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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 08:47

Comme d'hab, montez le son, cliquez les liens avec le bouton droit pour ouvrir dans un nouvel onglet et continuez à lire. Si vous cliquez sur les noms de vins, vous tombez sur l'article les décrivant.

Et pour suivre l'actualité de ce Vendredi du Vin number 31, proposé par Eva Robineau du site OENOS, c'est ici. 

 

Là. Déjà question titre, me voilà rhabillé pour l’hiver. Si je ne draine pas la foule hétéroclite, salace et néanmoins anglophone du web avec ça…

Hé messieurs les rostes bifs, vive Jeanne D’Arc !

J’aurais pu faire "Wine drinkers, hell raisers" aussi, comme ceci ou cela mais bon… les puristes et autres sous-catégoristes diptérophiles m’auraient rétorqué que j’étais doublement à côté de la plaque.

Bon. Je ne suis ni musicologue ni œnologue. Grand bien me fasse. Quand je bois du vin ou quand j’écoute de la musique, j’ai une attitude assez basique : je fais ça avec mes tripes. Non, non, pas avec mon cœur ou mon âme, avec mes tripes. C’est basique, bestial mais aussi jouissif : tu bois, tu écoutes (ou tu lis, tu regardes) et ça te percute ou pas, ça te touche ou pas. Ca te fait une espèce de vibration agréable et profonde d’ici à là. Et si t’adhères pas, Fuck you ! Passe ton chemin.

Tiens, c’est d’ailleurs le premier point commun que je vois entre le vin et le Rock : les critiques. Quand un vin, un air, un livre, un film te percute, c’est une question de vécu, d’histoire, de blessures profondes, d’aspirations secrètes. C’est la rencontre entre l’œuvre d’un ou de plusieurs humains et la singularité d’une personnalité, la tienne baby. Bref c’est un événement unique et non reproductible. Et comme tel, le moment où tu rencontres un accident de l’existence pareil, tu le savoures mon pote et le monde peut bien se ramasser une météorite sur le coin de la tronche, tu t’en fous.

On me rétorquera que, bref, tu aimes ou pas. Et c’est un peu simple. Ce à quoi je répondrai à mon tour que ce n’est pas tout à fait ça et puis que la simplicité peut être une vertu. Mais de toute façon, oui, c’est un peu simple de dire que c’est une question de goût ou que tous les goûts sont dans la nature comme disait le bouledogue qui se léchait le derrière.

Un vin, une chanson, un bouquin tu peux aimer ou pas. Tu ne dois pas perdre de vue pour autant deux grands principes.

A. L’empathie : derrière une œuvre humaine, tu as un humain, de la sueur de la joie et de la peine.

B. C’est beau d’avoir un avis mais pond un vin ou un tube et après, ouvre ton bec.

C’est la subtile frontière si facilement franchie entre le" j’aime pas" et le "c’est de la merde."

Vous me direz que je sors des lieux communs.

Mais alors, pouvez vous m’expliquer pourquoi on voit prospérer à longueur de web et de magasines spécialisés les avis plus ou moins autorisés des critiques et autres prescripteurs de tout poil, pros ou pas, porte-paroles autoproclamés d’un bon goût qui n’est jamais au mieux qu’un lieu commun facile à gober qui zonzille de ses petites ailes dans l’air du temps, au pire le signe grossier d’une suffisance à peine supportable ? Pouvez-vous me dire pourquoi une discussion peut déraper si facilement dans le péremptoire et la certitude arrogante ? Alors que vin comme Rock sont tellement subjectifs ? Alors que tout ça est si peu sérieux.

Plein de vie, de larmes, de travail, de génie et de souffrance, oui, mais vraiment pas sérieux. Voilà.

Et donc moi je bois et j’écoute ce que je kiffe. Les avis directifs qui me signifient avec autorité doctorale ce qu’il est correct de pouvoir apprécier, je les laisse glisser sur l’indifférence tranquille de mon mépris apaisé.

Dit autrement…

J’en ai rien à foutre des avis autorisés et des mecs qui ont raison sur tout. Des glandus qui ont toujours goûté mieux, moins cher, plus minéral, plus bio, moins commercial… Je les emmerde ! Plus civilisationnel ou moins bobo, je m’en cogne. Moins ceci, plus cela, bois avec tes tripes et tes burnes. Il n’y a que ce que tu sens qui compte man ! Yeah Rock’n roll !

Certes…

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Jimmy Hendricqsckxx avant son dernier concert. Il est un peu pâle.

 

Sinon, Rock et vin, je trouve ça difficile à acoquiner. Un question de rythmes pas trop en phase je pense.

Alors, me direz-vous, ce gros blaireau rustique va encore nous cracher une copie un peu décalée pour ne pas dire franchement un peu à côté de la plaque, en nous balançant quelques liens et en nous tapant des photos d’insectes qui jouent de l’air guitar. Que nenni !

Il faut bien choisir le vin et la chanson, c’est tout. Pour moi, le choix est vite fait. C’est le soir, c’est un truc classe qui se boit tout seul tout en recélant la capacité de te faire douter de l’inexistence de Dieu.

Là comme ça, à chaud, si je devais remonter un truc de ma cave, je dirais Montcalmès 2007, Seigneurie des Cambous 2004, Pinot noir XXC Stoeffler 2005 ou Savennières Roche aux Moines du domaine Laroche 2001. Bref de ces vins qui sont complexes mais harmonieux, denses mais légers à boire. Des trucs qui te vrillent l’âme dans le calcif.

C’est un bon feu de bois qui crépite, une lumière tamisée.

Puis, c’est Comfortably Numb de Pink Floyd mais la version live sur "Delicate Sounds of thunder", la version où pendant le solo final, les flamands roses s’envolent sur un lac lointain d’Afrique dans un crépuscule d’ombre, de feu et de fin du monde. Trois verres bien remplis de Montcalmès et quand Gilmour commence à faire pleurer les notes tu te retrouves aile contre aile avec tes congénères dans un chaos de plumes roses et une foule d’yeux froids. Les eaux étincelantes t’aveuglent. Tu y plonges. Tu coules. Tu es bien.

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Le dernier concert de Pink Floyd au Kings of Eghezée Stadium. Un moment inoubliable.

 

A côté de ça, tu as des vins qui ont de toute évidence la Wock ‘n Woll attitioude, comme on bave avec l’accent. C’est le cas de ces Cheverny que pour être un peu "rassemblé envers moi-même" je vous livre à part dans un deuxième billet (parce que comme ça vous cliquerez sur mon blog et ça fera du trafic). Hey, mother fucker ! T’en as beaucoup des blogueurs qui pondent DEUX billets pour UN VdV. Yeaaaaaahhhhhh Rough boy ‘s way of life !

Je décris ces trois vins comme ayant un aspect canaille mais en les buvant, j’entrevois aussi la dégaine molle et le regard torve d’un Mick Jagger ou encore j’entends le rythme un peu gras d’un blues électrifié bien boueux.

Ouais… le Cheverny 2009 de Tessier notamment. Il collait parfaitement avec la soirée où nous en avons éclusé des caisses. Une soirée de quarantenaires regardant courir leurs gamins emportant leurs souvenirs de liberté et de jeunesse. Une soirée délirante pleine de rires francs mais un peu effrayés aussi, du genre à bien maquiller un léger désespoir. Un rire entre la blague de pouilleux et la balle de revolver, tu vois ? Une soirée de mecs qui avaient 20 ans à la charnière des 80’s et des 90’s. Du coup, c’est à un regard ondoyant au gré du vin (enfin pas que) entre le génie et la folie crasse que je pense… un regard de cinglé hanté… parce qu’il avait compris.

 

Mais on ne va pas finir le billet comme ça. Parce que le Rock, c’est aussi les meufs qui tombent comme des mouches devant la bête de scène que je suis. Alors, les mecs, les gonzesses, préparez-vous à suer des gouttes de tendresse bien moite, on finit par un slow rustique, que dis-je l’hymne national skette braguette des Rough boys*…

Yeaaaahhhh Je veux rester seul dans le noir.

* Skette braguette : expression rustaude liégeoise. Désigne un slow particulièrement rapproché et collant de nature à exploser les fermetures éclairs des protagonistes.

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commentaires

Hub 30/11/2010 22:14



Ouais, continue d'écrire avec tes trippes, c'est bien le plus intéressant !!! Des discours convenus, il y en a assez la RVF...


Pinot noir XXC de Stoeffler, voilà aussi un pif qui a été fait avec des trippes. Faut avoir des couilles pour braver ainsi les stupides réglementations. Mais le résultat est là. Je l'avais goutté
en 2008 cet été au domaine. Emballé sur le champ !!!



Bourgogne Live 26/11/2010 14:38



Le solo de Gilmour tourne à fond pendant que je t'écris ce commentaire!!!!!


The Wall, je me le suis pris en pleine adolescence et en pleine face :-)


Alors mes tripes s'en souviennent encore...


Ah oui encore un truc...j'adore ton style rock'n 'roll!


François



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