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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:41

 

Il est nul, hein, mon titre ! C'est la preuve que j'ai besoin de vacances.

Sinon j'aurais pu vous servir un "Soirée pas si cloche", vu que je vais vous narrez un repas solitaire pris lors du week-end de Pâques.

Je préfère vous prévenir tout de suite. On ne pourra pas me reprocher de faire semblant. C’est déjà ça.

Donc je vous préviens. Les lignes qui vont suivre ne sont pas politiquement correctes. Je ne vais pas vous faire une éloge de l’ivresse. Non plus qu’une apologie de l’ébriété.

Mais quand même.

Le vin est partage. Certes.

Mais je le confesse, alors que ma fête approchait (la commémoration de l'évangéliste qui a inspiré mes parents lors du choix de mon prénom quoi), j’ai eu envie de me faire plaisir. Oui, cette année, ma fête tombait le lundi de Pâques. Je vous rassure, c’est exceptionnel et... Non, je ne m’appelle pas cloche.

Marc. C’est mon prénom. Maintenant que vous savez, vous êtes priés de ne pas l'ébruiter.

Donc remontons le temps. Samedi soir du week-end pascal...

 

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Oui je sais, ce n'est pas très pascal... mais z'avez qu'à moins polluer, il fera moins chaud en avril ! 

Et je suis seul. Je bois et je mange seul. Quelle tristesse ! Quel misérable celui qui boit seul sans partage. Oh que j’ai honte ! Même pas en vrai ! Quelle paix aussi, alors que le soleil mourant tire le rideau d’une journée sèche et brûlante !

C’est qu’aujourd’hui, exceptionnellement sans femme et sans enfants, je vole à la vie le plus précieux des biens : le temps. Pas n’importe lequel. Le temps pour soi.

Croyez-moi, cette denrée-là est des plus rares et des plus savoureuses.

Et je suis là dans la quiétude de mon jardin, par une soirée d’avril exceptionnelle, alors que le soleil rougeoie encore et que des dizaines de merles s’appellent et se défient de leurs strophes flutées. Je suis là à prendre le temps. Celui de regarder, d’écouter, de siroter, celui de vivre et mieux encore, le temps de me sentir vivre. Pouvoir goûter à ça même rarement, c’est une richesse sans prix. Bien mieux qu’une Rolex à 50 ans.

Et tandis que l’air tiédit, la couleur de mes pensées vire au gris. Pas le grisâtre, mais le grisé. Le vin me monte à la tête, un peu. Oh, et que les ligues de vertu aillent se faire foutre, c’est le bonheur de sentir ses nerfs à vifs, toujours tendus comme des cordes, regagner leurs gaines, se lover sur eux-mêmes et soupirer d’aise.

Putain, on n’est pas bien là ?

Et qu’est-ce qu’on boit ?

  

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Un muscat 2007 du domaine Schwartz à Itterswiller.

Jamais entendu parler ? Vous n’êtes pas les seuls. Mais ayant acquis auprès d’un receleur du coin des asperges vertes, je voulais les accompagner et j’ai acheté le premier truc qui venait. Bonne ou mauvaise pioche ? La mention a de quoi faire frémir l’amateur : "cuvée prestige".

La chose est très pâle, presque face de lune. Limpide et lumineux comme il se doit.

Il lui faut un peu d’aération pour donner sa pleine mesure. A la note pure de muscat, s’ajoute une autre note florale qui donne de la fraicheur au nez. C’est agréable.

En bouche, le vin, sec au goût, débute sur la rondeur avant de terminer sur la fraicheur. Avec ses arômes muscatés délicats et purs, le vin donne une impression de légèreté. Il se prolonge sur 15 secondes avec une impression à la fois saline et citronnée.

C’est un vin dont la description n’appelle pas la dithyrambe mais c’est un joli vin sans fausse note, qui tombe là où il doit tomber, qui donne ce qu’il doit donner..

Je l’accompagne donc d’asperges vertes dont une partie est servie râpée, crue, saupoudrée de gros sel, d’huile de colza première pression à froid et d’une pincée (pas plus et petite encore) de thym citron. L’autre partie des asperges est ébouillantée durant quelques minutes pour garder son croquant et servie avec une vinaigrette légère. L’accord est délicieux, muscat et asperges ne s’étouffant pas. Par contre le thym citron et le muscat se renforcent. Excellent.

P4280089Une étiquette reconnue et primée par la fondation Rémy Bricka.

Et avec le carpaccio, habitué de mes rares soirées solitaires, puis le petit steak grillé (cornes de gatte, oignons grillés, saupoudrage d’herbes du jardin), je m’ouvre un monument. C’est un vin étiqueté "Nature". Comme dirait un célèbre guide, la civilisation n’a qu’à bien se tenir. Moi, le sans soufre et compagnie, je ne suis ni pour ni contre. Je suis pour les bons vins. Et là mes petits amis…

 

C’est Jadis 2005, du domaine Barral. Un Faugères pour ceux qui ne boiraient que du mouton-Cadet.

P4280092On ne dit pas Jadis, on dit Il était une fois.

Noir c’est noir, opaque, chante Johnny. Il ne dit pas opaque dans la chanson. Certes, mais ses déclarations le sont parfois.

Un nez profond, puissant, évident de gelée de cassis avec des épices, de la mûre très mûre.

En bouche, une structure équilibrée avec des tanins relativement puissants encore mais fins (juste un peu secs), une matière veloutée et aromatique de gelée de cassis, de mûre, framboise, des volutes musquées, qui se faufilent de la gorge au nez, des épices enfin. Et le plaisir se prolonge sur une vingtaine de secondes, pas mal quand même. L’ensemble dégage une fraicheur redoutablement soiffarde

Un vin excellent de par la profondeur et la puissance de ses arômes, l’équilibre de sa matière. La puissance et l’élégance en même temps.

Et la soirée se passe comme un souffle, comme une brève étincelle, comme le battement d’ailes d’une éphémère amoureuse aux rayons de la lune (oui ben du calme, un peu gris OK, mais là ça fait un peu Joint Ville).

Le lendemain, mes enfants et mon épouse sont de retour. Le capharnaüm et la joie s’installent à nouveau. Le bonheur n’a pas qu’un visage. Heureusement, sinon je ne serais qu’un vieux pochetron solitaire et acariâtre.

 

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Le sang a coulé à OK Barral.... Vacances vous dis-je !

 

Et les vins que sont-ils devenus ? Surtout le Barral qui a la réputation d’être instable et que j’ai conservé dans ma cuisine au tiède ?

Le muscat reste pareil à lui-même sur deux jours : certes variétal mais élégant, sans faux col comme dirait Lucky Luke quand il commande une chope.

Quant à Jadis, vous ai-je déjà dit que ce n’était pas mieux avant ?.

Boire Jadis un lendemain, ce n’est pas pour me déplaire, mais le boire un surlendemain, cela tient du téméraire.

A la profonde senteur de gelée de cassis s’impose un chaud parfum épicé de garrigue et de laurier, une note légèrement camphrée et un trait légèrement cireux qui donne de la classe à l’ensemble.

En bouche, c’est le même élan aromatique. S’y ajoute un petit côté viandox roboratif. La marque de la structure, c’est la fraicheur, la légèreté et l’équilibre. Par contre, les tanins se sont réveillés, fins mais plus puissants qu’au premier jour, asséchant agréablement la bouche. La matière respectable habille les papilles. Pas d’alcool perceptible et une longueur considérable qui dépasse les 25 secondes, avec des parfums floraux et de l’amertume complètent le beau tableau. En d’autres termes, le vin s’est ouvert et complexifié.

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Alors s’il vous plait, laissez-moi manger ma banane !

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commentaires

ExceptionnelPatrick Böttcher 13/05/2011 16:47



Marc, t'aurais du t'appeler Pascal O' Pâques.



Noir c'est noir ? Là , vous l'avez offensé en lui parlant sèchement....
Et alors?
Et alors, il ne faut jamais parler sèchement à un Numide.



le rustre 13/05/2011 17:02



Astérix et Cleopâtre... et si tu donnes la clé au pâtre ne t'étonnes pas de voir tes moutons retournés...


 



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