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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 13:54

 

Dans le cadre de l'Université d'été de Branlocouillométrie...

 

Très édifiante et fort vénérable encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Très richement illustrée de gravures d'époque.

Par le très estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

Biographie très sommaire de l’auteur.

 

Biographie sommaire et pas assommante de l’auteur pour prendre un peu de hauteur.

Où il sera signifié que si la valeur n’attend pas le nombre d’années, l’imbécilité ne s’éteint pas avec la jeunesse et Jean-François attend le train. Celui-ci est en retard, comme d’habitude.

Né le 31 juin 1925 à Baden-Baden sur Mad, en Lorraine. Décédé mortellement en l’an de graisse 1999 à Bora-Bora sur Meuse, toujours en Lorraine et toujours en pleine forme en ce mois de mars 2011, même qu’on est en avril.

 

Professeur émérite des Facultés Universitaire Notre-Dame-de-Cache-ta-joie de Azay-le-Rideau. Chaire de géométrie variable relative quantique du tire-bouchon. Auteur de la très célèbre thèse « Pute et putain c’est des restes du latin »

Professeur ordinaire à la Faculté de Micrométrie hasardeuse de Boulogne-Billancourt.

Professeur extraordinaire à l’Institut Florent Pagny d’Audun-le-Tiche

Professeur émérite à l’Université Presque-Libre-s’il-n’y-avait-les-sous de paliseul II.

Détenteur de la chaire Duran-Duran à l’Université Yéwéné-Yéwéné de Baden-Baden et auteur de la Thèse « Boutros-Boutros Gali et le pili-pili à Bora-Bora ».

Docteur en branlocouillométrie expérimentale de l’Université de Villerupt-lez-Blanchon-sur-Lesse. Thèse : « Granulométrie en phase gazeuse des corn-flakes soumis à un rayonnement subatomique de spin de cheval positif ».

Docteur en Herméneutique expiatoire dialectique des solides aux Facultés Notre-Dame de la Vertu relative de Noyelles-en-Gers. Thèse : « Flexibilité ondulatoire de l’appendice caudal bovin dans l’optique d’un diachronisme syntaxique utérin en milieu à queues »

Grand Maître de l’Ordre du Chaud Cervelas à l’andalouse.

Professeur Honoris causa de l’Université Gnhon-al-rhatich de Tripoli.

Bibliographie très écourtée (il y a pire) :

« Quand on a des talonnettes, on crie plus fort : la dérive sécuritaire de la droite »

« L’influence de la pensée Nietzschéenne sur la production de croquettes pour chiens parfum banane ».

 

 

En guise de préambule je tiens à vous faire remarquer la richesse particulière des illustrations de cet exposé.

Ensuite je tiens à vous rassurer sur l'emploi du mot stellaire, c'est juste pour que les types qui tapent ce mot sur google arrivent ici, je trouve ça marrant.

  

Que nos lecteurs me permettent tout d’abord de remercier le professeur Le Rustre et tout le comité de lecture de la revue « le blog du rustre » de m’avoir invité à introduire cette université d’été. J’espère que cela ne lui fera pas trop mal.

Devant l’aéropage de sommités sommitales venues de loin et fraichement débarquées de l’aréoport, je voudrais d’abord dire que de la raie au porc, il n’y a qu’un pas pour un report l’air de rien.

Mais surtout, moi qui suis mort depuis près de 10 ans maintenant mais qui me porte comme un charme, je tiens frénétiquement à remercier le Recteur de mon Institut, qui m’a laissé sortir, sans camisole en plus, le professeur Legrain-Gallet sans qui je ne serais qu’un goémon divers échoué lamentablement sur la grève toujours en hiver de mon âme insipide, Franckie Vincent qui a un très beau zizi, Blèse de la Classe ainsi que ma maman qui me faisait de si bonnes tartines de Nutella quand j’étais petit et que surtout, elle réussissait vachement bien les madeleines. Enfin, je profite de la tribune qui m’est ici offerte pour remercier publiquement mes mécènes qui permettent la poursuite de mes recherches pourtant totalement inutiles : les lunettes Raph le Loup et les préservatifs mammouth. Et enfin, encore, je voudrais juste faire un petit coucou à mon pote Mouammar Kadhafi : Si tu nous lis Moumou, tiens le coup.

 

La branlocouillométrie messieurs, cette discipline si importante pour le futur de l’Humanité, pour la préservation de la biosphère et pour la perpétuation de la fatuité de la parlotte sans fin des comptoirs divers et commerces variés, fussent-ils virtuels ou vertueux, la branlocouillométrie avait besoin de cette Université d’été.

En effet, plus de cent ans après sa création, il était nécessaire de réaliser un état des lieux de nos connaissances en bêtise humaine et aussi de boire un pot avec les potes des autres instituts et ce, aux frais de la princesse. Z’inquiétez pas, on a prévu du lourd les gars. C’est pas demain que les scientifiques en colloque feront le beurre des végétariens, des anti-alcooliques et des vertueux tristes de tout bord. Y aura du fromage de tête, du foie gras, et du pinard de toutes les couleurs, y compris le jaune. Je vous prie néanmoins de rester à vos places jusqu’à ce que j’aie fini. Et je ne veux voir personne dans la piscine de ce charmant hôtel des pentes du Vésuve qui nous accueille pour le colloque avant la pause de midi. A propos du Vésuve, vous verriez la tronche d’un mérou quand on le fiche sur une grille de barbecue*… Restez assis j’ai dit !

Mais si vous le permettez, il me parait d’abord primordial d’en revenir aux bases et de redéfinir ce qu’est la branlocouillométrie. Je crois que c’est nécessaire au vu de la bande de farfelus qui roupille devant moi. Dans le fond, faites quand même gaffe de ne pas repartir avec les radiateurs collés au cul, ça fait toujours mauvais genre en sortant d’un colloque.

Qu’entend-on donc par branlocouillomérie ? Plus grand-chose si on en croit les légendes populaires courant sur l’onanisme… mais encore ?

Des racines grecques branlein : je me gausse d’importance de… , Couillos : la fadaise et Metron : tu arriveras en retard par les souterrains.

 

Littéralement, la branlocouillométrie est donc l’art de dire n’importe quoi en ayant l’air sérieux et en se foutant de la gueule du monde.

 

La branlocouillométrie est née des travaux et réflexions de l’immense Anatole Legrain-Gallet (1830-1973). Dès 1772, celui-ci remarque que plus on explique quelque chose à un con et moins il comprend.

Corollairement, ou presque, plus il y a de cons dans une salle et moins on doit faire d’efforts pour qu’ils ne comprennent rien.

A partir de ces constats, il est aisé de démontrer qu’on peut se fiche de la poire du monde en racontant n’importe quoi pourvu que ça jargonne à qui mieux mieux. Non seulement, les mecs y pigent peau de zob mais en plus dans 5 minutes, ils auront tout oublié. Et même si un spécialiste vient vous trucider, si vous le prenez avec suffisamment de culot, vous laisserez une impression indélébile dans l’esprit des gens.

Dans les années qui suivent, Anatole Legrain-Gallet jette les bases théoriques de la discipline.

In fine, la branlocouillométrie repose sur le fameux théorème « du tout, du rien mais surtout du n’importe quoi » qui peut s’énoncer ainsi :

« Au plus qu’il y a moins de discernement, au moins qu’il y plus de compréhension » ou

« Dans un débat, plus y a de contributeurs et plus les arguments sont techniques, moins il y a de types qui captent quelque chose au point que ça te fout un joyeux bordel digne d’un débat parlementaire. »

Dés 1932, Anatole Legrain-Gallet applique ses théories au web lors d’expériences restées célèbres dans les annales (ouille) et bien qu’à l’époque, le monde scientifique ne comprenne pas trop ce qu’était le web.

Ainsi, en 1928, il annonce sur son blog l’invasion de la terre par les troupes vénusiennes venues de Vienne, advienne que pourra. Il déclenche une panique sans précédent : exode massif, achats compulsifs de sucre, strip-teases publics, viols collectifs, destruction des effigies de Nicolas Sarkozy. En 1933, il annonce l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, déclenchant une panique sans précédent : exode massif, achats compulsifs de sucre, strip-teases publics, viols collectifs, destruction des effigies de Nicolas Sarkozy. En 1935, il annonce le retour à l’Olympia de Chantal Goya, déclenchant une panique sans précédent : exode massif, achats compulsifs de sucre, strip-teases publics, viols collectifs, destruction des effigies de Nicolas Sarkozy.

J’en ai encore une vingtaine d’expériences comme ça, je vous en mets un peu plus ?

Peu importe, ce qu’il faut retenir ici, c’est le constat amer du scientifique : sur le net,

- le public étant immense et très varié et pas plus malin qu’un autre, c’est dire,

- la quantité d’information étant quasi infinie,

- le temps que les gens ont a consacrer au net et plus généralement à réfléchir étant limité,

on en tire donc que sur le net, on peut à peu près raconter n’importe quoi, de toute façon les gens, dans 5 minutes, seront passés à autre chose et n’en auront plus rien à foutre.

Et plus vous argumenterez avec force détails techniques et jargon obscur à force de se vouloir éclairé, plus les gens feront oui-oui comme des imbéciles ou non-non comme des couillons, ne captant rien, juste contents que le gars qui cause ait l’air de s’y connaître parce qu’il à l’air d’en toucher une.

De toute façon, peu seront ceux qui iront vérifier et puis de toute façon, dans 5 minutes, ils n’en auront plus rien à fiche, c’est vrai que je me répète mais c’est pour que vous reteniez quelque chose.

Les applications de la branlocouillométrie sont nombreuses à l’heure actuelle et à vrai dire infinies.

Dans le domaine du vin, un excellent exemple de branlocouillométrie, ce sont les primeurs bordelais et les commentaires qu’ils suscitent sur le net. Passionnés, immodérés, désespérés, ce sont pourtant invariablement les mêmes d’année en année. A croire, que d’une année sur l’autre, les gens oublient ce qu’ils ont dit et ce qu’on leur a dit. A croire que les explications des spécialistes sur le système des primeurs leur fait autant d’effet qu’un pou lancé à 100 à l’heure sur une bottine.

Et pourtant, chaque année, c’est le même cirque : le millésime magnifique ou plein de finesse, les dégustations sur raisin presque frais pour donner une note sur un vin qui, ne vous inquiétez pas, s’épanouira dans la force des âges canoniques où s’épanouissent ces crus d’exception, les prix de dingues de bouteilles qui valent leur pesant de doses de vaccins pour le tiers-monde, les amateurs courroucés et scandalisés par ces châteaux qui se foutent des amateurs, Français monsieur les amateurs, Français.

Amateurs qui pourtant jurent leurs grands Dieux que de toute façon, ils s’en foutent, qu’il y a moins cher et meilleur ailleurs, et enfin, viennent les spécialistes, éléments indispensables à une bonne branlocouillométrie digne de ce nom, qui expliquent doctement le marché, la loi de l’offre et de la demande, le principe de Spoels et la Loi de Fritsch (avec de la mayonnaise). Clac, c’est emballé. Gros buzz, migration de gnous, rififi à Paname. Et l’année d’après, je recommencerai, je veux qu’elles s’arrachent ma vertu et toutes ces sortes de choses.

Un magnifique exemple contemporain de branlocouillométrie, dans un domaine tout différent, ce qui démontre bien l’universalité de la discipline, réside bien sûr dans la politique Belge. Je ne veux pas empiéter sur l’exposé de mon collègue Ingrid qui vous détaillera ses détails anatomiques dès lundi avec sa belgitude si tellement nordiste qu’on dirait un coron transformé en baraque à frites sur un terril à Charleroi, mais quand même faut que je vous dise.

Depuis plus de trois cent jours, le même scénario se répète à l’envi : on nomme un type qui mène des entrevues discrètes et profitables avec d’autres mecs. Ils sortent en disant il faut se mettre autour de la table, qui est usée à force de les attendre parce que personne n'est jamais d'accord sur rien. Puis pfuitt, plus rien et on recommence avec les mêmes mecs mais dans un autre ordre. Avec entre-temps le traditionnel cortège folklorique des spécialistes en tout genre (vive Alain Chamfort !) : constitutionnalistes, experts fiscaux, sociologues, politologues, sociopathes, politopathes, Pathe Rick Sébastien… et va-y que ça jargonne ni vu ni connu je t’embrouille et ça te tient pendant 300 jours parce qu’à force, tout le monde, fatigué, exténué, lassé, s’en fout comme de la mort du Caudillo ou de Mao.

La branlocouillométrie dans toute sa splendeur ! Et pourtant, mesdames et messieurs, word me souligne le mot en rouge. Décidément, quel abruti basique celui-là.

Je ne poursuivrai pas plus avant cet exposé pour ne pas déflorer mes collègues, enfin, leurs exposés, cela va de soi. Et puis ça commence à fleurer bon la grillade et les bouchons qui sautent là dehors. Cependant, permettez moi encore d’attirer votre attention sur l’importance de la branlocouillométrie dans le monde actuel, au point que cela a inspiré ces paroles magnifiques au grand philosophe Roger Jouret-Onchaud : « la branlocouillométrie, c’est le monde tel qu’il tourne en rectangle »

Durant les semaines qui vont suivre, ce blog se fera l’écho de nos, de vos exposés. Et le temps de l’oubli passant, et en accord avec les principes fondamentaux de la branlocouillométrie, nous avons beau avoir annoncé la couleur dans pas moins de deux articles aujourd’hui, il reste à parier que quand paraitra un article au titre tapageur tel que « Le bio, cette arnaque, ce piège à cons » par le Professeur Kraspeck, ça fera un sacré ram-dam. Idem trois jours après quand un article défendant la thèse contraire, mais avec les mêmes arguments sera publié. Car voici la plus belle pièce de l’assemblage branlocouillométrique : les thèses invraisemblables et mirlitontesques avancées s’appuient autant sur des carabistouilles éléphantesques que sur des chiffres avérés, les unes parfois, valant bien les autres.

 

Je vous remercie, chers collègues, de votre inattention et j’espère ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posiez pas. J’attire votre attention sur les macarons aux miel et à la noix de pécan durant la pause café et à l’hôtesse qui les sert. Sacré mil’ti dju. Rhôôôôô !

 

*vous vous doutez bien qu’il s’agit là d’une expérience vécue ! La recherche a du bon, surtout en biologie : faut tester le matos ! Et le matos, c’est souvent des bestioles comestibles.

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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commentaires

Amaury 21/04/2011 13:47



Je crois que c'était trop technique pour moi, c'est soudain devenu de plus en plus opaque :)


Bravo pour l'article, et le style, toujours égal à lui-même mais on ne s'en lasse pas.



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