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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 12:59

Il est des jours où il faut bien bosser, s’occuper de sa vie, de ses enfants, de son épouse et même accessoirement de soi-même. Ces derniers jours, j’ai un peu de mal à soutenir un rythme quotidien d’écriture et de publication. D’où un léger décalage qui fait paraître la rubrique du jeudi un vendredi. Vous voudrez bien m’en excuser ou mettre ce décalage sur le compte de ce foutu surréalisme belge à la con dont on nous bassine tant et plus. Mais je laisse maintenant la place aux écrits de l’Immmmense Professeur Nicodème-Abélard de la Tichauvent.

 

L’essaim des Saints

C’est Saint Vivien, Saint Victor et Saint Droctovée… mais qu’est-ce que ça peut fiche, ce sont les saints du jeudi 10 et on est le vendredi 11 , alors…

 

Encart publicitaire :

 

L’encyclopédie du jeudi vous est offerte par la ligne KILLER de RAPH LE LOUP.

 kadhafi 200b 03022009

La ligne Killer… cet été faites saigner le désert ! Et pendant qu'on vous bassine avec les droits de l'homme, pioncez sans en avoir l'air... avec Killer ! La ligne Killer... Recommandée par toutes les marques de sanguinaires !

 

Très édifiante et fort vénérable encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Par le très estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

Biorhodographie sommaire et pas assommante de l’auteur pour prendre un peu de hauteur.

Où il sera signifié que si la valeur n’attend pas le nombre d’années, l’imbécilité ne s’éteint pas avec la jeunesse et Jean-François entend siffler le train. Que c’est triste un train qui siffle dans la nuit.

Né le 31 juin 1925 à Baden-Baden sur Mad, en Lorraine. Décédé mortellement en l’an de graisse 2099 à Bora-Bora sur Meuse, toujours en Lorraine.

Professeur émérite des Facultés Universitaire Notre-Dame-de-Cache-ta-joie de Azay-le-Rideau. Chaire de géométrie variable relative quantique du tire-bouchon. Auteur de la très célèbre thèse "Pute et putain, c’est des restes du latin".

Professeur ordinaire à la Faculté de Micrométrie hasardeuse de Boulogne-Billancourt.

Professeur extraordinaire à l’Institut Florent Pagny d’Audun-le-Tiche

 

Révolution :

Action de celui qui décrivant un cercle, revient à son point de départ. La révolution est le plus sûr moyen d’abattre les dictateurs, les rois et oppresseurs divers et variés. La révolution est aussi le plus sûr moyen de mettre un dictateur au pouvoir.

Souvent, on donne aux révolutions des noms de fleurs : Révolution des œillets, du jasmin, des tulipes, de la rose, du camembert bien fait. Ah non, pas du camembert, c'est un fromage à croûte fleurie, pas une fleur. 

Quand je dis "on", j’entends par là, non pas le poète, mais le plus souvent le journaliste, journaliste qui est à la poésie ce qu’Herta est au jambon. Manque cruel de réalisme que ces grotesqueries florifères alors que les seules fleurs dignes des révolutions, ce sont les pissenlits dont on vous envoie manger la racine ou les chrysanthèmes qu’on met par-dessus la fosse commune.

Notez bien que la Saint Valentin n’a rien à voir avec une révolution même si c’est la Saint Fleuriste. Le premier mai non plus. Bien que correspondant au jour du muguet et également jour de fanfaronnade politico-poujadiste institué par les tenants de la rose, il y a longtemps que le premier mai n’a plus rien de révolutionnaire. Les turpitudes des susdits marchands de roses et d’idées généreuses restant, elles, révoltantes.

Aussi étrange que cela paraisse, on parle aussi bien de révolution dans le cas d’astres en orbite (le cas de la constellation du cheval reste dans les annales de la jument) que dans celui de révolutionnaires survoltés. Surtout ceux qu’on travaille à la gégène.

Dans le cas de patineurs élégants ou de rats de l’opéra aimant les entrechats et toutes sortes d’autres animaux poilus et virils, on peut aussi dire qu’ils effectuent des révolutions mais on risque alors d’avoir l’air d’un abruti ou d’un pédant.

Plus communément, on dira des patineurs, des danseuses du Bolchoï ou de mon cousin Gérard quand il sort du bistrot bituré au muscadet de bas étage qu’ils font des ronds, qu’ils tournent en rond ou encore qu’ils sont rond. Mais on ne dira pas qu’ils font la Révolution. Gérard lui, il pourra à la limite foutre un petit peu le bordel, mais bon…

Quant au Na, c'est parfois un énervé, pas un révolutionnaire. Certainement un footeux. 

Quant au Paon, c'est un salaud doublé d’un imbécile, puisque non seulement son nom évoque à nos âmes éplorées dans la fin de l’hiver qui s’amuit sans bruit dans la nuit, la vente d’armes qui font pan aux pires dictateurs scélérats de la planète, mais qu’en plus, il n’y a pas de paon à l’Académie Française.

Quoique. Des mauvaises langues me disent que ça s'y pavane pas mal des fois.

Mais peu importe, le paon ne fait pas la révolution, trop planqué ou trop malin, même sans être académicien.

Non. Le paon lui, fait la roue pour exhiber bêtement les plumes colorées qu’il a fourrées sur le fion. Notons en passant que le paon a au moins pour lui et pour sa descendance le bon goût de ne pas pleupleuter.

Il laisse ça aux foutus pics le soir dans le lointain ou à ces imbéciles d’oryctéropes. Non, monsieur, le paon ne pleupleute pas, il tolstoïe. Je le suppose enfin puisqu'il gueule léon à tout propos. Oui... Je sais, c'est très fin comme humour. Enfin, ce n'est guère épais. 

Le cri du paon n'est donc pas pan mais Léon, que l'emplumé individu gueule à tout rompre dès qu’il exhibe son fion orné de couleurs tellement criardes qu’à côté de ça, le Carnaval de Rio, c’est le festival janséniste des paralysés des zygomatiques à Tourcoing un jour de pluie.

Pourquoi gueule-t-il Léon et pas Robert ? Allez savoir ! Avec un fion coloré, il pourrait crier François que ça ne m’émouvrait pas plus que ça… (c’est con, moi j'aurais préfèré écrire "ça ne m’émeuvrait pas plus que ça". Mais c’est une faute. On écrit je m’émeus, tu te casoar).

Mais revenons en à nos tours de manège si vous le voulez bien. Et puis, si vous ne voulez pas, la sortie c’est par là, le soir dans le lointain avec tous les pleupleuteurs de votre acabit (également remarquable dans la constellation du cheval), accablant personnage.

 

P4260166

"La prise de la Bastille par Michèle Alliot-Marie" Peinture au pus naturel sur toile de jute par Maxime Le Fox-Terrier. 1748. Musée du Louvres.

 

Bon et donc, la révolution , c‘est quand des gens vraiment pas contents foutent tout en l’air pour en finir avec le pouvoir en place, pouvoir spoliateur et opprimant des masses compressées, comprimées, cons décorés (un con décoré n’est pas forcément un général, c’est particulier).

Il ne faut pas confondre la révolution et ses révolutionnaires, termes derrières lesquels on entend mugir les féroces soldats et les notes épiques d’une Marseillaise bien tranchante, avec la révolte et ses révoltés, termes qui cachent mal la mesquinerie d’une fâcherie bassement alimentaire aux relents de barre chocolatée fourrée à la noix de coco. Nonobstant, j’ai bien aimé la version avec Mel Gibson et la musique de Vangelis.

Faire la révolution, c’est porter le changement mais aussi l’instabilité, ce qui est mauvais pour les affaires. Et le pognon est le seul dictateur qu’aucune révolution ne pourra jamais abattre.

Le dictateur étant souvent le plus court chemin pour que passe l’oléoduc, il arrive souvent que la révolution soit détournée. Et c’est ainsi qu’après beaucoup de bruit et de fureur, de sang et de larmes, la révolution aboutit souvent au remplacement d’un joug par un autre, d’une classe dirigeante injuste et spoliatrice par une autre, d’une classe écrasée sous la botte des sangsues par... la même chose. 

Entamer une révolution ne se fait donc pas à la légère. Il faut de bonnes raisons pour cela. En général de basses contingences matérielles comme la faim et le désespoir suffisent. Fichtre, c’est que le peuple à de bien piètres aspirations : du pain, du vin, un écran plat.

Et tout cela, avec de bonnes chances de voir quelqu’un de son entourage finir de façon douteuse, voire grossière, du genre soirée devant un peloton d'exécution ou fin de saison dans une fosse commune.

Car…

Ne dit-on pas...

"Révolution en octobre, pogrom en décembre ?"

"Bastille en juillet, novembre au gibet ?"

"En juillet fête à Robespierre, les têtes tombent tout l’hiver ?"

 

Ces dictons bien connus laissent à penser que faire la révolution est dangereux pour la santé du peuple. Et en effet, des études scientifiques menées de concert (et c’était très joli, surtout l’adagio au deuxième mouvement) par l’Institut Max Havelard de Pampelune et l’Université Franco Il Caudillo de Brest, que le révolutionnaire ne supporte que moyennement la guillotine, presque aussi mal que l’échafaud, à peine mieux le peloton d’exécution.

Diantre ! C’est qu’il est fragile de constitution le révolutionnaire. Fragile et rancunier. En effet, les mêmes études démontrent que moyennant son lot de souffrances quotidiennes, le révolutionnaire est du bois dont on fait les plus cruels dictateurs.

 

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"La révolution d'octobre au café Pouchkine avec Nathalie" Fusain Surinamais de Gilbert Bécaud. Musée du voley d'Orange. 1962.

 

Toutes autres choses étant égales, mon frigo étant pourtant bien rempli et mon écran plat ayant suffisamment de pouces de diagonale pour bien faire du stop, j’aurais bien fait la révolution aujourd’hui, histoire de mettre un gouvernement en place en Belgique. Mais tout compte fait, on verra demain. Je vais rester chez moi aujourd’hui. C’est que le fond de l’air des matins de mars est encore frais et peu propice au déversement de flots de sang d’oppresseurs pour abreuver nos sillons. Et puis, ce soir, il y a Nicolas Bedos à la télé, alors…

 

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