Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 17:08

Tête de veau et queues de langoustes, une recette sans queue ni tête. Préférez-y le Lièvre de mars cuit dès février. A la chandeleur pour que le lièvre prenne vigueur et ainsi retrouvez queue et tête.

 

Lièvre mijoté aux légumes rustiques, lardons et vin blanc.

 

Une recette rapicolante pour soigner les mots de langue.

Ingrédients : Un beau lièvre rose de Ravenne, des petits pois désaltèrent, des oignons dans la gueule, des lardons du Gardon, des légumes oubliés mais si vous vous en rappelez c’est mieux que sang : des panais bien nés, une betterave et une intelligente carotte, un pâtisson n’ayant pas trop pâti de la saison, puis tout ce qui vous passera par la tête si le cœur vous en dit pour prendre votre pied, sortir l’estomac de vos talons et ne plus se moucher du coude. Vive la liberté.

 

Les légumes doivent être capturés vivants au jardin, frais, que ça frétille encore dans sa cosse pour les pois.

Aux petits pois écossés, personnellement, je préfère les irlandais, mais faites avec ce que vous avez. Faites bien attention à prendre des petits pois verts car quand les petits pois sont rouges ils s’imbibent d’eau, comme on dit chez Michelin… Faites cuire à feu vif, le feu doux étant passé (au rouge) et depuis longtemps puisque "froid de janvier te tirlipimponne les pieds".

Lancez les dés de lard dans la poêle. Si vous faites un double six jouez encore une fois, sinon, passez votre four. J’aime le lard, j’en mets donc beaucoup. Il faut que la poêle soit bien couverte quand c’est cuit et que le lard refroidi. C’est très connu dans les camps naturistes. "Quand l’à poil a le lard qui refroidi, il se couvre."

Lancer les oignons, assez loin. Puis, faites les revenir. C’est pour cela qu’il est important de les lancer loin, pour que le retour soit long et difficile. Il faut en effet faire suer les oignons.

Idem pour la betterave . Faut l’envoyer danser. Une fois la bête rave party, bien la faire revenir le cul dans le beurre.

Découpez les légumes grossièrement.  

"Nom de dieu, bite au cul, giclure de moule mal rincée", conviennent très bien.

Si vous n’y arrivez pas, il faut les hacher encore plus grossièrement. En cuisine ça s’appelle concasser et vous conviendrez d’un con cassé que non seulement c’est grossier mais que  la banalité de la connerie ordinaire la rend encore plus vulgaire. Ce faisant, coupez court aux rumeurs brumeuses de la brunoise : Julienne n’est pas une paysanne comme les autres.

Tranchez net les panais. Puis enduisez les d’erreur, c’est déjà ça. Mais le meilleur pour paner les panais, c’est le mouton… de panure bien entendu. Vous verrez : un panais bien né pané c’est pain béni pour les nez pas bien niais et le palais pas laid. Et n’oubliez pas qu’un jeune pas né ne fera jamais un vieux panais peiné.

 

Prenez un beau lièvre affable à la Fontaine dont on ne peut boire l’eau. C’est un paradoxe. Normalement on devrait prendre un veau pour cuire sa tête en tortue si on voulait obtenir une vraie viande affable, la tortue étant cuite à point alors que le lièvre pressé, c’est moins juteux.

Pourtant c’est bien le lièvre qui est le plus affable quand il s’agit de se terrer dans une cruche à terrine. Malheureusement le lièvre taré terré, il faut le déterrer , n’hésitez donc pas à jeter la terrine à la Fontaine afin qu’elle se brise (mais surtout, ne buvez pas de son eau, faut suivre un peu, flûte, zut caca boudin).

La terrine du lièvre terré étant déterrée, mettez le lagomorphe à cuire à feu vif dans une cocotte et couvrez. Ne cuisinez qu’un seul lièvre, car il ne faut jamais couvrir deux lièvres à la fois.

Pressez les râbles pour en recueillir le sirop.

Découpez vos pâtissons avec une mandoline pour que les tranches soient plus harmonieuses. Ne leur jouer pas la sérénade, mais plutôt la marinade. Tirez le vin blanc, mais vérifiez au préalable la période d’ouverture. Il est vain de tirer le vin sans Vincent.

Mettez le tout à mijoter dans une cocotte mais surtout enlevez les plumes et les œufs.

Mijote, mijote. Longtemps. Mais pas trop. Est-ce précis ou est-ce pré sot ? Seul Georges pourra le dire.

Mais déjà, le tampax et il est l’heure de passer la serviette au cou (c’est plus hygiaphonique) et les fesses à table.

Car de la coupe au lièvre, il n’y a qu’une victoire, celle de la gourmandise.

Mais me direz-vous, que boire ? Peu importe, mais du vin et rouge et velu et ventru.

Et surtout n’oubliez pas. Je le répète souvent. L’alcool nuit. Ne buvez donc que le jour !

 

Amis épicurien ne peut atteindre, bonsoir !

Partager cet article

Repost 0
Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lerustre.over-blog.com
  • : Le Rustre est un peu dingue. Il a un avis sur tout bien sûr. Et quel avis ! Il a des mentors bien sûr. Et quels mentors ! Pompon, Rémy Bricka, Roger Tout court, Rika Zaraï, les chevaliers playmobils... C'est dire si l'avis du Rustre est pertinent !
  • Contact

Recherche