Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 13:49

Un peu alambiqué comme titre non ? C’était rapport aux moteurs de recherche et tout ça m’sieur… Que voulez-vous, il faut bien faire du chiffre, attirer le chaland. Tiens j’en rajoute une couche. Hier, c’était la journée internationale de la femme ! Voilà, comme ça, c’est fait. En passant, si vous doutez encore que 2010, c’est has been… Faut le faire, d’encore être obligé de militer pour l’égalité des sexes au 21ème siècle…

Bon, venons-en au fait. Vous ne vous sentez pas tout frétillant vous ? Malgré la neige, malgré un thermomètre qui affichait -6°c encore ce matin, ça y est, le printemps arrive. J’ai la bêche qui me démange…


crocus sous la neige 1


Si vous avez un jardin, plus encore si vous avez un potager, vous vous êtes déjà fait prendre. Le contraire est impossible. Dès que les jours rallongent, que le merle siffleur et le pinson moqueur lancent leur trille mélodieuse au-dessus des arbres séculaires dans l’azur clair du matin enjôleur et… Holà mes preux… Je m’emporte. Mais bon c’est vrai, on le sent dans ses tripes, non ? On a envie d’y retourner au jardin. De semer, de planter… parfois trop tôt, quitte à tout perdre.

Je n’ai jamais conçu ma vie à la campagne sans jardin et surtout sans potager, encore un truc que je dois tenir de mon père. Personne ne devrait le concevoir d’ailleurs, ça devrait être fournit avec la vie de cambrousse. Point. Ca et un congélo, ça rachète un peu les tonnes de CO2 que produisent vos déplacements incessants dans un bled dépourvu de tout .

Bref, en allant faire mes courses l’autre jour, chez Colruyt, quelle ne fut pas ma stupéfaction en voyant un rayon énorme rempli de bazookas défoliants, d’élixir anti-bébêtes pour tous les goûts, toutes les tailles, tous les nombres de pattes, d’anti-mousses etc…

Yeah, le printemps revient, on va pouvoir sortir les pulvérisateurs et dézinguer à tout va toute cette bon Dieu de création pleine de sales bestioles rampantes et volantes qui font rien qu’à mettre du désordre dans notre belle nature jardinière si bien rangée, taillée de près, avé des bô carrés et des pelouses bien vertes et impeccables.

J’ai un gros problème avec ce type de jardinage là, encore plus gros, bien plus gros qu’avec les chantres de la biodynamie, qui s’ils ont le don de heurter ma sensibilité scientifique ont au moins la correction élémentaire de laisser l’intimité de dame nature plus ou moins sereine.

Est-ce de ma faute à moi si j’aime le bordel, le pas bien rangé, le ça peut plus durer ? Parce que si vous venez dans mon jardin là aujourd’hui, vous n’avez pas intérêt à trouver à Versailles des airs de paradis ni à avoir un portrait de Le Nôtre à côté de celui de tata Yvette sur le buffet de la salle à manger. Sûr que vous auriez un choc.

N’y allons pas par quatre chemins : c’est un foutoir complet. Pour donner un exemple, non seulement je laisse pousser mes herbes pendant tout l’été, mais il y a des endroits où toutes les tiges séchées des angéliques, des guimauves, des mauves, des cardères et des carottes sauvages restent debout jusqu’au printemps, pour servir d‘abri hivernal  à l’entomofaune. Je n’utilise aucun insecticide, même bio. J’en ai des bouteilles à donner si vous voulez. Jamais ouvertes. Pas eu le cœur à m’en servir, même devant des invasions de chenilles sur mes choux.

Pas de désherbant, pas d’anti-mousse, peu de tontes, des végétaux rustiques, de chez nous en grande partie, des mauvaises herbes, de l’amendement organique, quasi aucun autre engrais, quasi pas de bouillie bordelaise (une à deux fois par an). A côté de mon jardin, le bio, c’est Tchernobyl.


J'aime le miel

Je rigole bien sûr, à peine. Non seulement, je ne m’accorde pas les produits de synthèse qu’on vend en vente libre dans les grandes surfaces (à des gens qui seront parfois les premiers à gueuler que les agriculteurs exagèrent, qu’ils nous tuent NOS abeilles et NOS papillons…) mais en plus je ne crois que très parcimonieusement aux solutions toutes faites du bio-de-grand-bazar.

J’expérimente, je rate, je réussis. Je vis et je laisse vivre. Mais le plus beau : mon jardin est plein d’insectes, de crapauds, de tritons, de hérissons, de chauve-souris et même de beaux légumes…

Ce titillement de la belle saison que je ressens au fond de mes vieux os est l’occasion d’inaugurer une nouvelle rubrique dans ce blog à brac.


Ici, on parlera de jardin et de potager… comment dire ? Bio ? Durable ? Naturel ? Choisissez.

Pour commencer aujourd’hui  je me permets une énumération sans explications des grands principes que j’essaie de suivre. Ma ligne de conduite est dictée par l’assurance que dans un confetti de pays peuplé de 10 millions de blaires, qui construisent à tout va et tellement qu’en certains endroits tu ne t’aperçois même plus que tu passes d’un village à l’autre, un jardin peut devenir un élément de maillage écologique, servant de couloir entre des zones qui présentent encore un intérêt pour la flore et la faune.


Anémone fausse-renoncule

Il faut veiller :

A planter un maximum d’espèces locales, rustiques, résistantes.

A veiller à ce que les fleurs plantées soient riches en nectar (et bannir les espèces horticoles trop savantes qui sont peu mellifères)

A veiller à avoir des floraisons bien étalées sur la belle saison

A planter des haies avec des arbustes locaux qui donnent du fruit. En plantant du cornouiller mâle, du néflier, du sureau noir, du prunellier, du frêne… vous ferez d’une pierre deux coups puisque ces arbustes ou arbres permettent d’élaborer des confitures et des boissons roboratives diverses

A moins tondre, à laisser même une partie de la pelouse se transformer en pré de fauche.

A choisir pour ses massifs fleuris des plantes hôtes pour différents insectes, intéressantes pour le potager ou autre: ortie, consoude, absinthe (oh là mes gens, je vous vois venir… et vous avez raison de penser ce que je pense que vous pensez…), angélique, panais…

A planter au potager des légumes plus ou moins adaptés à nos climats, à les planter dans de bonnes conditions (non, pas les jours feuilles…) à la bonne exposition, dans le bon sol, à la bonne température…

A faire bien d’autres petits gestes, mais aussi à se la dorer ou à siroter un muscat d’Alsace frais pendant que d’autres se cuisent le melon en tondant leur bon Dieu de green tout lisse.

Et surtout, comme pour le vin : être curieux, expérimenter, faire votre propre chemin sans trop suivre ceux des gourous, des modes, des chapelles.

Et comme pour les autres rubriques, je ne sers pas de guide, je témoigne juste d’expériences personnelles, avec leurs réussites et leurs limites.

Bon l’itinéraire vous dit ? A bientôt dès que le réchauffement climatique aura repris son cours normal…

 

Partager cet article

Repost 0
Published by lerustre.over-blog.com - dans Le jardin au naturel
commenter cet article

commentaires

Isabelle 16/03/2010 08:10


Pareil que vous dans mon jardin: pas d'engrais, aucun produit même bio...C'est la loi du plus fort! Mais ça marche pas mal quand même. On arrive à croquer dans de belles tomates ( même dans les
années à fortes pression mildiou!)...Je vais devoir penser à faire aussi un peu le ménage et à enlever les tomates de l'année dernière, les haricots et tout le reste!


Présentation

  • : Le blog de lerustre.over-blog.com
  • : Le Rustre est un peu dingue. Il a un avis sur tout bien sûr. Et quel avis ! Il a des mentors bien sûr. Et quels mentors ! Pompon, Rémy Bricka, Roger Tout court, Rika Zaraï, les chevaliers playmobils... C'est dire si l'avis du Rustre est pertinent !
  • Contact

Recherche