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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 08:00

Reprise du flambeau après deux semaines de congé imméritées mais prises sans arrière pensée.

 

L’essaim des Saints.

C’est la Saint Guillaume aujourd’hui. Et je m’en fous. Comme d’habitude, mes préférences vont aux petits saint méconnus pour amateurs éclairés. Des petits Saints pointus donc.

C’est la Sainte Floride, qui n’est pas patronne des retraités américains, mais une jeune martyre du 2ème siècle, morte à Dijon mais qui aurait voulu qu'on l'appelle Denise comme aurait déclaré son biographe, Julien Clerc de notaire. Sans doute une affaire de moutarde qui lui est montée au nez. Comme disait Monsieur P.D. dans son dictionnaire de savoir vivre à mon usage en plus de celui des malpolis :

"La nuit, les moeurs des Dijonnais sont tellement dissolues qu'on n'entend plus les couinements de leurs chats. Ils les couvrent de leurs hurlements d'extase impure qui montent sataniques et lugubres vers la lune, quand la nuit tombe et que l'amour tarde, de Dijon. Sus mes preux! mort aux Burgondes!"

C’est aussi la Saint Marcien, un petit homme vert de honte et rouge de rage. Et puis, la Saint Maurille me donne irrésistiblement envie de me poiler (d’accord, elle vient de loin celle-là).

 

Les mots du jour : Dégel et débâcle.

Un mois et demi sous la neige. On l’a vue arriver avec des yeux d’enfants, des yeux pleins de souvenirs de parties de luges avec papa ou les copains, pleins des images rabâchées de manteau blanc, d’ouate et de duvet.

Elle s’est installée, impérieuse, tyrannique, remplaçant les cordeaux humains, routes, clôtures, champs carrés par une uniformité pure et intimidante de douces ondulations. Un paysage sans contours précis, sans limites dans les matins laiteux où la brume et la neige faisaient se confondre ciel et sol. La courbe sensuelle remplaçait l’angle austère.

Elle a imposé sa loi inexorable à toute chose : jusqu’aux sons qu’elle a emmaillotés de douceur. Et les arbres devenaient des candélabres de glace, illuminant les nuits rougeoyantes et claires, à l’horizon des luminaires de nos autoroutes paralysées. Mais la neige est froide et cruelle : des arbres sont tombés, des oiseaux comme des sans abris sont morts. Et on ne peut pas jeter de graines et mettre des "boules" aux sans-abris. Ils les ont déjà assez comme ça du reste, les boules. De plus, et c’est bien connu des embourgeoisés impassibles, le SDF préfère le ballon à la boule.

Et entre les rires dans les yeux de mes enfants, de leurs bonshommes de neige et les grincements de dents des automobilistes coincés, des camionneurs bloqués, des bus paralysés, la neige a durablement transformé nos vies, nos fêtes, nos habitudes, nos folles envies de consommer. Il ramenait sensiblement moins sa gueule le fier homme pressé occidental.

Puis l’homme a repris le dessus aidé par le ciel plus clément. On a déblayé nos rues, rétabli l’électricité, dégagé nos routes, sorti les villages reculés de leur isolement. On a pu voir l’image grotesque, déprimante et un peu effrayante de passants affairés, munis de pelles et de brosses se faufilant, disparaissant entre des monceaux gigantesques de neige sale, parfois jusqu’à deux mètres, encombrant les trottoirs et les bords de route.

Nos nuits sont redevenues opaques. Et tout ce qui reste au final, la débâcle s’achevant dans les inondations et les torrents de boue, ce sont des congères sculptées de vaguelettes et de cuvettes comme dans les palais de glace bleue et argent des reportages de Nicolas Culot ou de Yann Artrand-Berthus. Sauf qu’ici les congères ne sont ni bleues ni argent mais simplement dégueulasses.

Et l’hiver, qui ne fait que commencer, remplace la blancheur amnésique et pure par les tons sales, gris, bruns, tristes. Des jaunes pisseux, des gris morbides, des bruns nauséabonds, des couleurs qui puent l’ennui. Hiver débutant à peine qui inonde les maisons de gens habitant le long des rivières. Car oui, la neige, ça fond, la pluie ça tombe vers le bas et les rivières ça peut sortir de son lit et inonder. "Mais que font les autorités" demandent les journaleux ? Ne serait-il pas possible d’établir des ordonnances de police enjoignant à la neige de fondre plus lentement, à la pluie de tomber moins drue ?  Mauvaises questions.

Car pendant ce temps, dans l’indifférence générale, janvier a la prétention de vouloir durer jusqu’au 31. Que fait donc le gouvernement belge ? pas grand-chose, je le crains fort.

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