Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 15:00

 

Dans le cadre de notre grande opération place à la cave, voici rassemblées quelques dégustations de gewurztraminers alsaciens faites ces trois derniers mois.

 

P6170223

 

Le Gewurz, c’est la bête noire de l’amateur un peu serré du cul, bon chic, bon genre. C’est aromatique, trop évident et donc c’est vulgaire. Ce n’est pas très acide et souvent plein de sucres résiduels. Vulgaire, trop facile, pas pur, variétal, pas de terroir là-dedans, et de la minéralité pour peu qu’on puisse dire ce que c’est que ce truc, il n’y en a pas toujours non plus. Par ici la sortie. Bref, un cépage de rustre.

 

Un cépage qu'on aime, puis qu'on n'aime plus et qu'on re-raime.

 

Donc, rien que pour ça, j’aime le gewurztraminer. Cependant, ça, c’est pour le principe. En vrai, j’aime pas toujours follement. C’est un cépage chez lequel les qualités deviennent vite des défauts.

 

Aromatique en diable certes mais souvent pour montrer un duo rose/litchi assez assommant et ennuyeux à force de répétition, surtout quand la rose vient du même resto asiatique rapide que le litchi en boîte.

 

Quant aux épices promises de façon honteusement trompeuse par la réclame, bernique, souvent absentes les bougresses. Elles sont pas venues les épices, francophones strictes, non seulement elles ne plaisent pas à Bart mais en plus, elles ne savent pas. "Gewurz c’est quoi ça donc ?" A Vos souhaits.

 

Une autre caractéristique du cépage, c’est une tendance à être peu acide. De ample et velouté, il devient facilement lourd et mou. Et puis, il y a la finale souvent amère de ses vins. Une jolie amertume peut devenir une amertume médicamenteuse et désagréable. Bref… quand on tombe sur une belle bouteille, c’est un bonheur mais quand on tombe à côté… Ce qui m'amène à penser que le gewurztraminer et le trempoline ne sont pas des cousins si éloignés qu'on veut bien le dire.

 

 

Gewurztraminer Stoeffler 2003

 

Vous ai-je déjà parler de Vincent Stoeffler ? Siiii ? Pas possip’…

 

La robe d’intensité moyenne mais nettement dorée est cristalline et lumineuse.

 

Le nez typique de gewurz est modéré et agréable. Il comporte, outre la rose, des notes de lilas, de sureau (un peu fortes) et de fruits mûrs.

 

La bouche est ronde et un peu veloutée, sans lourdeur, sans tension mais sans mollesse. Les arômes sont expressifs entre gewurz (ce qui est somme toute, original) et franc muscat avec aussi des pêches mûres. La finale, assez réglissée est un peu amère.

 

Je dois avouer un truc… cette bouteille a été commentée après 6 jours d'ouverture ! La honte… MAIS du coup… L'increvabilité des vins de Stoeffler est encore démontrée. Un peu rond mais pas pâteux. Scié par sa fraîcheur fruitée. Un gewurz variétal mais bien fait, franc, agréable.

 

Et du coup je ferai remarquer à mes éventuels détracteurs agricoles, l’extrême sobriété, que dis-je, l’ascétique jansénisme de ce commentaire. Pour les autres, rassurez-vous, ça va déraper…

 

  

Gewurztraminer Vieilles Vignes. Cuvée Martin 2007.

De René Meyer (comme ici)

 

 

Pépite, ô Miko l’assomme ! Oui, une pépite : franchement doré, assez foncé, limpide et lumineux avec des larmes très abondantes et tenaces comme du brut sur un pélican.

 

Quand le vent du large arrive (1), respire ! Expressif du pif, aromatique même, sur la rose, le robinier (si facilement nommé acacia par les sots !). Tu le respires a-vé-pré-cô-ssion ! Parce que si tu l’agites, il devient presqu'écoeurant avec des notes de sureau et une note soufrée désagréable rappelant ces fleurs en macération à trop forte dose (quasi l'aubépine… arrghhh).

 

La bouche du Rhône à l’Alsace : Une nature veloutée, un peu grasse. Le côté moelleux est important avec peu d'acidité, trop peu, bien trop peu. Si l'attaque est plaisante, le milieu de bouche s'efface et la finale s'effondre : plat, assez court : 6-7 secondes. Les arômes expressifs de rose, sureau, réglisse ne portent pas à sourire.

 

Le surlendemain, les arômes se civilisent et le vin paraît plus sec mais manquant définitivement de peps. L'amertume finale est désagréable, pas nette.

 

L’impression : Un vin qui rassemble tous les défauts du gewurz : arômes écœurants, amertume, manque d'acidité… Pas terrible.

   

P6160219

 

Gewurztraminer Colline de Granit 2008 

Domaine Charles et Dominique Frey

 

Trouvé dans un magasin bio à Namur (biocap)

 

P6170225

 Les petits dessins ésotériques ne rendront pas le vin plus troposphérique...

 

  

Au plafond, l’éclairage. Du beau cristal très lumineux, assez pâle, argent à reflets dorés (je comprends que son prix, de mémoire dépasse les dix euros).

 

Renifle, sois à la page. Assez variétal mais frais et floral : la rose fraîche presque comme un muscat comme note dominante avec des épices comme la muscade et le poivre. Il ne faut pas le rafraichir sous 8 °c sinon des lourdes notes désagréables surgissent.

 

Sous les pavés, la plage. Fine bulle. Rondeur suave mais accompagnée d'une fraîcheur digne pour un gewurz. La matière est conséquente. Un duo classique rose/litchi, bien frais, net, expressif et une finale classique, écrasée par la réglisse en bâton, et une amertume un peu médicamenteuse. Assez lourd à boire

 

Le temps qui s’engage. Il ne bouge pas sur plusieurs jours. Je le trouve écoeurant à la longue. La bouteille ne sera pas terminée. Un côté too much et strictement variétal. Malgré une structure honnête, les arômes lourds rendent le vin difficile.

 

Au final, j’enrage. Parce que le nez était prometteur et qu’il promettait enfin les épices nom d’un gewurz. Et en bouche… ben la bouteille encombre toujours mon frigo.

 

 

 

Grand Cru Brand Gewurztraminer 1994

Domaine Preiss-Zimmer

  P6090204 - Copie

 

Et là, fini de jouer les histrions, tas de marauds en goguette… c’est du sérieux, du lourd, de l’estampillé, de l’ancien, presque de l’Audousien. Respect. Notons que le bouchon, largement imbibé, un peu comme votre serviteur qui est tombé dedans quand il était petit, explose au forage (et la omparaison avec votre serviteur ne va pas jusque là). Au point de devoir jeter le premier verre et d’expliquer un éventuel morceau qui traine sur les photos.

 

Une superbe robe ambre à reflets cuivrés qu’on ne se lasse pas de mirer au point d’oublier de boire. C'est cristallin, lumineux, avec des larmes lentes à se faire. Magnifique .

 

P6060201

 

Le nez est expressif et épanoui même si vieilli. La note majeure est le miel et même après agitation, l'hydromel. Puis viennent la noisette et le caramel. On retrouve quand même une belle note de rose fraîche à l'agitation, délicate, plus proche de l'églantier que de la rose d'ailleurs.

   

La bouche est ample, veloutée. Elle se termine cependant sur la fraîcheur et la sécheresse. Pour les arômes, à l'ouverture, on retrouve l’hydromel pur, puis après lente aération en bouteille (je dis à mes amis que j’ai inventé la méthode), la rose, le menthol, le cachou, les zestes d'agrumes confits et un soupçon d'oxydation apparaissent. C'est expressif, complexe, magnifique. A l'aération , le côté moelleux devient plus évident. La finale s'allonge sur 15-20 secondes avec une fraîcheur mêlée à une amertume digne d'un grand Orval.

 

Le lendemain : Le vin se calme sensiblement tout en devenant plus classique avec un nez évoquant la pâte de coing, le miel, le caramel et le raisin sec. Malgré la finale fraîche, le vin gagne en moelleux. Il tient ainsi sur plusieurs jours.

 

D’abord un peu décadent au niveau des arômes, puis plus sage, il est excellent, surprenant, jamais ennuyeux. Sa richesse et sa complexité le rendent vraiment intéressant mais limite supportable sur la longueur. A boire à petites lampées entre gourmets! Et je ne parviens pas à rester insensible au fait que les raisins de ce vin étaient vivants, allaient être cueillis alors que je faisais mon mémoire de fin d’études… 16 ans bon sang !

  P6170221

 

 

Gewurztraminer "les Coteaux" 2009

Domaine Hering (Barr)

 

P6170222

 

Belle robe aux nuances dorées et pourtant assez pâle. Larmes nombreuses, visqueuses, lentes.

 

Le nez est modéré, très pur et agréable bien que variétal, strictement. Rose délicate, parfums muscatés et épicés peu définis.

 

La bouche est moelleuse et veloutée. Le sucre est là mais c'est assez léger sur la finale. On trouve même une pointe de fraîcheur qui prolonge la bouche. Aux arômes expressifs de rose s'ajoutent le cachou, les épices comme la sauge et une assez forte amertume finale. Il dure le bougre sur au moins 16-18 secondes.

 

Le surlendemain, le vin devient plus simple mais agréable par sa modération et sa pureté aromatique. La structure s'harmonise, même si elle reste ronde, le vin donne une impression de légèreté, presque de la fraîcheur. Chose amusante, alors que j'égrène des ombelles de sureau (des corymbes, malotru !) pour un vin, les odeurs dues si poétiquement au 2-phényléthanol du gewurz s'évaporent. Restent alors d'agréables arômes de fruits murs comme la pêche ou l'abricot.

 

Mon impression : Plutôt variétal mais bien fait, pas trop démonstratif. Amertume très présente. A moi, ca me va mais on aime ou pas.

 

 

 

(1) Te souvient-il, ami de la finesse et du bon goût made in France, de Jean-Marc Pompougnac alias Pompon ? et pif, et paf et

PAN !

 

 

Ah ah non mais… Citez moi un , un seul, un seul blog où on peut à la fois entendre parler de vin, de préservation de l’environnement et de Pompon ? Un seul ?

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lerustre.over-blog.com
  • : Le Rustre est un peu dingue. Il a un avis sur tout bien sûr. Et quel avis ! Il a des mentors bien sûr. Et quels mentors ! Pompon, Rémy Bricka, Roger Tout court, Rika Zaraï, les chevaliers playmobils... C'est dire si l'avis du Rustre est pertinent !
  • Contact

Recherche