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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 11:01

Comme chaque matin, je consulte les statistiques de mon blogounet. Et notamment, je vérifie la provenance des visiteurs externes et les mots clés qui les ont menés ici.

 

Et j'en suis toujours aussi consterné. Figurez-vous que mon blog est très suivi dans le milieu de travestis bordelais. Tout ça à cause de cet article, qui apparaît en 4 ou 5ème position quand on tape travestis bordelais dans google. Magie du web.

 

Merci tout plein aux deux personnes qui, cherchant des articles sur Raymond Coumans, le Grand Philosophe et artiste belge, m'ont permis de découvrir des vidéos du Grand Homme qu'il m'a fait plaisir de revoir. Et qui me permettent de rendre hommage, une fois de plus aux autres Grands Hommes que furent (et que sont encore) les Snuls

 

Voici donc le Grand Homme dans ses oeuvres : lors d'une exposition de peinture ou à la mer, je vous laisse fureter pour le reste, ou mieux achetez donc les DVD collectors des Snuls... c'est assez dire que c'est encore plus mieux quand tu aimes de bien de rigoler quand tout ne va pas très bien, enfin, que tout ne va même pas bien, hein !.

 

On ne le dira jamais assez avec l'Immense Raymond :

 

"A force de manger ses tartines aux toilettes, il ne faut pas s'étonner d'avoir du pain sur la planche".

 

Pour ma part j'ajouterais que lorsque la planche est en pin, il ne faut pas s'étonner d'en prendre plein la pomme !

 

Et pour les rustres qui ne connaitraient pas encore (mais alors ce ne sont pas de bons Wallons ou alors ils ne lisent pas attentivement mon blog, dans les deux cas, c'est mal !), je recommande chaudement, avec ou sans sucre, les cafés serrés de Thomas Gunzig vers 8h30 sur la première. En podcast ici.

 

Et enfin, dans cette avalanche de liens et pour que les lecteurs français sachent exactement à quoi s'attendre si un jour les Wallons intègrent le beau pays des droits de l'homme, de la fraternité, de l'égalité voire de la liberté : ce cours de climatologie verviétoise !

 

A demain pour des choses plus sérieuses (enfin, presque).

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 17:00

 

Quoi de mieux après quelques semaines de vacances que de reprendre le flambeau avec un bon petit post fourre-tout et badin à souhait ? Parlons donc de tout et de rien. Surtout de rien, puisque c’est essentiellement de télévision qu’il va être question ici.

Après m’être retrouvé au milieu d’une tempête assez impressionnante le 14 juillet près de Ciney, après quelques semaines de syndrome de la page blanche plus communément intitulé « flemme de trouver des idées », après un été passé à combattre, le froid, le chaud, le sec, l’humide au potager, après avoir passé quelques jours très calmes en Lorraine, je vous assure que j’ai un tas de trucs rigolos à raconter durant les prochaines semaines. A bloc qu’il est regonflé le rustre !

Mais commençons donc par quelques badinages et autres futilités. Quand on parle futilité, on ne peut qu’évoquer la télé.

Figurez vous que lorsque j’étais adolescent, j’étais très télé, pas génique mais phagique, c’est tragique. Je ne ratais aucun zapping, je dévorais X-Files, et j’étais abonné aux sketches de Garcia et De Caunes. Bon sang c’était la grande époque de la poilade télévisuelle les années nonante (quatre-vingt dix pour les compliqués). Boudiou quelle série : les Inconnus, les Nuls, Garcia et Decaunes, les Deschiens, les Snuls bien entendu pour les belges. Et strip-tease l’émission qui vous déshabille…

Puis à la fin des années nonante, installé à mon compte avec pas beaucoup de sous, j’ai abandonné la télédistribution et me suis retrouvé pendant plusieurs années à ne pouvoir me taper que notre chaîne publique nationale et ses dérivés. Oui, j’avoue m’être parfois gélifié le cerveau des heures durant devant Louis la Brocante, Joséphine et Julie Lescaut. J’aime les séries policières mais FBI portés disparus, à la cinquième diffusion, ça lasse, on voudrait que ça disparaisse.

(ici, silence. Puis bruits de portes lourdes qui claquent et de serrures moyenâgeuses qu’on actionne bruyamment. Et puis le vent de la solitude du reclus coupé du monde.)

Et voilà l’incongru rustique, amis et voisins… Cette dernière décennie extraordinaire qui a vu l’éclosion de la téléréalité (œuvre aussi essentielle pour l’humanité que les tranchées de la guerre de 14), la ponte de séries en série et les talk-show gloubiboulgas, Je l’ai ratée.

La Star Ac’, la Nouvelle Star, Lost, Prison Break et même "on n’est pas couché", j’en ai entendu parlé, j’ai lu des trucs dessus, j’ai même suivi de temps en temps 15 minutes de l’un ou l’autre en passant chez des gens normaux qui avaient la vraie télé, mais c’est tout. J’ai vécu ces foutaises de l’extérieur, de très loin depuis une autre planète pour tout dire. Pour ouvrir une parenthèse, par show gloubiboulga, j’entends un de ces patchworks télévisuels où on rassemble autour d’une table un peu de tout ce qu’on croit qui fait plaisir au public : des has-been des années 80, des peï artistico-politico-littéraires qui ont un truc à vendre, pour parler de tout et de rien, surtout de rien et on fait du vent à te faire marcher une batterie d’éoliennes d’une capacité à illuminer Paris pendant 15 jours. Un exploit sachant qu’autour de la susdite table il y a rarement des lumières.

J’aurais pu m’en passer des années durant probablement. Il y a tant d’autres choses à faire de ses soirées. Et puis après le labeur, l’arrosage du jardin, la dégust de pinard, la vaisselle et tout le toutim, quand t’es tellement vanné que plus rien ne rentre ni ne passe dans ton ciboulot, ben Julie Lescaut finalement, c’et pas si mal. Mais voilà, grâce à un opérateur de téléphonie belge à la fois généreux et hégémonique, mais bien plus hégémonique que généreux en fait, qui me fournit à la fois le net et le téléphone, la télé on pouvait l’avoir « gratos », enfin payée par les tarifs prohibitifs de téléphone et de web je veux dire. Devant la combinaison estivale de la coupe du monde, de Roland Garros et du tour de France sur notre une nationale, férus de sport que nous sommes, ma femme et moi, nous avons craqué.

A nous l’univers multiculturel des centaines de chaînes à thème ou sans, les feuilletons à la page et les jeux télé défiant les lois de la gravité jupitérienne (qui n’est rien moins que la même loi de la gravité que celle qui prévaut sur Saturne ou Mercure, voire que celle qui régit les déplacements des coureurs du tour de France… ah non, là c’est peut-être pas la même mais enfin).

A nous les Lost, Experts et autres Prison Break. A nous les débats qui clashent tellement que t’en retrouve des éclaboussures sur you tube, les paillettes du nouvel intellectualisme (en solde) parisien, les Cauet, Ardisson, Zemmour et autres philosophes cathodiques protestant de toute leur autorité ondulatoire contre … tout : de la calvitie des calvinistes bantous à la phobie saussiçonique des Ayatollahs Evinistes.

Enfin, nous allions pouvoir briller dans les conversations de nos soirées entre amis et cesser d’être encabanés comme des parias, des lépreux croûtés ou des Roms en France. Tiens parenthèse, comment qu’il disait Bénabar ? Ah oui : « Faudrait quand même pas qu’ils oublient, qu’on a gravé fraternité sur le fronton de nos mairies ».

Enfin donc, nous allions pouvoir accéder directement au plat de cacahuètes à l’apéro plutôt que de se les faire lancer par les autres convives dans la cage où on nous claquemurait sans faute après notre aveu terrible de ne pas savoir qui était Eric Naulleau. Que dire de la souffrance de l’homme lorsqu’il est rejeté par ses pairs, de l’inexorable fatalité d’un regard meurtrier autant que bovin face à notre méconnaissance des exploits du jury de la Nouvelle Star ?

Et puis zut, marre aussi des mièvreries grotesques de cette enquiquineuse de Joséphine, du sourire niais et suffisant de Louis la Brocante, des émissions d’Armelle où, faute de chanteurs, autres qu’Adamo je veux dire, vous pouvez être sûr de voir, à un moment ou à un autre, Kroll vautré dans un siège sans rien de comique ni d’intéressant à dire !

Et donc, content qu’il était le rustre de revenir dans le monde moderne.

Mais bien vite, il me fallut déchanté…

La vâââââche ! C’est encore pire ailleurs dis-donc !

J’allume la téloche au hasard et sur qui je tombe ? Sur mon brocanteur préféré… un épisode que j’avais déjà vu dis-donc en plus ! Je zappe et paf Mimie Mathy, alias l’ange aux effets spécieux ringards… Mais ne me dites quand même pas… Si si, sur les chaînes françaises aussi on passe « Père et Maire ». La vââââââche ! Y a même FBI portés disparus. Z’inquiétez pas, on les a retrouvés… les mêmes épisodes qu’en Belgique.

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Encore un suspens insoutenable avec Julie Lescaut... enfin pendant 5 minutes. Parce qu'après, on le sait bien que les deux affaires de l'épisode ont un lien et que le commissaire va se téléscoper avec sa fille. Z'ont pas mal au crâne le soir les scénaristes français.

 

Bon… une bonne chose, il y a des pubs qui ne passent pas sur la RTBF...

Et effectivement, il y a plein de séries, mais plein hein ! Au point qu’après une semaine, je les confonds toutes. D’autant plus qu’il y a les mêmes séries sur plusieurs chaînes, mais pas les mêmes épisodes. Moi qui aime la Science-fiction et le fantastique, et encore plus le glauque post-apocalyptique, je suis déçu. Ce que je découvre à travers ma lucarne élargie sur le monde, ce sont essentiellement des séries policières, j'aime aussi mais moins.

Séries policières qui vont du banal couple trublion–flic, souriant et coloré surtout quand le flic est jolie fille, et ce que le trublion soit un écrivain, un voyant ou un maniaque perclus de TOCs, à la série franchement grisâtre en bureaux crados voire carrément Horsttapertiens.

Toutes les mêmes ces séries en fait, ou à peu près. Il semble qu’ils changent quand même de temps en temps les acteurs, mais je n’en suis pas tout à fait sûr. Mais pour le reste... question scénario…pfiou, l’agence tout risques c’était autre chose quand même… des fois on souriait et puis ça pétait dans tous les coins. Ici de l'anatomie de tous ces causeurs coincés et politiquement corrigés en costard cravate du FBI , on doute qu’aucun vent ne sorte jamais, hormis celui de l’ennui et du convenu. Di djiou ! Starsky et Hutch, z’étaient moins coincés du slip quand même.

 

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Le papa expert sur la banquise. Les experts, jamais de rumba dans l'air même si le smoke est de travers...

Le plus fun c’est les experts… Une mine intarissable apparemment ! Les experts, les experts à Manhattan, à Miami, à Arlon, à Nice pour les vacances mais aussi les experts à la plage, les experts font du ski, les experts prennent le train, les experts et l’arc-en-ciel magique, les experts sont malades… Les experts ne vont pas à l’école… Les experts ont perdu Doudou… Ah non, désolé ça c’est Tchoupi !

C’est fou d’avoir entendu parler, parfois en termes dithyrambiques de toutes ces séries modernes qui « renouvelaient » le genre, allaient « plus loin », dans la presse, à la radio, par des copains… puis de les voir en vrai et de se dire, ben merde, ça n’est que ça ? Retournons vite regarder Père et Maire ! Ou ce bon Louis qui ne manque jamais d’ouvrir une bonne boutanche de rouge avec son ragoût ou son saussiflar, lui.

Bon zappons… Ah une redif de la fameuse « Nouvelle Star » sur Plug RTL. Qu’est-ce-donc ?

Bigre ! Ca vole… mais bas quand même dis-donc. Définitif comme truc. J’en reste sans voix. Ouaw… les mecs, et après ils vendent des disques ? Ben mon cochon. Une fois de plus, que de la pâle copie ce truc.

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L'impitoyable jury en action, mais le candidat se rebiffe.

 

Fin des années 80 ou début des 90, en Belgique, nous avions une émission pour jeunes talents terrible (l'émission, comme le suggère l'usage du singulier, pas les talents qui n'en avaient pas toujours ou alors un talent très singulier qui aurait mérité l'usage du pluriel).

Ca s’appelait « Tête d’Affiche ». Pour ceux qui n’auraient jamais vu, voici le principe de l’émission. Un jeune talent arrivait sur le plateau et se mettait à chanter, parfois pire encore que les jeunes étalons de la Nouvelle Star. Souvent mieux quand même. Le public de l’émission appuyait sur je ne sais quel bouton pour dire s’il aimait… ou pas. Et s’il n’aimait pas camarades, ça giclait dru ! Les deux pans d’une sorte d’éventail se refermaient inexorablement devant le chanteur. Et si l’éventail se refermait complètement, chanson finie ou pas, on coupait le sifflet du type et vlan. Tu imagines ce qui devait se passer dans la tête du gars qui hurlait sa mort sur la scène quand le volet se refermait devant sa tronche. Alors à côté de ça, les rodomontades poussives et parfois grossières du Jury de l’émission d’M6… hum. Surtout quand on songe à l’autorité musicale sidérante voire intersidérale, de quelqu’un qui a interprété des trucs aussi radicaux et élévateurs de l’âme humaine que « banana split ».

Il y a pire sur TF1 : secret story. Mais là j’ai zappé trop vite pour émettre un commentaire. J’ai brièvement aperçu un imbroglio de poufiasses siliconées et de bellâtres basanés qui jouaient à qui cocufie qui (à la radio, au jeu des dictionnaires, nous en Belgique, on a le jeu du qui quette qui, c’est plus fin). Une souillure de l’âme ce truc. Oublions. Et essayons de ne pas imaginer quelles turpitudes fangeuses et quelles humeurs purulentes occupent l’esprit des gens qui regardent et qui aiment ça.

Et s’il y a des choses radicalement différentes (Patrick Poivre d’Arvor a changé de maquillage, de perruque et de sexe dis-donc !), d’autres restent inoxydables.

Fort Boyard. J’aimerais connaître la marque de la crème de nuit du père Fouras. Il ne bouge pas le mec.

Patrick Sébastien. Toujours là, indéboulonnable le type. Toujours à faire la même chose avec à peu près les mêmes mecs. J’avais nettement l’impression d’avoir perdu la télédistribution la semaine avant seulement, rassurant le mec.

Patrick Sabatier... que je croyais au placard mais non, il est bien là, un peu décati mais là.

Boudiou, z’ont toujours Evelyne Délias en France ! Et pas que ! Carmouze et Dechavanne font toujours des trucs avec des bébêtes, Drucker dit toujours « Formidable », La nunuche de la roue de la fortune est plus plantureuse qu’autrefois mais la roue tourne toujours… Déprimant !

Et le journal régionalisant de JP Pernaut-Ricard ressemble toujours autant aux guignols à moins que ce ne soit l’inverse.

J’avoue avoir fait de mauvais rêves en revoyant les frères Bogdanoff. Temps X dis-donc, en son temps était suivi ou précédé par des épisodes de la quatrième dimension ! Quelques manipulations de gluons plus tard tout a fusionné !

Bref, je commence à comprendre pourquoi mon opérateur téléphonique me refile la télé « gratos ».

Le vide ça ne se paie pas.

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 08:00

 

 

 

Grâce au blog d'olif, fan du Jura... je suis tombé sur cet objet :

 

LA page facebook de Jésus. J'ai failli me faire dessus. Ah, tiens, non, c'est fait.

 

Ensuite, un petit mot de surprise. Quel n'a pas été mon étonnement de voir que le blog continuait à être lu pendant mon absence. Et bien lu en plus, presqu'autant que quand je suis là. C'est dire si je suis utile ouiiiinnn !

 

Par contre, en allant voir la provenance de ces fidèles, il faut déchanter. La plupart proviennent de google.

 

Et là, si je suis content que les gens qui cherchent des renseignements sur la liqueur d'angélique ou le sureau noir tombent chez moi... euh...

 

Disons qu'il est assez surprenant de savoir que grâce à l'article le retour des bordeaux travestis, les travestis du bordelais (les vrais, ceux qui vont en boîte, pas ceux qui vont en fût de chêne neuf) tombent également ici.

 

Quant à ceux qui cherchent des méthodes vraiment efficaces pour chasser les chats du potager... Je décline toute responsabilité si on voit se multiplier des mecs habillés en nordistes qui écoutent du Wagner à 4 heures du mat dans leur jardin.

 

Et enfin, à ceux qui sont arrivés ici en tapant " photos femmes matûres" là non seulement je dis, je ne comprends pas mais en plus j'ajoute "oh les saligauds" !

 

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 13:07

 

Toc Toc Toc…

Il y a quelqu’un ? Is there anybody in there ?

Bonjour à ceux et celles  qui me lisent.

Un mois et demi. C’est la période durant laquelle mon blog est resté immobile, mort ou endormi, vide. Flemme d’écrire, syndrome de la page blanche, crampe de l’écrivain ou paresse de l’écrivaillon, allez savoir.

Toujours est-il que je me suis éloigné du clavier pendant quelques semaines. Le temps de vivre pour de vrai et de retrouver un peu d’inspiration. Mais sus mes preux. Me revoici, tel Thierry Lhermitte sans sa fronde, sa coquille pardon ! Pour le meilleur mais surtout pour le pire, je le crains fort.

Et donc c’est la rentrée. Moment charnière par excellence. La fin des vacances, de juillet et août, ces rois du bouchon sous le soleil qu’il nous fasse plop en sortant du goulot ou qu’il s’étire sur l’asphalte chauffé à blanc, de cette période dite de vacances annuelles même pour ceux, comme moi, qui n’en ont pas vraiment pris.

Une période plus légère où on ne doit plus éjecter ses gosses sur le parvis de l’école (quand c’est une école en Saint-Bidule, on dit un parvis non pour entrée ?), où les routes sont plus vides, les files moins longues alors que les soirées sont moins courtes, une période propice au short, à condition de refermer sa braguette après, une période de calme au bureau, du moins quand on est maqué avec une administration quelconque parce qu’en juillet-août dans les administrations quelconques seul le silence pèse sur les bureaux (et sur la table à côté de la machine à café alors que d’habitude c’est le gros derrière à Raymond de la compta) et seuls les courants d’air font claquer les portes.

Septembre donc, moment charnière parce que si les vacances se terminent, la vie normale reprend ses droits. Un semaine de nouveau rythmée par le boulot, les navettes vers l’école ou la crèche, la course pour mettre les enfants au lit tôt. Génial, les émissions télé et radio reprennent leur cours normal. Les heures de repas, de coucher et de lever sont de nouveau tirées au cordeau.

A l’été succède doucement la mauvaise saison, celle des frimas, des flambées dans l’âtre, des chauds cécémels, des rhumes et des cadeaux de fin d’année. Bien que là, la mauvaise saison, ça fait un mois qu’elle a commencé en Belgique, sauf pour les cadeaux.

C’est le moment où, en général, je compte le passage de l’année. Celui où ma gaieté printanière, teintée d’espoir en un monde meilleur et d’humanisme primesautier et naïf fait place à un tranquille pessimisme camouflé en humour aigre, nourri de misanthropie ordinaire et de poujadisme serein. Je suis définitivement flingué par l’enterrement d’un nouvel été, encore un, alors que des étés nous n’en avons au mieux que 70-80 à vivre. Tiens, prends ça dans la gueule lecteur aussi parsemé qu’adoré. Et dis-toi en sus (mais non, ça n’est pas sale !) que tes jours sont comptés dès ta conception. Du néant au néant. Et boum. Je veux rester seul dans le noir.

C’est la rentrée et je reprends mon blog. J’avais espéré que mon long silence me rendrait de l’inspiration, que ma muse, Rika Zaraï, excusez du peu, se lèverait le cul de sa bassine pour me susurrer au tympan des idées aussi désopilantes que noires et vulgaires, mais non. Enfin, pas vraiment, je ne sais pas. A vous de juger si l’esprit de bassine souffle en paix sur ce blog.

Des sujets d’articles, ce n’est pourtant pas ce qui manque pour le blog touche à tout pour ne pas dire opportuniste d’un quidam campagnard belge et néanmoins alphabétisé, qui à défaut d’émettre un avis autorisé, s’autorise à émettre un avis sur tout, mais surtout un avis, hein !

Je ne sais pas moi… il y a un tas de sujets sérieux comme mon jardin ultra plus que bio… qui malgré un été plus qu’étrange, genre pas dans la demi-mesure, donne des légumes. Des légumes beaux, savoureux et gros alors même que, honte à moi, Maria Thun me fouettera, je me fous comme de mon premier slip des phases de la lune quand je jardine. Comment cela se fesse ? Vous le saurez cet automne, promis !

Il y a la quantité de bons vins que je me suis enfilé durant la susdite belle saison (j’aime moins susdite que icelle mais j’ai moins de mal à le placer). Une petite revue personnelle de rouges ligériens qu’avec à propos et avec la finesse teintée d’earl gray qui me caractérise, j’ai nommée « Raide de Loire ». Raide pour red, rouge et raide comme raide dingue pas raide, le contraire de mou, enfin plus ou moins, pour qualifier les tanins et la fraîcheur ligérienne.

Et puis j’ai enfin décidé de déterrer la hache de guerre avec le Kirchberg de Barr, question bouteilles en tout cas. Après le lieu, les pinards, c’est bonnard. Et ce sera ferrugino-minéral parce que c’est bien connu dans les pinards, il y a du fer, qui a dissous n’est pas cher phacochère de la porte cochère, mon cher.

Il faudrait aussi que je termine ma petite chronique agricole en vous causant des circuits courts, des fermiers courageux qui s’y risquent loin des rayonnages de la Grande Distribution… et qui ont tendance à y ressembler un tout petit peu dès que le succès les dépasse…

Certains blogueurs vraiment au courant de la chose vineuse, pas des potaches un peu piteux comme moi, font des reportages oeno-touristiques vraiment pas piqués des vers. Que ceux qui auraient raté ça aillent donc voir les œuvres de l’alchimiste d’Helvétie, du VTTiste rapicoleur d’Outre Vosges, de l’Oracle du Poulsard… ça vaut son pesant d’arachides.

Tandis que moi, tous les soirs… Et bien si pourtant. Et j’ai mis la barre très haut. Du côté d’Yquem, on tremble déjà. Je vais vous fournir un reportage pas très oeno, un peu quand même, mais très touristique (mais si peu finalement), bref un authentique reportage ni oeno ni touristique sur une des régions viticoles orientales les plus septentrionales de France, à savoir… la Lorraine. Et promis, ce sera sous le haut patronage de Saint-Rémy Bricka, de Pompon et du Grand Jojo. Il se pourrait même que l’illustre Blèze (et pas Pascal, aucun danger) s’invite à la fête. Quand les côtes de Toul coulent à flots, c’est la Meuse qui déborde dans la Moselle.

Et donc, cet automne, au final, vous aurez l’Alsace et la Lorraine. Pas si mal !

Et aussi, ah oui quand même, si, au cas où, j’avais pas dit déjà assez de conneries dans les textes promis ci-dessus, j’ai quand même passé l’été à noter tous les jeux de mots vaseux qui me passaient par le bouchon. J’vous les ferai en rab, gratos, cadeau. On n’est pas à une bêtise près !

Parce que de la blague facile, c’est pas ce qui manque en rayonnage mes preux. Faut dire que le rustre, mazette ! Depuis juillet, il fait dans le luxueux, le drap de soie de chez Vuitton et le sac en croco de chez Petrus. Mieux ! La Romanée Conti de chez Romanée Conti. Si fait. La télédistribution est entrée chez lui cet été. C’est dire les conneries que j’ai à raconter !

Et dans le genre c’est pas les derniers à cultiver le ridicule, il y a évidemment les acteurs du feuilleton belge de l’été. Les négociateurs qui négocient, les pré-formateurs qui préforment en méforme. On dit qu’il faut compter ses doigts après une poignée de main à un politique, qu’ils ne donnent jamais, ne font jamais rien gratuitement. Alors que là si… Ils prêtent à sourire et donnent dans le ridicule. Facile ! Il va bien y avoir moyen de pondre une chronique où la question linguistique belge sera enfin exposée clairement à nos amis français.

Voilà voilà pour ce programme de rentrée. Entre autres choses, parce que ces deux mois de vacances ont bien rempli mon cabas. Enfin, je peux vous le révéler en exclusivité mondiale : la suite de l’article sur les chats arrive ! Vous apprendrez donc des méthodes inédites pour vous débarrasser pêle-mêle : des chiens, des petits oiseaux, des girafes, des voisins, de votre famille.

C’est déjà ça. Sauf qu’il va falloir que je bosse parce que si je dois compter uniquement sur ma fainéante de muse, faudra jeter le cul avec l’eau de la bassine.

Bref, pour paraphraser un des groupes rocks les plus influents dans le monde musical, gastronomique et capillaire…

The Rough boy is back !

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 08:00

Aaaaahhhh Angélique, marquise des anges.

 

Rhhhhaaaaaa, Michèle Mercier et Robert Hossein, couple mythique....

 

Je me pâme dans les ors de Versailles... Mon oeil oui !

 

Qu'est-ce que ma mère a pu me les passer au pilon quand j'étais gosse avec son Angélique, cette rousse aux yeux de biche aux abois dans un buisson d'aubépines, une laissée fétide encore chaude à ses sabots. Enfer et damnation et crotte de cerf en rut oui !

 

C'était monopolisation de l'écran, genre limace sur feuille de salade, chaque fois qu'on diffusait, rediffusait ou re-rediffusait cette mièvrerie grostesque, molle et sirupeuse. Ma mère adorait le beau Jeoffrey de Peyrac (qui dans la série n'avait pas de lien de parenté avec Nicolas...). Et puis c'était tellement romantique Monsieur. Boudiou, et y en a sur le net qui parlent de série romantico-érotique. Nom de Zeus mais Eli Wallach dans Le bon, la brute et le truand était plus érotique que ça !

 

Le monde se divise en deux catégories petit : ceux qui aiment Angélique et ceux qui n'aiment pas !

 

Y a pas à dire, avec les couettes de la blonde et jolie Françoise à l'école communale, le démontage du confessionnal de l'église du village avec quelques copains, et les gillets oranges à carreaux marrons, Angélique est une des grandes blessures de mon enfance.

 

 

Heureusement, L'Angélique dont il est question ici n'a rien à voir avec ça.

 

Il s'agit juste de la mise à jour (tardive) de l'article sur l'Angélique officinale.

 

J'y ai ajouté quelques photos maintenant que les plants ont fait tout leur cycle.

 

Et tout en bas de l'article, il y a une recette de liqueur avec les fleurs et les graines...

 

Bonne (re)lecture.

 

Angélique Marquise des Anges... non mais, quelle poisse comme titre. Et pourquoi pas caroline comtesse des cars tant qu'on y est... ou Philippine reine de... enfin vous voyez le genre !

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 11:01

Mais on sera plus cool...

 

Ce petit billet vous informe que le blog va peut-être tourner au ralenti ces deux prochaines semaines. Je prends des vacances et je vais en profiter pour écrire quelques sujets, croustillants ou tout mous...

 

Et surtout profiter de ma terrasse et de mon potager...

 

Si j'en ai l'envie, je publierai des trucs, et sinon... non !

 

A bientôt !

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 13:33

Comme promis, bien que j’en suis sûr, vous ayez autre chose à foutre et rassurez-vous, moi aussi, voici en version "en clair et sans décodeur" la description de deux bordeaux transmtés par mon esprit malade ici. Je ne remets que les deux vins les plus estourbis par ma prose à tendance psychédélico-acidolysergisée (ce n'est qu'une image, je ne touche pas et n'ai jamais touché à ces saloperies, mes parents peut-être ce qui expliquerait des effets permanents chez moi). Je vous reparle donc du Pauillac et du Fourcas-Hosten. Ce furent deux vins intéressants et ils méritent bien autre chose qu’un trip.

Avant de péter les plombs, j’étais en train de remettre mes notes de dégustation en ordre. Il y a du boulot, ça n’a plus été fait depuis la fin de l’hiver, sauf pour les vins qui ont été commentés sur ce blog.

Et je me suis aperçu d’une chose. Même si je ne suis pas un encaveur de bordeaux. Je suis (presque) un buveur de Bordeaux.

Je m’explique. Je n’ai jamais eu de pâmoisons proustiennes méritant de grandes envolées lyriques avec un bordeaux.

Probablement parce que je n’ai pas encore goûté les bons bordeaux. Probablement parce que ceux-ci sont en-dehors de la portée de ma bourse (j’ai dit MA pas MES).

Par contre, rien à faire… je ne peux résister, buveur d’étiquette refoulé que je suis, au fait d’acheter pour goûter l’une ou l’autre appellation au nom qui fait tilt, genre Pauillac ou Margaux (mais là, il doit y avoir mon côté grivois amateur de corsages qui joue), quand je les vois me narguer sur le rayon vin de mon temple de la consommation préféré.

Et puis, je l’ai déjà raconté, j’ai des amis et des parents qui me veulent du mal. Alors quand ils viennent à la maison, ils m’offrent du bordeaux.

Alors je me suis dit qu’en cette période de primeurs, où à longueur de web on nous met les valseuses au rythme du jerk à coup de lamentations sur le prix honteux d’une trentaine de châteaux bordelais , ce serait bien dans l’esprit de mon blog campagnard et poussiéreux de parler de quelques bordeaux qui m’ont épanoui les papilles ces derniers temps.

Sur les deux posts, vous remarquerez quand même une avalanche de robes bien opaques, de tanins bien brutaux, de cassis comme s’il en pleuvait… et parfois… au détour d’un coup de nez, ou discrètement logés entre les grains des tanins, un peu de finesse et de fruit.

 

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Pauillac Château Puy la Rose 2003

 

La robe : Opaque. Oh oui, au soleil, avec de la volonté, on voit un peu le fond, mais bon. Rouge profond. Aspect épais. Larmes ultra-nombreuses et très tenaces.

Le nez : Modéré. Le premier jour, c'est ultra classique et un peu décevant : cassis, mûre, bois.              

La bouche : Bien équilibrée et fraîche. J'aime bien. La matière est fluide, les tanins, très fins (soie) mais un peu gras, soutiennent l'ensemble sans excès. Dangereuse, la VVB est très élevée, genre un repas à deux, mais on s'est limité. Nous sommes des gens responsables monsieur ! Niveau aromatique, ce n'est pas très complexe : cassis bien mûr, un peu de bois grillé. Point.

Le lendemain : Le nez est beaucoup plus sympa : liqueur de cassis, pivoine, poivre blanc très net. La bouche ne bouge pas par rapport à la veille. Peut-être les arômes sont ils plus ouverts, plus francs mais pas plus variés            

Impression générale : Simplicité et finesse mais VVB redoutable. Vraiment pas au bout du rouleau et assez frais, ce qui est bien pour un 2003.

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Listrac-Médoc

Château Fourcas-Hosten 2005

Cru bourgeois supérieur

 

Robe : Rouge foncée, "très plus" comme dirait mon fiston mais encore translucide. Larmes assez peu nombreuses.      

Nez : Expressif et plaisant de mûre et de cassis bien mûrs. De la truffe après deux heures, puis ça disparait. Vanille alcool. Epices sudistes. Champignons ensuite.

Bouche : Bien équilibrée mais portée sur une certaine fraîcheur agréable. Matière assez pleine. Tanins serrés et fins, mais un peu brutaux. A assagir. Manque un peu beaucoup de suavité et de plénitude, mais c'est un joli vin. Bois un peu et cerise et mûre beaucoup. Finale chocolatée avec amertume et caramel dans les 15 secondes.

Le lendemain : Excellent. Classique au possible avec ses arômes de mûre et de chocolat. La fraîcheur de la bouche est très agréable. Les tanins fondus, un beau vin.          

Impression générale : A mon avis à encaver. Classique et pas hyper complexe mais qui fait bien son nid en bouche et qui ne demande qu'à évoluer.

 

Et voilà, c'est probablement moins rigolo que la version précédente mais ça a deux avantages certains : ça décrit le vin et c'est écrit en deux coups de cuiller à pot.

Sérieux et tout le mec, même pas de potacherie ni rien.

Allez, quand même, gratos, pour la route... Un peu de belgitude.

 

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 17:03

Je vous avais dit hier qu'aujourd'hui vous auriez la vraie version des deux délires bordelais incompréhensibles d'hier. Pas que ce soit primordial pour l'avnir du vin en France, ou même que je le pense, mais c'est assez marrant de comparer.

 

Bon, mais je n'en ai pas eu le temps et une bonne nouvelle m'arrive à l'instant. Et me permet d'éviter un quiproquo, des fois que des mal-lisant ou des mal-comprenant y croiraient que je fustige les rêveurs et les poètes. Absolument pas, quand le poète c'est mieux qu'Aldo la Classe, et qu'il ne poète pas plus haut que son QI.

 

Et si il y a bien un Ecri-vin de talent au talent aussi talentueux que divaguant que divergeant que délirant et même plus, et encore, c'est lui.

 

Ses élucubrations et autres farfeluités n'ont rien de commun avec ce que je moquais un peu hier. Oui, lui, il est dans le poétique, le non-formaté, le morbifuge voire le théologique, mais lui il a deux choses essentielles :

 

Du talent (ne vous l'ai-je pas déjà dit ?) et de la sincérité. Et de la polissonnerie mais ça fait trois.

 

Et c'est pourquoi, je vous le dis :  après avoir disparu, bouloté par l'infernale froideur technique de la toile, il revient. L'ignoble arachnomorphe l'a recraché. La poésie et l'humour sont trop indigestes pour sa panse numérique...

 

L'Homme au Cigare est de retour...

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 14:30

Ce post est dédié à un grand monsieur de la toile vinique, officiant sur la Passion du Vin, le plus festif, instructif, grouillant parfois bordélique… joyeusement humain, des lieux de dicussion sur le vin en langue française, même en période de primeurs… Un post dédié à MONSIEUR "OLIV". Il comprendra pourquoi…

Ce post est une imposture de plus… qu’à cela ne tienne, si vous ne comprenez rien aux vins décrits, cela me permettra demain de refaire le même post en langage clair et avec des photos… et hop, voilà comment le rustre y te fait deux post pour le prix d’un… Tu voudrais pas que je me creuse en pleine canicule non plus !

Au début, j’écrivais juste un post anodin, rempli de calembours douteux et de blagounettes à cinq cents. Et puis, face à ce déluge de vins pas mauvais, mais pas dépotant non plus, je m’ennuyai. Suite à un post de Jacques Berthomeau… je m’interrogeais. Comment écrire un bon CR de vins ?

On tombe facilement dans la dichotomie entre le sans imagination, froid, analytique et bien sûr dépourvu d’âme, voire pas du tout humain et le poétique pompeux, la logorrhée littéraire grandiloquente, savante et assez hermétique pour le rustre que je suis.

N’aimant pas les dichotomies manichéennes doubles, je me dis quand même qu’on peut trouver un juste milieu… Peut-être traduire en mots simples ce que le vin fait dans nos cœurs et nos âmes… Bof peut-être, mais alors je suis loin du compte.

Mais réfléchissant et n’en ayant pas l’habitude, je me suis perdu en route.

J’ai mis des mots sur des trucs qui m’énervent un peu beaucoup : le compliqué abusif, la grandiloquence pédante, l’érudition sotte, l’intellectualisme d’opérette voire la sollicitude pontifiante. Pas que je veuille mener une croisade contre quiconque ni quoi que ce soit, mais sûr qu’il vaut mieux en rire… et à la relecture, je me rends compte que je me moque aussi de moi-même. C’est un juste retour des choses.

Dans un bon esprit Pompon et Rémy Bricka, dans la plus pure tradition du ZZ top’s lifestyle, dans la grande continuité de philosophes irremplaçables comme Bézu, Francky Vincent sans oublier le grand Stupallacci, je vous effeuille quelques bribes de rencontres avec des vins de Bordeaux.

Ce sont des noms pas très connus sur la toile, dont le prix oscille entre 9 et une quinzaine d’euros (exception faite pour le Pauillac qui culmine à 23 €), qui procurent non pas des extases vaporeuses appelant la littérature rose et ampoulée, mais d’honnêtes petits plaisirs besogneux appelant une écriture simple, descriptive mais joyeuse.

Comme quoi, il n’y a pas besoin d’être dans une case avec d’autres casanier de la poésie mirlitontesque et hermétique voire émétique, ou dans une autre avec des matheux froids comme des lames de Tolède et fins comme des guibolles d’ascètes vinaigrette. On peut faire un peu l’un , un peu l’autre. Peut-être pas très finement ni très juste mais avec ses tripes et c’est déjà ça de pris.

Mais ça, ce sera pour demain, parce qu’en attendant, on peut varier le style si vous voulez… et finalement dire tout et n’importe quoi et même peut-être exprimer le contraire de ce que l’on veut dire, pire le contraire de ce que le vin veut dire…

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Pfff... qu'il est con le rustre !

 

Analytique… et froid :

 

Bordeaux supérieur

Château Lafite-Monteil 2006

 

Robe : foncée, mais peu pour un bordeaux :  Rubis translucide, peu brillant. Larmes peu nombreuses et peu tenaces.               

Nez : Expressif dès l'ouverture : fruits mûrs mais acidulés. Comme des fruits dans un yaourt. Fraise cultivée, alcool, bois, vanille, boîte à cigares.

Bouche : Expressive, sur les mêmes notes de fraise un peu acidulée. Boisé assez amer, de la vanille, de la réglisse en finale. Assez écoeurant au bout d'un moment. Pourtant, c'est frais, juteux, avec des tannins serrés mais discrets. Finale assez longue mais dominée par une finale structurelle amère et acidulée.

Le lendemain : Les notes sont moins franches mais cela reste fruité, frais, assez démonstratif mais moins écoeurant, plus agréable.

Impression générale : Malgré un côté tape-à-l'œil, ça reste pas mal pour l'appellation.

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Ce genre de prose me glace... Ca me laisse froid. Les bras m'en tombent, enfin, au moins un !

 

 Plus délié mais sobre :

 

Haut-médoc Château Cambon la Pelouse 2006

 

La longue robe de velours est très sombre mais limpide, pas opaque. Sa confrontation avec le soleil révèle un beau rouge profond avec des reflets pourpres, voire mauves.

Le nez lui, est expressif, avec de classiques fruits mûrs bordelais : cassis, mûre. Plus originale, l’olive verte est assez évidente. Je sens aussi sans pouvoir ou vouloir les nommer des épices agréables et assez complexes.

La bouche est ronde mais soutenue par des tanins un peu raides mais au grain fin. La matière est fine et fluide. C’est un bel équilibre mais ça manque quand même de volupté. Les arômes sont modérés mais nets et élégants : mûre et cassis. Les épices donnent une impression de finesse. Le cacao et l’amertume s’ajoutent pour la finale de 12 secondes.

Le vin ne connut pas de lendemain.

L’impression générale est celle d’un bon vin qui joue sur la finesse, la buvabilité en demi-corps. Peut-être un peu rêche. Peut-être un peu cher malgré tout pour la qualité (vers les 15 euros).

 

Plus imagé :

 

Puisseguin-Saint-Emilion

Château Vieux Barrail 2004

 

La robe est sombre comme une nuit sans lune, aussi opaque que les pensées d’un militant du Vlaams belang un soir d’élections. On peut le dire, c’est bordeaux, profond, comme un puits.

Le nez, c’est bonne maman. Ah, me remontent en mémoire les confitures qui mijotaient longuement sur le fourneau au charbon de ma grand-mère (1) : des fruits noirs confiturés : cassis, cerise noire confite.  Question puissance, ça ne déborde pas de la casserole mais c’est élégant et agréable. Il y a bien un peu de vanille et de caramel, mais là aussi, cela me replonge dans la cuisine de ma grand-mère.

La bouche : Ce vin n’a pas le vertige, il n’a pas besoin qu’on le pousse, bref, il descend tout seul. Agréable et classique. C’est frais avec des tanins assez ronds et discrets, mais bien structurants. Un peu de sérieux que diable, c’est buvable, mais on ne va pas sombrer dans la volupté facile ! Ca t’émoustille les papilles : expressif sur le cassis, l'amertume du bois, la torréfaction. La longueur est moyenne (13-15 secondes) sur le fruit frais et l'eucalyptus.

Le lendemain : No future !

Impression générale : Un peu putassier comme ça de prime abord, avec son fruité débordant. Heureusement que la structure bien fraiche vient sauver l’honneur, des fois qu’on prendrait trop de plaisir.

Avec le repas, ce fut grandiose. Scarole, magrets de canards  fumés, chèvres lardés au porto et miel, canard en croûte. Vinaigrette tiède au bouillon et miel.

(1)  : Un Compte-rendu de dégustation sans une bonne réminiscence proustienne des familles et un soupçon de misérabilisme passéiste (le poêle à charbon), ce n’est pas un vrai compte-rendu.

 

 

Inspiré, mystique et ondulatoire… et engagé :

 

Listrac-Médoc

cru bourgeois supérieur

Château Fourcas-Hosten 2005

 

C’est avec appréhension que j’ouvre cette bouteille achetée (honte à moi) en grande distribution. La mention « bourgeois supérieur » même me révulse. Peu importe, lui ôter la capsule puis la tête au moyen d’un tire-bouchon ne sont que les prémices délicieux de ce qu’on leur mettra dans la g… camarades !

Il est rouge foncé, ce qui le rachète un peu à mes yeux. Heureusement, il est encore translucide, d’une pureté toute minérale issue de la terre qui l’a vu naître sans les artifices diaboliques de la surextraction body-buildée Parkérienne.

Son nez est expressif et plaisant avec mûre et cassis bien mûrs. La truffe s’épanouit après deux heures, signant l’authentique et substantifique marque du terroir et de la terre d’un beau p’tit cru, d’une belle croupe graveleuse résonnant de l’écho des cailloux telluriques minéraux inorganiques.

Puis ça disparait, car le vibrato des astres est parfois éphémère et la truffe régresse et devient juste champignon, fleurant bon l’humus grouillant de vie bénéfique et racinaire.

Malheureusement, la vanille et l’alcool nous rappellent que nous sommes au pays du grand capital spoliateur bordelais, si laids alors que leurs femmes sont girondes. Maudits soient ces tonneaux tout organiques qui effritent de leurs ondes moribondes toute la pureté minérale du jus d’eau de roche de la terre bruissant de vie microbienne inorganique de pureté naturelle (parce que ce serait quand même dommage que la vie du sol soit organique et vivante, parce que c’est mal, impur, immolons les colemboles) !

Je reconnais aussi des épices sudistes : sans tout énumérer on retiendra, la myrrhe, le cade, le thym sauvage à fleur mauve du causse Méjean (partie sud-est, à gauche du chemin, seule station européenne de cette variété), le fénugrec, l’astragale à cinq branches du Surinam.

La bouche est bien équilibrée mais heureusement portée sur une jolie minéralité. La matière est assez pleine mais surtout minérale. Les tanins serrés et fins, sont cependant un peu brutaux, plus végétaux que pierreux. Et toute cette végétation arbustive au milieu de mon beau désert de cailloux, ça me donne des envies d’herbicide… Euh… Bio évidemment. Que dis-je moi ? Saint Roch priez pour moi.

Le vin manque, un peu beaucoup, de suavité et de plénitude, mais justement ça en fait un joli vin, sec, austère, droit, tendu, pur, racé, vibrant. Merde alors, vous ne voudriez pas non plus qu’on y prenne du plaisir. On vibre ici monsieur, on ne s’amuse pas !

On distingue quand même un peu de bois, même pas pétrifié, un peu de cerise et de mûre, et je le promets, je me suis flagellé d’avoir apprécié ce fruité facile. La finale chocolatée (chocolat 95,8 % de cacao du plateau péruvien, près de Nazca, dont les géoglyphes transmettent leurs ondes béta astrales au cacaotiers) avec son amertume et son caramel, (mais à l’ancienne hein, longuement cuit sur un chiche feu de brindilles ramassées dans le caniveau par ma grand-mère en haillons) dure dans les 15 secondes.  

Impression générale : Excellent. Le classicisme bordelais à l’aune de la minéralité terroiriste retrouvée. Un horizon épuré, janséniste, de cailloux sur un lit de quartz translucide.

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Moi tu sais, la minéralité... pour ce que j'en dis... J'y dis phoque you ! Je me drape dans ma dignité et je ferme les yeux sur tout ces mauvais mots...

 

Apothéose : Nourrissant, théologique et morbifuge :

 

Pauillac

Château Puy la Rose 2003

 

Sombre est la robe du Pauillac sur la route de l’Hadès… Opacité… A l’ombre des sylves obscures, ma serpe d’or à la main, j’attends la révélation du chêne, l’hapax salvateur par son syncrétisme enivrant…

Mais las, j’attends tout un jour, seuls le cassis et la mûre concourant (qui va plus vite qu’un intello assis) à la survie de mes sens mais ne suffisant pas à combler mes moiteurs organoleptiques…

La soie confondante du toucher de bouche m’abreuve de la fraîcheur d’une source édénique mais la complexité m’échappe… ô Pauillac, ô cassissité poivronesque ! Honey soit qui miel y pense !

La nuit m’étreint en retard et je m’égare ô Saint Lazare ! Et enfin, alors que le soleil est à nouveau, magie mirifique du clepsydre, à son zénith, l’implexité d’un jus de treille béni aux eaux d’un styx vibrant du souffle pétrifiant d’une minéralité ondulante advient.

Oui ! Regardez cet instant et gravez en les faits dans l’airain. Oui ! regarde moi, Monocle, euh, Sophocle pardon, et toi Hématocrite, euh hémicyclique, euh… hématopoïétique, enfin je ne sais plus… Ho ! Toi le barbu avec des lauriers sur la tête là, tu me captes oui ou merde ?

Et vous Paillasse et Médisante, enlacés et honteux dans la complice discrétion des fourrés, écoutez ma mélopée de noirceur tissée :

Nunc est bibendum (1)

Ordo ab chao (2)

Morituri te salutant ! (3)

Asinus asinum fricat (4)

Et sous ces frondaisons de nuit qui ont vu la descente de Perséphone, buvant une genadine sur la terrasse de cet autel de luxure, me viennent ces vers de joie et d’allégresse :

Frères humains qui après nous vivez

N'ayez les coeurs contre nous endurciz,

(…)

Quant de la chair, que trop avons nourrie,

Elle est pieça devoree et pourrie,

Et nous les os, devenons cendre et pouldre

(…)

La pluye nous a débuez et lavez,

Et le soleil desséchez et noirciz:

Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez

Et arraché la barbe et les sourciz.

Jamais nul temps nous ne sommes assis;

(…)

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

 

Et ce calice, je le bus jusqu’à la lie et en retirai plaisir nullement coupable.

 

(1) : Achète toi une carte Michelin ! (et va à pied à Saint-Léger, celui qui comprend cette allusion là est aussi tordu que moi !). Locution à utiliser quand on est un pneu bourré.

(2) Lourdaud, Ciao ! Signifie quand tu auras rangé ta chambre, tu feras la vaisselle puis tu iras rejointoyer le mur parce que c’est à son pied qu’on reconnait le maçon 

(3) Tu salueras Maurice de ma part. Ne veut rien dire mais on s’en fout. 

(4) Anne aime les fricassées à l’anis. Et à l’anis Maurice cède !

P4300055J'en reste médusé...

 

Amis des belles lettres et des langues mortes, bonsoir.

Gardiens de la culture et du bon goût de nos ancêtres, pardonnez ma potacherie.

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 00:02

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Le soleil s’est lentement couché, emportant avec lui la canicule pour laisser place à une tiédeur moite, agréable. Quelques nuages ont eu le bon goût de se joindre à sa majesté du Cagnard pour me démontrer que les couleurs, les ors, les roses et les ocres de Dame nature, c’est quand même quelque chose mon bon monsieur.

Les bruits épars de voitures de plus en plus lointains se fondent dans le cri de quelques vaches en mal de sensations. La noirceur s’empare doucement du jardin.

Ma femme et mon fils ne sont pas là, ma fille dort du sommeil du juste. Moi, je viens de terminer mon repas favori. Un carpaccio "généreux".

300 gr de viande de bœuf tendre à souhait, des champignons blonds et blancs, du basilic, de l’huile d’olive parfumée à la truffe blanche, du vinaigre balsamique, du sel de Guérande, du poivre noir, de gros copeaux généreux et épais d’un vieux bout de parmesan de fond de tiroir et surtout du basilic tout frais que je viens de cueillir au pied de mes tomates. Avec ça quelques feuilles d’une Lolo rossa fraichement arrachée, et un petit mélange tomates/basilic/ olives noires et mozzarella de bufflonne. De la vraie quoi, pas la merde juteuse et fade de Galbani.

P6220002

Je suis donc seul et comble du politiquement incorrect, je bois. Seul.

Ah oui, je sais, c’est loin de la notion de partage et de générosité qui peut servir de prétexte chez les alcooliques mondains. Mais être seul avec un vin, le calme, la nuit qui vient et ces saloperies de moustiques qui essaient de me bouffer, finalement, il ne manque que les vuvusellas pour mettre un peu d’ambiance non ?

Pour m’accompagner ce soir, j’ai choisi un chinon. Pas n’importe lequel. L’huisserie 2006 de Philippe Alliet. Il fallait bien quelqu’un avec de la présence pour remplacer la chaleur. C’est qu’on se sent seul quand on est enfin débarrassé de quelqu’un de trop pesant mais auquel on s’est presque habitué.

Je ne vous le décrirai pas ce Chinon. Ce n’est pas le propos. Ce sera plus tard, à la fin de l’automne quand tous mes rouges de Loire seront dégustés et digérés. De toute façon que dire ?

Cassis et poivrons si Ligériens ? Bien sûr oui. Les yeux fermés on reconnaitrait un cabernet franc des bords de Loire. Mais ce vin a une finesse, une présence, une justesse… qui signent probablement ces grands vins dont la perfection tranquille va au-delà de nos mots, des miens en tout cas. Un vin qui va parfaitement avec cette soirée, un peu moins avec le plat, mais le bonheur serait fade si il était parfait non ?

Ne m’emmerdez pas avec cette sempiternelle madeleine de Proust, ce ne sera que pour mes vieux jours. Les nuits d’été sont éternelles. De mon enfance à aujourd’hui, en passant par les moiteurs estivales de mon adolescence, ce sont les mêmes, peuplées de lièvres et de renards observés dans des champs de blés écrasés de chaleur languissante et de bestioles mal intentionnées et affamées, de lucioles divaguant dans les sous bois, de bruissements feutrés de feuilles, de grésillements de criquets… de serments échangés et de peines solitaires.

En attendant, le soir s’installe. Des criquets crissent. Une ou deux chauve-souris cabriolent entre les pruniers. Quelques lucioles sortent de l’ombre des buissons, vivantes enseignes de lupanars à six pattes. Soudain, le bruit caractéristique de piquants durs contre les herbes sèches se faufile le long de la haie.

Le gros hérisson ne me sent même pas. Il passe, afféré, à quelques centimètres de mes pieds.

Moi je reprends un verre de Chinon. Le ciel de velours se pique de quelques étoiles plus courageuses que les autres, au point que des formes deviennent reconnaissables. La queue de la poêle, que contrairement aux canadiens qui sont intelligents, nous nommons Grande Ourse, trône maintenant au-dessus de ma tête. 

Aux parfums délicats du vin se mêlent et contrastent la senteur lourde autant que vespérale du chèvrefeuille, l’arôme des framboises cuites par le soleil et même, plus fine et légère, la senteur de terre humide qui vient du potager que je viens d’arroser. Le crépuscule, le Chinon et moi, nous nous enfonçons plus profondément dans la nuit si silencieuse et pourtant vibrante de vie comme toutes les nuits des vraies campagnes.

J’ai encore des choses à ressentir et la vie est trop courte pour la diluer dans le sommeil…

 

Bonsoir à tous…

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