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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 11:38

 

L'almanach du jeudi 17 février 2011

 

L’essaim des Saints

En ce jeudi de février, nous fêtons les Alexis, les Bonose, tout, c’est à ça qu’on les reconnait. Les Marcien, qui voyant rouge, voudraient téléphoner à leur maison et enfin les Hermogéne, qu’on invite rarement, car quand ils sont là, il n’y a plus beaucoup de plaisir.

Mais je rends là l’antenne car on me dit que mon collègue Nicodème-Abélart, piaffe d’impatience de vous exploser sa vieille cathédrale… Ah non, de vous faire un exposé ex Cathedra

 

 

Très édifiante et fort vénérable

Encyclopédie picrocholine du micro savoir.

Par le très estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

Docteur en Herméneutique expiatoire dialectique des solides aux Facultés Notre-Dame de la Vertu relative de Noyelles-en-Gers.

Thèse : "Flexibilité ondulatoire de l’appendice caudal bovin dans l’optique d’un diachronisme syntaxique utérin en milieu à queues".

Professeur extraordinaire à l’Institut Florent Pagny d’Audun-le-Tiche

 

Analyse exhaustive et globale autant que complète d’une œuvre poétique et philosophique majeure du Patrimoine Humain.

Avec le soutien :

de la Faculté de musicologie asinienne de Clermont-Ferrand

des préservatifs Ecoverge

(Le premier préservatif biodégradable qui peut aller au compost.)

 

1988. Souvenons-nous. Un autre temps. Un autre monde. Ronald Reagan rencontre Gorbatchev, encore maître d’une URSS qui a ses troupes en Afghanistan. Tout le monde gueule "quel scandale cette invasion ! C’est bien les cocos ça, aucune nation civilisée ne ferait un truc pareil !".

La CEE n’a encore que 12 membres (et c’est suffisamment excitant comme ça) et est enfin reconnue par les méchants soviétiques. Les cons, ils auraient pu s’abstenir, pour ce qui leur restait de temps à nous faire frémir sous la menace de leur puissance de frappe nucléaire…

En Belgique, en mai, Wilfried Martens réussit à former un gouvernement à l’issue d’une crise politique sans précédent. Elle a duré 5 mois… même pas 200 jours. Petits joueurs va !

En novembre, un obscur groupe d’experts pour le climat est créé : le GIEC.

En France, un socialiste est au pouvoir. Il n’a pourtant jamais inventé de mots stupides pendant sa campagne. Et il n’écoutait pas Laurie.

Le 18 avril, la France perd un de ses plus grands hommes, Pierre Desproges. Elle n’en a plus que des petits depuis. Il n'aura même pas vu la chute du mur. Il aurait bien ri.

Dans une morne ambiance de fin de millénaire, les rêves d’une génération se diluent dans les volutes de l’ennui. Quand, par un beau jour d’été, sur les ondes des radios de la République puis du monde entier retentissent les notes les plus audacieuses jamais osées par un être humain depuis le naufrage de l’orchestre du Titanic… Une ode à la révolte et une œuvre d’un syncrétisme vertigineux, une parabole profondément humaniste et visionnaire…

Un hymne qui sera écoulé à 1 300 000 exemplaires… Et oui… Et oui….

 

Nuit de folie par Les débuts de soirée, Sacha et Willy :

http://www.debut-de-soiree.com/

http://www.debut-de-soiree.com/index.php?page=disco

  disco5 Scan20019

Analysons ce poème virgilien.

 

"Y a pas de saison pour que vive la musique

Au fond pas de saison pour que vive le son"

Cet hommage clair à Vivaldi (et sa fameuse pizza) vibre d’émotion. En quelques mot,s les deux poètes nous dressent un portrait saisissant de réalisme de la campagne italienne au… euh… au temps de Vivaldi. Ils évoquent  discrètement la maltraitance animale en évoquant le son dont sont nourris les ânes, écrasés sous le joug du fardeau du travail abrutissant. Que c’est beau ! Certains analystes y voient un plaidoyer violent contre le capitalisme.

 

"En marchant tu donnes une cadence à tes pas

Tu sens la musique au bout de tes doigts"

Quelle puissance poétique ! L’Esprit est là. Ecce homo aurait pu dire le prophète durant la cène (qui avait lieu elle aussi en début de soirée, coïncidence ? Les esprits autorisés s’autorisent à s’interroger avec un muscadet).

C’est toute la condition humaine qui est ici résumée d’un coup de pinceau juste et saisissant. L’homme qui s’extrait de sa condition animale pour s’en aller (ceux qui marchent debout) et découvrir que l’existence n’est rien sans l’essence pour faire avancer la bagnole sur la route du destin que l’homme effleure du bout de ses doigts, de ses mains qui donnent vie à la glaise, pétrissent la chair molle d’un sein, se tâtent le boudin. Tout ça me file un de ces gourdins.

 

"Tu dis que la vie qu'on t'a donnée est faite pour ça

Tant de choses grâce au son tu connaîtras"

Hapax existentiel révélateur de l’essence du devenir de l’infatuation schomosoïque d’une subliminale hématopoïèse transhalieutique.  Vous ne comprenez pas. Normal, moi non plus, mais je trouve que ça en jette.

Dialogue émouvant avec celui qui crée, le Grand Architecte de mes deux, le roi de la façade bancale. Celui qui dit à l’homme :

"Plus tu t’en prendras plein la gueule sur terre, plus tu seras heureux, à la fin, que tes jours soient comptés."

L’auteur, généreux dans l’épiphanie qu’il nous propose, nous livre ici les clés de l’existence. Tu dois écouter dans l’ascèse (pas l’autoroute A 16) et la vie dans l’essence immanente d’un postdéterminisme anaphylactique te sera révélée.

A moins que l’auteur nous dise qu’en faisant son Lulu sur le dance florrrr, y a moyen de se lever des sacrées cailles avec des gros nichons. Les musicologues du monde entier se tâtent encore. Et ils aiment ça.

 

"Ton cœur est un saphir de pick-up

On a trouvé des décibels dans ton check-up"

Oui euh… là… les spécialistes se perdent en conjectures sur la signification réelle de ces propos sibyllins… "On a trouvé des décibels dans ton check up"… Une fois de plus quelle symphonie de mots, quelle aisance dans la métaphore poétique. J’en ai les gesticules qui frémissent. La rondelle qui papillonne !

Où l’on voit la préscience de l’artiste qui dans une envolée lyrique époustouflante nous prédit la fin du vinyle et la déshumanisation d’une humanité humaine sans âme dans l’os de l’homme. Car les hirondelles s’en sont allées. La rose de nuit à l’aube blafarde s’est fanée. La précision froide du laser a remplacé la chaude matérialité du saphir et nos cœurs desséchés ont cessé de battre l’unisson de la fraternité. Bordel je vois Yahvé !

 

Refrain  

"Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait

Et tu tapes tapes tapes c'est ta façon d'aimer"

On devinera ici une vibrante dénonciation de la violence conjugale tout en établissant quand même des circonstances atténuantes aux pauvres maris violents, victimes d’une incommunicabilité débilitante et imposée par une société injuste et carcérale. Et le bouton d’or qui éclot solitaire dans le champ de marguerites a plus d’ennemis que j’ai de poils à ma… tête

 

"Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit

Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie"

Nous atteignons ici le climax libérateur du poème. La montagne du destin cachée au cœur des terres du Milieu. La tempête se lève et transcende le temps, la lumière, les saucisses grillées. Le vent sacré est révélation, connaissance, odeur parfois. Ca pue ma biche.

En deux vers, deux seulement, le génial barde aux brumes de Tara  révélé à Eriu, nous évoque Céline, Ella Fitzgerald, Eole, L’Olympe, la soupe aux choux, la Denrée, le pétomane, Misou-Misou. Quand je vous parlais de syncrétisme, je n’évoquais pas une nouvelle discipline olympique tas de gnous syphilitiques. Merde, je sais ce que je dis quand même.

Ces deux vers sont d’une importance tellement capitale pour ce qu’il est convenu d’appeler le paradigme de la Civilisation Occidentale que Dan Brown, dans un nouvel opus intitulé « Jésus et Martine à la plage » expose la théorie osée suivante :  Gérard Bosch* (le célèbre peintre visionnaire d’Aachen qui dès le 15ème siècle peindit, peigna, pendu… a peint des scies sauteuses électriques alors même qu’on ne savait pas ce qu’était une sauteuse, Tia Hellebaut, la célèbre mangeuse de pizzas, n’étant pas encore née), que Bosch donc avait eu connaissance de l’existence des trous noirs (black holes, nigra trudipeta) et transmis ce savoir à une secte, les illuminatiti et Grosso mineto, secte dont les débuts de soirées seraient les ultimes avatars. Ces vers seraient alors la clé ouvrant la porte de la machination ou de la machine à sous. Je sais plus. J’ai la mémoire qui flanche. Je ne me souviens plus très bien.

 

Duo (chanté)

"Tu danses le monde musique américaine

La cadence du funk au plus haut t'emmène

Le tempo en délire si ce soir il fait chaud

C'est qu'on monte nos mains vers le point le plus haut"

Il est maintenant démontré par plusieurs spécialistes de la Faculté de Pigalle que les auteurs parlent déjà là,  in illo tampon jex, du réchauffement climatique avec non seulement ses conséquences mais aussi ses causes. L’allusion à l’Amérique de Bush (tu danses le monde…), au productivisme effréné (la cadence du funk), à une fin prochaine de l’humanité noyée par les flots suite à la fonte des culottes glaciaires (C'est qu'on monte nos mains vers le point le plus haut), le prouvent à toison, comme dirait la danseuse du Crazy-Horse allergique à la crème épilatoire.  Il est clair également que les débuts de soirées étaient versés comme des poissons dans l’eau dans la symbolique Maya la plus hermétique. Ils auraient même été apiculteurs.

 

Duo (parlé)

"Toi qui dessines au fond de ton ennui les notes d'une mélodie.

Une musique sans accord majeur c'est une piste sans danseur

Mais si tu ranges dans ces moments-là dans un placard tes idées noires

Les notes pourront danser et nous reviendrons les chanter"

 

Je vous prie de m’excuser mais je suis en pleurs. C’est tellement beau que j’en suis tout chamboulé de spasmes irrépressibles. C’est inéluctable et j’ai donc beaucoup de mal à l’élucter. C’est la détresse du monde moderne qui est dépeinte là dans toute sa nue crudité (moi je préfère les carottes râpées).

Une fois de plus les concepts fondamentaux, les bouffées de préscience tourneboulantes, et la peinture sans fard de la comédie humaine se télescopent et se bousculent, sans même me réveiller, comme d’habitude. L’ennui et la détresse de la jeunesse, la crise belge de 2010 qui est déjà subodorée à travers "l’accord majeur" et la mise au placard des problèmes (les idées noires) par le gouvernement Verhofstadt. Une vision Gaullienne, tout simplement.

 

"Quand le sucre est tombé choqué le café renversé

Je sentais bien que la journée était mal commencée"

Oui ! Le rythme de la chanson s’accélère et les auteurs ne se sentent plus. Il n’y a plus de tabous dans la dénonciation et la mise au pilori des pires dérives de notre société matérialiste et capitaliste. En deux vers, nos poètes éclairés mettent un camouflet inouï à la mondialisation et à la spoliation des richesses du Tiers-Monde. Sucre, choc, café,  l’association est relevante et à vrai dire révélante. Je ne m’en relève pas. Heureusement que je n’ai pas mal au cul, je peux m’asseoir dessus.

 

"Plus tard la caisse était cassée avant que craquent les chromes

Mettant la gomme j'avais détalé"

Unanimes, les plus fins exégètes de l’œuvre de Sasha et Willy, voient là une des plus belles allitérations en k de la littérature française. Plus belle encore que le "Coucou, coco a craqué un caca collant coulant à Kankoon" de Franz Petitboulet, le célèbre poète Fribourgeois.

Corneilles, racines et autres pwet pwet animaux et végétaux, vous pouvez remettre vos collants de chochottes et passer à la caisse. Vos maîtres sont là, coulés dans le bronze le plus pur.

 

"La musique était mon sourire, les vieux succès mes souvenirs

On sent tous son dernier soupir lorsqu'on va mourir"

Bon, il me semble évident que là, on touche au sommet. Il y en a des sommets dans cette œuvre ! Ce n’est plus une chanson, c’est les Alpes. Que voici de beaux pieds, que voilà des beaux vers. Avec des rimes en ir qui me font pleurir. D’un coup de fleuret, la pivoine se fane et notre dernière heure advient. A ces vers, j’aurais voulu voir ajouté "je reprendrais bien un peu de terrine", mais ça rime pas. C’est là tout le fossé entre le gourmand et le poète.

 

"Mais un souffle j'avais gardé car on ne peut pas trépasser

Chacun le sait, sans voir un disque jockey"

Personnellement, vous excuserez cet éclair de lucidité dans mon délire, mais voir le mot "trépasser" dans cette ritournelle stupide m’assied un petit peu. J’en ai le popotin qui flocule. 

J’aurais plus vu "on ne peut pas mourirer" pour la rime avec Jockey.  M’enfin faire rimer trépasser avec Jockey, je ne me lasse pas de m’esbaudir devant le tour de force. C’est plus les Alpes, c’est l’Everest par la face cachée de la lune.

 

"Et tu chantes danses jusqu'au bout de la nuit

Tes flashes en musique funky

Y a la basse qui frappe et la guitare qui choque

Et y a le batteur qui s'éclate et toi qui tiens le choc"

Djou, heureusement que ça se termine, sinon ils allaient nous pondre des rimes avec froc ou vieux schnock. Ca aurait eu plus de gueule. Je suis déçu. Moi je t’aurais pondu un

"Y a le Basque qui frappe et la Flandre qui choque

Et le vieux schnoque qui explose tout l’ bazar dans son froc."

Une allégorie des extrémismes nationalistes face aux anciennes générations qui ont bien connu la Bête !

 

Je vous remercie de votre attention. C’est ici que ce termine notre explosé. Dans un prochain billet nous vous exploserons l’influence sur la philosophie Occidentale post-Rémybriquesque et plus particulièrement la pensée néo-Nietzschéenne post-contemporaine de l’œuvre du chanteur Bézu.

Bonjour chez vous.

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