Vendredi 28 janvier 5 28 /01 /Jan 09:00

Dans le cadre desVendredis du Vin, orchestrés ce mois par Hub de l'Oenothèque... Merci à lui pour ce beau prétexte.

 

Photo22 (2) - Copie

  

Seul dans ma cave, j’attends. Un sourire vague aux lèvres. Le verre à la main. J’attends.

A portée de ma main, il y a une table. J’y pose mon verre quand l’inspiration me vient et que je reprends la rédaction de cette note, tapotant fébrilement un vieux clavier dont on ne distingue plus le e ni le r.

A portée de ma main, il y a une table. Et sur cette table, il y a un pistolet. Je sais m’en servir.  Je pense que je pourrais m’en servir. Mais il n’est pas encore temps. La bouteille n’est qu’à moitié vide.

Face à moi, il y a l’armoire vitrée et climatisée où sont cachés mes livres à l’abri de l’humidité relative de cette pièce. Je ne suis jamais arrivé à l’isoler totalement de la cave.

J’ai un peu froid ? Non, c’est un frisson qui me titille l’échine quand je pense qu’au fond, ce qui me manque le plus, ce sont de nouveaux  livres. J’ai encore des centaines de bouteilles et chacune est une révélation. Mais les livres de ma bibliothèque, je les ai lu des dizaines de fois et je n’en lirai jamais des nouveaux. Parce qu’on en n’écrit plus, pas de cette trempe là en tout cas. Picoler, c’est mal. Ecrire ce qu’on pense, c’est mal. Mais écrire qu’on pense à la picole alors…

Ecoutez Desproges parler des vins de Bourgueil : « C’est que les vins de Touraine sont anticancérigènes. Les vins de Bourgueil, notamment, légers, délicatement framboisés, rouge pivoine au soleil et clairs en bouche, ne se contentent pas de susciter au palais l’esprit léger des bords de Loire. Ce fin nectar constitue en outre un véritable repoussoir à métastases. Je sais de quoi je parle, ayant toujours en cave un roulement de 300 bouteilles de Bourgueil, je n’ai pratiquement jamais de cancer. »

Par cœur, j’les connais par cœur comme disais Jonasz. Jeux d’esprit. Jeux de mots. A lire verre en main.

« J’étais un pied de vigne. Nous étions tous trois voisins d’espalier, (...)

Par un beau matin ensoleillé, ma fleur s’est métamorphosée

en un beau grain de raisin. Un seul, oui ! Vermeille était sa couleur,

et ronde sa forme, juteuse sa substance ! Ah, l’imagination de la matière ! (...)

Il a sorti son sécateur et clac dans le vif du sujet.

On a beau être de bois, j’en ai eu le souffle coupé. (...)

Et c’est ainsi que je suis devenu vin.»

Raymond Devos 

 

Mes livres… Des parcelles du passé et de son Esprit. Et l’Esprit s’en est allé, ne laissant pour tout sillage morveux de limace agonisante que les bêlements d’une foule éteinte. Aujourd’hui, tout n’est que mesure et politesse. Correction et bienséance. Calme et volupté. Même les vers en prose si rabâchés et digérés de Baudelaire n’hantent plus aucun esprit.

L’ivresse n’est plus qu’un gros mot.

« Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. »

Vous ne connaissez plus l’ivresse. Vous êtes morts et vous ne le savez pas. Car ce n’est plus l’horrible fardeau du temps qui brise nos épaules.

Mais je souris et je reprends une lampée de mon Gevrey.

Il y a trois jours, la grande digue s’est rompue. En trois endroits stratégiques : l’embouchure de la Seine, Calais, l’IJselmeer. Rien que ça. Tempête du siècle et marées exceptionnelles ou pas, on soupçonne évidemment des attentats. Le parti a beau vitupérer contre le terrorisme cynique des extrémistes de l’écologie tyrannique, visant par là, vous vous en doutez, les  USA, moi je soupçonne plutôt un ou des groupes de résistance internes à l’Union. Mais chut, officiellement bien sûr, il n’y a pas de mouvements de résistance internes à l’Union. Quand on vous dit que le parti du renouveau lave plus blanc que blanc. Pas de résistance. Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe en ce moment non ? Délicieusement drôle.

Peu importe. Il y a trois jours la grande digue s’est rompue. Et l’eau a déferlé, remonté les fleuves, envahit les plaines. L’inondation est toujours en cours.

J’ai vu les images à la télé et sur le réseau. Elles sont édulcorées bien sûr. Le Service de Protection des Consciences veille. Mais même comme cela, c’est indescriptible. Toutes les zones côtières ouest Européennes situées sous les 100 m d’altitude ont été rayées de la carte par le tsunami. Et quand les eaux se retireront, toutes les zones situées sous les 40 m resteront noyées. Il doit y avoir des millions de morts à l’heure qu’il est.

Mais malgré cela ou à cause de cela, j’ai le sourire aux lèvres. Car le monde des tranquilles lobotomies aseptisées s’achève dans la douleur et le sang. La mort est de nouveau à nos portes. Et les gnous affolés s’en courent à la rivière au lieu de fuir sur le plateau. Et au revers, mes contemporains vont peut-être retrouver ce que la quiète certitude de leurs soirées éternelles leur avaient fait perdre : l’urgence de vivre.

Mais puis-je espérer ? Est-ce que cette soudaine bouffée de vitalité qui se répand comme du mercure sur une toile cirée ne va pas affoler l’essaim de moucherons, ne supportant pas cette idée de vie à haute dose, intolérable comme « est insupportable la vraie splendeur des roses qui poussent aux flancs des maisons blanches et basses, parce que les paix crépusculaires et la beauté des roses ne sont qu’éphémères agonies… ».

Bon les jeunes, l’auteur de cette citation là, vous cherchez vous-mêmes.

Mes livres… Mes vins. Mes parcelles dérisoires de subversion. Subversions.

Relisez un jour (quand l’édition de ses écrits subversifs sera permise) Bétourné. L’homme au cigare… Rien que sa bobine avec le barreau de chaise calé entre les dents, bien en clair sur son profil facebook… clac remise à niveau. Cinq ans au moins…

Brrr, Pépé… J’en frémis. J’ai correspondu avec lui vous savez quand j’étais jeune. Mais évidemment, comme Desproges, Bétourné a disparu de l’imaginaire collectif, des librairies, du net, de l’Histoire. Subversif.

Jugez –en  avec cet extrait de mémé Huguette : « L’étalon fringant, qui grattait à sa porte en son jeune temps, s’en était allé, emporté par une «fillette» de trop. Une belle mort quand même, pour Pépé Jean. Lui, qui sa vie durant, avait aimé les grands Bourgognes, était passé comme il avait vécu, accroché à son verre. Elle l’avait retrouvé, effondré au plus profond de son fauteuil verdâtre, gluant de crasse, de pisse et de vin. Dieu qu’il avait rapetissé d’un coup!!! Comme s’il avait fondu, comme si les hectolitres d’alcool en tous genres, sirotés élégamment et sans faiblesse, au long cours de ces interminables années, s’étaient évaporés, sous le fil gelé de la mort. La faucheuse l’avait vidé de ses humeurs, et il avait fallu des bidons de javel pure, pour que l’odeur tenace de la viande confite, longuement marinée, consente à baisser – un peu – pavillon. »

La mort dans toute sa crue nudité et le pinard dans le même texte. Insupportable pour le pouvoir ? Surtout pour vos consciences étriquées, veaux soumis.

Ecrire ça sur un réseau me vaudrait 5 ans de tôle. Au moins. Ah, zut… je l’ai écrit ! En ligne et tout. Bon, vous venez me choper ?

Subversive, la bouteille de Gevrey Chambertin Les Cazetiers de Philippe Nadeff que je viens de m’enfiler. Le millésime 2005, soit une parcelle d’éternité vieille de 60 ans. Je suis ivre. Qu’il est bon d’être ivre. Qu’il est doux de transgresser. Qu’il est sain de vous dire merde à tous, tas de gnous aseptisés.

Quand j’étais jeune, ce vin était un mur. D’une épaisseur folle, d’une densité telle qu’il ne daignait pas se faufiler entre vos papilles. Muet. Maintenant, il affole mes souvenirs de cerisiers et de buissons de framboises et de myrtille. Et le Père Dumas avait raison

« Rien ne fait voir l'avenir couleur de rose, comme de le contempler à travers un verre de chambertin.»

 Il m’enveloppe de parfums exotiques de résines et de sèves rares. Il embaume la cave de truffe, d’épices marocaines, d’un peu de pierre mouillée aussi. Ce pif là mes petits amis, c’est le catalogue du passé mort et enterré. Que dire de ce vin ? Je ne peux en hommage que lui offrir c’est paroles intemporelles du Grand P.D. comme il s’appelait lui-même et dire qu’il était

 « Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de Soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au Soleil. Plus long en bouche qu'un final de Verdi. Un si grand vin que Dieu existe à sa seule vue. »

Digression : quand j’étais gosse, on allait chapardé des pommes goûteuses et odorantes dans les vergers. Dans les vergers, il y avait des vaches. Les vaches faisaient caca, sur les pommes parfois. Des pommes pleines de bosses, de griffes, de tavelure, de boue et de merde. Et nous les ramassions. Nous les mangions. Bouh…. Activiste ! Remise à niveau ! Section bonnes pratiques prophylactiques.

Et puis mes amis, ce nectar là, il fait son nid duveteux dans votre bouche et y reste pendant des heures. C’est une caresse, un baiser volé à la fin d’une nuit d’été. Un été d’il y a 60 ans, époque où il arrivait aux nuits d’été d’être tièdes après des journées torrides.

Ce vin né sur les coteaux de Gevrey, là où aujourd’hui s’étendent des Ha de terrains de golf luxueux réservés à l’élite du parti, ce jus de 2005, année de naissance de mon fils, je le gardais pour le boire le jour de ses 20 ans. Nous ne l’avons jamais partagée.

Mon fils est un militant de la première heure. Il ne boit pas d’alcool, ne mange pas de viande. Bien sûr, il ne fume pas. Et il a sa carte du parti. Et ses enfants sont de jolis robots tout propres qui croient tout ce qu’on leur débite sur le net. Ils regardent leur Grand Père comme une vieille chose malsaine abandonnée au fond d’un quelconque musée des horreurs. Pourtant, aucun de mes charmants rejetons ne sait pour mon « souterrain ». Ma femme non plus. Mais ma femme, il y a longtemps qu’elle est partie. Apparemment, je suis devenu un insupportable vieux con à la longue.

Il y a trente ans, quand tout a basculé, après la Grande Insécurité, j’ai eu une sorte d’éclair de lucidité (au moins un dans ma vie). J’ai construit mon abri dans le plus grand secret. Un salon avec une bibliothèque et une cave attenante. Et si mes rejetons savaient, ils me dénonceraient à une des ligues chères à notre bon président Sarko. Et je passerais quelques années dans un centre de remise à niveau. Je deviendrais un gentil légume. Un légume tout propre et sain, mais une adorable courge quand même.

Puis, je pense pour ne pas perdre complètement mon fils, je me suis inscrit au parti. Je suis devenu un de ses cadres régionaux. Je me suis fait pas mal d’argent. J’ai pu bénéficier, avec mon oseille et ma carte, des meilleurs égards de la médecine moderne. J’ai beau avoir 95 ans, j’ai le corps et la santé d’un gars de 40 ans. Les médecins m’ont annoncé que mon ravalement de façade et de plomberie tiendrait une bonne trentaine d’années.

D’ici là, m’a annoncé le grand échalas tout sec qui a supervisé les opérations, la technologie aurait évolué me faisant repartir pour 50 bonnes années.  Bref, je suis virtuellement immortel comme beaucoup de mes contemporains apathiques. Une immortalité extrêmement longue, surtout vers la fin. Une immortalité sans vin, sans barbecues, sans potes autres que virtuels, sans livres couillus (est-ce que la nième biographie du président à vie Jean Sarkozy peut être considérée comme enrichissante ?). Un immortalité très, très chiante. Je vais vous révéler un truc sur l’immortalité. Si on n’y prend garde, elle vous tue à l’intérieur, là où ça compte vraiment de vivre. Immortel, on se lève le matin sans urgence. On remet si facilement au lendemain, au mois prochain, à l’année prochaine, au reste de son long temps à vivre, jusqu’à ce que nos jours, tous nos jours soient vides et mornes.

Mais il y a pire. Immortel, nourri (mal, mais suffisamment), blanchi, bien calé devant un écran à recevoir des "nouvelles"  de tes potes virtuels, tu te retrouves dans une bulle douillette, assoupi, tout mou. Les rares moments où tu te surprends à gratter la pellicule du bonheur new style, tes rares moments de lucidité, quand tu te bourres la gueule en secret, quand tu lis des œuvres subversives du passé terne qui brille pourtant du vernis des souvenirs attendris, tu t’aperçois qu’il manque des choses à ta vie de rêve sans maladies : le rire, la folie et surtout l’espoir. Il y a longtemps que je n’espérais plus rien.

Comment en est-on arrivé là ? Je n’en sais rien. Sans coup d’état, sans violence, de notre plein gré semble-t-il. Le sarko, nous l’avons élu. On n’a rien vu venir.

Je pense que ça a commencé dès les années 1990 puis les 10 premières années après 2000 ont été cruciales. On fumait, on se saoulait, on mangeait des steaks grillés avec des sauces délicieuses pleines de lipides, les petits gars. Il n’y avait ni blogs, ni facebook, ni real friend. On rencontrait des gens, on les touchait, on les embrassait. Et des fois on se faisait même frotti-frotta sous la couette ou dans un bois, une grotte, du foin. Des tas d’endroits avec des germes.

On avait des potagers. Mon voisin faisait son miel. Hé, les jeunes, vous voulez que je vous achève ? On mangeait même des fromages au lait cru avec du lait qui sortait du pis d’une vache et on laissait les frometons dans des caves humides se couvrir de champignons pour que le goût et le bonheur s’invitent dans leur croûte.

Petit à petit, on nous a appris que vivre était dangereux. Les premiers à en avoir pris plein la gueule, ce sont les fumeurs. J’étais content, je n’ai jamais pu supporter la fumée de cigarette. J’aurais du me méfier… ils n’étaient que les premiers.

Bientôt, on nous a dit que toutes nos habitudes alimentaires étaient malsaines : boire de l’alcool, manger gras, manger de la viande, manger des choses sanitairement libres. Quand j’y pense, ça venait de partout : déclarations de ceci pour les apiculteurs, déclaration de cela pour les laitages crus. Interdiction n° untel pour les producteurs d’œufs. Interdiction de produire et échanger ses propres graines. Interdiction des préparation bio non homologuées (la fameuse croisade de l’ortie en 2015). Après, ils sont descendus dans nos potagers, nos caves, nos frigos. Pour contrôler. Pour interdire. Pour notre bien. Pour que nos vies soient longues et nos nuits douces et surtout qu’elles ne coûtent pas trop cher à la sécurité sociale.

Et nous petit à petit, absorbés par nos boulots, notre santé, des milliers d’émissions télé pour veaux et surtout le web et les nouvelles amitiés virtuelles (ah, les réunions de salon en 3D holo de real friend !), nous avons petit à petit perdu notre capacité à réfléchir, à nous indigner, à nous rassembler. Nous avons laisser faire. Surtout qu’il y avait les épidémies, l’islamisme, l’insécurité, le terrorisme, la pollution. Il fallait bien que quelqu’un nous protège non ?

Mais le pire évidemment, ça été le réchauffement. La fonte des calottes polaires. La montée lente mais inexorable et beaucoup plus conséquente que prévu des eaux. En 2012, les premiers travaux sérieux de protection de la côte ont été entrepris. Mais en 2018 déjà, de nombreux spécialistes s’alarmaient de l’insuffisance des travaux. Deux ou trois inondations catastrophiques plus tard, les autorités européennes ont décidé la construction de la Grand Digue de l’Atlantique. Une muraille colossale allant du cap nord à Istanbul. Chaine de digues, dunes, digues mobiles… Ces travaux monstrueux, un capitalisme de plus en plus sauvage, le vieillissement de la population ont vite eu raison des budgets européens.

Une grande période d’instabilité s’en est suivie entre 2022 et 2028. La Grande Insécurité. Si dans les classes aisées et moyennes, nous étions déjà lobotomisés et passifs, à la base, ça crevait de faim et de misère. Je pense que si nous les avions rejoint, le monde aurait basculé. Mais nous sommes restés le cul calé devant la télé à regarder le journal de 20 heures présenté par Zemmour. Et le parti du renouveau est arrivé. Conglomérat de partis très à droite, à droite et décomplexés, régionalistes, nationalistes divers et variés… Il est arrivé et nous a dit : laissez-nous faire, tout va s’arranger : l’eau qui monte, l’insécurité, la pauvreté. Fermez juste les yeux deux secondes et quand vous les rouvrirez, tout ne sera que calme et volupté. On a voté. Et on a fermé les yeux. Et quand nous les avons rouverts, la Grande Digue nous protégeait de la mer, les pauvres étaient rentrés dans leurs banlieues, Jean Sarkozy était notre Président et notre vie était réglée comme du papier à musique : de l’eau aromatisée, du pain sans gluten et des jeux télévisés. Le bonheur.

Je vide la dernière lampée de mon Cazetiers. Il va encore vivre deux ou trois minutes dans mon gosier et puis il aura disparu. Pour toujours. C’était peut-être le dernier exemplaire de cette œuvre d’art sur terre.

Mais je souris. La digue a lâché. Les autorités sont désemparées. Apparemment même si personne n’en parle plus, il y avait encore des banlieues avec des pauvres vindicatifs dedans. Apparemment le troupeau des immortels aisés a cessé de bêler.

Les gens n’étaient pas tous lobotomisés. Ils sont dans la rue. Ils dressent des barricades. Ils se battent. Et moi, j’ai un pistolet. Et moi, je ne veux plus être un spectateur. Un type terré dans sa discrétion. Et moi, je vais les rejoindre. Et lutter. Et mourir, peut-être. Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai peur de mourir. J’espère continuer à vivre longtemps.

J’espère que le parti du renouveau va être renversé. J’espère que les insurgés ne me verront pas juste comme un membre du parti. J’espère que je saurai me servir du flingue. J’espère que je pourrai acheter un petit lopin de terre et y planter de la vigne.

J’espère.

 PA080173

 

Par le rustre - Publié dans : Du pinard dans les veines - Communauté : Le Vin Dans Tous ses États...
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