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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 17:00

 

Quoi de mieux après quelques semaines de vacances que de reprendre le flambeau avec un bon petit post fourre-tout et badin à souhait ? Parlons donc de tout et de rien. Surtout de rien, puisque c’est essentiellement de télévision qu’il va être question ici.

Après m’être retrouvé au milieu d’une tempête assez impressionnante le 14 juillet près de Ciney, après quelques semaines de syndrome de la page blanche plus communément intitulé « flemme de trouver des idées », après un été passé à combattre, le froid, le chaud, le sec, l’humide au potager, après avoir passé quelques jours très calmes en Lorraine, je vous assure que j’ai un tas de trucs rigolos à raconter durant les prochaines semaines. A bloc qu’il est regonflé le rustre !

Mais commençons donc par quelques badinages et autres futilités. Quand on parle futilité, on ne peut qu’évoquer la télé.

Figurez vous que lorsque j’étais adolescent, j’étais très télé, pas génique mais phagique, c’est tragique. Je ne ratais aucun zapping, je dévorais X-Files, et j’étais abonné aux sketches de Garcia et De Caunes. Bon sang c’était la grande époque de la poilade télévisuelle les années nonante (quatre-vingt dix pour les compliqués). Boudiou quelle série : les Inconnus, les Nuls, Garcia et Decaunes, les Deschiens, les Snuls bien entendu pour les belges. Et strip-tease l’émission qui vous déshabille…

Puis à la fin des années nonante, installé à mon compte avec pas beaucoup de sous, j’ai abandonné la télédistribution et me suis retrouvé pendant plusieurs années à ne pouvoir me taper que notre chaîne publique nationale et ses dérivés. Oui, j’avoue m’être parfois gélifié le cerveau des heures durant devant Louis la Brocante, Joséphine et Julie Lescaut. J’aime les séries policières mais FBI portés disparus, à la cinquième diffusion, ça lasse, on voudrait que ça disparaisse.

(ici, silence. Puis bruits de portes lourdes qui claquent et de serrures moyenâgeuses qu’on actionne bruyamment. Et puis le vent de la solitude du reclus coupé du monde.)

Et voilà l’incongru rustique, amis et voisins… Cette dernière décennie extraordinaire qui a vu l’éclosion de la téléréalité (œuvre aussi essentielle pour l’humanité que les tranchées de la guerre de 14), la ponte de séries en série et les talk-show gloubiboulgas, Je l’ai ratée.

La Star Ac’, la Nouvelle Star, Lost, Prison Break et même "on n’est pas couché", j’en ai entendu parlé, j’ai lu des trucs dessus, j’ai même suivi de temps en temps 15 minutes de l’un ou l’autre en passant chez des gens normaux qui avaient la vraie télé, mais c’est tout. J’ai vécu ces foutaises de l’extérieur, de très loin depuis une autre planète pour tout dire. Pour ouvrir une parenthèse, par show gloubiboulga, j’entends un de ces patchworks télévisuels où on rassemble autour d’une table un peu de tout ce qu’on croit qui fait plaisir au public : des has-been des années 80, des peï artistico-politico-littéraires qui ont un truc à vendre, pour parler de tout et de rien, surtout de rien et on fait du vent à te faire marcher une batterie d’éoliennes d’une capacité à illuminer Paris pendant 15 jours. Un exploit sachant qu’autour de la susdite table il y a rarement des lumières.

J’aurais pu m’en passer des années durant probablement. Il y a tant d’autres choses à faire de ses soirées. Et puis après le labeur, l’arrosage du jardin, la dégust de pinard, la vaisselle et tout le toutim, quand t’es tellement vanné que plus rien ne rentre ni ne passe dans ton ciboulot, ben Julie Lescaut finalement, c’et pas si mal. Mais voilà, grâce à un opérateur de téléphonie belge à la fois généreux et hégémonique, mais bien plus hégémonique que généreux en fait, qui me fournit à la fois le net et le téléphone, la télé on pouvait l’avoir « gratos », enfin payée par les tarifs prohibitifs de téléphone et de web je veux dire. Devant la combinaison estivale de la coupe du monde, de Roland Garros et du tour de France sur notre une nationale, férus de sport que nous sommes, ma femme et moi, nous avons craqué.

A nous l’univers multiculturel des centaines de chaînes à thème ou sans, les feuilletons à la page et les jeux télé défiant les lois de la gravité jupitérienne (qui n’est rien moins que la même loi de la gravité que celle qui prévaut sur Saturne ou Mercure, voire que celle qui régit les déplacements des coureurs du tour de France… ah non, là c’est peut-être pas la même mais enfin).

A nous les Lost, Experts et autres Prison Break. A nous les débats qui clashent tellement que t’en retrouve des éclaboussures sur you tube, les paillettes du nouvel intellectualisme (en solde) parisien, les Cauet, Ardisson, Zemmour et autres philosophes cathodiques protestant de toute leur autorité ondulatoire contre … tout : de la calvitie des calvinistes bantous à la phobie saussiçonique des Ayatollahs Evinistes.

Enfin, nous allions pouvoir briller dans les conversations de nos soirées entre amis et cesser d’être encabanés comme des parias, des lépreux croûtés ou des Roms en France. Tiens parenthèse, comment qu’il disait Bénabar ? Ah oui : « Faudrait quand même pas qu’ils oublient, qu’on a gravé fraternité sur le fronton de nos mairies ».

Enfin donc, nous allions pouvoir accéder directement au plat de cacahuètes à l’apéro plutôt que de se les faire lancer par les autres convives dans la cage où on nous claquemurait sans faute après notre aveu terrible de ne pas savoir qui était Eric Naulleau. Que dire de la souffrance de l’homme lorsqu’il est rejeté par ses pairs, de l’inexorable fatalité d’un regard meurtrier autant que bovin face à notre méconnaissance des exploits du jury de la Nouvelle Star ?

Et puis zut, marre aussi des mièvreries grotesques de cette enquiquineuse de Joséphine, du sourire niais et suffisant de Louis la Brocante, des émissions d’Armelle où, faute de chanteurs, autres qu’Adamo je veux dire, vous pouvez être sûr de voir, à un moment ou à un autre, Kroll vautré dans un siège sans rien de comique ni d’intéressant à dire !

Et donc, content qu’il était le rustre de revenir dans le monde moderne.

Mais bien vite, il me fallut déchanté…

La vâââââche ! C’est encore pire ailleurs dis-donc !

J’allume la téloche au hasard et sur qui je tombe ? Sur mon brocanteur préféré… un épisode que j’avais déjà vu dis-donc en plus ! Je zappe et paf Mimie Mathy, alias l’ange aux effets spécieux ringards… Mais ne me dites quand même pas… Si si, sur les chaînes françaises aussi on passe « Père et Maire ». La vââââââche ! Y a même FBI portés disparus. Z’inquiétez pas, on les a retrouvés… les mêmes épisodes qu’en Belgique.

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Encore un suspens insoutenable avec Julie Lescaut... enfin pendant 5 minutes. Parce qu'après, on le sait bien que les deux affaires de l'épisode ont un lien et que le commissaire va se téléscoper avec sa fille. Z'ont pas mal au crâne le soir les scénaristes français.

 

Bon… une bonne chose, il y a des pubs qui ne passent pas sur la RTBF...

Et effectivement, il y a plein de séries, mais plein hein ! Au point qu’après une semaine, je les confonds toutes. D’autant plus qu’il y a les mêmes séries sur plusieurs chaînes, mais pas les mêmes épisodes. Moi qui aime la Science-fiction et le fantastique, et encore plus le glauque post-apocalyptique, je suis déçu. Ce que je découvre à travers ma lucarne élargie sur le monde, ce sont essentiellement des séries policières, j'aime aussi mais moins.

Séries policières qui vont du banal couple trublion–flic, souriant et coloré surtout quand le flic est jolie fille, et ce que le trublion soit un écrivain, un voyant ou un maniaque perclus de TOCs, à la série franchement grisâtre en bureaux crados voire carrément Horsttapertiens.

Toutes les mêmes ces séries en fait, ou à peu près. Il semble qu’ils changent quand même de temps en temps les acteurs, mais je n’en suis pas tout à fait sûr. Mais pour le reste... question scénario…pfiou, l’agence tout risques c’était autre chose quand même… des fois on souriait et puis ça pétait dans tous les coins. Ici de l'anatomie de tous ces causeurs coincés et politiquement corrigés en costard cravate du FBI , on doute qu’aucun vent ne sorte jamais, hormis celui de l’ennui et du convenu. Di djiou ! Starsky et Hutch, z’étaient moins coincés du slip quand même.

 

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Le papa expert sur la banquise. Les experts, jamais de rumba dans l'air même si le smoke est de travers...

Le plus fun c’est les experts… Une mine intarissable apparemment ! Les experts, les experts à Manhattan, à Miami, à Arlon, à Nice pour les vacances mais aussi les experts à la plage, les experts font du ski, les experts prennent le train, les experts et l’arc-en-ciel magique, les experts sont malades… Les experts ne vont pas à l’école… Les experts ont perdu Doudou… Ah non, désolé ça c’est Tchoupi !

C’est fou d’avoir entendu parler, parfois en termes dithyrambiques de toutes ces séries modernes qui « renouvelaient » le genre, allaient « plus loin », dans la presse, à la radio, par des copains… puis de les voir en vrai et de se dire, ben merde, ça n’est que ça ? Retournons vite regarder Père et Maire ! Ou ce bon Louis qui ne manque jamais d’ouvrir une bonne boutanche de rouge avec son ragoût ou son saussiflar, lui.

Bon zappons… Ah une redif de la fameuse « Nouvelle Star » sur Plug RTL. Qu’est-ce-donc ?

Bigre ! Ca vole… mais bas quand même dis-donc. Définitif comme truc. J’en reste sans voix. Ouaw… les mecs, et après ils vendent des disques ? Ben mon cochon. Une fois de plus, que de la pâle copie ce truc.

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L'impitoyable jury en action, mais le candidat se rebiffe.

 

Fin des années 80 ou début des 90, en Belgique, nous avions une émission pour jeunes talents terrible (l'émission, comme le suggère l'usage du singulier, pas les talents qui n'en avaient pas toujours ou alors un talent très singulier qui aurait mérité l'usage du pluriel).

Ca s’appelait « Tête d’Affiche ». Pour ceux qui n’auraient jamais vu, voici le principe de l’émission. Un jeune talent arrivait sur le plateau et se mettait à chanter, parfois pire encore que les jeunes étalons de la Nouvelle Star. Souvent mieux quand même. Le public de l’émission appuyait sur je ne sais quel bouton pour dire s’il aimait… ou pas. Et s’il n’aimait pas camarades, ça giclait dru ! Les deux pans d’une sorte d’éventail se refermaient inexorablement devant le chanteur. Et si l’éventail se refermait complètement, chanson finie ou pas, on coupait le sifflet du type et vlan. Tu imagines ce qui devait se passer dans la tête du gars qui hurlait sa mort sur la scène quand le volet se refermait devant sa tronche. Alors à côté de ça, les rodomontades poussives et parfois grossières du Jury de l’émission d’M6… hum. Surtout quand on songe à l’autorité musicale sidérante voire intersidérale, de quelqu’un qui a interprété des trucs aussi radicaux et élévateurs de l’âme humaine que « banana split ».

Il y a pire sur TF1 : secret story. Mais là j’ai zappé trop vite pour émettre un commentaire. J’ai brièvement aperçu un imbroglio de poufiasses siliconées et de bellâtres basanés qui jouaient à qui cocufie qui (à la radio, au jeu des dictionnaires, nous en Belgique, on a le jeu du qui quette qui, c’est plus fin). Une souillure de l’âme ce truc. Oublions. Et essayons de ne pas imaginer quelles turpitudes fangeuses et quelles humeurs purulentes occupent l’esprit des gens qui regardent et qui aiment ça.

Et s’il y a des choses radicalement différentes (Patrick Poivre d’Arvor a changé de maquillage, de perruque et de sexe dis-donc !), d’autres restent inoxydables.

Fort Boyard. J’aimerais connaître la marque de la crème de nuit du père Fouras. Il ne bouge pas le mec.

Patrick Sébastien. Toujours là, indéboulonnable le type. Toujours à faire la même chose avec à peu près les mêmes mecs. J’avais nettement l’impression d’avoir perdu la télédistribution la semaine avant seulement, rassurant le mec.

Patrick Sabatier... que je croyais au placard mais non, il est bien là, un peu décati mais là.

Boudiou, z’ont toujours Evelyne Délias en France ! Et pas que ! Carmouze et Dechavanne font toujours des trucs avec des bébêtes, Drucker dit toujours « Formidable », La nunuche de la roue de la fortune est plus plantureuse qu’autrefois mais la roue tourne toujours… Déprimant !

Et le journal régionalisant de JP Pernaut-Ricard ressemble toujours autant aux guignols à moins que ce ne soit l’inverse.

J’avoue avoir fait de mauvais rêves en revoyant les frères Bogdanoff. Temps X dis-donc, en son temps était suivi ou précédé par des épisodes de la quatrième dimension ! Quelques manipulations de gluons plus tard tout a fusionné !

Bref, je commence à comprendre pourquoi mon opérateur téléphonique me refile la télé « gratos ».

Le vide ça ne se paie pas.

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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