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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 13:49

Un peu alambiqué comme titre non ? C’était rapport aux moteurs de recherche et tout ça m’sieur… Que voulez-vous, il faut bien faire du chiffre, attirer le chaland. Tiens j’en rajoute une couche. Hier, c’était la journée internationale de la femme ! Voilà, comme ça, c’est fait. En passant, si vous doutez encore que 2010, c’est has been… Faut le faire, d’encore être obligé de militer pour l’égalité des sexes au 21ème siècle…

Bon, venons-en au fait. Vous ne vous sentez pas tout frétillant vous ? Malgré la neige, malgré un thermomètre qui affichait -6°c encore ce matin, ça y est, le printemps arrive. J’ai la bêche qui me démange…


crocus sous la neige 1


Si vous avez un jardin, plus encore si vous avez un potager, vous vous êtes déjà fait prendre. Le contraire est impossible. Dès que les jours rallongent, que le merle siffleur et le pinson moqueur lancent leur trille mélodieuse au-dessus des arbres séculaires dans l’azur clair du matin enjôleur et… Holà mes preux… Je m’emporte. Mais bon c’est vrai, on le sent dans ses tripes, non ? On a envie d’y retourner au jardin. De semer, de planter… parfois trop tôt, quitte à tout perdre.

Je n’ai jamais conçu ma vie à la campagne sans jardin et surtout sans potager, encore un truc que je dois tenir de mon père. Personne ne devrait le concevoir d’ailleurs, ça devrait être fournit avec la vie de cambrousse. Point. Ca et un congélo, ça rachète un peu les tonnes de CO2 que produisent vos déplacements incessants dans un bled dépourvu de tout .

Bref, en allant faire mes courses l’autre jour, chez Colruyt, quelle ne fut pas ma stupéfaction en voyant un rayon énorme rempli de bazookas défoliants, d’élixir anti-bébêtes pour tous les goûts, toutes les tailles, tous les nombres de pattes, d’anti-mousses etc…

Yeah, le printemps revient, on va pouvoir sortir les pulvérisateurs et dézinguer à tout va toute cette bon Dieu de création pleine de sales bestioles rampantes et volantes qui font rien qu’à mettre du désordre dans notre belle nature jardinière si bien rangée, taillée de près, avé des bô carrés et des pelouses bien vertes et impeccables.

J’ai un gros problème avec ce type de jardinage là, encore plus gros, bien plus gros qu’avec les chantres de la biodynamie, qui s’ils ont le don de heurter ma sensibilité scientifique ont au moins la correction élémentaire de laisser l’intimité de dame nature plus ou moins sereine.

Est-ce de ma faute à moi si j’aime le bordel, le pas bien rangé, le ça peut plus durer ? Parce que si vous venez dans mon jardin là aujourd’hui, vous n’avez pas intérêt à trouver à Versailles des airs de paradis ni à avoir un portrait de Le Nôtre à côté de celui de tata Yvette sur le buffet de la salle à manger. Sûr que vous auriez un choc.

N’y allons pas par quatre chemins : c’est un foutoir complet. Pour donner un exemple, non seulement je laisse pousser mes herbes pendant tout l’été, mais il y a des endroits où toutes les tiges séchées des angéliques, des guimauves, des mauves, des cardères et des carottes sauvages restent debout jusqu’au printemps, pour servir d‘abri hivernal  à l’entomofaune. Je n’utilise aucun insecticide, même bio. J’en ai des bouteilles à donner si vous voulez. Jamais ouvertes. Pas eu le cœur à m’en servir, même devant des invasions de chenilles sur mes choux.

Pas de désherbant, pas d’anti-mousse, peu de tontes, des végétaux rustiques, de chez nous en grande partie, des mauvaises herbes, de l’amendement organique, quasi aucun autre engrais, quasi pas de bouillie bordelaise (une à deux fois par an). A côté de mon jardin, le bio, c’est Tchernobyl.


J'aime le miel

Je rigole bien sûr, à peine. Non seulement, je ne m’accorde pas les produits de synthèse qu’on vend en vente libre dans les grandes surfaces (à des gens qui seront parfois les premiers à gueuler que les agriculteurs exagèrent, qu’ils nous tuent NOS abeilles et NOS papillons…) mais en plus je ne crois que très parcimonieusement aux solutions toutes faites du bio-de-grand-bazar.

J’expérimente, je rate, je réussis. Je vis et je laisse vivre. Mais le plus beau : mon jardin est plein d’insectes, de crapauds, de tritons, de hérissons, de chauve-souris et même de beaux légumes…

Ce titillement de la belle saison que je ressens au fond de mes vieux os est l’occasion d’inaugurer une nouvelle rubrique dans ce blog à brac.


Ici, on parlera de jardin et de potager… comment dire ? Bio ? Durable ? Naturel ? Choisissez.

Pour commencer aujourd’hui  je me permets une énumération sans explications des grands principes que j’essaie de suivre. Ma ligne de conduite est dictée par l’assurance que dans un confetti de pays peuplé de 10 millions de blaires, qui construisent à tout va et tellement qu’en certains endroits tu ne t’aperçois même plus que tu passes d’un village à l’autre, un jardin peut devenir un élément de maillage écologique, servant de couloir entre des zones qui présentent encore un intérêt pour la flore et la faune.


Anémone fausse-renoncule

Il faut veiller :

A planter un maximum d’espèces locales, rustiques, résistantes.

A veiller à ce que les fleurs plantées soient riches en nectar (et bannir les espèces horticoles trop savantes qui sont peu mellifères)

A veiller à avoir des floraisons bien étalées sur la belle saison

A planter des haies avec des arbustes locaux qui donnent du fruit. En plantant du cornouiller mâle, du néflier, du sureau noir, du prunellier, du frêne… vous ferez d’une pierre deux coups puisque ces arbustes ou arbres permettent d’élaborer des confitures et des boissons roboratives diverses

A moins tondre, à laisser même une partie de la pelouse se transformer en pré de fauche.

A choisir pour ses massifs fleuris des plantes hôtes pour différents insectes, intéressantes pour le potager ou autre: ortie, consoude, absinthe (oh là mes gens, je vous vois venir… et vous avez raison de penser ce que je pense que vous pensez…), angélique, panais…

A planter au potager des légumes plus ou moins adaptés à nos climats, à les planter dans de bonnes conditions (non, pas les jours feuilles…) à la bonne exposition, dans le bon sol, à la bonne température…

A faire bien d’autres petits gestes, mais aussi à se la dorer ou à siroter un muscat d’Alsace frais pendant que d’autres se cuisent le melon en tondant leur bon Dieu de green tout lisse.

Et surtout, comme pour le vin : être curieux, expérimenter, faire votre propre chemin sans trop suivre ceux des gourous, des modes, des chapelles.

Et comme pour les autres rubriques, je ne sers pas de guide, je témoigne juste d’expériences personnelles, avec leurs réussites et leurs limites.

Bon l’itinéraire vous dit ? A bientôt dès que le réchauffement climatique aura repris son cours normal…

 

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 11:55

En abordant ce sujet, je sais que j’avance en terrain glissant. Sur l’excellent forum LPV, il y a eu (et il y aura encore) de longues discussions à propos de… appelons ça, faute de mieux, les "vins de mère nature". Je dis faute de mieux car on fourre dans un même sac des concepts, qui s’ils surfent tous sur l’envie bien légitime de retrouver des produits plus "naturels" (observez la mise entre guillemets), sont quand même bien différents, à savoir les vins bio, les vins biodynamiques et les vins nature. Ces longues discussions tournent souvent à l’aigre, voyant l’affrontement de deux clans : les bio-natures acharnés et les méchants rationalistes à la botte de l’industrie chimique. C’est très réducteur et très vexant, puisque moi qui suis plutôt pour une agriculture saine, peu polluante, pour un retour à certaines valeurs et habitudes durables, je me retrouve à chaque coup dans le camp des méchants chimistes, ce qui est, pour qui me connait un peu, parfaitement ridicule.

Parce que, entendons-nous bien : que ce soit dans le monde agricole en général ou dans le monde de la viticulture en particulier, réduire l’impact des cultures sur l’environnement (et corollairement d’une certaine façon sur la santé humaine) est une nécessité tout à fait primordiale. Si le bio n’a pas le monopole d’une réduction drastique des intrants "chimiques", c’est une solution courageuse, viable et totalement défendable qui séduit de plus en plus d’agriculteurs. Cependant une chose me chagrine, c’est que comme pour toute chose en ce bas monde, certains de nos contemporains ne retiennent pas l’impact positif du "bio" sur l’environnement ou notre santé, mais juste la quantité de fric qu’on peut se faire avec. Du coup le "bio" à toutes les sauces n’est peut-être pas toujours "durable". Pour prendre un exemple, manger des fraises bio en hiver est un non-sens total.

Je digresse, mais le sujet est si vaste, que ce n’est pas en un texte qu’on peut en faire le tour. Revenons à nos moutons, la biodynamie. C’est un ensemble de pratiques culturales inspirées pour une part des méthodes du bio classique, d’autres part des idées de Rudolf Steiner et de ses continuateurs (notamment, Maria Thun). Dans les années 20 du siècle précédent, Steiner a été l’initiateur de l’anthroposophie. La biodynamie, à l’origine, est en quelque sorte, la branche agricole de ce courant de pensée. Aujourd’hui, il faut aussi souligner que beaucoup d’agriculteurs pratiquant la biodynamie ne se réclament plus de l’anthroposopie et ont même pris leurs distances avec ce courant. Les méthodes (dynamisation, calendrier lunaire, homéopathie appliquée au végétal) restent cependant. Ces méthodes ont particulièrement séduit nombre de viticulteurs et pas des moindres, songeons au Domaine de la Romanée-Conti ou à Zind-Humbrecht ou domaine Leflaive.

Le terrain devient plus glissant encore. Que puis-je reprocher à la biodynamie ? A priori pas grand-chose. C’est un mode de culture respectueux de l’environnement, les vins produits peuvent être de grande qualité. Pas de souci donc. Là aussi, il en faudrait des pages pour expliquer les méthodes utilisées, en quoi elles diffèrent du bio "normal". Ce ne sera pas fait aujourd’hui. Non, décidément, pourquoi critiquer la biodynamie ? Je pourrais me contenter de dire que cette "école" est un aboutissement d’un besoin viscéral et irraisonné d’une grande partie de nos contemporains à un retour aux valeurs de la terre, de la nature, des choses "vraies" etc… En ce sens, c’est une cousine de ce que j’appelle la "sacralisation du Terroir" et de la manie agaçante de la "minéralité" dans le monde du vin. Vu que moi-même j’adhère à ces valeurs de retour à nos racines, aux produits de notre terre et à des valeurs qu’on peut qualifier d’écolo, en quoi est-ce que la biodynamie peut me titiller ?

Lisez l’interview d’Anne-Claude Leflaive (du domaine Leflaive en Bourgogne) dans la RVF de janvier 2010. Ses propos illustrent à merveille ce qui me tripatouille le gras de tête dans la biodynamie. Dans cette interview, il y a beaucoup de choses qui m’ont fait bondir, mais là encore, il faudrait, oh, au moins tout ça de pages… Je me permets juste de citer deux extraits, repris d’ailleurs lors d’un débat sur LPV :

 

"Le raisin est une matière vivante. En plus, c'est de l'eau. Toute cellule vivante a une mémoire. Chaque cellule est réceptrice d'information. En biodynamie, c'est une conviction. Dans le dynamiseur, on met une mémoire de la plante qu'on transmet sur la vigne. "

et :

"Le vin ne peut pas se libérer s'il a été en contact avec des grognons. Lorsque vous tombez sur une bouteille bancale, renseignez-vous sur la personne. Bien souvent, on réalise qu'elle a eu un problème à ce moment-là. C'est évident, cela se transmet au vin. Chaque maillon en contact avec le vin compte. Sur la table de tri, par exemple, j'essaie d'éviter de mettre des gens qui ont des soucis. Si tout le monde est heureux, content de travailler dans une bonne atmosphère, on aura des vins joyeux, sympas, ouverts, qui font plaisir à boire. "

 

Les propos d’AC Leflaive me laissent songeur. Ou au moins, soyons ouverts, leur retranscription par le journaliste de la rvf.  Ainsi donc, les vilaines ondes, la mauvaise énergie dégagée par les fâcheux et les grincheux peuvent déprécier une bouteille de vin.

Cela ne m’étonne pas, puisque cela va dans le même sens que les recherches controversées du Dr. Isfut Twa Shilatsu de l’institut international de recherches Néo ante-darwiniennes géo-bio-cosmologiques de Braine-L’Alleud. Ce scientifique (ses dires sont donc indiscutables) a montré lors de nombreuses expériences que la présence dans les prés de hérissons en période de menstruation faisait tourner le lait des vaches, que le fait de boire du café froid lors d’un noeud lunaire ou d’un jour racine ascendant tige pouvait faire surir le plum-pudding fait à partir de lait dynamisé. Ces expériences sont peu connues, le Dr. Shilatsu estimant que l’humanité n’est pas encore prête à recevoir la puissance de ce message, et refusant de les divulguer dans des revues scientifiques (hormis peut-être, dans la prochaine rvf ou dans paris-match). Pour en avoir le cœur net, j’ai rencontré dans une sombre taverne pragoise où il avait trouvé refuge, traqué qu’il était par les membres de « l’Agence », le Docteur Léon Kraspek, professeur émérite de l’Université libre « Florent Pagny » de Membre-sur-Semois, Directeur de la chaire Sihran-Sihran à l’Institut Yéwéné-Yéwéné de Baden-Baden, bien connu pour ses recherches sur la culture du pili-pili à Bora-Bora. Je lui ai demandé demandé, ce qu’il pensait de la biodynamie-namie. Sa réponse a été très claire Claire : "si on reprenait une bière, Olaf ?" Le Dr Kraspek, qui est tombé dans un dynamiseur quand il était petit, m’appelle toujours Olaf. Je ne sais pas pourquoi.

Cela confirme aussi ce que la sagesse paysanne avait remarqué dès le néolithique et la construction par lévitation trans-cosmofongique des dolmens : les ondes régissent le vivant. Ainsi, stocker du vin dans une cave bâtie sur un cimetière apache (surtout en Ardenne occidentale), boire une coulée de Serrant sous la table d’un dolmen est néfaste. Du reste, cette dernière observation est déjà rapportée par Pline l’Ancien dans son recueil peu connu : De carabistouillii et tutti quanti. Cela éclaire aussi d’une lumière différente et neuve le mystère de Stonehenge : c’était surement un gros pressoir.

Comment ça, je suis taquin ? Non, non, je vous jure, je ne me moque pas. J’illustre le fait que quand la base du discours est : "la science n’explique pas tout, le mystère est encore parmi nous", alors, tout est permis. Il suffit de courir d’énormité en énormité, soutenu par un bon "quand l’homme sera prêt, il comprendra". Et donc voilà, AC Leflaive fait chanter ses vendangeurs et ses trieurs pour emplir son raisin d’ondes positives. Quel mal à cela ? A priori, ce n’est pas bien méchant, surtout si le vin est bon et que le bilan environnemental est positif. Et qu’effectivement de gens de bonne humeur doivent mieux travailler que des gens de mauvaise (sans que des ondes cosmo-mystiques soient en cause cela dit). On pourrait se dire, la biodynamie c’est top. Sauf que non.

D’abord parce qu’il y a le prix du vin. Le vin de qualité est cher, certes. C’est un produit de luxe, certes. Chacun fait ce qu’il veut de ses sous, certes derechef. Il y a quand même un point qui me titille. Autant je trouve acceptable de payer, dans la part prix de revient, de la bouteille que j’achète, une table de tri, une vendange manuelle, une augmentation du nombre de passage dans les vignes parce qu’on utilise des produits moins nocifs et moins rémanents, autant j’éprouverais des difficultés à payer le salaire d’un géo-bio-nécromancien quelconque qui, pendule à la main, analyserait les mauvaises ondes des vendangeurs. Et même si ces pratiques n’ont pas encore cours, je suis sûr que c’est possible, y a qu’à oser.

Mais il y a autre chose qui me défrise. Et c’est là que la biodynamie me pose vraiment question. Par son "les grincheux abîment le vin" que sous-entend AC Leflaive ? Peut-être ne parle-t-elle que du "winemaker" ? Mais comment ne pourrait-on pas généraliser ses propos ? Est-ce que le fait d’être de mauvaise humeur, d’avoir des soucis ne risque pas de rendre la bouteille qu’on ouvre mauvaise ? Une caviste bio-D-Nature m’a déjà déconseillé d’ouvrir ses bouteilles les jours racines. Ce n’est plus suffisant, il faudra prendre garde au fait qu’on soit du bon ou du mauvais côté de la force maintenant. Et donc, oui, ils osent tout. Tout est possible. Sauf, bientôt, le fait de leur dire "votre bouteille à 18, 36, 72 euros là, elle est pas terrible ou bouchonnée ou oxydée". Ah ben non, monsieur, vous n’avez qu’à vous en prendre à vous-même, vous avez dû l’ouvrir un jour ou le cosmos n’était pas en forme ou un jour de migration des hérissons.

Comprenons-nous bien. Je le répète, je suis à fond pour une viticulture (et en général, une agriculture) la plus respectueuse possible de l’environnement et de la santé humaine. Je suis aussi partisan de produits les plus naturels, les plus authentiques possible et ce pour le plus grand nombre et pas seulement une poignée d’esthètes à la dérive, friqués comme pas possible. Bon, soit dit en passant, le chemin est encore long. Mais pour en revenir au sujet dont c’est qu’on cause, tous les courants de l’agriculture, conventionnel, raisonné, hyper-raisonné, intégré, bio… reposent finalement sur des principes pas tellement étrangers (et de moins en moins au fur à mesure de l’Europe impose des conditions de plus en plus drastiques quant à l’utilisation d’intrants aux agriculteurs conventionnels).

Tous ces courants reposent en effet sur la progression de la recherche, sur des découvertes basées sur la démarche scientifique. Aussi bizarres que soient les pièges à phéromones, les bactéries et insectes auxiliaires, les plaques colorées gluantes qu’on met à pendouiller dans les vergers ou les vignobles, l’utilisation de fumier ou de compost voire de décoctions d’ortie ou de consoude… ces méthodes reposent sur l’observation des phénomènes naturels, l’expérimentation scientifique, la reproductibilité des résultats etc… Bref, sur une démarche scientifique. Alors évidemment cette démarche scientifique n’est pas parfaite, commet des erreurs, fait parfois marche arrière. Mais toujours, les bases sont rationnelles, explicables, et si on met de côté la pression économique, l’envie de faire du pognon qui se cache souvent derrière la recherche agro-biologique, la discussion, la remise en question, l’incertitude et la correction des erreurs sont toujours possibles. Et ce dernier fait est primordial.

La démarche biodynamique procède d’un tout autre courant de pensée. Déjà, il ne faut pas oublier que Steiner rêvait la plupart de ses théories et qu’en fait d’explication scientifique, cela lui suffisait bien. Ensuite la plupart des "méthodes de base" de la biodynamie ne reposent sur aucun essai probant, reproductible. Jamais aucun partisan de la biodynamie rencontré sur le net n’a pu ou voulu me présenter des données fiables montrant un effet significatif des méthodes biodynamiques par rapport au bio normal. De plus, ces méthodes (la dynamisation , la mémoire de l’eau, les jours racines etc…) ne reposent sur aucune base théorique rationnelle et parfois même reposent sur des concepts qui sont faux. La démarche biodynamique est une démarche fondée sur des croyances, c’est un phénomène presque religieux.

En soi, ce n’est pas un problème, mais comme toute religion… c’est la porte ouverte à l’excès, à l’intolérance, à la non remise en question de la "parole"… A une époque qui voit le retour du fanatisme religieux, la négation de l’évolutionnisme, l’intrusion du religieux dans le domaine politique… je trouve ça interpellant.

J’ai conscience qu’avec ce texte, j’enfonce quantité de portes soit ouvertes soit qui ne demandent qu’à être refermées. C’est la loi du genre. J’y reviendrai, quand j’en aurai le temps

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 10:17

Pour une fois dans cette rubrique, ce n'est pas moi l'auteur d'un mot de mauvais goût. Non, c'est un député britannique au charisme certain, inquiétant et nauséabond, à la manière d'un petit Degrelle insulaire.



Moi qui vient de ce non  pays dont vous avez insulté l'ex-premier ministre, je me permets donc de me poser la question de savoir ce qu'un mec allergique à l'Europe, défendant "l'indépendance" de la Grande -Bretagne fait au parlement européen. En tant que député, je suppose que lui et ses collègues touchent des émoluments de cette vilaine Europe technocratique et anti-démocratique. Je suppose aussi que ce monsieur, apparemment plus ou moins coutumier des invectives grossières au parlement, doit contribuer grandement au fonctionnement des institutions européennes. En fait, j'imagine que comme la plupart des extrêmes droites du monde, une fois élu, le monsieur ne fout plus grand chose. OK, c'est une supposition gratuite, mais que voulez-vous, je n'ai que l'exemple de notre ex-extrême droite wallonne qui n'a jamais rien foutu ne fois élue. 

Sans doute est-ce là une des questions les plus aigues posées à nos démocraties. La voix du peuple peut pousser sur les bancs d'un parlement des fâcheux qui ont le mauvais goût de vouloir démonter l'institution qui leur a permis de s'exprimer. Ca ne date pas d'hier.

Et le pire, peut-être, c'est que le processus qui a poussé Herman Van Rompuy à ce poste un peu nébuleux de "président de l'Europe", totalement opaque pour la plupart des citoyens, n'est pas propre, on s'en doute, à fermer le clapet de roquets tels ce... ce, ben zut j'ai oublié son nom à ce petit Mussolini en chapeau melon et bottes de cuir...  Vous avez dit charisme ?

Bon c'est une brève qui n'en est déjà plus une... J'arrête là.



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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:29

Qu’il s’agisse de liquoreux, de moelleux, de demi-sec, je dois le confesser, j’ai un penchant pour les vins doux. J’attends d’un bon vin doux trois choses : qu’il soit aromatique, bien équilibré et long, très long… et une quatrième plus futile : que sa couleur en jette !

Un vin doux, c’est un vin de soleil (quand il n’est pas trop trafiqué), c’est même un peu de soleil dans un verre. C’est un vin que j’aime siroter en petit comité, voire seul, sur une terrasse estivale en regardant le soleil se coucher. Le fin du fin étant de le déguster à la toute toute fin d’une soirée, quand le jour… se lève.

crépusculeUn vin doux, c’est de l’or dans un verre. C’est une pépite rare qu’on remonte de la cave pour la partager avec des gens qu’on aime.

En voici cinq qui m’ont trituré le palpitant ces derniers mois. C’est bon de se rappeler ces moments alors que la crapouasse règne sur février…


P2250039.JPGCoteaux du Layon

Château des Rochettes

Cuvée Vieilles Vignes 2001

13 euros chez le Caviste « Aux sens larges » à Hannut





La Robe (de bal)
:
Que c’est beau ! Intense, la couleur est franchement or avec des reflets plutôt oranges. Les larmes sont plutôt de joie, abondantes, très épaisses et persistantes, on dirait que le verre suinte de l’huile. Tu le mets à la lumière et tu as les lustres de Versailles camarade. C’est que ça brille les carats !

Le Nez 
:
C'est un nez expressif de « rôti » (pas celui du dimanche chez ma Grand-mère mais celui du Botrytis) avec de l'abricot sec, du miel et un soupçon de coing, des agrumes mais aussi un évident parfum floral que je n'arrive pourtant pas à nommer. Après 24 heures, un peu de cire s'ajoute à l'ensemble. Après deux jours, il y a même de la nèfle et du chocolat             

La bouche
 :
Moelleuse, onctueuse, grasse, mais pas lourde avec une finale assez fraîche même. Le vin est plein, il y a de la matière mais ça reste assez fluide (quand il n’y a pas de matière, je ne dis pas fluide, je dis pisseux). Bref, c’est un vin assez riche qui conserve un bel équilibre. Le vin est aromatique, sur un "rôti" puissant et franc avec miel, raisins secs, pâte de coing. Et cette finale légère de 20 secondes et plus avec du fruit confit, mes petits amis, si ça ne t’étire pas la journée et la vie ça… ! Et puis quand la finale est finie; ce n'est pas encore fini car viennent le poivre et l'amertume.  

chenin Mt Louis

Et après
 :
Pendant une semaine, ce délice reste délicieux mon cher Pierre… Et le fait que la bouteille survive une semaine montre que je suis quand même un garçon fort raisonnable.

Impression générale
 :
Excellent. Aromatique, bien équilibré, concentré, réellement liquoreux. Et tout ce bonheur coûte 13 euros !

Quelques renseignements sur le site du domaine, ici


P2250031.JPG





Uroulat-1.JPGJurançon (moelleux)

Charles & Marie Hours

Clos Uroulat 2006

17 euros et des poussières à la cave « Au gré du vin» à Flémalle

               


La robe : Contrairement au précédent, l’intensité colorante est assez faible mais cette belle jupette  dorée, lumineuse, cristalline me tourne la tête. Et là encore, ca s’accroche, épais et tenace, au verre.       

Le nez : Assez expressif, vraiment très agréable sur du fruit mûr, du vin de nèfles, un peu de rôti (toujours aucun rapport avec ma Grand-mère), des épices. Une sorte de touche subtile de vanille aussi et une nette note de fruit de la passion. Bref, un pif pareil, tu rajoutes la chemise à fleur et le CD de Francky Vincent et te voilà parti pour les îles. Allez, puisque vous en redemandez...

La bouche
 :
Equilibre d'anthologie à mon sens. Parfait. Que dire ? Une vraie vivacité couplée à la rondeur, à la douceur. C'est léger, léger ! Aromatique, sur les mêmes fruits murs qu'au nez mais en moins net. De très légères notes cacaotées, une finale citron, agrumes, amertume sur un bon 20 secondes.

Et après : Et le vin tient comme ça une semaine avec bien sûr les arômes qui se fondent et deviennent moins net, mais toujours plaisants.         

Impression générale : Du tout bon moelleux assurément. J'aime cet équilibre qui fait une place à la fraîcheur, ces arômes fruités exceptionnels.  

 

Le site de ce domaine bien connu des amateurs : Hours

Photo-032.jpg


chau exindre 2005Muscat de Mireval        

Château d'Exindre

Cuvée Vent d'Anges 2005

Environ 10 euros à la cave « Au gré du vin » à Flémalle


Robe 
:
Ambrée, cristalline et assez brillante, et toujours ces belles larmes. Les liquoreux, des vins inconsolables ?

Le pif 
:
Un puits. Aromatique et magnifique. Hic ! J’arrête mon trafic. Un pur nez de muscat mûr et croquant, tendance jus frais. Simple, oui, mais puissant et réjouissant. Y a de l’été la dedans ! Allume ton briquet et chantes : « On dirait le suuuud… »

La bouche 
:
Equilibre vraiment plaisant entre moelleux et alcool avec un certain avantage au côté moelleux (souvent avec le muscat VDN, y en a toujours un qui gagne… un peu trop, ici le gagnant est élégant). Un moelleux quand même relatif d'ailleurs, puisque léger, pas pâteux, avec une matière fluide et une légère trame tannique. Les arômes sont expressifs. A côté du muscat, on retrouve le poivre et la muscade. Une longueur de 25 secondes pour une finale légère, avec une pointe d'amertume. 

Et après
 :
Même délice sur 5 jours, bien que les arômes de muscat se calment un peu pour aller vers un liquoreux plus "classique"

Impression générale
 :
Franc, fruité et charmeur, ce vin est surtout très équilibré sans lourdeur, ni charge alcoolique. Un vin qui m'a séduit.

Photo-018.jpg

 

Mansengou 2006 1Jurançon moelleux       

Domaine Larroudé

Lou Mansengou 2006

Un vin 100 % petit manseng. 12 euros chez le caviste « aux sens larges » à Hannut.



Robe 
:
Très vive, dorée, tirant sur le bouton d'or, brillante, cristalline. Les reflets jaunes sont un peu surnaturels. Ca pète !  Les larmes ne sont pas très abondantes mais très tenaces, figées même.          

Le nez 
:
Très expressif et même aromatique : notes de rôti, de cire, de miel, de fruits confits. Je détecte aussi le vin de nèfle (vous me direz, faut connaître, mais comme j’en fais), le melon très mûr (vous voyez, comme un peu de térébenthine),des épices, aussi,  mais lesquelles…       

La bouche 
:
Si le vin garde une certaine fraîcheur, elle est moindre que chez Hours. C'est riche, liquoreux, très fruité, aromatique. Le melon mûr, la réglisse, le caramel, le miel, le citron confit, ça n’arrête pas. La finale, marquée par la sensation tactile du sucre, est pourtant très fraîche et même vive, et très longue, dans les 25 secondes, oh ! Au moins….                

Et après
 :
Sur une semaine, ce vin ne prend pas une ride. Il s'assagit, s'harmonise en équilibre mais ne devient pas plus complexe (bon, il était déjà pas mal).         

Impression générale
 :
Très aromatique. Inoxydable aussi. Moins aérien et touché par la grâce que celui d'Hours mais plus exubérant. C’est même un peu dérangeant par moment… Pour ceux qui se poseraient des questions (rapport à la couleur, à l’aspect inox …) non je n’ai pas eu mal à la tête après, mais je dois dire que je suis très résistant…



Le site du
 domaine 


P2250033.JPG

Pas d’accords pour ces quatre vins, si ce n’est celui, très réussi, avec la lumière rougeoyante du soleil… Hein ? oui je sais, j’en fais un peu trop. Ils ont été bu pour eux-mêmes. Pour le vin suivant par contre, le foie gras ne pouvait pas ne pas être de la partie…

 

P2250034Alsace (Vendanges Tardives)

René Meyer

Riesling VT Croix du Pfoeller 2006

C’est dans les 14-15 euros au domaine, mais je ne sais pas s’il en reste…

Le site de ce producteur

Robe de nuit
:
Paresseuse !, On y va mollo sur la couleur, alors on reste dans l’or pâle. On fait sa belle dans le cristallin, le lumineux et on se vautre dans le verre avec des larmes très paresseuses mais peu nombreuses. 

Le nez 
:
Il est expressif avec de la cire, du naphte (c’est quand même plus écolo que « pétrole »), des  fruits mûrs et confits, du pamplemousse rose, une belle note de rôti, du miel. Ca pourrait faire beaucoup si ce n’était très élégant et bien dosé.   

La bouche 
:
En voilà un équilibre remarquable de fraîcheur avec une finale vive, un peu acidulée. La sensation de sucre est présente mais légère. Une légèreté aérienne d’ailleurs. Pour les arômes mes amis, c’est une apothéose façon Remy Bricka (mets le son et clique, man) :  très fruité, expressif, nette note de figue sèche, du moka, une belle note de pêche, de l'abricot au sirop, du rôti ( fichez moi tranquille avec ma grand-mère !). Et comme si ça ne suffisait pas, la finale est longue sur les agrumes, le citron confit sur un bon quart de minute, une éternité.

Et après
 :
Comme il n’y a que 50 cl dans la bouteille, je ne peux assurer du maintient de la puissance et de l'équilibre sur plus de trois jours. Après, la bouteille est vide…

Impression générale
 :
Un très beau vin, tout simplement.


Photo13 (2)


Et avec ça, vous prendrez
 : Ben, une bonne terrine de foie gras pardi. Moi j’aime celle de canard, sans artifice, torchon au Sauternes ou Armagnac. Du foie avec le goût du foie, simplement. En belles tranches avec du pain brioché, quelques feuilles de mâche et des fruits confits au vinaigre. Quand j’étais gosse, on gardait les « prunes de curé », des petites mauves, pour ça. On les plongeait dans une bouillasse chaude qui était constituée de vinaigre, de sucre si je me souviens bien et d’aromates (genièvre, laurier, clous de girofle, cannelle parfois…) et on te bouffait ça pendant des mois. En Alsace, j’ai goûté des bleuets (grosse myrtille américaine) préparés comme ça.
  

 

 

 

Ce jour là, j’ai eu aussi envie d‘un confit d’oignon. Rien de plus simple. Des oignons, un liquide quelconque pour déglacer après suage au vrai beurre de ferme (là, c’était un Pinot gris) et des épices : comme pour les prunes ci-dessus en gros, mais libre cours à l’imagination… J’ai aussi ajouté quelques gros morceaux de coing (la gelée, ça va aussi), et du sucre naturellement. On laisse cuire à gros bouillons puis très lentement…

Et comme j’avais faim, je me suis coupé une patate « vitelotte » violette et après cuisson, je l’ai fait doré longuement, toujours au vrai beurre de ferme. Un soupçon de gros sel et c’est le bonheur. Tu te retrouves avec une avalanche (pas trop criarde en fait) de saveurs et de couleurs dans ton assiette et ton verre.

Pour citer mon grand ami Baloo « Aaaaahhh, ce que c’est bon de vivre ! »

 

 

Voilà, voilà. Je dédie ce post aux hygiénistes de tout poil, aux partisans de gaïa, aux pourfendeurs de cholestérol, aux gens qui n’aiment pas les couchers de soleil et à ma grand-mère…

 

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 14:00
Quand tu as la courante façon marque jaune, y a pas à moufter, tu deviens un personnage important : tu es attaché au cabinet !
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 10:45

grappe chasselas chez moi 1Au milieu du fatras que constitue cette chose appelée blog, je voudrais écrire, un peu, modestement, discrètement sur le vin. Pas que j’en sois un grand spécialiste ni que je sois un dégustateur hors pair. Au contraire, ça m’impressionne plutôt. En plus, il faut avoir un point de départ. Je ne vois pas bien l’intérêt de partager mes émotions sur les vins que je rencontre si le lecteur ne nous connait pas moi et mes goûts. Si vous en avez le courage, vous allez donc pouvoir vous farcir quelques textes introductifs un peu longs.

Bon, je sais ce que vous allez médire. Encore un blog pinardier de plus, encore un de ces téteurs de goulot qui va essayer de nous faire croire que son penchant pour la bibine est très esthétique et que l’aboutissement de la civilisation avec un grand C, c’est un verre de rouge. Oui mais pas n’importe lequel, un rouge à 70 euros la boutanche, euh le flacon (ça fait plus homme du monde), issu du labeur d’un vigneron artiste qui travaille en biodynamie dans le respect de l’équilibre de la vibration astrale et produit des nectars tendus qui puisent dans les profondeurs intimes du terroir, une minéralité juteuse et digeste. Ouf ! Bon, OK, je caricature un peu, juste un peu. Beaucoup ? Allez donc lire un ou deux numéros de la rvf.  Trouvez par exemple le numéro de janvier 2010 avec l’interview d’Anne-Claude Leflaive (page 8). Revenez ensuite me dire que le monde des amateurs pointus de vins n’est PAS DU TOUT comme ça. Allez… Bon, vous êtes revenu ? C’est quand même un peu comme ça non ? Que Dieu me tartalutte et qu’il me garde de ça. Je fréquente pas mal les fora vins et j’y côtoie des gens charmants, intelligents, drôles, passionnés et passionnants et pourtant… Je me sens étranger à ce monde là. Un monde de verticales et d’horizontales à n’en plus finir, de listes de vins prestigieux de repas épiques dans des restos étoilés, de coupage de cheveux en quatre, non, en huit, pour savoir si le vin de truc muche est juste tendu ou alors franchement minéral, à moins qu’il soit juteux et digeste. En fait, je n’ose même pas dire à ma femme, à ma famille, à mes amis que je fréquente ce milieu passionné. Je ne sais pas, c’est comme si je trahissais mes origines.

Il faut bien comprendre d’où je viens : d’une famille de bons vivants aimant les produits goûteux mais pas friquée pour un sou et dépourvue de la moindre once de distinction. Mon père a eu la chance de parcourir l’Europe et même le monde : Bretagne, Corse, Provence, Italie, Congo, Papouasie… Fait aggravant, il était plongeur (pas dans un resto, dans la mer hé banane !), ce qui n’incite pas à l’ascétisme. Il a parcouru la France dans ses moindres recoins à une époque où le terroir n’avait pas encore la même valeur qu’à présent et où on trouvait encore des restos, des gargotes, et des vins merveilleux mais à petit prix et sans prise de tête (je vous rassure de telles merveilles existent encore).

Et puis issu d’un milieu modeste, il n’était pas difficile. La bonne affaire c’était le vin de Bergerac en vrac à 2 euros le litre, et encore aujourd’hui, il s’en contente comme vin de tous les jours. Pour lui, un vin à 10 euros (genre Mouton-cadet, un must du vin qui a un «  nom », sans le goût qui devrait aller avec) c’est un vin de nanti qui ne se refuse rien, la preuve c’est que le Docteur en a en cave.

J’ai donc été élevé et formé dans un savant mélange d’amour des bonnes choses qui venaient de la terre et de refus de ce qui était trop cher, trop complexe, trop ampoulé. Le vin à table ne devait pas être exceptionnel, il devait se contenter d’être bon (et la notion de bon est relative, aujourd’hui je dirais juste buvable) et de couler à flot. D’ailleurs chez nous, on préférait la bière : tout en étant (mais moins que le vin) un produit de « terroir », elle n’était pas chère, abondante, festive et sans chichis. Je me souviens d’agapes à l’Orval, mes petits amis…

Les enfants grandissent et ont parfois plus de moyens pécuniaires que leurs parents, même s’ils restent modestes… mais il reste toujours une grosse trace d’enfance collée aux santiags pas vrai ? Si j’ai évolué, découvert les entrées de caves de vignerons, quitté les grandes surfaces pour pousser la porte des cavistes, et encavé des vins dont le prix ferait frémir mon père s’il savait ; si je me suis mis, non plus seulement à boire, mais aussi à déguster le vin, comme un de ces « grandiveux » qu’abhorre mon père, en fourrant mon pif dans des verres plus grand que lui (mon pif, pas mon père), et en émettant des slrrp et des frchhht en buvant, j’ai un peu honte de cette passion et de son folklore parfois un peu péteux.

Mon monde de la gastronomie et du vin reste en partie celui de mon père. Je suis marqué à jamais par ces fermes du sud-ouest où on mangeait le foie gras pour trois francs six sous (dans une assiette ébréchée et avec des poules courant dans vos pattes, certes), par un repas de tripes à la Corse sur une terrasse dans le maquis, au pied d’un torrent de montagne avec les charcuteries et le vin qui fleurait bon la garrigue à flots, par la soupe de poissons « frais pêchés » dans la baie de Calvi, mangée en racontant des cracs jusqu’à pas d’heure sur la jetée de la station de Stareso, par des omelettes au lard au signal de Botrange après une équipée fagnarde au jour pointant… Vous voyez le genre ?

Ensuite, je me suis mis à randonner le long du GR 5. Les premiers vrais vins de terroir que j’ai croisé, c’était les gris de Vic-sur-Seilles et de Toul accompagnés de potée Lorraine. Ensuite ça a été les fermes-auberges vosgiennes… Comment voulez-vous que je m’en sorte ?

Alors bon, quand je feuillette un numéro de la RVF, quand je lis les comptes-rendus de François Audouze sur le net, les diners ou les dégustations emplis de bouteilles que je ne pourrais jamais me payer…  Pire, en parcourant le web vinique, j’ai découvert que le « sommet » du monde du vin, ses crus classés, ses cuvées d’auteur impayables et rares étaient peut-être le point ultime du goût et du raffinement, que les restos étoilés étaient probablement les lieux ultimes de la complexité culinaire, mais qu’ils étaient en dehors de la portée de ma bourse et que surtout, je m’en passe très bien. Ma devise n’est pas « mes goûts sont simples, je me contente du meilleur » mais « mes goûts sont simples, je me contente de ce qui me plaît ».   




 

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 13:39

En voilà deux, légères et fines, pour la route :

A force de manger ses tartines aux toilettes, il ne faut pas s'étonner d'avoir du pain sur la planche.

Raymond Coemans, philosophe belge



Quand tu as la tête dans le cul, comment veux-tu ne pas avoir mauvaise haleine ?

Le rustre, campagnard belge


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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 10:07
On annonce le retour de Tia Hellebaut à la compétition.

Ce qu'on ne dit pas, c'est qu'elle change de discipline : le lancer de la piz... du disque, pardon.

Ah, elle nous soigne aux petits oignons Tia.
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 12:24

Bonne année !

Comment ça c’est un peu refroidi ? Ouais, bon, mais mon blog est né en février aussi…

Peu importe. 2010 me fait le même effet que 2001. C’est le titre d’un film. Et même si je me souviens surtout de l’Odyssée de l’Espace et pas de sa suite tardive, rien à faire, en ce début d’année, Strauss me trotte dans la tête. Tandis que de grands vaisseaux silencieux filent dans le vide intersidéral, des gus en combi ringardes se meuvent avec grâce dans l’atmosphère ouatée des aéronefs, bercés par des valses viennoises. Question futurisme dépassé, on n’omettra pas d’évoquer, au chapitre des combis kitch, l’inénarrable Cosmos 1999 et au registre du « que sont-ils devenus ? », François Feldman bien sûr (rapport aux valses, oh je sais…je sais…). La science-fiction, des années 60 à la moitié des années 80 (après c’était foutu, l’an 2000 arrivait trop vite), a rêvé le siècle suivant, qui est le nôtre, avec une justesse relative.

Bien sûr, la plupart des prédictions de 2001, 2010 et autres se sont réalisées. L’humanité a oublié ses vieilles animosités religieuses, ethniques, politiques, économiques et … linguistiques. Ayant  vaincu ces plaies du vieux monde qu’étaient la guerre, la famine, la pauvreté, la destruction de l’environnement, les chats et les redifs sur la RTBF, l’Humanité se lance enfin à la conquête de l’Univers, d’un état supérieur de conscience et de civilisation et aussi dans la fabrication de frites sans graisses. Quand j’avais dix ans en 1982 et que 2010, était une date tellement lointaine que, c’était sûr, on n’y arriverait jamais, je me disais que quand je serai grand, j’aurais habité dans un château dans les montagnes, entouré d’un Parc de plusieurs Ha, digne du Serengeti. J’aurais inventé un procédé révolutionnaire de dépollution de la Terre et avec mon ultra-richissime SPN, la Société Protectrice de la Nature (et vouais, rien que ça), on cracherait tellement le pognon qu’on aurait racheté des pays entiers pour en faire des réserves naturelles. Pour moi comme pour Kubrick, le mythique chiffre 2000 ouvrait toutes les possibilités.

Mais nous sommes en 2010 (finalement depuis 82, ça n’a pas pris tellement de temps que ça pour y arriver). Mon château est plein de travaux avec un jardin de 10 ares au sommet des Monts Hesbignons. Je suis au chômage et ma femme à mi-temps, alors pour le financement de la SPN… Les Israéliens et les Palestiniens se mettent sur la gueule, le climat part en couille, Georges W. Bush a été président, deux fois même, Sarko l’est toujours. La crise d’un système trop vieux met les  pauvres des pays riches dans la petite ou la grande misère pendant que les pauvres des pays pauvres crèvent de faim. Pendant ce temps, proches des préoccupations citoyennes, les politicards belges se demandent ce qu’ils vont bien foutre de BHV.

Bref, les mers avancent, les glaciers reculent, l’ours blanc crève sur son monticule.

Mais je suis de mauvaise foi. 2010, c’est le futur réinventé, allégé de son passé, qui débarque aux portes du présent. Mieux encore, le futur antérieur est débarrassé du passé simple mais imparfait qu’il s’était composé. Que d’innovations, mais si mais si : le portable, l’internet mobile, le blue-ray, la wii et le wi-fi, l’I-pod, face book, second life, Al-Qaïda, ah non, pas Al qaïda, non. Le voilà le futur. Finalement, au 20ème siècle, certains ont eu une vision plus juste de l’avenir : qu’on songe à Blade runner ou 1984…

Enfin, au moins, le futur est présent dans le virtuel (on dirait du JCVD), parce que pour le réel… Leterme est revenu, on aurait préféré Mathilde. Dehaene aussi est revenu, mais est-il jamais parti ? Mimie Mathy veille toujours sur le commissariat des Clairières avec l’aide de Jack Malone qui ne parvient pas à disparaître. Il paraît même que Derrick va faire un retour fracassant. Quant à Mlle Beulemans, elle va se pacser avec Gertrude ou Malvira… Vous ne pouvez sonder le malheur d’un rustre qui n’a que la chaîne nationale belge francophone « dans le poste ».

Vous l’aurez compris, le 21ème siècle, même 10 ans après, je n’y crois toujours pas.

 

 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 11:18

Je suis un rustre. Il suffit de lire le titre. Que ceux qui cherchent la finesse, la délicatesse, la modération aillent voir ailleurs. Sinon qu’ils ne jouent pas les vierges effarouchées au moindre trait un peu piquant.

Bon, je me présente. Je ne m’appelle pas Henri. De sexe plutôt masculin, j’approche dangereusement la quarantaine. J’ai bien essayé de la repousser, de la fuir, de me cacher, de me cramponner à mes trente ans, mais bernique et pitchoune d’ours, elle arrive inéluctablement, la salope, aussi déterminée qu’un hérisson face à un munster (promis je vous l’expliquerai un jour celle-là). Je suis marié à une délicieuse, quoique un peu râleuse, petite brune. J’ai deux tout petits bouts. Surtout, j’habite une campagne reculée de Hesbaye, en Belgique. Et je m’excuse d’avance (pas du tout en fait, c’est juste une formule) auprès des éventuels lecteurs, mais ce blog aura définitivement une couleur rurale et belge.

Quoi d’autre afin que vous cerniez mieux les lieux ? J’ai l’esprit un peu foireux, avec toutes mes frites, mais pas dans le même sachet. J’aime les bonnes choses qui se boivent et se mangent, mais sans trop de chichis. Pour autres passions, on notera le jardinage (plutôt plus que bio, durable, carrément), la randonnée à pattes ou à vélo, et écrire ce qui me passe par la tête. Et il m’en passe, pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et c’est fou ce que ca me soulage.

Il m’est arrivé aussi de faire des vins de fruits, d’être animateur nature, d’entamer l’écriture de romans « d’anticipation », d’étudier l’histoire régionale du Pays de Herve qui m’a vu naître et grandir. Si je vous dis que je suis distrait, colérique, râleur, de mauvaise foi, grand amateur de calembours vaseux, vous saurez beaucoup de choses sur moi et ce blog. Si j’ajoute qu’on me qualifie volontiers d’écolo, que je n’ai que la RTBF à regarder, l’adsl depuis seulement trois mois, que je perds régulièrement mon GSM et que je m’en fous, que je n’ai jamais mis les pieds chez médiamarkt et que je n’ai plus fais de shopping dans une grande ville ou alentours depuis près de 8 ans, vous téléphonerez probablement aux hommes en blouse blanche. Si je continue en disant que les chats, les tondeuses, le round-up, le prix et le snobisme du bon vin, les esthètes à la dérive, les fachos et les intégristes de mes deux, les architectes, les témoins de Jéhovah, les biodynamistes, les hygiénistes, les historiens de l’art et surtout les activistes de Gaïa me gonflent et que tout ce qui touche au terroir, à la nature, à l’Alsace, à ma cave, aux plats roboratifs, aux zigotos (de Desproges à Decaunes en passant par Geluck de son vivant, sans oublier les Génialissimes Snuls) me botte, vous saurez probablement si vous devez lire ce blog ou fuir. Si je termine en disant que ma formation scientifique m’a définitivement entraîné du côté obscur de la force, vous devinerez que ma place est réservée, bien au chaud près de Belzébuth.

Maintenant, pourquoi aller polluer le net d’un milliardième blog égocentrique et confidentiel ?  Je ne sais pas encore trop. Je sais que je vais parler de vin, de jardinage bio, de légumes, de nature mais surtout divaguer et raconter des trucs qui me font rire. Un peu de tout donc. Beaucoup de n’importe quoi, certainement. Mais voilà, je me lance, pour le pire… et l’encore pire. Bienvenue à tous sur le blog du rustre.

Fin provisoire des émissions.

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