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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 08:27

  200 (3

L’essaim des Saints

 

Saint Martin.

Bon. Je vous vois venir au tournant. Mais que nenni mes gougnafiers irréductibles. Point de gouaille facile d’oryctérope baveux à propos de ce Grand Saint, autant patron de Touraine que des vignes qui y poussent. On ne se rit pas d’un homme qui poussa les pourceaux latinisants qu’étaient nos ancêtres (enfin, nos… pas les miens, mais ceux des tourangeaux, fichtre !) à boire autre chose que l’eau de la Loire ou que de l’hydromel frelaté parfumé à l’essence de glande de biche.

Martin de Tours, "Français" d'origine Hongroise (vers 316), ça ne vous rappelle personne ? Si je vous dis qu'on le nommait aussi Martin le Miséricordieux, bon, là, ça ne vous rappelle vraiment plus personne.

Et appliquons en ce jour ce dicton :

"A la Saint Martin, c’est du ch’nin ou c’est rien. "

Je vais donc me mettre en demeure d’ouvrir un séduisant demi-sec des hauteurs de Montlouis ou de l’adorable village de Saint-Martin-le-Beau ou encore une petite pépite de Savennières.

Au fait lecteur autant béat qu’inculte (je parie même que tu regardes Tf1 à tes heures perdues, rassure-toi, moi aussi), te sait-il d’où vient ce qualificatif de beau au village de Saint-Martin ?

Non, non, espèce d’ornithorynque ambidextre, ce n’est pas parce que Saint Martin avait pour habitude d’y exhiber sa lune montante aux membres ascendants de la paroisse…

Cela remonte à 903, époque amusante mais un peu trouble, où les terribles hommes du nord, qui de nos jours ont l’audace de décerner des Prix Nobels paisibles à des repris de justice chinois ou bien de distiller des pommes dans le Calvados, où les terribles blondinets agressifs de Scandinavie donc, faisaient rien qu’à venir dans nos campagnes, mugir dans nos compagnes, s’abreuver de houblon et gagner des microsillons à l’Eurovision. Car ces polissons cornus tenaient de biens étranges coutumes festives de leurs ancêtres mangeurs d’hommes : se baladant dans des yachts à tête de dragon, pillant châteaux et monastères, culbutant moines et bougresses car ces esprits rudes ne différenciaient pas jupette et soutane, et semant au vent des bâtards rouquins intempestifs (non ça ne veut pas dire que les roux sentent), avec les bougresses surtout, moins avec les moines.

Et donc, voici qu’en 903, les trublions remontent la Loire pour faire le tour de Tours. C’est d’ailleurs de cette expédition que datent les mots historiques d’Eric le Rouge "Hé, t’habites à combien de kilomètres de Tours", citation probablement apocryphe, parce qu’en fait il aurait dit lieue et ça, c’est moins rigolo pour quelqu’un farouchement fidèle au système métrique.

Là-dessus, les habitants de Tours, ayant en horreur l’élevage de rouquins, passez-moi l’expression, font dans leur culotte. La bataille éclate, ainsi que quelques carotides et os pariétaux divers. Au cœur de la bataille, les Tourangeaux, sentant doucement le roussi justement, exhibent, non pas les rondeurs de leurs jouvencelles, mais leurs vieux bouts d’os. Ceux de Saint Martin. Ils baladent le reliquaire quoi !

Sur ce, les Vikings font à leur Tours dans leurs braies estampillées Saint-Michel, qui ne faisait pas que des biscuits à l’époque mais aussi des frocs pour les moines et des pantalons, les célèbres braies de Saint Michel ! Les Normands donc, font popo futal et prennent les jambes qu’ils ont encore au cou de ceux chez lesquels la tête tient encore, et déguerpissent, pour ceux qui ont encore une… Soit.

Les Tourangeaux qui ne sont pas des ingrats élèvent alors une chapelle à Saint Martin, un jour d’été indien, qui, quand il vient cithare s’appelle justement été de la Saint-Martin, là-haut sur la colline en mangeant des petits pains au chocolat.

Comme en ce temps là, ça latinise encore grave, pire qu’un flamingant intransigeant (Allez Jacter à l’Est, aurait dit Bartus De Weverusse), ils te baptisent ça Sanctus Martinus de Bellum. Saint Martin de la guerre. On peut regretter que le temps passant, la crétinerie ambiante qui ne fait que croître quand la civilisation recule ait transformé ça en Saint Martin le Beau. Non pas parce ce qu’il nous faudrait, c’est une bonne et belle guerre, ni parce que un Martinus, des Martini et que Monsieur Evin serait fâché, mais simplement parce que pour les Tourangeaux, bellum c’est plus beau que guère épais !

A votre santé !

 

Et sinon, comment vous décrire la pensée dubitative qui m’habite brièvement quand je lis que des recherches climatologiques de l’INRA sur plus de cent ans indiquent que février serait le mois le plus court de l’année ?

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commentaires

cigalette 11/11/2010 09:20



Superbe, ici en ce qui concerne saint Martin, c'est la grande foire qui se déroule chaque année, dans les rues de Bomal sur Ourthe, la 137ème éditions, les camelots arrivent déjà vers 3 heures du
matin et 1 heure après ils commencent à monter leurs échopes, que tu dorme ou pas...


Alors si tu veut un aperçus aux fil de la journée, sur mon blog il y auras des photos, je suis en première loge...


merci bonne journée



le rustre 12/11/2010 15:10



merci de l'info. Je ne manquerai pas d'aller jeter un coup d'oeil aux photos !



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