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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:42

C'était un ours blanc qui avait des troubles bipolaires. Il voyait la vie en noir et faisait grise mine. C'est qu'il aimait son pastis avec des glaçons. Alors quand on lui disait que "l'alcool, c'est mal, qu' ça te colle le cancer du col, même un verre pas plus" et qu'en plus on lui retirait ses glaçons comment pouvait-il se sentir pas traqué ni patraque de tracas et transi de tomber dans un traquenard, tranquille !

 

Parce que c'est ça être un ours bipolaire. C'est voir le sud au nord et le nord au sud. Ne pas pouvoir rester de glace devant la vitre de son igloo à voir fondre son monde comme un glaçon en forme de cœur dans un verre de pastaga. Quand le cœur est fondu, c'est l'attaque du tic-tac, la palpitation du palpitant qui périclite. On passe de vie à trépas, patatras dans les patates le plantigrade.

 

Maniaco-dépressif notre ours. On le serait à moins, seul sur un glaçon à la dérive avec la télé pour unique compagne à attendre la fin des haricots, ou des icebergs, question culturelle. Seul sur un glaçon mou à reluquer des mous du bulbe reluisant des sentiments ruisselants si commodes à accommoder à la sauce par tous acceptée, digérée, recrachée par la voie anale si égale aux idées bancales.

 

Comme tous les ours insulaires, insolents, pas scolaires ni solaires, qui voyaient leur monde se réduire, ours blanc de neige au monde de glace fuyant goutte à goutte ou ours de campagne voyant jour après nuit son monde de terre fuir par le trou du sablier, l'ours fictif se rebiffe et distribue les baffes.

 

Les baffes aux cons, aux fâcheux, aux fades, aux vrais mous, aux faux durs, aux mal-lisants, aux mal-comprenants, aux oublieux, aux gonflés du cou, aux visages pâles en campagne sur affiches électorales, aux grincheux obsédés par dame croissance, excuse à toutes les errances. Aux pétroliers oublieux de prudence, aux enfoirés apodes des antipodes, à ceux qui prennent leur cul pour une trompette alors qu'ils n'éructent en guise de pensée que des gaz inertes.

 

L'ours blanc décida de se barbouiller de noir, lui, ses pattes, son cul et surtout ses idées pour les cracher à la gueule du monde qui l'échauffait lui, sa glace et ses oreilles jusqu'à l'étouffer, ce foutu foutoir terrien, sous la suie suicidaire de sa noirceur intérieure.

 

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Published by le rustre - dans Café du commerce
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