Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 12:45

Il ne s'agit pas de trois charmantes voisines mais de fleurs sauvages qui embelissent mon jardin en avril. Je sais, je suis un peu en retard, mais c'est ainsi. Je vous parle donc aujourd'hui des plantes dont la floraison suit, dans mon jardin celle des fleurs "précoces" dont au sujet desquelles je vous avais entretenu ici.

 

Il s'agit tout d'abord de la superbe Corydale solide.

 

P4140122 - Copie

 

En fait, elle ne l'est guère, solide, mais son nom vient du fait que son bulbe est plein, tandis que celui d'une espèce voisine, la corydale creuse est... en partie creux. Les botanistes sont de sacrés bouts-en -train. Qu'est-ce qu'on rigole !

 

  P4140132

 

La Corydale apprécie les talus, les bords de chemin assez ombragés. En fait, elle se plait sur des sols frais à humides, très riches. On la trouve souvent en bas de vallons, sur des sols d'alluvions ou de colluvions, des mulls actifs et frais, c'est à dire des humus à décomposition rapide, au pH neutre à basique, relativement humides.

 

P4140129

 Corydale, plante des talus.

 

 

Sur ce type de sol elle partagera souvent la vedette avec la Ficaire, la Moscateline, l'Ail des ours, la Circée de Paris, la Gagée des bois et la Primevère élevée. Sa fleur affecte la forme d'un long tube (l'éperon) muni à sa base d'une petite feuille digitée, la bractée (chez la corydale creuse, la bractée est entière). Je n'en ai trouvé confirmation nulle part, mais en général, les plantes dont les fleurs comportent de longs tubes sont pollinisées par des papillons de nuit.

 

 

 P4140131

 

Sur cette photo, on observe de trous à la base de l'éperon : ce sont des bourdons (parfois des fourmis) qui ne peuvent atteindre le nectar par la voie normale et la court-circuite. 

 

 

La Corydale est potentiellement toxique puisque elle renferme de alcaloïdes paralysant la moelle épinière à forte dose. L’absorption des racines et des autres parties de la plante peut occasionner des troubles nerveux.

 

 

La Primevère élevée est la plus commune de nos primevères sauvages.

 

P4190143

 

On la trouve sur les mêmes types de sol que la corydale, mais elle supporte mieux la lumière (pas le plein soleil tout de même) et on la voit souvent en bordure des ruisseaux. La primevère est comestible, sauf si une saloperie de chat s'est oublié dessus (mais pour ceux là, nous savons quoi faire n'est-ce pas ?). les jeunes feuilles s'ajoutent aux salades , en mélange pour tempérer leur saveur aromatique et piquante. Sinon, plus vieilles, il faut les cuire. Les fleurs décorent magnifiquement les salades et les assiettes. On préparait autrefois dans les pays scandinaves un hydromel parfumé aux fleurs de primevères. C'est du moins ce que j'ai lu, mais je veux bien le croire. En effet, elles ont un très léger goût de citron, j'en ai déjà ajouté à mon vin sec de sève de bouleau, en toute fin de fermentation. Ca lui a donné un côté "sylvaner" pas déplaisant.

 

 P4190141

 

Ce deux fleurs (Corydale et primevère) trouvent abri chez moi au pied d'un mur et d'une haie protégée du sud. C'est un endroit frais, humide, où l'accumulation de feuilles de la jeune haie commence à créer un peu d'humus.

 

Ensuite, voici la célèbre Anémone sylvie qui tapisse les bois de blanc en avril.

 

 P4070088

 

C'est l'archétype de la floraison forestière vernale. Cette plante de sous-bois fleurit massivement et assez brièvement au printemps, alors que les arbres sans feuilles laissent encore passer la lumière. Les feuilles restent encore jusqu'au début de l'été, le temps que les fruits murissent, puis disparaissent, la plante ne survit plus que par ses rhizomes qui forment un écheveau dense sous l'humus. C'est une plante à caractère couvrant et colonial. Elle pousse sur des terrains semblables à la Corydale mais moins humides, drainés et bien aérés.

 

Comme la plupart, si pas toutes, les renonculacées (la famille du bouton d'or), l'Anémone sylvie est toxique, irritante. Elle contient un hétéroside de lactone, le renonculoside qui libère la protoanémonine, un produit vésicant, qui produit des cloques dans le pire des cas, des brûlures ou un picotement dans le meilleur. Goûtez une feuille vous verrez bien, ça pique.

 

Même localisation dans mon jardin pour ces fleurs : fraîcheur et ombre. Cependant, j'en ai vu des parterres dans les vignes en Alsace du côté de Nothalten.

 

 

Pour continuer voici une anémone moins courante, mais magnifique, l'Anémone fausse-renoncule.

 

 anémone fausse renoncule

 

C'est encore une plante des sols riches, à l'humus frais et doux (mull). Elle tolère bien le calcaire et l'argile. On la voit souvent dans les sous-bois, les bords de chemins ombragés voire les bords de prairie des fonds de vallée. Elle à un comportement moins colonial que l'Anémone sylvie.

 

 

Anémone fausse renoncule détail

 

 

Enfin, voici la Primevère officinale ou coucou.

 

P4190146

 

C'est une plante plutôt thermophile qui aime les sols calcaires (mull calcique), les talus bien exposés où elle peut former des colonies. Dans mon jardin, elle a poussé plus ou moins spontanément (probablement des graines ramenées avec une motte de terre contenant d'autres plantes) mais pas à sa place. Elle ne prospère donc pas. Je la déplacerai en fin de période de végétation, avant que les graines ne tombent ou au tout début du prochain printemps à la formation de la touffe de feuilles. La Primevère officinale peut s'utiliser comme sa cousine la Primevère élevée.

 

Voilà un article qui mettra un peu de couleur sur ce mois de mai gris et triste.

 

 

Repost 0
Published by le rustre - dans Le jardin au naturel
commenter cet article
4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 16:30

Thème photo : aucun, et puis quoi encore ?

 

Je vais aborder aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, un sujet grave. Grave ? Crucial, dramatique, oui. Un truc, qu’à côté de ça, le Fundroupshikstülgrötekeu là, la fournaise islandaise qui empêche nos beaux avions de voler, c’est aussi grave et malfaisant pour le développement de l’humanité et des tours operators que… Je ne sais pas moi… que Florent Pagny est indispensable à l’écriture de l’histoire du bon goût capillaire mondial.

Je voudrais en effet vous entretenir des daubes en cave. Non, ce n’est pas une nouvelle recette, idiots. Je vous parle des daubes, des nanards, des encombrantes, des crapuleuses. Dites moi que je ne suis pas le seul à en avoir ? Tout le monde en a (comme dirait ma cousine Georges).

Ces Bordeaux… ou Bordeaux supérieurs « grands vins » de France…

Je te dis pas le goût des petits… Mais y en a pu des p’tits Germaine : tout le fourbi est parti à Tchernobyl. On largue ça sur les forêts et dans les rivières pour faire muter les bestiaux à 5 pattes à l’envers.

 

 

P4260166 "La ruée sur Tchernobyl", esquisse au fusain de Jean-Anatole Legrain-Gallet, pongiste Lybien (1832-1965)

 

Ces bordeaux (ou bourgogne ou Loire ou Languedoc hein, soyons pas bornés) donc, que des amis, des connaissances bien intentionnées, des passants de passage qui passaient (faudra que j’installe une déviation) ont amené, charitables, à l’occasion d’un repas.

Mais pourquoi ? Ce n’était pas le dernier, celui du condamné… Et puis celui du con damné, il se doit d’être chouette,  non ? Un vrai moment festif et salutairement oublieux dans l’attente du moment fatal. Un moment de grâce emprunt de dernières volontés et de rêves jamais réalisés vite accomplis, avant de passer de vie à trépas, de se retrouver à la droite de Dieu le Père à te sustenter d’amour et d’eau fraiche (peu probable si tu es un vrai méchant criminel, plus si tu es  pauvre, noir et américain et que ton avocat, c’était un alcoolo qui gerbait dans le commissariat au moment de ton incarcération) ou de se retrouver assis à la gauche de Lucifer à se goinfrer de caviar à la louche, de cailles farcies à la morille, de Romanée Conti, d’Yquem et de Petrus et bien sûr, Lucifer oblige, de Meursaults de Coche-Dury (être diabolique n’empêche pas d’être raffiné et allocataire) ;

« Tu m’en diras des nouvelles, toi qui t’y connais en vins ». Hé ben ça oui, je vais t’en donner des nouvelles moi…

Ces cadeaux familiaux… Quelle famille ! Le panier du terroir qui vient de chez ce nouveau petit caviste/épicier fin, très fin même, aigrefin carrément, qui vient d’ouvrir et qui te vend des crus de petits propriétaires de derrière les fagots, sauf que des fois, le fagot, il est dans la bouteille... sans parler du petit caviste nature de derrière les fayots, à vue de nez.

Mais je serais injuste et lâche si je me contentais de m’en prendre aux autres…

Aaaaahhh, ces vins goûtés en fin de salon, si bons sur le moment ou achetés à un producteur pourtant plébiscité par Dussert-Gerber, ou pas, dans l’euphorie d’une dégustation aussi vacancière qu’estivale… 

Deux grandes règles de vie : n’acheter que ce qu’on a goûté au début du salon. Ne jamais faire confiance à un moustachu qui porte le béret. Un moustachu a toujours quelque chose à cacher.

Et puis il y a pire, moins avouable, honte à moi. Il y a le savagnin à 5 euros qui appelait, esseulé, sur le rayon de la supérette. Quoi ? Un savagnin ouillé en grande surface ? Je suis curieux de… La curiosité a du bon et puis des fois non.  Non non non. Aaaah malheureux non !

Je ne sais pas moi… si tu es curieux, que tu es jeune, que tu veux vivre des sensations fortes. Fais toi Arras-Boulogne en train, en été, aux heures de pointe, un vendredi quand les étudiants rentrent chez eux avec leurs grosses valises (mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien foutre là-dedans après une semaine seulement de bahut loin de papa/maman ? Ils ont tous une guitare ou bien ?). Alors là oui, tu vivras une expérience transcendante qui te secoueras les amygdales du bas, satisfait ou éboursé avec la sncf. Avec un slipos chiffonné par une journée de turbin et ayant tendance à jouer à la liane amoureuse avec tes valseuses, un costard un peu trop petit (faut que je fasse régime), des sièges trop étroits et glissant… J’ai peur que mon prochain enfant soit plat et vrillé.

Bon, je me disperse. Pas étonnant après ce voyage. Tu veux apprendre la théorie du chaos gamin ? Prends le train Arras-Boulogne ! Dire qu’il y a des cons qui paient des cents et des milles pour aller se les faire secouer à Schtroumpfworld resort Walibi et que pour 18,90 euros, tu as Arras Boulogne. Et oui mon gars, avec la grande traversée du Noooord avec pleins de chetemis en plus, gratos, cadeau. Polis, sympas, et  charmant(e)s entre parenthèses. Bon en fait, c’était pas si terrible, mais pour écrire ce billet à la main, le calvaire.

Si tu veux sentir la vie passer par toi prends donc Arras-Boulogne, mais n’achète pas un savagnin à 5 €, même ouillé, en supérette.

Et puis un jour, parce qu’il pleut, qu’on est désespéré ou belge, voire les deux, ou qu’il faut faire de la place dans la cave, on ouvre une daube potentielle qui se révèle bien être une daube. On regrette alors (un peu, fugacement), d’être un passionné de vins, avec des goûts de luxe, un « difficile » qui trouve habituel de mettre plus de 10 € dans un vin blanc (d’Alsace en plus). On regrette parce que peut-être que ce cadeau, que ce maître achat potentiel on l’aurait trouvé pas si mauvais. Mais non, c’est dégueulasse, imbuvable, une VVB nulle, sauf à partager la bouteille avec l’évier. Mais le rustre, il aime pas gâcher, alors la quille s’en va encombrer le frigo en attendant une marinade éventuelle. Puis, las, c’est quand même l’évier parce que de la daube dans la daube : ça vous la daube, la daube. Vous suivez ?

Et alors tu te retrouves devant l’insondable précipice, le ravin vertigineux qui sépare "ces trucs qui pourtant se vendent" d’un riesling Kastelberg 2005 de chez Gresser et qui pourtant portent aussi le nom de vin et affichent le "label" de l’appellation d’origine contrôlée. Dans ta cervelle, ça fait des étincelles, ça s’illumine et ça fait pschuitt avant de s’étaler lamentablement dans le marasme de tes neurones noyés dans la vinasse digne d’un bidon de plastoc. Tu entrevois les chemins de traverse des rouages du monde, de l’économie de marché et de la typicité galvaudée. Tu te faufiles dans les entrelacs du mal-être du monde des artisans du terroir dans toute leur splendeur et leur misère. Tes pensées s’élèvent et s’échouent comme une poignée de confettis qui virevoltent dans le ciel de février avant de se vautrer dans la gadoue froide et le vomi figé des binchous en liesse, piétinés sous le sabot dur du patrimoine immatériel de l’humanité.

  P4260166

 

"C'est à Binche que la Terre s'arrêta ou travail ancestral de la vigne" Eau forte de Simon Lekeu, peintre officiel  des jeux olympiques d'hiver de Tombouctou (Lépante1421-Mont-de-Marsan 1488)

 

Mais pas pour longtemps, parce que ce n’est pas quatre daubes qui sont représentatives ni de la viticulture en général ni de la qualité moyenne de ce qui est vendu en supérette. Mais quand même, j’en témoigne, il était bien écrit « Côtes du Jura » sur le Savagnin !

 Il ne te reste plus qu’à pleurer sur l’infinie légèreté de l’existence et sur le nombre, infiniment lourd de significations, de nanards que du fond de ta cave tu devras encore remonter…

Et donc pour ne pas souffrir seul dans mon coin… petite compilation de moments inoubliables…

J’aime rigolé et faire de bons mots. Par contre, persuadé que tous les goûts se valent (enfin quoique), qu’un problème de bouteille ou qu’une bouteille passée et morte ça arrive, j’ai changé un peu beaucoup le nom de ces vins : le bon mot n’excuse pas la critique légère !

 

Bordeaux Château Lamottthe 2003

  

Le vin de rien. Au nez, du bois, un fantôme de cassis.

En bouche, ça se gâte : étriqué, rude, fade, inexistant hormis via ses tanins piquants, râpeux. Ca a le goût du chêne fraichement tronçonné mais du vieux alors, avec des champignons gluants dessus.

Impression générale : The Château Lamottthe is a beaver juice !

 

Cocotte du Jura

Savagnin ouille ouille ouille 2006

  Fruitière vinicole de tûûût

  

La jupette : Or pâle avec des reflets plus jaunes.

Le pif : Assez discret, confus. Je lui trouve quand même un air de famille avec d’autres savagnins ouillés et traminers alsaciens (klevener de Heiligenstein) que j’ai bu, mais de loin alors. On dirait Robert Redford, mais surtout Robert hein ! Du fruit mûr sans nom, une note beurrée et une désagréable note soufrée genre vent de gogues qui te coupe les oreilles si tu n’as pas mis ton cache-nez.

Bouche : velouté en attaque, plat au milieu, vif et citronné en finale. Et puis c’est tout. Tout ? Non ! Il y a aussi des arômes de bois et de dominantes effluves de réglisse. Une longueur de 5 secondes maximum.

Impression générale : Pas bon ! Décrit comme ça, ça peut paraître banal, pas de quoi hurler. Mais franchement, il se dégageait de l’ensemble une impression pinardesque peu agréable.

 

VDP de Maine et Loire 

Grolleau gris 2008

Domaine de Monbonplaisir

 

Chouette, un cépage méconnu ! Tout le monde ne gagne pas à être connu !

  

Le string : Couleur incroyablement claire, presqu'incolore.

Le nez : Expressif et net de … macédoine en boîte. Pour le reste assez, pinardesque.

La bouche : Ca se gâte. Toujours des arômes de macédoine avec nettement de la poire et du raisin… en boîte. Le déséquilibre se fait entre un côté citrique et un autre doucereux. Résultante, une "rondeur acidulée" écoeurante. Mon estomac ne la reçoit pas très bien. Longueur d'une bonne dizaine de secondes (il ne faut pas bouder son plaisir) sur de la macédoine (c’est Philippe qui est content) et des bonbons citriques.

Et ça dure : Reste pareil à lui-même sur 5 jours. Comme quoi, la durée, c'est pas toujours un gage de qualité. Après quoi, le vin entame une conversation musclée avec l'évier.

Impression générale : Beurk, écoeurant. C’est peut-être ton plaisir mais pas le mien !

 

 

Côtes du Rhône

Cuvée des vieux Molosses 2005

 

Uniforme : Rouge foncé, terne, sans larmes. Le salaud, il ne regrette même pas.

Truffe : plutôt discrète, assez flou et simple. Fruits rouges très mûrs, boisé, épicé, caramel.

Bouche (du Rhône) : Très Chaleureuse avec fruits confiturés en attaque. Milieu rond mais peu marquant. Finale inexistante écrasée par des tanins agressifs, poudreux, asséchants, au point de te faire prendre le Sahara pour une piscine. Je n’ai jamais ressenti ça avec des tanins. Ca te bouffe carrément les mâchoires. Tu le bois et tu pleures. Une boisson d’homme. Je ne sais pas si il y a de la pomme, mais c’est sûr, il n’y a pas de raisin.

Le lendemain : Mon évier ne s’en remet pas, mes gencives non plus.

Impression générale : Franchement celui-là, je lui en veux. J’ai eu mal au palais pendant deux jours après son absorption, même limitée. Devrait être classé arme bactériologique.

 

En voilà quatre, déjà, d’expiés. Il y en a d’autres mais le post devient long, la journée courte.

Il me reste à demander pardon à ceux et celles qui m’apportent des bouteilles quand ils sont invités chez moi. Je vous dois une confession : la plupart sont forts honnêtes et même agréables (et les vins et les invités). Les quatre là sont des exceptions et parmi ces exceptions, il y en a deux que j’ai acheté moi-même, c’est vous dire…

Repost 0
30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 04:47

 

P4280176 - Copie 

Vous connaissez les vendredis du vin ? Si pas allez ici. Si oui, restez-donc. Le thème choisi par un cousin méchant raisin pour ce vendredi 30 avril ? Les demi-secs.

Ce n’est pas un sujet facile parce que il faut déjà s’entendre sur ce qu’est un demi-sec. Mais, moi qui ne suis pas un demi-sel mais encore moins un démiurge (non ce n’est pas un mec à moitié pressé Jean-Claude), j’aime les demi-secs et Demi Moore mais c’est une autre histoire. Alors courageusement, ces deux dernières semaines, j’ai ouvert trois bouteilles de vins identifiés comme « demi-secs ». Je commente et j’essaie même de rester un peu sérieux !

 

Alors commençons avec deux Montlouis demi-secs, c’est facile, c’est écrit sur la bouteille !

 chenin Mt Louis

 Du ch'nin en septembre du côté de Saint-Martin-le-Beau.

 

Montlouis

Clos Habert Demi-sec 2006

 Domaine François Chidaine bien sûr

 

Ouverte il y a deux semaines, je suis surpris par le relatif manque d’évolution par rapport à ma première bouteille ouverte il y a plus d’un an.

 

Dans la boule de cristal : Une robe pâle à disque et reflets dorés. C’est joli à regarder face au soleil couchant, limpide et lumineux.

 

Dans le cap nasal : Ce n’est pas l’explosion aromatique, loin de là, c’est limite discret, mais c’est vachement gourmand, comme une invitation à gambader dans les vergers en fleurs, nus sous le soleil (oui enfin bon…) : la poire Williams, le miel, la pomme et le tout avec une dimension fraiche, florale.

 

Dans l’antre du dragon : Les arômes sont plus expressif qu’au nez. Toujours le verger : poire, pomme, avec un côté alcoolisé. Ca me rappelle décidément les vins doux que j’ai déjà tiré de ces fruits, du miel aussi. Il y a même une discrète mais élégante touche de pêche. La finale interminable est sur la poire, un peu amère ce qui ne gâche rien. Au niveau structure, si le vin est très rond et même velouté au début, la finale est agréablement fraîche.

 

Le lendemain : Le coing est très présent alors que je ne l’avais pas ressenti hier. Là aussi, c’est sous sa forme « vin de fruit que je le perçois

Impression générale : Il est complexe, frais, aromatique. La structure est plutôt ronde et séveuse mais la finale a gagné en vivacité depuis la première bouteille bue. Un beau vin à mon sens. Chez Chidaine et sur 2006, je continue à préférer les demi-secs aux secs.

 

P4280172

 Fleur de pommier : regardez les étamines, elles sont JAUNES

 

 

Montlouis

Demi-sec 2005

 Domaine Flamand-Delétang (Saint-Martin-Le-Beau)

 

(Faut aller à leur cave creusée dans le tuffeau, ça vaut le détour !)       

  

Dans les yeux d’Aurore (clique man) : Magnifique robe paille pâle à nuance dorée. Elle paraît visqueuse, étincelante, cristalline. Un plaisir.

Le pif : Assez expressif avec de l'orange, une nuance florale, un peu de miel, et même de cire après aération. Une discrète nuance de poire aussi.

Et dans la bouche : Oh là mes gens, pour un peu je serais conquis ! Pour un peu mes convives ne m’en laisseraient pas ! Bel équilibre entre une acidité rafraichissante, limite vive en fin de bouche et une matière suave et veloutée. Un beau demi-sec frais, alerte. Arômes modérés d'agrumes mais surtout une nette et élégante note de noisette qui se prolonge sur la finale vive et citronnée (dans les 10-12 secondes).

Après : le vin s'ouvre encore le lendemain, mais c’est un fond de bouteille qui a survécu ! Les arômes de poires se renforcent. L'équilibre reste intact.

Impression générale : Plutôt gourmand fruité, avec un superbe équilibre (oui, j’insiste). J'aime beaucoup (ça c’est du commentaire éclairé, non ?). L’âme humaine est un funambule. Ce vin-là aussi

 P4280174

 Fleurs de poiriers, les étamines sont rouges ma mignonne...

 

Plus compliqué maintenant : l’Alsace. Entre les vraiment secs plébiscités par les minéralistes et les SGN, il y a de tout : des moelleux (VT), des mous, des quart de sec… J’ai remarqué que chez de bons vignerons, la mention « Vieilles vignes » désigne souvent un vin qui a les caractéristiques d’un demi-sec pour moi : richesse mais acidité bien équilibrante, fruité mûr et dominateur, relative absence d’arômes « rôtis ». Ici encore, deux bouteilles bues à environ 20 mois d’intervalle. Le vin a bien évolué, s’est complexifié.

 

P4280175

 

Riesling Vieilles Vignes 2004

Vincent Stoeffler à Barr    

 

Robe : La paille mûre aux reflets dorés. Comme pour les Montlouis, l’intensité colorante est assez faible.

Le Nez : Expressif voire aromatique. Assez riche : Le fruit de la passion (je vous remets le lien vers Francky Vincent… Naaaan, z’avez eu peur non ?) qui dominait complètement le nez il y a près de deux ans partage l’avant plan avec la cire et le miel, les écorces de citron. Est-il nécessaire de dire que je me régale !

La bouche : Rien à faire, l’équilibre c’est de la balle mes petits amis et là aussi, c’est le pied : Tant qu’il est dans la bouche et même bien après, richesse et acidité bien dosée rendent le vin aérien et drôlement buvable ! Du côté des arômes, on s’éloigne un peu de ce que j’ai écrit il y a quelques lignes, pas de chance pour mes « certitudes » : On ressent bien et bel un léger côté "rôti" avec des agrumes, des fruits exotiques sur lesquels je n’arrive pas à mettre un nom et un net côté raisin sec. La finale bien fraiche est interminable, dépassant la demi-minute.

Lendemain : Avec une bombe pareille comment imaginer un lendemain à la bouteille quand on est trois dessus ?

En résumé, je trouve ça gourmand, long, dense, équilibré buvable MAIS, je trouve que le vin perd en fraicheur avec le temps et glisse vers le moelleux.

 

Bon vendredi, bon week-end, bons amours !

Repost 0
29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 14:30

 

 

Je me décide enfin à joindre à cet article quelques photos de pruneliers en fleur.

 

C'est ici

 

 

 

Repost 0
27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 16:15

  P4220155

 

Je sais, Pâques, c’est aussi fini que Cabri, vous me direz donc que j’ai encore raté la mouche du coche en ne parlant d’agneau qu’à la fin du mois d’avril. Je vous rétorquerai qu’on n’estourbit pas ces mignonnes boules de laine uniquement à Pâques et que quand on aime, on en mange le plus souvent possible.

Bref, je vais vous entretenir aujourd’hui, avec toute la finesse et la retenue qui me caractérisent,  de quelques vins que je trouve excessivement capables, au niveau de l’accompagnement de plats à base d’agneau. Je me permettrai aussi d’évoquer diverses pistes pour accommoder ce succulent animal.

 P4260171

Illustration 1. Pascal, philosophe belge.

Ma passion pour le mouton me vient du philosophe belge Pascal. Pas celui qui prenait des paris. Non. Pascal Mouton, philosophe mais surtout Cèneur des Agneaux. Qu’est-ce donc qu’un Cèneur des agneaux ? Depuis 2000 ans , c’est une fonction cléricale transmise de père en fils. Il s’agit du traiteur qui prépare dans le recueillement et la minutie le repas pascal, reconstitution de la dernière cène, au Vatican. C’est le metteur en scène de la cène si vous voulez. Pascal Mouton est l’homme qui a déclaré :

 

Quand l’agneau grésille au four, il ne bêle plus dans le pré !

 

Quand il était gosse, il était doux de caractère. On l’appelait l’agneau, Pascal. Comme Mouton avait mauvaise haleine, des types en voulaient à sa peau. Il en était tout retourné le pauvre. Oui, je n’hésite pas à le dire, il a eu une vie difficile Mouton, cadet d’une famille nombreuse. Ses enfants lui ont mené la vie dure. A 17 ans sa fille, une brebis égarée, s’est amourachée d’un jeune chien fou, un certain Panurge, qu’elle voulait suivre au bout du monde. Elle s’est empêtré dans l’écheveau de la drogue et ce n’est qu’au prix d’une thérapie extrême, basée sur l’écoute en boucle de l’œuvre complète de Michel Berger, qu’elle est revenue dans le droit chemin.

Surmontant ces épreuves, Pascal Mouton est devenu comme son père Cèneur des agneaux. Il a attrapé son premier agneau sauvage dans la forêt silencieuse à 23 ans, opération non sans risque comme on le sait depuis la nuit des temps (voir illustration deux)

 

 P4260166

Illustration deux : « La chasse périlleuse au Grand Mouton sauvage gallois Pyddwydynhwnn par Lord Ernest Lekeu, Duc de Burnemouth ». Estampe japonaise (1348 et des poussières) de Rodolphe Von Himmelstrudel, aquarelliste espagnol (Londres 1664-Bratislava 1669). Musée de l’Art Guatémaltèque, Meix-Devant-Virton.

  

Bon trêve de digressions oiseuses. Mais bon, de l’humour belge, j’en ai tout un stock et je dois le liquider tant qu’il y a une Belgique. Tout doit donc partir, prix sacrifiés ! Mais revenons à nos moutons avant de me faire taxer de ridicule « Audiardisé » par l’un ou l’autre docte Tasteur. Revenons donc à nos moutons et sautons au chapitre suivant sans nous endormir.

 

Les vins

 

 Coteaux du languedoc. Terrasses du Larzac

Les Origines : Déodat de Séverat 2004 

  

Domaine de la Croix Chaptal                          

15,5 euros chez le caviste « Aux sens larges » à Hannut

Voici un vin tout en élégance dont j’ai bu deux bouteilles à 18 mois d’intervalle, la dernière il y a quelque semaines. Le vin est en train de s’ouvrir mais il a encore de la marge.

 

Sa robe : opaque, sombre, elle laisse juste deviner un peu de pourpre sur le disque.

Son nez : Il est terriblement élégant, expressif, sur la mûre et les épices, le café et le cacao, très crémeux et mûr ce nez. Il garde une ample et suave touche florale, des soupçons de cerise mûre.

Sa bouche : Vraiment ronde, douce même. La matière est très présente mais pas lourde, l'alcool absent, les tanins polis (ils disent au revoir quand on avale) mais ont encore de l'évolution devant eux. Le vin fait bien son nid en bouche. Le fruité très mûr de ronce est modéré, mâtiné d'épices, de garrigue. La finale est assez longue (plus de 25 secondes) et mêle le poivre, une noble amertume et des fruits mûrs peu définis.

Le lendemain : Il faut encore 12 heures d'ouverture pour que le vin donne sa pleine mesure, les tanins se fondant, les éléments s'harmonisant encore plus.  

Impression générale : Je suis dépoté. La classe. La preuve, je n’ai trouvé aucune imbécillité pour le décrire. C'est très bon, un grand vin, peut-être encore un peu strict.

 

 

Les Origines : Seigneurie des cambous 2004

 

Domaine de la Croix Chaptal     

Là aussi deux bouteilles bues sur 1 an d’intervalle. Si la deuxième est plus expressive et s’ouvre plus vite, sa description colle à celle de la première boutanche.

15,5 euros, Sens Larges

 

Œil : Robe opaque, noire. Même "sous lampe" on distingue à peine sa limpidité.

Nez : Discret voire fermé au début. Après deux heures de vidange et à l'agitation apparaissent de doux effluves de fruits mûrs (cassis, cerise) d'épices douces, de fleurs, d'empyreumatique. Ca reste peu expressif et difficile à cerner. Plus il respire, et plus une note florale de violette s'impose. 

Bouche : Etonnante. Arômes modérés de cassis, mûres épices, profonde amertume (moi j'aime) finale qui se mêle au fruit durant 30 secondes. La structure est remarquable de tension, de fraîcheur avec une matière qui semble imposante tout en restant fluide, buvable. Les tanins sont imposants en restant très fins et élégants.

Après : Le vin s'ouvre après 12 à 24 heures. Il mêle de profonds et sensuels effluves de cassis mûr à des épices douces et à une belle amertume. La structure est plaisante. Mais le pire, c'est que c'est facile à boire. Ce carignan est grand...

Avis très définitif : Un vin étonnant de fraîcheur, de retenue et de complexité. Belle structure, tension, tanins élégants signent à mon humble avis un grand renfrogné qui ne demande qu'à s’exprimer. 

 

Photo24 (2)

 Au pays du soleil et des moutons.. le Causse Méjean

 

Saint Chinian

V de Viranel 2006

 

Domaine de Viranel

10,5 euros, Sens Larges…

A la loupe : Très sombre, opaque, couleur grenat avec des reflets plutôt brun-orangés.

Chromatographie nasale : Modéré, puis discret après quelques heures d'ouverture. Fruits noirs genre cassis, épices, notes animales agréables.  C'est un peu fermé, pas exubérant mais très élégant, pas alcooleux en plus. A l'agitation, il y a de la cerise mûre, des notes balsamiques. C’est peut-être discret mais complexe, on s’y oublierait.

Gargouillis vulgaires : Très équilibrée, fraiche, avec des tanins plutôt soyeux. Les arômes sont modérés avec du cassis, de la cerise, des notes épicées, de genévrier, de caramel discret. La matière est légère, la finale longue de 15-20 secondes sur les fruits noirs, le cacao, l'amertume. Un beau vin.

Lendemain : Ne bouge pas !

Une critique très argumentée : Dju ti qu’c’est bon ! Le vin est très équilibré et agréable à boire, épicé ce qu'il faut. Un vrai délice.

 

 Photo33

 Vous avez dit Tarn ? Je dis Jonte...

 

 

VDP des Côtes du Tarn

Mauzac Noir 2003

 

By mister Plageolles Robert

Origine et prix oubliés… j’vous jure

Robe d'un beau rouge translucide. L'intensité n'est pas plus forte que dans un bourgogne générique. Cristalline. Larmes nombreuses et lentes.

Nez modéré mais original et agréable : pruneau, liqueur de fruits rouges, de cassis, de myrtille. Ca me donne envie d’une promenade dans les bois, une après-midi d’été quand les senteurs de pins et de fougères se mêlent et qu’il n’y a qu’à se baisser pour se gaver de fruits. Epices poivre et même liqueur de framboise à l'aération.         

La bouche est très légère, fluide et fraiche. Ni alcool ni lourdeur. Les tanins sont fins, assez puissants mais un peu secs. Les arômes assez expressifs sont très agréables : un fruité puissant et mûr de myrtille, de cerise, accompagné d'un soupçon de prune, de boisé agréable. La finale continue sur des notes et du poivre pendant 15 secondes. Après réchauffement et aération, on a des notes proches du cuberdon.

Sans lendemain. VVB redoutable !

De plus en plus argumenté : Excellent. Original. Bien équilibré. Un vrai bon moment.

 

 

VDP d'Oc

Triade 2006

 

Domaine de Valensac

7,7 euros, Sens Larges toujours

Depuis deux ans, j’en ai bu une tripotée et même un magnum. Redoutable en bonne compagnie. Tendance des bouteilles à se vider mystérieusement.

Coup d’œil : Robe très sombre mais encore translucide, d'une belle couleur cerise burlat.

Reniflons bruyamment : Modéré et élégant, il ne cessera de s'affirmer : cerise mûre, crème de cassis, vanille, épices du genre cade (ou bêtement genévrier), térébenthine légère.     

Gargarisons nous d’aise : Un vin d’été à boire frais, (15-16°c) pour garder son élégance. A l'ouverture un peu râpeux et alcooleux, il s'amabilise à l'aération. L'attaque est bien équilibrée entre rondeur et fraîcheur. Il manque un peu de gras, de densité à la matière. Le milieu de bouche suit et la finale est du même tonneau, sur 10-15 secondes. Bien équilibré, fluide, manquant juste un peu de tension, un poil alcooleux sur la finale. Les arômes rappellent le nez, modérés, moins nets (cassis mûr, épices, bois). Les tanins manquent de velouté mais structurent bien l'ensemble. Légèrement astringents mais agréables, ils apportent une belle amertume sur la finale.

Et rebuvons encore : En général, les bouteilles ne durent pas longtemps, mais Sur 2-3 jours, le vin gagne en profondeur, en suavité et en équilibre, devenant vraiment intéressant.

Et donc je pense : Pour 7,70, on a un vrai bon vin du sud, buvable, élégant, assez complexe.

 

 Photo7 (5)

L'autre pays du mouton... la baie de Somme

 

Et maintenant, parlons de l’agneau !

 

Un bon gigot ! Appelez ça cuisson  basse température, agneau confit, agneau de 7 heures, je n’en sais rien moi. Mais perso, le gigot, c’est soit saisi et rosé, soit cuit très longuement, plus d’une demi journée à 90° grand maximum, dans un bon plat de terre cuite au four, en arrosant réguièrement du jus de cuisson. Toujours avec romarin, poivre, gros sel et thym.

Beaucoup de variations primesautières sont permises…

 

L’ail : jamais dans le gigot : en chemise à ses pieds

Les finesses : une croûte de sel où on incorpore des épices genre romarin, thym…

Incorporer une couche de patates en tranches fines au jus durant les dernières heures de cuisson (précuire les patates)

Choisir un agneau des prés salés, c’est… ahurissant. Celui de la petite boucherie de Saint-Valéry sur Somme, près de l’office du tourisme dans la rue principale. Du bonheur !

 

Et puis il y a la moussaka… Des aubergines du jardin (des bicolores pourpre/blanc), du bon haché d’agneau, des tranches de patates ou de la purée (et on y incorpore 10 % maximum de panais si on veut), les épices du jardin, du cumin et… une poussière de cannelle… mes amis… on atteint le nirvana.

Pour les aubergines penser à les couvrir de gros sel et à les faire dégorger pendant une heure ou deux, puis les ressuyez dans du papier absorbant. On les rissole avec de l’ail. A part, vous préparez la purée, une béchamel, vous faites rôtir le haché avec des tomates des courgettes en petits dés, les épices susnommées. Puis tout rejoint un plat et va dorer au four. Rien que du bonheur. La Belgique est un plaisir et doit le rester.

 Photo23 (5)

Un peu d'eau gazeuse après votre moussaka ?

La vie, c’est quand même du bonheur non ?

Repost 0
23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 09:34

 

J'ai mal au coeur ce matin, je n'ai pas bien dormi.

 

Dans tout groupe de primates, sauf chez les plus évolués, il y a des moments de tensions extrêmes dans le groupe quand les conflits atteignent des paroxysmes. Alors il faut évacuer la tension. Et ça court ans tous les sens, ça hurle, ça gesticule, ça se tape la poitrine, ça se renifle le pète, parfois le 'tit zizi.

 

C'est ce qui se passe régulièrement, par exemple, au parlement belge, comme hier le 22 avril. Il y en a un, souvent un flamand, qui gueule plus fort, lance des ultimatum, crie bien haut sa volonté d'arrêter de jouer aux billes, puis le lendemain revient sur la pointe des pieds disant "t'as vu comme y m'ont regardé les électeurs ? Allez maintenant, je vais continuer à grogner un peu pour la forme et on pourra reprendre". Des fois il y en a, souvent des wallons, qui hérissent le poil, grognent un peu, se mettent les mains sur les oreilles pour ne pas écouter.

 

Les bestioles s'agitent et pendant ce temps, les fins de mois difficiles s'écoulent pour les péquenots, les emplois tombent, les braqueurs braquent, les curetons tripotent le enfants du bon dieu, les évêques camoufleurs camouflent, les agriculteurs agriculent à perte, les journaleux font leurs choux gras, les profiteurs profitent. Pendant ce temps là le moral des gens leur tombe dans les chaussettes, les trognes virent au gris de la mine et on en vient à se dire, vivement la fin de ce foutu Pays.

 

Alors, ça me fiche la nausée, cette bande de klettes, de langues chargées, de myopes de la chose publique, de petits politiciens de petites circonscriptions électorales, ce ramassis de gestionnaires du petit plan de carrière, ces spécialistes des petits lendemains sans gloire où après avoir bien mis sa merde, on revient dire oui mais si les échéances sont claires on veut peut-être bien négocier.

 

Ils m'écoeurent tous ces blaireaux sans envergure qui ont oublié pourquoi on les payait. Pour diriger un Pays et donner un avenir à ses habitants, et vraiment pas, non vraiment pas pour foutre le bordel, pour ne pas trop se mouiller quand c'est humide, pour chercher toutes les combines qui permettent de surseoir et de ne pas décider mais surtout, surtout de voir comment encore arnaquer le populo au prochain cirque des urnes et garder sa petite place bien chaude dans la grande berline.

 

Et quelle alternative avons-nous ? Des troupeaux hurlant d'extrémistes aux idées courtes et malodorantes, dont on sait très bien qu'une fois au pouvoir, à part des conneries et de l'inaction, ils ne foutront pas grand chose ? Des partis nouveaux, ouvertement populistes, dont le nom risible seul, fleurant bon la maison de retraite et les idées du passé (PP, faut le faire tout de même) devrait faire fuir toute personne un peu futée.

 

Notre seule alternative pour nous en sortir, est de compter sur nous même, comme toujours, de râler dans notre coin et de pester. Comme des ploucs, comme des pions, comme du pipi de Sansonnet, uniquement intéressant quand il s'agit d'aller remplir son bulletin de vote. Moi, s'il faut voter, j'irai et remplirai le papier d'insultes, de bons mots, de drôleries.

 

Désobéisance civile !

 

Je vous mets en lien un texte de Thomas Gunzig en 2007 dans la semaine infernale. Il s'intitule "Bande de cons" et est criant d'actualité !

 

C'est ici.

 

Je termine en donnant un bon conseil à nos politiciens. Il existe une espèce de primates chez laquelle les conflits et les tensions sont réglés un peu différemment : les chimpanzés bonobo. C'est par des relations sexuelles et des attouchements tous azimuts, intersexuels, frénétiques, orgiaques qu'ils évacuent les tensions de groupe.

 

Un bon plan pour de futures négociations ?

Repost 0
Published by le rustre - dans Café du commerce
commenter cet article
21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 16:21

 

Cet article se veut évolutif, merci de me signaler les coquilles, les erreurs, les approximations. Je corrigerai et compléterai cet article au fur et à mesure de mes balades alsaciennes, de mes rencontres.

 

Ce coteau recouvert de vignes et dominant la ville alsacienne de Barr a une signification très particulière pour moi. Il est la première vision de l’Alsace qui s’est offerte à moi lors de ma traversée des Vosges à pied.

Le randonneur qui suit le GR5 depuis la Belgique traverse la Lorraine et pénètre le massif des Vosges à Abreschwiller. Il escalade les pentes du Donon, se perd dans les sylves profondes qui encerclent Schirmeck, reprend ses ascensions folles vers le Mont Saint Odile. Là, il a une première vision impressionnante de l’Alsace. Mais pour moi, le temps maussade et brumeux ne me permit pas ce premier contact. Après la Montagne sacrée alsacienne, le marcheur entame une longue descente en passant par le Château du Landsberg et enfin sort de la forêt pour atteindre Barr par le Kirchberg. Pour qui ne connaît pas encore l’Alsace, c’est une vision magnifique que cette pente abrupte et inondée de soleil qui mène à la charmante cité aux colombages colorés. Au-delà, le Zotzenberg, l’Ungersberg, le Champ du Feu, le château du Haut-Andlau égrainent tout le charme de ce pays de contrastes : collines opulentes, nid d’aigles imprenables, montagnes sombres et inhospitalières.

 

Le lieu, le sol, les vignes.

Le Kirchberg de Barr, situé à une altitude comprise entre 215 et 315 mètres, d’une superficie de 40,63 Ha avec son orientation sud-sud-est (mais la littérature donne un éventail d’orientations allant du sud-est au sud-ouest, peu importe ces détails, sachons simplement que l’ensoleillement du site est important et qu’il y fait bon le matin, chaud à midi), doit se parcourir au mois de novembre ou en mars/avril pour ressentir sa magie. Il y fait chaud, vite et tard dans la saison. Il m’est arrivé de m’y promener à la Toussaint et de me mettre en T-shirt tant les chiches rayons de soleil cuisaient la pente caillouteuse. Le sommet couvert de bois qui le protège des vents du nord, le sol très caillouteux qui emmagasine la chaleur le jour pour la restituer la nuit… la vigne ne demande pas mieux pour y mûrir son fruit.

 

P4080110

La pente du Kirchberg au printemps

 

Le sol est relativement drainant mais la pente est forte, gare aux orages et à l’érosion. Le coteau est d’ailleurs largement enherbé, entre autres pour freiner la solifluxion des sols. La composante argilo-marneuse du sol le rend assez riche en substances nutritives.

 

P4080112

Le sol pentu, marno-argileux, caillouteux, avec quelques muscaris.

 

La fertilité de ce sol est due au calcaire actif, à la magnésie rendues disponibles aux plantes par l’altération de la roche mère. La présence d’argile permet la fixation d’autres minéraux mais aussi une certaine régulation hydrique (qui contrebalance les effets de pentes).

La précocité du site est moyenne, l’approvisionnement hydrique régulier.

Le pH du sol est plutôt basique et les porte greffes des vignes doivent être adaptés à la présence de calcaire actif.

Le Kirchberg de Barr est classé dans les terroirs de type marno-calcaire. Mais comme je l’ai déjà dit, la part de calcaire actif, disponible pour la plante est importante sur les pentes du vignoble. Le randonneur qui quitte l’Eglise St-Martin de Barr (protestante) et grimpe le coteaux traverse d’abord des couches de terrain datant du jurassique moyen (Dogger). Mais très vite, on arrive dans les couches géologiques qui constituent la majeure partie de la colline : un conglomérat  datant de l’effondrement du fossé rhénan, entre 30 et 40 millions d’années, à l’oligocène. Les galets, peu roulés, anguleux sont des calcaires jurassiques oolithiques jaunâtres provenant du relief de l'arrière pays. Ils ont été façonnés par les torrents puis cimentés dans leur lieu de dépôt par des marnes. Ces marnes sont elles-mêmes des argiles enrichies de calcaire. Ces roches se désagrègent et évoluent en un sol brun calcaire riche en éléments rocheux.

 

P4190153

 

Roche calcaire oolithique. Remarquez les petits nodules blanchâtres (sur le détail en-dessous notamment), ce sont les oolithes. Ce sont des petits grains formés en milieu marin de faible profondeur et très agité. Ce sont des bactéries qui contrôlent la précipitation de couches concentriques de calcaire autour d'un noyau détritique. On peut retrouver la trace de petits coquillages.

 

calcaire oolithique détail

 

Gewurztraminer, riesling, pinot gris mais aussi pinot noir (mais il n’a pas le droit à l’appellation, alors que le XXC de Stoeffler fait partie des meilleurs rouges d’Alsace) se plaisent sur ce sol. Dans une moindre mesure, il y a aussi du muscat et du sylvaner.

Les « adventices » qui poussent près des vignes confirment bien ces prémices géologiques :

 

La présence abondante de lamier pourpre qui aime les sols riches et au pH basique, mis à nu régulièrement,

P4080114

 

 

 d'Erodium  cicutarium ou Eurodium à feuilles de cigüe ou Bec-de-grue qui aime les sols pentus, secs, bien exposés au pH modéré, P4070130

 

P4070131

 

 

du muscari en grappes, plutôt sudiste et aimant la chaleur, les sols bien drainés, assez riches.

P4080109

 

 

Les sédums blancs qui poussent sur les murets (même ceux exposés au nord) du bord du chemin (au pied des muscaris sur cette photo). Ces plantes, au demeurant assez banales peuvent être observées au printemps.

 P4080116

 

Ethymologie, un peu d’histoire.

Kirchberg signifie coteau de l’église.

P4080117

Certaines sources mentionnent une chapelle Saint Martin au sommet du coteau, mais je ne me souviens pas l’avoir vue. Le bâtiment qui trône au milieu de la pente n’a rien de religieux.

 P4080108

 

Ce bâtiment qui domine le vignoble, muni de trois fenêtres à chacun de ses étages fut érigé dans le deuxième quart du dix-neuvième siècle. Connue sous le nom de Pavillon du maire Hiesel, il a été construit pour le maire de Barr Dietz (mais alors pourquoi cette mention du maire Hiesel ?). Madame Hering du domaine éponyme m’a dit qu’il s’agissait d’une petite folie (c’est coutumier à Barr) pour que ses trois filles puissent à leur aise prendre le thé tout en ayant une jolie vue sur le vignoble. C’est la raison des trois fenêtres : une pour chaque fille.

Repost 0
Published by le rustre - dans Lieux et Lieues
commenter cet article
21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 12:46

En voilà un jeu de mot subtil pour une rubrique qui parlera de ces endroits qui inspirent, qui marquent, qui comptent ainsi que des chemins qui en partent ou qui y conduisent.

 

Je suis un rustre pragmatique et terre-à-terre et pourtant force est de l'admettre, il y a des lieux magiques, irradiant et des lieues qui forgent le caractère sinon l'âme.

 

Cette rubrique leur est dédiée. Elle commencera avec deux crus alsaciens qui me sont chers pour différentes raisons : le Kirchberg de Barr et le Zotzenberg.

 

Cependant, qu'on ne s'y trompe pas, cette rubrique décevra probablement les amateurs de vins : pas de dégustation des crus ni de rencontres avec des vignerons. C'est le lieu et ce qu'il dégage, ce qu'on y observe qui prime.

 

Les articles de cette rubrique seront évolutifs ajout de renseignements, de photos... au fur et à mesure.

 

 

Repost 0
19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 09:51

Autant vous le dire tout de suite. Même si la catastrophe économique annoncée (on s'en fout depuis deux ans on est habitué), la perte des organes à greffer (ben oui, mais avant on se débrouillait bien sans avion, c'est gonflé de confier un truc aussi fragile à un service aérien qui peut être coincé par le brouillard, une grève ou un volcan sans avoir de plan B en cas de pépin), le chômage économique (le plus ennuyeux) et les milliers de vacanciers coincés (là, faut pas déconner, tu voudrais pas qu'on pleure pour des mecs qui prennent l'avion comme je sors un mouchoir de ma poche pour aller en vacances en Thaïlande ou à Cuba à Pâques, même pas les "Grandes vacances", merde), devraient me pousser à être propre sur moi et à ne pas médire, je dois dire que le coup du volcan islandais au nom à coucher dehors (mais pas en Islande alors, t'attraperais un rhume comme rien. De toute façon en Islande, tout et tout le monde a un nom à coucher dehors, doù une propention du local à se balader à poil par tous les temps d'une flaque de neige fondue à un geyser bouillant) qui d'un petit boum (quand votre moteur fait boum) met notre belle et arrogante technologie chaos, me fait sourire béatement.

 

Tout cela a une morale à quatre sous qui réjouit mon côté anar-écolo. Alors qu'il y a 20 ans, on était tout content d'aller passer une journée à la mer du nord ou un week-end à Bouillon pour les vacances de Pâques et qu'on était parfaitement heureux comme ça, de nos jours, une petite semaine de congé et hop on se la joue nabab sur une plage à Cuba, dans un bled paumé du Dakota du Nord ou dans le string d'une jeune beauté bronzée de Rio. Notre bonne vieille terre nous sort un bon gros prout de ses entrailles, bien normal pour une dame de quatre milliards d'années et patatras tout s'écroule, ce qui est dommage pour une flotte aérienne.

 

Je ne peux m'empêcher de trouver cela réjouissant. Alors de concert avec tous les habitants de Bierset et alentours, Zaventem et consors, ce week-end j'ai sorti le barbecue, ouvert un Saint-Nicolas de Bourgueil de Fédéric Mabileau (Eclipse, plutôt raccord non ?) et j'ai profité d'un ciel d'un bleu de perfection, sans bruit de réacteur, sans zébrures blanches, le rêve.

 

Sans compter que ces quelques jours sans avions doivent faire beaucoup plus contre le gaspillage d'énergie que l'heurette sans lumière qu'on nous pond une fois par an, cela fournit quand même une excuse un peu moins bidon que "je peux pas, j'ai piscine" à ceux et celles qui devaient assister à des funérailles ce week-end. C'est vrai que Paris ou Berlin-Cracovie en train, c'est pas possip' m'sieur.

 

Enfin pour terminer, entendu ce matin sur la première (RTBF, Belgique, Terre) au journal : Beaucoup d'enseignants coincés à Cuba, la Jamaïque ou Tombouctou ce lundi, certaines écoles pourront faire appel, pour assurer l'interim à des... institutrices volantes...

 

Etonnant non ?

Repost 0
Published by le rustre - dans Café du commerce
commenter cet article
16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 14:16

 

cerisier en fleur détail

 

Quand j’ai commencé à penser à créer un blog, je m’imaginais créer des fiches de jardinage et donner plein de conseils, synthétiser tout ce que j’ai lu à droite et à gauche…

 

P4150136

Mon potager. Non, ne fuyez pas, c'est la partie couverte d'engrais vert. les grandes tiges sèches, c'est de la moutarde. Le vert ce sont des vesces et du seigle. Dans un mois je faucherai et incorporerai ces plantes au sol. pas de travail pour le moment...

 

 Le week-end passé, j’ai commencé à « retourner » mon jardin avec ma grelinette, sorte de bêche-fourche plébiscitée par tous les jardiniers bio qui se respectent (je n’ai pas trouvé de photo de mon modèle sur le net et la mienne est dégueulasse, si j’ai le temps la semaine prochaine je poste une photo de l’engin rendu présentable…). Le but est d’aérer le sol sans le mettre sans dessus-dessous, ce qui est souvent reproché aux bêches et au motoculteur. L’utilisation de la grelinette permettrait de ne pas mélanger les couches aérobies et anaérobies du sol…

D’autres décrient la grelinette en disant que c’est un attrape-bobos, super cher (dans les 100 euros quand même) et inutile et que si tu utilises une bêche pas trop longue, tu respectes autant la vie dans le sol. De plus, la grelinette, si le sol est trop argileux, trop plein de racines, trop  ceci et trop cela, et bien c’est du flan. Et que de toute façon en travaillant sur 30-40 cm, la couche anaérobie, on est loin de l’atteindre et que dans un sol bien constitué au niveau argilo-humique et profond, c’est pas demain la veille qu’on l’atteindra.

N’ayant aucune expertise sur ces divers points de vue, j’ai  longtemps hésité à en acheter une. Puis ma femme m’en a offert une pour mon anniversaire. J’ai trouvé ça génial. Non seulement, si la terre est bien amoureuse, la grelinette travaille le sol sans le retourner, en émiettant les mottes, non seulement étant trois fois plus large qu’une bêche le travail avance quasi aussi vite qu’avec un motoculteur que tu dois repasser trois fois, mais en plus tu te fatigues moins et ton dos est sain et sauf !

Donc, je suis peut-être un bobo, mais je trouve cet outil génial. Sauf, que le week-end passé, quand j’ai enfin trouvé un créneau pour travailler au jardin, le sol était encore trop humide et j’ai un peu trop retourner sans émietter. Est-ce que cet accroc aux grandes règles du nouveau jardinage respectueux de la belle vie dans le sol va faire dépérir mes légumes ? Vu que ca m’arrive chaque année et que j’ai quand même de beaux et bons légumes, je peux vous répondre que non.

 

P4150137

Après le passage de la grelinette (ci-dessus, sans protection après une semaine la terre argileuse sèche et devient difficile à travailler), je couvre comme je peux (avec du gazon par exemple voir ci-dessous) le sol pour le protéger.

P4150140

 

Et c’est à ça que cet exemple voulait vous conduire. Il n’y aura point dans ces pages d’encyclopédie du jardinier. Juste du vécu, loin des recettes toutes faites. Ne vous attendez donc pas à voir de belles photos de l’homme au travail, de réponses définitives, de recettes avec schéma 1, 2, mettez la chevillette 1c dans le trouloulou 1C. Non, il y aura surtout des interrogations, des doutes, rarement des solutions, qui parfois changeront l’année d’après, des erreurs aussi probablement.

On trouve déjà tellement de solutions gentiment bio qui ne sont pas très bio en fait…

Lierre terrestre

Lierre terrestre ou lamier amplexicaule. Une adventice bien jolie qui est aussi un condiment excellent pour les salades et les omelettes.

 

 

Quelques unes  en vrac ?

Le lithothamne qui est un dépôt calcaire issu de l’activité d’une algue rouge encroûtante extraite en profondeur (au large de l’archipel des Glénans dans le Finistère par exemple) est la coqueluche des jardiniers bio. Le guide Rustica du jardinage, à tendance franchement bio, le cite quasi à toutes les pages. C’est bon pour tout, de la vigueur de la plante à la lutte contre le mildiou. C’est vrai que c’est un bon amendement, riche en Oligo-éléments et neutralisant les sols acides. Or le lithothamne n’est pas une ressource durable. Les gisements diminuent et proviennent d’exploitations contestables au plan écologique puisque non seulement la récolte dépasse les facultés de régénération des « colonies » d’algues mais elle détruit aussi un écosystème primordial pour la reproduction d’espèces marines. Faites donc un petit tour sur ce pdf. Le Finistère a d’ailleurs décidé, il me semble, de suspendre les récoltes à partir de 2011.

La roténone et d’autres insecticides bio (jus de tabac, pyréthrine) ont longtemps été vendus librement en jardinerie et les gens achetaient ça tout content d’utiliser un produit bio efficace qui-ne –pouvait-pas faire –de-mal-puisque-bio. Or ces produits, s’ils sont efficaces, sont nocifs, y compris pour l’homme (relation entre roténone et maladie de Parkinson) mais surtout ne sont pas sélectifs : ils tuent le puceron mais aussi la coccinelle !

Les plantes-pièges, pour les pucerons notamment. Plantez donc de la capucine près de vos tomates qu’ils disaient, quand elles seront noires de pucerons, brûlez les, vos tomates seront épargnées. Sauf que observez : sur la capucine, c’est un puceron noir en colonies qui s’installe, sur vos tomates, un vert plutôt solitaire. La capucine ne protège donc pas grand-chose. On m’avait présenté aussi l’absinthe comme éloignant les pucerons. Je vous montrerai bientôt des photos de mon absinthe noire de puceron. C’est la première plante à être envahie ! Par contre, et c’est là un outil de première bourre pour le jardinier, ce rassemblement des pucerons sert de banquet et de nurseries pour les coccinelles et les syrphes au début du printemps. Ces prédateurs et leur descendance se disperseront dans votre jardin quand inévitablement à la fin du printemps la colonie de pucerons essaimera et laissera votre absinthe se régénérer tranquillement. De toute façon, heureusement que les pucerons lui font sa fête annuellement à cette jolie saloperie : elle est très envahissante et aurait tôt fait d’envahir toute ma parcelle d’aromatiques.

 

Armoise absinthe

 Armoise absinthe, bien en retard cette année...

Dernier exemple : on nous dit de planter des plantes aromatiques comme « rideau olfactif » près des choux pour éloigner les piérides. Certes. Mais c’est oublier que certaines plantes aromatiques comme le thym émettent leur parfum comme protection (un peu à la manière de notre sueur) contre le rayonnement solaire et qu’en Belgique, quand il fait froid et qu’il pleut… ben la protection olfactive n’est pas vraiment là. Par contre, j’ai observé que des choux perdus dans une jungle de fenouil et de coriandre, au point que le feuillage de l’aromatique cache véritablement le chou sont moins attaqués par les piérides qui y pondent nettement moins que sur les choux visibles.

 

Voilà quelques remarques éparses qui me sont venues en retournant mon jardin. Pas grand-chose, mais ça me rachète un peu de mes divagations sur les chats non ? Il faudra aussi que je vous raconte pourquoi je ne jardine plus avec la lune mais c’est plus long alors ça attendra. A la semaine prochaine

Repost 0
Published by le rustre - dans Le jardin au naturel
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lerustre.over-blog.com
  • : Le Rustre est un peu dingue. Il a un avis sur tout bien sûr. Et quel avis ! Il a des mentors bien sûr. Et quels mentors ! Pompon, Rémy Bricka, Roger Tout court, Rika Zaraï, les chevaliers playmobils... C'est dire si l'avis du Rustre est pertinent !
  • Contact

Recherche