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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 00:00

 

P9290159 - Copie

2005, millésime mythique, légendaire déjà. Un des nombreux millésimes du siècle à Bordeaux (qui compte quand même une bonne dizaine de millésimes du siècle depuis le début du siècle, m’enfin…). Millésime qui a donné de nombreuses envolées tarifaires à défaut d’être lyriques mais qui a surtout donné des choses excellentes un peu partout dans le vignoble français. Un millésime qui à cinq ans, un millésime dont j’ai entassé de trop nombreux représentants dans ma cave parce que mon fils est né au milieu des vendanges cette année là. Et chaque année en septembre, c’est le rituel, on fait péter les bouchons, des bouchons connus, d'autres moins… et jusqu’à présent, on se régale, malgré quelques couacs.

 

Un post assez sérieux (enfin un minimum) parce qu’on ne plaisante pas avec ces choses là monsieur, on les savoure.

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Alsace

Sylvaner Francis Beck 2005

 

Une bouteille offerte par des amis. Je ne connais absolument pas ce vigneron et le reste de sa production. Il est de Epfig et il a un site internet.

 

Sa robe est parfaitement cristalline et lumineuse, d'un beau jaune doré à reflets franchement or.

Le nez, lui, livre avec modération des fragrances (ouf ti ! on fait dans le cossu, man) de fruits mûrs tels que l'abricot et les agrumes. De nettes notes fumées sont à noter, je les annote donc. Au rayon des originalités odoriférantes, il faut évoquer cette touche végétale rappelant vaguement la fougère. Après aération, les étonnantes mais inratables cartouches de poudre à fusil m’évoquent le temps pas si lointain où je trainais mes guêtres sur les champs de bataille de l’Europe avec L’Empereur. Je sais, je ne fais pas mon âge.

En bouche, l’impression est parfaitement sèche mais assez ronde, avec une belle fraicheur, un peu citrique, sous-jacente qui augmente sur la finale. Evidemment les amateurs d’acidité dévastatrice et déchaussante seront déçus et même moi, un peu : ça manque de tension et d'allonge. C'est un peu creux, fluet, si vous voulez. Les arômes modérés sont mûrs : les agrumes, une note végétale, des fruits exotiques du genre ananas. Sur la finale assez courte (pas plus de 5-6 secondes) l’amertume se superpose à un léger accent de réglisse.

Le lendemain : le vin est très citronné et floral. La structure à la fois sèche et acidulée est maintenant plus agréable. Je note une belle fraicheur finale qui allonge le vin. Il se maintient sur 2 jours.

Impressions : Un peu simple mais bien fait. Manquant de corps et d'allonge mais bon… avec de la tête pressée et un peu de vinaigrette…

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Muscadet Sèvre et Maine sur Lie

Vieilles vignes 2005 de Bruno Cormerais

 

Ah Bruno Cormerais ! Un orfèvre du muscadet, que dis-je un artiste du melon… Un homme passionné que j’ai eu le plaisir de rencontrer au salon "Vins de terroirs" de Lille (Seclin). Un monsieur qui bâti des muscadets de garde. Malheureusement, je m’aperçois qu’une de mes bouteilles est couleuse. Je déclenche immédiatement l’alarme par l’intermédiaire du service "relations publiques et catastrophes atomiques" de la centrale de Tihange. Immédiatement l’équipe des "experts du tire-bouchon" descend sur place pour désamorcer l’engin. Et donc…

Mes preux, ça c’est de la jupette qu’on aimerait voir plus souvent habillé les déambulations féminines en été : une teinte très pâle qui mêle l'or et le vert, un habit absolument cristallin (oh là mes preux, cessez de penser féminité et gambettes, je vous vois venir) et lumineux avec des larmes lentes à souhait.

Le nez rassure sur la coulure, expressif et assez complexe : agrumes, cire, coing, note de fumée, épices. Un peu exotique pour un vin nantais, mais mûr et élégant. Un petit côté pierre mouillée donne l’absolution de la minéralité au fruit généreux.

Au début, à l’apéro, c’est assez fameux : rond sans excès, fruité, assez ample malgré des bulles vraiment envahissantes. Mais après 2 heures d’aération… Aïe, c’est en bouche que la coulure fait chuter la monture. Elle est plutôt ronde. Il y a un manque de tension et de profondeur. C'est un peu plat quoi, malgré une petite bulle qui picote mais n’invite pas à la picole. Et ça s'aggrave à l’aération, cette mollesse. On retrouve un peu les agrumes, la note exotique mais c'est modéré et perturbé par le picotement. La finale courte est un peu amère et très, trop, réglissée.

Le lendemain, le vin n’a plus de corps ni d’âme : la coulure prend mauvaise tournure.

Alors effectivement, la bouteille a toute les chances d’être défectueuse mais son beau nez m’incite à espérer.

 

  Cerise 4

Somewhere in the Sud-Ouest

Un Vin de pays des Coteaux du Quercy  

Les Hauts de Lastour 2005

par la coopérative des Vignerons du Quercy

 

Le liquide exhibe des oripeaux très foncés mais encore translucides (et vous arrêtez immédiatement avec vos fantasmes libidineux). C’est grenat avec des reflets bruns. Je n’ai pas le vin triste mais celui là, c’est une pleureuse : un vrai tapis de larmes visqueuses.

Le nez est évolué et exprime joyeusement et sans complexes la cerise fraiche, la liqueur de cassis, la térébenthine, des arômes plus balsamiques et une pointe de café et même de torréfaction. Le tout fait même un peu liqueur de café par moments. Genre Mastaquet, l’apéro des valeureux ardennais.

Et ça se boit gentils damoiseaux ! Frais comme un Prince de Bel-Air, de bout en bout mais avec une matière veloutée, des tanins bien dans la mêlée bien que fins et polis, allez, un poil rustiques quand même, mais ce n’est pas incompatible avec une certaine forme d’éducation, merde bordel ! Les arômes rappellent le nez, belle expression de liqueur de cassis, d’épices et d’amertume un peu végétale en finale (sauge, pissenlit, c’est la seule vraie fausse note) sur dix secondes.

Et le lendemain, le vin ne change guère même s'il se simplifie au nez. Ensuite après deux jours, il devient assez banal et pinardier, mais bon c’est un vin qui court sur ses 6€ maximum. Tu ne voudrais pas non plus qu’il tonde la pelouse ?

Moi, je dis que c'est un agréable vin qui vaut son pesant de gibolin, avec une complexité aromatique pifométrique impressionnante. En bouche, on a un vin qui a du coffre, un peu de rusticité mais qui va bien sur des plats roboratifs (un cassoulet, ça vous dit ?), une ch'tite pièce de viande juteuse ou de la charcuterie qui en a dans la culotte.

  naddef 2005

Bourgogne Pinot Noir 2005

Philippe Naddef

 

Mire : Un rouge foncé mais translucide encore. Une honnête couleur de pinot. Rouge pur, brillant, velouté (je suis très velours moi en ce moment).

Snif snif : Ah mes enfants ! Faites tourner les serviettes, Pinot, pas simple flic débarque ! Voilà du bourgogne bien aromatique mêlant une animalité certaine (j’aime l’animal qui sommeille en toi) à de la sauge, à de belles nuances de cassis, de vin de mûre et plus discrètes, de framboise. Il y a aussi une nette note florale, tendance pivoine. Après 4 heures, le caractère un peu fauve reste prononcé, s'y ajoutent des notes de liqueur de myrtille. C’est le bonheur à t’en tirer des larmes. Je peux te dire qu’à la tablée, ça cause plus, ça se recueille, ça sirote. Chacun plongé dans les souvenirs de son enfance et du verger de Mamy (le verger, pas les vergetures) !

Gloup slurp : C’est peut-être un générique, mais signé Ennio Morricone alors. Le clan des Siciliens ? Non, plus doux. Ton cul sur une souche dans la forêt tu t’écoutes "Mission" parmi sittelles torchepots et pouillots siffleurs. Une matière fluide, bâtie de bout en bout sur une belle fraîcheur. Les tanins sont très assagis, secs mais raisonnablement, un générique te dis-je. Les arômes de cassis, de fraise, de violette sont éclatant et compensés, pour le sérieux de la chose, par un léger côté épicé. La longueur dépasse les 12 secondes.

Le lendemain : La réduction a quasi disparu laissant place à un fruit pur, mûr, aromatique de framboise et de violette. La fraicheur est juteuse, les tanins juste comme il faut.

Quand j'ai goûté les 2005 rouges de Naddef il y a deux-trois ans, je me suis dit : wouaw, ça va devenir bon ça ! Et ben pour une fois, je ne m’étais pas vautré. Quand je goûte cet excellent bourgogne régional qui offre tout ce que j'attends d'un tel vin, après 5 ans, je me réjouis de boire les villages et les crus dans quelques années. Dju ti qu’c’est bon !  

  P9290163 - Copie

VDN Rasteau, Domaine des Banquettes 2005

Patrice André.

 

Quand tu vois sa robe, t’as le pancréas qui s’affole ! Des larmes grasses hyper abondantes et une robe opaque, un peu brunâtre, brillante, épaisse.

Le nez est expressif, net et assez complexe. Et sincèrement c’est de la belle ouvrage : figue sèche évidente, grandiose note florale oscillant entre lilas et jasmin. Et une lichette de melon, de datte, de caramel pour compléter.

Par contre quand tu goûtes, t’as la goutte ! La sucrosité est importante, trop, pas assez équilibrée à mon goût, ni par l'alcool, à peine ressenti, ni par la fraîcheur, absente. Tout ce qui contrebalance ce moelleux un peu assommant, ce sont les tanins, très fins mais secs et tapissant palais et dents, le tout sur fond de matière limite trop faible.

Résultat : sur la longueur tu as la nette impression d’avoir un hamster dans la bouche ou d’avoir croqué un gland.

Non, non, messieurs dans vos beaux habits blancs qui me lisez, trop c’est trop. Je ne ris plus. Gluantes moiteurs libidineuses que vous êtes. Ce vin est comme vous : il n'est pas encore lourd mais en prend le chemin.

Pourtant, il exhibe de jolis atours :  raisins secs et figue dominent un côté floral net et un soupçon de caramel. Mais comble de la goujaterie pour un VDN, c’est pas très long et même carrément court, disons-le : 10 secondes.

Dans les jours qui suivent, le vin ne s'améliore pas question équilibre et en plus les arômes se simplifient et rendent le vin ennuyeux.

Dommage Eliane ! Au nez, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. En bouche, même s'il s'est assez bien accordé à un gâteau au chocolat, il ne présente pas un équilibre optimal pour ce type de vins. Et donc comme on dit à la Maison Blanche, il ne casse pas la baraque.

  P9290168 - Copie

Alsace

Riesling Vieilles Vignes Stoeffler 2005

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Une belle tenue de bal façon Vienne et ses lustres d’il y a longtemps : cristal et lumière, ors impériaux, larmes de crocodile.

Ca te laisse pas les naseaux indifférents, pour sûr. 10 sur 10 du côté de l’expression. Du soleil, du fruit : citron avec une nuance confite, épices, cire. Très différent et sans doute moins ostentatoire que le 2004 avec ses arômes passion. Mais quand un net parfum de Sauge sclarée apparaît à l'aération, il faut avouer que ça devient assez sexy.

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Ne m’envoyez pas les chiens si vous ouvrez ça avec des huîtres. C'est un demi-sec assumé. Soyeux au tout début avec une vivacité drue et nette qui ne fait qu'augmenter jusqu'à la fin. Il y a de la matière, de l'épaisseur. Le citron confit, le miel, les fleurs sont expressifs et joyeux. Comme souvent, je ressens de la réglisse en finale, finale de 20-25 secondes qui s’avère très saline. Le vin est tendu, salivant.

Et après : Les arômes se simplifient sur le citron confit et la réglisse mais pendant trois jours au frigo, la structure ne bouge pas.

Au niveau de l'équilibre, l'amateur de demi-secs trouvera son compte. Plus subtil que 2004, je le trouve néanmoins moins séduisant. Le fruit de la passion qui manque. Et vous il vous manque ? Pas la peine de pleurer, tonton Le Rustre en remet une couche. Spéciale dédicace à "fvdb".

  les quatres 2005

Sur ces bonnes paroles, bon week-end !

 

Générique 

 

 

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