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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 10:33

J’ai un peu de mal à suivre régulièrement mon blog pour le moment. Un tas d’articles attendent qui l’inspiration, qui des photos, qui une relecture.

C’est qu’en plus de mon travail "officiel", mon potager me cause des soucis. Je ne suis pas le seul je suppose. Que dire de l’état d’esprit actuel des agriculteurs ?

P6220001

Tout le monde à l’air de s’en foutre pour le moment. La presse, les vacanciers, les cyclistes protestants de gauche, les footballeurs piémontais de droite…

C’est vrai qu’entre la Coupe déballonnée, les cyclistes à moteur qui râlent parce que, monsieur, quand y pleut ça glisse...

Les politiques belges qui s’amusent beaucoup en jouant à la chaise musicale (c’est tout de même pratique le fédéralisme, comme il y a plusieurs parlements et qu’on peut prêter serment, pas dans tous à la fois, mais on va y penser, il y a toujours un siège au chaud quelque part qui t’attend)...

Les politiciens français qui achètent avec de l’argent public des cigares cubains pour soudoyer les miliciens de l’oréal et obtenir la libération d’Ingrid Bettencourt… (enfin si j’ai bien compris…), ben les journalistes ont du pain sur la planche.

Du coup, la sécheresse, on n’en parle pas encore beaucoup. Pourtant, après un printemps particulièrement frais et sec, dans le nord en tout cas, l’été commence avec de fortes chaleurs, des pluies ridiculement parcimonieuses. Si les céréales ont l’air de bien se porter, le maïs, les betteraves, les patates tirent une drôle de tête en Hesbaye.

Quant au bétail, on commence par endroits à leur donner le foin de l’hiver prochain. Quant à les abreuver, si cela continue, la seule solution sera InBev…

Dans mon jardin, ça commence doucement à ressembler à une catastrophe. Malgré le paillage (qui pourtant joue bien son rôle et retient beaucoup d’humidité au pied des pois, courgettes, tomates…), la végétation stagne. A propos de paillage, je conseille à ceux qui l'utilisent de surveiller l'activité débordante des escargots et limces qui y trouvent refuge et profitent des nuits les plus humides pour faire festin.

Les courgettes et les concombres restent minuscules. Les salades ont soif, les radis piquent. Quant aux haricots et aux carottes, les levées ont été catastrophiques. Et maintenant ça crève de soif. Les sur-semis que j’ai réalisé ne bougent pas. Seuls les rustiques panais, provenant de graines faites à la maison, s’en tirent et poussent bien. Il n’y a plus d’eau de pluie dans les cuves depuis belle lurette et c’est à l’eau de ville que j’arrose, le plus parcimonieusement possible.

Nous prions pour la pluie. Les nuages gris et épais défilent au-dessus de nos têtes sans crever. On a eu juste une pluie drue mais courte hier après-midi. Mais le soleil et le vent ont tôt fait d’ôter cette eau aux pauvres plants assoiffés.

Or on annonce le retour de la canicule… En attendant, la Belgique danse pour fêter sa présidence tournante européenne (quand on y pense, c’est une expression qui fait un peu froid dans le dos). Ca ne devait pas être, manifestement, une danse de la pluie…

Dieu fasse que cette petite chronique monte aux oreilles des dieux comanches et sioux, avec les prières des agriculteurs et des jardiniers, pour faire venir l’eau…

Petite incantation ici (je ne sais pas si les français connaissent, mais ça vaut son pesant de cacahuètes)

 

Bonne journée sous le cagnard…

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Published by le rustre - dans Le jardin au naturel
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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 10:48

Des fois, tu te lèves et bang, t'as des trucs qui te passent par la tête. Et puis souvent non, rien ne te passe par la tête.

 

Mais ce matin oui. Je me suis dit...

 

Depuis que les Dieux sont morts et que la science et la technologie ont perdu leurs paillettes que nous reste-t-il ?

 

Rien.

 

Nous savons que les saisons sont peu nombreuses, que les jours sont courts et qu'après il n'y a rien. Notre seul et unique destin c'est rien après pas grand chose.

 

Voilà voilà... et avec ça, qu'est-ce que je vous sers ? Un petit Rémy Bricka ?

 

Une compagnie Créole...

 

Même pas ? Z'êtes pas d'humeur rigolote amis lecteurs...

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Published by le rustre - dans Café du commerce
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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 07:30

 

En Belgique, la place des produits du terroir dans l’identité régionale et l’imaginaire collectif n’est pas la même qu’en France : moins de produits, quasi pas d’AOC.

 

Soit que ce ne fut jamais le cas, soit que, plus probablement, ils aient disparu avec le temps. Dans le Pays de Herve d’où je suis originaire par exemple, on ne connaît plus que le célèbre fromage odorant appelé "remoudou". Pourtant encore au début du siècle précédent, il y avait d’autres fromages typiques dans le Pays de Herve, il y avait le célèbre "puant" dont le remoudou n’était qu’une variante mais aussi des fromages à pâte dure (notamment parfumés aux herbes).

 

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Traite des vache à Tchernobyl. "Tu vas voir, mon remoudou va illuminer tes nuits"

 

 

Malgré tout, quand j’étais gosse, il y avait encore de nombreuses fermes qui produisaient et vendaient directement au passant leur Herve, leur maquée (fromage frais), leur beurre et puis les œufs, le lait. Je me souviens encore de ces visites à la ferme Cloose avec ma grand-mère (vous ai-je déjà parler de ma grand-mère ?) qui habitait à l’autre bout de mon village. Mes grands-parents étaient nés au début du siècle précédent et avaient été fermiers. Par contre mes parents, natifs des années 30, n’avaient déjà plus cette habitude d’aller à la ferme. Par contre comme beaucoup de villageois, ils "faisaient" encore leurs propres poulets, qu’on abattait et plumait à la maison et à l’occasion, le sirop de Liège, obtenu après longue cuisson d’un jus de pommes et de poires.

 

Je vous parle d’un temps pas si lointain, les années 1980. Si si, les mêmes années que Jeanne Mas, village people, U2 du temps de leur splendeur etc… Mais petit à petit, ces choses là ont disparu ou sont devenues anecdotiques. Ce n’était pas une source de revenu énorme pour les fermiers qui au long des années, entre 1950 et aujourd'hui, se tournaient vers toujours plus de productivisme, plus d’Ha, plus de grosses machines, plus de bêtes.

 

On n’avait plus le temps de faire de la maquée. Tout partait vers la laiterie, avec toujours moins de laiteries mais plus grosses et plus lointaines. Rendement et efficacité obligent, d’intermédiaire en intermédiaire, les centrales d’achat naissaient. On en est arrivé aujourd’hui à une situation extrême où la chaîne qui relie le producteur au consommateur n'est plus une chaîne mais un sablier. Aux deux extrémités larges, il y a les consommateurs et les producteurs. Entre les deux, une ribambelle d’intermédiaires et au point le plus étroit du sablier, il y a quelques centrales d’achats et grands distributeurs (une vingtaine en Europe).

 

Les producteurs sont coincés par des prix payés de plus en plus bas alors que le prix de revient, lui, ne peut pas être diminué éternellement. Et puis, il y a autre chose : le producteur ne produit pas pour produire mais pour faire vivre sa famille.

 

L’autre grande "évolution" fut celle de l’hygiénisme, de la recherche mythique du risque zéro, du principe de précaution. Avec les grands scandales de la dioxine dans les poulets, de la vache à prions, la Belgique, un peu secouée politiquement (c'est un euphémisme volontaire, les remous furent tellement importants surtout en Flandre pour le CVP, que les vagues de cette affaires mouillent encore nos problèmes politiques actuels), a décidé de réagir, comme d’autres pays. Elle a créé l’AFSCA.

 

 Ouahhhh, l’Agence Fédérale de Sécurité de la Chaîne Alimentaire. Pas de doute, avec un nom pareil, on fait dans le sérieux, dans le Scully/Mulder de la rillette tradition ou bien dans une version campagnarde des experts à New-York, les experts au Pays du Boudin/camembert. Un membre de cette belle agence me confia un jour : "on fait juste notre boulot, mais je dois dire que j’ai des collègues un peu gestapo sur les bords..."

 

P4260166Les agents de l'AFSCA surprennent Raoul l'Hagard d'Erre en train d'uriner dans sa baratte à beurre. "Oui mais c'est ça qui donne le goût" réplique Raoul. (in  : Anne de Joyeuse qui aimait les valseuses dépasse les burnes, Edition des Barakis réunis).

 

 

Très vite, l’AFSCA est devenue la bête noire des petits producteurs. Au début, essentiellement parce que l’agence répondait à des problèmes surgissant dans ce qu’il convient d’appeler l’agriculture industrielle et pas de petits producteurs de terroir. L’aspect tatillon et bureaucratique des législations et l’aspect "on sait que vous mentez et que vous êtes un vilain tricheur" des inspections créaient la panique chez les producteurs de produits du terroir. On imposait aux producteurs, quelle que soit la taille de leur exploitation, les mêmes règlementations basées sur les moyens à mettre en œuvre.

 

Travaillez à telle température. Nettoyez avec tel produit. Utilisez tel carrelage et tel joint étanche… Pire, la marque du carrelage changeait tous les deux ans… Bon, j’exagère, mais à peine (en fait je rapporte des propos de producteurs). En 2006, l’AFSCA a assoupli les règles concernant le petits producteurs qui désormais, ont une obligation de résultats et plus de moyens.

 

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"Nous afons les moyens de fous faire parler Tocteur Jones... Fotre étiquettage est-il Hô Normes ? " extrait de Indianna Jones contre l'AFSCA, 2008.

 

Mais il était fort tard : non seulement, de nombreux petits producteurs qui pratiquaient encore la vente directe avaient mis la clé sous le paillasson, les investissements n’étant pas justifiés par la rentabilité de la vente directe, mais en plus, le réputation de l’AFSCA était gravée dans l’airain de l’esprit fermier parfois, il est vrai, un peu buté. Pourtant, je me demande si on n’atteint pas petit à petit un équilibre entre le besoin légitime d’hygiène minimale et de traçabilité et le droit à l’existence des produits qui ont la gueule de l’endroit où ils sont nés. Il y a encore du boulot, mais il faut être optimiste.

 

Ces deux phénomènes touchant les producteurs n’étaient finalement que deux facettes de mutations plus importantes qui touchaient la société. Après la seconde guerre mondiale, un des buts majeurs des civilisations occidentales a été d’assurer l’abondance alimentaire à leurs citoyens (les leurs, hein, des blancs d’Europe ou d’Amérique quoi, parce que les autres hein… bon déjà qu’ils ont eu le toupet de se décoloniser, tu voudrais pas en plus qu’ils mangent à leur faim ?).

 

Et on y est arrivé. Enfin presque… Disons qu’on produit assez pour nourrir tous les occidentaux. De là à dire que tous les occidentaux mangent à leur faim… Bon il y en a quelques uns dans la rue, sur des bancs... je sais pas mais enfin, sinon, quand même, en Europe on bouffe à sa faim, même les pauvres. Ils mangent, mal, mais ils mangent.

 

Mais bon, quand même, ces salauds de pauvres, ils le veulent aussi hein… Quand tu vois les saloperies que ça avale un pauvre et le pinard à 30 cts que ça ingurgite… tu le crois pas. C’est qu’ils sont paresseux les bougres, ça doit être pour ça qu’ils sont pauvres d’ailleurs.

 

Hein ? C’est pas forcément de leur faute ? Ah bon ? Ben non, je ne vois pas, non …

 

Non, je dis que les pauvres ils mangent mal parce qu’ils ne font qu’aller à la facilité et pis c’est tout. Quand je les vois siphonner des pizzas surgelées, des frites congelées, des zamburgers gras, des carapils, de la Villageoise par hectolitres (ah ben oui, parce qu’un pauvre ça ne taste pas monsieur, ça picole !) et des fricandelles que tu sais même pas ce qu’il y a dedans (enfin si on sait, mais on le dit pas hein…), et ben ça me débecte…

 

Ah les salauds ! pourraient faire un effort et faire vivre nos terroirs les pauvres, merde ! Faut pas rigoler quand même, une omelette aux truffes, ça prend quand même pas plus de temps à faire que réchauffer une pizza. Et tartiner du pâté d’abats de yack putréfié, ça ne foule pas plus le coude que de se faire un sandwich rillettes/foie gras. Faut pas déconner quand même…

 

Non, j’en parlais encore avec des potes de gauche amateurs de vin l’autre jour, les pauvres ont mauvais goût et voilà tout. Tu ne réussiras jamais à leur mettre en tête que les bibines qu’ils s’envoient sont trop chères par rapport à ce qu’elles sont dégueulasses et qu’ils feraient mieux, quitte à boire des jaja du Languedoc, d’opter pour une bonne Grange des pères ou une bouteille de Montcalmes… Fermons la parenthèse…

 

Et donc, l’Occident produit suffisamment pour ne plus jamais crever de faim et ce qu’il ne produit pas sur ses terres, il le produit sur les terres des autres et/ou le pique (enfin l’achète une misère on va dire).

 

Les autres, dans ce cas, étant ces salauds de pauvres du tiers-monde. Ces mecs-là voudraient nous faire croire qu’ils sont pas bien dans leur peau, parce que soit disant, ils l’ont plus souvent sur les os qu’à leur tour... la peau. Hé faut arrêter les mecs hein!  Je le vois bien moi que les bananes, le café, le tabac, les beaux meubles de mon jardin, le chocolat, mes supers maillots moule-burnes pour avoir bien chaud en hiver et tous ces autres produits de première nécessité qui grèvent honteusement mon maigre budget, ça vient de chez vous… Alors me dites pas que…

 

Comment ça je suis à côté de la plaque ? Ah bon…

 

Et donc, l’occident a inventé l’agro-industrie alimentaire (foin de parenthèses, allons droit au but mes gens, à moins que ce ne soit l'industrie agro-alimentaire ou agri-élémentaire, ou agri et les menteurs ?). Là.

 

A quel prix ? on s’en fout.

 

Enfin, non, mais oui quand même.

 

Bon les bretons n’ont plus besoin d’acheter des petites boules roses d’engrais pour le potager, il leur suffit d’arroser avec l’eau de leur puits. Des tomates de 20 kg qu’ils obtiennent. Bon, problème, il faut une échelle pour cueillir les artichauts, mais bon… Ah oui quand même… Une échelle mon bon monsieur ! Et je ne vous parle pas des asperges. Les arbres sont tellement hauts que les bocaux cassent quand il y a du vent...

 

Bon, les poulets refilent leur grippe aux éleveurs et aux cochons d’Inde à moins que ce ne soit aux Gerbilles sauteuses mexicaines.. Mais bon… Suffit de canarder les oiseaux migrateurs qui viennent de tous ces pays de sauvages hein, au moins ça canalisera l’agressivité de tous les cons armés à casquette.

 

En Belgique, les agents de l’AFSCA ont eu le plaisir de faire fermer les poulaillers des particuliers et des pros, fini les parcours en plein air, dans ta cagette poulette, les silos, les granges, de faire arracher les nids d’hirondelles des étables (cas véridiques même si pas tous aboutis, faut pas pousser bobonne dans les orties).

 

Hé, parce qu’on a frôlé la catastrophe hein avec la grippe aviaire ! Pan ! des mies de pain oui…

 

Hé mais t’imagines toi, tous les oiseaux migrateurs (berk, migrateurs en plus. Z’ont une carte de séjour ?) qui te ramèneraient la grippe aviaire asiatique d’Afrique ?

 

Bon, peu de gens ont lu l’avertissement diffusé par NATAGORA, à moins que ce ne fût la LRBPO, je ne sais plus, qui expliquait que effectivement des palmipèdes sauvages avaient été contaminés sur des lacs en Afrique… Bon des lacs où on pratiquait la pisciculture et où on nourrissait les poissons avec de la farine… de poulets chinois… Mais bon, on va pas s’arrêter aux détails hein.

 

Flinguez les moineaux, virez les noirs et les sans-papiers, achetez des marques, c’est la sûreté, rentrez chez vous et allumez la téloche et surtout, faites vous vacciner contre la grippe cet automne nom d’un chien. On vous les fera au rab, on a des stocks…

 

Bref, on mange à notre faim mais on a peur, dangereusement peur. Les gosses d’agriculteurs ont une fâcheuse tendance avec l’âge à choper des gesticules comme des ballons de foot, les abeilles et les papillons, ben y a plus, faut aller au parc Paradisio pour en voir. Faut manger 5 légumes par jour, mais bon pas trop de chaque hein, sinon toi aussi tu deviendras fournisseur officiel de la Coupe du Monde avec tes valseuses. Bonne nouvelle par contre, on va sauver la sécurité sociale. Plus besoin de médocs (c’est le négoce bordelais qui va pas rigoler), il suffit de manger du bœuf, du porc et du poulet et pan, plus jamais malade. Il paraît même de Glaxo Smith Kline va remplacer ses labos par des élevages de poulets, c’est dire…

 

Le pire, c’est que des infos comme ça, on ne peut pas faire un mois sans s’en prendre une dans la gueule. Mais chacun le sait, tout ça c’est de la désinformation, du raccourci facile, du poujadisme. C’est rien que de faire le lit des lobbys écolos avec du foin. Hé gars, la Lysteria c’est dans les munsters au lait cru qu’il faut la rechercher, jamais au grand jamais on en a trouvé dans des usines toutes prop’ bien plus blanc que blanc de grandes marques de yaourts très connues hein…

 

Et puis, l’alimentaire, on y pense et puis on oublie. Un peu comme Haïti, le tiers-monde, le SIDA… C’est vrai qu’on est noyé d’informations à la télé, sur le net. Le Tour va chasser la Coupe, l’écran plat n’est plus assez grand, des débats d’idées passionnants et primordiaux s’offrent chaque jour à notre sagacité : Comment va finir Lost ? Freud était-il vraiment un gros dégueulasse ? Anelka va-t-il épouser Roselyne ? Qui va être « clashé » samedi prochain sur France 2 ?

 

Le monde de ceux qui disent qu’ils pensent a quand même du pain sur la planche

 

Vous voulez un scoop ? En Bretagne, les coureurs du tour de France ne carbureront qu’à l’eau, une fois n’est pas coutume, mais à l’eau de source seulement hein. 20 kg les tomates… 20 kg…

 

En attendant, dégât collatéral, cultiver ça coûte cher. Et en plus c’est pour nourrir soit des pauvres soit des gens qui se foutent de ce qu’il y a dans leur assiette tant que c’est pas cher. Gênant dès lors que cela coûte cher à produire, en engrais, en phytosanitaires, en carburant et en machines. En plus, de un, cultiver ça prend du temps, de deux les gens sont des pourris qui travaillent trop, alors peler leurs patates, laver leur salade, ils n’ont plus le temps. Alors il faut valoriser les produits, les manufacturer et ça l’agri, il n’a ni le temps ni les moyens, déjà qu’il n’a pas le temps d’aller chercher des clients. Et qu'en plus, tout ça, ça n'est pas son métier, enfin ça ne l'est plus.

 

Alors on confie ces métiers-là à d’autres qui transforment et qui vendent. Des intermédiaires qui ne font pas ça pour les beaux yeux de Germaine mais pour les pépettes. Et les pépettes, c’est l’affaire des trafiquants de fric, pas des producteurs ni même des industriels. Et les trafiquants de fric, ça concentre, ça délocalise, ça rentabilise, ça te travaille les marges, bref ça trafique le fric. Comme les prix consommateurs ne sont pas près de doubler, que les intermédiaires ne sont pas près de lâcher leur profit et que le producteur, c’est jamais qu’un paysan, c’est-à-dire, pour le consommateur moyen qui se nourrit de sa sueur (celle du paysan), même pas pour de rire, un suceur de subventions, un pollueur, un emmerdeur qui roule à moins de trente et qui ne craint personne en Massey-Fergusson, ben tout le monde, ou presque s’en fout et s’il y en a bien un qui doit pas moufter et être bien content qu’on le paie encore, c’est le producteur.

 

On chiale bien un peu quand il y en a un qui vient nous émouvoir l’Ardisson cynique, mais bon, c’est comme tout hein : passager.

 

Parce que qu’est ce qui est important après tout ? Ooooooh meeeerrrrde, suivez un peu, on vous l’a déjà dit : Lost, la dernière Wii, la dernière jupette de la blondasse qui a un nom de chaine d’hôtels pour trafiquants de fric…

 

Et donc que fait l’agriculteur ? S’il ne peut que difficilement rogner ses frais et charges et qu’il ne peut pas augmenter son prix ? Ben il augmente ses surfaces. Et il prend de plus grosses machines, des intrants plus efficaces ou en plus grosse quantité (mais au niveau légal, les quantités ça devient de plus en plus serré) et il s’endette. Et puis à un moment, il loue ses machines, et puis un jour, il devient un salarié, celui d’une entreprise agro-alimentaire. Du coup, il n’est plus un paysan. Tant pis pour lui, ses rêves, l’environnement, les paysages… Parce que là, ça commence juste à devenir rigolo mais on y reviendra dans un autre billet.

 

En attendant, ben comme tout le monde sait que de la merde, on en a jusqu’au cou, les politiques compris, ben l’agriculteur, pour vivre, il a des subventions. Des subventions pour tout, même pour planter des haies et creuser des mares, et laisser des jachères, pratiques que l’agriculteur dans son ancienne vie faisait volontiers parce qu’il y trouvait un intérêt économique mais qui sont devenues désuettes (mais malheureusement utiles à l’environnement) du fait des modes de production de maintenant, donc subsides…

 

Des subventions pour compenser ce qu’il gagnerait en plus s’il vendait directement ses produits à des clients qui paieraient plus chers… Mais le client, on l’a déjà dit, n’aime pas payer cher. Sans doute préfère-t-il payer des impôts pour subventionner la production des produits qu’il paie moins cher…

 

Nous mangeons de la merde à notre faim, et à pas cher. Mais il y a un prix à payer. On l’accepte ou pas. Il y a un prix pour la santé, un prix environnemental, un prix sociétal et pas des moindres. On se retrouve avec des campagnes où les blaireaux pelouse/clôture/round-up dont nous avons déjà parler pestent contre ces salauds de bourrins qui ont des bêtes qui puent.

 

Comment est-ce admis ? C’est quoi ces fermiers qui viennent encombrer nos routes dans nos campagnes en abreuvant leurs sillons, qui nous emmerdent avec leurs bruits et leurs odeurs disgracieuses ?

 

On se retrouve avec des gosses qui croient que les boîtes de lait poussent sur des arbres appelés rayonnages dans les super marchés mais qu’est-ce qu’on s’en fout. Ce n’est pas ça qui augmentera leur score sur la Wii… euh, je veux dire leur moyenne scolaire.

 

En mettant des intermédiaires entre le producteur et le consommateur, on brise un lien. Un lien important. Le lien à la terre. Le lien qui faisait que, étant donné le fait qu’on est un peu ce qu’on mange, on avait un peu la gueule de l’endroit où on vivait.

 

On en arrive à une situation tellement banale : alors qu’on cultive des patates dans les champs à côté de chez soi, les patates qu’on achète dans son carrouf préféré viennent de Pologne ou d’Ukraine…

 

Une fois ce lien brisé, une fois qu’on ne sait plus d’où vient ce qu’on mange, on est mal. Enfin, en vrai on le sait toujours d'où vient ce que l'on mange : du supermarché pardi ! On s’en fout que les légumes n’aient plus de goût. D’abord t’en connais toi des tomates qui ont du goût ? Ah bon ? ça a un goût une tomate ? Et des fraises en hiver ? J’en veux. Comment ça elles n'ont pas de goût ? M’en fous du goût, j’en veux. Toute façon, elles n’ont plus de goût en été non plus. Si tu veux un bon goût de fraise, achète des haribo, ou limite du "bojo nouvô". Hé la poire elle a une tache tonton ! Oui c’est pas grave, elle est bonne tu sais. Ah ben non alors, il est con le tonton, moi les poires de mon supermarché, elles sont tout’ prop’, sans taches. Oui mais les miennes, sont plus bio que bio, alors elles ont des taches… Rien à fout’, je veux pas de taches…

 

Et puis on en revient toujours au même point. On s’en fout que le poulet ait un goût de poulet ou un goût de brosse à chiottes ou un goût de cirage à pompes. Toute façon plus personne ou presque ne sait ce que ça goûte vraiment un poulet. L’important, c’est … 5 min au micro-ondes et pfiouuuu… La nouvelle star sur M6, hop !

 

Ca va encore plus loin à mon avis… Mais il n’engage que moi. En perdant ce lien alimentaire à notre sol, à nos racines, on perd le respect pour ce sol, pour ces racines. Et on se fout de ce qui peut lui arriver, tant que la prochaine porcherie industrielle n’est pas sous le vent, tant que c’est pas une discothèque qu’on bâti à côté de chez moi, vous pouvez bien pulvériser ce que vous voulez, abattre ce que vous voulez, construire ce que vous voulez tant qu’il n’y a pas de morceaux qui tombent sur mes pompes, on s’en fout, ce soir, on regarde les experts à la télé.

 

On s’éloigne d’un tas de choses, pas seulement des agriculteurs du coin et de leurs champs d’asperges. Mais aussi de ce qui faisait notre identité, à nous et rien qu’à nous. On a pris une autre identité, mais qui n’est pas vraiment nôtre et ça crée un vide. Et aura beau faire des "apéros saucisson-pinard" laïcs ou ce qu’on voudra, c’est pas ce qui nous rendra notre identité. Et évidemment, pâles copies de nous même autrefois, quand on croise des gens qui eux ont encore des valeurs (et peu importe la valeur de ces valeurs), une culture et qui le montrent avec fierté… ben on a un peu peur.

 

La preuve que ce lien à la terre qu'on nous a enlevé et que nous nous sommes volontiers laissé enlever nous est primordial ? C'est que quand vous avez du fric ou de la culture ou les deux, vous faites une cible marketing idéal (entre autres en matière de vin, mais pas seulement, loin de là), pour tous ceux qui vendent du terroir, de la minéralité, du bio, du nature, du "belgorigine", du lien aux pratiques bien connues des anciens comme les calendriers à Maria Thun et les ondes vibratoires des vins positivistes... Bon , j'avoue, je suis un peu de mauvaise foi. 

 

La moralité de cette histoire bien tristounette, pour cette fois en tout cas (les nombreux points de suspension montrent que je n'ai pas dis tout ce que j'avais sur le coeur), parce que j’en ai marre de scribouiller (il y a coupe du monde ce soir), je la tirerai du célèbre recueil poétal du philosophe orientique Ben Idn Ouiwii "Ouvre les yeux et écoute moi" :

 

"Le serpent qui se mord la queue ne doit pas s’étonner de se retrouver avec la tête dans le cul !"

 

 

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 13:29

Youpie ! je me remets à faire fermenter tout et n'importe quoi : des pommes, des poires et même des scoubidous.

 

Cette rubrique fera certainement frémir les amateurs de vin, les hygiénistes, les chantres du terroir et les adeptes du naturel. Ceux qui tremblent des guibolles ou ont les sphincters qui frétillent quand on leur parle de chaptalisation, de tartriquage et de levurage.

 

Je leur répondrais qu'en Belgique, mieux vaut faire un vin de fruits ou de fleurs totalement construit mais bon, qu'un vrai vin de raisin dégueulasse ou pas terrible.

 

Mais tant pis et tant mieux. Cette nouvelle rubrique "Boissons fermentées ou non" vous donnera des idées, je l'espère...

 

 

Dans la plus pure tradition des sponsors officieux de ce blog, les tontons flingueurs, les Charlots, Pompon, le Grand Jojo et bien sûr, notre maître à penser, le philosophe moderne le plus Nietzschéen qui soit... Rémy Bricka ! (1)

 

(1) Attention, l'abus de boissons fermentées, alcoolisées, même si c'est bon, sont dangereuses pour la santé physique, mentale et poétique. Allez y mollo des coudes, même en vacances !

 

 

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 12:00

Une nouvelle rubrique qui accompagnera ma timide reprise de fabrication de "boissons fermentées" puisqu'on ne peut pas les appeler "vin". Ce premier article parlant de sureau sera modifié en fonction de mes nouveaux essais, de l'avancement des fermentations... J'estime qu'il a un air "de fait à la va-vite" mais c'est essentiellement  pour que les gens qui tomberaient dessus dans les prochains jours aient encore le temps d'élaborer une recette avant la fin imminente de la floraison du sureau noir.

 

 

Le sureau noir (Sambucus nigra) est un arbrisseau bien connu qui pousse facilement en station plutôt éclairée (mais ce n'est pas systématique) sur des sols moyennement humides, frais, aérés. Il a un penchant pour les sols moyennement à très riches en azote nitrique. Il pousse volontiers dans les friches, les lisières forestières. Il fleurit de mai à juin.

  

Il ne doit pas être confondu avec le sureau à grappes, dont les fleurs forment ... des grappes qui donneront des fruits rouges. La confusion avec le Sureau hièble, aux tiges annuelles, aux fleurs en fausses ombelles (comme le Sureau noir) également est à éviter. Cependant, le Sureau hièble fleurit plus tard (en juillet-août), il ne dépasse jamais 1,80m et le plus important, ses grappes de fruits sont dressés vers le haut (les baies regardent le ciel) alors que les baies du Sureau noir pendent vers le sol.

 

 

 

Sambucus nigra2

Fruit du sureau noir (source : wikipedia, Martin Roll) 

 

La distinction avec cette espèce est importante car elle est très toxique.

 

Le Sureau noir est lui aussi potentiellement toxique puisque toutes ces parties vertes ainsi que, dans une moindre mesure, ses fruits mûrs contiennent de l'oxalate de calcium (irritant, décalcifiant) et plusieurs alcaloïdes vénéneux dont la sambunigrine qui donne des nausées et provoque des vômissements. Les feuilles contiennent même des glycosides cyanogénétiques, c'est à dire qui libèrent de l'acide cyanhydrique durant la digestion par des herbivores. Charmant.

 

corymbe exemple

   Un Corymbe (source : wikipedia)

Scherm

 Une Ombelle (Source : Wikipedia)

 

 

Je pourrais écrire des pages sur le sureau... et sans doute le ferais-je en complétant cet article petit à petit, tant ses propriétés et applications sont nombreuses : purins, insecticide, répulsif pour campagnols, fabrication d'instruments de musique, de nichoirs pour hyménoptères solitaires, confitures, alcools, vin rouge, sirop, beignets, sirops ou gelées de fleurs...

  

Les fruits et les fleurs cuits, les fleurs égrainées de leur corymbe (c'est le nom exact de la fausse ombelle que forme la fleur de sureau) ne sont pas toxiques.

  

Et c'est justement des fleurs de sureau que je vais parler aujourd'hui.

 

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Pétillant demi-sec de fleurs de sureau.

  

Chaque année, j'utilise les fleurs du sureau noir pour réaliser un pétillant doux ou demi-sec, titrant 8° d'alcool acquis environ. Une boisson légère, florale et fruitée qui peut se conserver un an ou deux.

  

Pour réaliser ce pétillant, on a besoin de fleurs de Sureau noir fraiches. Plusieurs points très importants :

  

N'utiliser que le sureau noir sauvage : pas de variétés à feuilles découpées, à feuillage panaché... Je trouve que leurs fleurs puent !

  

Cueillir de préférence les fleurs jeunes, dont les étamines sont encore bien jaunes. Elles sentent bien meilleur.

  

Cueillir les fleurs au petit matin ou le soir, par beau temps, sans vent. Une belle soirée tiède de mai est idéale. C'est à ce moment que la fleur est la plus riche en parfums.

  

Il faut soigneusement égrappé les fleurs, avec les doigts, ou de petits ciseaux pour éliminer les petites tiges vertes qui sont toxiques et qui apportent un goût désagréable à la boisson. En effet le sureau est riche en acide succinique, un acide rare dans la nature, qui est notamment créé par les levures en cours de fermentation alcoolique. C'est un acide qui est à la fois aigre, amer et salé. Assez dégueulasse en fait. Cet égrappage est fastidieux. Le prévoir au cours d'une longue soirée d'été accompagné d'un verre de bon muscat de Rivesaltes ou d'un excellent muscat du château d'Exindre ou encore d'un bon gewurztraminer. Vous verrez l'effet est saisissant. La fleur de sureau exhale en effet des notes muscatées proches de celles de ces vins. Vos narines seront tellement saturées que les vins prendront une senteur tout à fait inhabituelle.

  

Les fleurs égrappées, il faut débarasser les parois du pot des insectes qui sortent.

 

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 Après égrappage... 

 

 

Recette pour trente litres (une tourille) de pétillant.

 

La quantité de fleurs à utiliser dépend des goûts de chacun. Je préfère que la note muscatée du pétillant soit légère. Pour 30 litres de pétillant, j'utilise environ deux litres de fleurs égrappées.

 

Les fleurs sont mises à macérer avec :

 

Un "moût" de raisins secs : Verser trois litres d'eau à 60-70°c sur 2 kg de raisins blonds secs. Laisser reposer 12 heures. Recueillir le liquide. Puis verser à nouveau trois litres d'eau chaude. Après 12 nouvelles heures recueillir le liquide et presser légèrement les raisins secs dans un linge. Vous obtiendrez 6 litres de liquide sucré.

 

Du sucre pour arriver à un degré potentiel de 10 % vol. soit 17 g de sucre/ litre et par degré. Pour 30 litres de vin, cela correspond 5100 grammes de sucre. Avec une telle quantité de sucre, la fermentation va avoir du mal à démarrer. Il faut donc ajouter au moins un tiers du sucre de la façon suivante : le faire bouillir dans de l'eau pendant un bon quart d'heure avec une cuiller à café d'acide citrique. Le sirop prend une teinte jaune : le saccharose se sépare en fructose et glucose qui serviront de substrat pour le début de la fermentation.

 

Compléter la tourille avec de l'eau (si robinet bien l'aérer avant) et les fleurs.

 

Ajouter si possible de l'acide tartrique à raison de 4gr/litre soit 120 gr pour 30 litres.

 

On peut ajouter de l'acide citrique si la fermentation ne démarre vraiment pas.

 

Ajouter le levain qui sera préparé à partir d'une levure sélectionnée pour vin blanc (se vend en magasin spécialisé, parfois en jardinerie). L'idéal est une levure adaptée à la fabrication de cidre et autres boissons peu alcoolisées. Surtout pas de Bayanus ou de levures sélectionnées pour vins doux. Le levain est préparé 12 heures à l'avance, dilué dans un litre de jus de raisin. Quand la fermentation a bien pris, on l'ajoute dans la tourille.

 

Quand on ajoute le levain, on prend la densité (la richesse en sucres) du liquide au moyen d'un densimètre (aussi dans le commerce spécialisé). Mon "moût" en ce jour 0 de fermo présentait une densité de 1076.

 

La tourille peut être laissée à température de 20°c au début, mais quand la fermentation démarre, il faut impérativement que les opérations se poursuivent au frais, idéalement entre 12 et 14°c, dans une cave donc.  

 

Le jeu va consister à ralentir la fermentation au maximum de façon qu'au moment de la mise en bouteille, les levures aient juste assez de force pour donner un vin pétillant mais pas explosif et contenant assez de sucres résiduels pour être demi-sec.

 

C'est le même principe que pour un cidre ou une "méthode ancestrale" à Die ou Limoux.

 

Sauf qu'ici, notre vin étant pauvre en matières azotées, l'opération sera plus facile.

 

Il faut si possible faire chier la cuve (la laisser pleine à ras, quitte à devoir ouiller). En général, ça ne déborde pas beaucoup. Ensuite il faut surveiller très régulièrement (tous les jours) la densité. Quand elle atteint 1040 à 1035, il faut soutirer et éliminer les fleurs de sureau qui flottent en surface. Ca calme sérieusement la fermo. A 1025, on effectue un deuxième soutirage. Et on prie. A ce moment la densité ne doit plus diminuer que de un point par semaine au maximum. On attend deux ou trois semaines et quand on est sûr de son coup, on met en bouteille après un ultime soutirage.

 

La mise : On utilise des bouteilles champenoises propres, neuves si possible. C'est primordial. Toute poussière, crasse, aspérité sera un départ possible de bulles et une source potentielle de débordement au débouchage.

 

Cette procédure pour la mise est essentielle. J'ai déjà eu des bouteilles qui explosaient, projetant des débris de verre sur plusieurs mètres ou des bouteilles qui se vidaient entièrement au plafond du salon lors de l'ouverture. C'est pas rigolo.

 

Vous remarquerez, que je ne parle nulle part de sulfitage. Il n'est pas nécessaire si on travaille proprement et que la fermo est régulière même si lente jusqu'à la mise.

 

On ferme les bouteilles avec un bouchon type champenois. J'utilise des bouchons en matière plastique, peu élégants mais pratiques et réutilisables. Je les enfonce dans le goulot avec un maillet de caoutchouc. Ne pas oublier de poser un muselet.

 

Normalement, après 2-3mois de refermentation en bouteille, vous obtenez un vin pétillant finement, au parfum muscaté, doux à demi-sec, léger. C'est un délice.

 

J'ai testé d'autres recettes plus "ménagères" : avec fermo spontanée, levure de boulanger, vinaigre... Celle-ci donne le produit le plus savoureux, le plus stable.

 

 

Apéro printannier à base de fleurs de sureau :

 

Ici, les fleurs ne sont plus fermentées mais simplement macérées dans du vin blanc. Le goût muscaté est plus pur, plus floral.

 

On peut utiliser le sureau seul où accompagné d'autres fleurs ou fruits. On peut ainsi créer de véritables "faux vins". Le sureau était d'ailleurs utilisé par les fraudeurs pour faire de faux muscats en France.

 

Il suffit de faire macérer les fleurs égrappées dans un vin blanc sec et si possible très acide. L'acidité est importante puisqu'on va ajouter du sucre et un peu d'alcool à 96%. En fait, on ajoute entre 10 et 50 g de sucre par litre selon la sucrosité souhaitée et le type de vin choisi (moi, c'est du rivaner, de l'elbling, un riesling ou un sylvaner dans une année pas très mûre... un truc qui a du répondant question acidité. Il faut aussi que le vin ne présente pas de défauts gustatifs).

 

J'ajoute au vin 100 ml d'alcool pur pour 5 l de vin afin d'augmenter le degré de ces petits vins de 2 unités. Au final, on aura un apéro demi-sec ou doux de 13° environ.

 

Les fleurs :

 

Environ 100  ml de fleurs de sureau égrappées par litre d'apéro. Il faut vraiment modérer l'apport de fleurs de sureau pour que le liquide ne devienne pas écoeurant. On laisse macérer 15 jours, on filtre grossièrement (tamis) ou plus finement (drap propre et rincé abondamment à l'eau bouillante), on laisse reposer, soutirage, mise, séjour au frigo et ensuite...

 

Ce doux élixir devient plus intéressant encore si on mutliplie les ingrédients. Diverses variantes :

 

P'tit vin de juin : ajouter, par litre, une poignée de pétales d'églantier ou de rose, une belle grappe, finement égrappée de fleurs de robinier Faux Acacia

 

P'tit coq des terrasses : pour 5 à 10 litres, une belle poignée d'aspérule, cueillie en mai avant floraison, séchée convenablement (si il y a des parties très noires, moisies les jeter, c'est toxique), le zeste et le jus d'un citron bio, une belle poignée de fleurs de trèfle blanc par litre cette fois : divin !

 

Pour les initiés : remplacer le vin par un vin de rhubarbe, ajouter une poignée de pétales de roses : effet gewurz garanti !

 

La suite bientôt...

  

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 14:16

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D’abord je n’ai pas voulu participer à la session mensuelle des Vendredis du vin. Le sujet proposé par Michel Smith ne m’inspirait pas. « Le vin médecin de l’amour ».

La belle affaire. Mais après tout un médecin soigne, il ne guérit pas forcément. Que reste-t-il de la passion des débuts quand elle a été laminée par la vie. Par les tracas quotidiens, des trucs aussi primordiaux que la place des chaussures dans les briques de notre existence (dans le placard ou au milieu du salon ?), les moyens exceptionnels à mettre en œuvre pour payer les traites de la voiture, de la maison, de l’autre voiture, du prêt pour les travaux. Les enfants qu’après le boulot il faut laver, faire manger, exhorter d’aller au lit, mettre au lit, remettre au lit, re-remettre au lit. Puis il y a l’habitude, l’embonpoint, les déceptions mutuelles, les actes manqués…

Ils ne manquent pas les lieux communs béants comme des fosses, les détours, les raccourcis, les pièges, les fossés dans lesquels elle peut tomber la passion. Et quand elle part, reste-t-il de l’amour, ou juste de la routine ? Je ne vais pas vous mentir : on s’arrête rarement pour y penser. Secondaire face aux tracasseries de tout les jours. Les impondérables de l’empêchement de jouir. Pas de place pour le romantisme, ni même pour les regards en arrière.

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Sauf… que le mois de juillet approchant, l’été naissant nous gratifie enfin d’un peu de chaleur. Sauf qu’en Belgique, on appelle ça de la touffeur, cette chaleur moite, assommante, propice au glandage ombrageux, à moins que ce ne soit ombragé…

Sur la terrasse, dans le jour qui fini dans la tiédeur, les p’tits monstres au pieux, on s’affale pesamment, comme des veaux qui soupirent, heureux mais inconscients les saltimbocas en puissance, de ruminer la panse repue. L’air lourd lèche nos peaux, laissant un voile délicieusement frais de sueur, appel aux idées salaces quoique agréables. Un petit vent, du silence, une lumière de péché capital…

Wachnet 3

Dans nos verres nous mettons un peu de soleil.

 

Un Saussignac 2000 du Château Court-les-Mûts.

 

Il est plus jeune que nous deux. De deux ans. 1998, un été moite, chaud, un été passé à arpenter les berges de la Meuse, de jour comme de nuit. Un été de barbecues entre étudiants, de couchers de soleil encombrés de nuages d’insectes, de démangeaisons et de volupté. Un été de hautes herbes qui frottent les jambes, de pique-niques sur le Ninglinspô, de nuits étouffantes et tellement inoubliables, tellement légères pourtant, dans la soupente infernale qui nous servait d’appart. Un été d’insouciance, de vie avant la vie, de vie avant le travail, les traites, les enfants. Un été de matin du monde. Et tout cet été là, avec ses souvenirs qui me rongent le bide, est contenu dans ce verre,

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dans cette robe fantastique, si lumineuse comme ces soirées passées autour du feu à discuter de la coupe du monde et du monde lui-même, histoire d’améliorer sa sale tronche avec les étudiants français qui pouvaient encore compter jusqu’à trois. Une teinte entre le vieil Or et le cuivré. Le vin qui s’accroche aux parois en torrents gras et paresseux me donne un frisson en me ramenant à la lascivité et à la nonchalance qui s’étaient emparés de nous à ce moment là. Bon Dieu, que nous étions heureux, et beaux, et minces.

Dans ce nez si aromatique de rôti, de figues sèches, de raisins secs, de caramel, de miel, de cire, de chocolat, sans oublier quelques fleurs de bord de Meuse. Un nez gourmand, un nez d’excès, un nez d’étés d’enfance.

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Et dans cette bouche légère mais veloutée, moelleuse mais fraîche en finale. Paradoxe de l’équilibre, fragile, qui si on le dit sublime, peut sans doute s’évaporer le temps d’un regard.

Et toujours ces arômes qui font leur nid en bouche, longtemps, longtemps. Un air de vent aérien bien que chaud, j’imagine, dans le style image lourdement assénée. Des fruit secs et confits, datte, figue, orange confite, caramel, melon mûr, miel. Fruité, léger, gouteux.

crépuscule

Pour terminer, café et caramel sur 20 secondes.

Et puis l’addition. Des souvenirs qui passent, des regards qui se croisent, un sourire, une complicité, une parenthèse dans la bataille. Finalement pas cher payé, même si c’est le genre de médecine non conventionnée que la sécu a du mal à rembourser. Radasses ! Hygiénistes !

En attendant… nous parlons.

 

 

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 15:56

 

Après avoir posté ma petite bafouille d'humeur sur le foot, j'ai un peu divagué sur le net à la recherche d'autres saillies anti-foot.

 

Je suis tombé sur ce texte de Desproges. Je ne l'avais plus lu depuis longtemps, mais sûr, il devait en trotter quelques bribes dans un coin de ma cervelle quand j'ai scribouillé ce matin... Rien à voir avec ce texte magistral. Ca c'est de l'envoi.

 

Comme quoi, je me sens encore moins malheureux d'avoir été mis au caniveau par la gent footbalistique écolière durant mon enfance. J'en serais presque flatté.

 

Et enfin, et, je vous l'accorde, dans une toute autre veine, pour parfaire votre culture footbalistique, cette pièce maîtresse d'un artiste belge trop méconnu.

 

 

 

 

Ainsi que cet intéressant essai sociologique du même artiste :

 

http://youtu.be/wBtx-EQ0_3g

 

Alors qu'on s'extasie continuellement devant Jacques Brel, peu de critiques ont su entrevoir la richesse symbolique de l'oeuvre du Grand Jojo.

 

En tout cas pour la mise en scène et les costumes, c'était quand même autre chose que Jacques Brel, ça m'sieur...

 

http://youtu.be/My_3tD0-1Gk

 

Avertissement : si vous êtes au bureau quand vous cliquerez sur les liens proposés, diminuez quand même le son...

 

Pour les deux derniers liens, cliquez sur le testicule droit de votre souris et choisissez "ouvrir dans une nouvelle fenêtre". 

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Published by le rustre - dans Café du commerce
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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 00:00

Dommage que le soleil ne soit pas de la partie pour cette coupe du monde 2010. Je pourrais profiter de la tiédeur des couchers de soleil sur ma terrasse ou dans mon jardin. Je ne reçois que les chaines nationales belges francophones, je ne suis pas particulièrement branché feuilletons français à scénarii boiteux en redifs éternelles (la grande spécialité de nos chaines belges) et surtout je HAIS LE FOOT et les FOOTEUX. Alors, c'est bonnard, même crevé par ma journée, les enfants et tout le toutim, je retrouve le courage de lever mes grosses fesses le soir au lieu de m’affaler dans le divan. Je vais jardiner.

Photo22 (2) - Copie

J’ai bien regardé un peu la coupe pour tester l’effet irritant des fameuses vuvusellas mais las, j'en ai eu marre du match avant d’en avoir soupé des trompettes africaines. A la limite, je trouve un intérêt collatéral à l’émission de footeux d'après match de la RTBF. Essentiellement pour découvrir l'attentat vestimentaire quotidien du chroniqueur Stéphane Pauwels ou pour savoir dans quel sens la langue de la vache gomineuse a travaillé les cheveux du présentateur ce soir.

Aïe… je suppose que je vis les derniers instants de mon blog, que mon Blog Rank va lamentablement et définitivement stagner à zéro, aussi désespérément plat que l’électroencéphalogramme d’un fan de foot qui apprendrait que la finale de la coupe de Belgique entre Anderlecht et le Standard est remplacée en dernière minute par un épisode inédit de "Joséphine, Ange gardien". J’ai fait mon coming out. Je l’ai dit. Le foot et surtout la ferveur religieuse dont ses adorateurs l'entourent me gonflent au plus haut point.

La coupe du monde est un moment difficile pour moi. Comment vous décrire le regard d’incompréhension de mes collègues quand immanquablement le matin, ils me demandent "et alors, t’as vu le match d’hier soir" ? Quand je réponds, "ben non, tu sais moi le foot...", je vois bien aux puits sans fonds que deviennent leurs yeux, se voilant d’un rideau soyeux de mépris et d’incompréhension, qu’une fracture se produit, une faille infranchissable entre moi et eux, entre les gens normaux et les associaux intello sportiphobes comme moi. Des drôles même pas drôles qui en s’excluant du foot, s’excluent en même temps de l’humanité et de la connivence confraternelle virile des mâles qui savent pourquoi. Moi, non , je ne sais pas pourquoi et je ne l’ai jamais su.

Tout petit déjà… Le problème vient du fait que je n’ai jamais trouvé le moindre intérêt à courir derrière une balle avec 10 autres morveux, pour la taper dans le but des onze autres tafioles. Comme dirait mon fils de 4 ans : "ben, prends-le dans tes mains hein, le ballon, c'est plus facile". Le malheur est que dans une cour de récré, quand toute la marmaille mâle, ou en passe de le devenir, décide de tâter du ballon, t’as pas le choix. Soit tu déclines et tu te retrouves à jouer seul ou pire avec les filles, soit tu intègres une équipe. Mais bien sûr, ne ressentant aucun intérêt pour la chose, la course à la baballe, tu t’y appliques pas et très vite tu te retrouves avec l’étiquette désagréable de celui qu’est choisi en dernier dans l’équipe et que quitte à jouer à 10 contre 12 on aurait mieux aimé qu’il soit dans l'autre d’équipe…

Bref, le foot pour moi, dès le début, est relié à des sentiments désagréables d'exclusion et de regards en coin.

Pourtant, je le promets. J'ai fait des efforts. J'ai regardé des matches à la télé avec mon frangin. Si si… sérieux et tout. En tenant pour une équipe et en gueulant ouwaiiiiiiiisss goooooooooaaaaaaaallllll quand ils marquaient, en éructant contre l’arbitre ou la faute de Bouboulovitch dans le rectangle, comme mon frère.

Pile poil tout pareil.

Mais ça ne prenait pas. Je ne comprends pas. Bon… Il faut dire que m'emmerdant un peu, j’en remettais une couche questions beuglements et insultes. Une grosse couche même. "A poil l'arbitre" une fois ça va, mais 137 fois en 10 minutes ça peut énerver. Quand tu hurles "ouais goal !" à tout bout de champ, même quand il ne se passe rien, même pendant les pubs ça commence à lasser le voisin de soirée!

Puis quand tu commences avec des

"Meurs, vil félon",

"Fluctuat mec, vergetures !",

"J'vais t’épiler le fion avec les dents moi, espèce di magneu d’savion", (1, voir note en bas de page)

"Vasse tchir ê mouss, on vêreut’t’ cou !",  (2, idem)

c'est clair, tu t’exclus toi-même de la lutte, ta dialectique ne te permettant plus de rester en contact avec la base. Mais ce qui énervait le plus mon frère je crois, c'est que je changeais continuellement de camp au cours du match, à la faveur des retournements de situation, je retournais ma veste pour porter aux nues le club dominant, conspuer l'autre de mes harangues, productrices de mots disgracieux autant que de postillons épais. Je me suis donc vite fait interdire de match à la maison paternelle.

Dommage, on buvait des bières, on mangeait des chips et on se grattait les couilles. Moi j'aime bien de manger des bières, boire des chips et raconter des couilles, si pas pire.

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"L'affaire Anelka", photo fournie par le journal l'Equipée Sauvage.

Légende : "Va te faire zigounettopiloupiler rétroactivement par l'astragale, espèce de phylactère !" "Hé, c'est çui ki dit ki est. Arrête de dire ou Saint Nicolas ne passera pas !" Avec de gauche à droite : Raymond Domenech, Franck Ribery, Nicolas Anelka (on voit bien sa colerette et ses cornes), Roselyne bachelot (cachée en partie) et Nicolas Sarkozy (le playmobil de droite).

 

Alors aller au stade… ne m'en parlez pas. Je pense que je serais le premier humain à atteindre Mars à coups de pied au cul. Mais là aussi, ça me plairait bien (d'aller au stade, pas sur Mars le derrière en feu). 

Ca à l’air festif. C'est mon truc ça, les holàs, les perruques rigolotes de toutes les couleurs, les chansons débiles et les instruments bruyants. Le stade, c'est vraiment un haut lieu de créativité artistique dissidente. Si si. Imaginez ce qu’on peut faire avec des vuvusellas. Osons !

Osons les chorales de pétomanes maniant de haut vol, l’air de rien, la vuvusella. Oublions le mystère des voix bulgares. Vive l’atmosphère des voies bizarres ! Un vent nouveau soufflera sur les stades ! Bon… mais là aussi, je doute d'être suivi. Pffff…frilosité du conformisme !

Donc, de par mon aversion pour le ballon rond me voici condamné à la solitude et au sobriquet peu flatteur "d'intello" durant toute mon enfance et mon adolescence (t'aimes pas le foot ? Alors t'es un intello). Mais cela n'explique pas, je le crains, toute mon aversion pour ce sport.

Mon frère, et des années plus tard mon neveu, se sont pris de passion pour ce sport si populaire (par populaire, j'entends qui séduit tout le monde, de l'ouvrier d'aciérie au prof d'unif, en passant par les riches, les pauvres, les vieux, tout le monde, sauf moi).

Ils ont intégré des équipes locales de bouts de choux et de façon assez rigolote pour une pratique qui l'est moins, il leur est arrivé la même mésaventure. Intégrés un peu sur un coup de tête dans un club sans leurs amis, ils n'y prospéraient pas, d’autant plus que durant un an, la plupart de leurs temps de match se passaient sur un banc.

On a beau dire, mais c'est assez frustrant pour le gamin et surtout pour les parents qui ont  casqué pour l'inscription au club , pour l'équipement et les assurances.

Payer une assurance en cas de rupture du banc sous le poids de l'ennui voilà qui défriserait le cigare à moustache du plus placide des citoyens.

Il se fait que pour mon frère comme pour mon neveu, les hasards scolaires et footbalistiques (hasards dont la traduction en terme de lois mathématiques ficherait des migraines au fils naturel d'Einstein et de Planck) ont fait que les potes des deux zigues se sont retrouvés dans une autre club que le leur. Mon frère ou mon neveu (je signale pour la généralisation de l'exemple que les deux anecdotes sont distantes d'une vingtaine d’années et de 200 km), qui dans leur club d’origine ne se sentaient pas vraiment indispensables, hormis au polissage du vernis des bancs de touche donc, ont demandé à changer de club pour rejoindre leurs potes. Et c'est là que l’anecdote devient merveilleuse et me donne une furieuse envie de débouler dans un stade armé d’une sulfateuse.

Pour changer de club, mes parents comme ma belle-sœur ont du racheter leur gosse au club d'origine. En plus de l'inscription et de tout ce que coûte déjà ce sport de cons. Bon, ils appellent ça autrement hein dans les clubs, je pense. Un transfert qu'ils appellent ça. Transfert ? Avec des gosses qui s'amusent lors d'un hobby ? Transfert ? Celui de la psychiatrie ou celui d'Actarus juste avant la métamorphose ?

Non, On ne dit pas "ben, va falloir que vous nous rachetiez votre gosse hein, m'sieur si vous voulez qu'il aille jouer ailleurs". Mais bon, l'esprit est là. Dieu me garde que mon fils s'entiche un jour de rentrer dans un club. Je ne sais pas pourquoi, mais si la traite des êtres humains est un sujet qui me rend morose, quand elle est appliquée à mon fils elle réveille en moi l'instinct ancestral du Celte amateur de démonstrations vulgaires et voyantes et je me dis que le crâne poli et rutilant d’un président de club de foot villageois sur la calandre de mon peugeot partner ferait de moi un chef de tribu respecté.

Vous voyez ? Je parle de foot pendant 10 minutes et déjà, mes écrits deviennent inaudibles, noyés sous une déferlante brutale de haine et de violence aveugles. Ca, c'est l'autre aspect du foot qui me donne des éruptions cutanées au niveau du fondement.

Je pense qu'un de ces matchs devant lesquels j'exerçais ma virilité sportive durant mon adolescence m'a fait définitivement basculé du côté obscur de la force. Je n'avais jamais vu autant de connerie brutale concentrée en si peu de place ni en si peu de temps. Bon, j'avais quatorze ans aussi. On s'emballe pour un rien, idéaliste qu'on est. C'est qu’on défend encore des principes et qu'on est encore bercé d'illusions et de combats à mener à cet âge là , même au milieu des années 80. C'était un chouette match.

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"Michel, il est content !", Aquarelle sur pneu de Eric Cantonna, artiste nihiliste.

 

D'ailleurs Platini était très très content à la fin. Le match opposait des Italiens et des Anglais et se déroulait au Heysel. C'est bizarre, mais après, je n’ai plus eu honte de dire ce que je pensais des footeux. Quand je pense que ces cons surpayés ont fait roulé leur foutu ballon sur le cadavre d'une quarantaine de personnes. Soi disant parce que les supporters n'auraient pas été contents et que ça serait devenu pire encore s'ils n'avaient pas joué. Peut-être aussi que sans match, il y aurait eu des problèmes de sponsors. Je le reconnais, je n'en sais rien, c'est une affirmation gratuite. N'empêche que l'excuse du tifosi italien déchainé pour continuer le match…

Donc voilà, les mecs se bousculent et se piétinent, il y en a plusieurs dizaines au tapis mais bon, si on ne joue pas y vont finir par se fâcher vous savez… alors on joue. Toute façon , on savait pas qu'y z'étaient mort hein les cadavres au sol…

Et donc voilà un sport qui vaut la peine qu'on meure pour lui, pas parce qu'on y joue, mais parce qu'on regarde. Alors évidemment, on m'accusera de poujadisme. On me dira qu'il faut séparer la beauté du sport des épiphénomènes sociologiques qui l'entourent, que la violence autour et dans les stades sont le fait d'une minorité…

Certes, mais bon, il y en a beaucoup de sports où, aussi souvent, ça crie comme des singes dans les tribunes quand un joueur noir entre sur le terrain ? 

Où on organise des batailles rangées après les matchs pour se la refaire un peu plus saignante ?

Où les gloires, exemples de la jeunesse, claquent un coup de boule à l'adversaire à moins qu'ils ne traitent leur entraineur de tous les noms ?

Au moins au hockey sur glace ou à la boxe, c'est sur la piste ou le ring que ça se met sur la tronche. Et les coups y sont beaucoup plus francs et décomplexés que les tacles vicieux des joueurs de foot. Soit dit en passant, je ne connais pas beaucoup de sport où quand les joueurs sont pris en flagrant délit de tricherie ou de conduite limite malhonnête (tacle, tirage de maillot, coup du "je tombe tout seul et je hurle comme un veau à l’abattoir" etc…), ils te la jouent genre môme pris la main dans le sac qui dit "ben non m'dam, c’est pas moi, j'ai rien fait, je le jure, m'dam, sur la tête de ma mère m'dam"…

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Championnat du monde de curling, Styghrtdthchnun, Pays de Galles, 2010. Au centre, on reconnait Tony Hayward, patron de BP, qui après une bonne tranche de régate, s'éclate au curling. Il est content, il s'en fout lui, Tony, c'est pas dans son jardin qu'il y a du pétrole qui coule... (derrière lui, cachée, Roselyne Bachelot). A droite, on saluera la présence du commisaire Bourrel, venu résoudre l'affaire Anelka. Il s'est visiblement trompé de plateau. Il aurait pourtant déclaré "Bon Dieu mais c'est bien sûr" !

 

Ouais, bref, n'empêche que c'est pas aux championnats mondiaux de curling que les mecs se savatent la gueule comme des gueux. Je ne sais pas moi, il y a un contexte tout de même. Quand je vois mon innocent rejeton de 4 ans revenir de l'école ou de chez mon neveu (le footeux dont il était question plus haut) et me sortir « Anderlecht, champion, Standard c'est des couillons » ou autres tirades poétiques dont seuls les footeux ont le secret (la poésie footballistique étant à la culture ce que la pétomanie est à la musique, un truc rigolo mais un peu con-con sur les bords au milieu), quand je vois mon fils me chanter des conneries pareilles et me dire "dis, je pourrais aller dans un club ? ", j'ai peur.

J'ai néanmoins des raisons d'espérer. Samedi, au match en cours, il a préféré sur la Une le mariage de la princesse machin chose de Suède. Pas pour longtemps, il est vite reparti dessiner. Faut pas déconner quand même, je ne vais pas lui faire prendre goût aux rois et aux princesses dans un pays qui va être dirigé par Bart De Wever.

Pas violent le foot ? Va un peu voir un match dans une équipe amateur du village le plus reculé des Ardennes, tu verras si ça se la joue toujours "respect de la beauté du sport". "Allez vas-y René, tacles-y sa gueule, fais lui bouffer la pelouse !", "Allez hein, gamin, cours hein, te laisse pas faire, donnes-y un coup de coude…"

Non, le foot est le seul sport qui déclenche autant la folie meurtrière. Il n'y aurait que l'écoute en boucle, 6 fois de suite, des œuvres complètes de Francis Lalanne qui atteindrait un effet similaire. Mais bon ça compte pas, c'est pas un sport (quoi que) et pis personne n'est jamais parvenu au bout de l’expérience, vivant, ou encore capable de raisonnements intellectuels plus profonds que "Est-ce qu’on ne se ferait pas encore une bière ? "

Oui, j'ai du mal avec le foot.

Du mal.

Du mal avec les mecs vautrés dans des canapés enfournant les pizzas et les cannettes de jupiler ou de carapils, vêtus de bobs et d'écharpes aux couleurs et à la symbolique criardes, se grattant mollement les burnes entre deux goals où ils se lèvent en hurlant et soi-dit en passant, en maculant irrémédiablement la moquette de maman de taches rougeâtres de quatre-saisons grasses ou de "hawaïennes" sucraillones mélangées de bière, du mal donc à comprendre que des gars comme ça puissent se lever à la fin et déclarer, sérieux comme des papes qui croiraient à leurs propres mensonges, ON a gagné ou ON a perdu… Les mecs en short sur le terrain, je veux bien, c’est quand même eux qui poussaient la balle, mais les supporters ?

Du mal avec la bonne trentaine de puits creusés en Afrique tous les mois qu'on pourrait se payer avec un seul salaire mensuel d'Anelka. Je n'ai aucune idée du nombre de vaccins ou simplement de rations alimentaires quotidiennes que représentent les bons 500 000 euros annoncés pour le susdit salaire. Un paquet sûrement.

Du mal avec ces troisièmes mi-temps télévisuelles où le match est disséqué, rejoué, les joueurs interviewés, avec toujours les mêmes répliques du style "je crois que si on n'avait pas perdu, ben je pense qu'on aurait pu gagner".

J'ai du mal avec le foot. Et 10 posts comme celui-ci n'arriveraient pas encore à vider l'abcès.

Du mal.

Mais ce n’est pas grave, ce sera bientôt fini. Et grâce à la RTBF, je pourrais de nouveau m'affaler devant la 6ème diffusion en deux ans des trois mêmes épisodes de Julie Lescaut, de Joséphine ou, fin du fin de la production française de qualité répondant aux normes de l’exception culturelle… Père et Maire…

 

Défrisant non ?

 

(1) : Wallon de l'Est du Pays de Herve : mangeur de sable : habitant de la Campine, par extension, flamand. 

(2) Insulte en Wallon de Liège : Traduction : va, donc hé, banane ! Traduction littérale : Je vous saurais gré d'aller déféquer dans la Meuse mon Brave. Cela nous permettra d'admirer votre séant.

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 09:58

Bonjour,

 

il y a quelques jours, je m'étonnais qu'un républicain indépendantiste flamand devienne le chargé de mission d'un roi en vue de la création d'un gouvernement fédéral en Belgique.

 

Je pense ne pas avoir bien mesuré le caractère improbable de cette nouvelle. C'est aussi invraisemblable que je ne sais pas moi...

 

Bon, prenons un exemple en rapport avec l'actualité sportive du moment, le Mondial. Bart informateur, c'est une situation aussi farfelue que si... Imaginons... On disait que l'équipe de France se faisait sortir comme ça, au premier tour. Que tout le monde soit de mauvais poil au point qu'un des joueurs se mette à insulter l'entraîneur. Le genre d'insultes que, jamais, on n'entend dans et autour du stade dans ce milieu si modéré et si feutré du foot.

 

Déjà, c'est totalement impensable. Mais allons plus loin dans la science-fiction. Imaginons que dès lors, le Président lui-même intervienne en public pour commenter l'incident, transformant une rixe d'après-douche en affaire d'état. Impensable non ? Faudrait vraiment n'avoir que ça à foutre.

 

Ben pourtant, nous en Belgique, nous sommes les seuls à ne pas seulement rêver de machins farfelus mais aussi à en faire.

 

Etonnant, non ?

 

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Published by le rustre - dans Café du commerce
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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 15:00

 

Dans le cadre de notre grande opération place à la cave, voici rassemblées quelques dégustations de gewurztraminers alsaciens faites ces trois derniers mois.

 

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Le Gewurz, c’est la bête noire de l’amateur un peu serré du cul, bon chic, bon genre. C’est aromatique, trop évident et donc c’est vulgaire. Ce n’est pas très acide et souvent plein de sucres résiduels. Vulgaire, trop facile, pas pur, variétal, pas de terroir là-dedans, et de la minéralité pour peu qu’on puisse dire ce que c’est que ce truc, il n’y en a pas toujours non plus. Par ici la sortie. Bref, un cépage de rustre.

 

Un cépage qu'on aime, puis qu'on n'aime plus et qu'on re-raime.

 

Donc, rien que pour ça, j’aime le gewurztraminer. Cependant, ça, c’est pour le principe. En vrai, j’aime pas toujours follement. C’est un cépage chez lequel les qualités deviennent vite des défauts.

 

Aromatique en diable certes mais souvent pour montrer un duo rose/litchi assez assommant et ennuyeux à force de répétition, surtout quand la rose vient du même resto asiatique rapide que le litchi en boîte.

 

Quant aux épices promises de façon honteusement trompeuse par la réclame, bernique, souvent absentes les bougresses. Elles sont pas venues les épices, francophones strictes, non seulement elles ne plaisent pas à Bart mais en plus, elles ne savent pas. "Gewurz c’est quoi ça donc ?" A Vos souhaits.

 

Une autre caractéristique du cépage, c’est une tendance à être peu acide. De ample et velouté, il devient facilement lourd et mou. Et puis, il y a la finale souvent amère de ses vins. Une jolie amertume peut devenir une amertume médicamenteuse et désagréable. Bref… quand on tombe sur une belle bouteille, c’est un bonheur mais quand on tombe à côté… Ce qui m'amène à penser que le gewurztraminer et le trempoline ne sont pas des cousins si éloignés qu'on veut bien le dire.

 

 

Gewurztraminer Stoeffler 2003

 

Vous ai-je déjà parler de Vincent Stoeffler ? Siiii ? Pas possip’…

 

La robe d’intensité moyenne mais nettement dorée est cristalline et lumineuse.

 

Le nez typique de gewurz est modéré et agréable. Il comporte, outre la rose, des notes de lilas, de sureau (un peu fortes) et de fruits mûrs.

 

La bouche est ronde et un peu veloutée, sans lourdeur, sans tension mais sans mollesse. Les arômes sont expressifs entre gewurz (ce qui est somme toute, original) et franc muscat avec aussi des pêches mûres. La finale, assez réglissée est un peu amère.

 

Je dois avouer un truc… cette bouteille a été commentée après 6 jours d'ouverture ! La honte… MAIS du coup… L'increvabilité des vins de Stoeffler est encore démontrée. Un peu rond mais pas pâteux. Scié par sa fraîcheur fruitée. Un gewurz variétal mais bien fait, franc, agréable.

 

Et du coup je ferai remarquer à mes éventuels détracteurs agricoles, l’extrême sobriété, que dis-je, l’ascétique jansénisme de ce commentaire. Pour les autres, rassurez-vous, ça va déraper…

 

  

Gewurztraminer Vieilles Vignes. Cuvée Martin 2007.

De René Meyer (comme ici)

 

 

Pépite, ô Miko l’assomme ! Oui, une pépite : franchement doré, assez foncé, limpide et lumineux avec des larmes très abondantes et tenaces comme du brut sur un pélican.

 

Quand le vent du large arrive (1), respire ! Expressif du pif, aromatique même, sur la rose, le robinier (si facilement nommé acacia par les sots !). Tu le respires a-vé-pré-cô-ssion ! Parce que si tu l’agites, il devient presqu'écoeurant avec des notes de sureau et une note soufrée désagréable rappelant ces fleurs en macération à trop forte dose (quasi l'aubépine… arrghhh).

 

La bouche du Rhône à l’Alsace : Une nature veloutée, un peu grasse. Le côté moelleux est important avec peu d'acidité, trop peu, bien trop peu. Si l'attaque est plaisante, le milieu de bouche s'efface et la finale s'effondre : plat, assez court : 6-7 secondes. Les arômes expressifs de rose, sureau, réglisse ne portent pas à sourire.

 

Le surlendemain, les arômes se civilisent et le vin paraît plus sec mais manquant définitivement de peps. L'amertume finale est désagréable, pas nette.

 

L’impression : Un vin qui rassemble tous les défauts du gewurz : arômes écœurants, amertume, manque d'acidité… Pas terrible.

   

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Gewurztraminer Colline de Granit 2008 

Domaine Charles et Dominique Frey

 

Trouvé dans un magasin bio à Namur (biocap)

 

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 Les petits dessins ésotériques ne rendront pas le vin plus troposphérique...

 

  

Au plafond, l’éclairage. Du beau cristal très lumineux, assez pâle, argent à reflets dorés (je comprends que son prix, de mémoire dépasse les dix euros).

 

Renifle, sois à la page. Assez variétal mais frais et floral : la rose fraîche presque comme un muscat comme note dominante avec des épices comme la muscade et le poivre. Il ne faut pas le rafraichir sous 8 °c sinon des lourdes notes désagréables surgissent.

 

Sous les pavés, la plage. Fine bulle. Rondeur suave mais accompagnée d'une fraîcheur digne pour un gewurz. La matière est conséquente. Un duo classique rose/litchi, bien frais, net, expressif et une finale classique, écrasée par la réglisse en bâton, et une amertume un peu médicamenteuse. Assez lourd à boire

 

Le temps qui s’engage. Il ne bouge pas sur plusieurs jours. Je le trouve écoeurant à la longue. La bouteille ne sera pas terminée. Un côté too much et strictement variétal. Malgré une structure honnête, les arômes lourds rendent le vin difficile.

 

Au final, j’enrage. Parce que le nez était prometteur et qu’il promettait enfin les épices nom d’un gewurz. Et en bouche… ben la bouteille encombre toujours mon frigo.

 

 

 

Grand Cru Brand Gewurztraminer 1994

Domaine Preiss-Zimmer

  P6090204 - Copie

 

Et là, fini de jouer les histrions, tas de marauds en goguette… c’est du sérieux, du lourd, de l’estampillé, de l’ancien, presque de l’Audousien. Respect. Notons que le bouchon, largement imbibé, un peu comme votre serviteur qui est tombé dedans quand il était petit, explose au forage (et la omparaison avec votre serviteur ne va pas jusque là). Au point de devoir jeter le premier verre et d’expliquer un éventuel morceau qui traine sur les photos.

 

Une superbe robe ambre à reflets cuivrés qu’on ne se lasse pas de mirer au point d’oublier de boire. C'est cristallin, lumineux, avec des larmes lentes à se faire. Magnifique .

 

P6060201

 

Le nez est expressif et épanoui même si vieilli. La note majeure est le miel et même après agitation, l'hydromel. Puis viennent la noisette et le caramel. On retrouve quand même une belle note de rose fraîche à l'agitation, délicate, plus proche de l'églantier que de la rose d'ailleurs.

   

La bouche est ample, veloutée. Elle se termine cependant sur la fraîcheur et la sécheresse. Pour les arômes, à l'ouverture, on retrouve l’hydromel pur, puis après lente aération en bouteille (je dis à mes amis que j’ai inventé la méthode), la rose, le menthol, le cachou, les zestes d'agrumes confits et un soupçon d'oxydation apparaissent. C'est expressif, complexe, magnifique. A l'aération , le côté moelleux devient plus évident. La finale s'allonge sur 15-20 secondes avec une fraîcheur mêlée à une amertume digne d'un grand Orval.

 

Le lendemain : Le vin se calme sensiblement tout en devenant plus classique avec un nez évoquant la pâte de coing, le miel, le caramel et le raisin sec. Malgré la finale fraîche, le vin gagne en moelleux. Il tient ainsi sur plusieurs jours.

 

D’abord un peu décadent au niveau des arômes, puis plus sage, il est excellent, surprenant, jamais ennuyeux. Sa richesse et sa complexité le rendent vraiment intéressant mais limite supportable sur la longueur. A boire à petites lampées entre gourmets! Et je ne parviens pas à rester insensible au fait que les raisins de ce vin étaient vivants, allaient être cueillis alors que je faisais mon mémoire de fin d’études… 16 ans bon sang !

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Gewurztraminer "les Coteaux" 2009

Domaine Hering (Barr)

 

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Belle robe aux nuances dorées et pourtant assez pâle. Larmes nombreuses, visqueuses, lentes.

 

Le nez est modéré, très pur et agréable bien que variétal, strictement. Rose délicate, parfums muscatés et épicés peu définis.

 

La bouche est moelleuse et veloutée. Le sucre est là mais c'est assez léger sur la finale. On trouve même une pointe de fraîcheur qui prolonge la bouche. Aux arômes expressifs de rose s'ajoutent le cachou, les épices comme la sauge et une assez forte amertume finale. Il dure le bougre sur au moins 16-18 secondes.

 

Le surlendemain, le vin devient plus simple mais agréable par sa modération et sa pureté aromatique. La structure s'harmonise, même si elle reste ronde, le vin donne une impression de légèreté, presque de la fraîcheur. Chose amusante, alors que j'égrène des ombelles de sureau (des corymbes, malotru !) pour un vin, les odeurs dues si poétiquement au 2-phényléthanol du gewurz s'évaporent. Restent alors d'agréables arômes de fruits murs comme la pêche ou l'abricot.

 

Mon impression : Plutôt variétal mais bien fait, pas trop démonstratif. Amertume très présente. A moi, ca me va mais on aime ou pas.

 

 

 

(1) Te souvient-il, ami de la finesse et du bon goût made in France, de Jean-Marc Pompougnac alias Pompon ? et pif, et paf et

PAN !

 

 

Ah ah non mais… Citez moi un , un seul, un seul blog où on peut à la fois entendre parler de vin, de préservation de l’environnement et de Pompon ? Un seul ?

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