusella ! Et le pire, c’est la chandelle au milieu du champ d’ail.

P9100132Charlène au temps de l'apartheid...

 

Alors évidemment, une fois qu’on a posé ça… et croyez-moi, j’en suis fort aise parce que ça commençait à me faire un sacré poids sur la conscience. Une fois qu’on a lâché notre caisse donc, et qu’on compare cet humour écartelé entre le caca-pipi et l’intello torturé, au genre d’humour qui attire les foules sur les radios publiques, on n’est pas étonné d’avoir si peu d’auditeurs, surtout quand il s’agit d’écriture.

Oui, voilà, c’est ça. Je suis un humoriste maudit, incompris, de tous. En fait, je suis le seul à me trouver drôle. J’aurais du le comprendre depuis longtemps : alors que pendant des années je n’ai écrit que pour mes placards, jamais je ne les ai entendu grincer de rire.

D’où le fait que je sois dubitatif quant à l’aboutissement précoce de cette masturbation intellectuelle. Pourtant, avant les vacances, je voyais avec délectation mes audiences se dépasser les unes les autres dans une joyeuse course de relais dont les Borlée ‘s brothers n’auraient pas refusé de prendre le témoin. Mais en juin (y a plus de saisons), patatras, tout s’est tassé plus sûrement qu’une bourse mûre qui s’écrase comme un étron mou sur le pavé dur de l’inconscience des spéculateurs spoliateurs et fossoyeurs de nos rêves de monde meilleur.

Enfin, j’avais attiré l’attention polie d’un producteur radiophonique bien connu qui s’était même proposé de lire un de mes textes lors d’une émission humoristique cultissimale et pourtant infernale. Las et patatras, l’émission fut supprimée des antennes et remplacée par une autre où l’humour n’a plus voix au chapitre. Un complot vous dis-je.

Voilà. Ces longues lignes pour vous expliquer en définitive, que j’aime les tartines de pain blanc frais avec du beurre ET du Nutella. Comment ça, ça n’a rien à voir ? Non, mais dites-donc, je vous emmerde, moi. Non mais grossier personnage ! Et si vous me donnez du « surréalisme belge » à la con, je vous castre aussi sûrement qu’un porcelet.

Bon, et où veut-il en venir le Rustre ? Et bien c’est là le problème… Je ne sais plus trop, en fait…

Ah oui, et donc malgré le relatif manque de succès de mes écrits, malgré la galère, le bagne que constitue la bataille de la visibilité sur facebook et sur le net en général, j’ai décidé de continuer. N’oublions pas que Waterloo fut une grande victoire si on s’extrait du point de vue étroit et mesquin de nos voisins français. Et donc, en ce frileux mois de septembre qui présage d’un printemps qui à mon avis ne sera ni court ni joyeux, tant il est vrai que ô sanglochons des lionceaux de l’automne, et à votre plus grand regret, le Rustre revient d’entre les mots pour vous abêtir de calembours tellement boiteux qu’à côté de ça, Oscar Pistorius, c’est un kangourou. Ah, mais c’est un kangourou !

 

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Kevin Borlée, qu'est-ce qu'il prend ? Et Oscar Pistorius, jambons ou pistons ? 

 

J’ai décidé de continuer, mais avec des changements drastiques.

D’abord, la quotidienne, c’est fini et bien fini. Dorénavant, jusqu’à ce que je change d’avis, le Rustre se sera le lundi et le mercredi.

Ensuite, la taille des textes sera sévèrement contrôlée afin de rester dans une fourchette 8-12 000 signes, espaces compris. Si ça c’est pas du drastique. La lecture d’un 12 000 signes, c’est 7 minutes. La compréhension, c’est autre chose.

Cela signifie que je vais de plus en plus travailler sur le mode du feuilleton. Je songe beaucoup à engager Pamela Anderson pour un feuilleton porno humoristique sur les vieilles liposucées.

Pour continuer, il y a des sujets qui vont disparaître, parce qu’ils m’emmerdent. Causer de pinard par exemple me gonfle sérieusement.

Enfin, parlons un peu du contenu du blog dans les prochaines semaines.

Et bien il y aura de tout et de rien. Surtout du n’importe quoi. Vous ferez la connaissance de Georges, pas très recommandable. J’ai réécrit aussi en version plus compacte les deux épisodes de la saga des chats et j’en ai ajouté deux inédits. J’en écris un supplémentaire pour le moment. Vous y ferez le plein de politiquement pas très correct, sanguinolent et légèrement gerbatif. Il y aura la suite des comptes rendu d’eurovision. Vous découvrirez qu’il y a pire que le pétomane. Nous irons régulièrement nous faire expliquer l’actualité chez Roger, au café de la Renaissance. Vous retrouverez aussi Cécile, héroïne de la Chapelle. Il lui en arrive de belles ! Et enfin, je vous raconterai mes vacances, en sandales ET chaussettes et en compagnie d’Henri Dès. Bon, c’est déjà pas mal.

On refait un essai jusqu’à Noël et si je ne suis pas riche et célèbre d’ici là, je me lance dans la politique. Boulettisme tendance sauce lapin, pas mal comme idéal non ?

8934 caractères espaces et titre compris. C’est-y pas beau ?

Je trouve. Surtout quand on pense à septembre qui non seulement a le toupet de ne faire que 30 jours mais en plus a lourdement inspiré l’horrible Gilbert Bécaud.

Aïe 9104.

Et… merci de me lire, lecteurs fidèles. C’était pour du rire. Sans rancune.

Caramba, 9193.

Par le rustre - Publié dans : Chroniques rustiques - Communauté : Made in Belgium
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Mercredi 27 juillet 3 27 /07 /Juil 19:23

Bon, en annonçant la baisse d'activité estivale de mon blog, j'avais promis le dernier épisode de "l'eurovision". Et ben non.

Pour l’eurovision et la suite de mes délires ce sera plus tard.

En attendant…

Ce blog est en hibernation estivale pour cause de vacances.

A bientôt !

Prière de ne pas déranger je suis en vacances !

 

Par le rustre - Publié dans : Café du commerce - Communauté : Made in Belgium
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Mercredi 20 juillet 3 20 /07 /Juil 16:31

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Longtemps dans les affres de l’indécision j’ai erré. Que vous dire sur le sujet qui n’ait déjà été dit. Allais-je vous faire vomir de rire à bas prix sur mon petit pays, raillant grassement ses travers du port d’Anvers au clocher d’Arlon ?

Peu élégant.

Oui, j’ai hésité à vous pondre un nouvel article de l’encyclopédie picrocholine. Et c’aurait été fort à point tant les querelles qui agitent notre pays sont sottes et vaines si on prend la peine d’y réfléchir un petit peu. Du rire fin, gras et salvateur à la fois. Mais peine m’en a pris parce que rien n’est sorti. Vous rendez-vous compte ? Je ne me sens pas capable de faire rire de mon petit pays. Probablement parce que ses éternelles gesticulations et autres sempiternelles ratiocinations ne me font plus rire. Plus rire du tout. Ils m’emmerdent ces tas de klettes patentées tournant en rond comme des cons dans une farandole depuis 400 jours.

 

 

Allais-je pour autant tomber dans le pathos ridicule d’un patriotisme larmoyant évoquant pêle-mêle les mânes des anciens combattants, les premiers Belges, le génie Mosan, la dentelle et les matins automnaux de Bruges, les chocolats Galler, Sandra Kim et Roger Jouret, alias l’ineffable king of the divan ? En passant, j’aurais pu écrire là un fameux sketch parce que faire se côtoyer dans la même phrase l’Art Mosan et Plastic Bertrand, à part pour l’amour d’une rime pauvre, ça frise le vertigineux quand même.

J’aurais pu vous conter moult historiettes fort édifiantes. Vous dire comment, alors que Louis XIV, dans toute sa démesure étatique si Française, s’employait vaillamment à porter la guerre, le sang et les larmes dans toute l’Europe, incendiant et bombardant au passage les plus beaux joyaux architecturaux de mon pays, alors que ce paradigme de l’absolutisme obtus et égocentrique faisait son Attila donc, le petit village de Mortroux, dans le Pays de Herve était en ébullition.

C’est que suite aux déprédations perpétrées par l’infâme soldatesque française, le village est ruiné. Le Mayeur et les échevins, suite à la consultation de la population et résistant aux plaintes courroucées des bourgeois, nantis et nobliaux, décident d’abord de renflouer et aider les petites gens, les pauvres, les démunis, les familles, et s’il reste de l’argent, on pensera alors aux plus riches qui de toute façon ne sont guère à plaindre. J’eus pu. Mais cela aurait-il suffit à vous expliquer la spécificité de mon pays par rapport à son grand voisin du sud ? Petit pays qui n’a jamais aimé les pouvoirs centraux forts et proches. Petit pays qui même s’il ne portait pas le même nom que maintenant existait bel et bien avant 1830 et n’est pas tout à fait une construction artificielle des grandes puissances. Petit pays, où, depuis la nuit des temps latins, se cotoyaient plus ou moins pacifiquement non pas deux mais une dizaine de langues au moins.

 

 

J’aurais pu aussi vous décrire le martyr de mon village natal, Barchon, quand le vindicatif Teuton à pointe l’envahit en 1914, le brula, massacra sa population, le dos collé au mur, une balle dans le crâne. J’aurais embrayé sur la lutte héroïque digne d’une série à la Spielberg des forts de Liège et de Namur, les boches qui avaient déclaré qu’on rentrait dans le Belge comme dans du beurre se heurtant à une muraille de feu, perdant une semaine et permettant à la Belgique et aux Français de terminer leurs mobilisations et manœuvres. Il parait même que cette résistance a valu à mon village et à d’autres d’avoir leur nom donné à une rue de Bruxelles et à une autre de Paris.

J’aurais pu plutôt vous dire combien je l’aime ce petit pays. Pas pour ses faits héroïques, ses sillons emplis du sang des simples sacrifiés aux rêves de démesure des grands enfoirés de l’histoire, non. Je l’aime pour ses gens simples et chaleureux, un peu cons et mous mais tellement truculents. Pour ses paysages vallonnés, ses immenses platitudes où rien n’arrête le regard sinon le ciel lourd chargé de nuages noirs qui viennent du nord.

 

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Ses rivières et ses canaux pudiques cachés derrière des voiles de peupliers. Ses forêts profondes et ses vergers riants. Ses bières si fameuses et délicieuses qui innovent chaque jour même si le fleuron brassicole belge est Brésilien et n’a cure de nos querelles linguistiques d’hyménoptères sociables sans ailes, sauf les mâles de temps en temps quand ils s’envolent pour copuler et là, ça emmerde ma voisine. Mais je me perds sur les sentiers de traverse. C’est quoi l’adjectif relatif à fourmi bordel ?

Edit : C'est myrmécéen, crétin des Alpes. 

Vous dire à quel point la nonchalance belge, je l’aime. Ses interminables et tarabiscotés compromis, ses crises qui contre toute attente finissent par un accord abracadabrant mais dans la paix et la sérénité molle d’un peuple qui se dit juste :

"ouf ti, on a voté, on se rassied et on boit notre chope, ces cons de politicards n’ont qu’à se débrouiller."

Comme j’aime mes concitoyens hâbleurs, toujours prêts à refaire le monde tant qu'ils sont attablés à une terrasse, si prompts à déverser leur verve poujadiste sur les politicards, oubliant illico que ce sont eux qui en votant les ont mis là.

Combien j’aime ce pays et ses régiolectes savoureux, ces gars du Limbourg venant bosser à Liège qui roulaient les R et parlaient un sabir exotique (le Limbourgeois) qui fait encore frémir aujourd’hui l’échine rêche et tordue des gros Flamingants bouffeurs de gaufres intégristes.

Mes Italiens d’Outremeuse, savoureux Minga-ti chirophones* sur l’éternel, mes potes marocains qui becquetaient des sandwiches au jambon avec un clin d’œil malicieux, mes Liégeois, Namurois, Tournaisiens, Bruxellois aux accents si divers et savoureux.

Combien j’aime le pays perdu de mon grand père, un pays de dimanches aux bouquètes et aux dringuelles de Matante Mareye et d’a Mononk Marcel qui me disaient :

 "Mî Vî pèté coyon, vochal vosse pitite dringuelle pô aller querî des mâles tchiques". Orthographe non garantie. En gros "Ma vieille couille éclatée, voilà un peu de sous pour aller chercher des mauvais bonbons". J’avais 5 ans.

 

 

Oui j’aurais pu vous le dire. Ou alors verser dans un humanisme égalitaire de bon aloi. Vous dire que les Flamands sont sympas, au fond, tout au fond. Que cette crise qui nous étouffe, c’est de la faute à tout le monde. Que nous les Francophones sommes coupables de ne pas apprendre plus le Néerlandais, que nos politiciens sont tous pourris et électoralistes, que les gauchistes c’est de la racaille, que nous portons la faute de nos ancêtres Fransquillons qui opprimèrent les pauvres Flamands.

Mais là non, je ne peux pas. Parce que c’est de la vaste connerie.

Le problème de mon pays est pourtant simple. Moi, Francophone, je ne peux rien y faire hormis râler. Je peux descendre dans la rue, manifester.

Autant, péter sur un violon pour faire du saxophone. Parce que tant que plus de 50 % de la population flamande de ce pays votera pour des partis porteurs de projets national-populistes (y compris le Zélé Haine V), tant que des milliers de ces gens descendront dans les rues pour acclamer le leader charismatique à la bouche lippue et au regard torve, le grand latiniste amoureux de son cul, rien ne bougera.

Asinus asinum fricat ? L’âne frotte l’âne, les imbéciles se congratulent dans la sérénité exquise de leur profonde inconscience acquise aux anathèmes foireux d’une frange fangeuse et vengeuse de politicards sans envergure.

Car en ce 21 juillet, plutôt que de vous faire rigoler, je voudrais gueuler un bon coup. Ca soulage. Comme Bébert Deux, mais en moins poli. Et en ne tirant pas sur l’ambulance des partis qui ne veulent pas faire de concession. Je crois qu’il faut donner des noms. J’admets volontiers que si les Francophones avaient fait preuve de vision politique à long terme, de courage, de jugeote, ils auraient envisagé dès les résolutions unilatérales du parlement flamand en 1999 de prendre le taureau par les cornes au lieu de se murer dans un attentisme qui n’a fait que radicaliser ceux d’en face.

Mais rêvons un peu…

Que se passerait-il si des crânes rasés chaussés de bottines (comique ça des crânes chaussés de bottines) défilaient dans les rues en gueulant :

"Les juifs dehors, crève Israël, rats de juifs !"

Ai-je besoin de vous le dire ?

Dès lors, pourquoi quand des crétins au regard éteint, regard évacué de la moindre étincelle d’humanité défilent en gueulant :

"Wallen Buiten, Belgie barst, Franstalige ratten, eruit", le centre pour l’égalité des chances ferme-t-il sa gueule ? Le Francophone n’est pas assez exotique à défendre ? Mais, me direz-vous, il ne s’agit là que des slogans d’une poignée de nationalistes haineux et cons.

Mais si aux portes de Onfleur on lisait un panneau payé par la municipalité disant "Onfleur, où les Français sont chez eux". Je pense que ça le ferait moyennement. Par contre "Dilbeek, waar Vlamingen THUIS zijn", c’est du sentiment national, monsieur. 

Mais que se passerait-il donc dans un pays normal, si chaque semaine ou presque, les membres d’un parti représentant une vingtaine de pourcents des votes sortait des phrases du genre "Les Noirs sont paresseux, ils ont une vraie culture du hamac" ou "les Marocains ne sont pas intellectuellement capables d’apprendre le Français" ou encore "les Algériens sont des assistés, des parasites, des chômeurs professionnels" ? 

Moi je pense que les tribunaux seraient bien garnis.

Pas en Belgique, tant que vous mettez Wallons ou Francophones dans l’étable des boucs-émissaires. Non, en Belgique, ça traduit seulement un sentiment profond et légitime de la population Flamande, brimée depuis les siècles des siècles, amen.

Que diraient les bons démocrates Européens si un pays, mettons la Turquie, mettait comme condition préalable de négociation avec l’Europe, la non signature de la convention cadre sur la protection des minorités ? Quand c’est la Flandre, c’est normal.

Ne souriez pas, voisins Français. Ce qui gangrène la Belgique par l’intermédiaire de sa majorité flamande, c’est ce qui vous guette, ce qui nous guette tous. La pensée facile, le repli sur soi, le triomphe des idées identitaires et simplistes qui désignent, une couleur de peau, une religion, une langue comme étant la source de vos problèmes. Parce que comme source, c’est plus facile à reconnaitre et à éradiquer que les mystérieux "spéculateurs" obéissant à leur nébuleuse loi du marché. Parce que l’Arabe de la maison à côté ou le Wallon du village en face, c’est plus commode de lui péter sa gueule qu’à l’actionnaire sans visage de Côte d’Or qui veut casser le coût de production des Mignonettes pour s’en foutre un peu plus dans les fouilles et veut donc délocaliser la production en Lituanie.

C’est une recette vieille comme le monde qui fait des petits en Europe : Danemark, Pays-Bas, Italie du Nord, Hongrie, et en France avec une Marine Le Pen plus alpine que marine dans les sondages, avec un racisme à la petite semaine suintant comme du pus par tous les trous de l’UMP.

 

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Et donc chers voisins flamingants (vous noterez, l’emploi de cet épithète à connotation politique, m’évitant ainsi de taper sur tout un peuple), imaginez-vous vraiment que la cause de vos prétendus malheurs, prétentieux nantis occidentaux, ce sont les Francophones qui vivraient à vos crochets ? La fermeture d’Opel, la délocalisation des chokotoff vers la Lituanie, la crise des subprimes, la fin prochaine de l’Euro, Lernout et Hauspie (hi hi coup bas), vous vous en sortiriez mieux, habitants d’un minuscule confetti enflé d’orgueil, sans le boulet Belgo-Francomou au pied ? Vous rendriez la racaille de Standard & Pools, sans âme et sans cœur, l’œil morne fixé sur des écrans inhumains alignant d’hideuses colonnes de chiffres, soudain plus humaine à la seule vertu des doux accords de la langue de Vondel ?

Bande de cons va ! Vous qui en êtes encore à vos ratiocinages perfides et passéistes sur les oppresseurs Francophones qui vous spolièrent au 19ème siècle.

Mais crétins congénitaux, ceux qui vous mettaient le nez dans la boue à cette époque, c’était des puissants : patrons, aristocrates, bourgeois. Francophones qu’ils soient d’Anvers ou de Liège, mais Flamands, Wallons ou Bruxellois. Des nantis qui avaient fait une révolution avec le sang du peuple et qui avaient confortablement installé une "démocratie" censitaire dans laquelle ni le paysan limbourgeois ni le populo carolo n’avaient le droit de vote. Nous étions dans le même sac, idiots !

Et maintenant, la plupart de ceux qui chaque jour s’enrichissent en tirant sur notre gentil pouvoir d’achat, ils parlent probablement Anglais. Allez-vous pour la cause envahir l’Angleterre ?

Et dans les tranchées, quand ils se prenaient un obus dans la gueule, vous croyez que les Wallons, Anglais, Français et même Allemands trouvaient leur mort moins sotte qu’un patriote Flamand ?

Et quand bien même mes ancêtres vous auraient amoindris, est-ce de ma faute à moi, celle de mes enfants peut-être ? Je suis responsable de MON passé pas de celui de mes parents, ni même des vôtres.

Vous n’assassinez pas la Belgique, vous faites le lit d’une Flandre suçant la Belgique jusqu’à la moelle. Une Belgique Flamande pour les Flamands. Les autres, marchez ou crevez. C’est ça qui vous botte. Avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière. La scission de la sécurité sociale mais pas des pensions. Rien que ça j’en ris.

Pauvres types qui a chaque élection mettez au pinacle non seulement les pires nationalistes identitaires mais aussi des gens d’une droite toute à droite, pour lesquels les méchants, les profiteurs, les parasites ce sont les pauvres, les chômeurs, les artistes, les ouvriers. Le Bien consistant évidemment à se lever tôt pour écraser la gueule des autres et se faire une max de blé. Lisez le programme de la NVA et vous verrez si je blague.

Et comme une bande de moutons bêlant vous applaudissez votre champion du Latin et de l’histoire à cinq balles, vous abreuvant de fierté nationale, de sentiments de supériorité infantile et des vieux clichés jaunis de votre sale nationalisme aux relents méphitiques de bruits de bottes et de pas de l’oie.

Putain ! Réveillez-vous ! Ecoutez ceux que votre Bart appelle les mauvais Flamands et qui sont de bons démocrates ! Réfléchissez, ça vous changera. Un jour, ce sera peut-être vous le mauvais Flamand !

Et méditez ceci… Une seule chanson du merveilleux groupe qu’est Laïs, jolies ondines de Kalmthout, fera bien plus pour la Flandre que tout ce que Bart De Wever pourra imposer. Une seule écoute de Doran ou de Dorothea me font trouver la Flandre plus belle que tous vos horribles drapeaux félins ne mettront jamais de couleur sur un étron.

 

 

J’aimais ce pays, mais il m’étouffe. Je n’en peux plus de le voir tourner comme un con de chien auquel on aurait cloué une patte. Je n’en peux plus d’entendre aboyer ce ramassis de nationalistes excités et qui n’ont que Flandre à la bouche. Je n’en peux plus des Francomous hébétés par tant de combativité. Avec à peine plus de conscience politique qu’une amibe dans une moule pas fraiche. Quand je lis les commentaires divers émis par des citoyens pourtant pas si cons et Francomous comme moi, ils en sont encore à faire du poujadisme de base et du droitisme de rigueur, fustigeant la Wallonie pourrie de socialisme, le fait qu’on ne devrait plus payer les politiciens, que le roi est bien malheureux monsieur, etc… Ils sont si peu à trembler comme moi devant la belle unanimité des faiseurs d’opinion, des politiques et de ceux qui votent pour eux au nord du pays. Un bloc infranchissable de haine, de rejet et d’incompréhension qui font du Francomou l’ennemi à abattre. Et de l’indépendance de la "Nation" Nationale-Populiste l’objectif ultime, l’appauvrissement de tous fut-il au bout du chemin.

 

 

Vraiment Belges, Belges… Je vous souhaite une bonne fête nationale, un bon défilé et tout. Moi, je cultiverai mon jardin.Je vais éteindre la télé et mon ordi. Je me servirai un Orval et puis une Westmalle Triple et j'écouterai Laïs, Arno et puis Les Gauff' et tant d'autres. 

Parce que les hymnes nationaux, même en reggae, ça m’a toujours fait gerber.

 

*Chirophone : qui parle avec les mains bien sûr !

Par le rustre - Publié dans : Chroniques rustiques - Communauté : Made in Belgium
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