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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 16:20

1.       Plantons le décor.

Rétrospective 2010 et bonnes résolutions pour 2011, première. Aujourd’hui, et demain et après, parce que je n’arrive plus à arrêter d’écrire, je m’étalerai lascivement sur le monde internet du vin en général, sur la blogosphère vinique en particulier, théâtres épiques d’escarmouches aujourd’hui comme de tout temps.

Un beau jour ensoleillé, sur les bords de la Seille, j’ai rencontré le vin. Le bon. Enfin, le bon… Celui qui a la gueule de l’endroit où il est né. C’était il y a 20 ans. C’était hier. Depuis, je suis resté un modeste amateur qui est pleinement conscient qu’il ne sait pas grand-chose. Pour en savoir plus et devenir un amateur éclairé, il me faudrait plus d’argent, plus de temps, moins d’autres passions.

Entretemps, mon parcours professionnel m’a amené à étudier la promotion des produits de terroir, surtout de production fermière. Je me suis rendu compte que ce secteur connaissait des problèmes similaires au secteur des vins de terroir. Le problème essentiel reste que le bien manger et le bien boire ne font absolument plus partie des priorités de la plupart des gens. Si on constate que le terroir a une bonne image, plus saine, plus goûteuse, il n’y a qu’une part du public qui est prête à investir un budget et du temps dans la démarche d’aller vers des produits de qualité qui expriment le lieu où ils sont nés. Le terroir garde une image élitiste, chère, précieuse. C’est particulièrement vrai dans le domaine du vin. Il n’y a qu’à voir en France LE pays du vin où l’essentiel des achats de vin se fait en grande surface avec des bouteilles à moins de 3 euros. Contraste saisissant avec le prix que les amateurs sont prêts à mettre dans une bouteille et qui paraissent ridicules pour les non passionnés.

Il est impensable de faire comprendre à des non passionnés comment on peut mettre plus de 10 euros dans une bouteille de vin, surtout si elle vient d’une région peu connue (pas la Bourgogne et Bordeaux quoi… et encore, la Bourgogne…). Cela dit, j’ai moi-même du mal à comprendre qu’on puisse mettre un mois de salaire dans un écran plat, mais bon…

Et on assiste impuissant à une dichotomisation de plus en plus grande entre les produits de masse (qu’ils soient immondes, bio, de qualité) et la vraie production artisanale, locale, de terroir. La première pour monsieur et madame tout le monde. La seconde pour un public restreint, argenté, passionné, impliqué. Peut-on inverser la machine ? Je me le demande. Tout ce qu’on peut espérer, c’est augmenter la part de marché du second type de produits, élargir ou préserver la gamme, les prix, la clientèle, les rendre accessibles à plus de gens. C’est une question de prix bien sûr, mais surtout de rencontre et de disponibilité et finalement d’éducation, simplement. C’est vrai pour les boucheries à la ferme, les légumes bio fermiers, le fromage au lait cru et… le vin. Pour cela les recettes ne sont pas multiples : qualité irréprochable des produits, sourire de la crémière et… une bonne image : saine, conviviale, vraie, proche. Et surtout un travail informatif et publicitaire de fourmi, long et ingrat. Parce que communiquer coûte cher, parce que dans le désert, il y a de l’écho, parce que 5 minutes après, vous aurez tout oublié.

Le rapport avec le web vin ? J’y viens.

Le domaine du vin est particulièrement privilégié d’un certain point de vue par rapport par exemple au fromage, à la viande… Le vin a son aura, ses gourous, ses guides et… un secteur internet bouillonnant. Un peu trop bouillonnant. Ou pas encore assez.

Trop, parce que les guéguerres entre chapelles, gourous, bio-pas bio ne font que brouiller l’image et rendre le secteur moins sympathique aux yeux des non convaincus prêts à faire le pas. Pas encore assez parce que tous ces jeunes blogueurs fous qui envahissent la toile pour le moment (tel Christian le Poète) ou depuis un moment (tel l’infatigable Olif) sont à mon sens pain béni pour rendre plus accessible à un public diversifié la mythique semence de Bacchus (mouais, le sang du Christ, c’est quand même plus soft comme image).

Si le monde internet du vin veut se borner à un monde de spécialistes pour les spécialistes, il est sur la bonne voie. S’il veut s’ouvrir à un public moins pointu, il s’améliore mais a encore de la marge.

Depuis quelques semaines, la blogosphère vinique marine dans une effervescence qui ferait pâlir d’envie le corega tabs de ma tata Germaine. Tout est parti d’un billet d’un journaliste dont j’aime plutôt bien la prose, Hervé Lalau (pas le dernier pour la potacherie quand il propose une année du Q). Fin décembre, dans un billet, il déclare que beaucoup de blogs vins ne disent pas grand-chose et en plus le disent mal. Bref, ils sont à chier. Et finement et en termes choisis, de décrire quelques catégories caricaturales de blogs vineux. Sans citer de noms. Ce qui permet évidemment à chacun et à tout le monde de se sentir morveux. Pas bien grave si comme moi vous avez un mouchoir dans la poche.

Depuis, les vaguelettes ne cessent d’agiter la surface du verre. Une agitation digne d’un verre d’eau posé sur le tableau de bord par l’approche du tyrannosaure.

C’est que, régulièrement en 2010 (et avant aussi) en plusieurs place-fortes du web, les p’tits cons qui se permettent de s’autoriser à causer du pinard sans avoir le bagage se sont faits un p’tit peu grondés par des cadors du web vineux. Soit qu’ils étaient perçus comme trop potaches pour la mode bourguignonne soit comme trop jeunes ou trop bio ou les deux par les Vrais Dégustateurs. Des noms ? Oh non alors ! C’est tellement plus joli la circonlocution allusive.

Maintenant, il faut comprendre des gens dont c’est le métier de déguster et qui voient débarquer sur le web des hordes de dégustateurs plus ou moins jeunes dégustant et racontant à peu près n’importe quoi y compris les pires banalités.

D’ailleurs, si je prends mon cas personnel, effectivement, je raconte souvent des banalités. Je regarde avec admiration la science, l’expérience et les qualités de dégustateurs comme Patrick Essa ou Michel Bettane.

Inévitablement, il y a moi aussi des blogs et des plumes que je goûte moins que le autres. Manquerait plus que ça : dire que tout m’est plaisant et égal sur la toile, c’est probablement la pire insulte à faire aux différents intervenants du web vin. Et moi aussi, dans mes moments de déprime, je me pose des questions.

Un monde trop neuneu où tout le monde il est beau ? Trop de trop mal foutu ? Trop varié ou trop avarié ? Pas assez sérieux ? Les jeunes ne devraient-ils pas se moucher un bon coup pour faire sortir le lait, les vieux se faire plus silencieux ? A quoi servent les blogs vins ? Et les forums ? Parler du vin est-il réservé à des pro qui savent ou bien y a-t-il un intérêt quelconque à laisser faire des agités d’amateurs, souvent jeunes en plus, berk ? Faut-il être sérieux comme des papes ou bien la potacherie crasse a-t-elle le droit de s’exprimer ?

Pour moi, la réponse est très simple et tient à se vieil adage tant décrié : tous les goûts sont dans la nature comme disait le bouledogue qui se léchait le derrière. Pour rencontrer une plus grande diversité de publics, notamment des jeunes, les Héraults du vins doivent présenter une saine diversité. Peu importe qu’ils s’expriment mal ou de façon approximative aux yeux de certains, que certains se filment ou que d’autres donnent un place prépondérante au contexte festif(c’est joli non pour dire pochetronade ?).  D’une part parce qu’émettre ce genre de jugement, c’est juger l’auteur mais aussi son public, d’autre part parce que je crois qu’on en n’est plus là : le monde du vin doit se sortir les doigts du cul (élégante aussi celle-là) ou regarder passer le train.

De toute façon, nous avons tous nos blogs « à chier ». Est-ce pour cela qu’il faut se répandre à longueur de post et caricaturer, peut-être même faire rire à bon marché ?

 Oui ? Oui !

Je suis conscient d’arriver un peu comme les cavaliers de l’offert bac (brrr mauvaise celle-là), mais j’avais piscine. Cependant,  depuis 5 ans, j’ai vu et lu des tas de choses qui m’ont énervé sur le web vin. Alors moi aussi, je voudrais faire mon petit caca nerveux contre un certain type d’écrits vineux que je trouve « à chier ». A demain pour la suite.

 

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commentaires

cigalette 12/01/2011 08:29



Là pour ce sujet sur le vin, je ne peut te dire grand chose, je ne m'y connais point en vin et en plus je n'en bois jamais, qu'il soit d'un bon cru ou de la piquette, pas une goutte ne roule dans
mon gosier, pour  la simple raison, je déteste  le gout du vin, celà me fait grinçer des dents et me donne des nausées durants des semaines, et des maux de crâne a n'en plus
finir et ce avec un demi verre , que ce soit de vin Château Neuf du Pape ou la marque PB( produit blanc) et idem avec tout breuvage qui enferme une infime quantité d'alcool, pas de
bière non plus, juste du lait de chez nous, du pure du bon de la ferme du village voisin et de l'eau, mais de l'eau bien Belge aussi...


bonne journée



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