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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 09:52

L’essaim des Saints

 

Saint hilaire et Sainte Yvette : rien d’hilarant pour Horner ce blog.

 

L’aigreur du jour : l’indignation facile.

Voyez ce billet de jeune journaliste sur les journalistes, qu’Hervé Lalau (encore lui) nous transmettait il y a quelques jours. Bon, vous avez lu ? Pertinent non ? Surtout quand elle évoque ces jeunes sans autre idéal que celui de décrocher un CDI. Et que ne l’entend-on pas cette rengaine. Les jeunes, plus rien ne les révolte. Leur seule révolte, c’est de pouvoir se trouver un boulot, ou à défaut, au moins un salaire pour  s’installer le cul vautré dans un divan devant un écran plat en pouvant choisir parmi une centaine de chaines de merde. Rentrer vite dans le moule et pouvoir se tailler sa part, voilà l’idéal du jour.

Certes.

Mais quand j’ai entendu l’autre samedi un de ces chroniqueurs des heures tardives de la télé, un de ces chroniqueurs ouvertement contre tout par posture ou plus simplement parce qu’il est payé pour ça, disserter sur la légitimité de la "révolte" d’un chanteur "le cul dans le beurre" (Raphaël en l’occurrence) par rapport à celle de Stéphane Hessel, 90 berges et des poussières, je me suis quand même posé des questions.

Alors nous avons quoi ? D’un côté les jeunes cons ne s’intéressent plus à autre chose qu’à leur gueule mais d’un autre côté, il faut avoir 90 ans, avoir connu deux guerres, avoir vécu le nazisme, la résistance pour atteindre une certaine légitimité dans l’indignation. Ben tant mieux alors, tout le monde est d’accord non ?

Vous me direz : facile aussi de s’indigner anonyme, le cul sur une chaise, les idées derrière un clavier.

Certes derechef.

Mais je vous répondrais qu’avec des arguments pareils, vous ne pourrez plus vous plaindre que rien ne bouge, que rien ne change. Il ne faut pas d’âge ni de diplôme pour s’indigner. Indignons nous . Toujours. Tout le temps. A tout propos.

Mouais... Mais c'est difficile de s'indigner. C’était "facile" de s’indigner contre Hitler et le nazisme. C’étaient des vrais méchants avec des contours bien nets. Et puis, on pouvait se faire tuer pour son indignation. Aujourd’hui, on se demande un peu contre qui s’indigner. Une nébuleuse de "traders" et de "marchés" sans âme et sans frontières ? Des politiques dont on a décidément du mal à cerner les idées et les combats ?

Et le pire, pour l’indignation pas pour l’indigné, c’est qu’au fond, on ne risque pas grand-chose à s’indigner. Pas la tôle ou la torture en tout cas. Brrr… peut-être de perdre ses amis facebook…

Oui indignons-nous. Parce descendre dans la rue, c’est bien beau mais il fait froid. Et puis on a vu l’efficacité de la chose dans une France face à Sarkozy…

Descendons dans la rue pour crier notre indignation face aux politiques avachis de Belgique lit-on de ci, de là. Et alors quoi ? Vous croyez que ça va franchement leur remuer le slip aux politiques ? Même avec 500 000 belges dans Bruxelles ? Même des belges de toutes les communautés. ? A part permettre aux organisateurs et à la police de réinventer les maths et donner une bonne occasion de page spéciale aux journalistes, à part quelques discours creux de type "je vous ai compris", j’ai quand même peur que ça ne fasse pas avancer le schmili, le scimili bili… enfin, vous voyez.

Parce que quelque soit le nombre de belges indignés, il n’en reste pas moins la terrible dictature des sondages, sondages qui disent que s’il y avait des élections, les tendances actuelles sortiraient renforcées, à savoir plus de NVA au nord et plus de roses au sud. Alors pourquoi voudriez-vous qu’ils quittent leurs postures nos bons dirigeants ? Tout baigne les gars.

Pourtant, j’en conviens, la situation est indigne, honteuse, ubuesque. Lassante aussi. Que faire ? Je n’en sais rien. Pour commencer, si vous êtes belge, qu’on vous interroge dans la rue sur vos intentions de vote, choisissez l’option "qu’ils aillent se faire foutre", même si vous ne le pensez pas. C’est un commencement.

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commentaires

Iris 13/01/2011 12:27



Merci pour le lien (vers la jeune journaliste), je n'avais pas encore vu le billet d'Hervé, donc cela fait un raccourci;-). J'ai lu, cela m'a fait du déjà vu - c'est normal, je suis une vieille,
qui a vécu pas les 2 guerres, mais l'époque glorieuse de la fin des années 60 de ma génération - et des articles comme cela, j'en ai lu depuis au moins 30 ans.. depuis que ma génération de
baby-boomer est finalement rentrée dans les postes et que les générations suivantes se plaignent, que nous allons occupé ces postes jusqu'à nos retraites et leur boucher les places... Bon, moi,
j'ai libérée ma place il y a plus que 30ans...pour me faire mon propre trou, sans crédit, sans subvention et sans CDI (et même sans stagiaires gratuits;-)... à mes risques et périls, comme dans
chaque métier indépendant (et encore, il y a des choses, dont on dépends dans l'agriculture, à commencer par cette putain de météo... sans parler du goût et du portefeuille du consommateur...).


Mais ce que je trouve - comme souvent - le plus intéressant dans l'article, ce sont les commentaires - beaucoup plus nuancés que le texte lui-même. Apparemment écrits par des gens du métier -
visière ouverte ou sous anonymat, selon leur tempérament et selon qu'ils ont quelques chose à vendre (un blog, une société) ou craignent, d'avoir trop à perdre... Et c'est là, que je trouve ce
que pour moi est un des avantages du Web 2.0: la suite de la discussion, la réaction immédiate, les arguments complémentaires - et - avec un peu de chance, des liens, qui m'amènent plus loin.
Cela fait la diversité, indépendamment du sujet - donc, encore: merci, d'avoir relevé, avec indignation;-)!


 



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