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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 08:51

Quelques brèves pour fêter le retour de l'inspiration après plus d'une semaine d'absence.

 

Belgique, ô mère chérie...

 

La Belgique est un plaisir et doit le rester... Pensez donc, voici un pays ou un homme politique républicain et séparatiste se voit chargé d'une mission d'information par le roi, dans le cadre de la formation du gouvernement d'un état fédéral. Magnifique !

 

 

La France et la mi-juin... faut éviter.

 

Le 18 juin 1815, c'était la victoire des alliés sur la France de Napoléon à Waterloo.

Le 17 juin 1940, Pétain livrait la France à l'Allemagne

Le 17 juin 2010...

 

Français, Française... la lutte doit continuer

 

Le Nouvel Appel du 18 juin !

 

 

De toute façon, dans trois jours, ils commencent à raccourcir... les jours.... Grmbl grmbl... V'là déjà l'hiver.

 

PS : Merci à Christian le randonneur des mots et du vin pour le lien de la petite chanson...

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 18:03

 

La suite tant attendue (mais par qui, c’est une autre histoire) d’un de mes premiers billets sur ce blog. Résumons donc cet illustre billet. L’auteur (c’est moi, mais c’est pour faire comme les vrais critiques, ils commencent souvent leurs textes par l’auteur), l’auteur donc (vous-ai-je déjà dit que c’était moi ? Oui ? Ah bon…) l’auteur donc, y décrivait un peu son parcours dans le domaine du goût et du vin.

liquoreux 1

Il nous disait son émoi devant la complication et un certain snobisme du monde vinique. Dans une envolée lyrique très ébouriffante, il nous parlait pêle-mêle de son père, de tripes à la corse, de minéralité, d’Anne-Claude Leflaive, de Papouasie, de son médecin de famille et même du fait, pourtant improbable, que Dieu le tarlatutte. Bref, envolée, oui, mais pour un atterrissage (quel laid mot !) un peu abrupt. En fait un peu le bordel ce texte, c’est à se demander si l’auteur n’est pas un peu con…

Ah ! désolé, j’avais oublié qu’en citant « l’auteur », je parlais de moi en fait. Bref, toute une longue tartine pour terminer par un « mes goûts sont simples, je me contente de ce qui me plaît », lamentable de platitude.

On aurait pu en rester là, mais non, il fallait que l’auteur remette le couvert, tant en lui est patent le conflit entre son amour pour le vin  et d’autre part ses origines roturières et, pour tout dire, limite néanderthaliennes.

Comme je (on va reprendre la première personne du singulier pour parler de moi parce que je risquerais de dire du mal dans mon dos et mon front me gratte, une couronne de lauriers y poussant), comme je… comme je quoi ? Je ne sais plus, ça m’apprendra à tenir des digressions futiles, mais d’un autre côté, c’est rare de voir un trou de mémoire sur un blog non ?

Ah oui, comme je ne suis pas du genre à m’allonger sur un divan, seul en tout cas, pour parler de mes problèmes refoulés à un drôle de type qui a sans doute plus besoin de son divan que moi, ben j’écris sur mon blog, à propos du conflit patent en moi (et s’il n’est pas tant en moi, c’est que c’est de la faute aux autres), si vous me suivez toujours (moi j’ai du mal).

Alors voilà, je m’interroge. Et j’ai du mal à retranscrire ces interrogations tant j’ai du mal à y voir un début un milieu une fin.

 

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"Les producteurs de foie gras du Sud-Ouest font face à l'administration tentaculaire" extrait du colloque sur les circuits courts de distribution, Islamabad, 2009.

 

Et pourtant… mon amour du vin n’est que le sommet de mon attrait plus vaste encore pour le terroir et ses produits. Par là je parle de toutes ces choses , ces gens, ces accents chantant qui ont la gueule de l’endroit qui les a vu naitre.

Quand je vous parle de pinard, de foie gras, d’agneau des prés salés ou plus modestement des légumes de mon jardin, je ne vous cause pas seulement de mon ventre, bande de boyards, mais d’une putain de vision du monde.

Je rêve d’un monde où les vins pas chers auraient leur succès et leurs lettres de noblesses, d’un monde où même Germaine la smicarde pourraient se payer des produits de qualité avec du goût, d’un monde ou le luxe de bien manger ne serait plus réservé aux gens ayant à la fois des entrées, du fric et de la culture. Je rêve d’un monde où le bon vivre, le bien être, la nonchalance, le temps pris à la vie qui passe trop vite seraient des valeurs valorisées. Non seulement les gens en auraient les moyens mais aussi l’envie. Bon c’est pas gagné.

Oh là l’autre hé, comme il s’emballe comme le fier destrier que tout âne croit être !

Mais oui une vision du monde ! Un combat, une croisade même. Bon, ici, on va perdre des lecteurs parce que si vous vous attendiez à une grande lutte du bien (les ch’tis producteurs du terroir en béret qui produisent du bon naturel) contre le mal (les affreux agro-industriels et les grands distributeurs) vous avez tout faux.

Les belligérants sont bien plus nombreux que ça. En vrac, sans ordre d’importance et de façon non exhaustive (Austin) on peut citer : les hygiénistes de tout poil, les producteurs modestes, les producteurs "d’une certaine importance", l’industrie agro-alimentaire, les grands distributeurs, les centrales d’achats, les écologistes, les altermondialistes, les amis des animaux, les végétaliens qui voudraient qu’on ne mange plus les vaches (les pauvres), ne sachant pas que si on ne mangeait plus les vaches, il y en a beaucoup qui n’existeraient plus, les amateurs élitistes, les gens qui s’en foutent de bien manger ou de manger tout court, eux ils se nourrissent, les riches, les pauvres, et tous les autres, y compris le lobby des hockeyeurs unijambistes guatémaltèques témoins de Jéhovah, peu nombreux mais très influents…

Par contre l’enjeu du combat est assez simple. Simple mais primordial. D’un côté il y a une tendance à la déshumanisation, de l’autre un recentrage sur l’humain.

Photo 018

La déshumanisation : l’irresponsabilité individuelle, on vous dit ce qui est bon, ce qui est mauvais. On vous dit quoi penser et mieux, on pense à tout pour vous. On vous vend, le samedi à Cora, de la bouffe faite on ne sait où par on ne sait qui on ne sait comment, mais z’inquiétez pas, l’état veille. Et puis il y a une marque, gage de qualité qui vous prouve que vous pouvez y aller en sécurité, d’ailleurs on le dit sans cesse pendant les pubs au milieu de l’émission à Dechavanne ou entre deux mises sur la gueule entre Zemmour et le reste de la France qui dit qu’elle pense. De toute façon on vous prend pour un con, un veau moyennement aisé ou carrément pauvre et même riche on finira bien par vous avoir. On va pas passer son temps à vous expliquer des trucs, parce que vous êtes des abrutis, que vous allez oublier tous vos malheurs pendant quelques semaines grâce à l’Afrique du Sud. Ben oui, parce que comme des cons, vous oubliez le monde réel, les univers de la wii, des sites de socialisation, des écrans plats géants et du blue-ray sans oublier la pléthore de chaines diffusant de la merde facile à penser, vous suffisent bien. Comme des cons aussi vous avez votre bête pavillon en banlieue, avec vos loisirs à la con, votre pelouse impeccable et vos clôtures en bêton . Heureusement qu’il y a le round-up pour faciliter la vie des braves banlieusards. Bientôt d’ailleurs, dans ce scénario là, tout le monde sera tellement abruti et mené par le bout du nez qu’on vous convaincra que la croissance à tout prix, la mort des productions non industrielles qui vendent leurs produits sous le prix de revient, l’importance de l’économie financière sur celle de production, la loi de l'offre et de la demande, le fait de ne boire que de l’eau, de ne pas manger gras et bientôt de ne même plus pouvoir planter ce qu’on veut dans son jardin est NORMAL. Circulez, y a rien à voir.

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Le recentrage sur l’humain : et sur nos racines, nos terroirs, nos pairs, nos voisins. Le responsabilité individuelle. On vous informe, VOUS faites le choix et s’il est mauvais, ben on sera là pour rattraper le coup mais pas à l’infini (vous construisez dans une zone inondable, c’est à vos risques, pas à ceux de la collectivité). Vous voulez vous taper une chope, allez-y donc, manger un camembert au lait cru ou même en produire un ? Allez-y donc. On parle là d’un monde d’utopie, un monde où les Français et les Belges sauraient qu’ils ne sont pas Américains, qu’ils ont des traditions à eux dont ils peuvent être aussi fier que du hamburger et d’Halloween, qu’ils ont derrière eux une culture multi-millénaire et qu’ils ne doivent pas faire caca dans leur culotte quand ils voient une femme voilée, parce que nos valeurs valent bien les leurs et les leurs les nôtres et qu’on gagne plus à apprendre et à s’enrichir des différences qu’à les craindre. Dans cette optique là, les gens seraient un peu plus concernés, auraient des culs plus mobiles. Un contact direct avec ceux qui produisent notre nourriture et entretiennent nos paysages aurait lieu. Les producteurs vendraient directement leurs produits de qualité, produits avec moins d’intrants de toutes les couleurs en faisant, miracle, un bénéfice ! Il y aurait des choses assez étranges dans ce monde là : les gens recommenceraient à faire un potager, à réfléchir à leurs actes quand ils achètent des tomates en plein hiver, des kiwis de nouvelle Zélande, des pommes venues par avion en plein été. Ils redécouvriraient le vrai goût des choses, le plaisir de choses simples et peu coûteuses et du coup auraient plus d’argent pour acheter des produits de qualité. Les gens mangeraient et ne se contenteraient pas de se nourrir. Hé, peut-être même que certains seraient bien dans leur peau, heureux même ?

Bah, oui, utopie à deux balles, pour bobo mal dans sa peau ? Peut-être. Mais peut-être aussi qu’il est autorisé de réfléchir, d’imaginer des solutions, quelque part entre ces deux extrêmes. Des clients, des consommateurs, des producteurs y croient.

Il y a du pain plein la planche. Tant mieux, ça me fera des billets. Aussi pendant l’été qui vient je vous proposerai une série de billets traitant de ces deux mondes là, du point de vue des producteurs de produits du terroir (pas exclusivement de vin) et des consommateurs de ces produits là. Est-ce possible d’en vivre ? Est-ce faisable d’acheter ? Peut-on en faire un débouché d’importance pour l’agriculture de demain ? Et le vin dans tout ça trop sérieux, trop compliqué, trop cher ?

En attendant, bonne nuit les petits !

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:42

C'était un ours blanc qui avait des troubles bipolaires. Il voyait la vie en noir et faisait grise mine. C'est qu'il aimait son pastis avec des glaçons. Alors quand on lui disait que "l'alcool, c'est mal, qu' ça te colle le cancer du col, même un verre pas plus" et qu'en plus on lui retirait ses glaçons comment pouvait-il se sentir pas traqué ni patraque de tracas et transi de tomber dans un traquenard, tranquille !

 

Parce que c'est ça être un ours bipolaire. C'est voir le sud au nord et le nord au sud. Ne pas pouvoir rester de glace devant la vitre de son igloo à voir fondre son monde comme un glaçon en forme de cœur dans un verre de pastaga. Quand le cœur est fondu, c'est l'attaque du tic-tac, la palpitation du palpitant qui périclite. On passe de vie à trépas, patatras dans les patates le plantigrade.

 

Maniaco-dépressif notre ours. On le serait à moins, seul sur un glaçon à la dérive avec la télé pour unique compagne à attendre la fin des haricots, ou des icebergs, question culturelle. Seul sur un glaçon mou à reluquer des mous du bulbe reluisant des sentiments ruisselants si commodes à accommoder à la sauce par tous acceptée, digérée, recrachée par la voie anale si égale aux idées bancales.

 

Comme tous les ours insulaires, insolents, pas scolaires ni solaires, qui voyaient leur monde se réduire, ours blanc de neige au monde de glace fuyant goutte à goutte ou ours de campagne voyant jour après nuit son monde de terre fuir par le trou du sablier, l'ours fictif se rebiffe et distribue les baffes.

 

Les baffes aux cons, aux fâcheux, aux fades, aux vrais mous, aux faux durs, aux mal-lisants, aux mal-comprenants, aux oublieux, aux gonflés du cou, aux visages pâles en campagne sur affiches électorales, aux grincheux obsédés par dame croissance, excuse à toutes les errances. Aux pétroliers oublieux de prudence, aux enfoirés apodes des antipodes, à ceux qui prennent leur cul pour une trompette alors qu'ils n'éructent en guise de pensée que des gaz inertes.

 

L'ours blanc décida de se barbouiller de noir, lui, ses pattes, son cul et surtout ses idées pour les cracher à la gueule du monde qui l'échauffait lui, sa glace et ses oreilles jusqu'à l'étouffer, ce foutu foutoir terrien, sous la suie suicidaire de sa noirceur intérieure.

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 18:00

 

Note : comme tous les articles de la rubrique "Lieux", celui-ci se veut évolutif en fonction de mes visites, de mes rencontres, des textes et renseignements que je peux glaner dans des livres et sur le net. Il est possible que j'y profère des idioties, je remercie d'avance ceux qui pourraient apporter précisions et corrections. Enfin, ce texte ne contient pas de notes de dégustations : c'est au lieu que je m'attache.

 

 

 

P4070044Présentation

 

Le Zotzenberg est un grand cru alsacien situé sur la commune de Mittelbergheim, magnifique village, perle d’un long chapelet de bourgs opulents et fleuris comme Barr, Andlau, Nothalten… Il est difficile de trouver une étymologie probante à ce toponyme (l’hypothèse la moins farfelue évoque un terme slave signifiant sapin ou épicéa ou un lieu situé sous une montagne, nous en parlerons plus loin). Pourtant, arpentez cette colline au printemps. Commencez votre balade par un casse-croûte sur l’aire de pique-nique jouxtant le parking du Zotzenberg à la sortie de Mittelbergheim vers Barr, et vous verrez qu’en vrai de vrai, Zotzenberg signifie « douceur de vivre ». Les tables ombragées par des Prunus fleuris de rose invitent à ne même pas emprunter le sentier viticole mais plutôt à faire une sieste. Le Zotzenberg est tout en douceur et en courbes voluptueuses. Ici, pas de longues pentes abruptes.

 

 

P4070053En partant vers le Haut-Andlau...

 

Sous les murailles du château de Haut-Andlau, le Zotzenberg occupe les flancs de la colline sous-vosgienne de Mittelbergheim. Il épouse la forme d’une cuvette regardant la vallée de l’Andlau, c'est-à-dire orientée au sud et au sud-est. Il s’étend sur 36,45 Ha entre 200 et 320 mètres d’altitude. Protégé des vents et de pluies qui viennent du nord et de l’ouest par les collines plus hautes (le Crax par exemple, dont on aperçoit le flanc ). Dès le printemps, les vents du sud permettent un dégel précoce. Ces mêmes vents, même s’ils apportent des orages violents en été, sont bénéfiques à l’arrière saison pour les vendanges tardives et les sélections de grains nobles.

 

Géologie, sous-sol et sol.

Comme le Kirchberg de Barr, c’est un terroir essentiellement marno-calcaire, mais le flanc est du cru est supporté par des formations gréseuses. Le promeneur qui emprunte le sentier viticole depuis le parking prend le chemin du bas du vignoble, puis après quelques centaines de mètres bifurque à droite et grimpe sur le chemin du haut par le seul raidillon digne de ce nom de la balade. Ainsi, il traverse les différentes couches géologiques qui soutiennent le cru. Face au parking, on remarque bien le grès ferrugineux aalénien (base du jurassique moyen ou dogger, il y a 175 millions d'années), de couleur rougeâtre à la base du muret.

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Le grès ferrugineux, très rouge, juste en face du parking. Et la balise... le GR 5 qui permet de rejoindre Nice.

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Ensuite, ce sont des formations gréseuses du bajocien (période suivant l'aalénien, -170 Millions d'années, grès vosgien, marnes gréseuses) qui forment le sous-sol. Dès avant de monter sur la partie haute du cru, on traverse des terrains faits de marnes et de calcaires oolithiques du  jurassique moyen, au bajocien toujours. Puis le dessus du Zotzenberg est composé de conglomérats marno-calcaires à galets du dogger de l'Oligocène.

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Fragment de calcaire oolithique et détail des oolithes (en dessous)

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La subdivision traditionnelle (au moins depuis le 19ème siècle) entre oberer et unterer Zotzenberg de recouvre pas fidèlement ces distinctions géologiques.

Les sols issus de la désagrégation des sous-sols et des apports de sédiments récents sont diversifiés. Pour résumer, le sol du Zotzenberg est  de nature argilo-limoneuse.

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Le sol argilo-limoneux riche en cailloutis calcaire.

 

 

En reprenant notre balade depuis le parking, la partie située au dessus du centre du village, sur les marnes gréseuses, est composée d’une formation argilo-sablo-limoneuse rouge, ferrugineux, à fragments calcaires. Ce type de sol convient parfaitement au Pinot Gris (6 Ha) et au Gewurztraminer (7 Ha).

Ensuite, la plus grande partie du cru est composée d’une formation argilo-limoneuse à fragments calcaires de couleur ocre sur marnes jurassiques. C’est elle, en milieu de pente qui convient au sylvaner (14 Ha). La partie haute, plus calcaire encore, convient bien au Riesling (7 Ha). Le lecteur consultera le site www.zotzenberg.com sur lequel il pourra se procurer une carte des sous-sol et une autre des sols de Mittelbergheim.

 

 

Histoire et étymologie

Le Zotzenberg est mentionné dès 1348 et la vigne y est connue depuis le 15ème siècle (1438). La signification du terme est hasardeuse. En 1364, on le trouve sous la forme Zoczenberg. On y a vu une forme « bohémienne » en rapport avec la présence de gitans en Alsace au 15ème siècle. Sosai signifie lièvre en gitan. C’est une hypothèse farfelue : le nom se retrouve près de 100 ans avant les gitans. Un peuple de passage bref laisse rarement des traces toponymiques, on n'arrive pas à faire dérivé zotz de sosai.

La littérature dénote comme possible une origine slave signifiant sapin, épicéa. Je suis beaucoup plus séduit par deux autres explications. Une origine latine d’abord, a rapproché du mot italien zozzio, en-dessous. Le Zotzenberg serait alors le Mont sous la Montagne. Un mot romain aurait pu donner un Zocz ou Zotz en roman. Cette origine suppose un substrat roman après les invasions germaniques. Vu la toponymie de la région avoisinante, c’est étonnant.

Par contre en Allemand (Bavière, Rhénanie, Brandebourg), de nombreux toponymes de lacs de montagnes, de villages contiennent la racine Zotzen. Et il ne faut peut-être pas chercher plus loin : une origine germanique ancienne. Mais la signification du terme est obscure et soutenue par peu de références. On retiendra celle d’ancienne forêt, plausible et celle de "longs cheveux", plus énigmatique.

 

Flore rencontrée

J’ai parcouru le Zotzenberg plusieurs fois en avril. La flore décrite est donc limitée au printemps. C’est une flore typique des sols riches en substances nutritives, travaillées régulièrement avec un bon apport hydrique (mais pas trop copieux : drainage). En cela, la flore est la même que sur le Kirchberg de Barr. Cependant, une caractéristique du lieu est d’abriter une belle et rare fleur sauvage : la Tulipe sauvage ou Tulipa sylvestris.

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Cette liliacée est originaire d’Asie mineure et de l’ancienne Perse. Elle a été introduite en Europe au 16ème siècle (vers 1550, en provenance dit-on des jardins de Soliman le Magnifique) quand des botanistes comme Dodonoeus ou Charles de l’Ecluse s’émerveillent des richesses botaniques de l’orient et introduisent bulbes et graines dans les Parcs et jardins des grands du monde. La tulipe s’échappa et se naturalisa.

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Elle était autrefois abondante dans les vignobles bien exposés et bien drainés, en bordure des champs… Elle aime les sols plutôt riches en substances nutritives. La modernisation des méthodes culturales et notamment l’emploi des désherbants est à l’origine d’une forte raréfaction de l’espèce justifiant sa protection. Les conditions de culture sur le Zotzenberg permettent son maintient.

 

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Les autres plantes observées, pour lesquelles des détails sont donnés dans les légendes des photos, traduisent aussi la richesse du substrat et son drainage correct. Les adventices sont en gros les mêmes que celles observées sur le Kirchberg de Barr.

P4070046Aux côtés des tulipes, poussent du lamier pourpre et des capselles bourse-à-Pasteur, typiques des bords de chemins et lieux cultivés régulièrement mis à nu . Le lamier aime un sol riche en substances nutritives, en matière organique fraiche. On est ici au bord du chemin. Il ne faut donc pas conclure à une vie du sol déficiente qui peinerait à décomposer la matière organique et à recycler l'azote. Il y a juste des écoulements réguliers qui amènent de la matière régulièrement.

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La Véronique Petit-Chêne. Elle apprécie les sols plutôt basiques, pas trop secs et riches en azote. 

 

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 Véroniques et Becs de grue...

 

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Muscari et trèfles...

 

Le sylvaner et le Zotzenberg.

P4050050 - CopiePleure vigne de printemps... 

Entre le cépage et le cru, c’est une vieille histoire d’amour qui aboutira en 2005 à son intégration à la liste des cépages autorisés sur le grand cru (au détriment du muscat) grâce à la ténacité des vignerons de Mittelbergheim. Auparavant, les mêmes vins devaient être déclassés en appellation Alsace.

P4050048Ici, on paie de sa personne pour le travail des sols... 

Ce cépage a représenté 80 % des surfaces du cru, à l’heure actuelle, il couvre 40 % du vignoble. Si le Sylvaner a été introduit en Alsace à la fin du 18ème siècle, ce n’est qu’un siècle plus tard, qu’on le retrouve dans toute l’Alsace (1870).

Dès le début du 20ème siècle, Sylvaner et Zotzenberg forment un couple reconnu. Un "Zotzenberg", c’est du sylvaner.

P4070050

Sur ce terroir tiède aux extrémités de la belle saison, au terroir argileux drainant mais assurant un apport hydrique régulier, le Sylvaner, sensible aux gelées de printemps à cause de son débourrage précoce rencontre un rendement relativement limité (55 Hl/Ha max.). Les vignerons tiennent à leur identité et à leur terroir. C’est ainsi qu’on peut y voir des vignes enherbées un rang sur deux, des sols travaillés et... des fleurs !

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Taille guyot à deux cordons...

 

La lutte contre le ver de la grappe, comme fièrement annoncé à l’entrée du cru, est menée par confusion sexuelle plutôt que par aspersion de pesticides. On peut noter également de jolis bosquets préservés de cerisiers et de prunelliers dans le paysage. Des murets parsèment le vignoble, source de biodiversité supplémentaire (lézard des murailles notamment).

 

 

Les alentours du Zotzenberg.  

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Sur le sentier viticole du Zotzenberg

 

 

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 Des bosquets de prunelliers et d'autres arbustes sont un gage de biodiversité sur le cru.

 

 

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Le sentier viticole permet de rejoindre les balades du Club Vosgien vers le Crax, les rochers de Sainte Richarde, la chapelle Sainte-Anne perdue dans la forêt et évidemment le Château de Haut-Andlau.

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En route vers le Crax, vous emprunterez l’amusante Balade des espiègles, parsemée de sculptures sur bois naïves perchées sur les troncs d’arbres.

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Pour l’amateur de flore, ce sera l’occasion de rencontrer au printemps la jolie flore des sous-bois avec notamment la Pulmonaire officinale et la Parisette à quatre feuilles. Notez que la première partie du bois se déroule sur les mêmes types de terrain que ceux du grand cru. Sous couvert forestier, les feuilles accumulées forment un humus riche (le mull polytrophe actif), doux et relativement humide. Outre les plantes reprises en photos ci-dessous, l'ail des ours est typique sur ce sol et effectivement, on en trouve en abondance dès qu'on pénètre dans la forêt.

 

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 Pulmonaire officinale sans taches

 

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Parisette à quatre feuilles 

 

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Violettes et anémones sylvie 

 

Et bien sûr, au retour de la promenade, il ne faut pas rater le village, magnifique, où les demeures cossues des 16 et 17ème siècles de vignerons, témoignent d’une renommée des vins dès ces époques. Le village est tout entier marqué par la viticulture. Pour les amateurs du genre, je conseille les scènes reconstituées des gestes du vigneron d’autrefois avec des automates . Ces scènes mécaniques sont malheureusement en train de mourir de leur belle mort. Faites quand même attention aux enfants… les mannequins ont un air de famille avec le clan des zombies et la tribu des morts vivants…

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J'espère ne pas avoir été trop long, vous aurez de la lecture pour les longues soirées d'hiver...

 

Sources "webographiques" :

 

http://fr.geneawiki.com/index.php/67295_-_Mittelbergheim

http://oenophil.over-blog.fr/article-11053155.html

www.zotzenberg.com

http://www.zotzenberg.com/geologie/images/geologiques.jpg

http://www.zotzenberg.com/geologie/images/superficielles.jpg

http://www.alsace-du-vin.com

http://www.domaine-gilg.com/grand-cru-zotzenberg-vin-alsace-m13.html

http://floredunordest.free.fr/IMG/pdf/liliidees.pdf

http://nature.jardin.free.fr/1107/tulipa_sylvestris.html

http://www.tulipes-mania.fr/history_fr.html

Et pour des infos complémentaires sur la flore, vous relirez (allons-y pour la pub), le sujet sur le Kirchberg de Barr.

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 00:00

Les vins de copains...

 

P5190130

 

Justin s'en gausse. Quel bête sujet ! Justin, mon voisin n'a pas de copains. Justin n'en a pas le temps. Quand il ne bosse pas, il court 10 ou 20 km tous les matins de tous les week-end du monde. Après quoi, un déjeuner frugal, végétarien et fibreux à souhait lui apporte sa ration se fibres, d'oligo-éléments, d'acides gras polis mais insaturés, d'acides aminés et juste ce qu'il faut de glucose. Justin ne mange pas. Il se nourrit. Manger est réservé à ceux qui veulent perdre du temps et des années de vie. Se nourrir à ceux qui veulent garder le contrôle de leur métabolisme, dans un sain espit de training positiviste. Le tout arrosé d'eau. Boire sert à s'hydrater pas à prendre du plaisir. Le plaisir n'est qu'oisiveté.

 

Après avoir fait le plein d'éléments nutritif Justin est prêt. Le samedi, à tondre méticuleusement et longuement (13h45-17h45) ses 30 ares de pelouse sur son gros tracteur-tondeuse bruyant qui emplit l'air de tout le quartier, anihilant tous les autres bruits, du chant des oiseaux à celui des enfants. Les enfants... irresponsabilité du "don" de vie dans un monde vivant ses pires et dernières heures.

 

Le dimanche, Justin préfère se morfondre seul et attendre son dernier souffle dans la quiétude rassurante de la solitude.

 

Non, le vin quelle idée saugrenue et primitive. Oui, quelle idée sotte de servir du vin à d'éventuels copains. Quoi ? servir une boisson aussi onéreuse à des veaux qui ne l'apprécieraient pas à sa juste valeur. Et puis quelle mentalité... Le vin est une boisson alcoolisée. Et donc c'est mal. Cela peut provoquer des cancers de la bouche, des dents de devant et de celles de derrière, des cancers de l'oesophage, du foie et de l'intestin grêle, des ulcères, des furoncles purulents, des abcès pleins de pus nauséabond, donner la migraine, tuer les neurones, aider à la prise de cholestérol, à la prise de poids, à la prise de terre, provoquer des fractures du myocarpe (ou de la carpe myope, je sais plus). Non c'est mal même un petit verre hein ! Alors, bon, quitte à partager un moment, bien obligé, avec de funestes pique-assiettes intrusifs, si en plus Justin devait se tuer à petit feu en partageant avec eux le rituel risible de la dive bouteille.... Ah ! parce qu'en plus, le pique assiette est moqueur, faiseur de bons mots apodes et rampants sur le développement spatial de l'appareil génital des buveurs d'eau et de jus d'orange.

 

  Déjà que la vie est dangereuse à vivre et anxiogène là où le plaisir n'est pas... Il y a le dioxyde de carbone, la légionellose, les hommes politiques belges, l'austérité, la Grèce, les accidents de voiture, d'avion et de train quand ce n'est pas de vélo, les pesticides dans les légumes et les fruits dans les fongicides, le SIDA, l'église catholique et la religion cathodique, les traders, les méchants et inhumains marchés, la guerre, la montée des eaux, les phtalates, la roténone dans le miel, les ondes de portables, les livres de Michel Onfray, les herbicides dans la nappe, ah que faire ! l'érosion de la biodiversité et surtout, surtout, surtout le fait que nous ne sommes que des mortels et que le temps est assassin. Et donc, Justin boit de l'eau, fait du sport, ne mange pas de viande, et surtout n'invite pas de "copains" à venir lui casser les pieds...

 

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Alors quand mes potes débarquent pour griller un peu de viande et déboucher quelques bouteilles... Justin, il fait une longue figure... pauvre Justin !

 

L'hiver avait été trop long. On avait tous du gris et du froid qui nous restaient collés entre les oreilles. On se vautrait un peu facilement dans un début de crise de la quarantaine, les uns regrettant leur tignasse fournie, les autres le temps sans mômes où on pouvait récupérer de la cuite de la veille en roupillant jusqu'à midi, les derniers pleurant sur leurs escapades montagnardes des temps-passés-il-y-a-si-longtemps-juste-hier pendant lesquelles quelques kilos en trop ou une escouade de mômes "faut-faire-attention-au-vent-qui-se-lève ou on-rentre-chéri-les-gosses-n'en-peuvent-plus", ne réduisaient pas vos aventures de coureurs de bois, de rôdeurs de la comté à des balades familiales de 6 km. Et puis, c'est au marteau pique qu'on nous la fourrait jusqu'au trognon la grisaille : la crise ! gueulaient-ils tous... depuis 30 ou 40 ans. Les vocans fous, les marées noires, l'eurovision, Eric Zemmour, l'horreur pure.

 

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Mais aujourd'hui les branquignols avaient chaussé leurs espadrilles. L'herbe toute fière d'être verte à nouveau sentait bon la saison qui n'a pas encore eu le temps de s'installer. Deux ou trois lilas distillaient un lourd parfum de scandale sous un ciel qui se décidait enfin à montrer du bleu. Le soleil cognait assez fort pour anihiler toute envie de jardinage même chez les accros à "Jardins et loisirs". Justin de son jardin n'en revenait pas. Du haut de sa tondeuse, il restait pantois, une bande de trolls en short envahissaient les lieux, les verres tintaient, la fumée montait du barbec... Les cris des enfants et le rire des adultes, quand ce n'était pas le contraire, allaient faire concurence à sa machine infernale et probablement lui fermer le clapet, honteuse de n'être qu'une tondeuse.

 

En short, je m'étais abrité sous le parasol, chaud patate pour l'apéro. La légère brise faisait frissoner les poils de mes guibolles. Un rai de lumière chaude se frayait un passage jusqu'à ma joue. Un rouge-gorge donnait la réplique à un merle. J'étais bien. Si le bonheur n'existe pas, ces moments là s'en rapprochent quand même. Pops ! les hostilités pouvaient commencer. On avait le choix des armes.

 

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Pour ce boyard de François, celui-là qui, il n'y avait pas 20 ans faisait la chauve-souris pendu aux poutres dans les bistrots du carré à Liège  c'était un Pastis des Homs (Homs du Larzac), aux fines notes de réglisse, de menthe, de fenouil, alliée à une légère sucrosité à la fois anisée et chocolatée.

 

Jipé et Julie s'étaient laissés tenter par le rosé. Un bordeaux Château la Passone 2008.

Un vin Rouge fraise au nez simple mais tellement fruité et franc : cassis/fraise, écrasés là dans ton assiette.  Et en bouche, aux fruits répond un équilibre de reviens-y, sur le frais, la légèreté. Dangereusement buvable.

Enfin pour moi et ma tendre (mais dois-je vous faire un dessin, j'ai gouté à tout sauf au pastaga que je connais par coeur), un Crémant de Loire du domaine de Huards. Un délice comme d'habitude, avec sa robe pâle faite pour le soleil. Son nez fruité qui va si bien avec la fraîcheur et le printemps : pomme granny, fleurs, petit pain chaud. Et puis en bouche, la bulle fine se marie aux arômes expressifs de pomme verte, de lilas et de pêche mûre. La noisette marque la finale. Un vin frais et sec comme il faut. De la bombe biodynamique.

 

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Puis, l'apéro cède la place aux brochettes, au boeuf braisé, aux courgettes/ail/fomage au four, à la salade de patates froide, à la salade tout court. De quoi sustenter les appétits les plus voraces et ils le sont !

Un P'tit martin 2008, Côtes du Rhône du domaine de l'Oratoire St-Martin, fait fleurir les conversations. Il y a même des bons mots qui s'échappent. Il y a du soleil tout plein dans ce vin malgré sa robe très très sombre, quasi opaque. Sur la tranche on devine le pourpre.

Au nez, le fruit modéré me fait dire cerise, alors qu'à l'agitation, c'est plutôt le laurier et la viande grillée qui ressortent.

La bouche est ronde, sans excès, sans lourdeur, un peu alcooleuse en finale. Mais assez frais, le vin arrose la viande et nos gosiers railleurs à la perfection. Là aussi, un joli fruité, modéré, domine les arômes, assez frais et juteux : cerise et cassis, soupçon de framboise. Ca va crecendo jusqu'à la finale où la réglisse sort son bâton sur 10-15 secondes, je ne compte pas vraiment. Les tanins, bien présents sont mûrs, ronds, civilisés quoi. Un poil alcooleux. Un chouette vin de fruit net et pas lourd.

 

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Enfin, le P'tit Martin tirant sa révérence, on se fait un peu marabouter par un Côtes du Roussillon... Les Sorcières 2007 évidemment, qui ne plaît pas qu'aux fées. Il faut avouer que son sort est vite réglé. Là aussi l'âme est opaque, un grenat très sombre pour une robe grasse et riche. Le nez est modéré et hyper classiquement sudiste. Par contre, c'est pas parce que c'est classique que ce n'est ni élégant ni agréable. Des fruits confiturés avec de la framboise et du cuberdon , des cerises à l'eau de vie et des épices genre genévrier.

La bouche est bien équilibrée entre alcool et fraîcheur discrète qui allège la matière. Les tanins fins jouent en sous-main mais marquent la finale en duo avec la fraîcheur. Les arômes sont discrets, confus  (à moins que ce ne soit nous ?) sur des fruits bien mûrs, des épices. La finale qui s'accompagne de menthol fait dans les 15 secondes.

Voilà un vin sans fioritures et bien fait pour l'amitié et la rigolade. Et ça, c'est la Civilisation avec un grand C les amis !

Il restera un peu d'une des bouteilles le lendemain. En reboire me replonge dans la fête. HG Wells aimait le vin. Au nez, une pointe violette/framboise s'affirme nettement aux dépends de la griotte. En bouche, les tanins se fondent sur une matière assez présente. Il emplit la bouche, joue plus sur la rondeur et laisse une très légère sensation alcooleuse.

La suite et l'essentiel appartiennent aux choses qu'on ne peut raconter parce qu'elles ne tiennent pas dans des mots.

La moralité de cette bafouille ? Je laisse courir Justin après ce qu'il veut. Moi, je suis arrivé.

 

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 16:59

 

 

 

J'ai retrouvé quelques infos sur le Herrenweg de Turckheim. Je les ajoute à l'article "Mes rieslings de printemps".

 

 

Bon week-end à tous

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 16:37

Tiens, il y a longtemps que je n'avais plus versé dans le poujadisme le plus primaire. Réparons cela ! Je vais essayer de faire un peu d'humour à propos de choses entendues hier sur la radio d'info publique belge, la Première.

 

Mais comment faire de l’humour de qualité aujourd’hui sans choquer personne et en restant fin et cultivé ? Personnellement, je n’y arrive pas. J’ai beau me creuser, il n’y a que des idées sottes et vulgaires qui me traversent l’esprit. Toute personne qui écrit à une muse. La mienne, je ne sais pas. Ca doit être Rika Zaraï ou Madame Bidochon. J’essaie de ne pas être méchant, de ne blesser personne, d’être poli, fin, distingué, de faire référence à des trucs vachement culturels. J’essaie d’analyser ma propre vie et d’en tirer des billets d’humeur policés et « qui font réfléchir ». Mais fourte, c’est peine perdue.

Bon, attention quand même. En période électorale, le poujadisme, la critique facile, le politiquement pas très correct, c'est mal !

 

C'est servir la soupe à l'extrême droite. Pire. C'est faire son lit !

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"Héros sur le baudet, l'extrême droite rue dans les brancards". Peinture difficile à l'huile de Fritz Alwill, écrivain bernois né à Munich et mort à Tombouctou en des temps difficiles.

 

 

Alors tout d'abord, laissez-moi me gausser. Hi Hi Hi. Je me gausse.

 

Bon… ça m’étonne quand même un peu cette histoire de soupe et de lit. L’extrême droite, je ne la vois pas trop aimer la soupe. Les fachos, je les vois plutôt se repaître bruyamment de chair crue arrachée directement à l’os avec leurs grosses dents pointues, ces cons-là. Quant à son lit, il y a longtemps qu’il est fait, en Wallonie en tout cas. Et elle pieute profond, la droite au bras levé. Ce n’est pas le sommeil du juste ni un repos bien mérité, mais au moins ils dorment. Même plus un siège à notre bon parlement Wallon. C’est une grande victoire de l’Humanité avec un grand H sur les cons avec une grande hache.

On dira ce qu’on veut de mes compatriotes, mais moi c’est un aspect que j’aime bien. Aux dernières élections régionales en 2009, on avait pourtant assisté à un véritable one man show du Donfut Jazz Band, avec notamment une reprise très remarquée de Toi, toi, Montois par le célèbre Elio di Mets des Roses. Si ça c’était pas un appel au poujadisme des familles… et ben même pas !

Je ne veux pas présager des élections futures, mais en Wallonie ça m'a déjà l'air plié. On a l'extrême droite la plus bête du monde ! Ils se sont divisés en trois partis, ils ne sont pas foutus de présenter des listes. Bref. Au moins leurs méthodes sont raccord avec leur fond de commerce : du grand n'importe quoi.

Sans transition, grâce à la Première qui faisait une émission en direct d'Anvers, les Francophones ont appris avec stupéfaction que les Flamands ne sont pas si méchants. Si si : Flamoutch love their children to ! Les gens interrogés voulaient rester avec nous dans une Belgique neuve et efficace.

 

Ils nous aiment, si si ! Bon les représentants des "forces vives" étaient moins catégoriques. Opinions publiques différentes, cultures différentes... Francophones bornés qui ne veulent pas apprendre autre chose que la langue de Voltaire ( ou de Michael Youn hein...). Bon mais dans l'ensemble, l'image est plutôt modérée. Pour un peu on croirait avoir à faire à des Wallons.  Mais alors mais alors... Comment ça se fait qu'extrême droite, droite séparatiste/nationaliste/populiste prise en bloc (ou en belang), ça cartonne à quoi... près de 40 % des voix ? Faudra qu'on m'explique ce qu'on met dans les urnes...

 

Et enfin, nos transports en train. La SNCB, c'est des comiques très connus hein... Qu'est-ce que j'ai ri en faisant les navettes entre Liège et Namur pendant quatre ans. Ben y remettent ça les bougres. Fauché, le CA du groupe demande des pistes de solutions à la direction.  J'ai interviewé pour vous un membre de la direction de la SNCB qui est impliqué dans la ponte de ces suggestions d'économies. Il souhaite resté anonyme, vous allez comprendre pourquoi :

 

"Y a plus de sous et il faut en trouver. Alors qu'est-ce qu'on propose ? Soyons créatifs, supprimons les trains d'heures de pointe et les premiers et les derniers de la journée. On va quand même pas s'emmerder avec quelques peï qui font les pauses. Z'ont qu'à travailler comme tous les honnêtes gens : entre 9 et 15h00, là !

 

Quant à ceux qui reviennent aux heures de pointe, ben qu'ils voyagent debout ! Ca fera du bien à leur cholestérol. D'abord, z'ont qu'à faire des heures sup, la Belgique n'en ira que mieux.

 

Hein quoi ? Service PUBLIC ? Ouah hé, l'autre fallacieux !

Hein quoi ? L'empreinte écologique du belge ? Rien à foutre, le Belge il a qu'à prendre sa bagnole et à arrêter de venir nous emmerder dans nos beaux trains.

 

Plus de sous pour les transports publics ? Qu'à cela ne tienne, supprimons les transports publics ! Comme ça au moins ils ne viendront plus nous amocher nos belles gares Calatrava (tiens, si vous vous demandez où passent les sous de la SNCB... une piste ?) ces saloperies de train. "

 

Bon d'accord, c'est tout et son contraire mais c'est ça la créativité.

 

Comme disait l'ancien ministre Toback "Tout ne va pas très bien... mais tout ne va même pas bien hein !"

 

La Belgique est un plaisir et doit le rester.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:00

 

Le mois de mai s’en va et le ciel reste vide. Oh, pas comme Alain Souchon l’entend, non. Enfin quoi que… Pas partout certainement non plus.  

 

L’écologie, la biodiversité, les catastrophes écologiques, le réchauffement climatique, le bilan carbone, l’empreinte écologique… en voilà des beaux concepts qui commencent à bassiner le contemporain tant on les sert à toutes les sauces, y compris, surtout peut-être, quand il s’agit de faire vendre (des bagnoles soi-disant propres par exemple), pour satisfaire à un des Dieux les plus courus de notre belle humanité, le fric.  

 

Mais de quoi il parle le monsieur ? Des papillons, des abeilles, des divers insectes butineurs de nos campagnes, simplement.  

 

paon du jour

Paon-du-jour sur Cardère. Non, ce n'est pas un chardon chère voisine, non je ne dois pas le couper parce que sinon... 

 

 

Bon l’érosion de la biodiversité, je comprends que cela reste abstrait pour le fan de foot moyen ou l’électeur de droite ordinaire ou pour l’aficionado de la « ferme célébrité en Afrique » quand on parle de l’ours sur sa banquise, des trucs farfelus qui vivent dans la jungle amazonienne et à la limite des trucs rampant de Floride.

 

Mais quand on observe et qu’on attend chaque année le retour des insectes butineurs sur ses fleurs dans son petit coin de Hesbaye, on y est confronté de plein fouet à l’érosion de la biodiversité, en pleine gueule, juste à sa porte. Je vous parle là de bestioles qu’on attrapait ou qu’on observait avec fascination quand on était gosse. Des bestioles qui nous permettent d’avoir des poires pour la soif, des cerises quand leur temps revient, des fraises pour ravir la petite Charlotte. Des bestioles qu’on ne regrdait plus vraiment mais qui faisaient partie de notre quotidien. Abeilles et papillons, merde, feuilletez des livres d’enfants, soyez simplement honnêtes avec vous-même, ils font partie de notre imaginaire collectif, de notre patrimoine, de notre histoire, de notre culture.

 

Petite tortue

Petite tortue, toujours sur Cardère.

 

Normalement, ça doit plus parler que le sort du panda si lointain ou du caïman des Everglades somme toute assez moche à nos consciences étriquées, égoïstes, ethnocentriques, absolument pas capables de se projeter au-delà de l’horizon bien court de notre bled, de notre tribu, de notre gent, nos consciences tellement, trop, banalement humaines. Ou alors capables de s’émouvoir pour le lointain et le différent pour un moment, le temps d’un show télévisuel ou d’un journal télévisé, mais pas dans ses tripes, pas durablement. Le jour où des avions ont dézingué deux tours en Amérique, on était tous un peu américains et il y a eu une minute nationale de silence dans nos parlements et nos trams. Quand Port-au-Prince a été rayé de la carte, l’émotion a été très forte. Mais pas de silence dans les trams et aucun premier ministre n’a déclaré, aujourd’hui nous sommes tous un peu haïtiens…

 

Bon trêves de digression, revenons à l’effet de nos papillons. D’après les chiffres du groupe Lycaena (voir ce site), sur les 114 espèces autochtones du sol Wallon, 20 ont déjà disparu. 60 % de ce qui reste est menacé à des degrés divers. Personnellement, je constate ce déclin depuis des années dans mon coin de Hesbaye, même sur des espèces réputées communes, non menacées : machaon, paon du jour, petite tortue… Leur apparition dans le jardin est de plus en plus tardive, le nombre observé diminue chaque année. Je ne parle même pas des citrons, ces petites piérides jaunes, si communes dans mon enfance et dont je n’ai plus observé un seul individu depuis trois ou quatre ans.

  belle-Dame sur Budleia

Une Belle-Dame butinant un Budleïa, mais il y a tellement de plantes plus intéressantes que cet "arbre à papillons" plutôt invasif.

 

Ne parlons pas des abeilles… domestiques ou solitaires… le problème est suffisamment médiatique. Cette année, j’ai déjà pris contact avec 5 apiculteurs de ma région ou du Condroz voisin. Partout c’est le même abattement : mortalité importante (50 % parfois) des colonies cet hiver, reprise lente des activités, plus de miel à vendre…

 

Quant aux abeilles et guêpes solitaires, alors que depuis deux ou trois ans, leur nombre était tellement important dans mes vieux murs ou dans mon tas de terre attendant son évacuation suite à des terrassements, que certains soirs, on entendait le bourdonnement de leurs aller-retours au nid à plusieurs mètres. Cette année, il y a encore du monde mais plus de bourdonnement intense. La perte de biodiversité ce n’est pas seulement un danger nébuleux et mal perçu, c’est surtout un silence assourdissant de nos campagnes.

 

 

Bourdon sur cirse 1

 Bourdon sur Cirse.

 

Ce printemps, certes tardif, je n’ai encore observé dans mon jardin qu’un robert-le-diable. Rien d’autre… allez, deux ou trois piérides, c’est tout. Alors certes derechef, la saison n’est pas encore très avancée, attendons le mois de juin. Certes, l’hiver a été rude et certes, il ne s’agit que de mes observations personnelles dans mon petit coin de campagne. Pourtant,  je ne vous parle pas d’un événement ponctuel mais d’une tendance lourde, inéluctable que je vois, que j’observe depuis plusieurs années.

Vulcain 1Vulcain sur Salicaire.

 

La faute à qui ? Pour les abeilles comme pour les papillons, les boucs-émissaires sont tout trouvés : les vilains agriculteurs-chimistes pollueurs qui font rien qu’à détruire l’environnement et nos santés avec leurs poisons terribles vendus par les méchantes firmes complotistes capitalistes qui nous spolient.

 

Ce serait difficile de le nier : quand on déverse des insecticides, des herbicides et des fongicides sur ses cultures, sur des étendues aussi vastes que celles des champs de Hesbaye, on à beau faire dans le parcimonieux, dans le ciblé, dans le sévèrement contrôlé… il y a des dégâts collatéraux. Mais ce serait si simple de se contenter de cette réponse là…

 

chenille d'un sphinx

 La chenille d'un sphinx, je ne sais pas lequel.

 

Alors les chercheurs qui cherchent avancent d’autres hypothèses, notamment pour les abeilles domestiques : le Varroa, parasite des colonies par exemple. Il y a peut-être aussi des raisons plus subtiles : le fait par exemple, en Belgique du moins, que les processus de reproduction naturels des colonies soient court-circuités : pas d’essaimage, pas de reproduction libre avec le tout venant mais la fécondation des reines par des faux-bourdons choisis dans je ne sais plus quel labo en Flandres. Cela assure la conservation des souches et de leurs caractères (notamment la douceur des ouvrières) mais cela doit aussi occasionner une érosion de la diversité génétique.

 

TircisUn Tircis, petit papillon forestier du groupe des satyres.

 

La succession d’années à climat "hors-normes" a aussi son rôle : printemps froids et plutôt secs, été secs et chauds, automnes tièdes sans gelées, hivers rudes… En 2009, l’automne a été clément, sans gelées jusqu’en décembre. Les champs de moutarde étaient en fleurs. Abeilles et papillons ont butiné tard mais au ralenti dans la saison. Quand le froid est venu, avec assez vite des -15°c la nuit, les animaux ont abordé cette période extrême "fatigués", avec moins de réserves pour y faire face. Cela est susceptible d’entraîner des mortalités. Pour certains papillons qui hibernent sous la forme adulte (petite tortue, paon du Jour…), les hivers doux, les périodes tièdes dès janvier ou février (cas en 2007, 2008 dans une certaine mesure), provoquent une sortie d'hibernation à un moment où il n’y a pas de fleurs à butiner, pas de plantes sur lesquelles pondre. Encore une cause de mortalité.

 

Azuré des nerpruns 1 Azuré des Nerpruns (je crois), sur Salicaire.

 

Il y a bien entendu la banalisation des paysages, l’obsession de "l’ordre et de la propreté" des paysages. On fait la chasse aux méchantes orties, aux chardons, aux zones de friches. On a abattu quantité de haies, on n’entretient plus les arbres têtards, on fauche systématiquement et sauvagement, sans discernement les bords de routes, quand on ne les traite pas carrément au round-up.

 

Or l’ortie est l’hôte de plus de 20 espèces de papillons diurnes et nocturnes. Le papillon a un besoin vital de cette plante pour pondre ses œufs et nourrir ses chenilles. Il en est ainsi de la petite tortue, du paon du jour, de la carte géographique, du robert-le-diable, du vulcain. La Belle-dame pond principalement sur les chardons… Détruire les friches, les massifs d’orties, c’est détruire ces papillons.

 

Et puis il y a… les jardiniers amateurs "classiques" évidemment. Eux et leurs pelouses impeccables, leurs haies de thuyas ou de lauriers cerise, leurs fleurs décoratives (les cultivars à double corolle par exemple) peu mellifères, leur emploi massif et souvent inapproprié d’insecticides, herbicides, anti-mousses, alors que leur gagne-pain n’en dépend pas contrairement aux agriculteurs.

 

Ecaille du séneçon chenille 1Chenille de l'écaille du séneçon.  

 

Alors les conseils pour aider un peu cette "entomofaune" bien utile ? Affligeants de banalité, simples à mettre en œuvre, peu ou pas onéreux. Je les rabâche depuis dix ans dans des animations, formations, conférences. Conférences où je me fais régulièrement engueulé parce que je n’aborde pas le sujet CRUCIAL du jardinage avec la lune… grmbl grmbl… Bisque bisque rage !

 

Planter local (les haies, les fleurs), gérer sa pelouse de façon propre et extensive (moins tondre, tondre en bandes pas en spirale, y laisser le trèfle et les pâquerettes), laisser les coins peu usités du jardin ou cachés (derrière la cabane à outil par exemple) sans entretien, en friche, à l’abandon, ne plus utiliser de pesticides, pour les grandes propriétés tolérer à des endroits stratégiques les orties, les ronces et les chardons (ces derniers ne sont pas tous à couper avant fructification légalement sinon je vous fous les flics au cul).

 

Piéride du navet mâleLa Piéride du navet.

 

Ces mesures ne nécessitent pas un cent, au contraire, elles économiseraient même de l’argent. MAIS elles nécessitent par contre du courage : celui d’aller à l’encontre du facile à penser, de l’habitude, de la "culture" et surtout du regard réprobateur des voisins, dramatiquement offusqués de voir un fainéant pourri d’écolo laisser son jardin à l’abandon. Pouvez-vous imaginer qu’une voisine s’est déjà permis de passer son petit pulvé par-delà la clôture pour occire MES orties ?

 

Alors, on peut aussi acheter des mélanges bien chers, mettre de la lavande partout, du thym, des petits abris à papillons, des nichoirs pour abeilles solitaires. C’est très bien, pas forcément onéreux non plus (il faut veiller à mettre de vraies fleurs sauvages et pas des mélanges importés de Hongrie ou des soi-disant bleuets sauvages alors qu’ils sont doubles…), mais l’important, c’est d’accepter le sauvage, le pas-bien rangé, le bordel, le ça peut plus durer ! Je n’ai pas dit non plus de laisser tout tourner à rien et de ne plus savoir faire un pas dans un jardin devenu jungle. Mais on peut concilier le deux, non ?

 

Phalène sur salicaire Phalène sur Salicaire.

 

J’emmerde le regard dédaigneux des vieux cons suspicieux qui ne jurent que par le tiré au cordeau, les fripés qui arrosent leur caillasse au round-up alors qu’aucun diable vert n’y pointe encore le bout du nez et qui, allant jusqu’à ne même pas soupçonner l’infinie inutilité pour ne pas dire l’incommensurable connerie de leur démarche me toisent de haut moi et mes herbes folles. Le temps de la mansuétude est fini. Moi et mon bordel végétal, nous avons fini de nous la jouer profil bas. La guerre ne fait que commencer, et ça va saigner !

 

Parce que décidément, le combat est avant tout moral, éthique, culturel. On ne doit pas accepter, soutenir, aider toute la grouillance de vie susceptible de s’abriter dans nos jardins (ou sur nos bords de routes, nos friches, nos jachères…) parce qu’elle est utile à l’équilibre écologique ou pour des raisons scientifiques quelconques mais simplement parce que cette multitude a droit au chapitre et à sa place au soleil. Et de façon plus anthropocentrique, on doit protéger cette biodiversité pour NOTRE équilibre à nous.

 

Parce que quand le ciel et les prairies se seront tus définitivement, il nous manquera une part de nous-mêmes et mis à part les inconditionnels de TF1, quelques traders rapaces et probablement quelques amoureux transis du béton, je suis sûr que notre vie, notre bien-être s’en trouveront amoindris. Sans abeilles, sans papillons, nous serons un peu moins humains, voilà tout.

 

Vue de l’esprit ? Romantisme à deux balles ? Mièvrerie ? Peut-être. Mais à ceux qui pensent cela, venez donc croiser le regard de mon fils de 5 ans qui ne voit plus de papillons, celui de ma fille de quelques mois qui n’en verra peut-être pas beaucoup dans sa vie…

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 18:00

Je trouve que mes titres frisent de plus en plus le n'importe quoi.

 

Voici aujourd'hui un petit sujet qui ne mange pas de pain suite à mes activités de ce week-end. J'ai commencé à replanter mes plants de tomates.

 

Je les produits moi même comme un grand, en les semant et tout. Idem pour mes courgettes, potirons et concombres. Ca à l'air banal dit comme ça mais j'ai des copains qui ne jurent que par les plants tout faits du commerce, plus gros, plus virils, plus poilus. Peuh... petits joueurs ! Pour obtenir des gros plants de tomates quasi en fleur à cette époque en Belgique, je me demande le bilan carbone... Soit.

 

En plus, cela existe certainement mais obtenir des coeurs de boeuf, des noires de crimée et des "potager de Vilvorde" en plants...

Il n'y a que pour les melons, poivrons et aubergines que je recherche les plants dans le commerce, d'autant plus qu'un pépiniériste proche de chez moi (le potager gourmand pour ne pas le nommer) commercialise de chouettes variétés plutôt goutues et plutôt colorées mais surtout... relativement adaptées à nos contrées pas très sudistes. Cela fait plusieurs fois que je sème des aubergines en mars mais rien à faire, je vis dans une vieille maison où la température dépasse rarement les 19°c, alors les plants sont lents au développement, et finalement ne donnent rien de bon par la suite.

 

Mes tomates, aubergines, courgettes, concombres et potirons sont cultivés sur poquets. Une technique bien connue que je ne détaille ici que parce que mon blog est "tout-venant", multi-maniaque, donc pas pour les spécialistes.

 

Je creuse un trou, pas trop profond (30cm maximum) mais large (genre 50 cm de diamètre). Je le remplis de choses diverses. Toujours une poignée d'orties en morceaux dans le fond ou même mélangées au reste, des tontes de gazon pleines de trèfle, du fumier, du compost voire de "l'or brun " tout ce qu'il y a de plus commercial, ça dépend de ce que j'ai sous la main, notamment de la quantité de compost que j'ai. Cette année, j'ai ajouté une bonne dose de cendres de mon feu à bois. Les cendres offrent un apport de potasse. Ce n'est pas plus mal pour le bon développement des fruits, surtout que les tontes, les orties apportent une sacrée quantité d'azote. NPK quand tu nous tiens. Quand je n'ai pas trop la flemme, j'ajoute des feuilles de consoudes (mais il faut aller les chercher dans la nature), je crois me souvenir qu'elles aussi sont un bon apport de potasse. Et évidemment, je rebouche à 50 % avec de la bonne terre de mon jardin. Je remplis mes trous une semaine ou deux avant d'y planter mes légumes. Mais je les ai déjà fait le jour même, ça n'a pas changé grand chose à la reprise. Après j'arrose copieusement, je paille, toujours avec du gazon sec et j'écoute pousser la tomate.

 

Bilan : de beaux légumes, peu de maladies, voire pas du tout et une certaine indépendance vis-à-vis des rotations (mes tomates étant sous serre, ça m'arrange). J'ai vraiment constaté une amélioration de la vigueur des plants, de l'abondance des récoltes et de la résistance aux maladies cryptogamiques depuis que je cultive sur poquets avec de l'ortie bien entendu.

 

Ceci dit, ce n'est pas une recette que je donne... elle change d'année en année comme je l'ai dis. Dans mes trous, surtout ceux des cucurbitacées, on peut mettre quasiment n'importe quoi : mauvaises herbes diverses sans racines ni graines, épluchures, compost frais... Tout fait farine au moulin.

 

Bon, ben je m'en retourne repiquer.

 

Bonne soirée à tous.

 

 

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 07:00

Bon, autant vous l’avouer. J’aime les vins de riesling. C’est pour moi un véritable piège. Si en plus, il y a une mention terroir ou lieu-dit sur la bouteille, alors là, je ne me sens plus. Il faut que je goûte ou que je me fasse sentir par un(e) autre. Mes plus grandes expériences restent à venir et dorment au fond de ma cave. N’empêche, qu’ils soient petits, moyens ou grands, secs ou humides, de parents connus ou sans pédigrée, chaque saison, je vous servirai un post sur les rieslings queje boirai. A chaque fois, le thème photo aura un rapport proche ou lointain avec le vin. Pour le riesling, on peut imaginer des photos des endroits d’origines, les agrumes, le tilleul, la marée noire dans le golfe du Mexique comme thème. Cette fois, comme c’est le printemps et pour rendre hommage au caractère floral du riesling et… surtout parce que j’ai de jolies photos, le thème sera…

 

Les fleurs blanches.

 

camomille

 Camomille... mais laquelle ? Hum... faudra que je recadre...

 

 

Riesling Kronenberg 2007

 

Domaine Vincent Stoeffler

 

 

P3140039Ce truc coûte dans les 8,7 € chez le viticulteur.

 

La robe : Dorée d'une limpidité parfaite, lumineuse. Sur la paroi, se vautrent des larmes abondantes et assez tenaces.

 

Le nez : Assez discret mais agréable, fin (ça se sniffe sans faim, sans fin. Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur son slip) : agrumes, une très légère touche de cire, amandes fraîches, une belle nuance florale (raccord avec les photos hein…grandiose).

 

La bouche  est ronde mais sans lourdeur, avec une sensation de sécheresse prononcée du milieu à la finale. Fine bulle. Les arômes, discrets, expriment du fruit mûr. De l’abricot, net, surtout en finale et des agrumes (le riesling est le vin fétiche à Binche).

 

La finale(15-20 secondes) donne aussi pas mal dans la réglisse et le grillé et ça, c’est dommage. Il y a aussi de fines notes de noisette, et ça, c’est bien. La matière est pleine et assez veloutée, grasse même. Le tout est élégant, bien équilibré, caractérisé par ce mélange de rondeur et de sécheresse rigoureuse.

 

Le lendemain : Modéré (modéré, c’est mieux que discret mais moins qu’expressif), le nez, s'ouvre sur de délicates notes florales (presque du muguet), du fruit mûr type abricot, des agrumes. Une note fumée aussi. En bouche, le vin est frais et tendu avec toujours cette note sèche et une belle note saline en fin de bouche.

 

Impression générale : Vraiment bien équilibré, excellent. Très particulier avec cette sécheresse finale marquante (j'ai pas dit acidité ni minéralité). L'évolution sur deux jours est spectaculaire. A mon avis ce vin peut encore un peu dormir en cave avant de donner tout ce qu'il a.

 

Un mot sur le lieu-dit : Ca provient du lieu-dit Kronenbourg, un terroir voisin du Schoenenbourg sur Zellenberg, identique au point de vue de la géologie, apparemment : des marnes et des gypses. Alors pourquoi Kronenberg et pas bourg… Non, ce n’est pas un hommage à David, mais juste une histoire de confusion avec la célèbre marque de bière (dixit Vincent Stoeffler)… Mouais… faudra qu’on m’explique.

 

 fleur de pommier

On va voir ceux qui ont suivi l'article sur le demi-secs. Pommier ou poirier ? 

 

 

Riesling Herrenweg 2007

 

Domaine Ehrhart André

 

Un peu transparente votre robe : Jaune pâle à reflets verts. Cristallin et assez lumineux. Larmes rares à inexistantes.

 

Et le nez, et le nez : Des fruits exotiques mûrs, de l'infusion de tilleuls, de l'abricot.

 

Et la bouche, et la bouche : Très mûre. Assez veloutée mais tendue de bout en bout par une vivacité un peu citrique. Réglisse en finale, agrumes dont citron. Petite bulle. Une petite impression sucrée aussi.

 

Alouette, gentille alouette : Mouais, un bon petit vin de tous les jours mais ca ne casse pas la baraque.

 

Un mot sur le lieu-dit : André Ehrhart est viticulteur à Wettolsheim. Son Herrenweg est probablement celui de Turkheim.  C'est un terroir d'alluvions du cône de déjection de la fecht. Les alluvions sableuses sont riches en argile (22%) mais dépourvues de calcaire.
 Ces sols sont localement recouverts de dépôts de loess. 

 Reine des prés fleur 1

 Reine des Prés en gros plan.

 

 

Riesling Grand Cru Zotzenberg 2007

 

Domaine Armand Gilg

 

Ce doit être dans les 9 euros chez le vigneron.

 

 

Regarde : Superbe, cristalline et lumineuse la parure. Reflets d'or blanc. Paille pâle, un peu dorée à la lumière.

 

Hume : Ces arômes modérés sur le tilleul et les agrumes et… le rôti de porc aux épices à l'agitation ! Mais c'est agréable et original. A l'aération, la dimension épicée (thym) se précise. Les peaux d'agrumes aussi.

 

Déguste : La bouche est grasse, riche, ample mais avec une vraie fraicheur dès le milieu de bouche et qui touche presque à la vivacité à la fin. Encore une petite bulle légère qui disparait après quelques heures. De l'orange, du pamplemaousse mais maousse, de la poire, une finale réglissée, le tout expressif. Amertume légère en finale, longue de 20 secondes environ.

 

Et après : Pas de lendemain. Finie, cuite la boutanche.

 

L’avis sans fin : Un des meilleurs vins de Gilg que j’ai bu, précis, bien équilibré. Un riesling aromatique et très (trop) facile à boire.

 

Je ne dirais rien sur le Zotzenberg et ses tulipes vu que je prépare un post là-dessus.

 

 Stellaire aquatique 2

 Stellaire aquatique

 

 

 

Riesling Mulhforst 2005

 

Domaine Vincent Stoeffler

 

Là aussi ça doit chercher dans les 8-9 €

 

Plein les mirettes : Une belle robe riche et lumineuse : jaune doré franc. Cristalline avec des larmes très abondantes et tenaces.

 

Bourre-pif : Expressif, élégant et de plus en plus complexe au gré de l'aération. Cire d'abeille dominante et même unique au début (courant sur ce vin), puis, plus discrets, des agrumes, leurs écorces, même de nettes notes d'orange, une impression de fruit mûrs, un peu de fleur de tilleul.

 

Pan ! dans la g’ : De petites et fines bulles à l'ouverture picotent la langue (lassnt cette manie des bulles). La bouche est trop ronde, peu tendue. Si tu ajoutes les arômes discrets, ce n'est pas top au début. Au début... parce que ça va s'améliorer nettement à l'aération. Et là, c’est Goldorak ce vin. Métamorphose ! Des agrumes, des fruits exotiques, un léger air de liquoreux, un peu de cailloux chauds. Une finale qui révèle enfin de la fraîcheur, magnifique, une fin un peu amère paradoxalement sur un fruité mûr sur plus de 20 secondes. La matière se révèle veloutée.

 

Le lendemain : Le vin gagne à être aéré, même si la cire domine le nez et la bouche, comme souvent avec les Mulhforst de Stoeffler. L'équilibre devient plus frais. Bref, comme beaucoup de ses vins, il faut savoir l’attendre. Il est pas pressé de donner ce qu’il a, mister Mulhforst 2005.

 

Impression généralissime : Ce n'est pas le meilleur Mulhforst que j'ai bu. Il est trop rond pour l’instant même après aération et même si la finale sauve un peu le tout. Cela reste un beau vin mais pas dans le top du producteur.

 

Un mot sur le lieu dit : C’est un terroir argilo-marneux recouvert de gneiss.

 

 P4070087

 Anémones sylvie sur une souche entre le Crax et le Zotzenberg

 

 

 

Riesling "médaille d'or" 2005

 

Domaine Stoeffler

 

Médaille d’Or à Colmar je crois… pour ce que ça me fait… Bon et ça doit chercher dans les 6 € de mémoire.

 

Alors regarde, regarde un pneu : Couleur très pâle, presqu'argent. C’est Cristallin et très brillant. La viscosité est faible avec peu de larmes peu tenaces.

 

Renifle moi ça : Assez expressif sur l'écorce d'orange, une note de cailloux (genre pierre mouillée). Un peu d'abricot. C'est mûr, agréable. Il y a une fine note de cire.

 

Ca glisse dans le gosier : Bien que très tendue avec une finale fraîche voire un peu vive, la bouche est plutôt ronde avec une matière veloutée (impression tactile) . Les arômes sont modérés : notes citronnées qui augmentent en finale, amertume de sauge, finale qui pétrole un peu.

 

Le lendemain : Toujours pauvre en arômes, restent le pétroleum et le fruit mûr. La structure est encore plus fraiche, tendue, presque vive. La matière affiche une belle viscosité, presque du gras.

 

Et donc je dis : Un peu simple au niveau aromatique, le vin montre surtout un très bel équilibre, une belle matière et… Une grande VVB.

 

robinier faux acacia

 Robinier faux-acacia.

 

 

Voilà, voilà. Fier je suis car sobre dans mes propos je suis resté.

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