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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 15:43

L’essaim des saints.

J’avoue que certains jours, il est difficile d’alimenter cette rubrique quand on ne vous sert que des Saintes Véronique (oui je sais, mais loin de moi ces facilités), Sainte Bérénice, Sainte Eugénie, Sainte Agathe ou encore Sainte Dorothée. Quoique, là pour illustrer le propos, sadique, implacable, je pourrais vous infliger ceci :

 

 

 

Désolé, le coup est parti tout seul.

Et du côté des hommes, Je ne m’entiche guère de Saint Eutiche, Saint Vulgis, je trouve ça banal.  Saint Gaston attend un coup de fil.

Heureusement, il y a Saint Agricole et là évidemment… je citerais Jacques Brel dans l'aventure, c'est l'aventure :

"J'vis de terre et d' bêtes, j'agricule quoi !"

 

Dicton.

"Quand en février de la crise belge tu trouves la solution. Crie Eugénie comme un couillon."

Cela dit crie au génie, cryogénie… ce n’est pas le moment de mettre nos problèmes au frigo. Verhofstadt l’avait fait et résultat, on l’a oublié et la date de péremption est dépassée !

 

L’aigreur du jour : le point sur la situation belge (bis)

Bon, cette fois, concentration ; je vous fais le point sur la situation du pays. Situation qui est moins grave que … désespérée. C’est que le Pays et son personnel politique sont malades. Si, si, je l’ai entendu à la radio : Didier Reynders consulte et Yves Leterme accompagné de tout son gouvernement a la courante. C'est-à-dire que toutes affaires cessantes il doit s’attacher au cabinet.

C’est dire.

Et pourtant, tout cela est bien complexe. Il n’y a qu’à écouter le concours national (c’est encore une matière fécale fédérale) de langue de bois du dimanche sur la rtbfeu, qui est au discours politique ce que la sculpture à la tronçonneuse est à l’ébénisterie d'art.

Si j’ai bien compris, quoique un peu dans le désordre...

Le nouvel informateur doit mettre ses parties sur la table afin d’éviter qu’on élargisse les bruxellois par derrière à l’insu de leur plein gré. Cela permettrait une reprise des relations contre-nature d’un coq avec un lion.

A y est ? J’ai tout bon ? Comment ça, peut-être pas ?

Ooooohhhh dommage Eliane !

N’empêche qu’avec tout ça, il se pourrait bien que le 30 février soit décisif pour la venue de mars cette année. Mais…. Que fait le gouvernement ?

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 17:31

L’essaim des Saints.

C’est la Saint Blaise et il est toujours aussi foutrement difficile de trouver une vidéo intéressante de Blèze sur le net. Quelle tristesse. Saint Anschaire, on me l’a dit, était un vendu. Quant à Saint Célerin, c’était assurément une grosse légume, du genre à te mettre à sa botte.

 

Un grand résumé de la situation en Belgique.

 

Alors si j’ai bien tout compris, le roi a désigné un nouvel informateur.

Il parait que dans la police, on appelle ça un indic, ou un cousin. Ca me fait penser à un film avec Timsit. Mon cousin, lui, dévorait à pleines poignées des vers de terre dodus et ventrus dont il faisait couler le jus par les commissures des lèvres avant de gober le magma infâme à grands renforts de grimaces gourmandes un peu surjouées. Ah, les lombrics ! Le simple fait de les évoquer me donne des envies de printemps, de terre amoureuse et odorante qu’on retourne au soleil timide mais si primesautier d’avril en culottes courtes. Et l’ouvrage terminé, on s’en va boire une bière glacée non sans une arrière pensée politique et patriote au déshonneur de tant de savoir-faire désormais aux mains d’un actionnariat cosmopolite pour lequel le pain de Sucre ou l’Atomium ne valent ni une messe ni un ciboire, pourvu que les dividendes rentrent.

Un nouvel informateur qui n’est autre que Didier Reynders, dont la mission…

Mission en voilà un film dont la superbe musique, signée Ennio Morricone me donne immanquablement des envies de vastes randonnées, les cheveux au vent, l'âme au soleil et les burnes irritées, sur les crêtes esseulées des Vosges ou sous les frondaisons moites des forêts lorraines riant à la corolle délicate des Ancolies du beau juin. Que ne donnerais-je pas pour me trouver en bordure du Lindre à siroter un gris de Marsal et à dévorer goulûment une part de quiche accompagnée d’une salade insolemment vinaigrée.

Une mission difficile assurément et… Oh et puis merde, on s’en fout !

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 17:08

Tête de veau et queues de langoustes, une recette sans queue ni tête. Préférez-y le Lièvre de mars cuit dès février. A la chandeleur pour que le lièvre prenne vigueur et ainsi retrouvez queue et tête.

 

Lièvre mijoté aux légumes rustiques, lardons et vin blanc.

 

Une recette rapicolante pour soigner les mots de langue.

Ingrédients : Un beau lièvre rose de Ravenne, des petits pois désaltèrent, des oignons dans la gueule, des lardons du Gardon, des légumes oubliés mais si vous vous en rappelez c’est mieux que sang : des panais bien nés, une betterave et une intelligente carotte, un pâtisson n’ayant pas trop pâti de la saison, puis tout ce qui vous passera par la tête si le cœur vous en dit pour prendre votre pied, sortir l’estomac de vos talons et ne plus se moucher du coude. Vive la liberté.

 

Les légumes doivent être capturés vivants au jardin, frais, que ça frétille encore dans sa cosse pour les pois.

Aux petits pois écossés, personnellement, je préfère les irlandais, mais faites avec ce que vous avez. Faites bien attention à prendre des petits pois verts car quand les petits pois sont rouges ils s’imbibent d’eau, comme on dit chez Michelin… Faites cuire à feu vif, le feu doux étant passé (au rouge) et depuis longtemps puisque "froid de janvier te tirlipimponne les pieds".

Lancez les dés de lard dans la poêle. Si vous faites un double six jouez encore une fois, sinon, passez votre four. J’aime le lard, j’en mets donc beaucoup. Il faut que la poêle soit bien couverte quand c’est cuit et que le lard refroidi. C’est très connu dans les camps naturistes. "Quand l’à poil a le lard qui refroidi, il se couvre."

Lancer les oignons, assez loin. Puis, faites les revenir. C’est pour cela qu’il est important de les lancer loin, pour que le retour soit long et difficile. Il faut en effet faire suer les oignons.

Idem pour la betterave . Faut l’envoyer danser. Une fois la bête rave party, bien la faire revenir le cul dans le beurre.

Découpez les légumes grossièrement.  

"Nom de dieu, bite au cul, giclure de moule mal rincée", conviennent très bien.

Si vous n’y arrivez pas, il faut les hacher encore plus grossièrement. En cuisine ça s’appelle concasser et vous conviendrez d’un con cassé que non seulement c’est grossier mais que  la banalité de la connerie ordinaire la rend encore plus vulgaire. Ce faisant, coupez court aux rumeurs brumeuses de la brunoise : Julienne n’est pas une paysanne comme les autres.

Tranchez net les panais. Puis enduisez les d’erreur, c’est déjà ça. Mais le meilleur pour paner les panais, c’est le mouton… de panure bien entendu. Vous verrez : un panais bien né pané c’est pain béni pour les nez pas bien niais et le palais pas laid. Et n’oubliez pas qu’un jeune pas né ne fera jamais un vieux panais peiné.

 

Prenez un beau lièvre affable à la Fontaine dont on ne peut boire l’eau. C’est un paradoxe. Normalement on devrait prendre un veau pour cuire sa tête en tortue si on voulait obtenir une vraie viande affable, la tortue étant cuite à point alors que le lièvre pressé, c’est moins juteux.

Pourtant c’est bien le lièvre qui est le plus affable quand il s’agit de se terrer dans une cruche à terrine. Malheureusement le lièvre taré terré, il faut le déterrer , n’hésitez donc pas à jeter la terrine à la Fontaine afin qu’elle se brise (mais surtout, ne buvez pas de son eau, faut suivre un peu, flûte, zut caca boudin).

La terrine du lièvre terré étant déterrée, mettez le lagomorphe à cuire à feu vif dans une cocotte et couvrez. Ne cuisinez qu’un seul lièvre, car il ne faut jamais couvrir deux lièvres à la fois.

Pressez les râbles pour en recueillir le sirop.

Découpez vos pâtissons avec une mandoline pour que les tranches soient plus harmonieuses. Ne leur jouer pas la sérénade, mais plutôt la marinade. Tirez le vin blanc, mais vérifiez au préalable la période d’ouverture. Il est vain de tirer le vin sans Vincent.

Mettez le tout à mijoter dans une cocotte mais surtout enlevez les plumes et les œufs.

Mijote, mijote. Longtemps. Mais pas trop. Est-ce précis ou est-ce pré sot ? Seul Georges pourra le dire.

Mais déjà, le tampax et il est l’heure de passer la serviette au cou (c’est plus hygiaphonique) et les fesses à table.

Car de la coupe au lièvre, il n’y a qu’une victoire, celle de la gourmandise.

Mais me direz-vous, que boire ? Peu importe, mais du vin et rouge et velu et ventru.

Et surtout n’oubliez pas. Je le répète souvent. L’alcool nuit. Ne buvez donc que le jour !

 

Amis épicurien ne peut atteindre, bonsoir !

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 16:37

 

L'essaim des Saints

Saint Théophane. Comme la rose un soir de triste brume, je suppose. Mais non…  Théophane, pour ceux qui ne changent jamais le contenu de la friteuse et sont donc adeptes de la Grèce Antique, c’est "la présence lumineuse de Dieu". Tout un programme donc. Outre le fait que ça doit économiser l’énergie et que donc c’est bon pour la planète, je plains quand même la femme à Théophane qui doit avoir du mal à dormir la nuit.  Saint Floscule, quant à lui est célèbre pour ce dicton populaire

"Si tu avances à la Saint Floscule, comment veux tu que la vase flocule ? "

Allez va, à vos crêpes tous et toutes. Une tradition ça se respecte. Et en l'honneur de tous les désespérés du monde, je me la flamberai au rhum brun. Ma crêpe... Je veux dire. Non mais.

 

L’aigreur du jour

Mon cousin Roger me demande de lui permettre une carte blanche sur mon blog. Il veut nous dire son sentiment quant aux révolutions qui secouent la Tunisie et l’Egypte. Roger à toi. Tu veux encore un muscadet pendant que tu écris ?

"Bonjour, je trouve les révolutions qui se passent maintenant en Tunisie et en Egypte scandaleuses !  Ca me file la gerbe de voir tous les cocos de la planète se réjouir de l’avancée de la démocratie et patati et patata. Mon cul oui ! Est-ce qu’ils ont pensé à nous ces cons là ? A moi et à ma femme Georgette je veux dire ? Ca fait dix ans qu’on va en vacances dans ces pays-là. Une année la Tunisie, une année les pyramides. Les sanitaires sont propres. C’est pas cher, on bouffe bien. Les frites sont acceptables. Le steack plutôt tendre. Et puis, y vont se plaindre d’avoir faim là les… enfin j’me comprends. Ingrats !

Mais voilà, je n’ai qu’un modeste salaire moi. Et dans ces pays là, au moins, ça mouftait pas. Et ça te raquait pas question prix. Qu’est-ce qui va se passer maintenant qu’y t’ont pris des goûts de liberté ces gens là ? Hé ben comme partout, ça va te prendre des goûts de luxe comme partout et pis qui c’est qui va l’avoir dans le baba, c’est bibi. C’est dégueulasse. Mais de quoi y se plaignent ces gens là ? Ils ont le soleil, les paysages, la mer pas loin. Mais non ! Ils râlent. Veulent du boulot… ben qui se sortent les doigts du cul et qu’ils en cherchent ! Moi, je peux vous le dire, quand je pars là-bas en all-inclusive, des malheureux, j’en vois pas beaucoup hein. Pffff… jamais contents ces gars là.

Enfin je dis ça, mais tant pis pour eux hein, si les prix augmentent, il paraît qu’il y a de bonnes offres sur Cuba pour le moment."

Heu… merci Roger. Mais je me demande si j’aurais du…

Evidemment, Roger n’existe pas mais… je ne fais ici que reporter une conversation à peine déformée entendue hier dans un commerce. Magnifique. Et triste à la fois. Y a pas à dire, quand ils partent, on dirait qu’ils reviennent…

Cela dit Roger, ma couille, tu as encore le choix pour aller t’éclater à bon marché chez des mecs qui mouftent pas et qui bossent pour pas grand chose. Mon pessimisme me dit même que révolution ou pas... ben les salaires, comment dire ?

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 13:56

 

Ode à La Joie 2008

Vin de pays des Côtes de Gascogne

Domaine de Joÿ

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Vin de pays ! En voilà une dénomination qui fleure bon la belle campagne française, les terrasses, les vacances et les petites exploitations où tout est bon : vin, foie gras, confitures…

Mais bon, les Vins de Pays n’existent plus. Grâce à la "European Acronym sound system", célèbre groupe de RAP genre langage texto (c’est nouveau, ça vient de sortir), un technocratique "IGP" glace les étiquettes en lieu et place d'un "putaing de Ving de pays" ravigorant.

Peu importe, en 2008, c'était encore le bon temps des VDP. Revenons-en plutôt à cette bouteille, dont le nom seul devrait permettre le remboursement intégral par la sécu en ces temps d’incertitudes où nos cités recroquevillées dans la peur sont parcourues par les loups et nos campagnes sillonnées par ces féroces soldats qui viennent vagir dans nos compagnes. Les mufles !

Le pops du bouchon, synthétique et court, est bien triste de froide plasticité, n’étais-je d’une haute valeur morale, mes sens auraient vite fait de cataloguer le vin comme technologique et putassier au seul discrédit de ce bouchon de pacotille. Ce que c’est con un délit de sale gueule.

Dans le verre, cet assemblage de colombard, d’ugni blanc (c’est qu’on tâte de l’armagnac par ici) et de petit et gros-manseng brille et la métaphore serait facile pour le dédaigneux. Genre... ça brille comme une boule à facettes de soirée disco-toc pour nostalgiques à paillettes des années 80. Ca clinque d’or pâle dans le corps et ça te monte jusqu’à l’or bien doré, comme Julien, dans les reflets. Y a du gras et de la lubricité dans les jambes qui se croisent et se décroisent sur le verre.

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Mais moi je trouve ça beau cette pluie d'étoiles, surtout quand la poudre d’anthracite plombe les nuages depuis deux semaines.

Tu vas me dire que ça va péter l’ananas en boîte, pire la macédoine de fruits de supérette.

Mais que nenni, prends donc ton bâton ferré et sillonne la poussière des chemins de Gascogne qui montent vers les contreforts automnaux des Pyrénées.

Ce nez là ne te pète pas à la gueule. Il fait dans la fragrance fine, la modération raisonnable. Je vais même te dire que je suis emballé aussi sec : séduisant, mûr, presque liquoreux. Du fruit et presque que du fruit, et quels fruits : citron, mandarine, nèfle. Mais pas que. Du miel, un peu d’épices et même un soupçon de vanille. C’est que ce blanc a connu la barrique (une barrique de blanc, barrique white quoi…).

 

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En bouche, ce vin montre toute l’utilité de ne jamais commenter un vin sur l’impression fugace d’un seul verre. Alors un fond… Je me gausse pis qu'une courbe de starlette.

C’est que l’attaque grasse et sucrée te fait vite regretter de l’avoir ouverte sur une sole au beurre. En apéro, pourquoi pas. Cependant, une forte et savoureuse acidité de "chique sûre" (tartrique si vous voulez) s’impose lentement mais sûrement. Sur la finale de la première gorgée, sur le milieu de la seconde, puis sur le deuxième verre. C’est que cette acidité vive persiste bien au-delà du vin lui-même, comme un fond musical qui  s’imprime dans une conversation de potes. Du coup ça rachète un peu les "exercices au sole".

Et les arômes rivalisent d’élégance : de l’ananas, pas en boîte, frais et mûr, du citron, de la nèfle, de la réglisse un peu plus fatigante et triste sur la finale. Et ça te tire sur les 10 secondes. Honorable.

Si je n’ai pas fini la bouteille sur le champ, c’est pour vous, lecteurs. Pour que vous saisissiez son évolution dans le temps. Abnégation. Et on critiquera la belle âme des amateurs de vins sur internet !

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Pourtant, bien m’en a pris.

Le lendemain, ça pète de fruit mûr, toujours ceux de la veille. La structure est plus ronde, l’acidité moins présente et alors on sent que ce vin n’a pas la matière des cadors qui valent des pépettes mais qui réjouissent tant nos événements festifs. Je pense notamment au Clos Uroulat. Mais ok, c’est un liquoreux, un Jurançon. Ici, c'est un quart de sec si je puis me permettre l’invention. Et puis OK, c’est léger, facile, gourmand, festif. Ca donne du plaisir tout plein. Et c’est très mal. Mais bon, vous voulez connaître la meilleure ?

La bonne blague ? Et ben, c’est 6,80 €, prix caviste en Belgique. Ah ah, y en n'a plus un qui moufte là, hein mes croquants !

Sinon, pour la bequetance, avec un peu de foie gras sur un bout de brioche, c'était pas mal du tout. Je dirais même que c'était foutrement rapicolant si je laissais mon côté social-démocrate s'exprimer.

Avec une sole fristouillée dans du beurre de ferme avec un poil de poivre et du gros sel, c'était plus qu'acceptable moyennant une longue bavouille de citron sur le poisson plat.

Mais le meilleur accompagnement reste une poignée de sourires de potes autour d'une table.

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 11:11

 

Pas d’almanach depuis samedi pour une cause tout à fait recevable : Flemme et belles journées à boire, rire, manger avec des amis. Puis à bosser. Quand même… et pas à n’importe quoi : à sauver le pays (voir ses dessous). N'hésitez pas à cliquer les liens, pourvu qu'ils fonctionnent, ça les resserrera.

 

L’essaim des Saints

Saint Marcel. Un Saint glé, sans aucun doute. Saint Abraham le Perse, preuve qu’on peut concilier l’inconciliable.  Je m’en voudrais pourtant de ne pas rappeler que dimanche c’était la Sainte Martine, Vierge et martyre en 226 à Rome. Je ne pouvais quand même pas rater ça

 

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Saint Jean Chrysostome est l’occasion de rendre hommage à Yvan-Chrysostome Dolto qui préféra se faire nommer Carlos et on le comprend. Hommage mais a trop quand même

Et en ce mardi, nous fêtons pêle-mêle Brigitte, Félicité, Perpétue et Crewenna.  Pêle-mêle en plus. Chaud, dégueulasse. Il Cavaliere me promet d’ores et déjà une visite officielle sur le blog. Qu’il fasse gaffe.

Aujourd’hui c’est aussi la Saint Ours, un Irlandais qui a évangélisé le Val d’Aoste au 6ème siècle, Saint Ours, les sauvages montagnards… tout un programme. Fais gaffe Silvio !

N'empêche, Ours comme prénom, c'est... comment dire ?

 Saint Agrève : Camarades, Sur cette plage les yeux dans l’eau. Première revendication : qu’on accepte toutes nos revendications !

Sainte Cinnie de Capri je suppose. Quant à Sainte Galle, elle dé chêne les passions en France. Moi, ça me file des croutes !

 

L’aigreur du jour : Comment j’é Sauver la Belgik !

La Belgique est un pot de cornichons. Elle n’est pas aussi verte mais  aussi aigre.  L’homme aux notes homonymes a démissionné. Le Roi consulte (et quand on consulte, c’est qu’on est malade). Les politiciens racontent sans cesse les mêmes conneries. Bart a encore des idées alors qu’il les flingue toutes depuis 7 mois. Di Rupo se croit en guerre et avec des accents Gaulliens demande un gouvernement d’Union nationale. Les bleus frétillent de la queue parce qu’on fait enfin appel à eux.

Et pendant ce temps là, dimanche midi sur la rtbf, il y a Pierre Kroll, dessinateur et humoriste, qui en appelle à ce que les choses bougent, qu’on vote, quitte à ce qu’il y ait deux ou trois morts devant le 16, rue de la Loi.

Non mais on rêve là. Je rappelle quand même que chez nous question immolation, le prix des carburants est bien trop dispendieux et que le Belge est rétif à la flamme, au gourdin et à la balle. C’est qu’il est têtu et peu coopératif le bougre ! Et juste une question, les morts, on les choisit chez qui ? Parmi des gens que connaît Pierre Kroll ?

Non, il faut que les choses bougent, certes, mais nous ne nous en tireront pas seuls. Il nous faut de l’aide. Ce qu’il faut pour sauver la Belgique, c’est un super-héros.

Pour le moment, le seul super-héros qui  tienne encore le pays à bout de bras tel Atlas le globe sur les épaules, c’est Albert II. Mais bon, il trouve que ça commence à bien faire et qu’il a passé l’âge.

Pourtant ce n’est pas faute d’avoir contacté des super-héros : Super man, Bartman, Elio l’épicier, Indianna Joelle (in Indianna Joelle and the last crusade against the flamoutch barakis), Fritz Mosselman (peu connu mais un authentique héros brusselaire). Bartman a bien fait un clip mais ça n’a pas marché.

L’était mignon Bart quand il était petit non ?

Bref, alors que les cruels cyborgs flamingants sillonnaient les décombres fumantes des rues dévastées de Charleroi, écrasant les crânes wallons et chantant "et j’ai crié, crié hé, Sarah Connor, pour qu’elle revienne", tout semblait perdu.

Tout ? Non ! Car le Rustre, bientôt promu au titre de Grand Chevalier de l’ordre de Laspalès de la Nation a enfin mis la main sur le héros que le Pays attend. Je dois d’ailleurs vous laisser car je suis attendu en audience à Laeken. Laurent sera là et il y aura des chauds cervelas. Je ne voudrais pas arriver en retard.

Mais, chers lecteurs, en exclusivité mondiale et en direct du Frigo Palace, je vous dévoile dès maintenant le Sauveur de la Nation… Léguman !

En Hommage à Roland Topor.

Même si la Belgique est un plaisir et doit le rester, je dois vous faire part d’une triste nouvelle : le décès, hier soir vers minuit, du mois de janvier, terrassé par une attaque foudroyante de février. Mais que fait donc le gouvernement, boudiou de Saint Queue de godferdrich ?

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 08:20

L’essaim des Saints

Saint Gildasun blog. Bon vous vous attendiez peut-être à deux pâtés et trois averses, mais non, ce sont les bouteilles de Maigremont !

Saint Sulpice : j’aime mangé épicé mais jamais les deux en même temps. Saint Aphraate de Perse était il parent avec Julien, avec Yasser ou était-il juste un tigre de peupier ? Je reconnais néanmoins que celle-là vient de loin et dénote un esprit torturé.

Quant à la pauvre Sainte Blath de Kildare, elle finit martyrisée par une tapette…

 

Les mots du jour…

 

... Sont de moi, vous allez tout de suite vous en rendre compte.

Vie des animaux : L’éléphant barrit. Et depuis des siècles, les cruels chasseur d’ivoire anglais, eux qui tuent pour cet autre or blanc, ont l’habitude  de picoler quand le pachyderme hurle dans le soir. On dit « Quand Barry White, c’est la soul ».

 

J'ai honte. Je vais m'exiler sur Bora-Bora avec Yéwéné-Yéwéné pour cultiver le pili-pili.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 11:58

L’essaim des Saints

Passons vite Saint Thomas d’Aquin.  Moins Saint Isaac qui nous rappelle que les apparences et les exclusions sont ridicules. Et attendons les textes des Vendredis du Vins proposés par les divers blogueurs du vin. 

 

Les mots du jours

C’est déjà le centième almanach. Les mots , je les laisse à Paul Hermant, chroniqueur sur la RTBF.

Un jour à rêver debout

On me trouvera bien pessimiste… C'est que mon pays est à l'agonie. C'est con mais finalement, j'y tenais à ce petit pays de gens calmes. Il y a des jours comme ça. La semaine prochaine, on va refaire les peintures, couleurs de joie.

 

Petite chronique de la tracasserie ordinaire belge

Cela s’est passé en septembre, lors d’un concert de Peter Gabriel à Forest National. Lisez : ahurissant, triste. Ca ne me donne pas la frite.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 09:00

Dans le cadre desVendredis du Vin, orchestrés ce mois par Hub de l'Oenothèque... Merci à lui pour ce beau prétexte.

 

Photo22 (2) - Copie

  

Seul dans ma cave, j’attends. Un sourire vague aux lèvres. Le verre à la main. J’attends.

A portée de ma main, il y a une table. J’y pose mon verre quand l’inspiration me vient et que je reprends la rédaction de cette note, tapotant fébrilement un vieux clavier dont on ne distingue plus le e ni le r.

A portée de ma main, il y a une table. Et sur cette table, il y a un pistolet. Je sais m’en servir.  Je pense que je pourrais m’en servir. Mais il n’est pas encore temps. La bouteille n’est qu’à moitié vide.

Face à moi, il y a l’armoire vitrée et climatisée où sont cachés mes livres à l’abri de l’humidité relative de cette pièce. Je ne suis jamais arrivé à l’isoler totalement de la cave.

J’ai un peu froid ? Non, c’est un frisson qui me titille l’échine quand je pense qu’au fond, ce qui me manque le plus, ce sont de nouveaux  livres. J’ai encore des centaines de bouteilles et chacune est une révélation. Mais les livres de ma bibliothèque, je les ai lu des dizaines de fois et je n’en lirai jamais des nouveaux. Parce qu’on en n’écrit plus, pas de cette trempe là en tout cas. Picoler, c’est mal. Ecrire ce qu’on pense, c’est mal. Mais écrire qu’on pense à la picole alors…

Ecoutez Desproges parler des vins de Bourgueil : « C’est que les vins de Touraine sont anticancérigènes. Les vins de Bourgueil, notamment, légers, délicatement framboisés, rouge pivoine au soleil et clairs en bouche, ne se contentent pas de susciter au palais l’esprit léger des bords de Loire. Ce fin nectar constitue en outre un véritable repoussoir à métastases. Je sais de quoi je parle, ayant toujours en cave un roulement de 300 bouteilles de Bourgueil, je n’ai pratiquement jamais de cancer. »

Par cœur, j’les connais par cœur comme disais Jonasz. Jeux d’esprit. Jeux de mots. A lire verre en main.

« J’étais un pied de vigne. Nous étions tous trois voisins d’espalier, (...)

Par un beau matin ensoleillé, ma fleur s’est métamorphosée

en un beau grain de raisin. Un seul, oui ! Vermeille était sa couleur,

et ronde sa forme, juteuse sa substance ! Ah, l’imagination de la matière ! (...)

Il a sorti son sécateur et clac dans le vif du sujet.

On a beau être de bois, j’en ai eu le souffle coupé. (...)

Et c’est ainsi que je suis devenu vin.»

Raymond Devos 

 

Mes livres… Des parcelles du passé et de son Esprit. Et l’Esprit s’en est allé, ne laissant pour tout sillage morveux de limace agonisante que les bêlements d’une foule éteinte. Aujourd’hui, tout n’est que mesure et politesse. Correction et bienséance. Calme et volupté. Même les vers en prose si rabâchés et digérés de Baudelaire n’hantent plus aucun esprit.

L’ivresse n’est plus qu’un gros mot.

« Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. »

Vous ne connaissez plus l’ivresse. Vous êtes morts et vous ne le savez pas. Car ce n’est plus l’horrible fardeau du temps qui brise nos épaules.

Mais je souris et je reprends une lampée de mon Gevrey.

Il y a trois jours, la grande digue s’est rompue. En trois endroits stratégiques : l’embouchure de la Seine, Calais, l’IJselmeer. Rien que ça. Tempête du siècle et marées exceptionnelles ou pas, on soupçonne évidemment des attentats. Le parti a beau vitupérer contre le terrorisme cynique des extrémistes de l’écologie tyrannique, visant par là, vous vous en doutez, les  USA, moi je soupçonne plutôt un ou des groupes de résistance internes à l’Union. Mais chut, officiellement bien sûr, il n’y a pas de mouvements de résistance internes à l’Union. Quand on vous dit que le parti du renouveau lave plus blanc que blanc. Pas de résistance. Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe en ce moment non ? Délicieusement drôle.

Peu importe. Il y a trois jours la grande digue s’est rompue. Et l’eau a déferlé, remonté les fleuves, envahit les plaines. L’inondation est toujours en cours.

J’ai vu les images à la télé et sur le réseau. Elles sont édulcorées bien sûr. Le Service de Protection des Consciences veille. Mais même comme cela, c’est indescriptible. Toutes les zones côtières ouest Européennes situées sous les 100 m d’altitude ont été rayées de la carte par le tsunami. Et quand les eaux se retireront, toutes les zones situées sous les 40 m resteront noyées. Il doit y avoir des millions de morts à l’heure qu’il est.

Mais malgré cela ou à cause de cela, j’ai le sourire aux lèvres. Car le monde des tranquilles lobotomies aseptisées s’achève dans la douleur et le sang. La mort est de nouveau à nos portes. Et les gnous affolés s’en courent à la rivière au lieu de fuir sur le plateau. Et au revers, mes contemporains vont peut-être retrouver ce que la quiète certitude de leurs soirées éternelles leur avaient fait perdre : l’urgence de vivre.

Mais puis-je espérer ? Est-ce que cette soudaine bouffée de vitalité qui se répand comme du mercure sur une toile cirée ne va pas affoler l’essaim de moucherons, ne supportant pas cette idée de vie à haute dose, intolérable comme « est insupportable la vraie splendeur des roses qui poussent aux flancs des maisons blanches et basses, parce que les paix crépusculaires et la beauté des roses ne sont qu’éphémères agonies… ».

Bon les jeunes, l’auteur de cette citation là, vous cherchez vous-mêmes.

Mes livres… Mes vins. Mes parcelles dérisoires de subversion. Subversions.

Relisez un jour (quand l’édition de ses écrits subversifs sera permise) Bétourné. L’homme au cigare… Rien que sa bobine avec le barreau de chaise calé entre les dents, bien en clair sur son profil facebook… clac remise à niveau. Cinq ans au moins…

Brrr, Pépé… J’en frémis. J’ai correspondu avec lui vous savez quand j’étais jeune. Mais évidemment, comme Desproges, Bétourné a disparu de l’imaginaire collectif, des librairies, du net, de l’Histoire. Subversif.

Jugez –en  avec cet extrait de mémé Huguette : « L’étalon fringant, qui grattait à sa porte en son jeune temps, s’en était allé, emporté par une «fillette» de trop. Une belle mort quand même, pour Pépé Jean. Lui, qui sa vie durant, avait aimé les grands Bourgognes, était passé comme il avait vécu, accroché à son verre. Elle l’avait retrouvé, effondré au plus profond de son fauteuil verdâtre, gluant de crasse, de pisse et de vin. Dieu qu’il avait rapetissé d’un coup!!! Comme s’il avait fondu, comme si les hectolitres d’alcool en tous genres, sirotés élégamment et sans faiblesse, au long cours de ces interminables années, s’étaient évaporés, sous le fil gelé de la mort. La faucheuse l’avait vidé de ses humeurs, et il avait fallu des bidons de javel pure, pour que l’odeur tenace de la viande confite, longuement marinée, consente à baisser – un peu – pavillon. »

La mort dans toute sa crue nudité et le pinard dans le même texte. Insupportable pour le pouvoir ? Surtout pour vos consciences étriquées, veaux soumis.

Ecrire ça sur un réseau me vaudrait 5 ans de tôle. Au moins. Ah, zut… je l’ai écrit ! En ligne et tout. Bon, vous venez me choper ?

Subversive, la bouteille de Gevrey Chambertin Les Cazetiers de Philippe Nadeff que je viens de m’enfiler. Le millésime 2005, soit une parcelle d’éternité vieille de 60 ans. Je suis ivre. Qu’il est bon d’être ivre. Qu’il est doux de transgresser. Qu’il est sain de vous dire merde à tous, tas de gnous aseptisés.

Quand j’étais jeune, ce vin était un mur. D’une épaisseur folle, d’une densité telle qu’il ne daignait pas se faufiler entre vos papilles. Muet. Maintenant, il affole mes souvenirs de cerisiers et de buissons de framboises et de myrtille. Et le Père Dumas avait raison

« Rien ne fait voir l'avenir couleur de rose, comme de le contempler à travers un verre de chambertin.»

 Il m’enveloppe de parfums exotiques de résines et de sèves rares. Il embaume la cave de truffe, d’épices marocaines, d’un peu de pierre mouillée aussi. Ce pif là mes petits amis, c’est le catalogue du passé mort et enterré. Que dire de ce vin ? Je ne peux en hommage que lui offrir c’est paroles intemporelles du Grand P.D. comme il s’appelait lui-même et dire qu’il était

 « Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de Soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au Soleil. Plus long en bouche qu'un final de Verdi. Un si grand vin que Dieu existe à sa seule vue. »

Digression : quand j’étais gosse, on allait chapardé des pommes goûteuses et odorantes dans les vergers. Dans les vergers, il y avait des vaches. Les vaches faisaient caca, sur les pommes parfois. Des pommes pleines de bosses, de griffes, de tavelure, de boue et de merde. Et nous les ramassions. Nous les mangions. Bouh…. Activiste ! Remise à niveau ! Section bonnes pratiques prophylactiques.

Et puis mes amis, ce nectar là, il fait son nid duveteux dans votre bouche et y reste pendant des heures. C’est une caresse, un baiser volé à la fin d’une nuit d’été. Un été d’il y a 60 ans, époque où il arrivait aux nuits d’été d’être tièdes après des journées torrides.

Ce vin né sur les coteaux de Gevrey, là où aujourd’hui s’étendent des Ha de terrains de golf luxueux réservés à l’élite du parti, ce jus de 2005, année de naissance de mon fils, je le gardais pour le boire le jour de ses 20 ans. Nous ne l’avons jamais partagée.

Mon fils est un militant de la première heure. Il ne boit pas d’alcool, ne mange pas de viande. Bien sûr, il ne fume pas. Et il a sa carte du parti. Et ses enfants sont de jolis robots tout propres qui croient tout ce qu’on leur débite sur le net. Ils regardent leur Grand Père comme une vieille chose malsaine abandonnée au fond d’un quelconque musée des horreurs. Pourtant, aucun de mes charmants rejetons ne sait pour mon « souterrain ». Ma femme non plus. Mais ma femme, il y a longtemps qu’elle est partie. Apparemment, je suis devenu un insupportable vieux con à la longue.

Il y a trente ans, quand tout a basculé, après la Grande Insécurité, j’ai eu une sorte d’éclair de lucidité (au moins un dans ma vie). J’ai construit mon abri dans le plus grand secret. Un salon avec une bibliothèque et une cave attenante. Et si mes rejetons savaient, ils me dénonceraient à une des ligues chères à notre bon président Sarko. Et je passerais quelques années dans un centre de remise à niveau. Je deviendrais un gentil légume. Un légume tout propre et sain, mais une adorable courge quand même.

Puis, je pense pour ne pas perdre complètement mon fils, je me suis inscrit au parti. Je suis devenu un de ses cadres régionaux. Je me suis fait pas mal d’argent. J’ai pu bénéficier, avec mon oseille et ma carte, des meilleurs égards de la médecine moderne. J’ai beau avoir 95 ans, j’ai le corps et la santé d’un gars de 40 ans. Les médecins m’ont annoncé que mon ravalement de façade et de plomberie tiendrait une bonne trentaine d’années.

D’ici là, m’a annoncé le grand échalas tout sec qui a supervisé les opérations, la technologie aurait évolué me faisant repartir pour 50 bonnes années.  Bref, je suis virtuellement immortel comme beaucoup de mes contemporains apathiques. Une immortalité extrêmement longue, surtout vers la fin. Une immortalité sans vin, sans barbecues, sans potes autres que virtuels, sans livres couillus (est-ce que la nième biographie du président à vie Jean Sarkozy peut être considérée comme enrichissante ?). Un immortalité très, très chiante. Je vais vous révéler un truc sur l’immortalité. Si on n’y prend garde, elle vous tue à l’intérieur, là où ça compte vraiment de vivre. Immortel, on se lève le matin sans urgence. On remet si facilement au lendemain, au mois prochain, à l’année prochaine, au reste de son long temps à vivre, jusqu’à ce que nos jours, tous nos jours soient vides et mornes.

Mais il y a pire. Immortel, nourri (mal, mais suffisamment), blanchi, bien calé devant un écran à recevoir des "nouvelles"  de tes potes virtuels, tu te retrouves dans une bulle douillette, assoupi, tout mou. Les rares moments où tu te surprends à gratter la pellicule du bonheur new style, tes rares moments de lucidité, quand tu te bourres la gueule en secret, quand tu lis des œuvres subversives du passé terne qui brille pourtant du vernis des souvenirs attendris, tu t’aperçois qu’il manque des choses à ta vie de rêve sans maladies : le rire, la folie et surtout l’espoir. Il y a longtemps que je n’espérais plus rien.

Comment en est-on arrivé là ? Je n’en sais rien. Sans coup d’état, sans violence, de notre plein gré semble-t-il. Le sarko, nous l’avons élu. On n’a rien vu venir.

Je pense que ça a commencé dès les années 1990 puis les 10 premières années après 2000 ont été cruciales. On fumait, on se saoulait, on mangeait des steaks grillés avec des sauces délicieuses pleines de lipides, les petits gars. Il n’y avait ni blogs, ni facebook, ni real friend. On rencontrait des gens, on les touchait, on les embrassait. Et des fois on se faisait même frotti-frotta sous la couette ou dans un bois, une grotte, du foin. Des tas d’endroits avec des germes.

On avait des potagers. Mon voisin faisait son miel. Hé, les jeunes, vous voulez que je vous achève ? On mangeait même des fromages au lait cru avec du lait qui sortait du pis d’une vache et on laissait les frometons dans des caves humides se couvrir de champignons pour que le goût et le bonheur s’invitent dans leur croûte.

Petit à petit, on nous a appris que vivre était dangereux. Les premiers à en avoir pris plein la gueule, ce sont les fumeurs. J’étais content, je n’ai jamais pu supporter la fumée de cigarette. J’aurais du me méfier… ils n’étaient que les premiers.

Bientôt, on nous a dit que toutes nos habitudes alimentaires étaient malsaines : boire de l’alcool, manger gras, manger de la viande, manger des choses sanitairement libres. Quand j’y pense, ça venait de partout : déclarations de ceci pour les apiculteurs, déclaration de cela pour les laitages crus. Interdiction n° untel pour les producteurs d’œufs. Interdiction de produire et échanger ses propres graines. Interdiction des préparation bio non homologuées (la fameuse croisade de l’ortie en 2015). Après, ils sont descendus dans nos potagers, nos caves, nos frigos. Pour contrôler. Pour interdire. Pour notre bien. Pour que nos vies soient longues et nos nuits douces et surtout qu’elles ne coûtent pas trop cher à la sécurité sociale.

Et nous petit à petit, absorbés par nos boulots, notre santé, des milliers d’émissions télé pour veaux et surtout le web et les nouvelles amitiés virtuelles (ah, les réunions de salon en 3D holo de real friend !), nous avons petit à petit perdu notre capacité à réfléchir, à nous indigner, à nous rassembler. Nous avons laisser faire. Surtout qu’il y avait les épidémies, l’islamisme, l’insécurité, le terrorisme, la pollution. Il fallait bien que quelqu’un nous protège non ?

Mais le pire évidemment, ça été le réchauffement. La fonte des calottes polaires. La montée lente mais inexorable et beaucoup plus conséquente que prévu des eaux. En 2012, les premiers travaux sérieux de protection de la côte ont été entrepris. Mais en 2018 déjà, de nombreux spécialistes s’alarmaient de l’insuffisance des travaux. Deux ou trois inondations catastrophiques plus tard, les autorités européennes ont décidé la construction de la Grand Digue de l’Atlantique. Une muraille colossale allant du cap nord à Istanbul. Chaine de digues, dunes, digues mobiles… Ces travaux monstrueux, un capitalisme de plus en plus sauvage, le vieillissement de la population ont vite eu raison des budgets européens.

Une grande période d’instabilité s’en est suivie entre 2022 et 2028. La Grande Insécurité. Si dans les classes aisées et moyennes, nous étions déjà lobotomisés et passifs, à la base, ça crevait de faim et de misère. Je pense que si nous les avions rejoint, le monde aurait basculé. Mais nous sommes restés le cul calé devant la télé à regarder le journal de 20 heures présenté par Zemmour. Et le parti du renouveau est arrivé. Conglomérat de partis très à droite, à droite et décomplexés, régionalistes, nationalistes divers et variés… Il est arrivé et nous a dit : laissez-nous faire, tout va s’arranger : l’eau qui monte, l’insécurité, la pauvreté. Fermez juste les yeux deux secondes et quand vous les rouvrirez, tout ne sera que calme et volupté. On a voté. Et on a fermé les yeux. Et quand nous les avons rouverts, la Grande Digue nous protégeait de la mer, les pauvres étaient rentrés dans leurs banlieues, Jean Sarkozy était notre Président et notre vie était réglée comme du papier à musique : de l’eau aromatisée, du pain sans gluten et des jeux télévisés. Le bonheur.

Je vide la dernière lampée de mon Cazetiers. Il va encore vivre deux ou trois minutes dans mon gosier et puis il aura disparu. Pour toujours. C’était peut-être le dernier exemplaire de cette œuvre d’art sur terre.

Mais je souris. La digue a lâché. Les autorités sont désemparées. Apparemment même si personne n’en parle plus, il y avait encore des banlieues avec des pauvres vindicatifs dedans. Apparemment le troupeau des immortels aisés a cessé de bêler.

Les gens n’étaient pas tous lobotomisés. Ils sont dans la rue. Ils dressent des barricades. Ils se battent. Et moi, j’ai un pistolet. Et moi, je ne veux plus être un spectateur. Un type terré dans sa discrétion. Et moi, je vais les rejoindre. Et lutter. Et mourir, peut-être. Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai peur de mourir. J’espère continuer à vivre longtemps.

J’espère que le parti du renouveau va être renversé. J’espère que les insurgés ne me verront pas juste comme un membre du parti. J’espère que je saurai me servir du flingue. J’espère que je pourrai acheter un petit lopin de terre et y planter de la vigne.

J’espère.

 PA080173

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 18:28

1. Un coup de gueule, ça ne sert à rien mais qu’est ce que c’est bon !

Bonjour, j’habite un pays qui n’existe plus depuis 2007. Il est toujours là sur les cartes. Mais il s’évapore dans le cœur des gens. Et ça n’est pas bon signe ça pour l’existence d’un pays.

Depuis 2007, des gouvernements fédéraux bancals (et bancaires ha ha) succèdent aux interminables menuets de formation et n’arrangent, ne décident, ne clôturent rien. Ou si peu.

Tout a été dit, expliqué. La vérité et la solution sautent aux yeux si on a de la mémoire et qu’on garde l’oreille tendue (à défaut du bras pour certains). Et pourtant, quand je lis la presse internationale, quand je vois les commentaires du Belge moyen sur les sites journaleux, quand je constate le vaste vide de contenu de la manifestation du dimanche 23 janvier, les commentaires franchement désagréables que cela a suscité, je me dis que le Belge est perdu comme un con dans une situation qui le dépasse.

La tactique du pourrissement. Quand le Belge sera au bout du rouleau, déprimé, perdu, effrayé par le présent et le futur immédiat, il acceptera tout. Détricotage du pays, de la solidarité, du statut des travailleurs. Plus de tricot, à poil au milieu d’une nuit en hiver. Et à ce moment de perte ultime, tout recul, toute compromission, toute défaite paraîtra une victoire. C’est ainsi que les réformes de l’état fonctionnent depuis 40 ans en Belgique. Réformes bâtardes torturées pour convenir aux deux camps.

Et d’un côté, n’en déplaise aux couillons qui trouvent mon pays artificiel et ridicule, c’est ainsi qu’une nation complètement incroyable de diversité mais surtout de dichotomie (pas 36 mais seulement deux cultures dominantes, et c’est là une partie du problème évidemment) a pu coexister quasi pacifiquement pendant 180 ans.

Le péché, mortel, de ce processus, c’est qu’au lieu de préserver des espaces communs, de rencontre, tout a été fait pour séparer, net, les deux communautés. Tous les tournants ont été ratés ou mal pris : refus d’un bilinguisme généralisé, séparation communautaire des partis politiques, de la télévision nationale et de la presse en général, de l’enseignement, frontière linguistique, valse hésitation entre un état formé de communautés ou de régions…

Et ne cherchez pas de coupables… Les coupables, c’est nous, Flamands et Wallons, politiciens et simples citoyens. Nous avons lentement laissé pourrir la situation pour en venir au bordel actuel. Un bordel inextricable. Evidemment, les boucs émissaires sont  nombreux : les ignobles politicards profiteurs, les vilains socialistes clientélistes, les Flamands immondes  rapaces de droite, le système démocratique, le traité de Vienne (traité d’advienne que pourra), les hémorroïdes de ma Tata Germaine. Que sais-je ?

Cacophonie d’opinions… entre les rattachistes, les indépendantistes, les manifestants apolitiques, les nationalistes, les fédéralistes, les bruxellaires identitaires, les francophones flamands et les Wallons flamingants… sans oublier les germanophones aphones. Et ma tata Germaine evidemment.

On entend tout et son contraire. Et ce n’est pas moi qui vais vous expliquer. Pas assez malin pour ça. Cliquez sur les liens, lisez, faites vous une opinion. Vous êtes grands.

Aux yeux du monde et des Belges eux-mêmes qui crient "shame", notre petit pays du centre de l’Europe devrait donner l’exemple de la démocratie, la vraie, celle qui prend le citoyen en compte, pas les démocraties fantoches africaines ou moyen-orientales (ah, nos relents paternalistes tenaces…) où tu votes et tu as deux gouvernements pour le prix d’un, pendant que le Gbagbo coule comme le gdigdanic. (je parle d’un site qui m’a bien fait rire, mais jaune)

La vraie démocratie tellement démocratique que 7 mois après les élections, il n’y a aucun gouvernement, aucun accord, aucune discussion avancée et où on remet sans cesse à plus tard les vrais problèmes. Mais bon… est-ce la faute de la démocratie en question ?

Une chouette démocratie à la proportionnelle, où on met les urnes de côté pour négocier, pas forcément et uniquement avec des partis représentatifs de l’avis du plus grand nombre (genre les libéraux), mais simplement avec ceux qui veulent bien s’entendre. Certes…

Une démocratie fédérale dont les politiciens défendent les uns les francophones les autres les Flamands… y en a-t-il encore un seul qui défende les Belges ?

C’est sûr, ça va péter ici les gars. Les initiatives citoyennes se multiplient faisant trembler le quarteron de schtroumpfs à la retraite qui négocient on ne sait plus quoi. Manifestations, campings virtuels, appels de Ben Poelvoorde à ne plus se raser, concours de thèmes latins dans les écoles, brûlage de nœud papillons sur la Grand Place. Le Pays est au bord de la révolte. J’ai déjà rentré deux tonnes de sucre et de farine dans ma cave. C’est vous dire. Déjà, la région Wallonne fait sauter ses ponts et détruit ses routes en cas d’invasion. No passaran. Le travail est bien amorcé comme vous pourrez-vous en rendre compte si vous passez chez nous. Si, je vous jure, c’est fait exprès les trous dans les routes.

On veut un gouvernement, crient en chœur émouvant les belges et leurs dirigeants. Un gouvernement ? Mais pour faire quoi ? Rassurer les vilains et anonymes spéculateurs ?

Un gouvernement ? Mais on en a 6, même s’il y en a un qui est en affaires courantes (un gouvernement en affaires courantes ne signifie pas qu’il y a plus d’attachés au cabinet).

Un gouvernement à tout prix ? Même Bart, Didier et Alexander sur le même bateau ?  Autant devenir Chinois !

C’est la chienlit, je vous dis. Claude Eerdekens (un francophone amis français, malgré son nom), qui n’est pas à une idiotie près a même fait afficher un portrait du Général dans sa mairie, sa maison communale, pardon. LE Général, de Gaulle quoi…

Du coup, il est facile de les fustiger. De toute façon,  nos négociants en connerie, gros et détail, s’en foutent royalement. Même pas peur. Même pas honte. Ils auraient bien tort de s’en faire nos irresponsables politiques, nos hommes et femmes d’étals, marchands de belles paroles, acheteurs de voix aux petites phrases inconséquentes. Il n’y a qu’à voir les sondages qui paraissent régulièrement. Si on votait, la N-VA en ressortirait renforcée. Le PS aussi.

Ah ben, oui, nos responsables politiques ne sont que le reflet de nous-mêmes. On peut leur reprocher le nationalisme vindicatif Flamand, l’attentisme mou des francophones. On peut leur reprocher de nous avoir bourré le mou pendant des années tout en détricotant l’Etat Fédéral. Mais alors, il ne faut pas oublier de taper sur les doigts des journalistes de tout bord qui aujourd’hui encore font leur bisounours en se demandant si les négociations enfin vont reprendre. Et n’oublions pas la cravache appliquée à nous-mêmes pour avoir fermé les yeux pendant si longtemps.

La roue infernale. On coupe les ponts. On ferme les fenêtres. Et de chaque côté on est libre de tourner sur soi-même en oubliant l’autre, en ne le comprenant plus. Puis viennent les crises. Et là les discours faciles qui cherchent des coupables faciles fleurissent, trouvent une oreille facile. Et s’il y a de l’écoute, on va forcément trouver de nouveaux chanteurs. Jusqu’à tous quasi chanter la même chose. Et à ce moment là, l’auditeur lui, n’entend plus qu’un type de chanson. Il en vient à oublier qu’il y a d’autres styles. Autres styles qui ferment leur gueule, morveux, honteux, peureux.

Tout ce que moi je reproche à nos irresponsables politiques, c’est de faire trainer cette valse hésitation à mille temps depuis plus de deux cents jours, alors qu’ils savent très bien de quoi il en retourne.

Il y a une raison, un fautif principal à l’échec des négociations : c’est la N-VA, un parti nationaliste, séparatiste, populiste. Dernier avatar de la Roue Infernale.

Au lendemain des urnes, Bart De Wever, dont à cette époque on se rappelle encore les coups d’éclats anti-francophones, les photos avec JM le Pen, les accointances avec diverses divas de l’extrémisme flamingant le plus nauséabond (du genre de ceux qui voudraient amnistier et dédommager tous les collaborateurs de la deuxième guerre mondiale), devient informateur. Moi, je m’étonnais quand même de voir un républicain indépendantiste Flamand être chargé par le roi de démarches visant la création d’un gouvernement fédéral. Mais bon…

Le 8 juillet Bart est relevé de sa mission. Dans un processus normal, un formateur aurait du être nommé pour former le gouvernement… Hum. Mais non, depuis le 8 juillet, dans un flou total vis-à-vis de la population, c’est concours de la fonction la plus rigolote : préformateur, experts, conciliateurs de conciliabules, enfonceurs de portes ouvertes, pacificateurs en colt et en kilt… mais avec le même scénario à chaque étape : on s’approche de quelque chose, un texte « est sur la table », texte qu’on s’imagine contenir des semblant de compromis discutés longuement et âprement, à moins que ce ne soit des points de tournoi de belotte, et un parti, en général la N-VA, au dernier moment, dit non ou encore « et si on faisait autrement » ou « c’est celui qui dit qui est ». Bref, la N-VA est séparatiste et ne veut pas de compromis.

Mais pourquoi dresser un fil des événements ? Vous trouverez ce fil partout. Tout le monde est d’accord avec les faits. Ce sont juste les appréciations qui divergent.

La vérité est qu’on en revient toujours aux mêmes recettes depuis 40 ans : des flamands vindicatifs qui brandissent leur culture meurtrie par les méchants francophones arrogants, comme un drapeau déchiré sur la colline de leur martyr. Des Flamands qui une fois les larmes patriotiques sèches nous foutent en pleine gueule que nous sommes une région sinistrée, fainéante, pauvre et qu’on leur coûte des sous, que sans nous ils seraient plus riches, plus heureux, plus entre eux… De l’autre côté, vous avez les francophones, encore tout drapés dans leur gloire industrielle passée, accusant les coups, reculant sur la défensive de leurs ergots fermement plantés dans une Belgique qui s’effiloche comme peau de chagrin. Des francophones qui n’ont à proposer qu’un non ferme et vide de sens. Et vous avez le résultat : 40 années où on a viré le mortier des joints du mur Belge.

Un état fédéral sans partis politiques fédéraux, sans presse fédérale, sans opinion fédérale, sans sentiment fédéral. Deux populations juxtaposées et ignorantes l’une de l’autre. Avec des sensibilités politiques opposées (et si un gouvernement se forme, vous pouvez être sûrs que ça va valser sec) les uns complètement à droite, les autres plutôt à gauche.

Situation idéale pour que des politiciens habiles distillent des messages faciles et rémunérateurs du genre « vos malheurs dans la crise, les gars, c’est de la faute à ceux d’à côté. Virons les et tout ira mieux. Au moins, ça évite d’aborder les vrais problèmes, qui eux, sont à peu près insolubles sur le fond au niveau belge. Et on connait la suite, les cons avec accès aux urnes ne manquant pas … cela fait des années que tous les partis de Flandre jouent la surenchère nationaliste, peu, prou ou énormément.

Et on se retrouve avec deux populations qui se regardent en chien de faïence…

Alors oui, je râle. Le Belge râle. Le Belge râle mais avec philosophie et humour. Et les journalistes de s’étonner encore de cette foutue belgitude surréaliste. Et allons-y d’en rajouter des couches sur l’austérité, les spéculateurs et les agences de cotation. Et d’analyser et commenter la moindre saillie de Bart, la moindre grossièreté d’Erdeckens, et la plus petite pique de Reynders. Et d’embrayer avec de bons vieux micro trottoirs où ils arrivent à ne donner la parole qu’à ceux qui n’ont rien d’autre à dire « oh oui hein m’sieur, c’est terribbbb… ». A croire que les tonnes de fines analyses politiques dont nous abreuvent les journaux n’ont pas transformé chaque Belge en expert des questions institutionnelles, des clés de répartition des financements et de BHVologie.

Assez !

Pitié, fichez-nous la paix.

J’en ai assez des clichés, des ventres mous, des profiteurs, des nationalistes mais surtout… j’en ai plein le dos de la désinformation, des grands cours d’histoire à la petite semaine. Pfff… Marre du traité de Vienne, des éperons d’or, des tranchées de 14, de la collaboration… Toutes ces pages revisitées par des historiens avec une petite hache, au mieux de leur intérêt.

Alors, en matière d’économie, de solidarité, de politique… je suis une bille. Par contre, depuis tout petit, je suis passionné d’histoire. Surtout d’histoire régionale, voire locale. Et plus particulièrement, j’ai la chance d’avoir grandi dans le pays de Herve, bocage coincé entre l’Allemagne, la Hollande, la Flandre et le reste de la Wallonie. J’ai sillonné ses sentiers. J’ai rencontré ses habitants dans les bistrots. De Fléron à Moelingen et 's-Gravenvoeren, d’Aubel à Eupen.

Ce pays là n’est, n’était pas comme on vous le raconte. Et les frontières qui traversaient ce Pays n’étaient pas des lignes de séparation des cultures mais des zones de rencontre des cultures.

Alors l’Histoire n’est qu’un prétexte que ces gens là, les égoïstes repliés, jettent au visage de ceux qui veulent partager plutôt que bannir. L’histoire, ils la transforment et les peuples sont oublieux.

Si c’est tout le mal que je peux faire, j’ai envie de témoigner de ce que je sais (pas grand-chose), de ce que j’ai vu, de ce que j’ai lu. Des choses certes insignifiantes, comme la discussion avec un vieil homme des Fourons, des chopes échangées à Aubel, l’histoire d’un village ou deux du plateau, un peu de toponymie, quelques recettes de cuisine. Quelques jurons bien sentis aussi. Des trucs comme ça. De l’avéré, du ressenti, du supposé, peut-être mais à tout prendre pas moins honnête que les mensonges qui servent d’alibis aux séparatistes. En vrac : l’intangibilité de la frontière linguistique, l’opposition entre les mondes latins et germaniques, la bataille flamande des éperons d’Or, les Fourons Wallons, la Belgique pays artificiel, le martyr des flamands en 14-18…

Alors plutôt que de râler, je vous propose un voyage dans le passé, l’humour, la truculence. Un voyage dans ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare. Vous me suivez ?

OK. Bientôt, premier épisode.

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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