Mercredi 12 mai 3 12 /05 /Mai 12:45

Il ne s'agit pas de trois charmantes voisines mais de fleurs sauvages qui embelissent mon jardin en avril. Je sais, je suis un peu en retard, mais c'est ainsi. Je vous parle donc aujourd'hui des plantes dont la floraison suit, dans mon jardin celle des fleurs "précoces" dont au sujet desquelles je vous avais entretenu ici.

 

Il s'agit tout d'abord de la superbe Corydale solide.

 

P4140122 - Copie

 

En fait, elle ne l'est guère, solide, mais son nom vient du fait que son bulbe est plein, tandis que celui d'une espèce voisine, la corydale creuse est... en partie creux. Les botanistes sont de sacrés bouts-en -train. Qu'est-ce qu'on rigole !

 

  P4140132

 

La Corydale apprécie les talus, les bords de chemin assez ombragés. En fait, elle se plait sur des sols frais à humides, très riches. On la trouve souvent en bas de vallons, sur des sols d'alluvions ou de colluvions, des mulls actifs et frais, c'est à dire des humus à décomposition rapide, au pH neutre à basique, relativement humides.

 

P4140129

 Corydale, plante des talus.

 

 

Sur ce type de sol elle partagera souvent la vedette avec la Ficaire, la Moscateline, l'Ail des ours, la Circée de Paris, la Gagée des bois et la Primevère élevée. Sa fleur affecte la forme d'un long tube (l'éperon) muni à sa base d'une petite feuille digitée, la bractée (chez la corydale creuse, la bractée est entière). Je n'en ai trouvé confirmation nulle part, mais en général, les plantes dont les fleurs comportent de longs tubes sont pollinisées par des papillons de nuit.

 

 

 P4140131

 

Sur cette photo, on observe de trous à la base de l'éperon : ce sont des bourdons (parfois des fourmis) qui ne peuvent atteindre le nectar par la voie normale et la court-circuite. 

 

 

La Corydale est potentiellement toxique puisque elle renferme de alcaloïdes paralysant la moelle épinière à forte dose. L’absorption des racines et des autres parties de la plante peut occasionner des troubles nerveux.

 

 

La Primevère élevée est la plus commune de nos primevères sauvages.

 

P4190143

 

On la trouve sur les mêmes types de sol que la corydale, mais elle supporte mieux la lumière (pas le plein soleil tout de même) et on la voit souvent en bordure des ruisseaux. La primevère est comestible, sauf si une saloperie de chat s'est oublié dessus (mais pour ceux là, nous savons quoi faire n'est-ce pas ?). les jeunes feuilles s'ajoutent aux salades , en mélange pour tempérer leur saveur aromatique et piquante. Sinon, plus vieilles, il faut les cuire. Les fleurs décorent magnifiquement les salades et les assiettes. On préparait autrefois dans les pays scandinaves un hydromel parfumé aux fleurs de primevères. C'est du moins ce que j'ai lu, mais je veux bien le croire. En effet, elles ont un très léger goût de citron, j'en ai déjà ajouté à mon vin sec de sève de bouleau, en toute fin de fermentation. Ca lui a donné un côté "sylvaner" pas déplaisant.

 

 P4190141

 

Ce deux fleurs (Corydale et primevère) trouvent abri chez moi au pied d'un mur et d'une haie protégée du sud. C'est un endroit frais, humide, où l'accumulation de feuilles de la jeune haie commence à créer un peu d'humus.

 

Ensuite, voici la célèbre Anémone sylvie qui tapisse les bois de blanc en avril.

 

 P4070088

 

C'est l'archétype de la floraison forestière vernale. Cette plante de sous-bois fleurit massivement et assez brièvement au printemps, alors que les arbres sans feuilles laissent encore passer la lumière. Les feuilles restent encore jusqu'au début de l'été, le temps que les fruits murissent, puis disparaissent, la plante ne survit plus que par ses rhizomes qui forment un écheveau dense sous l'humus. C'est une plante à caractère couvrant et colonial. Elle pousse sur des terrains semblables à la Corydale mais moins humides, drainés et bien aérés.

 

Comme la plupart, si pas toutes, les renonculacées (la famille du bouton d'or), l'Anémone sylvie est toxique, irritante. Elle contient un hétéroside de lactone, le renonculoside qui libère la protoanémonine, un produit vésicant, qui produit des cloques dans le pire des cas, des brûlures ou un picotement dans le meilleur. Goûtez une feuille vous verrez bien, ça pique.

 

Même localisation dans mon jardin pour ces fleurs : fraîcheur et ombre. Cependant, j'en ai vu des parterres dans les vignes en Alsace du côté de Nothalten.

 

 

Pour continuer voici une anémone moins courante, mais magnifique, l'Anémone fausse-renoncule.

 

 anémone fausse renoncule

 

C'est encore une plante des sols riches, à l'humus frais et doux (mull). Elle tolère bien le calcaire et l'argile. On la voit souvent dans les sous-bois, les bords de chemins ombragés voire les bords de prairie des fonds de vallée. Elle à un comportement moins colonial que l'Anémone sylvie.

 

 

Anémone fausse renoncule détail

 

 

Enfin, voici la Primevère officinale ou coucou.

 

P4190146

 

C'est une plante plutôt thermophile qui aime les sols calcaires (mull calcique), les talus bien exposés où elle peut former des colonies. Dans mon jardin, elle a poussé plus ou moins spontanément (probablement des graines ramenées avec une motte de terre contenant d'autres plantes) mais pas à sa place. Elle ne prospère donc pas. Je la déplacerai en fin de période de végétation, avant que les graines ne tombent ou au tout début du prochain printemps à la formation de la touffe de feuilles. La Primevère officinale peut s'utiliser comme sa cousine la Primevère élevée.

 

Voilà un article qui mettra un peu de couleur sur ce mois de mai gris et triste.

 

 

Par le rustre - Publié dans : Le jardin au naturel - Communauté : jardinage écologique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Superbe photo!!

Ch* de Hte Savoie

Commentaire n°1 posté par christianne Balzer le 22/01/2012 à 19h19

Présentation

Recherche

plus de couleur

  • prunellier 1
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés