Mercredi 5 octobre 3 05 /10 /Oct 10:43

Bonjour à tous.

  

A partir de ce mercredi et durant les semaines suivantes, je voudrais vous emmener sur les pas d'un monsieur très sympathique. Sympathique en diable même puisqu'il mange les chats, tue les chiens des vieux esseulés, déteste les enfants et plus largement l'humanité. Oh, je sais, vous le connaissez déjà puisque ses méthodes barbares mais jouissives furent décrites ici et . Ces deux prochaines semaines, vous relirez les deux premiers épisodes de la saga condensés, réécrits en partie pour qu'ils fassent plus "nouvelle". Et ensuite, durant plusieurs semaines notre personnage vous emmènera plus profond, encore et toujours, dans les arcanes de son univers... comment dire... Un peu à côté de la plaque. Entre nous, faites gaffe. Il habite peut-être votre rue.

  

Pour vous donner une idée de ce qui vous attend, les titres des prochains épisodes :

  

La Trempe, Sarbacane, Les Objectifs ou rédemption, Liège gourmande, Régime crétois et langoustines, Comme un fauve dans la savane.

 

 

Episode 1 : la trempe.

Amis jardiniers, amoureux du potager, adeptes du poireau, bio ou pas, bonjour ou bonsoir, c’est selon.

Je voudrais vous entretenir d’une des plaies majeures de nos plates-bandes et des pelouses verdoyantes où s’ébattent nos bambins pleins de vie et d’espoir en des jours meilleurs qui pourtant ne viendront peut-être pas. Je voudrais éveiller votre vigilance face à un des fléaux principaux de nos semis fraichement effectués dans la terre nourricière, terre enfin rendue amoureuse par les ardents rayons de l’astre du jour qui s’offre à la douce poésie d’un matin printanier bruissant de la ferveur aviaire.

Je veux bien sûr parler d’une cause légitime de juste courroux du jardinier amateur meurtri dans sa chair…

Ce sont ces saloperies de chats, ces foutus immondices velus qui chient partout, empuantissent nos légumes de leurs projections nauséabondes, retournent nos semis de leurs griffes et de leur panse paresseuse de pourris parasites de l’humanité. Sus mes preux, taillons dans la viande, brisons les os, fendons les crânes, éviscérons gaiement. La gent féline doit payer.

Hum… excusez mon emportement soudain. Cela ne sied pas à un texte qui se veut purement didactique. Reprenons le propos, si vous le voulez bien, sur le ton docte et serein qui convient.

Je vais vous exposer aujourd’hui une solution miraculeuse pour éloigner nos chers amis félins de nos jardins, efficacement, à peu de frais, sans dommages collatéraux ni folie meurtrière (ou si peu). Il s’agit de la TREMPE !

Cette méthode demande juste l’obtention d’un piège à fouine (une cage munie d’une trappe à sens unique) muni de poignées, d’un peu de kit et kat (ou de sheba pour les chats gourmets), de gants en cuir épais, d’un poste de radiodiffusion mobile et muni de piles (rechargeables si la fibre écologique vous habite et chargées, c’est mieux), d’un peu de musique violente et tonitruante, de vêtements voyants, d’un sabre et, le plus important…

D’une bassine d’eau…

Plus grande que le piège….

Pardon ? Mais non voyons, je ne suis pas un « sadique ».

Reprenons.

Le déroulement des opérations est d’une sobriété approchant le carrément désertique, voire le dépouillé.

Après avoir repéré le lieu de passage préférentiel d’un de nos amis de la gent féline (un gros crapuleux marcou de préférence), déposez à cet endroit le piège, garni de kit et kat (ou même de whiskas, ne soyons pas sectaires que diable mes preux).

Tapissez vous, tel le fauve guettant sa proie au coucher du soleil, qui darde de ses rayons pourpres le point d’eau perdu au milieu des hautes herbes ocres d’une savane africaine riche et joyeuse alors même que meurent, les enfants d’Afrique oubliés par le train de la civilisation. Putain que c’est beau Germaine.

Bref…

Le chat approche, renifle la nourriture offerte à ses désirs et, cédant à sa veulerie toute féline, pénètre dans le piège qui, brusquement autant qu’inexorablement, se referme sur sa misérable carcasse de fienteur pelé.

Il est fait comme un rat, ce qui pour un chat est déjà un beau châtiment. S’en est fait de sa rouerie, le fourbe.

C’est alors que vous surgissez de votre retraite, arborant un rictus dément, hurlant comme une bête. Tel un ouragan monégasque, vous fondez sur votre proie.

Suspens, car c’est ici qu’une importante parenthèse se doit d’être ouverte. Préalablement à votre machination, vous aurez pris soin de disposer votre appareil de diffusion musicale sur piles à portée raisonnable. Au moment même où le piège se referme sur l’ennemi, ayant positionné le curseur de volume sur « à fond », vous lancez la musique. Pas n’importe laquelle. Quelque chose de raffiné. Du Sepultura ou « thunderstruck » du groupe AC/DC peuvent convenir. Personnellement, j’ai un penchant dans ce genre de situation (mais dans ce genre là uniquement) pour la musique teutonne incitant au massacre aveugle mais salvateur. La Charge des Walkyries est une sorte de maître achat pour la circonstance. Maître à chats. Décidément, la finesse de mon humour navigue dans des sphères stratosphériques.

Autre parenthèse, vous aurez également pris soin de revêtir pour l’occasion ce qu’il est convenu d’appeler votre habit de lumière.

Un déguisement de superman, un uniforme de la SS peuvent convenir. Une tenue de danseur de la troupe à Béjart aussi, mais moins.

Là aussi, je suis enclin à suivre mes intimes inclinaisons. Et mon penchant personnel me pousse vers un uniforme de la cavalerie états-unienne de la guerre de sécession avec le grand chapeau, le sabre brillant et tout le toutim ou bien celui d’un cuirassier napoléonien. Ca a beaucoup de gueule mais pour la planque dans la savane, le casque, c’est un peu chaud.

Revenons à nos moutons, enfin à nos chats (et vous vous esbaudirez encore à la finesse de mon humour) et résumons-nous mes braves. La veule créature prise au piège, vous balancez la sauce à fond, vous surgissez dans votre habit de lumière en roulant des yeux et alors…

Soit en poussant des hurlements rauques et gutturaux,

soit en éructant un truc bien senti du genre « ça va être ta fête, enculé », « Montjoie, Saint Denis » ou encore « Morts aux Flamands »,

soit en faisant les deux,

vous fondez sur l’animal telle la justice divine sur le peuple égyptien.

Tout en continuant à gueuler comme un forcené, les yeux injectés de folie et de sang, vous attrapez le piège et vous le trempez dans la bassine d’eau.

Attention ! Des trempages courts et répétés doivent être préférés à une seule plongée de dix minutes. Il ne s’agit pas d’être taxé de barbarie par les chochotes de Gaïa ou l’engeance végétalienne de PETA mais juste de donner une leçon méritée et définitive à l’ennemi, leçon assénée avec pédagogie, calme et dignité.

Mais enfin, c’est vous qui voyez après tout. Si par malheur, dans la générosité de votre élan civilisateur et purificateur, il arrivait un accident, le chat, après séchage, s’accommode bien, paraît-il, d’une sauce chasseur. Un vin puissant mais fin (un cru de Gevrey par exemple) accompagnera parfaitement ce met longuement mijoté. Invitez les propriétaires de l’animal (le papa et la maman de la bête) au festin, ils n’en feront que plus facilement leur deuil.

Cependant, si tout se passe bien, après cinq à dix minutes de bains répétés, coupez la musique. Si possible, arrêtez de hurler comme un dingue et déposez le piège à la sortie de votre propriété. Libérez le matou. Il fuira sans demander son reste, le couard. S’il se rebellait ou même s’il ne fuyait pas assez vite, prenez soin d’avoir à disposition une bonne pelle. Un grand coup sur la gueule de ce prétentieux récalcitrant et le tour est joué. La sauce chasseur l’attend !

Normalement, après la capture de quelques chats, vous pourrez ranger votre piège. La diffusion régulière, dans les cent-vingt dB de votre musique rituelle (Wagner dans mon cas), de nuit ou au petit matin, suffira à faire fuir les félins. Pour renforcer encore plus le réflexe d’évitement des chats, vous ferez régulièrement le tour de votre jardin dans votre tenue de combat, le sabre au clair, en criant à tue-tête votre « cri de guerre ». Vous pouvez aussi reprendre votre musique a capella.

Cette méthode, terriblement efficace, risque cependant d’indisposer plus que de raison votre voisinage bourgeois, bien-pensant et un peu serré du cul, il faut le dire. Allez savoir pourquoi.

Est-ce la diffusion régulière de la charge des Walkyries à pas d’heure dans votre jardin, le fait de vous y voir déambuler en uniforme de cavalerie nordiste, brandissant un sabre et chantant à tue-tête : « ta ta ta taaaa taaa ta, ta ta ta taaa taaa ta (1), Montjoie, Saint Denis » qui incommode ? Ou est-ce plus simplement l’étroitesse d’esprit du beauf campagnard ?

Qu’importe, j’ai des recettes tout aussi simples et efficaces pour se débarrasser de deux autres plaies de notre temps : les psy et les voisins !

(1)  : Vous n’aviez pas reconnu ? Je ne félicite pas votre incompétence crasse et l’absence totale de musicalité de votre âme blafarde. C’est l’air des Walkyries évidemment.

Par le rustre - Publié dans : Les bonnes histoires de l'oncle rustre - Communauté : Made in Belgium
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