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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 00:00

Les thèmes photos : Rouge, été.

Je l’ai déjà écrit, le printemps qui arrive (si,si, il arrive) me travaille. La preuve en est ces quelques vins qui m’ont émoustillé au possible ces dernières semaines. Mais alors émoustillé… pfiou, limite torride !  Je me suis dit, mon garçon (vous comprendrez qu’en ces conditions printanières et primesautières je ne m’autorise pas à me dire « ma fille » sans quoi…), mon garçon donc, voilà des petites bombes qui raviraient les goulus vauriens qui envahissent ta terrasse les beaux jours venus.

Ces Grandgousiers (Pantagruel, c’est un chanteur/joueur de poker non ?) avides de pièces rôties et épicées autant que d’accortes bouteilles élégantes, "racées" et néanmoins torchables en diable, que leur mettre dans le verre l’été prochain ?

Pourquoi pas ces rouges tout en fruit, qui n’oublient pourtant pas d’afficher une structure certaine et une certaine complexité ?

Ceci dit ces charmants jeunes vins présentés ici s’accommoderont aussi bien d’un feu de cheminée, la vidange n’attendant pas le nombre des saisons… et le printemps, il faut bien le dire, tardant un peu à se pointer malgré mes appels répétés.

N’empêche, l’excuse du rouge, des fruits et du jardin des beaux jours est excellente pour vous gaver de mes photos jardinesques et potagères… Faut bien illustrer le sujet !


chaume-estivale.jpg

Les beaux jours...

 

Alsace
Pinot Noir Rotenberg 2005
Domaine Vincent Stoeffler Barr
 

  Bouteille vidangée en deux coups de cuiller à pot en novembre 2008

 

Zeu dress :  Une belle cerise moyennement foncée, comme un vrai rouge de pinot doit l’être (plus foncé que la cerise de la photo).

Zeu Nauze : ca s’exprime, une vraie pipelette : de la cerise bien mûre et juteuse, du cassis mûr et puis des fleurs, des épices, et un boisé discret. Mis à part une pointe alcooleuse, voilà un nez qui fait onduler le corps. C’est très beau.

Zeu Mouffe : La matière est fluide. Bel équilibre sur la fraîcheur, avec du gras discret (ah, j’aime quand y a du gras). Très expressif : cassis très mûr, fleurs, framboises, cerise, épices.  J'insiste : le grain du tanin est très fin, mûr, pas asséchant. Un excellent moment qui se prolonge sur un bon 25 secondes toujours sur du fruit très mûr et du poivre.

De lendemain, il ne connut pas.

Impression générale : Le meilleur Rotenberg de Stoeffler, de loin, que j'ai bu à ce jour (et j’en ai bu… ouf ! au moins tout ça !). Vraiment enjôleur, pétant de fruit, joliment structuré. Une belle bouteille.  

Cerise 5Cerise des beaux jours


Le même en décembre 2009.

(Pour le coup on repasse en français, n’en déplaise à mon public bigarré.)


La robe :
Magnifique robe rouge cerise, toujours bien comme il faut, sauf peut-être les reflets orange-doré. L’âge mûr, déjà ?

Le nez : Plutôt modéré, voire discret : il ne se révèle bien qu'à l'agitation : bien mûr et très suave : il y a la griotte et la framboise (bien expressive à l'agitation). Plus le vin s'aère, plus il est expressif avec bientôt la violette et les épices sudistes : genre genévrier et laurier.  Vas-y man, ici, le taulier  ne recule devant rien. Allume ton briquet, balance et chante.

La bouche : Le vin est bien équilibré mais porté vers la fraicheur. La matière reste fluide. Très structuré avec des tanins fins mais solides. Côté arômes, c'est assez expressif : Fruits mûrs, surtout la griotte, les épices (laurier), une élégante et discrète touche de réglisse. Belles notes amères. Longue finale fraiche (dans le quart de minute) sur la cerise toujours, le noyau, l'amertume, les épices. Du gras, du velours, j’en vois point.

Et après : Le vin se maintient sur deux jours, très expressif le deuxième jour puis il perd en précision le surlendemain.               

Impression générale : Un vrai bon vin bien fait. Sur la finesse, l'élégance, sur de multiples notes fondues les unes dans les autres. Et comme souvent avec le Rotenberg de Stoeffler, des notes sudistes d'une grande élégance.

 

Ces notes sudistes sur ce vin tombaient bien, vu que je les ai retrouvées sur le Rotenberg Stoeffler 2004, et de façon plus prononcée même.

 

Coquelicot 2

Sur le thème du rouge... essayez moi ça dans une salade.



Pinot noir Rotenberg Stoeffler 2004

  

Robe : Ce même rouge foncé d’intensité moyenne comme sur le 2005              

Nez : A l'ouverture, le vin est encore à température de cave (13°) : peu expressif. C'est après deux heures, bouteille à demi-vidée qu'il se révèle (oui je sais, dans le genre bande de blaireaux qui se jette sur la bouteille à peine remontée… mais que veux-tu mamé vî cou, on z’aveu seû !). Un nez expressif de cassis très mûr accompagné d'un autre fruit, plus frais, la cerise peut-être. Le vin a des accents épicés de garrigue, de baie de genévrier, qui me transportent loin de l'Alsace, vers le sud. A l'agitation, violette?  Avec encore plus de temps le floral se démarque vers la jacinthe et un poil de café très classe.

Bouche : Là encore, on dirait le sud (j’vous remets pas le lien hein). La structure est ronde, avec une matière fluide mais appréciable, des tanins fins et souples mais encore imposants, mûrs, poivrés. Le fruité est très mûr, plus sur la cerise que sur le cassis, avec une nuance supplémentaire de framboise. Mais ce qui marque, c'est le flot épicé qui noie un peu le fruit. C'est complexe, élégant avec ces beaux tanins qui structurent le tout. Malheureusement, il y a un petit goût de bois. De la griotte sur la finale (30 sec) accompagnée de cassis et d'épices.                             

 
Impression générale : très forte personnalité, typé sud et bien plus que le 2005. Vin très mûr, agréable, équilibré, complexe, fluide; bref, on en boirait. Et on en a bu !

 Chardon et papillons

Chardons et papillons sur le causse méjean (Lozère)


Alsace
Pinot noir Rotenberg 2006
         

Domaine André Ehrhart et Fils à Wettolsheim  


Côté fringues :
Robe rouge vive, claire, très peu pigmentée (comme la cerise de la photo), comme un rouge à peine rouge d'Alsace, pas comme un honnête Pinot. Les larmes sont peu abondantes et très fugaces.

Nez : Une réduction assez prononcée à l'ouverture (des notes terreuses, foxées) et du cassis. Après 1h30, le nez s'épanouit. Assez expressif, il déploie toute une palette de fruits mûrs : cerise, framboise, fraise, cassis. Festival gourmand. Il y a aussi une note épicée plutôt sudiste : du genévrier.          

Bouche : Même évolution qu'au nez. Le fruité, d'abord absent devient modéré : griotte, groseille. Encore un peu d'épices, du bois. Des tanins discrets, un peu secs, au grain un peu rude. C'est rond tout du long avec une matière fluide. Bien frais, c'est gouleyant. Une longueur de 15 secondes avec une note de café.               

 Et après : Cuit le jour même. On boit trop, mais on était trois.

Impression générale : Bon. Franchement. On a beau avoir l’esprit ouvert, un rouge d’Alsace coloré comme un Poulsard découvert par hasard et acheté sur un coup de tête  et d’un producteur qu’on ne connait pas... Il faut avoir des envies de service militaire en Afghanistan pour ouvrir un truc pareil.  Il a de la présence malgré tout ce petit gars.

Et avec ? Frais c'est top en été, sur une salade et de la charcuterie.




Des notes si sudistes dans ces trois vins, si c’est pas de la constance ça mes petits amis. Alors le Rotenberg-là, c’est le sud Nino ?

En fait, on se retrouve devant deux Rotenberg différents. Celui du domaine Stoeffler est situé à Bergheim, près de Ribeauvillé. C’est un terroir précoce, une colline au sol très calcaire. On le décrit comme un terroir très solaire.

Le Rotenberg vinifié par André Ehrhart provient des alentours de Wintzenheim. Ce Rotenberg-là est situé sur le versant nord du Grand Cru Hengst. Le sol est marno-calcaire, plus profond que sur le Rotenberg de Bergheim.

Mais dans les deux cas, ces terroirs sont riches en fer au point de donner une teinte rouge au sol, d’où le nom de « colline rouge ».

Sans vouloir tirer de conclusion et jouer au terroiriste, la présence de ces notes sudistes dans tous ces vins est amusante.

Et du coup, je suis trop long et donc vous aurez la suite la semaine prochaine.


Note :
Ces vins sont depuis longtemps dans ma cave et j’ai la flemme d’aller voir le prix. Mais les vins de Stoeffler proviennent en direct de chez le vigneron et doivent osciller entre 8 et 10 euros. Le Ehrhart provient d’un caviste discret des environs de Namur "Alsavin"

 

 

 

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Published by lerustre.over-blog.com - dans Du pinard dans les veines
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