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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 00:00

 

Wachnet 3

Long texte primesautier et optimiste…

Avec septembre, l’automne revient. Une brume crémeuse efface le val de Meuse. Pourtant, un timide rayon de soleil laiteux pourrait donner des espoirs d’après-midi dorée. Que m’importe ces images laitières puisque je bois mon café noir.

Comme un con je suis dans ma bagnole pour aller au boulot. Il y a une vitre entre moi et l’air frais, entre ma bulle insipide climatisée et la texture rafraichissante de la brume mélancolique. Je remonte la vallée au cul d’un gros tracteur trop chargé et je peste. Il n’y a pire abruti qu’un homme pressé. Je peste mais je me retiens de le dépasser en enrageant. Parce qu’il n’y aurait rien de plus con que de s’emplafonner dans un autre imbécile motorisé sous prétexte qu’il faut arriver tôt le matin au boulot pour être productif.

Dans le pré à l’herbe encore grasse rehaussé d’émaux de rosée, quelques grosses vaches frissonnantes exhalent des volutes plus consistantes qu’une brume, qui de ce côté de la vallée, n’est déjà presque plus qu’un souvenir zébré de timides effluves de soleil. Au fond de leur regard bovin, on voit bien qu’elles se demandent ce qu’elles foutent là, déjà en septembre, déjà prêtes à rentrer à l’étable, déjà à ruminer dans le petit matin glacé alors que l’hiver est à peine fini, qu’elles ont passé la moitié de l’été à crever de chaud et de soif et l’autre moitié à meugler sous la drache.

J’écoute Roger Waters et David Gilmour me demander si je peux les aider à porter leur pierre. Je pourrais faire un effort et écouter quelque chose de moins cafardeux. Sans aller jusqu’à la compagnie Créole, il y a dans ma voiture un Dido, un best of de Souchon et même Benabar. Ou alors un truc de saison : Gilbert Bécaud avec "c’est en septembre…". Ca doit se trouver sur Vivacité ou Radio Nostalgie. Non, tais-toi Gilbert, tu m’énerves. Va donc enquêter sur ton voleur d’oranges là…

Quand l’automne commence, que les feuilles s’apprêtent à faire croustiller les chemins sous nos pas fébriles, à la recherche de champignons ou de châtaignes, Pink Floyd c’est bien pour entretenir la douce amertume de fin d’été. Quelques asters et colchiques dans les jardins, l’odeur des betteraves et le bruit des bûches qu’on fend, et le décor de la saison que je préfère et qui pourtant me sape le plus le moral sera planté.

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Moi quand l’été se meurt, que les cow-boys ont une fois de plus raison des indiens, je n’ai aucune envie d’aller où tu voudras quand tu voudras. J’ai le cafard. J’ai envie de me promener seul dans les bois. J’ai des envies de randonnées solitaires du côté de Vic-sur-Seilles. Je n’ai aucune inclinaison à croiser mes contemporains au boulot ou en faisant mes courses. Je n’ai pas envie de les entendre raconter leurs salades habituelles à la radio ni de les regarder gesticuler "dans le poste". Et pourtant, je me vautre dans leur contemplation. Histoire de cultiver ma déprime saisonnière je suppose. Quand on tient un cafard pareil, on le soigne, sinon ce serait gâcher ! Et puis c’est connu, si un jour une bombe à comiques nous dés Sim, ce qui restera, c’est le cafard.

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L'été indien, Joe Dassin... Il a changé Joey depuis qu'il a pris sa retraite, là-bas sur l'île...

De toute façon j’ai fait un choix. J’ai allumé la radio et je suis tombé sur la première. Alors j’ai préféré "The Wall" à Philippe Moureaux, édile socialiste, qui d’une voix d’Outre-tombe, d’un timbre qu’on sentait miné par l’inquiétude, la fatigue et le désespoir essayait de nous faire croire que même s’il ne restait plus beaucoup d’espoir, il en restait un petit d’aboutir dans les négociations de formation d’un gouvernement et de préserver un pays.

Mais depuis plusieurs jours, on sent bien qu’on est au bord du gouffre. D’ailleurs, tout le monde sauf les flamands, évoque le plan B : la scission du pays, avec ses moules, ses canaux pendus et ses ciels si bas. Avec Plopsaland, l’Atomium, les chansons d’Arno et même les cantons périmés. Avec l’esprit compliqué et la longue tradition du compromis des Belges, je souhaite bon courage aux avocats qui devront répartir les biens après le divorce. Rien que pour les collections de nos musées encore fédéraux… Pas couchés les mecs.

Ben merde alors, déjà qu’on nous voyait à peine sur la mappemonde. Mes contemporains semblent s’en foutre. Je suppose que comme moi, ça les mine quand même un peu de l’intérieur. Parce qu’ils ont aussi des enfants, parce que le bouclage de leurs fins de mois tient aussi parfois du miracle, parce que l’inconnu fait peur, parce que comme moi ils ne sont pas Roms mais que la France de Sarkozy, en tant que voisins et destination de vacances c’est très bien, mais pas plus, merci.

Et puis que nous, d'abord en plus, on n’a aucune leçon à recevoir de ces grandiveux d’Outre Quiévrain sur la façon d’expulser des étrangers. Un bon coussin sur la tête et hop, on n’en parle plus. Après, évidemment, ça te pose un politique, fut-il libéral et Flamand, quand il va prêcher devant la commission, la mémoire en poche. Alors, le désespoir de Roger Waters après ça… au moins il a du panache et un côté de folie qui touche au sublime.

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Une photo inédite prise hier, alors que le "Groupe de Haut-Niveau" reprend les négociations pour faciliter la tâche des médiateurs facilitateurs pour qu'un démineur puisse aider le pré-formateur à réformer le pays. Enfin, après tout ça, un formateur pourra préparer les prochaines élections... Avec de Gauche à droite : Joelle Milquet tenant le bouclier wallon du non, Didier Reynders, dans le fond, courant derrière les négociateurs, Elio Di Rupo, assez discret, André Flahaut, tenant le glaive de la Francophonie Belge. Et bien sûr au centre, Bart De Wever, arc-bouté sur ses principes...

 

Et donc ma voiture roule et dépasse la crête de Meuse. Sur le plateau, petit à petit, je m’enfonce à nouveau dans la grisaille. Un nuage plus dense cette fois, une purée de pois digne d’un mois de novembre. On n’y voit goutte et la route fait des lacets qui interdisent tout dépassement intelligemment prudent, même par beau temps.

D’ailleurs une ligne blanche continue le rappelle au moindre abruti qui se souviendrait un fifrelin de son permis de conduire. Mais voilà, c’est la fin des moissons et les routes de campagne sont encombrées de tracteurs poussifs. Et ça, naturellement, ça l’énerve le contemporain. Faut vite aller bosser sinon le chef ne sera pas content ou bien il y a du fric qui va se perdre, c’est certain. Le temps c’est de l’argent. Je manque de peu de m’en prendre un dans la tronche. Un ahuri de la calebasse qui pourtant a dû voir mes phares de loin, mais qui tente quand même de passer. Je suppose que pour lui, le fait de coller un bourrin est inadmissible, même en rase campagne, que pour lui c’est enrageant de voir sa vie passer de 100 à 30 à l’heure pour quelques minutes.

Alors il fait vrombir les chevaux du plaisir ce vieux cadre encore dynamique, dans sa rutilante audi, avec sa chemise bleue à col blanc, et ses cheveux gris soigneusement gominés vers l’arrière et sans oublier, évidemment, la cravate bleu pétrole. Il se glisse dans sa file, devant le tracteur et m’évite uniquement parce que j’ai moi-même réduit ma vitesse. Va gagner ton fric pépère, que mon doigt levé bien haut t’accompagne. C’est con mais ça fait du bien.

“And I've got a strong urge to fly.

But I ‘ve got nowhere to fly to.”

Tu parles Charles. Tu ne crois pas si bien dire.

Ce qu’il y a de bien avec la mélancolie, c’est qu’elle prête à gamberger. Il y a probablement cent situations intermédiaires, et je suis probablement le premier à violer mes chers principes au nom de la nécessité ou de la paresse. Mais quand même. Il me semble clairement que le monde, mon vieux Blondin, est divisé en deux catégories d’individus. Il y a les mecs dans la course et puis les autres, les ringards, les passéistes, les 68-(très)tards attardés. Autant dire que je fais partie de la seconde catégorie… et que je n’apprécie guère ceux de la première qui s’ils sont au volant du bolide, m’ont bien l’air de rouler trop vite dans les virages. Moi qui ne suis que passager, je tente juste de retenir mon dîner. Autant dire aussi que les tenants de la première méthode ne sont pas prêt à lâcher la grappe des thuriféraires de la seconde. Dans ce cadre, la flexibilité horaire, les papas qui récupèrent des heures sup’ pour aller assister au spectacle de l’aîné à l’école, les herbes hautes dans les potagers ou dans les vignes, les tenants de la culture bio pas trop extrêmes, l’environnement et la biodiversité, les mecs qui aiment écouter l’herbe pousser en buvant, qui un pastaga, qui un Cheverny 2009 de Philippe Tessier correctement frais ont du souci à se faire. Si ceux-ci semblent être dans le buzz, bien vus et sont souvent évoqués dans le monde un peu neuneu de Marie-Claire ou de Nest, qu’ils ne se leurrent pas : ce sont des parasites, des rêveurs, pire, des idéalistes. L’Europe, que dis-je, le Monde-qui-se-lève-tôt-pour-faire-tourner-la–roue-de-la-croissance les a à l’œil, le bazooka défoliant prêt à faire feu.

Quelque part, c’est plutôt déprimant de ne pas être dans la course, voire de nager à contrecourant. Très vite, on devient spectateur d’un film noir à la sauce aigre. Un scénario indigeste fait de banques qui courent après le fric puis qui crient au secours quand le bateau prend l’eau. Et quand elles sont renflouées, bien engraissées, que leurs actionnaires s’en refoutent plein les fouilles, elles te licencient quelques centaines de personnes histoire de renouer avec les bonnes vieilles habitudes.

Une intrigue foireuse faite de fins de mois difficiles pour ceux qui n’avaient rien à voir avec la crise (enfin sauf tous les "malheureux" qui rêvaient aussi de s’en mettre plein les fouilles grâce aux sirènes bancaires) mais qui se la prennent en pleine tronche alors même que les banques renouent joyeusement et sans complexe avec les bénéfices (là où il y a de la gène vous savez…).

Un film servi par une pléiade de vedettes : les curés pédophiles, les politiciens belges mais aussi, très appréciés pour leur prestation tragi-comique les politiques français, les séparatistes flamands ventripotents, les cons ordinaires, les mesquins honoraires, les Docteurs Honoris causa de la bêtise besogneuse humaine. Il y en a un paquet.

Le monde est pourri et le ver est gros. Alors oui, on est vite tenté de se dire, comme Cabrel dans les Guignols que c’était mieux avant… Quoique … si on y pense un peu…

Avant… avant quoi ? Ca dépend de sa chapelle. Avant le nucléaire, la mondialisation, le réchauffement climatique ? Avant l’industrie agro-alimentaire galopant la campagne avec son cortège de majorettes fétiches : insecticides, anti-fongiques systémiques, round-up, et la jupette haut sur les guibolles : les OGM ? Avant Sarkozy, avant Bart et Elio, avant Marc Dutroux, avant que les bleus virent au jaune, avant le dopage ? Avant, avant, avant ?

Seulement…

Ca n’était pas mieux avant. Différent certainement, parfois mieux, souvent pire. Ouvrez un livre d’histoire. Feuilletez des coupures de presse des années trente. Focalisez-vous sur des revues coloniales, genre chez nous "le Congo Belge". Moi, je me souviens aussi des conversations avec mon Grand Père, qui aurait 105 ans cette année. La vie dans les villages "avant", c’était vachement plus convivial. Certes.

Il n’y avait pas la télé. Les voisins se connaissaient, s’entraidaient. Les gamins faisaient les 400 coups ensemble à galoper comme des galopins au lieu de se maintenir en forme (juste se maintenir) en respirant le grand air de l’appart au 5ème devant la Wii. Bon, les 400 coups incluaient de parfois foutre le feu à une grange ou de jouer à la guerre avec de vraies armes récupérées près du corps d’un soldat boche ou ricain, mais bon. On vivait au moins… jusqu’à ce qu’on meure.

On se retrouvait le soir pour jouer aux cartes et médire sur les ceusses du village. Chacun avait un surnom en Wallon qui souvent faisait oublier le patronyme réel. Li vî sot, l’boubiet, li stwerdu… C’était une époque plus humaine, dans tous les sens du terme, les bons et les mauvais. On s’entraidait entre fermiers pendant les semailles et les moissons, faites avec de petites machines sur des petits champs non pulvérisés, plus bio que bio. On faisait la fête après, chouette. On tuait son cochon, on mangeait ce qui sortait de son potager. On mangeait de la viande une fois par semaine, du lard et des bas morceaux souvent. Les bons, c’était pour les occasions. Et quand la viande était rance ou que le pain était trop sec, on les mangeait quand même.

Il y avait des cafés partout, vive la convivialité. On picolait comme des savates mais il faut dire que les moments de détente étaient rares.

Il y avait du boulot pour la plupart. Mais mineur de fond, "manouvrier" dans les exploitations agricoles ou récolteuse de pipi dans les rues de Verviers pour l’industrie lainière (authentique), il fallait supporter. Et puis encore s’occuper de son lopin de terre et du "plus" indéniable qu’il donnait aux repas, surtout en temps de guerre (ah ben, oui, il y avait la guerre aussi… et pas que dans le sud). C’est sûr que les soirées étaient conviviales… quand on en avait le temps ou qu’on ne s’écroulait pas de fatigue.

Tout le monde connaissait tout le monde, c’était bien. Ca permettait aussi de surveiller, médire, exclure ou effacer ou cacher les comportements déviants (genre : être enceinte sans être mariée, se faire tripoter par un curé ou un enseignant, ne plus aller à la messe). Pour ce qui est de la grève de l’eucharistie, c’était le cas de mon grand-père. Un an après être rentré des camps de travail allemands où la Wehrmacht lui avait offert de longues vacances entre 40 et 45, après avoir retrouvé une famille et des enfants dissipés et peu enclins à subir l’autorité paternelle, trop occupés à courir le soldat ricain, à s’extasier devant les merveilles technologiques à portée de leur main, prêts à foutre en l’air un monde, moribond certes, mais qui peu ou prou, n’avait quasi pas changé depuis les celtes, dans sa mentalité, son rapport à la terre, sa vision du monde, mon Grand-Père donc, après s’être aperçu que le travail et les sous, ça allait être difficile de renouer avec, bref, après 4 années de guerre qui avaient bouleversé sa vie, voit arriver le curé qui le sermonne.

Qui le sermonne de ne pas être un bon Chrétien parce que, depuis un an qu’il est rentré, il n’a pas encore fait son devoir pour repeupler une Belgique qui avait besoin de bras. Après avoir mis le soldat de Dieu à la porte (je ne sais pas s’il lui a mis son pied au cul), il ne retourna plus à l’église. Du coup, ça jasait et petit à petit, je pense que cela l’a isolé un peu dans le village. C’était chouette avant si tu suivais la Voie bien dans les clous, la Voie soigneusement balisée par le regard inquisiteur de tes voisins.

Ce n’était pas mieux avant. Les enfants mourraient souvent en bas âge. La vie était dure et les conditions de travail souvent horribles, le luxe en restait un… et prenait souvent l’aspect d’un bout de chocolat ou d’une orange à la Saint-Nicolas. On ne mangeait pas correctement tous les jours. L’obésité n’était certes pas l’ennemi n° 1.

Il y avait des terroristes, des assassins, des tueurs en série et des violeurs. Il y avait des gars qui attaquaient les fermes pour tout y voler et tuer les occupants et encore avant (mais bien avant) il y avait même des pirates sur l’Ourthe et l’Amblève.

Durant les 40 premières années du vingtième siècle, on pouvait dire ou dessiner sans que personne ne pense à faire un procès, que les juifs étaient "une race" de margoulins spéculateurs ou encore on pouvait s’interroger, comme ça, sans que grand monde ne tique, sur le fait que les noirs avaient une âme ou pas. Et puis même sans parler des gens d’autres couleurs, il y avait les personnes d’autres sexes. Des femmes aussi, on se demandait si elles en avaient une d’âme, même qu’elles n’avaient pas le droit de vote. C’était dans les mœurs, dans l’ordre normal des choses. Le racisme n’existait pas vraiment parce qu’il était banal, ancré dans les certitudes d’une Europe triomphante. En 1936, dans la revue "le Congo Belge", on légendait la photo d’une famille africaine "Une nichée de nègres". Et encore après la guerre, dans ces pays si en avance sur leur temps que sont les pays nordiques, on prônait l’eugénisme pur et simple. La différence… milliard, tu la planquais si tu pouvais. Quant aux homosexuels... on pouvait dire sans vergogne d'eux qu'ils étaient pédés comme des phoques. Aujourd'hui, on les dirait gays comme des pinsons. Belle évolution du bestiaire... 

Déjà que les gens du village à côté étaient des étrangers, avec leurs défauts énormes et incurables (des qualités, ah non alors !) et que dans les bals de village, quand il y avait les gars du dit village à côté, on pouvait être sûr que ça allait boxer sec. Alors des juifs, des arabes, des Roms ou des noirs voire des handicapés, pensez-vous… Quand on a découvert l’horreur des camps d’extermination en 45, je me demande combien d’Européens on remis leur sale petit racisme ordinaire en question.

Non ce n’était pas mieux avant. On peste, entre autres, sur le politiquement correct, qui va jusqu’à empêcher de traiter un con de con si en plus il n’est pas blanc, catholique et riche. C’est profitable aux cons certes. Et c’est oublier un peu vite ce principe de base de l’égalité entre les hommes : la connerie n’a pas de frontières, de couleur ou de religion. La connerie est universelle, propre à la condition humaine.

Mais il fut une époque où le politiquement correct, c’était de descendre les Tasmaniens dans leur savane, de couper la main des Congolais qui voulaient pas bosser au chemin de fer. A contrario, ce qui n’était pas politiquement correct du tout, mais alors pas du tout, c’était de dire qu’on se faisait tripoter par Monsieur le Curé ou que la mort de la jeune voisine de 16 ans, c’était pas la grippe mais les coups d’aiguille à tricoter et la bonne tisane de rue que la faiseuse d’ange avait mis un peu trop d’entrain à administrer.

Non, ce n’était pas mieux avant. Différent, par nécessité souvent. C’était plus "bio", plus convivial, moins hygiéniste, plus économe que maintenant. Mais parce que les technologies, que le style de vie ne permettaient pas de faire autrement. D’ailleurs quand on leur a mis le plastic, les pesticides et les engrais, les bagnoles, la télé en main… ils ne l’ont pas retirée, la main, nos gentils aïeux tout purs.

Il faudrait être con pour vouloir revenir au passé. Un passé où tu crevais de faim, de la rougeole et de la variole, un passé sans beaucoup de vaccins. Il y avait peut-être moins de cancers (diagnostiqués au moins) mais il faut dire que tu avais moins le temps d’en attraper un.

C’était différent avant. Pas pire sur toute la ligne. Pas mieux de bout en bout. Mais maintenant, c’est pas terrible, terrible non plus, pas de quoi pavoiser. Et là, ouf, je peux recommencer à pester sur mes contemporains et plus sur ceux de mon grand père. Parce que ce n’est pas parce que le passé n’est pas meilleur que le présent qu’il faut croire que le présent ne doit qu’être mieux que le futur. Tu suis ? Nous avons fait des erreurs dans le passé et nous continuons d’en faire à présent. Est-ce qu’il ne serait pas temps d’imaginer que demain, on pourrait prendre les bonnes directions et peut-être même commencer dès aujourd’hui ?

Parce que justement, comme on est plus beaux, plus intelligents, qu’on va plus vite, plus loin, qu’on sait tout grâce à la télé. Qu’on a tout vu, tout entendu, tout connu. La guerre, les famines, la pollution, l’injustice, les faillites bancaires, les pesticides, les gourous, la biodynamie, Bart De Wever et même la déchéance de Jean-Luc Delarue. Tout je vous dis. Euh… ne serait-il pas temps d’en tirer des conclusions ? Non ?

Non ?

Bon, il m’emmerde, ce tracteur. Je vais arriver en retard. Allez brouillard ou pas, je dépasse.

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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