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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 13:34

Bonjour,

Comme promis je prends la plume, enfin le clavier, ou la souris, pour préciser deux points de mon post de la semaine passée, intitulé avec beaucoup d'esprit et de finesse (si, si, inutile de rigoler sous cape) "Rouges de fruit, the sequel".

Mais avant, je voudrais attirer votre attention sur mes facultés de divination hors du commun, mes facultés de réflexion exceptionnelles et ma science climatologique admirable qui renvoient pêle-mêle Albert Einstein et Alain Gillot-Pétré au bac à sable, s'amuser au docteur non conventionné avec Marie Curie et Caroline Dossogne1, pêle-mêle aussi (normal quand on joue au docteur).

Je le répète depuis des semaines : le printemps arrive. Et ça y est, manifestement, il est là. Je sentais bien que ce serait pour la troisième semaine de mars, mais je ne voulais pas trop impressionner le lecteur, comme ça, d'un coup. Je n'aime pas donner le vertige aux gens.

Bon, revenons à nos moutons. La VVB, qu'est-ce donc ? Là aussi, c'est une manifestation lumineuse de la supériorité écrasante de mon intellect. C'est enfin une mesure scientifique, efficace, reproductible, imparable de la qualité réelle d'un vin. Exit gourous, prescripteurs, chantres de Hervé Effe et autres scribes vineux. Trompettes 2 !

Il s'agit de la VITESSE DE VIDANGE de la BOUTEILLE.

Exprimant le temps de descente (en heure) en fonction du nombre de convives qui se jettent dessus, elle peut se traduire par une fraction. 1/2 : une heure à deux ; 2/3 : deux heures à trois etc...

Bon, je déconne encore évidemment. Chassez le clown, il revient en trébuchant. Patatras !

Il n'empêche qu'à y regarder de plus près, c'est moins idiot et plus porteur de sens qu'il n'y paraît (enfin c'est moi qui le dit).

Quand je déguste, je m'attache à noter plein de détails : les arômes, l'équilibre, la matière... Quand je relis mes notes, je suis parfois surpris. Ces vins notés, je les déguste tranquillement chez moi dans le cadre familial. Comme mon épouse ne m'accompagne que très peu, autant dire que je siffle la bouteille "seul". Je commence le week-end et je termine gentiment, lentement, au cours de la semaine.

Il y a des vins, qui au bout d'un verre démontrent des qualités subjugantes, remarquables. Ils m'amènent à noircir des lignes et des lignes d'éloges, bien poussives à la manière d'un rustre. Pourtant, parfois (parce que rien n'est absolu en matière de vin),  ces vins remarquables restent dans mon frigo plusieurs jours voire jusqu'au week-end suivant. Rarement, ils terminent en sauce.

Et puis, il y a d'autres vins que je trouve bons, certes, mais pour lesquels, face à mon cahier de notes, j'ai du mal à trouver des qualificatifs. Et parfois (parce que rien n'est absolu en la matière), ce sont ces bouteilles là qui ont la VVB la plus élevée. En fait, elles se vident comme si elles étaient trouées par ailleurs que le goulot. Et quand j'en présente une à des invités, je remarque qu'elle subit un sort semblable.

Il y a des vins qui ne s'adressent ni à notre intellect ni même à nos perceptions. Ces vins-là nous percutent directement au coeur ou à l'âme, là en tout cas où résident aussi nos amitiés, nos moments privilégiers, nos plus beaux crépuscules. S'ils ravissent nos sens, ils échappent aux mots, aux descriptions, à la catégorisation, à la dissection. Ces vins-là dialoguent directement avec ce que nous sommes profondément. Ces vins-là échappent à l'absolu parce qu'ils tiennent une partie de leur magie de la valeur du moment, du temps qu'il fait, des gens autour de la table ou encore, simplement, de l'état de bonheur du dégustateur. Ces éléments-là, ces vins s'y glissent, en jouent, s'y déploient, sans qu'on sache pourquoi la mayonnaise prend.

Photo33

Et la daube caussenarde me direz-vous (Admirez mon art consommé de la transition) ?

Les gens du sud peuvent partir. Les ch'tis et les belges aussi, sauf s'ils ne connaissent pas. C'est une recette que j'ai goûtée pour la première fois aux Prunets, sur le Causse Méjean, non loin de Sainte-Enimie.

En gros il faut, comme vous le sentez, parce que cuisiner, c'est surtout s'écouter :

De la viande à daube. Bon belge, je prends des carbonnades de boeuf, mais ça doit être bon avec de l'agneau, et drôlement montagnard avec du sanglier. Je grille avec de l'huile d'olive, des oignons, des lardons, des champignons, de l'ail. Pour les champignons, c'est selon la saison. Sans aller jusqu'à la morille, ca peut passer par le champi de paris et le bolet bien ferme. Quand c'est bien doré, je mouille au vin blanc, copieusement. Là aussi cher lecteur, consulte tes goûts et tes envies mais moi, je carbure assez sylvaner/riesling, à cause de la fraîcheur apportée au plat. Ensuite, on y va généreusement sur le thym et les baies de genévrier. Poivre et sel, hop, je crois que c'est tout. Peut-être lier la sauce mais je ne trouve pas ça nécessaire.

Si tu trouves, ami gourmand, de la farine de châtaignes sur ton chemin, c'est idéal. Tu la transformes en une polenta grillée en quartiers dans une poêle et c'est le bonheur. Sinon, une polenta normale ou des bonnes vraies nouilles débordant d'oeufs et de beurre, c'est tout de même propre à réjouir la panse d'un honnête rustre.

Et pour boire avec ça ? Un peu de tout en fonction des ingrédients que tu y mettras. C'est sûr qu'avec la variante sanglier/cèpe/polenta à la châtaigne (the full monty quoi), un bojo nouveau va un peu dénoter.

Par contre avec quelques vins bourrés de fruit, de classe et d'épices provenant des pays où les cigales et les touristes nordistes te cassent les castagnettes, ça va onduler ferme.

Mais pour t'en faire décrire quelques-uns, cher lecteur, attendre la semaine prochaine tu devras.

Vive le printemps !


(1) : C'est grave ce qu'on trouve sur le net, non ?
(2) : pour les fins mélomanes bien sûr.

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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