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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 07:01

Dans une aube rose et crème, le soleil pointait à peine ses rayons, caressant la nature assoupie au sortir de l’hiver. Des peupliers pelés, lovés dans quelque étole de brume diaphane, attendaient frileusement le vrai printemps qui les sortirait enfin de la torpeur. Dans le petit monde secret des bosquets et des buissons, une mésange zinzinulait tout en s’afférant à débusquer quelque vermisseau tapis dans l’entrelacs de branches dénudées. Lointain, on entendait un pic pleupleutant entre deux séances frénétiques de martelage d’une souche morte.

Soudain, mâle et rauque, retentit un « Montjoie, Saint Denis ! » qui stoppa net les divagations poétiques de toute cette création grotesque.

Non mais merde quoi ! J’t’en donnerais moi des zinzinulations gratuites… A coups de crosse ouais, la mésange délicate ! A ma botte, je veux les voir tous ces emplumés. A ma pogne les gazouilleurs édentés des haies.

Non mais, z’ont rien d’autre à cogner ces fainéants ? On dit que la nature va mal, mais ils le cherchent aussi. Ca se lève tôt, mais ça ne bosse pas ! Et ben non, ils zinzinulent et ils pleupleutent, les fâcheux ! Moi, je dis qu'il y a de la chevrotine qui se perd !

Soit. Reprenons.

Le sabre au clair, le casque rutilant, le tutu rose frémissant au vent, il est là, l’Homme, le Héros, le Sauveur. Ecce homo, et pas qu’un peu.

Les traits fichtrement burinés, les intentions sévèrement burnées.

Comme à l’accoutumée par petit matin, je faisais le tour de mes terres, les cheveux fous, le regard au vent sur mon fier coursier, étalon de noble race arabe. Et pas arable. C'est pas un cheval de trait non plus.

Vous qui n’avez aucune imagination, vous n’auriez vu qu’un type bizarrement vêtu, enfourchant un vieux manche à balai muni d’une tête de cheval en carton et faisant cataclop cataclop pour faire comme si pour de vrai. Mais vous n’êtes que d’infâmes rustauds dénués de la moindre parcelle de poésie enfantine. Que dis-je ? D’ignobles réactionnaires urbains assoiffés d’émissions d’une télé grabataire qu’on dit ré-alitée. Des suppôts du grand capital spoliateur globalisé.

Fouchtra ! Arrières monstrueux pensionnaires d’un fort-Boyard de pacotille offert aux affres des pensées lubriques de technocrates avilis…

Pédés du cul !

Seul contre tous les chacals, je montais la garde, immuable dans mon habit de lumière.

Le sabre, la cuirasse et le casque surmonté d’une fière crinière jaune striée de bleu, le tutu rose et les collants noirs à pois multicolores : fuchsia, vert bouteille, ocre pâle.

M’entourant de ses oriflammes guerrières, la musique sauvage de Wagner rugissait dans tout le voisinage.

Quelque malotru traitreux vendu à la solde de l’engeance féline me vitupérait, bien planqué, le lâche, derrière la fenêtre de sa chambre, m’enjoignant, dans la langue vulgaire qui est celle des sots et des vilains, de « fermer ma gueule de cinglé et de cesser ce boucan » non sans ponctuer sa vile diatribe d’un «connard, gros enculé » du plus mauvais aloi. Rustaud !

«Descends donc de ton donjon, baltringue, et viens tâter de ma lame dans tes fesses molles » lui rétorquais-je avec véhémence.

Non mais vous vous rendez-compte de la fainéantise de ces bouseux qui se targuent d’être des citoyens, d’avoir des droits, mais qui trainent encore leur savate en pyjama… à cinq heures du matin !

Ah j’vous jure ! Pas coopératifs les voisins pour ce qui est de l’élan purificateur de ma croisade sacrée contre les grippeminauds à l’air sournois. C’est que l’ennemi est veule et peu avare de ses ressources. Il s’adapte, il louvoie, il contourne. Salopiaud !

Ah souvenirs délicieux ! Pour l’heure me voici à vaquer à des tâches domestiques peu enrichissantes mais nécessaires. Mon esprit ressasse et mâchonne.

J’avais remarqué une inquiétante perte d'efficacité de la Trempe ces derniers temps. Réagissant en bon stratège, j’ai entamé une escalade vertigineuse dans la taille des pièges et du bac d’eau, la vigueur des paillettes de mon habit de scène (passant d’une sobre tenue de capitaine nordiste à la tenue légèrement rococo décrite plus haut). Escalade jusque dans le volume sonore des vociférations wagnériennes, que Bayreuth à côté c’est un récital en sourdine de Charlotte Gainsbourg et Etienne Daho accompagnant une première Dame de France aphone !

Nonobstant cette course frénétique à l’armement, j’ai du me rendre à l’évidence : les veules mistigris me narguaient. La trempe avait cessé de fonctionner. Il fallait réagir.

On sonne à l’huis, interrompant le fil de mes cogitations.

Une petite morveuse de cinq ans vient gémir à ma porte pour savoir si je n’ai pas vu « Hector ». Dieu qu’elle est laide cette gamine. On dirait un furoncle avec des dents et une couette !

« Je suppose, petite gourde, que par « Hector » tu veux parler de ce tas de poils hirsutes qui se plaisait à pisser sur mes poireaux et à faire ses griffes sur le tronc de mon Vilburnus variegata ? Et bien sache qu’il peut se vanter d’avoir fait progresser la science, ta sale bête. Grâce à lui, j’ai pu tester ma nouvelle sarbacane. Une vraie merveille. Je fabrique les fléchettes moi-même avec des piques à brochettes crantées à l’opposé de la pointe pour enrouler un fil d’ouate et composer la boule qui offrira la résistance voulue à mon souffle puissant, résistance qui par réaction et défiant les forces de frottement du tube, propulsera le projectile dans les chairs de l’ennemi. Mais, je suppose petite gourde que tu n’y entends rien. On ne donne probablement pas de cours de physique dans les écoles maternelles. On devrait. Et puis des cours de pharmacologie aussi tiens. Tu comprendrais alors la redoutable efficacité de la macération d’Aconit napel, et de Digitale pourpre dont j’enduis mes flèches. J’ai essayé avec le clébard des Lequeu. Radical. »

Si vous me permettez un petit aparté, laissez-moi vous entretenir des Lequeu qui habitent à trois jardins du mien. Figurez-vous que leur labrador respirait très bruyamment, la langue pendante. Des heures durant en plus. Je m’en suis plaint.

Des gens vulgaires et grossiers ces Lequeu. Des nouveaux riches.

Ils m’ont répondu :  « z’êtes con ou quoi ? Il n’aboie jamais. Il a eu un cancer du larynx. On a du lui enlever les cordes vocales. C’est pour ça qu’il respire bruyamment, ça cicatrise. Vous allez pas me dire que ça vous emmerde à 150 mètres non ? »

« Et bien si, Môssieur le Bourgeois ! Il m’hôte les fulgurances de l’esprit, votre clébard emphysémateux… »

J’ai traqué ma proie à la tombée du jour, tel le fauve au muscle tressaillant qui rampe vers son repas dans la savane. Ce fut facile, l’animal convalescent ne bougeait guère. Mais foutre gras me fut de laisser là pareille pièce de viande. Mais vu la dose de poison dont j’avais enduit les flèches…

J’épargnai le récit de cette geste canine à la jeune écervelée qui minaudait à la recherche de son patte-pelu, toute tremblante devant mon courroux… ou bien était-ce devant l’accoutrement pourtant fort sobre que je revêt pour faire la vaisselle ? Un ensemble seyant composé d’un cycliste très moulant de couleur vert pomme, d’une bouée « petit canard » avec deux amusants grelots en guise d’yeux, sans oublier bien sûr, le masque, le tuba et les palmes. C’est que, voyez-vous, j’ai une sainte horreur de l’eau. Alors petit évier ou pas, pour la vaisselle, je prends mes précautions.

Je m’empressai de rassurer la gamine sur le sort de son minet.

«Ne t’en fais pas. Je n’ai pas empoisonné ton chat. C’est qu’il me fallait regarnir mon congélateur. Alors je l’ai chopé quand il est venu se tailler les griffes contre mes arbrisseaux. Deux fléchettes sans poison. Une dans le ventre et l’autre dans le cou. Un tir admirable. Il n’a presque pas souffert.

Enfin, pas longtemps.

Plus après trois bons coups de pelle dans la gueule en tout cas. Mais ne pleure donc pas petite imbécile. Tiens, si tu veux lui dire un dernier adieu, il doit m’en rester une cuisse qui traîne dans le congélateur… »

Figurez-vous que l’ingrate s’en est allée en hurlant. Quelle dinde cette gamine ! Et pour vous dire l’esprit procédurier des gens, ses parents m’ont envoyé la maréchaussée. Je me demande si c’est tendre de la cuisse de voisin ?

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 06:55

Chers amis et voisins, Mesdames et messieurs, Mesdemoiselles les emmerdeuses féministes, boulangers et michetonneuses, cher Alessio. Et aux autres grosses merdes avachies de traders de mes deux.

Quand je suis arrivé au bistrot ce matin, il y avait un drôle de truc qui flottait dans l’air, dans le genre palpable comme un nichon de Scarlett Johansson. C’était la fragrance envoutante du pavé dans la gueule. Un doux parfum de ras-le-bol et de révolution. Le Grand Tour de Copernic. Vas-y, Saturne en rond ! Montre moi ton orbite histoire de faire grimper le mercure au mois de mars. L’orbite, j’ai dit, pas l’Uranus ! Jupiler, Pluto et Venise, c’est le système scolaire. Bon et pour Neptune, j’ai rien trouvé. Pour mieux, vous n’avez qu’à demander à des rigolos salariés. Y en a plein les radios qui sont payés à lire le journal en buvant un café avec des potes et à répéter 100 fois que Maurane a écrit « va te faire enculer » sur twitter. Tu vas voir si moi je ne sais pas dire « enculé ».

Ca va ? Vous la sentez là ma mauvaise humeur bande d’enculés ?

La porte de la « Renaissance » à peine poussée, j’avais senti mon Roger chaud boulette comme pas permis.

Arc-boutés sur le comptoir, manifestement bien décidés à freiner le mouvement du globe terrestre de leur masse inerte, les trois plus beaux spécimens parmi les habitués du bistrot faisaient tourner le monde brassicole brésilien et la Sainte obédience monastique brassicole. T’avais Maurice, Robert et Bernard. Les mousquetaires de la bibine. Le triumverrat de la roteuse.

Maurice avec sa casquette Aldi vissée éternellement sur sa tête, de peur que ses rares idées s’envolent peut-être.

Une casquette cependant moins éternelle que sa doudoune, portée été comme hiver, fermée jusqu’au cou, même après 15 chopes en milieu d’après-midi. Maurice avec son air éteint de bougie soufflée. Maurice et sa perruque sur la langue. Maurice qu’avait été un type qui avait tout fait, tout vu, tout vécu, dans un autre temps ou une autre dimension, on sait pas, mais qui prenait un repos bien mérité, depuis 20 ans au moins, à regarder la vie passer sans l’atteindre. Maurice seul comme un mort dans l’existence, célibataire pour toujours. Tu m’étonnes John.

Robert, le gros Robert, avec sa pupille grise délavée vissée au fond de son regard vicieux de verrat affamé. Un regard effrayant, fou, à te chier dessus quand tu le croisais au soir d’une kermesse à pisser à la lune. Il y avait toujours une lueur de présence humaine à un moment de la journée chez cet homme-là. Mais Robert, y te carburait à la Chimay blanche et à la Rochefort 10°, alors au plus son verre se remplissait, au plus son regard se vidait.

Robert, chauve, adipeux, tout plissé, qui gardait son verre comme un Moai qui veille sur les côtes de l’île de Pâques. Hiératique, silencieux.

Après ses dix verres (ce qui correspond tout de même, mazette, à trois litres de bière à 8-10°) il commençait à te faire chier avec ses histoires de foot, ses airs d’importance, sa légende dorée, répétée quasi chaque jour, avariée depuis dix ans. Robert « tenait » une pute à Charleroi. Robert était un homme influent. Robert tenait la commune, les échevins, le bourgmestre à sa pogne, le roi, le pape aussi. Bart De Wever lui-même chiait dans son froc au point de vouloir apprendre le Wallon et militer au FDF quand il entendait parler de Robert. A ce moment là, tu devais songer à renvoyer doucement Robert vers la sortie, parce qu’à 15 verres généralement, il s’écroulait, comme ça, d’un coup, comme une grosse fiente sur le pavé du bistrot et t’étais bon pour nettoyer le sang après parce que ce con là se débrouillait toujours pour s’ouvrir le crâne. Alors, tu devais téléphoner aux flics ou pire, à sa pauvre vieille mère qui rappliquait en chialant pour le raccompagner.

Et puis tu avais Bernard, Alias Boubiet-mopette ou encore l’ewaré avou s’ mobylette. Vous le connaissez surement, sous un autre nom peut-être, mais vous le connaissez, sûr !

Avec son jogging qui lui reste enfoncé dans la raie quand il se gratte le cul et surtout son casque de mobylette, une boule rouge crasseuse avec une visière comme sur un képi. Inamovible le casque, qu’il boive un coup, fasse ses courses, ou regarde la prestation des « vî pétés coyons » en concert à la kermesse de Saint Roch en plein mois d’août, sous chapiteau et par 40° à l’ombre.

Bernard, sans âge mais fripé comme une mandarine oubliée dans le fruitier depuis la disparition d’Homo erectus. Bernard, tellement petit derrière le comptoir, tellement maigre que son casque en paraitrait même plus gros. Bernard, aigre comme un cornichon, en rébellion contre tout, surtout contre le temps et les saisons qu’existaient plus, les salauds de politicards qui faisaient des études pour être aussi pourris, les cons du journal qu’étaient tellement vendus ,que même aux soldes chez MAKRO, ils n’en avaient plus.

Trois pièces d’hommes ces gars-là. Roger, mon cousin qui tient le troquet, il les appelle ses chèques vacances, vu ce qu’ils claquent en pognon chaque année.

P8140249Accoudés au comptoir, les mecs ne commandaient jamais de café noir...

 

Sincèrement, j’aime bien aller voir les potes au bistrot. Mais quand je vois ces trois lascars accrochés à leur chope comme des patelles à un rocher à marée basse, ma journée se termine sans commencer. Tu peux être sûr que terminée leur phase initiale de recueillement, quelle que soit la conversation, ils vont finir par intervenir et te sortir des conneries à la chaine, sans aucun espoir de délocalisation de la chaine de montage en Europe de l’Est.

Tu as le gros Robert qui va te faire chier avec ses putes et son foot. Tu as le boubiet qui croit réellement que l’homme fouille l’espace intersidéral pour explorer un jour une grosse bouteille de Jupiler ou fouler du pied une barre chocolatée. Et puis tu as Maurice évidemment qui finira invariablement par répéter 100 fois en rotant de la bière qu’il l’avait bien dit. Dit Quoi ? Personne n’en sait jamais rien, lui le premier. Entre ces trois là, je perds espoir en nos capacités d’affronter les défis du futur en tant que civilisation. J’ai bien essayé de motiver leurs parents. Je me suis renseigné un peu partout. Le code pénal est formel : vu que ces gars là tournent autour des cinquante piges, c’est mal barré pour envisager l’avortement.

Ces trois là, on les aurait mis sur le coup des mineurs Chiliens, les mecs étaient toujours à creuser du côté de Pékin aujourd’hui. Cons comme eux, c’est plus une tare, c’est une attraction.

Malgré les recherches récentes, j’ai encore des doutes sur la réalité d’un croisement entre Homo sapiens et Néanderthal. Entre l’homme et le demi-kilo d’américain préparé par contre, je suis convaincu.

Puis tu avais Manu, la serveuse. Une vraie blonde, Manu, enfin, si tu ne tiens pas compte des 15 cm de cheveux noirs sous le fantôme de sa dernière colo. Puis tu avais aussi Monsieur Lequeu, retraité de l’administration, ex Haut fonctionnaire pas si haut que ça mais qui en savait quand même un brin sur les signes avant-coureurs de la fin du monde qui ne manquaient pas de marquer notre civilisation en perdition.

Et puis, il y avait moi. De très méchante humeur. Très très méchante même. Pour vous dire, rien qu’en voyant la gueule sidérale du Gros Robert, j’avais des envies de la lui éclater sur le comptoir s’il commençait à me casser les couilles avec ses histoires d’homme influent des cercles fermés des arcanes du pouvoir occulte. Enculé celui-là ! Hé, tu vois, je sais le dire hein enculé ! A sec, sans élan et avec une pomme d’épicéa bien ouverte si ça te plait.

Soupirant profondément, j’adressai un « ça va les gars » à la cantonade. Les trois mousquetaires n’étaient pas encore mûrs, il n’y eut que du silence pour monter de leur trio d’enculés (et hop, encore une fois !)

Avisant Roger, je lui lançai un viril « Tu me mets un Orval mon gros ? ».

La réponse cingla comme une taloche dans la gueule, verte et pourtant bien mûre : « Dix Miyaaaarrrrrds ! »

-Hein ?

-Dix miyards ! C’est ce que le gouvernement qu’existe même pas encore doit économiser l’année prochaine. Et devine c’est dans les poches de qui qu’on va encore aller chercher ? Hein ?

-Certes, mais…

-Teu teu teu… Tu vas encore dire que je suis un poujadisss. Mais y en a marre de donner des miyââârrrrrrs, tout ça pour que les gros des banques et les pourris spéculateurs et les salopards d’actionnaires et toute cette clique de suceurs de mes deux s’en foutent plein les fouilles ! Non mais, t’as vu le trader sur la BBC là ? C’t’enculé qui avoue froidement que tout ce qui l’intéresse, c’est le pognon ? Et t’inquiètes pas, les actionnaires, c’est pas demain qu’ils auront des fins de mois difficiles. Et les salopards sans âme qui travaillent dans les agences de notation ? Tu crois qu’ils dorment la nuit après avoir gentiment dévaluer la note d’un pays en foutant le peuple dans la merde ? Tu le crois ?

-Ben, ne pas avoir d’âme doit les aider à dormir, en effet.

- Et l’autre parvenu là, le Reynders qui nous a retourné les poches pour sauver les banques belges, les banques hein, pas les gens. Et qui revient 3 ans après pour re-sauver Dexia encore un coup . Et tu crois qu’il va falloir les sauver combien de fois les banques ? Tout ça avec le fric qu’on me pompe pour pas que je puisse investir dans le lieu de perdition où tu viens boire ta chope ! Et ils parlent seulement de réfléchir à des mesures d’austérité. Ben mon gars, qu’est-ce qu’on va prendre dans la gueule ! Ces cons-là, ça fait des années qu’ils nous mettent plus bas que terre pour soi-disant sauver l’économie, les petits épargnants, les emplois. Mon cul oui ! Et ça fait des années qu’ils se touchent leurs petits zizis en se demandant si peut-être on ne devrait pas faire quelque chose pour taxer les spéculateurs, les mecs qui se tapent des hausses de salaire de 500 % alors que l’ouvrier ou l’employé belge, s’il voit une indexation de 0,3 %, il peut s’estimer heureux. Bande de pourris ! C’est todi les pu p’tits qu’on spratch !

-Oui Roger mais… euh… Manu, tu pourrais pas nous mettre le juke-box ? Un truc épique tu vois ? Un truc qui irait bien sur un discours historique, Genre Moïse qui parle à son peuple ou De Gaulle qui cause à ses veaux…

-OK… Ca ?

« Debout, les damnés de la teeeerreuh… »

-Euh… Manu, peut-être pas à ce point là. Je voyais plutôt un homme, un héros debout, les cheveux aux vents dans la lande qui harangue une multitude fière et dressée, tu vois…

 

-Euh… oui, si on veut, ça ira. Bon les gens, vous écoutez Michel pendant que j’cause OK ?

Roger, ton indignation est digne et justifiée, et ceux qui la diront poujadiste feraient bien de travailler leur souplesse pour aller s’examiner le trou du cul mais…

L’homme est un loup pour l’homme. C’est dans sa nature te diront les plus hypocrites des réactionnaires conservateurs (si si c’est possible !) qui prétendent incarner la pensée nouvelle. Et ton discours sera qualifié de niais, gauchiste.

On te dira que le capitalisme et son cousin le libéralisme qui lui permet de s’exprimer… Surtout ne va pas les confondre ces deux là. Ouh là là, tu irais à la fâcherie avec Charles Michel. Et il aurait raison : pour qu’une bande de malfrats soit efficace, il faut des crapules aux profils complémentaires. On te dira que le capitalisme est le seul système qui marche, qu’il est naturel à l’homme depuis la nuit des temps. Et ces « on » auront raison. Depuis le néolithique, depuis que l’homme produit des biens et les accumule, la soif de puissance et de richesses qui sont les mamelles de l’inégalité sociale dirigent la civilisation. Et au travers des âges, cette soif a mené le monde entrainant certes des progrès dans le bien-être, mais surtout asseyant définitivement le clivage entre riches et pauvres, entre nantis et sans le sou. Si tu parles à ces gens-là d’alternatives qu’auras-tu à leur opposer ? L’anarchie, la religion ? Pire : le communisme ? Ils te riront au nez et te marqueront du sceau inique de la pensée unique, arguant des réussites très mitigées du point de vue des égalités et du bonheur des peuples de Staline, Mao, Castro, Elio. Ils auront beau jeu de te faire remarquer que la nature profonde de l’homme a dévoyé les idées généreuses tant de Jésus que de Karl. Et qu’au final, on en revient au seul système économique viable : le capitalisme avec son cortège d’inégalités. Et je ne pourrai que les approuver : une révolution n’est jamais qu’un tour de manège qui te ramène à ton point de départ. Simplement, pendant le tour, des têtes sont tombées et d’autres ont pris pouvoir et richesses.

A cela Roger, je rétorquerai, fier et véhément, que nous sommes au 21ème siècle, que depuis le néolithique, cela fait plus de dix mille ans que nous nous tapons joyeusement sur la gueule pour toujours en revenir à notre point de départ : il y aura des faibles et des puissants et si tu es dans le premier lot, ferme ta gueule. Ne serait-il pas temps de s’asseoir et de réfléchir au moyen de trouver une autre voie ? Peut-être pas tellement différente mais comment dire… un peu moins hystérique et moins fondamentalement égoïste ? Ne serait-il pas temps de nous dire enfin homme et non plus animal ?

Sardou se tut et je pris une large rasade d’Orval. Même les mouches ne volaient plus, occupées à chier sur les murs. Manu et Roger faisaient semblant d’astiquer le zinc. Je regardai les trois lascars. Ils me fixaient d’un air absent. Maurice, bouche bée, laissait échapper un filet jaunâtre et gluant de bave mêlée de bière.

C’est le boubiet qui interrompit en premier le silence :

-Vous savez ce qui sera le plus dur quand y ziront sur mars ? D’enlever l’emballage pour marcher direct sur le chocolat.

Je me retournai vers Roger et prit un second Orval. Parce que vous savez le pire ? C’est que les négociateurs ne peuvent se décider à mettre le mois de juillet en septembre parce qu’il fait meilleur. Mais que fait, palsambleu, le gouvernement ?

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 10:43

Bonjour à tous.

  

A partir de ce mercredi et durant les semaines suivantes, je voudrais vous emmener sur les pas d'un monsieur très sympathique. Sympathique en diable même puisqu'il mange les chats, tue les chiens des vieux esseulés, déteste les enfants et plus largement l'humanité. Oh, je sais, vous le connaissez déjà puisque ses méthodes barbares mais jouissives furent décrites ici et . Ces deux prochaines semaines, vous relirez les deux premiers épisodes de la saga condensés, réécrits en partie pour qu'ils fassent plus "nouvelle". Et ensuite, durant plusieurs semaines notre personnage vous emmènera plus profond, encore et toujours, dans les arcanes de son univers... comment dire... Un peu à côté de la plaque. Entre nous, faites gaffe. Il habite peut-être votre rue.

  

Pour vous donner une idée de ce qui vous attend, les titres des prochains épisodes :

  

La Trempe, Sarbacane, Les Objectifs ou rédemption, Liège gourmande, Régime crétois et langoustines, Comme un fauve dans la savane.

 

 

Episode 1 : la trempe.

Amis jardiniers, amoureux du potager, adeptes du poireau, bio ou pas, bonjour ou bonsoir, c’est selon.

Je voudrais vous entretenir d’une des plaies majeures de nos plates-bandes et des pelouses verdoyantes où s’ébattent nos bambins pleins de vie et d’espoir en des jours meilleurs qui pourtant ne viendront peut-être pas. Je voudrais éveiller votre vigilance face à un des fléaux principaux de nos semis fraichement effectués dans la terre nourricière, terre enfin rendue amoureuse par les ardents rayons de l’astre du jour qui s’offre à la douce poésie d’un matin printanier bruissant de la ferveur aviaire.

Je veux bien sûr parler d’une cause légitime de juste courroux du jardinier amateur meurtri dans sa chair…

Ce sont ces saloperies de chats, ces foutus immondices velus qui chient partout, empuantissent nos légumes de leurs projections nauséabondes, retournent nos semis de leurs griffes et de leur panse paresseuse de pourris parasites de l’humanité. Sus mes preux, taillons dans la viande, brisons les os, fendons les crânes, éviscérons gaiement. La gent féline doit payer.

Hum… excusez mon emportement soudain. Cela ne sied pas à un texte qui se veut purement didactique. Reprenons le propos, si vous le voulez bien, sur le ton docte et serein qui convient.

Je vais vous exposer aujourd’hui une solution miraculeuse pour éloigner nos chers amis félins de nos jardins, efficacement, à peu de frais, sans dommages collatéraux ni folie meurtrière (ou si peu). Il s’agit de la TREMPE !

Cette méthode demande juste l’obtention d’un piège à fouine (une cage munie d’une trappe à sens unique) muni de poignées, d’un peu de kit et kat (ou de sheba pour les chats gourmets), de gants en cuir épais, d’un poste de radiodiffusion mobile et muni de piles (rechargeables si la fibre écologique vous habite et chargées, c’est mieux), d’un peu de musique violente et tonitruante, de vêtements voyants, d’un sabre et, le plus important…

D’une bassine d’eau…

Plus grande que le piège….

Pardon ? Mais non voyons, je ne suis pas un « sadique ».

Reprenons.

Le déroulement des opérations est d’une sobriété approchant le carrément désertique, voire le dépouillé.

Après avoir repéré le lieu de passage préférentiel d’un de nos amis de la gent féline (un gros crapuleux marcou de préférence), déposez à cet endroit le piège, garni de kit et kat (ou même de whiskas, ne soyons pas sectaires que diable mes preux).

Tapissez vous, tel le fauve guettant sa proie au coucher du soleil, qui darde de ses rayons pourpres le point d’eau perdu au milieu des hautes herbes ocres d’une savane africaine riche et joyeuse alors même que meurent, les enfants d’Afrique oubliés par le train de la civilisation. Putain que c’est beau Germaine.

Bref…

Le chat approche, renifle la nourriture offerte à ses désirs et, cédant à sa veulerie toute féline, pénètre dans le piège qui, brusquement autant qu’inexorablement, se referme sur sa misérable carcasse de fienteur pelé.

Il est fait comme un rat, ce qui pour un chat est déjà un beau châtiment. S’en est fait de sa rouerie, le fourbe.

C’est alors que vous surgissez de votre retraite, arborant un rictus dément, hurlant comme une bête. Tel un ouragan monégasque, vous fondez sur votre proie.

Suspens, car c’est ici qu’une importante parenthèse se doit d’être ouverte. Préalablement à votre machination, vous aurez pris soin de disposer votre appareil de diffusion musicale sur piles à portée raisonnable. Au moment même où le piège se referme sur l’ennemi, ayant positionné le curseur de volume sur « à fond », vous lancez la musique. Pas n’importe laquelle. Quelque chose de raffiné. Du Sepultura ou « thunderstruck » du groupe AC/DC peuvent convenir. Personnellement, j’ai un penchant dans ce genre de situation (mais dans ce genre là uniquement) pour la musique teutonne incitant au massacre aveugle mais salvateur. La Charge des Walkyries est une sorte de maître achat pour la circonstance. Maître à chats. Décidément, la finesse de mon humour navigue dans des sphères stratosphériques.

Autre parenthèse, vous aurez également pris soin de revêtir pour l’occasion ce qu’il est convenu d’appeler votre habit de lumière.

Un déguisement de superman, un uniforme de la SS peuvent convenir. Une tenue de danseur de la troupe à Béjart aussi, mais moins.

Là aussi, je suis enclin à suivre mes intimes inclinaisons. Et mon penchant personnel me pousse vers un uniforme de la cavalerie états-unienne de la guerre de sécession avec le grand chapeau, le sabre brillant et tout le toutim ou bien celui d’un cuirassier napoléonien. Ca a beaucoup de gueule mais pour la planque dans la savane, le casque, c’est un peu chaud.

Revenons à nos moutons, enfin à nos chats (et vous vous esbaudirez encore à la finesse de mon humour) et résumons-nous mes braves. La veule créature prise au piège, vous balancez la sauce à fond, vous surgissez dans votre habit de lumière en roulant des yeux et alors…

Soit en poussant des hurlements rauques et gutturaux,

soit en éructant un truc bien senti du genre « ça va être ta fête, enculé », « Montjoie, Saint Denis » ou encore « Morts aux Flamands »,

soit en faisant les deux,

vous fondez sur l’animal telle la justice divine sur le peuple égyptien.

Tout en continuant à gueuler comme un forcené, les yeux injectés de folie et de sang, vous attrapez le piège et vous le trempez dans la bassine d’eau.

Attention ! Des trempages courts et répétés doivent être préférés à une seule plongée de dix minutes. Il ne s’agit pas d’être taxé de barbarie par les chochotes de Gaïa ou l’engeance végétalienne de PETA mais juste de donner une leçon méritée et définitive à l’ennemi, leçon assénée avec pédagogie, calme et dignité.

Mais enfin, c’est vous qui voyez après tout. Si par malheur, dans la générosité de votre élan civilisateur et purificateur, il arrivait un accident, le chat, après séchage, s’accommode bien, paraît-il, d’une sauce chasseur. Un vin puissant mais fin (un cru de Gevrey par exemple) accompagnera parfaitement ce met longuement mijoté. Invitez les propriétaires de l’animal (le papa et la maman de la bête) au festin, ils n’en feront que plus facilement leur deuil.

Cependant, si tout se passe bien, après cinq à dix minutes de bains répétés, coupez la musique. Si possible, arrêtez de hurler comme un dingue et déposez le piège à la sortie de votre propriété. Libérez le matou. Il fuira sans demander son reste, le couard. S’il se rebellait ou même s’il ne fuyait pas assez vite, prenez soin d’avoir à disposition une bonne pelle. Un grand coup sur la gueule de ce prétentieux récalcitrant et le tour est joué. La sauce chasseur l’attend !

Normalement, après la capture de quelques chats, vous pourrez ranger votre piège. La diffusion régulière, dans les cent-vingt dB de votre musique rituelle (Wagner dans mon cas), de nuit ou au petit matin, suffira à faire fuir les félins. Pour renforcer encore plus le réflexe d’évitement des chats, vous ferez régulièrement le tour de votre jardin dans votre tenue de combat, le sabre au clair, en criant à tue-tête votre « cri de guerre ». Vous pouvez aussi reprendre votre musique a capella.

Cette méthode, terriblement efficace, risque cependant d’indisposer plus que de raison votre voisinage bourgeois, bien-pensant et un peu serré du cul, il faut le dire. Allez savoir pourquoi.

Est-ce la diffusion régulière de la charge des Walkyries à pas d’heure dans votre jardin, le fait de vous y voir déambuler en uniforme de cavalerie nordiste, brandissant un sabre et chantant à tue-tête : « ta ta ta taaaa taaa ta, ta ta ta taaa taaa ta (1), Montjoie, Saint Denis » qui incommode ? Ou est-ce plus simplement l’étroitesse d’esprit du beauf campagnard ?

Qu’importe, j’ai des recettes tout aussi simples et efficaces pour se débarrasser de deux autres plaies de notre temps : les psy et les voisins !

(1)  : Vous n’aviez pas reconnu ? Je ne félicite pas votre incompétence crasse et l’absence totale de musicalité de votre âme blafarde. C’est l’air des Walkyries évidemment.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 07:04

« En Syrie, quand c’est jour de piscine, on voit tout Damas qui nage. »

Le Rustre en personne…

 

damasquinage de Tolède José luis GalvezSource : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Damasquinado.jpg  Auteur : Josè Luis Galvez

 

Chers amis et voisins, Liégeois, Liégeoises, bucherons et bûches rondes, cher Dominique. Permettez-moi d’évoquer aujourd’hui la souvenance à vos mémoires oublieuses d’une belle âme Chrétienne, de celles qu’on préfèrerait rencontrer plus souvent dans les bistrots, en la personne d’Armand Chamelle, décédé inopinément (et ce n’est pas sale) en cet été décidément merdique de 2011.

Armand Chamelle est né pas très loin d’ici, à Tchoule-en-Oingt. Très tôt, Armand est touché par la grâce divine… et par son curé dans le confessionnal aussi, mais c’est une autre histoire qu’une stricte éducation catholique me poussant à l’hypocrisie m’empêche de vous conter ici. Il entre dans les ordres à 24 ans, à l’abbaye Notre-Dame-en-pleurs d’Oingt, dans la vallée de l’Oingt, juste à côté pourtant.

Ordonné et oint par le Père Alain de l’Oingt, Armand trouvera cependant sa véritable vocation à 32 ans, lorsqu’il décida d’aller porter la bonne parole dans les sables du Proche-Orient où décidément trop d’âmes s’égaraient sur les méandres tourmentés des fleuves sans porcs de l’Islam. Et donc voici l’Abbé Chamelle dans le désert parmi les Berbères. Ceux-ci reconnurent en Armand un frère, puisqu’ils l’appelurent l’Abbé d’Oingt. Ceci ne plut guère (normal dans le désert) aux imams qui n’appréciaient pas que les Bédouins reconnurent de porc parce que c’est interdit par la religion.

Les années passurent et l’Abbé Chamelle roulit sa bosse dans le désert, sans être entendu. Et c’est vrai : en deux chevaux comme en trois dromadaires, ça donne le mal de mer (roulis, mal de mer, tout ça…). Je passe au présent parce que le passé simple, c’est imparfait et ça me décompose.

L’Abbé Chamelle, on le déblatère sans cesse. On se méfie de lui et de ses idées. Il faut dire que le missionnaire campe sur ses positions. Il n’en veut pas aux Musulmans mais pourtant, il se met martel en tête. Il veut leur faire connaitre le Christ absolument, c’est qu’il est venu de l’Oingt pour ça.

En Egypte, il tombe malade en attrapant la pire amibe qu’on ait vu. Il part sur les pistes inconfortables et quand il reste sur la route toute la sainte journée, c’est tout en camion.

 

P7210053L'abbé Chamelle, devant le yaourt qu'il habitait dans le désert, dégobille.

Alors il part en Syrie où il fait feu de tout bois. En Syrie, il prêche chez les marins car il aime faire des phrases. Les vieux marins Syriens n’en ont rien à cirer de ses sermons, même par fortes pluies. Il a plus de succès chez les moussaillons qui ne restent pas de bois devant les paroles de l’homme de Dieu. Ces mousses employés sur les galères du Sultan Syrien sont ses serfs. Ils vivent dans des conditions innommables, que je vais pourtant vous décrire : travaillant toute la journée, ils ne mangent que des crottes de nez, ils boivent du pus tiède et ils dorment sur des chutes de bois, normal pour des serfs. D’ailleurs l’Abbé Chamelle est heureux de prêcher les pieds dans la sciure de mousse. Et question sciure, il y avait du bouleau.

Mais les potentats de Syrie, voient d’un mauvais œil la mission de l’abbé. La prêche à la ligne dans le désert, ils en ont marre, alors même que les formulaires ont été rempli dans l’étang. Pour punition, l’abbé sera privé de désert. Et il pourra pleurer des rivières, à quoi ça sert, horticole ?

Car en ce temps là, il faut le dire, la Syrie était une dictature infréquentable, pas comme maintenant, dirigée par l’horrible Cheik Hen-Bhlanh et son infâme vizir Omar De Wever, dit le Gros Vizir. Ces deux là étaient arrivés en Syrie quelques années plus tôt, brûlant les planches dans leur spectacle "La Flandre est un plezier, godverdoem !". Yves et Bart, mieux connus sous le nom des Frères Baloches, faisaient rire à bon marché les peuplades sensées en leur racontant pour de vrai ce qui se passait en Belgique. De jeux télévisés en slogans faciles du genre "il ne nous faudra que 5 minutes de courage politique pour vous débarrasser des Vengeurs du Désert", ils avaient conquis le pouvoir.

 

montage benny

L'infâme Cheik Hen-Bhlan, alias Yves Leterme Minus, mieux connu sous le nom d'Yves l'Inusable, Yves Duracell sed cell, Leterme aux piles. 

 

Un complot se ourdit (un plan en bêton). Il y a sur la place de Damas un dattier creux qui ne donne ni l’heure ni le jour mais qui sert de tocsin pour rameuter la populace pour les lynchages ludiques voire pour des décapitations à l’arrachée sur billots improvisés. Ce dattier n'a pas des blagues collées au cul. Sauf évidemment, celle de l’égorgé qui riait à gorge déployée et celle du lapidé qui avait un caillou dans la chaussure.

A Damas on redoute encore le son du dattier, car quand le tronc sonne, la hache n’est jamais loin. On le craint encore plus que les guitares des Vengeurs du désert, mystérieuse faction rebelle qui signe toujours ses actes d’un "aï aï aï ah aïïïïe" sinistre.

C’est un jeudi, jour de piscine en Syrie, que le Sultan donne l’hallal, Ali. Alors que Damas qui nage n’amasse pas mousse (dans la sciure sus-évoquée), on se demande il est houx, l’abbé, qu’on l’en chêne ? Et c’est vrai ! Depuis quand ne l’ai-je plus vu, j’ai l’impression que c’était lierre. Rien ne frêne plus la vindicte populaire. 

-Stop. Arrêtez tout. Cet homme a le droit fondamental d’avoir un procès équitable s’il a les moyens de me payer très grassement. Je me présente : maître Modricamel, et je ne suis pas une gauloise. Laissez moi voir le dossier… Mouais. Ben, c’est plié mon ami, vous êtes sauvé ! Si on parlait avant tout de mes émoluments ? Chhhttt Chhhttt Chhht (chuchotements de conciliabule secret, je fais bien les chuchotements hein ?).

-Cht cht cht cht

-Ah bon mon ami ? Un ordre mendiant, vraiment ? Ca existe ça ? Et bé… Désolé. Sultan Cheik, l’accusé est coupable, vous pouvez exécuter la sentence.

La foule surexcitée hurle alors sa joie. "C'est la fête au villageuh, les parents, les enfants vont te massacrer avec courageuh..." chantent-ils gaiement.

Pourtant l’abbé cancane, l’abbé rit. Je ricane disait-il au taxi pour que je te broute, ça me retourne les sens. Erreur fatale. Il connaissait pourtant un moine girondin à qui le rire avait fait perdre la tête. A l’instar de Diogène, pour ne pas céder au plaisir, ce Bordelais reposait en barriques. Il était donc très futé et riait de tout. Pourtant, en Syrie, quand les boisés rient, ils finissent souvent entre 4 planches. Ce qui est idiot comme expression vu que souvent, il y en a six. Sinon, les vers ont trop de facilité à vous rentrer dans le cul. Mais ne nous leurrons pas, ce n’est que partie remise.

L’abbé Chamelle voit la foule le presser de quolibets. Malgré sa foi, il tremble de tout son hêtre. Il aurait préféré être à Charme-el-Cheik qu’à Damas.

Mais il est trop tard, la foule complètement beurrée (étonnant pour des Musulmans) fond sur lui et le roule dans la farine, c’est lait. Mais bon, il faut touiller énergiquement hein, sinon il y aura des grumeaux. C’est le problème avec la Béchamel. Mais de grumeaux en grumes, retournons à la Syrie.

L’abbé, alors qu’il n’a jamais fumé, se fait passer à tabac, il se prend des pins, des marrons. Est-ce toi l’abbé ? Oui, répond-il. Il ne peut pas l’ mier, avec sa soutane, il est dans les n’ormes. Il se débat, se défend jusqu’au bout. Dieu saura le reconnaitre. Il peut plier alors il cèdre.

Bref, on le dénude, on l’effeuille et on le met sur le billot. C’est alors que se produit un miracle.

-Baila, Baila, Baila… Baila Baila me !

-Tudieu, par Saint-Henri, par Saint Omar je veux dire. Les Vengeurs du désert, mit le Cheik. Dit le Cheik, je veux dire. 

Ils surgissent de la dune et l’infâme Cheik Hen-Blhanh se raidit. Son heure a sonné !

Ding-dong !

-Oui ?

-Maître Modricamel à votre service, et je ne suis pas un fumeur de gitanes.

-Cass' toi pov con.

-Ah non, vous vous êtes encore trompé d'hymne, ça c'est Français comme phrase historique.

Mais le Cheik n'en à cure (Robert Smith et tout ça, mais je l'ai déjà faite). 

-Que voulez-vous, les défie-t-il ?

-Djobi, djoba, djobi djobi djoba.

-Foert, réplique le Gros Vizir, c’est du Wallon. Nous sommes faits. On va nous transférer nos compétences !

-Je dirais même plus Vizir, we are made like some french speaker rats dit Yves le Cheik. Je pense qu’il va falloir en référer aux collègues et qu’on verra le moment venu !

Alors, la musique sonne, sonne sonne et DSK saute la bonne bonne bonne et le dattier s’effondre tandis que Goldorak viole Amy Winehouse pas très fraiche dans les geôles puantes de Verviers.

Alors les Vengeurs Masqués se dévoilent parce que c’est la loi et partent avec l’abbé Chamelle dans le désert pour épouser une Béarnaise riche en criant "Samouraï". Alors la morale de cette histoire s’effrite en cornet acoustique. Et une Andalouse à son tour chante "aï aï aï ah aïïïïe" parce que ses hémorroïdes la font souffrir.

Tout le monde se fait des bisous avec la langue et eurent des enfant et furent teureux.

Yves Leterme tomba amoureux d’un dromadaire et partit avec elle sur une moto dans le désert. Bart de Wever partit en courant à côté d’une jument qui ne voulait pas avoir un deuxième trou du cul sur le dos, un seul lui suffisant.

Vous ne me croyez pas ? Ben regardez le clip alors !

Musique !

 

 

 

Et voilà mes biens chers frères et sœurs. J’espère que ce texte aura œuvré à l’édification de vos âmes. Et tandis que retentissent les notes cantabriques des rois gitans, je me permets de vous rappeler que cette année encore, trop de feuilles vont mourir le long de nos routes. Préservez leur vie et ralentissez. Je sais que l’automne est la saison des champignons, mais quand même. Car en vérité je vous le demande, que fait le gouvernement ?

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 13:09

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C’était un petit val de verdure où chantait un ru d’argent. Il s’ébrouait en glissant sur de gros blocs de quartzite faisant le dos rond au long travail de sape de l’eau.

Etendu sous les nues, la douceur du polytric épais lui caressant la nuque, Georges regardait les grands pins ployer sous la brise. Il écoutait leur plainte apaisante, le souffle tempétueux qui lui rappelait son enfance, les harmoniques de la bise prise dans les pins, son à nul autre pareil qui extirpe de la chair les douleurs les plus terribles.

La douleur lancinante le quittait enfin et ne demeurait que le rire enfantin de sa femme, sautant de rocher en souche, s’éloignant de lui. Georges souriait tant il était bien, tant le sifflement des pouillots et la plainte tiède des pins l’apaisaient. Georges enfin, lui d’ordinaire si stressé, fâché avec la vie et avec le repos, goutait au plaisir de s’arrêter et d’observer. Il sentait la mousse caressante et humide. Il entendait les oiseaux, il sentait le jeu du soleil et des ombres sur sa peau. Le soir tombait, enrobant doucement toute chose d’obscurité.

Parfois la douleur revenait, irradiante et insupportable. Parfois, Georges sentait encore un peu de la chaleur de son sang qui s’échappait de ses plaies. Parfois, la conscience de ses membres disloqués lui revenait. Mais jamais trop longtemps parce que ce val moussant de rayons obscurs était félicité.

Les grands rochers de quartzite qui dominaient le vallon ne cessaient de prendre des formes étranges et rigolotes. Le rire de sa femme s’était tu. Elle qui l’avait poussé du haut des rochers rigolards. Elle qui lui avait dit de bien profiter du paysage avant de s’éloigner en riant comme une folle. Son frère et sa femme. Jamais il n’aurait imaginé. Son frère qui avait déjà presque tout pour lui, leur père ayant fait tout ce qui était légal à sa mort pour que Georges ait le moins possible et son frère la plus grosse part de la fortune familiale. Il ne restait même plus à Georges sa jolie épouse à présent.

Mais Georges souriait parce que la quiétude et l’obscurité gagnaient maintenant. Et sous la danse au vent des pins, l’oubli.

Il fallut du temps pour que Georges reprenne conscience de lui. Plus encore pour qu’il se rappelle des autres et du vallon moussu. Il y eut l’obscurité, la lumière crue d’une grande salle blanche, les voix, beaucoup de voix, le brouillard et puis maintenant l’obscurité à nouveau.

Une obscurité à peine perturbée par un fin croissant de lune qui émergeait parfois de nuages furieux. Georges remontait en silence l’allée de gravillons qui conduisait à la demeure de son frère.

Georges se souvenait plus ou moins de tout : la surprise, le choc, le rire de sa femme, la douleur atroce mais plus encore, dominant tout le reste, le son des pins ployant au vent. Il n’éprouvait pas de colère, à peine de la rancœur. Georges goutait enfin aux joies des sentiments simples et apaisés, aux idées émergeantes et jamais achevées. Lui qui durant toute sa vie avait été la victime d’un caractère orageux et torturé. Lui qui dans des crises incontrôlables de rage avait battu comme plâtre son vieux père puis sa femme si charmante.

Et maintenant toute cette quiétude. Sa sieste sous les pins lui avait fait du bien. Depuis « l’accident », Georges n’avait plus qu’une conscience lointaine et parsemée d’absences. Juste un vase brisé avec des images éparses dans le cristal. Par exemple, il ne savait pas comment il était revenu ici. Par contre, il savait qu’il allait rentrer dans la maison, qu’il allait s’y installer et vivre avec celle qui fut son épouse et celui qui était encore son frère. Pendant un temps au moins.

Il savait que son frère avait le cœur fragile et sa femme l’esprit au bord du gouffre depuis longtemps. Georges passa sous les caméras de l’énorme grille en fer qui fermait la propriété pour la nuit. Il savait qu’il y avait un système d’alarme mais Georges n’avait que faire des caméras et des systèmes d’alarme.

Il arriva face à la porte d’entrée en chêne massif. Avec son aspect ancien et cossu, elle disait à elle seule la débauche de fric dans laquelle baignait son frère et pas lui. Elle était fermée à clé et sous alarme elle aussi. Mais Georges n’en avait cure, ni des sirènes ni des serrures.

Il entra et décida d’aller voir directement les deux amants qui devaient dormir dans la chambre au-dessus du salon. Pour cela, Georges aurait du emprunter le corridor puis l’interminable escalier puis encore un corridor sans fin. Et Georges était fatigué. Heureusement, Georges se foutait royalement des corridors, des escaliers et des étages comme des murs et des plafonds. Il monta directement. Il les vit. Il eut à ce moment là une bouffée, une seule, de haine sauvage comme au bon vieux temps. Une envie de cogner qui le fit se sentir vivant comme jamais auparavant.

Puis il se ravisa. Sa colère à peine née partait vers l'oubli balayée par le vent dans les arbres. Il ne pouvait pas frapper, ni étouffer, ni poignarder. Même si l’envie l'en avait dévoré. Georges le savait, il était dans un état confinant à la paralysie complète. Peut-être était-ce la mélodie des pins qui l’avait anesthésié ?

Après la sieste sous les pins, il y avait eu la salle blanche et les voix. Puis le brouillard et de nouveau l’obscurité, une obscurité rougeoyante. Et d’autres voix qu’il avait envie d’écouter, des voix aux conseils avisés. Bribes. Eclats de souvenirs. Le vent dans les pins.

Georges ne pouvait pas les frapper et les voir se vider de leur sang dans le lit. Mais il allait rester auprès d’eux, chaque instant du jour et de la nuit. Surtout de la nuit. Et il ferait les choses dont les voix rouges lui avaient parlé. Des bruits. Des coups. Des souffles. Des chuchotements à la fin d’un CD de Dido. Et puis parfois, pas trop souvent parce que ça le consumerait, ils pourraient le voir, fugitif dans un miroir, éclair sur l’écran de la télé.

Faire crever le premier de trouille. Rendre l’autre poufiasse folle de terreur, de chagrin et de remords. Qui sait ? Jusqu’au suicide peut-être ?

Georges ne pouvait pas cogner mais il allait prendre du plaisir. Encore un peu de plaisir en ce bas monde avant de rejoindre les ombres rougeoyantes où ne le bercerait plus jamais la mélodie du vent dans les pins.

 

PS : merci Arthur, merci le vent, merci les pins !

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 08:25

« Faut pas être Saint Ture noire pour faire du Judo »

Le Grand Jojo, Vive les Saints.

 

 

Allez, mettez-moi ça en sourdine pendant la lecture. Vous aurez vraiment l'impression d'être dans un bistrot à la fin des années 80.

 

Amis et voisins, électriciens, électriques chiennes, mes chers compatriotes, les patriotes malins aussi, cher Olivier Maingain.

Alors évidemment, cet été, on peut difficilement faire l’impasse sur le massacre norvégien. C’est con hein, le jour même de l’attentat et de la fusillade, dans les premières heures dubitatives, mon cousin Roger et son pote Dédé, ils le savaient hein, que c’était un coup des musulmans ! Les barbus, ça a toujours quelque chose à se reprocher.

Non, sans rire, c’est vache. Le terrorisme musulman, ça nous facilitait la vie. C’est facile à reconnaitre, à stigmatiser et à fustiger un Musulman. C’est vachement plus confort pour te l’embarquer dans un charter vers les oubliettes de Cacaguano. C’est qu’avec ses airs suspects de franchement pas comme nous et même de carrément pas comme les autres non plus, il a une bonne tête de prétexte d’invasion le terroriste musulman.

Un petit blond tout propre sur lui avec ses p’tits polos de bourgeois de Wépion qui va à la messe le dimanche par contre… qui se méfierait ? Merde, avec Roger au café de la Renaissance, ils croyaient que terroriste ça prenait deux airs de barbe et de Nekhab, point c’est tout. Tout défoutus qu’ils étaient les mecs du bistrot.

Mais bon, il doit y avoir talon aiguille sous France Roche. Le Hans truc muche-là, ce doit être un abstinent ou un végétalien ou un truc comme ça. C’est pas un mec comme nous.

Un gars de chez nous qui descend sa chope, son ballon ou son jaune et qui s’enfile ses six saucisses piquantes, ses trois boulets maison et son dagobert à midi, ça te dézingue pas 60 personnes dans l’après-midi.

C’est pas les mecs qui te font une virée au Luxo pour acheter du pastaga et du péket chez Massen et qui te descendent une platée de palette fumée aux fèves sauce Roquefort au Keup avec un ou deux Picon-vin blanc à l’apéro et puis deux-trois « klench », des demi-litres, de Bofferding pour faire descendre le cochon fumé, qui se vautrent dans l’immolation aveugle et le génocide artisanal après. C’est juste des trucs d’excités de buveurs d’eau et de thé.

Mon cousin Roger est un grand théoricien de la psychologie abdomino-stomacale. Et je dois le dire, sa prose est souvent estomacante. Mais quelque part il a raison. Allez, vous voyez Michel Daerden au FN vous ?

Néanmoins, allez raconter ça à John de la Tourette Galliano, le mec qui défrise les moustaches d’Adolf dès qu’il a un verre dans le nez. Malheureusement, la preuve ultime de l’égalitarisme de l’humanité, c’est qu’il y a des cons partout, même chez les bons vivants. C’est trisssss hein monsieur !

Moi ça me conforte dans mes idées : A mes oreilles, le froufroutement des djellabas est plus doux que le martèlement du pas de l’oie.

 

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"Quand on arrive à l'extrémité des idées, on tombe dans le vide" allégorie du massacre norvégien par Anatole Legrain-Gallet (1830-1973). L'oeuvre nous dépeind les barbares fascistes assassinant la démocratie, représentée par un vieux dinosaure. Beaucoup d'Historiens de l'Art ont recherché, en vain, une gaufre allégorique qui serait cachée dans le tableau.

 

Et puis cet été, alors qu’il pleuvait de plus belle, le roi martela du poing sur la table (Ouah l’autre hé, l’enchaînement !). Le Roi fit donc vaciller la table. La fameuse table tellement tournante qui devait tellement tourner que ça allait tellement entrainer une révolution tellement copernicienne qu’on n’avait plus vu ça depuis Aristote.

Table tournante à laquelle depuis plus d’un an les grands mages des partis demandaient "Esprit es-tu là ?". Mais d’esprit, il n’y avait pas. Et personne ne se mettait autour de la table ronde qui était carrée pour voir Oui oui oui, pour voir non non non si l’accord est bon. Las, Arthur fait le camelot à la télé et Merlin s’en est allé meubler son ennui avec Leroy, ce qui enchante Tonton tapis, le génie des carpettes, (à ne pas confondre avec Ceaucescu qui était le génie des Carpates et qui n’avait pas de moustache).

Mais Albert, tout empourpré, tapa du poing sur la table et cria. Pas pour que Charlène revienne, ça c’est un autre Albert, Albert de mes deux bis. Et puis je l’ai déjà faite. Albert a crié, crié hé, pour que Bordel de merde, les partis se les bougent un peu, les parties, foert à la fin .

Enfin, il l’a pas dit comme ça Albèredeu. Mais l’effet fut fort. Alors les huit partis se mirent d’accord !

Enfin !

Après plus d’un an !

D’accord pour partir en vacances trois semaines en laissant l’élève Bart en rattrapage pour son cours de latin. C’est pour ça que Bart a latin pâle, parce qu’il n’a pas décroché la timbale.

En Belgique, on était content : c’était déjà une victoire. Finies les petites phrases assassines et rigolotes. On allait s’emmerder ferme.

Heureusement, à la fin de l’été, il y eut l’hospitalisation de Michel Daerden. Triste. J’ai compatis. Je lui ai envoyé des fleurs. Six roses. Mais attention, j’ai compatis, soit, mais pourtant on dit toujours que ce sont les meilleurs qui pâtissent en premier.

Le public se rabattit donc sur la fin lente de Khadafi. Et oui, c’est la fin lente de Khadafi, et il aura beau sortir des petits lapons de son chapeau magique, il a perdu les rennes du pouvoir. Sauf qu’évidemment depuis, il a disparu justement. Il est entré dans un de ses beaux chapeaux et abricot des bras, il est parti. Est-il sur l’île avec Gilbert Bicot et Michael Klaxon ? Mais ne nous moquons pas, le chômage est un fléau. Et il lui en faudra des entrevues d’orientation et des formations formatives pour retrouver un boulot à Mouammar. Décidément, c’est la crise pour les dictateurs. J’en profite d’ailleurs pour vous montrer une fois encore, la fiche signalétique de l’individu.

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Et puis, toujours aussi évidemment, il y eut le dénouement de la saga Strauss-Khan, la terreur des Sofitel, le faune priapique, le fléau de ces dames, le gourdin socialiste. On a bien fait de largement lui accorder la présomption d’innocence à celui-là. La preuve on a abandonné les charges, alors même que le problème résidait justement dans le fait qu’il y avait eu décharge (très fraiche, celle-là, j’avoue). Même si Gaïa va gueuler, moi je dis que castrer les porcelets pour éviter l’odeur de verrat, c’est pas si mal.

Et donc la morale de cette histoire, c’est que "Dominique, nique, nique, s’en allait tout simplement, routier, pas si pauvre, en chantant". Moi je dis qu’on lui en a fait assez baver à ce pauvre homme. Déjà aculé hâtivement par la soubrette, le voici encore accusé par Tristane, bah non alors !

Nénesse n’a pas tout compris de l’affaire DSK. Il est persuadé que DSK est poursuivi pour maltraitance envers les animaux et zoophilie. Il croit à une sombre affaire de triste âne et d’ânon. Quelle mule le Nénesse !

N’empêche qu’il saute soubrette, Sinclair et on voudrait qu’il soit un Saint ? Je dis que si mon Templar, genre Into the Dany Wilde, il ne faut pas s’étonner d’être aux sévices sucrés de sa majesté. Mais ça, c’est la Moore, comme dirait Roger avant d’ajouter amicalement : "à la vôtre".

Colas l’a dit qu’il trouvait ça étrange. Voyez-vous cet homme de pouvoir, promis aux plus hautes fonctions, fortuné au point d’avoir le loisir d’assouvir ses penchants les plus vils avec d’accortes autant que callipyges professionnelles tarifées à la fois compétentes et discrètes, se commettre dans une coucherie sordide au hasard d’une rencontre fortuite avec une femme de chambre finalement assez quelconque encore que ce soit là matière de goûts et de couleurs dont il ne faut pas discuter du bienfondé ?

Je dois à la vérité que Colas n’a pas présenté les choses de cette manière. Lui il a dit : Putain, le DSK c’est une bite sur pattes. Il pense avec sa queue. Le mec peut pas s’empêcher de quetter tout ce qui bouge, gros pourcê. Y verrait un chien avec un chapeau, il se le ferait encore. Quand je pense que ce gars là peut se payer les plus jolies carrosseries du monde et il saute le premier boudin qui passe. Et ça veut être président…. Hé bé… Remets moi une chope va Roger.

Vous avouerez que ma manière de présenter les choses est plus élégante…

 

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Bon, quand on le voit nu évidemment, on comprend les femmes. C'est qu'il est bien fourni l'animal...

 

Mais bien entendu, l’épée de dame aux caisses qui a plané sur l’Europe tel l’Hindenburg en flammes surgissant de nulle part tel un aigle noir, c’est le spectre du bardaf de la braderie économique. C’est que, je me tue à vous le dire, les bourses vont mal. Pas celles de DSK évidemment. Elles, elles se portent à vermeil, comme la carte. Fier comme l’obélisque, il monte Lagarde, le faune lubrique.

Non palsambleu ! Regardez donc les émeutes anglaises, les indignés espagnols, les insaturés de Grèce… L’Europe s’effondre mes amis. Notez qu’en Grèce, question ruines, ils ont l’habitude. C’est même un fond de commerce chez ces gens-là. L’Italie vacille. La Belgique dérive. L’Angleterre se soulève. La France râle (oui mais ça, bon, c’est un peu comme dire que le soleil se lève à l’est…). La Grèce s’effrite. L’Andalouse s’indigne. Le cornet à plus de deux euros tout de même ! C’est un signe de la fin du monde ça, madame. La prophétie de Maya l’abeille me semble inéluctable. Ca va être dur de l’élucter.

Et puis l’été se prolongea par le mois de septembre. Et oui, c’est en septembre chantait l’insupportable Gilbert Bécaud. Oui, celui-là même qui chantait les irritants tubes de "l’orange" et de "Nathalie". C’est en septembre que les feuilletons de l’été se dénouent. Que les BHV sont scindés, que les DSK sont blanchis, que les HIV sont toujours trop transmis, que les WTC effondrés soufflent des bougies, que la NVA défile avec le VB, le TAC, la SS, et toute la clique nazillonne flamoutche, que les ObCDE se mettent à nu.

Yves met le terme à sa carrière politique belge et part à l’OCDE. Enfin, Yves Leterme a trouvé les fameuses cinq minutes de courage politique qui lui manquaient pour s’avouer qu’il était incompétent dans son rôle de premier sinistre. L’OCDE n’a qu’à bien se tenir. Tiens quand ça va à l’étranger, ça descend dans quelle chaîne d’hôtel les gens de l’OCDE. Pas des sofitels au moins ? C’est quoi l’hymne national de l’OCDE ? Money for nothing and the chicks for free ? Ah non, ça c’est le FMI.

Enfin septembre, ce n’est pas encore tout à fait l’été, ce sera donc pour un prochain épisode.

Et en plus, avant-hier soir, François de Brigode annonçait officiellement, chiffres à la pluie, que l’été avait bien été pourri, au-delà des conversations de café du commerce disait-il… Ben merde alors… Hé Roger, Nénesse, Colas… vous n’aviez pas remarqué que le petit péteux du 19h30 de la RTBF là, il était passé pendre un pot lundi ?

Dans ces conditions de crise économique, vous ne serez pas surpris de constater que l’été ne pourra en aucun cas prolonger son contrat au-delà du 21 septembre. Mais que fait donc, foert zut, le gouvernement ?

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 08:18

 

Animé par un désir légitime de reconnaissance littéraire, j’agrémenterai dorénavant mes textes d’une grande autant que définitive citation en en-tête : poète, philosophe indispensable, écrivain révolutionnant la culture… que de l’essentiel avec Le Rustre.

 

"On l’appelait Jacques, Jacques, Jacques Cousteau. C’est beau la vie sous l’eau. Tous les poissons sont ses amis, les requins baleines aussi."

 

Plastic Bertrand

 

Amis et voisins, bouchers, bouchères, cher Yves Leterme. Quoi de mieux pour une rentrée sans vouloir se fouler qu’une petite revue pas pressée de l’actualité de l’été ? Enfin, l’été… si on veut ! Hein, parce que mon bon monsieur, les saisons, c’est plus ce que c’était !

Mais attention, pas n’importe quelle revue de presse à cinq balles qu’on vous assène du haut d’une quelconque carte de presse kinder surprise. C’est pas de la bête info Reuter à la sauce RTBF qu’il vous propose le Rustre.

Non, ma rédaction à moi, c’est du costaud les gars. Ca t’en débite à la mitraillette. A la pita ou au cervelas chaud même des fois. C’est mon cousin Roger et toute l’équipe du café la Renaissance fraternelle de Berdoule-en-Hesbaye qui vous livrera tout l’automne, de l’info chaude comme de la baraque à frites. Chaude mais parfois un peu défraichie, rance comme de la vieille huile de friteuse. C’est qu’au bistrot, ils sont lents à la détente.

Vous ne connaissez pas Roger ? Mais si Roger, mon cousin. Pas Roger Jouret. Roger Tout Court. Roger Jouret, c’est the artist formerly known as Plastic Bertrand. Mais siii ! Plastic Bertrand, ce roi de l’extase et de la poudre, et pas qu’aux yeux, qui déclarait "ça plane pour moi". Il faut cependant noter que ses plus fins exégètes disent cette déclaration apocryphe.

Plastic Bertrand, celui-là même qui lors de sa mort tragique écrivit sur un mur en longues trainées collantes et dégoulinantes "Radiateur m’a tuer". Je soumets ici à votre sagacité, l’extraordinaire finesse de mon humour décalé. D’une blague éculée du genre "Plastic Bertrand est mort. Il s’est assis sur un radiateur et il a fondu", j’arrive à tirer un mot d’humour transcendant les cultures populaires et renouvelant le genre.

Et quand j’écris éculé, c’est à dessein. J’écris éculé sans haine parce que je ne suis pas un sot d’homme. C’est vrai quoi, c’est pas parce qu’on veut finir dans les annales qu’il faut s’en prendre plein le cul.

Mais revenons au cœur de l’actualité passée et néanmoins estivale de ces derniers temps maussades. Ah ben oui, tiens, parlons-en du temps maussade, comme on dit aux services secrets israéliens.

Car l’info majeure de cet été, c’est évidemment le temps qu’était pourri. Comme dit Roger, il a fallu attendre le premier septembre pour avoir chaud aux fesses. Et comme continue Roger, c’est chouette parce qu’avec un si beau temps au début du printemps, ça promet pour l’été en décembre. Vivement les vacances qu’on en profite. Je me demande décidément si Roger ne devrait pas freiner un peu sur la Leffe Radieuse.

Quel foutre Dieu de bordel à cul de saloperie de temps pourri. Et c’est pas moi qui le dit, c’est Roger, alors je peux pour les gros mots. De la pluie, du froid. Du soleil tout timide et des orages. S’il y a eu une bonne nouvelle cet été, c’est la fin des lancements de la navette spatiale. Ils vont enfin arrêter de nous trouer la couche de la zone et nous faire rien qu’à détraquer le temps atmosphérique avec leurs expériences, là. Espérons que la zone ça cicatrise vite ! Enfin, Roger y dit toujours : faut voir quelle zone, parce que la zone d’érogène par exemple, elle est au-dessus. Parce que l’érogène c’est moins lourd que l’air qu’on se donne en rentrant dans les cercles autorisés des strates de hautes sphères. Enfin bon, c’est l’avis de Roger. Et aussi de Nénesse, qui chante souvent le Bia Bouquet en trempant son dentier dans sa chope, puis qui remet ses dents et se vide la bière d’un trait. C’est vous dire s’il s’y connait le Nénesse.

Non dans le genre pourri… Parlez-en aux mecs qui habitent Orp-le-Grand. Mais bon, il ne faut pas désespérer. Le Bourgmestre annonce des mesures drastiques : on va rebaptiser la rue principale « Avenue Jacques Cousteau ». L’inauguration sera parrainée par Plastic Bertrand, tiens, justement, qui chantera son tube : On l’appelait Jack Cousteau, c’est beau la vie sous l’eau. Dommage, le bourgmestre d’Orp-Jauche aurait voulu qu’on l’appelle Venise.

 

Génial non ? Plastic, avec son art du consommé, nous propose de jolies rimes en ouille. Mais il en manque une, lecteur sagace. Sauras-tu la retrouver ?

 

On rigole, mais à Orp ils ont été inondés 4 fois depuis le 28 juin. Au point que certains habitants n’ont plus de canapés dans leur salon mais des bouées.

Non, je ris mais c’est comme dit Colas au bistrot : S’il pleuvait des cordes, ils auraient pu pendre les politicards que c’est qui font rien. Nom di Dju ! Parce que hé, c’est qui font rien les hommes politiques. Ils laissent pleuvoir. Scandaleux ! Heureusement, arrivent les mesures métriques, systémiques et à vrai dire définitives : des bassins d’orages et des études très fines pour isoler les causes d’inondation. Les scientifiques se tâtent (les cochons) : certains esprits osés incriminent déjà la pluie comme coupable, étonnant non ?

Le parti socialiste en appelle cependant au respect de la présomption d’innocence. Nénesse, y dit qu'avec le PS, c'est plutôt de péremption d'innocence qu'il faut causer. Il est érudit hein Nénesse ?

Des représentants de la Fédération des agriculteurs Wallons ont analysé la région. Ils ne voient décidément pas d’où aurait pu provenir la boue qui a envahi les rues d’Orp. En attendant, un promoteur Flamand veut racheter le village pour en faire un parc d’Attraction. Ca s’appellerait le Monde de Nemo.

Question mauvais temps, le Pukkelpop gardera un mauvais souvenir de 2011. Des vents de 170 km/heure quand même. Plus rapide qu’un rôt de Michel Daerden lancé à pleine puissance. Environ 170 000 fois plus rapide qu’un bus des TECs. C’est vous dire si ça souffle ! Qu’en dire sinon…

Attention, insoutenables séquences érotiques !

 

Pour Roger et les potes du troquet, Gégé, c’est leur Dieu. Gégé, c’est le messie qui se prenait pour une lanterne même s’il avait pas l’air d’une lumière. Une lumière qui préfère rouler en Fiat luxe plutôt qu’en Ferrari sans options si vous voulez, même au JT de 20 heures sur TF1, hein. L’eau rance des râperies en terre arable (attention humour betteravier). Vous suivez toujours ? La betterave, les râperies avec des bassins de décantation, terres arables, Lawrence d’Arabie, Laurence Ferrari, fiat lux, latinisme, la lumière, les vessies tout ça… OK ? On continue.

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Ah ! désolé, je m'a trompu. C'est pas Gégé ça. C'est mon pote Nénesse qui vient de finir le Bia Bouquet et qui a remis ses dents en bouche. Il est content Nénesse.

 

Roger y dit que Gégé, c’est un des philosophes les plus importants depuis Zaza tousse pas, même que quand Gégé y tousse, t’as les anges qu’attrapent un rhume. Gégé, tu as la danse du monde qui brille dans ses yeux. Roger y dit que si Gégé débarquait au cafetar, les pompes à bière se changeraient en or. Gégé, y change l’eau en vin et le vin en pisse. Gégé, y s’en fout des mondanités et des convenances des culs coincés et des bénis oui-oui. Gégé c’est le dernier des Dieux Gaulois encore sur terre. Il descend cul sec des tonneaux de cervoise et mange des bœufs entiers d’une bouchée royale en s’en foutant des gaz à effet de serre, avant, pendant, après l’ingestion même si ça embête Madeleine. Parce que Gégé quand il vente, il se dit in Peto, tant pis si le gaz part, Proust pour Madeleine.

Moi j’y ai demandé à Roger à combien de Leffes Radieuses il était. 6 qu’il m’a répondu et pas cul sec parce que j’ai des problèmes de vessie. A 8 Leffes, je suis sûr qu’il va mettre une flûte de pan et des pattes de bouc à DSK. Il est comme ça Roger, c’est un poète comme Ovide : un homme de bonne Campanie qui sonne la Toscane pour tirer notre conscience vers la firme à Maman avec l’Apulie suspendue à la poutre de son âme bâtée. Tiens moi, la Leffe, ça ne me dit rien, je préfère l’Orval, ça me rend mystique. Quand j’en bois 6, je chante que Mathilde est revenue de Toscane, justement, comme je viens d’en causer avec Roger, ça tombe bien hein, de Toscane donc où elle était partie pêcher la truite dans un canal perdu dans un pays où il ne pleut que des perles de pluie avec un anneau d’or pour la cuire au court bouillon avec du chou vert pour son neveu Godefroid.

Cet humour vous laissera de glace si vous préférez les godes chauds et le gaz pas chaud à boire le bouillon ou la fugue de la mineure à la truite de chou vert.

Aïe, je ne me suis pas surveillé. J’ai recommencé à écrire des trucs incompréhensibles avec des jeux de mots au 23ème degré tarabiscotés comme pas possible. C’est pas demain la veille que je vais gagner le cœur des auditeurs de "On n’est pas rentré" sur la première.

Mais ont-ils seulement un cœur ceux-là ? Allez mon Roger remets moi donc un Orval. Et tu rajouteras une portion de saucisse piquante. Faut bien ça pour me remonter le moral. Quand je pense que le mois de septembre a failli quitter la table des négociations mais qu’on est finalement parvenu à un accord sur la scission de l’automne en trois mois, je me demande tout de même ce que fait le gouvernement !

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 08:59

 

Amis et voisins, lecteurs, lectrices, cher Albert II. Longtemps j’ai hésité à reprendre l’écriture de ce blog en berne depuis le 27 juillet. Plus mort encore qu’un pays sans gouvernement élu depuis près de 500 jours. Je me suis dit que mon dernier post pouvait servir d’adieu et que de toute façon, tout le monde se fichait de mes délires. Franchement, j’ai failli. Sans rire. Sans déconner.

Me trouer le cul à écrire des trucs pas possibles, que même moi je ne comprends plus en les relisant, pour me récolter une quarantaine de lecteurs par jour… Merde. J’ai quarante ans. Je veux percer moi et tout de suite. Je ne vais pas attendre mes 60 ans pour abandonner la Belgique et aller faire vomir de rire la France chez Drucker. D’autant plus que quand j’aurais 60 ans, Drucker il en aura… Mon Dieu, je doute qu’il ait encore une émission ailleurs qu’au Père Lachaise. J’exige mon quart d’heure de gloire et tout de suite. Rémunérée la gloire, merci.

Et encore, je vous parle de 40 lecteurs par jour, mais analysons leur provenance voulez-vous ? Plus de 50 % de mes visiteurs me sont envoyés par gogole. Alors si on enlève les jardiniers qui arrivent chez moi dans l’espoir de vraiment trouver une méthode efficace pour chasser les chats du potager, les amis des animaux alertés par un jardinier ami des chats qui viennent voir si sérieusement, il y a un mec sur la toile qui préconise de tirer les chats à la sarbacane pour les mijoter ensuite avec du sirop de Liège et de la Rochefort 10°, si on enlève les centaines de travestis bordelais qui continuellement viennent observer le retour des bordeaux travestis sur le blog, les personnes qui cherchent l’origine de l’expression « putain de bordel à cul de Satan de mes couilles », il ne reste plus grand monde de réellement intéressé par mes calembours au 25ème degré et mes phrases tellement à rallonge que moi-même je n’en vois que rarement le bout .

Et donc j’avais sérieusement envisagé d’abandonner un blog franchement pas au goût du jour : pas de vidéos, des textes très longs, plein de gros mots comme anachorète, myrmécéen, pleupleuter, zinzinuler. Des mots tellement gros qu’on croirait des inventions alors qu’ils existent vraiment, même si word me les souligne.

Mais que voulez-vous, la muse qui me bassine, c’est Rika Zaraï et elle ne l’entendait pas de cette oreille dans la ruelle borgne de mon esprit où mon surmoi en sous-vêtements l’avait encabanée.

C’est que les textes divers et variés s’accumulent quand même sur mon ordinateur. Peut-être pas des bons textes mais des textes sincères, spontanés. Je ne peux tout de même pas vous épargner des fulgurances telles que :

GAÏA préconise de laisser pendouiller vos valseuses le vendredi, non pas pour savoir, à l’instar de Visé ou de l’ineffable François Feldman, ce que deviennent ces fichues valses de Vienne, bordel à foutre queue, mais pour protester contre la castration des porcelets pour l’élevage. Conséquence : le lundi, les bourses chutent ! La débandade de l’économie n’est pas loin.

 

P8020072Et là, ça pendouille peut-être ?

 

Je me permets ici quelques petites remarques fort à propos quoique complètement éloignées du sujet. D’abord, c’est vrai quoi, que deviennent les valses de Vienne ? Et puis il ne faut pas confondre les valseuses viennoises avec les couilles de Jörg Haider. Et en plus si la tomme de Savoie a l’instar de Visé comment voulez-vous que le dernier tome d’Harry Pot de fleur casse trois pattes à un canard de Suez ? C’est logique non ? Non ?

D’accord, mais quand même. Depuis que je sais que notre roi des belges Albert II trompe paëlla avec Charlène Ingalls, je suis tout défoutu. Sans rire.

Mais laissons Charlène et revenons à nos moutons… Oui je sais. Mon humour n’est pas à bout de souffle, il est à perdre haleine, comme disait Woody quand il tenait le chandail alors que sa femme se tapait le fils de l’ébéniste.

Voilà, ça me reprend. Faut suivre et les gens ne suivent pas. Il faut connaitre les frasques du cinéaste avec la fille adoptive de sa femme, accepter le rapprochement foireux entre Woody, bois, ébéniste, savoir que les moutons ont en général mauvaise haleine et pas de plumes. Pire, si je vous dis que l’image de l’épouse d’Albert de Monaco m’assaille, vous me traiterez de Zulu, nom d’une vuvusella ! Et le pire, c’est la chandelle au milieu du champ d’ail.

P9100132Charlène au temps de l'apartheid...

 

Alors évidemment, une fois qu’on a posé ça… et croyez-moi, j’en suis fort aise parce que ça commençait à me faire un sacré poids sur la conscience. Une fois qu’on a lâché notre caisse donc, et qu’on compare cet humour écartelé entre le caca-pipi et l’intello torturé, au genre d’humour qui attire les foules sur les radios publiques, on n’est pas étonné d’avoir si peu d’auditeurs, surtout quand il s’agit d’écriture.

Oui, voilà, c’est ça. Je suis un humoriste maudit, incompris, de tous. En fait, je suis le seul à me trouver drôle. J’aurais du le comprendre depuis longtemps : alors que pendant des années je n’ai écrit que pour mes placards, jamais je ne les ai entendu grincer de rire.

D’où le fait que je sois dubitatif quant à l’aboutissement précoce de cette masturbation intellectuelle. Pourtant, avant les vacances, je voyais avec délectation mes audiences se dépasser les unes les autres dans une joyeuse course de relais dont les Borlée ‘s brothers n’auraient pas refusé de prendre le témoin. Mais en juin (y a plus de saisons), patatras, tout s’est tassé plus sûrement qu’une bourse mûre qui s’écrase comme un étron mou sur le pavé dur de l’inconscience des spéculateurs spoliateurs et fossoyeurs de nos rêves de monde meilleur.

Enfin, j’avais attiré l’attention polie d’un producteur radiophonique bien connu qui s’était même proposé de lire un de mes textes lors d’une émission humoristique cultissimale et pourtant infernale. Las et patatras, l’émission fut supprimée des antennes et remplacée par une autre où l’humour n’a plus voix au chapitre. Un complot vous dis-je.

Voilà. Ces longues lignes pour vous expliquer en définitive, que j’aime les tartines de pain blanc frais avec du beurre ET du Nutella. Comment ça, ça n’a rien à voir ? Non, mais dites-donc, je vous emmerde, moi. Non mais grossier personnage ! Et si vous me donnez du « surréalisme belge » à la con, je vous castre aussi sûrement qu’un porcelet.

Bon, et où veut-il en venir le Rustre ? Et bien c’est là le problème… Je ne sais plus trop, en fait…

Ah oui, et donc malgré le relatif manque de succès de mes écrits, malgré la galère, le bagne que constitue la bataille de la visibilité sur facebook et sur le net en général, j’ai décidé de continuer. N’oublions pas que Waterloo fut une grande victoire si on s’extrait du point de vue étroit et mesquin de nos voisins français. Et donc, en ce frileux mois de septembre qui présage d’un printemps qui à mon avis ne sera ni court ni joyeux, tant il est vrai que ô sanglochons des lionceaux de l’automne, et à votre plus grand regret, le Rustre revient d’entre les mots pour vous abêtir de calembours tellement boiteux qu’à côté de ça, Oscar Pistorius, c’est un kangourou. Ah, mais c’est un kangourou !

 

281

Kevin Borlée, qu'est-ce qu'il prend ? Et Oscar Pistorius, jambons ou pistons ? 

 

J’ai décidé de continuer, mais avec des changements drastiques.

D’abord, la quotidienne, c’est fini et bien fini. Dorénavant, jusqu’à ce que je change d’avis, le Rustre se sera le lundi et le mercredi.

Ensuite, la taille des textes sera sévèrement contrôlée afin de rester dans une fourchette 8-12 000 signes, espaces compris. Si ça c’est pas du drastique. La lecture d’un 12 000 signes, c’est 7 minutes. La compréhension, c’est autre chose.

Cela signifie que je vais de plus en plus travailler sur le mode du feuilleton. Je songe beaucoup à engager Pamela Anderson pour un feuilleton porno humoristique sur les vieilles liposucées.

Pour continuer, il y a des sujets qui vont disparaître, parce qu’ils m’emmerdent. Causer de pinard par exemple me gonfle sérieusement.

Enfin, parlons un peu du contenu du blog dans les prochaines semaines.

Et bien il y aura de tout et de rien. Surtout du n’importe quoi. Vous ferez la connaissance de Georges, pas très recommandable. J’ai réécrit aussi en version plus compacte les deux épisodes de la saga des chats et j’en ai ajouté deux inédits. J’en écris un supplémentaire pour le moment. Vous y ferez le plein de politiquement pas très correct, sanguinolent et légèrement gerbatif. Il y aura la suite des comptes rendu d’eurovision. Vous découvrirez qu’il y a pire que le pétomane. Nous irons régulièrement nous faire expliquer l’actualité chez Roger, au café de la Renaissance. Vous retrouverez aussi Cécile, héroïne de la Chapelle. Il lui en arrive de belles ! Et enfin, je vous raconterai mes vacances, en sandales ET chaussettes et en compagnie d’Henri Dès. Bon, c’est déjà pas mal.

On refait un essai jusqu’à Noël et si je ne suis pas riche et célèbre d’ici là, je me lance dans la politique. Boulettisme tendance sauce lapin, pas mal comme idéal non ?

8934 caractères espaces et titre compris. C’est-y pas beau ?

Je trouve. Surtout quand on pense à septembre qui non seulement a le toupet de ne faire que 30 jours mais en plus a lourdement inspiré l’horrible Gilbert Bécaud.

Aïe 9104.

Et… merci de me lire, lecteurs fidèles. C’était pour du rire. Sans rancune.

Caramba, 9193.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 19:23

Bon, en annonçant la baisse d'activité estivale de mon blog, j'avais promis le dernier épisode de "l'eurovision". Et ben non.

Pour l’eurovision et la suite de mes délires ce sera plus tard.

En attendant…

Ce blog est en hibernation estivale pour cause de vacances.

A bientôt !

Prière de ne pas déranger je suis en vacances !

 

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 16:31

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Longtemps dans les affres de l’indécision j’ai erré. Que vous dire sur le sujet qui n’ait déjà été dit. Allais-je vous faire vomir de rire à bas prix sur mon petit pays, raillant grassement ses travers du port d’Anvers au clocher d’Arlon ?

Peu élégant.

Oui, j’ai hésité à vous pondre un nouvel article de l’encyclopédie picrocholine. Et c’aurait été fort à point tant les querelles qui agitent notre pays sont sottes et vaines si on prend la peine d’y réfléchir un petit peu. Du rire fin, gras et salvateur à la fois. Mais peine m’en a pris parce que rien n’est sorti. Vous rendez-vous compte ? Je ne me sens pas capable de faire rire de mon petit pays. Probablement parce que ses éternelles gesticulations et autres sempiternelles ratiocinations ne me font plus rire. Plus rire du tout. Ils m’emmerdent ces tas de klettes patentées tournant en rond comme des cons dans une farandole depuis 400 jours.

 

 

Allais-je pour autant tomber dans le pathos ridicule d’un patriotisme larmoyant évoquant pêle-mêle les mânes des anciens combattants, les premiers Belges, le génie Mosan, la dentelle et les matins automnaux de Bruges, les chocolats Galler, Sandra Kim et Roger Jouret, alias l’ineffable king of the divan ? En passant, j’aurais pu écrire là un fameux sketch parce que faire se côtoyer dans la même phrase l’Art Mosan et Plastic Bertrand, à part pour l’amour d’une rime pauvre, ça frise le vertigineux quand même.

J’aurais pu vous conter moult historiettes fort édifiantes. Vous dire comment, alors que Louis XIV, dans toute sa démesure étatique si Française, s’employait vaillamment à porter la guerre, le sang et les larmes dans toute l’Europe, incendiant et bombardant au passage les plus beaux joyaux architecturaux de mon pays, alors que ce paradigme de l’absolutisme obtus et égocentrique faisait son Attila donc, le petit village de Mortroux, dans le Pays de Herve était en ébullition.

C’est que suite aux déprédations perpétrées par l’infâme soldatesque française, le village est ruiné. Le Mayeur et les échevins, suite à la consultation de la population et résistant aux plaintes courroucées des bourgeois, nantis et nobliaux, décident d’abord de renflouer et aider les petites gens, les pauvres, les démunis, les familles, et s’il reste de l’argent, on pensera alors aux plus riches qui de toute façon ne sont guère à plaindre. J’eus pu. Mais cela aurait-il suffit à vous expliquer la spécificité de mon pays par rapport à son grand voisin du sud ? Petit pays qui n’a jamais aimé les pouvoirs centraux forts et proches. Petit pays qui même s’il ne portait pas le même nom que maintenant existait bel et bien avant 1830 et n’est pas tout à fait une construction artificielle des grandes puissances. Petit pays, où, depuis la nuit des temps latins, se cotoyaient plus ou moins pacifiquement non pas deux mais une dizaine de langues au moins.

 

 

J’aurais pu aussi vous décrire le martyr de mon village natal, Barchon, quand le vindicatif Teuton à pointe l’envahit en 1914, le brula, massacra sa population, le dos collé au mur, une balle dans le crâne. J’aurais embrayé sur la lutte héroïque digne d’une série à la Spielberg des forts de Liège et de Namur, les boches qui avaient déclaré qu’on rentrait dans le Belge comme dans du beurre se heurtant à une muraille de feu, perdant une semaine et permettant à la Belgique et aux Français de terminer leurs mobilisations et manœuvres. Il parait même que cette résistance a valu à mon village et à d’autres d’avoir leur nom donné à une rue de Bruxelles et à une autre de Paris.

J’aurais pu plutôt vous dire combien je l’aime ce petit pays. Pas pour ses faits héroïques, ses sillons emplis du sang des simples sacrifiés aux rêves de démesure des grands enfoirés de l’histoire, non. Je l’aime pour ses gens simples et chaleureux, un peu cons et mous mais tellement truculents. Pour ses paysages vallonnés, ses immenses platitudes où rien n’arrête le regard sinon le ciel lourd chargé de nuages noirs qui viennent du nord.

 

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Ses rivières et ses canaux pudiques cachés derrière des voiles de peupliers. Ses forêts profondes et ses vergers riants. Ses bières si fameuses et délicieuses qui innovent chaque jour même si le fleuron brassicole belge est Brésilien et n’a cure de nos querelles linguistiques d’hyménoptères sociables sans ailes, sauf les mâles de temps en temps quand ils s’envolent pour copuler et là, ça emmerde ma voisine. Mais je me perds sur les sentiers de traverse. C’est quoi l’adjectif relatif à fourmi bordel ?

Edit : C'est myrmécéen, crétin des Alpes. 

Vous dire à quel point la nonchalance belge, je l’aime. Ses interminables et tarabiscotés compromis, ses crises qui contre toute attente finissent par un accord abracadabrant mais dans la paix et la sérénité molle d’un peuple qui se dit juste :

"ouf ti, on a voté, on se rassied et on boit notre chope, ces cons de politicards n’ont qu’à se débrouiller."

Comme j’aime mes concitoyens hâbleurs, toujours prêts à refaire le monde tant qu'ils sont attablés à une terrasse, si prompts à déverser leur verve poujadiste sur les politicards, oubliant illico que ce sont eux qui en votant les ont mis là.

Combien j’aime ce pays et ses régiolectes savoureux, ces gars du Limbourg venant bosser à Liège qui roulaient les R et parlaient un sabir exotique (le Limbourgeois) qui fait encore frémir aujourd’hui l’échine rêche et tordue des gros Flamingants bouffeurs de gaufres intégristes.

Mes Italiens d’Outremeuse, savoureux Minga-ti chirophones* sur l’éternel, mes potes marocains qui becquetaient des sandwiches au jambon avec un clin d’œil malicieux, mes Liégeois, Namurois, Tournaisiens, Bruxellois aux accents si divers et savoureux.

Combien j’aime le pays perdu de mon grand père, un pays de dimanches aux bouquètes et aux dringuelles de Matante Mareye et d’a Mononk Marcel qui me disaient :

 "Mî Vî pèté coyon, vochal vosse pitite dringuelle pô aller querî des mâles tchiques". Orthographe non garantie. En gros "Ma vieille couille éclatée, voilà un peu de sous pour aller chercher des mauvais bonbons". J’avais 5 ans.

 

 

Oui j’aurais pu vous le dire. Ou alors verser dans un humanisme égalitaire de bon aloi. Vous dire que les Flamands sont sympas, au fond, tout au fond. Que cette crise qui nous étouffe, c’est de la faute à tout le monde. Que nous les Francophones sommes coupables de ne pas apprendre plus le Néerlandais, que nos politiciens sont tous pourris et électoralistes, que les gauchistes c’est de la racaille, que nous portons la faute de nos ancêtres Fransquillons qui opprimèrent les pauvres Flamands.

Mais là non, je ne peux pas. Parce que c’est de la vaste connerie.

Le problème de mon pays est pourtant simple. Moi, Francophone, je ne peux rien y faire hormis râler. Je peux descendre dans la rue, manifester.

Autant, péter sur un violon pour faire du saxophone. Parce que tant que plus de 50 % de la population flamande de ce pays votera pour des partis porteurs de projets national-populistes (y compris le Zélé Haine V), tant que des milliers de ces gens descendront dans les rues pour acclamer le leader charismatique à la bouche lippue et au regard torve, le grand latiniste amoureux de son cul, rien ne bougera.

Asinus asinum fricat ? L’âne frotte l’âne, les imbéciles se congratulent dans la sérénité exquise de leur profonde inconscience acquise aux anathèmes foireux d’une frange fangeuse et vengeuse de politicards sans envergure.

Car en ce 21 juillet, plutôt que de vous faire rigoler, je voudrais gueuler un bon coup. Ca soulage. Comme Bébert Deux, mais en moins poli. Et en ne tirant pas sur l’ambulance des partis qui ne veulent pas faire de concession. Je crois qu’il faut donner des noms. J’admets volontiers que si les Francophones avaient fait preuve de vision politique à long terme, de courage, de jugeote, ils auraient envisagé dès les résolutions unilatérales du parlement flamand en 1999 de prendre le taureau par les cornes au lieu de se murer dans un attentisme qui n’a fait que radicaliser ceux d’en face.

Mais rêvons un peu…

Que se passerait-il si des crânes rasés chaussés de bottines (comique ça des crânes chaussés de bottines) défilaient dans les rues en gueulant :

"Les juifs dehors, crève Israël, rats de juifs !"

Ai-je besoin de vous le dire ?

Dès lors, pourquoi quand des crétins au regard éteint, regard évacué de la moindre étincelle d’humanité défilent en gueulant :

"Wallen Buiten, Belgie barst, Franstalige ratten, eruit", le centre pour l’égalité des chances ferme-t-il sa gueule ? Le Francophone n’est pas assez exotique à défendre ? Mais, me direz-vous, il ne s’agit là que des slogans d’une poignée de nationalistes haineux et cons.

Mais si aux portes de Onfleur on lisait un panneau payé par la municipalité disant "Onfleur, où les Français sont chez eux". Je pense que ça le ferait moyennement. Par contre "Dilbeek, waar Vlamingen THUIS zijn", c’est du sentiment national, monsieur. 

Mais que se passerait-il donc dans un pays normal, si chaque semaine ou presque, les membres d’un parti représentant une vingtaine de pourcents des votes sortait des phrases du genre "Les Noirs sont paresseux, ils ont une vraie culture du hamac" ou "les Marocains ne sont pas intellectuellement capables d’apprendre le Français" ou encore "les Algériens sont des assistés, des parasites, des chômeurs professionnels" ? 

Moi je pense que les tribunaux seraient bien garnis.

Pas en Belgique, tant que vous mettez Wallons ou Francophones dans l’étable des boucs-émissaires. Non, en Belgique, ça traduit seulement un sentiment profond et légitime de la population Flamande, brimée depuis les siècles des siècles, amen.

Que diraient les bons démocrates Européens si un pays, mettons la Turquie, mettait comme condition préalable de négociation avec l’Europe, la non signature de la convention cadre sur la protection des minorités ? Quand c’est la Flandre, c’est normal.

Ne souriez pas, voisins Français. Ce qui gangrène la Belgique par l’intermédiaire de sa majorité flamande, c’est ce qui vous guette, ce qui nous guette tous. La pensée facile, le repli sur soi, le triomphe des idées identitaires et simplistes qui désignent, une couleur de peau, une religion, une langue comme étant la source de vos problèmes. Parce que comme source, c’est plus facile à reconnaitre et à éradiquer que les mystérieux "spéculateurs" obéissant à leur nébuleuse loi du marché. Parce que l’Arabe de la maison à côté ou le Wallon du village en face, c’est plus commode de lui péter sa gueule qu’à l’actionnaire sans visage de Côte d’Or qui veut casser le coût de production des Mignonettes pour s’en foutre un peu plus dans les fouilles et veut donc délocaliser la production en Lituanie.

C’est une recette vieille comme le monde qui fait des petits en Europe : Danemark, Pays-Bas, Italie du Nord, Hongrie, et en France avec une Marine Le Pen plus alpine que marine dans les sondages, avec un racisme à la petite semaine suintant comme du pus par tous les trous de l’UMP.

 

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Et donc chers voisins flamingants (vous noterez, l’emploi de cet épithète à connotation politique, m’évitant ainsi de taper sur tout un peuple), imaginez-vous vraiment que la cause de vos prétendus malheurs, prétentieux nantis occidentaux, ce sont les Francophones qui vivraient à vos crochets ? La fermeture d’Opel, la délocalisation des chokotoff vers la Lituanie, la crise des subprimes, la fin prochaine de l’Euro, Lernout et Hauspie (hi hi coup bas), vous vous en sortiriez mieux, habitants d’un minuscule confetti enflé d’orgueil, sans le boulet Belgo-Francomou au pied ? Vous rendriez la racaille de Standard & Pools, sans âme et sans cœur, l’œil morne fixé sur des écrans inhumains alignant d’hideuses colonnes de chiffres, soudain plus humaine à la seule vertu des doux accords de la langue de Vondel ?

Bande de cons va ! Vous qui en êtes encore à vos ratiocinages perfides et passéistes sur les oppresseurs Francophones qui vous spolièrent au 19ème siècle.

Mais crétins congénitaux, ceux qui vous mettaient le nez dans la boue à cette époque, c’était des puissants : patrons, aristocrates, bourgeois. Francophones qu’ils soient d’Anvers ou de Liège, mais Flamands, Wallons ou Bruxellois. Des nantis qui avaient fait une révolution avec le sang du peuple et qui avaient confortablement installé une "démocratie" censitaire dans laquelle ni le paysan limbourgeois ni le populo carolo n’avaient le droit de vote. Nous étions dans le même sac, idiots !

Et maintenant, la plupart de ceux qui chaque jour s’enrichissent en tirant sur notre gentil pouvoir d’achat, ils parlent probablement Anglais. Allez-vous pour la cause envahir l’Angleterre ?

Et dans les tranchées, quand ils se prenaient un obus dans la gueule, vous croyez que les Wallons, Anglais, Français et même Allemands trouvaient leur mort moins sotte qu’un patriote Flamand ?

Et quand bien même mes ancêtres vous auraient amoindris, est-ce de ma faute à moi, celle de mes enfants peut-être ? Je suis responsable de MON passé pas de celui de mes parents, ni même des vôtres.

Vous n’assassinez pas la Belgique, vous faites le lit d’une Flandre suçant la Belgique jusqu’à la moelle. Une Belgique Flamande pour les Flamands. Les autres, marchez ou crevez. C’est ça qui vous botte. Avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière. La scission de la sécurité sociale mais pas des pensions. Rien que ça j’en ris.

Pauvres types qui a chaque élection mettez au pinacle non seulement les pires nationalistes identitaires mais aussi des gens d’une droite toute à droite, pour lesquels les méchants, les profiteurs, les parasites ce sont les pauvres, les chômeurs, les artistes, les ouvriers. Le Bien consistant évidemment à se lever tôt pour écraser la gueule des autres et se faire une max de blé. Lisez le programme de la NVA et vous verrez si je blague.

Et comme une bande de moutons bêlant vous applaudissez votre champion du Latin et de l’histoire à cinq balles, vous abreuvant de fierté nationale, de sentiments de supériorité infantile et des vieux clichés jaunis de votre sale nationalisme aux relents méphitiques de bruits de bottes et de pas de l’oie.

Putain ! Réveillez-vous ! Ecoutez ceux que votre Bart appelle les mauvais Flamands et qui sont de bons démocrates ! Réfléchissez, ça vous changera. Un jour, ce sera peut-être vous le mauvais Flamand !

Et méditez ceci… Une seule chanson du merveilleux groupe qu’est Laïs, jolies ondines de Kalmthout, fera bien plus pour la Flandre que tout ce que Bart De Wever pourra imposer. Une seule écoute de Doran ou de Dorothea me font trouver la Flandre plus belle que tous vos horribles drapeaux félins ne mettront jamais de couleur sur un étron.

 

 

J’aimais ce pays, mais il m’étouffe. Je n’en peux plus de le voir tourner comme un con de chien auquel on aurait cloué une patte. Je n’en peux plus d’entendre aboyer ce ramassis de nationalistes excités et qui n’ont que Flandre à la bouche. Je n’en peux plus des Francomous hébétés par tant de combativité. Avec à peine plus de conscience politique qu’une amibe dans une moule pas fraiche. Quand je lis les commentaires divers émis par des citoyens pourtant pas si cons et Francomous comme moi, ils en sont encore à faire du poujadisme de base et du droitisme de rigueur, fustigeant la Wallonie pourrie de socialisme, le fait qu’on ne devrait plus payer les politiciens, que le roi est bien malheureux monsieur, etc… Ils sont si peu à trembler comme moi devant la belle unanimité des faiseurs d’opinion, des politiques et de ceux qui votent pour eux au nord du pays. Un bloc infranchissable de haine, de rejet et d’incompréhension qui font du Francomou l’ennemi à abattre. Et de l’indépendance de la "Nation" Nationale-Populiste l’objectif ultime, l’appauvrissement de tous fut-il au bout du chemin.

 

 

Vraiment Belges, Belges… Je vous souhaite une bonne fête nationale, un bon défilé et tout. Moi, je cultiverai mon jardin.Je vais éteindre la télé et mon ordi. Je me servirai un Orval et puis une Westmalle Triple et j'écouterai Laïs, Arno et puis Les Gauff' et tant d'autres. 

Parce que les hymnes nationaux, même en reggae, ça m’a toujours fait gerber.

 

*Chirophone : qui parle avec les mains bien sûr !

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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