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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 14:13

 

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Oui, oui, j’ai mis un seul "n" à annus. Si si. Mais bon enfin… désolé ! C'est pas ma faute, c'est ma muse qui m'a obligé. Vous savez, ma muse, Rika...

Le mois de septembre se passe et il devient temps de faire le bilan "potager" de cette année 2010. Une année extrême par tous les bouts. Une année qui a permis au naturiste attentif et sans pudeur d’entendre le soir au fond des lignes de haricots le long cri rauque du jardinier qui se plaint.

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Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent. Colchiques dans les prés c'est la fin de l'été. Bon, t'as fini mémé Germaine, on peut reprendre ?

Alors déjà, 2010 a commencé par un hiver long et rigoureux. Long surtout… et rigoureux aussi. Et puis long quand même. Habitant une vieille maison, j’ai un peu de mal à maintenir mes semis effectués au début du printemps à une température idéale s’il fait trop froid dehors. Ou alors, il faut placer les bacs sur la cheminée, mais là c’est la lumière qui fait défaut.

Donc les germinations ont été lentes et un peu chaotiques. Et la croissance précoce fut vacillante également.

Mais le printemps est venu, sur les calendriers en tout cas.

Un printemps timide, frais et relativement sec. Et Juin a suivi, sec, très sec, avec des températures pas très chaudes mais surtout un vent du nord funeste. Et ensuite juillet où la sécheresse s’est installée pour plusieurs semaines, avec des températures caniculaires, puis quelques orages catastrophiques où l’eau a ruisselé plutôt que d’entrer dans le sol et où le vent s’est amusé à détruire les rares légumes qui avaient bien poussé.

P7030016 - Copie

Et enfin, août a suivi, très pluvieux, pas très chaud en journée mais surtout glacé la nuit, avec des températures qui descendaient régulièrement sous les dix degrés.

Si j’étais grossier, je dirais que ce fut vraiment une année de merde (Zut, à l’évidence je suis grossier !).

Une sale année, ouais m’sieur. Les semis de mai et juin ont été ravagés par le temps sec. Il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois et faire des semis tardifs. J’ai encore maintenant des pois en fleur dans le jardin. Puis la canicule de juillet a bloqué l’activité et la croissance des végétaux et les arrosages, bien ridicules même si copieux, face à des 38 degrés accompagnés de vent, n’y ont pas changé grand-chose.

P7030024 L'été... sans besoin de partir en Provence pour le trouver. Avantage : ma cave et ma terrasse ne sont pas loin...

Quand enfin des orages ont ramené un peu d’eau et que les croissances, floraisons et fructifications ont pu vraiment démarer, la fraîcheur et le manque de soleil ont pris le relais. Et avec la pluie, des hordes de limaces affamées se sont jetées sur les légumes. Je n’avais jamais vu cela. Jamais autant de bestioles, jamais autant de dégâts sur autant de légumes différents : salades, courgettes déjà développées, tomates vertes, plants entier de haricots… Un massacre.

 

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La mort de la fleur, oeuvre sur lin de... mais non, un gros plan sur une fleur et une feuille de sauge sclarée.

Et pourtant… pourtant au final, en ce mois de septembre j’ai eu et j’ai encore de beaux légumes. A force de trucs et d’astuces, mais surtout, d’un travail incessant (tous mes loisirs y sont passés).

Une première récolte de petits pois grassouillets, en pleine sécheresse, a été suivie par une deuxième volée de semis, effectuée fin juillet, quand la pluie revenait. Elle commence à arriver à maturité.

Comme chaque année, nous avons été dépassés par les haricots, bien que, là aussi, il ait fallu répéter le semis. Les nuits de juin étaient trop froides. Un vieux truc de mon grand-père s'est encore révélé vrai. La première ligne à lever, c'est celle que j'ai semé quand, en enfonçant mon doigt dans la terre, je ressentais une impression agréable et plus une impression froide. Mais ces haricots-là ont levé puis se sont retrouvés bien mal en point avec la sécheresse de juillet. Là aussi, tournée générale de semis tardifs à la pluie. Et donc, les haricots sont très tardifs. Pour les "mangetout" ça ne pose pas problèmes mais pour les fèves, j’espère quand même qu’ils arriveront à maturité avant le gel.

Les potirons abondent. La production de courgettes fut un peu chiche par rapport à l’habitude, mais elle reste convenable.

 

Les carottes, panais, navets sont gros, énormes. Mais il a fallu s’y prendre à plusieurs fois pour que les semis lèvent enfin. A ce propos, je suis très fier de mes panais issus de graines " maison". Voilà une culture qui ne m’aura pas coûté grand-chose. Pour certains légumes racines cependant, la lutte fut impossible : les radis devinrent vite piquant à mourir puis filandreux "à souhait".

Malgré la présence de galeries au printemps, aucune activité des campagnols à déplorer. J’attribue ce calme non pas à mes tristes trappes que ces ingénieuses bestioles déjouent si facilement (une seule victime au printemps, vu qu’elle m’avait dévoré deux pieds de tomates cœur de bœuf, c’était mérité. Bisque bisque de homard !), mais bien à la sécheresse qui les a fait crever de soif.

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Fouillis de mon potager : des tagètes pour les nématodes. Des panais levés tardivement l'année passée comme indicateurs à campagnols : quand ils meurent, il est temps d'agir ! Ces plants sont issus de pieds montés en graine en 2009.

Sécheresse bien néfaste aussi à la reproduction des hérissons, qui comme toujours quand ils manquent d’eau, entrent en léthargie et se cachent dans les composts et tas de branches. Ces bestioles piquantes ont pris mon jardin pour terrain de leurs ébats (bruyants, voyants et vulgaires qui renvoient une Paris Hilton au rang de grenouille de bénitier) au mois d’août seulement. Espérons que l’arrière saison sera clémente et permettra aux petits d’atteindre un poids suffisant pour surmonter la période d’hibernation.

Les légumes feuilles comme les bettes ont eu du mal à pousser mais on y est arrivé à force de patience.

Là encore, surprises d’un jardin qui n’est pas traité à l’herbicide et où on laisse aux plantes faire ce qu’elles veulent ou presque : sans que j’intervienne, mon potager s’est couvert de tagètes, de plants de panais, de bettes, de cosmos et même de coriandre, tous issus de plantes laissées en graines l’année passée. En passant, moi qui a du mal dans mon jardin sans ombre à faire pousser persil, aneth etc… je n’avais jamais vu de plants de coriandre aussi vigoureux, épais, et savoureux que ces plants issus de semis naturels. Idem pour les bettes qui ont mieux poussé " à la sauvageonne" que celles bien plantées en ligne et arrosées…

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Quant aux tomates mes amis… Après un début difficile, c’est la folie : des tomates partout, belles, goûtues, énormes, qui murissent toutes seules sur le pied. La faute au mélange vitaminé déposé à leur pied ? En tout cas, pour la première fois depuis que je jardine, ces tomates là arrivent à maturité sans mildiou et… sans bouillie bordelaise. En été, comme il faisait beau, j’ai tardé à traiter. Et puis, à force d’oublis, de reports, de "pas le temps", de flemme, il était trop tard : les premiers fruits mûrissaient. Pas de traitements, pas de problèmes.

Pas d’ennuis pour la gestion de l’eau non plus : avec un épais paillage de gazon surmonté d’une couche de paille, deux arrosages par semaine au grand maximum ont suffit même en pleine canicule. Et si les poivrons et les melons, logés à la même enseigne que les tomates, donnent des résultats moyens, les aubergines me laissent pantois : quatre plants, 8 à 10 aubergines, grosses en plus, par plant. C’est le festival de la moussaka et de l’aubergine confite pour le moment à la maison.

Un petit mot sur la variété de tomates "potager de Vilvorde" vendue par Semailles. Ce sont des tomates rouges de calibre moyen, délicieuses et juteuses. Ce serait une variété belge (découverte à Vivorde). Je remarque sa facilité à produire et à mûrir sous notre climat frais.

Et enfin, l’ail : ma meilleure récolte depuis 10 ans y compris en 2003. Des têtes saines, grosses et abondantes. On n’en manquera pas d’ici l'été prochain ! Je suis à 100 % pour la plantation à l'automne, pourvu que la terre soit mêlée de sable et régulièrement binée. Aucun problème avec l'hiver ni l'humidité et des gousses plus grosses que si on les plante au printemps.

Par contre, cette saison, il a fallu employer mille ruses pour que ça pousse. En voici quelques-unes…

Le paillage : indispensable cet été. J’en ai usé selon ma richesse en tontes de gazon et en paille. Avec les petits pois, cela a porté ses fruits (dans des cosses) : malgré la chaleur, de beaux pois dodus. Ce n’est pas évident à obtenir avec cette plante exigeante en eau. Je n’ai pas buté les pois, ni les haricots d’ailleurs. Au contraire j’ai laissé une légère dépression à leurs pieds comblée avec de l’herbe sèche : l’eau s’accumule au pied de la plante au lieu de ruisseler puis la couverture limite l’évaporation.

Même traitement pour les tomates, les courgettes, concombres…

Malheureusement, à moins d’acheter de la paille à des fermiers (et cet été, c’était niet puisque les réserves de l’année précédente étaient épuisées et les nouvelles moissons pas encore là), ou des paillages onéreux et pas très durables dans le commerce, il y a eu un moment où les gazons ne poussant plus, j’ai manqué de paillage. Les effets sur certaines plantes ont été spectaculaires. Les concombres par exemple, privés dès lors d’une humidité constante ont commencé à donner des fruits amers et immangeables.

L’autre problème du paillage est qu’il concentre les limaces qui y trouvent refuge en cas de chaleur. Il faut donc ne pas oublier de traiter régulièrement les parages avec des granulés au phosphate ferrique.

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Opération camouflage pour les brocolis cette année : les chenilles de piéride, y en a marre !.

Au printemps, j’ai arraché les plants de fenouils qui poussent un peu partout dans le potager pour les rassembler dans une zone en laissant des espaces pour les brocolis. Juste avant plantation des choux, j’ai planté pêle-mêle des cosmos, des tagètes, du basilic, du persil, de l’aneth. Au centre de cette jungle j’ai mis mes choux. Quand ils ont poussé, j’ai camouflé ce qui dépassait avec des fanes de tomatiers. Résultats : pas de chenilles. Les papillons survolaient bien la zone mais délaissaient les choux. Par contre mes brocolis ont été plus tardifs et plus petits. Une production propre mais faible. A l’intuition, je dirais que c’est la concurrence de la "jungle protectrice", surtout en matière d’eau qui a provoqué ce nanisme, malgré le paillage de la zone. Mais peut-être qu’en cet été exceptionnel, les brocolis n’auraient pas donné de toute façon, je n’en sais rien. Par contre, il y avait des aleurodes, mais peu.

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Les deux photos ci-dessus montrent les choux au milieu de leur cachette. oui je sais, il y a quelques trous dans les feuilles et pourtant pas de chenilles observées.

Et sinon, sur une terre argileuse qui se transforme en bêton dès que l’eau est chassée par la canicule, là où ce n’était pas paillé : biner, biner et encore biner.

Et enfin des arrosages bimensuels avec du bon purin d’ortie… additionné des "arrivages" du moment : verts de tomates, fanes de carottes, adventices sans graines, consoude… J’ai un bac qui cocotte en permanence près du compost. Ce ne sont ni les poireaux ni les bettes, ni même les courgettes qui vont s’en plaindre…

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La consoude est utile pour le jardin, mais quand elle est jolie, c'est encore mieux. Sa couleur sombre mariée au blanc des compagnons blancs (déssechés au moment de la photo malheureusement) c'est magique.

Et c’est à peu près tout, amis et voisins… Tout ça pour un beau panier de la ménagère, plein à craquer de légumes colorés, juteux, savoureux et 100 % sans crasses dessus.

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Published by le rustre - dans Le jardin au naturel
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