Jeudi 14 juillet 4 14 /07 /Juil 11:07

 

Très édifiante et fort vénérable encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

 

Par le très estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

Très richement illustrée de gravures d’époque.

 

Bibliographie sommaire et pas assommante de l’auteur pour prendre un peu de hauteur.

Né le 31 juin 1925 à Baden-Baden sur Mad, en Lorraine. Décédé mortellement en 1999 à Bora-Bora sur Meuse, toujours en Lorraine et toujours en pleine forme en ce mois de mars 2011, même qu’on est en avril.

Le lecteur lira avec avantage l’ouvrage que l’auteur commis sur sa terre natale : « Un homme frais, beau gars, aimait la Lorraine bancale » 2003. Ed. du touche-pipi.

Professeur ordinaire à la Faculté de Micrométrie hasardeuse de Boulogne-Billancourt.

Professeur extraordinaire à l’Institut Florent Pagny d’Audun-le-Tiche

Détenteur de la chaire Duran-Duran à l’Université Yéwéné-Yéwéné de Baden-Baden et auteur de la Thèse « Boutros-Boutros Gali et le pili-pili à Bora-Bora ».

Docteur Honoris cauda (avec la mention queue honorable) à l’Université Notre-Dame-de-serre-les-genoux-ma-fille de Saint-Pancrace-lès-Biloute. Et auteur de la thèse « Scolastique du haut du Pont du Gard : de l’importance de la longueur de l’élastique. »

Docteur en Herméneutique expiatoire dialectique des solides aux Facultés Notre-Dame de la Vertu relative de Noyelles-en-Gers. Thèse : « Flexibilité ondulatoire de l’appendice caudal bovin dans l’optique d’un diachronisme syntaxique utérin en milieu à queues ».

 

 

 

Coupez leur la tête, ça leur fera les pieds 

Les origines méconnues du 14 juillet, fête nationale des Français.

  

P6150122Variation sur le bleu-blanc-rouge. 

Le 14 juillet, les Français s’abreuvent de bals populaires, de feux d’artifices et de flonflons car ils aiment les airs de bal musette et d’accordéon, pour commémorer une révolution qui n’a jamais éliminé la misère et l’exploitation alors même qu’au fronton de leurs mairies, il ne faudrait tout de même pas oublier qu’il y a écrit Liberté Egalité Fraternité. Je m’excuse d’emblée auprès de Renaud, de Jacques Brel et de Benabar pour l’utilisation éhontée de leurs chansons. Mais ça s’appelle un hommage, alors je peux. Et encore, parlant de révolution Française j’aurais pu évoquer les chansons de Jean-Louis Marat et de Roger Pierre.

Le 14 juillet, les Liégeois aussi font la fête. Parce que d’abord tout est prétexte à la picole chez le Liégeois. Parce qu’ensuite, le Liégeois est tout fier d’avoir pété sa cathédrale en 1789, ouvrant la voie aux célèbres travaux et au non moins célèbre trou qui firent la renommée de leur place et de leur ville pendant des décennies. Sont tout de même cons ceux là. J’eus voulu faire partie des milices de Herve fidèles au Burgonde qui mirent à sac cette ville de Nanesses en 1467.

Mais me direz-vous, jeunes incultes qui me lisez (mon corps velu et viril attire fortement les midinettes de moins de 20 ans et les minets de moins de 50), Cé koi ki fétes pour été PTDR MDR LOL, le 14 jwillés lé francé ?

Et je ne prendrai même pas la peine de vous répondre. Je vous enjoindrai plutôt d’aller rejoindre la plèbe liégeoise sur sa place pour y aller vous échanger quelque seringues. Dégénérés !

Pour le reste de mon lectorat, je suppose que vous connaissez la version officielle de cette histoire de régime, de prise de pastilles et de couperets ? Je vous parle ici de la Révolution Française, cette fantastique cavalcade qui pendant 20 ans fit environ 16000 guillotinés (et encore jusqu’à la fin de la terreur, je ne vous parle pas du petit Corse), des paquets de chouans et de Vendéens morts de par le globe, et qui conduisit les Français sur tous les champs de bataille de l’Europe, les menant à l’envahir cette Europe, plus sûrement qu’une autoroute allemande mène des panzers sur les Champs-Elysées.

A envahir l’Europe, en ce compris notre petit pays, qui du subir la cocarde, le bonnet frigide, la conscription obligatoire, les impôts révolutionnaires, le son de la carmagnole et celui de la guillotine, l’accent déplorable à nos oreilles nordiques de fonctionnaires parisiens obtus et bouchers à la petite semaine, petit pays qui y perdit une superbe cathédrale pour la remplacer par un parvis à drogués et y gagna l’idée imbécile qu’on pourrait un jour et sans dommage psychologiques rattacher sa partie Francophone à une république de grandiveux dont les ressortissants nous cassent les couilles depuis des années avec leurs blagues éculées sur les « petits » Belges.

Cela étant dit en toute cordialité, amis Français dont j’aime tant les contrées vertes et primesautières, plaisantes à l’œil et gouleyantes au gosier. Dieu fit de la France le plus beau pays du monde. Pour compenser, il y mit les Français.

Introduisons donc ici le sujet. Quand je parle de sujet, j’évoque bien sûr la Révolution, pas, par exemple, Marie-Antoinette. Il parait que la pauvre a perdu la tête et je ne fraie pas avec les fous. Ils pourraient reconnaitre en moi une âme sœur. Si pas un hameçon et je déteste les moules.

Revenons à notre révolution.

La France en l’an de graisse 1789.

Le Français moyen n’a plus les moyens, alors il râle. Le gouvernement veut retarder l’âge de la retraite. Les Français sont dans la rue.

Ah non, je vous présente toutes mes confuses, je me suis trompé de dossier. J’ai pris celui que j’utiliserai pour la nécrologie de Sarko.

Or donc, en 1789, les Français crèvent de faim, d’envie ou de rage. Ca dépend de leur état. Pas de leur état de santé, banane, mais de leur position dans la société : noblesse, clergé, les autres. La France connait une crise institutionnelle et financière grave, situation qu’heureusement, nos démocraties modernes basées sur les droits de l’homme ont aboli définitivement.

C’est que c’est le bordel sous Louis XVI (qui n’est pas un arrondissement mais un roi, ô lecteurs jeunes qui avez de la chance que je daigne encore relever votre inconsistance crasse). La loi, ce sont les privilèges. Et les privilèges ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Chose impensable de nos jours.

Que vous fûtes noble, bourgeois, paysan, de Caen ou de Metz ou de Navarre, vous n’aviez ni les mêmes droits ni les mêmes devoirs. Il y avait quand même un droit qui revenait plus souvent que d’autres : celui de fermer sa gueule. Un monarque divin de droit absolu, (rien que ça, question gros cou font jamais les choses à moitié les Français) ça plaisante pas avec ces choses là.

Et voilà que dans une ambiance tendue, les récoltes se font mauvaises, le pain cher, le blackberry hors de prix. La ménagère de moins de 50 ans, à qui on fait appel dès qu’il s’agit de vanter les mérites d’une poudre à lessiver, mais qu’on laisse crever dès qu’il s’agit de faire lever la miche, réclame du pain et du frais s’il-vous-plait.

Les pauvres, décidément, ne changeront jamais. Parlez leur poésie, liberté de presse, philosophie ou quintessence de l’être divin sur le surmoi débilitant, ils n’en auront cure comme disait Robert Smith quand il allait dans son nez. Mais retirez-leur leur abonnement au foot, leur écran plat ou leur cara pils, là, ça te descend massivement dans la rue avec force banderoles et tout le saint Frusquin. Vils mesquins de nécessiteux va… Félonne populace emprunte de veulerie et de pauvreté crasse… Salauds de pauvres ! Quand tu penses que ces gueux-là, à leurs grillades carcinogènes graillonneuses d’été, ils affichent le mauvais goût de siffler des cubis de rosé Leader Price plutôt que d’oser le raffinement d’un Cheval-Blanc ou d’un Haut-Brion de noble facture. Quelle engeance !

Devant l’agitation croissante, bien normale dans le cadre d’une querelle boulangiste, cet enfariné de Louis Ixevéi décrète des élections anticipées pour envisager une réforme de l’état. Il vérifie d’abord qu’aucun député du Tiers-Etat ne s’appelle De Wever, parce qu’il n’a pas envie que sa réforme traine jusqu’au calendres grecques, parce qu’il préfère les voitures françaises.

Les députés se rassemblent et le tiers, qui pourtant vaut plus que le quart de la moitié est spolié et que les nobles et le roi ils font rien qu’à l’embêter, le tiers. En son souvenir, ces abrutis de Liégeois nommèrent même une rue : le Thier à Liège.

Alors, les grands agités qui pensent de la France qui se lève tôt tout en haut décide d’organiser un apéro jus de pommes dans la salle du même nom à Versailles. Ils se pokent via Facebook et par un prompt renfort, ils furent bientôt Saint-Saëns, comme disait Camille : Diderot, Marat des Bois, Mirabelle et Escabeau, ce judas de Lafayette, Jean-Pierre de la Roche Foucaut, Robespierre et Jean-Marc Thibault, Camomille Desmoulins, Albator, Rémy Bricka… enfin Rémy, je ne suis pas sûr. Je me demande s’il n’avait pas un spectacle en province. 

 

253 (2) "Les députés se paument dans le jeu de quille", 1836, eau forte sur écorce de bouleau d’Olafsonduttir Verlaine. Musée de la miche au pain. Ouagadougou.

 

Il y a même Anatole Legrain-Gallet qui, bien que ne devant naître qu’en 1832, voulait absolument voir Napoléon petit, jeune pardon. Mais Napoléon n’était pas encore là, il était dans les Andes à traquer le Cierge Lama à Lima. Et à propos de limer, durant ce séjour, passant au Sofitel de Lima, Napoléon prit la bonne à part pour une question de tringle à rideaux.

Et puis il y a Talleyrand, qui s’était taillé dans les rangs rangés du clergé. Talleyrand dont l’y et le d ainsi qu’un l surnuméraire m’embêtent pour jouer d’une anagramme avec râteliers, auxquels l’homme va tous manger dans les années qui vont suivre. Citons encore dans les députés, les représentants des colonies et des DOM-TOM. Il y a Barrique Obama, qui ne va pas tarder à se faire éjecter à cause de ses tendances violentes, il veut tout casser dans la baraque, et parce qu’il ne songe qu’à se retirer en fin de semaine dans son cottage normand avec son pote Gérard. Yes, week-end, scande-t-il sans cesse.

Très remarqué, il y a aussi Frankie Vincent. On ne le sait que trop peu mais c’est lui qui décide l’assemblée du Tiers dubitative, à agir précocement sans plus tarder. Il se déculotte (ce qui sera à l’origine du surnom des révolutionnaires, les sans-culottes) et montre son énorme zizi à toute la salle. Emerveillé par la vaillance de ce membre plus hardi que Laurel de l’assemblée, tout le monde se tait et écoute :

"Mes amis, cessons de ne rien branler. C’est à la force du poignet que nous investirons le jeu de paume".

Et ainsi fut fait.

Nos députés se rassemblent et dès lors, la France se retrouve dans le bordel pendant 20 ans. Partant de principes généreux mais un peu sots, l’Assemblée Nationale abolit les privilèges seigneuriaux, m’enfin pas trop non plus parce quand même il ne faudrait pas que les pauvres, ils prennent le pouvoir. Alors évidemment, ce serait vachement long à expliquer et je dois me rendre à une assemblée constituante très importante au bistrot avec des potes. Mais on peut résumer les choses par cette admirable ellipse du Père Ubu, qui assis à côté de Lafayette, voulait amuser la galerie : Pourquoi faire la révolution ? Ce n’est jamais que parcourir un grand cercle pour en revenir à son point de départ.

Sauf, Père Ubu, que cette révolution amena de grands changements à la tête de l’état parce que ceux qui y étaient la perdirent. Et plutôt que nobles et raffinées personnes, gardiennes des traditions millénaires de la Vraie France, on vit arriver à la tête du pays vils roturiers, marchands de tapis et autres saletés financières et usurières, qui aujourd’hui encore avec un manque total d’élégance et de charité chrétienne gèrent petitement et mesquinement plus les portefeuille que les hommes.

  

 P4260166

"Marat contre les fraises des bois sauve la petite Charlotte" 1515, Marinade. Peinture à l’huile de friture de Bruno Van Goghol, Musée des canaux perdus, Amsterdam

 

Certes. Mais pourquoi le 14 juillet me direz-vous ? Parce que ce 14 juillet là, à 5 heures du matin exactement, Paris se réveille et se dit dans un formidable élan de gouaille populaire, que sous les pavés, il y a la plage et qu’aujourd’hui est une journée magnifique pour promener des têtes sur des piques.

-Comment ça, déclara Arielle Dombasle, sur des piques ?

-Mais oui, lui répondit Michel Onfray qui avait toujours un avis sur tout. Tu prends une épée ou une hallebarde tu coupes la tête au mec et tu la plantes sur une pique puis tu déambules sur les boulevards et sous l’Arc de Triomphe en gueulant des trucs.

-Oooohhh le pauvre, ça doit faire mal et puis ça doit chatouiller dans le cou d’être au bout d’une pique.

C’est alors que Bernard-Henri les vit et que Dombasle s’exclama "Pierre, mon mari !". C'était le célèbre Pierre Dombasle. 

Les Parisiens vont mettre le feu aux poudres. On connait l’implication de ces fauteurs de troubles professionnels dans l’arrestation de Jésus. On connait moins leur responsabilité écrasante dans l’assassinat de Casimir.

Au début des échauffourées, les Parisiens restent dans les buissons, cherchant à se taillis, avec Bambi et sa mère aux yeux éplorés de biche aux abois, les poils de la touffe que ces animaux-là arborent au cul souillés par la laisse de panique qu’elle avait pondu, fumante et douloureuse aux naseaux des fins palais aux délicates papilles plus habituées aux Arbois qu’aux abois.

Mais bientôt un malheureux concours de circonstances va précipiter les choses. Parmi les manifestants, il y a Casimir, le célèbre monstre orange. Tout le monde l’aime et écoute ses avis. Mais ce jour là, Casimir a le nez bouché, mal à la gorge. Il voudrait prendre ses pastilles et se coucher. Mais enrhumé, cela donne cela…

"Oh guel rhube, je voudrais brendre ma bastille et…"

Il n’a pas le temps de terminer, la foule, bouleversée, lui passe dessus pour aller prendre la Bastille. Pauvre Casimir, tout plat et les tripes à l’air, c’est sûr il aura moins mal à la gorge. Heureusement qu’Arielle était encore là pour le relaver plus blanc qu’orange.

Toute cette journée du 14 juillet, sur les réseaux sociaux du tout Paris qui s’étonne, plus particulièrement sur Twitter, circule le code de ralliement des insurgés :

"Pom-Pom Pom-Pooom Aux longs sanglochons des violons de l’automne, le canari d’oncle Fernand s’est enrhumé".

Et c’est par centaines qu’arrivent les têtes de veaux devant la prison. D’autres têtes aimées des Parisiens se voient, pressées aux barreaux de la sinistre geôle qui donne à Paris grise mine : Francis Lalanne, Cadet Rousselle et Florent Pagny, trio de musiciens et poètes troupiers connus sous le nom de scène de "flying gugusses". Il y a aussi le poète régionaliste Jean-Pierre Pernod-Ricard, Mimie Mathy et Louis la Brocante. Le peuple laisse exploser sa colère.

Le Général De Gaulle qui commande la place hésite à faire tirer dans une foule armée de kalachnikovs, de cocktails Molotov et d’enregistrements vinyles de Gilbert Bécaud.

C’est alors que s’avance Paul Préboist, Boucher-zingueur de son état, qui a un cousin dans la prison. Le cousin s’est rallié à la cause populaire et doit ouvrir les portes du pénitencier lorsque son cousin lui répètera le mot de passe qui circule depuis le matin. Mais Paul Préboist vient de passer une soirée très arrosée dans un camp de nudistes du bois de Boulogne avec son curé, Don Camillo. Il a la mémoire qui flanche, il ne se souvient plus très bien. Et au lieu de commencer par Po-po po pôôô, il fait

-Toc toc toc

-Qui est là ?

-C’est la p’tite Charlotte.

Le cousin refuse d’ouvrir. L’émeute éclate.

Et c’est dans toute la vulgarité ordurière d’une populace abreuvée durant son enfance de sottes images de barricades et de gavroches s’étalant dans le caniveau, la mine encrassée par la poussière de charbon volant dans les assommoirs du ventre de la terre, que le peuple de Paris se rue à l’assaut des Soldes. Le Général de Gaulle, pas plus con qu’un autre, sentant l’oignon plus que de raison et sachant que sa femme lui avait fait des rillettes pour le midi, avec une sauce au madère en plus, s’empressa de changer de camp et de se mettre aux côtés des insurgés ayant ces mots historiques pour la postérité de mon postérieur :

-Pâââris, c’est une blonde ! Je vous ai compris, bande de veaux !

Et c’est ainsi que la Bastille bascula, que déjà, quelques têtes tombèrent et furent promenées jusque sous l’arc de triomphe. Mais les manifestants ne s’y attardèrent pas, l’arc étant en réfection à cette époque et le chantier étant très embryonnaire encore. L'Arc bandait peu, Jeanne. 

Voilà. C’est tout. Et comme à leur accoutumée, les Français en ont fait tout un foin. Mais cette messe dite dans la violence valait-elle un jour férié ?

Bien d’autres anecdotes mériteraient que je les racontasse, mais point le temps n’en ai. Je pourrais vous dire ces mots de Marie-Antoinette et de son gros Louis :

-qu’esse qui font ? C’est une révolte ?

-Non sire, une révolution

-Ach, mais Bourguoi ?

-Parce que Louise, Madame et parce qu’ils ont faim, ils veulent du pain.

-Ach, ils ont faim alors gue moi, j’ai de la brioche et de la cellulite.

-Aaaahhh, mais Cassez-vous Pôv Cons !

Ces paroles furent très mal interprétées par l’Histoire.

Je pourrais noircir des pages rougies par le sang bleu des atrocités qui de la terreur à Waterloo émaillèrent cette grande révolution, ce long circuit qui fit tournoyer la France sur elle-même pour renouveler un peu le sang des nantis et laisser le peuple heureux de crever devant les canons au son de la carmagnole. Parce que le peuple est con : un petit air de flonflons, une jolie histoire racontée à l’école, quelques noms qui brillent du strass de l’Histoire à cinq balles et le peuple, le voilà exultant de liesse qu’on dit toujours populaire. Je pourrais écrire des pages mais non, car comme toujours tout doit finir en chansons. 

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La brise de la Pastille. Gouache sur peau de zob de Jean-Bernard David. Musée de le Galinette cendrée, Tombouctou. Dans cette œuvre qui traduit bien la ferveur créatrice d’une époque de grands changements tourmentés aux tempêtes de l’Histoire, David nous montre Goliath et Jonathan terrassant la méchante bastille. L’observateur attentif remarquera la présence de Nicolas Sarkozy, le playmobil de droite.

Alors je me contenterai de vous conter brièvement la genèse de cet hymne cher à notre Premier Sinistre autoproclamé à vie, Yves Leterme, aux piles inusables, ce qui est étonnant, qu’un type aussi chiant soit duracell je veux dire. Je veux parler de la Marseillaise. Elle fut l’œuvre de deux frères, on ne le sait que trop peu.

Rouget et Désiré de Lille qui étaient de Marseille. Rouget, était un grondin, un gredin pardon, patron pécheur à Marseille mais peu prompt à la pratique du confessionnal. Personnage aux mœurs ondoyantes frayant avec les maquereaux des bas quartiers, terreurs des venelles, pétant la bouille à Blaise, terrorisant les catins, une vraie débandade de morues. Désiré, lui, tenait une baraque à frites dans le port d’Amsterdam, mais il en avait assez parce que des marins pissaient de l’huile de morue de ses friteuses noyant dans la bière les rêves qui les hantent parce que depuis que Mathilde était revenue un canal s’était pendu, sans compter les pertes financières, leurs grosses mains l’invitant à mettre des cornets en plus.

A la veille de partir combattre l’armée autruchienne et ses terribles panzers en 1792, ils sont attablés dans un café belge, la Taverne "Onze lieve Vrouw van mijn twee nootjes" d’Ypres. Désiré propose une version entrainante et gaie pour les troupes, une joyeuse chanson à boire qui donnerait le moral aux troufions.

 

253 (2)

Les panzers de l'armée autruchienne. Acrylique sur parchemin. 1475. Gilles de Binche. Musée de l'orange masquée, Troufiu-Lez-Balançoires.

En voici les paroles :

Allons enfants de mes parties

Le jour du foutre est arrivé

Contre nous de la ‘tite Annie, le braquemart de mon gland s’est levé.

Le braquemart de mon gland s’est levé

Entendez-vous dans nos compagnes, mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans nos draps dégorger leur vit, leur mat d’ cocagne.

Aux larmes citoyens

Rions comme des cochons

Mangeons, buvons, que vents impurs sortent de nos croupions.  

Mais Rouget, légèrement serré du cul, refusa ces paroles. Il en avait, disait-il, des plus didactiques et des plus adaptées à l’élan civilisateur de la République et à l’éclat terni par le sang poisseux de l’ennemi des lames de sabre aux vents aguerries. Six couplets sanglants qu’il avait pondu, emplis de mugissements, de sillons boueux de sang impur, d’ennemis expirant, de vils despotes. Un septième fut écrit le même soir par Pépète Verdonck, honteusement besognée par les deux frères dans l’arrière salle crasseuse aux relents nauséabonds de pisse et de bière du bistrot.

Heureusement de nos jours, on n’en retient qu’un, de couplet, le plus sanglant.

Ce que l’histoire a oublié aussi, c’est que Désiré, vexé, s’en alla faire des laquemants à Liège après cet épisode. Et ce que l’histoire n’a jamais su, c’est qu’à la table jouxtant celle des de Lille, se tenait avachi par la bière et le son de l’accordéon, Ernst-August Leterme, un ancêtre d’Yves, qui, impressionné par ces paroles s’en fit une sorte d’hymne familial, avant, lui aussi, d’aller retrouver Pépette dans l’arrière salle si sale. Voilà qui explique bien des bourdes ministérielles.

L’histoire tient à peu de choses quand même. Allez, abreuvez-vous bien de bière et de bals populaires. En attendant la prochaine révolution où je retournerai mon pantalon, je vous remercie de votre inattention et espère ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posiez pas.  

Bonsoir.

Et puisque nous avons commencé par "Ascenseur pour l'échafaud", terminons par un autre morceau ayant rapport aux ascenseurs, mais autrement. Sans que cela vous outre...  Jean-Michel Jarre

 

Tous les calembours utilisés dans ce texte sont garantis, bio, sans colorants ni conservateurs, c'est pour ça qu'ils sont tout pourris.

Par le rustre - Publié dans : Almanach des sots et des malentendus - Communauté : Made in Belgium
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