"Ils mangent le caviar à la louche. Sont cons. C’est même pas meilleur à la
louche, d’abord."
Coluche.
Vautrons-nous dans le stupre, le lucre, la luxure, le
vice...
La semaine dernière, dans la presse, on nous servait sur plateau fumant le dernier
(mais pas l’ultime malheureusement) avatar de la glauque affaire DSK. Mais si, vous savez, le type qui aurait tenté de violer une femme dans une chambre d’hôtel. Une femme ? Mais si, vous
connaissez. "Une" être humain, avec deux jambes, deux yeux, un cerveau, des sentiments, enfin, un être humain quoi. Comme un homme mais en femme, avec des trucs en plus en haut et des machins en
moins en bas, et en général un salaire moindre pour la même fonction mais avec plus de boulot et de pression.
Mais oui, mais bon, c’était une bonne après tout, une noire en plus. J’en ai même
entendu arguer que c’était une musulmane. On ne va tout de même pas traiter un homme de cette stature, Français en plus, comme un chien parce qu’il est amateur de saine gaudriole ?
Puritains de Ricains va.
Le financier et la soubrette, une fable pour corps de Lagarde. Les images exclusives qui ne
laissent aucun doute quant aux responsabilités et culpabilités : elle sourit !
Tudieu, Géraldine ne poussez pas le bouchon trop loin avec votre féminisme à fleur de
peau, j’en suis encore à me demander si vous avez une âme. Et la présomption d’innocence que diantre !
Bref, en deux semaines on a tout entendu, tout vu jusqu’à la nausée ou pire. Les
"anges de la téléréalité" en passeraient presque pour une émission digne de Bernard Pivot, à côté de ça.
Bon, vous permettez un instant ? Il me faut déféquer un coup.
Personnellement, ce déferlement émétique m’a rappelé des paroles de Roger Waters :
“You make me feel with the urge to
defecate”.
Mais je conviens qu’il ne s’agit pas
des mêmes orifices et que la comparaison est boiteuse.
Nonobstant, depuis une semaine, on atteint des sommets dans les bas-fonds. Cela
doit vouloir dire que tout ça est gratuit. Hein Chérie, si il y a nonobstant, on paie rien, non ?
Mais quand même, on frémit devant la lubricité de ce
regard.
Car voilà t’y pas maintenant que le beau monde s’offusque devant le train de vie
New-Yorkais du Grand Khan. Le gourou du machisme. Le Khan Gourou quoi. Un animal sauteur si vous voulez.
"Et t’as vu ce qu’y met comme fric dans un appart ?"
"Ah le salaud, il est plein aux as dis-donc."
Indécent. Un scandale. Et l’estocade finale, le vrai tomahawk dans la gueule à
Khadafi : "il est socialiste pourtant."
Comme si un homme politique socialiste, ça devait forcément habiter des corons à
Marcinelle ou à Bergues.
C’est bien connu. Tu es avocat, chef d’entreprise (une entreprise de révisorat à Ans
pour prendre un exemple quelconque) MAIS tu es zomme de gauche, zomme politique de gauche d’abord en plus.
Alors t’es pauvre. Tu roules en deuch’ et tant qu’on y est tu fais les poubelles le
matin pour te confectionner un vrai déjeuner du terroir. C'est que finalement t'es du côté des ouvriers, donc pauvre. Je signale à ceux-là qu'ils ont raté quelques épisodes depuis le front
populaire.
Ah merde alors ! Non mais. On peut plus violer tranquille les femmes de chambres
et en plus, il faudrait être pauvre comme zob ? Peau de job oui ! A quoi ça servirait d’être zomme de pouvoir alors ?
Pour conclure, je me permettrais ces révélations étonnantes aux offusqués faciles.
Saviez-vous que notre monde voit des gens devenir riches alors que d’autres restent pauvres. Il en est même qui restent riches alors que d’autres deviennent pauvres.
Saviez-vous que certains patrons, peut-être même de patrons qui tirent à gauche,
allez savoir, gagnent des millions d’euros chaque année alors qu’au pied des immeubles où ils gagnent ces sommes plantureuses, d’autres hommes, voire des hommes plutôt à droite dans leurs pensées
les plus inavouables, n’ont même pas de quoi se payer les cartons qui leurs servent de couverture la nuit. Et on me susurre de source sûre que cet état de fait ne daterait pas d’hier. Ben
dis-donc…
Je ne dis pas qu'il faut trouver ça normal mais bien qu'il ne faut pas s'en
scandaliser uniquement en fonction des soubresauts de l'actualité. Il faut s'en indigner tous les jours.
A toute chose malheur est bon. Pendant que le monde visite virtuellement les apparts
de DSK, les réacteurs de Fukushima peuvent fondre tranquillement, peinards, et la Libye peut tranquillement s’enfoncer dans la guerre civile. Au moins on ne nous emmerde plus avec le malheur de
ces gens-là, non mais ! Laissez-moi manger ma banane, merde !
Derniers Commentaires