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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 10:39

 

Très édifiante et fort vénérable encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Par le très estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

Docteur en branlocouillométrie expérimentale de l’Université de Villerupt-lez-Blanchon-sur-Lesse. Thèse : « Granulométrie en phase gazeuse des corn-flakes soumis à un rayonnement subatomique de spin de cheval positif ».

Docteur en Herméneutique expiatoire dialectique des solides aux Facultés Notre-Dame de la Vertu relative de Noyelles-en-Gers. Thèse : « Flexibilité ondulatoire de l’appendice caudal bovin dans l’optique d’un diachronisme syntaxique utérin en milieu à queues »

 

P9100132Anatole Legrain-Gallet lors de sa captivité à Cayenne (voir la première partie de l'article

 

Biographie d’un génie méconnu : Anatole Legrain-Gallet (1830-1973)

 

Pour une pensée du rien qui peut tout imaginer : l’œuvre philosophique, sociale et politique.

Dès sa plus tendre enfance, Anatole se pose des questions sur la destinée humaine. Tant d’idées et d’aspirations dans un corps pour les voir finir dans quoi ? Le néant, les ténèbres, le ventre des vers ?

Anatole s’interroge sur la merditude des choses, ce qui lui fera déclarer "Même Haut-Brion, ça finit par se pisser".

Durant son enfance de chœur, il reste très marqué par une foi mâtinée de crainte du châtiment divin et de tabou du touche-pipi. Pourtant, Anatole ne manque jamais de se le toucher, le zizi, et il ne voit vraiment pas ce que Dieu peut trouver à y redire. Dieu ne serait-il pas légèrement coincé des amygdales se demande-t-il dès l’âge de 12 ans ? Vers 15 ans, ayant connu le bonheur de maintes bottes de foins, il ne veut plus rester l’homme de paille d’un clergé qu’il trouve par trop ballot.

Pourtant, pendant de nombreuses années encore Anatole va balancer entre le rejet de Dieu et son acceptation résignée. Anatole, en 1881, finira par publier ce qui parait aujourd’hui comme l’essence de sa pensée religieuse :

"Dieu existe mais n’est pas fréquentable. Il va dans son nez et mange ses récoltes !"

Ce livre connaitra de nombreuses rééditions jusqu’en 1971, avec des modifications de la plume de l’auteur lui-même, modifications basées sur l’actualité et l’Histoire humaine, et qui, hélas, il faut bien voir les choses en face, ne remirent jamais le constat de départ d’Anatole en doute. Je ne résiste pas à vous lire un extrait de cette œuvre magistrale :

"Oui, je vous le dis en vérité, Dieu aime la bibine. Il picole. Et ça ne date pas d’hier. Le pinard est déjà une obsession dans l’Ancien Testament. Mais Dieu picole et ça se voit. Un être divin pourrait-il accepter d’héberger au sein de sa création, même au prétexte fallacieux de la diversité et du libre arbitre, les fans de Johnny Halliday ? Pourrait-il tolérer la dégaine pouilleuse de tous ces beatniks et autres petits peuples de l’herbe ? Je vous le demande en vérité, le monde connaitrait-il ces affres de chute civilisationnelle si Dieu n’était pas porté sur le pastaga et la Kro ? Et je ne vous parle pas des cigarettes qui font rire."

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Legrain-Gallet, une oeuvre qui vous laissera médusé.

Parce qu’il adore l’absinthe, les bistrots, le bal musette, les flonflons et les valses de Vienne, dont on ne sait toujours pas ce qu’elles deviennent, Anatole, en 143 ans, va côtoyer l’élite intellectuelle de Paris et de Vienne.

Il nous en parle dans son livre "J’ai très bien connu chose" : Freud, Victor Hugo le Boss (chanteur franco-américain célèbre qui chanta born in the parfumerie), et même cet emmerdeur ennuyeux de Marcel Proust avec qui il avait l’habitude de partager une boîte de madeleines de Commercy au café de Flore. Anatole ne manquait jamais de lui faire remarquer que ses histoires sur sa vieille mémé et ses madeleines commençaient à le gonfler. Il l’avait connue bibliquement la mémé, ce qui est quand même une expression au mieux rigolote au pire subversive, et elle ne savait pas cuisiner. Et donc… arrête ton char marcel !

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"Le lent gland du goéland et des goémons divers", Marcel et les marcelettes

 

Très tôt Anatole va faire office de précurseur avant tous les autres. Beaucoup de penseurs, de philosophes et d’écrivains passés, eux, à la postérité ont pompé sans vergogne dans l’œuvre d’Anatole et du vivant de celui-ci encore.

Ainsi en-est-il de cette œuvre magistrale d’un syncrétisme tout-au-bidet assez vertigineux qui inspira maints philosophes Teutons. Je parle bien sûr ici du fameux "Au Zoo parlait Zaza Pousse-pas", recueil de contes philosophiques contenant entre autres "les Esopiades", au rang desquelles figurent le fameux "l’Erable et le Lièvre" ou encore "le Hibou à 100 degrés."

Avec Zaza, Anatole Legrain-Gallet nous plonge dans son Univers réflectif étrange mais tellement éclairant sur nos destinées humaines. C’est sa "théorie du tout et du rien mais surtout du pas grand-chose". Dois-je rappeler aux lecteurs cultivés que vous êtes que sur cette théorie repose toute l’école Française de branlocouillométrie théorique et expérimentale ? Que Franz Dischpoufka s’appuya sur les travaux avant-gardistes d’Anatole pour développer son Université Populaire d’Herméneutique expiatoire dialectique des solides à Noyelles-en-Gers en 1894 ?

L’œuvre philosophique d’Anatole Legrain-Gallet, ne se lit pas, ne se dévore pas, elle se vomit. Car pour citer Anatole "Gerber dans une cuvette a des vertus insoupçonnées sur l’éclaircissement de la pensée".

Cependant on peut dire sans se tromper que tout part du constat suivant : la contemplation béate de la vie, de la création, si possible un verre de riesling en main est la base même du bonheur au détriment de la recherche du pognon et du pouvoir qui rendent l’homme singulièrement fâcheux. Mais Anatole l’explique mieux dans son texte "Le cerisier te tend son majeur" :

"La beauté de la nature vaut mieux que la recherche des richesses ou du pouvoir. La fleur de cerisier ne s’abaisse pas à te lécher les bourses ou à lorgner ta couronne. Le cervelas est bien meilleur chaud avec de l’andalouse".

Bien sûr, d’aucuns, esprits limités qui sont ceux-là même qui pensent invariablement surréalisme dès qu’on leur sert du Belge, ont voulu voir dans Anatole un précurseur du surréalisme Belge et de René Magritte. Or comme le déclarait Anatole, "C’est étrange, René Magritte ne sait pas dessiner les pipes alors que pourtant, il dessine très bien les femmes".

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Léon Blum rend hommage à Anatole Legrain-Gallet (source : Martine a ses congés payés, Le Havre 1936)

 

Mais sans conteste, c’est dans son autobiographie posthume intitulée "Je m’appelle Anatole et je t’emmerde" que le Grand Homme nous livre les clés de sa pensée complexe.

Il y distille des positions politiques sans compromis, en avance sur leur temps et très lucides :

Dès 1839 à propos de la reconnaissance tardive de la Belgique par les Pays-Bas. : "Heureusement qu’ils n’ont pas réclamé Binche, on leur aurait balancé des oranges".

En 1940 : "De Gaulle ? A mon sens, ce ne sera jamais un grand homme de radio. Il chante faux".

Datant de 1946 "Il y a encore eu une guerre mondiale ? Où ça ? Et qui a gagné ? Le Paris Saint Germain ? "

"Qu’Hitler fût un homme belliciste et mauvais, je l’ai su dès 1956".

Dès 1965 à propos de la Libye : "Je pense sincèrement que Mouammar est un brave type. Il ira loin et longtemps. Je pense cependant qu’il a une tête à chapeaux".

 

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" Ceci n'est pas une mâchoire" Ursule Magritte, 1924.

Lorsqu’on passe en revue les aphorismes de cet ouvrage, on reste confondu devant la fulgurance de son intellect. Jugez-en plutôt.

"Si tu apprends un homme à pécher, il en aura vite marre du poisson. Si tu lui arraches les deux bras, il aura du mal à tenir sa canne".

"Donne une pelle à trois hommes et tu en feras des ouvriers communaux, donne leur des lunettes et tu en feras des fonctionnaires".

"C’est à l’aune de la physique quantique et d’elle seule qu’on pourra expliquer qu’une pomme plus une pomme puisse donner trois poires voire quatre scoubidou bidou ha ! Et vice versa".

"En ce qui concerne l’éducation sexuelle, je suis pour une franchise totale. Il faut appeler un chat un chat et sa femelle, une vulve. Il faut abandonner les histoires d’abeilles et de fleurs. D’ailleurs si un jour les abeilles disparaissaient, l’humanité n’aurait plus que quatre ans pour trouver de nouvelles carabistouilles à faire ingurgiter aux enfants en matière de cul".

"Les abeilles parlons-en. Je pense qu’avec l’avènement d’une agriculture plus propre, plus saine, les abeilles se porteront mieux. Tenez, prenez par exemple l’utilisation du DDT, depuis qu’on en utilise massivement, les cultures sont plus belles, plus abondantes, mieux fleuries. Je suis certain que cela profitera aux petites butineuses" (déclaration de 1969).

 

"Tandis que l’homme banal se contente de vivre et d’en profiter, le philosophe lui, s’évertue à comprendre le sens de la vie. Pour penser, il faut avoir la panse remplie. N’emmerdez pas avec de la philosophie le pauvre qui a comme seule mesquine ambition de faire manger ses enfants, le sot vous rira au nez. Quant au bourgeois cossu, il est plus excusable de rester hermétique à l’ultime savoir. Lui au moins est en route ou est arrivé. Il lui reste à jouir pour peu que la soif d’argent n’ait pas trop étanché ses désirs". 

"Dès lors que l’essence de l’existence lui apparait, le philosophe jargonne pour que personne ne le comprenne. Vous imaginez-vous la catastrophe si les gens savaient" ?

La fin de sa vie est assombrie par une querelle judiciaire avec Sartre. Tout vient de la réfutation par Anatole des théories pompeuses de Sartre à propos de l’essence et de l’existence . Pour le premier et en opposition avec ce dernier, l’Essence se met dans le réservoir et précède le démarrage.

Suite à de nombreuses joutes radiophoniques et télévisuelles, Sartre trainera Anatole en justice pour diffamation et atteinte à la dignité humaine. Dans un souci de totale impartialité dans le cadre de notre œuvre encyclopédique, lisons l’avis d’Anatole en faisant fi de celui de l’autre casse-pied, là ! :

"C’est quand même mesquin de faire des misères aux honnêtes gens. Regarde l’autre, là, qui me met ses avocats au cul. Je lui ai juste dit que je subodorais en lui le débile profond, le con achevé, la tragédie d’imbécilité infinie, l’océan de stupidité, le continent de platitudes et de fadaises abruptes. Bon, ça a été colporté dans tous les journaux. Est-ce de ma faute si il y avait des journalistes lors de cette conférence de presse organisée expressément pour ça ? Alors, je suis d’accord, ça déborde légèrement de la sphère privée si on veut. Mais voilà que Môssieur se vexe, se fâche, parle d’insultes et de diffamation. D’abord, je ne l’ai pas insulté. J’ai posé un diagnostic ! Je lui cause médecine, il me répond tribunal. Ah ! Y a pas à dire, le con, c’est procédurier."

P4260166Anatole Lerain-Gallet contre Jean-Péloponèse Sartre, photo du verdict avec Maître Vergeture et Gros Nounours, qu'on reconnait bien à son oeil lubrique et carnassier.

La fin du Grand Homme

En 1973, Anatole participe au Marathon de New-York et décède accidentellement d’une rougeole à l’âge canonique de 143 ans. Lucide jusqu’au bout, Anatole déclara, la veille de sa disparition lors d’un diner avec son jeune ami Woody Allen.

"Vivre 143 ans, c’est très long, surtout vers la fin. Oui très long. C’est embêtant une vie aussi longue, ça me rabote mon éternité. Mais je vais te dire gamin, je ne serai pas mécontent de partir. Parce qu’en 143 ans, j’en ai croisé des cons, des fâcheux et des malfaisants et je peux te dire que les premiers que j’ai connu valaient bien les derniers, aucune amélioration que du contraire. La seule évolution , c’est qu’aujourd’hui, le progrès leur donne plus de moyens de nuire. J’en conclus qu’il n’y a rien à espérer de l’espèce humaine."

Une fois mort, il demanda à décéder à Modave, pas loin du moulin de son enfance pour que ses biographes puissent commencer leur biographie par "Anatole Legrain-Gallet est né à Vyle-Tharoul en 1830 et est mort à Modave en 1973. On pourrait croire qu’il n’a pas beaucoup bougé dans sa vie, 5 ou 6 malheureux kilomètres séparant les deux localités du Val de Hoyoux mais ce serait une erreur glauque".

 

Merci Anatole !

 

Encore une fois je vous remercie de votre inattention et j’espère ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posiez pas.

 

Nicodème-Abélard Leruth vice-baron de la Motte,

Jo-Comte de Milo de la Tichauvent.

 

 

 

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commentaires

Bourgogne Live 07/04/2011 14:44



T'es un grand malade...maintenant c'est sûr :-)


A quand les oeuvres complètes en 25 tomes du Rustre ?


François



le rustre 07/04/2011 15:40



Tu en doutais encore ?


Par contre je m'insurge. je ne suis pas l'auteur de l'encyclopédie. Toute réclamation doit se faire auprès de Nicodème-Abélard, mort depuis bientôt trois ans mais encore en forme pour son âge.


Quant à une oeuvre complète... j'y travaille, j'y travaille...



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