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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 06:50

Attention, aujourd’hui c’est TRES lourd

 

Dans le Cadre de la quinzaine du Gloumoute's Baraki tribute (1) au Festival de Cannes

Ne Ratez pas…

Bientôt sur vos écrans…

 

Rustic Warner Gröss présente

 

Du réalisateur du merveilleux film animalier "Je suis un nasique"

Lars Von Trier

 

619px-Portrait of a Proboscis MonkeyJe suis un nasique : chef-d'oeuvre absolu d'un réalisateur qui a du nez.

 Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Portrait_of_a_Proboscis_Monkey.jpg

Auteur : Bjorn Christian Torrisen.

 

(Musique mystérieuse pour ascenseurs, grosse voix du baraki qui fait toutes les bandes-annonces de films à suspens depuis 30 ans)

Quelque part au large des côtes Californiennes… par un froid matin brumeux…

Son corps a été meurtri, jeté à l’océan…

Il a dérivé au gré des courants marins (ah les courants marins, l’administration Obama envisage de les classer sur la liste noire des ennemis de la Démocratie)…

Dérivé jusqu’à arriver au large du Japon…

Là, par une mystérieuse alchimie... Des taux de radiation massifs au large des îles Nippones (on voit bien là que ce film de science-friction n’est pas réaliste hein)…

Son corps a muté, s’est transformé…

Il revient pour se venger et ça va chier grave !

 

BENZILLA

 

 

 

 

montage benny

Un extrait saisissant : Benzilla sort des eaux troubles du Pacifique, princesse. Avec des effets numériques terrifiants de réalisme.

 

Et dans le rôle de Ben Zilla, ne ratez pas le grand retour à l’écran de Horst Tappert (2) !

 

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Benny B. Laden Zilla s’attaque aux champs de derricks du Texas. Des effets spécieux sans reproches : sai-si-ssant qu'on vous dit ! 

Source : http://alainfinkielkrautrock.blogspot.com/2008/12/horst-tappert-for-ever.html

 

Original Soundtrack byP4300023

DJ MASTER PHOQUE (3)

including hits "Phoque yo mozer", "You've it in the pète", "Banga in the mist with the camerist" feat. DJ DSK, "In my bunker, Ich Bin ein Berliner" feat. Lars Von Trier and JFK. "Total respect for the Straussman" live in Vienna feat. François Feldman ! 

 

Et ne ratez pas la suite à l'écran :

 

Kadhafizilla, le panzer-dromadaire !

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 Source : http://www.harakiri-choron.com/ A visiter ABSOLUMENT !

 

Et bientôt la version porno du film pour se faire encore plus de pépettes !

 

Fucking Monsters Inside.

Bientôt en jeu sur votre console Nintendo DSK.

 

Et évidemment la version érotique asiatique, nippone ni mauvaise d’ailleurs :

On Fuck Où ? Shi moi ?

 

Allez encore une fois… Jimmy Page fait ce qu’il veut avec qui il veut hein, mais c’est plus du cachemire, c’est de la toile de jute…

 

 

(1) Le gloumoute est un animal étrange dont la fourrure sert à recouvrir les volants et les sièges des Ford Escort 86 trafiquées des barakis.

  

(2) Également disponible en version lente pour les homes et maisons de repos.

(3) Je suis conscient qu'il s'agit là d'une otarie et pas d'un phoque. Mais y avait que ça au jardin zoologique. Si vous voulez des phoques, offrez-moi un voyage dans le paradis blanc, mais pas avec Véronique Sanson, par pitié. 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 06:00

 

Almanach de la semaine : du 16 au 22 mai.

 

 L’essaim des Saints

Le 16 mai : Jour faste.

 

Dicton du jour

"Femme de chambre dans le salon, tu ne prendras pas l’avion."

Ce sont les Brenda et les Brandon que nous fêtons aujourd’hui. Toute une génération pleure sur l’incurie de ses parents. C’est aussi la Saint Honoré, dessert plein de la nostalgie de mon enfance. Et c’est aussi l’occasion de se rappeler cet adage

"A la Saint Honoré honore femme de force ou de gré."

Et enfin, c’est la Saint Fale (un moine Auvergnat du 6ème siècle).

"Quand l’arc est bandé, Saint Fale use de force pour entrer."

 

Le 17 mai : C’est la Saint Tropez. Un saint tout nu et tout bronzé, je suppose.

 

Le 20 mai : C’est aujourd’hui la Saint Lucifer, qui fut évêque de Cagliari, martyr en 370. Lucifer un saint… quand je vous dis qu’ils nous racontent n’importe quoi. Et comme c’est un saint, en son honneur…

 

 

Le 22 mai : C’est la Sainte Quitterie, princesse wisigothe catholique. Sainte Quitterie… après une semaine aussi chaude, ce serait le moins qu’elle puisse faire, Anne qui a le Saint clair. Nous, nous en sommes quitte pour nous retrouver lundi, bon week-end.

 

Rétro rustre.

 Nous ne parlerons que de pinard cette semaine… MAIS…

 

Que cela ne vous empêche pas de rencontrer mon voisin Justin

 

"Le vin est une boisson alcoolisée. Et donc c'est mal. Cela peut provoquer des cancers de la bouche, des dents de devant et de celles de derrière, des cancers de l'oesophage, du foie et de l'intestin grêle, des ulcères, des furoncles purulents, des abcès pleins de pus nauséabond, donner la migraine, tuer les neurones, aider à la prise de cholestérol, à la prise de poids, à la prise de terre, provoquer des fractures du myocarpe (ou de la carpe myope, je sais plus). Non c'est mal même un petit verre hein !"

http://lerustre.over-blog.com/article-les-vins-de-copains-51099067.html

 

Ni de subir l’attaque des terroiristes :

 

"Il nous disait son émoi devant la complication et un certain snobisme du monde vinique. Dans une envolée lyrique très ébouriffante, il nous parlait pêle-mêle de son père, de tripes à la corse, de minéralité, d’Anne-Claude Leflaive, de Papouasie, de son médecin de famille et même du fait, pourtant improbable, que Dieu le tarlatutte. Bref, envolée, oui, mais pour un atterrissage (quel laid mot !) un peu abrupt. En fait un peu le bordel ce texte, c’est à se demander si l’auteur n’est pas un peu con…"

http://lerustre.over-blog.com/article-du-pinard-dans-les-arteres-2-l-attaque-des-terroiristes-51956663.html

 

Et enfin, vous reprendrez bien un peu de Gewurztraminer en compagnie de POMPON, pour ceux qui se souviennent de la Classe sur FR3.

http://lerustre.over-blog.com/article-la-maison-n-a-peur-de-rien-gewurztraminer-entre-paradis-et-enfer-52441627.html

Ah ah non mais… Citez moi un , un seul, un seul blog où on peut à la fois entendre parler de vin, de préservation de l’environnement et de Pompon ? Un seul ?

Ouais... une semaine décidément bien chaudasse...

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:35

 

Un jour, des mots.

 

Elio Di Rupo a été nommé formateur par le roi. Mais formateur de quoi ? Ca on ne le sait pas.

D’une fanfare ?

D’une équipe de water-polo ? D’abord, on ne dit pas water-polo mais Wauter Beke. Et d’abord, je ne connais ni Walter ni Polo.

 

"Tu sais comment on prend la température politique en Belgique ?

On met Leterme au mètre."

 

"Quand la Belgique est malade, c’est le roi qui consulte"

 

Un jour, deux photos

 

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Aubes sauvages... sur l'étang de Virelles près de Chimay. Nettoyage de l'âme garanti. Un rendez-vous, une barque, un guide... et c'est accessible à tous les lève-tôt. Et c'est ici : http://www.aquascope.be/activites/aubes.html 

 

 

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Fleurs de l’aubépine. Beau mois de mai qui nous quitte déjà, qui nous a déjà quitté, on ne sait plus. Ne serions-nous pas déjà en juillet ? Fleurs blanches des haies de nos bocages. Damiers de couleurs de nos enfances. Fleurs à l’odeur divine, entêtante, repoussante. Tout est question de dose et de goût. Rarement j’ai connu une senteur qui suscitait des réactions aussi opposées. Pourtant, à doses homéopathiques (une petite poignée pour dix litres), elles parfument agréablement un vin blanc, lui donnant des petits airs de Sauvignon. Je les ai utilisées en compagnie de feuilles de frêne séchées et de pétales d’églantier pour parfumer des pétillants réalisés à base de sève de bouleau. Ajouter en fin de fermentation avant la mise en bouteilles.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 07:59

 

J'ai retrouvé un petit exercice "d'écriture automatique" réalisé au bord d'un chemin il y a quelques mois, alors que je me promenais. Je l'avais totalement oublié...

 

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Chut ! Ecoutes. Tu entends ce cri flûté, légèrement nostalgique ?

Tsi tsi flu !

Non ? Pas le temps ?

Trop occupé à écouter le vacarme de ton propre cœur qui s’alarme parce que tu vas être en retard au cinquième rendez-vous de ta journée, que tu dois avoir fini à l’heure parce que c’est toi qui va récupérer les gosses aujourd’hui, qu’il y a des bouchons, qu’on annonce du verglas que…

Tais-toi ! Regardes avec tes oreilles, te dis-je. C’est une mésange. Tu entends son cri flûté, légèrement nostalgique ? Tu le sens effleurer ta peau avec la tiédeur parcimonieuse d’une matinée de mars ? Tu le sens te titiller le bulbe olfactif d’esquisses de primevères et de violettes dans la rosée ?

 

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu regardes.

Il faut que tu vois ces reflets dans les nuages quand le soleil se fane. Il faut que tu vois ces deux amoureux dont le regard irradie l’abandon et la joie. Tu as été comme eux. Tu pourrais être eux. Toi aussi tu as eu ces yeux avant que la vie ne te dépasse.

Parce que les sourires des enfants ne sont jamais comme à leurs deux ans. Et que leurs deux ans, c’est éphémère.

Parce que 80 années ça parait long. Pas quatre-vingt printemps. Quatre-vingt floraisons du muguet. Quatre-vingt saisons des fraises. Quatre-vingt temps des cerises. Huit fois compter sur ses dix doigts. Très court. Tu te retournes et tu ne dois plus compter que quatre fois sur tes dix doigts. Trois. Deux. Un. Zéro.

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu entendes.

Il y a tellement de bruit.

Il y a tant de sons qui t’assaillent.

Cacophonie de concepts qui caquètent.

Des cris comme des gifles qui pleuvent de partout. Du son, tellement de sons, tout le temps, partout, toujours. Tellement de fureur. Au sein de ce brouhaha, on crie ton nom. Tu ne l’entends pas. Tu ne le comprends pas. Tu ne sais même plus qui tu es.

Tellement de bruit. Qu’au début tu n’entends pas le râle qui sort de ta gorge. Mais le râle se fait plainte, se fait cri, hurlement qui monte et écrase le boucan petit à petit comme une masse qui s’abat sur tous les mp3, radios, ipad et autres boîtes à oubli qui t’entourent.

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu ressentes.

Silence.

Un merle noir lance sa trille du haut d’un épicéa. Tu entends tes pas lourds qui font craquer les feuilles mortes qui jonchent en tapis épais le sol de la forêt. Un chêne immense et griffu te regarde passer.

Un hêtre cyclopéen, droit et élancé, large comme la main d’un père, est plus attentif. Il te voit sourire. Tes deux pieds dans la boue. Le paysage triste du Condroz un soir de mars. Marcher sur une crête d’où le regard ne s’arrête plus. Entrelacs de branches nues et mortes, damiers agricoles mornes bruns, gris, jaunes, fanés.

Et le ciel pastel.

Et le murmure du vent.

Le silence pesant loin du verbiage des gens. Juste ce merle qui appelle le printemps.

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu vives. Simplement.

Un à un les instruments parlent dans le soir qui s’attarde. Le souffle d’une vache, l’aboiement lointain d’un chien, le bruit métallique d’un joug dans une étable et puis quelques chats-huants. Et là, au sein de cette symphonie en calme majeur, tu marches encore jusqu’à te retrouver, jusqu’à te rappeler ton nom. Marcher dans le vent, le froid, la nuit, les étoiles, jusqu’au carrefour sur la crête, croisement des croisements entre n’importe où et nulle part. Si tu prenais à droite, tu irais très loin. Si tu prenais à gauche tu irais encore plus ailleurs.

Tu es arrêté. Tu respires. Tu vis.

Et les étoiles tombent autour de toi parce qu’il est presque trop tard.

Presque.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 07:34

 

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Dominique, nique, nique. Un plat à manger saignant, parfumé au porsche, au poivre pardon, de Cayenne, le bagne bien entendu.

 

C’est que l’affaire me consterne. C’est une cata Strauss. Le tout Paris can Kahn. Ca cancane et ça caquette de la quéquette à Kahn même à Kankun et sur la soubrette à Kahn, sur la croisette à Cannes je veux dire. C’est qu’à ne penser que queue, Kahn ferait vaciller les bourses. Tout ça pour un don en liquide et un retrait au guichet.

Bon et j’arrête là. C’est trop facile. Sans oublier Dominique nique nique auquel tout le monde ou presque a pensé, même moi, c’est dire. Depuis dimanche, dans la presse mais surtout sur les sites d’infos sur le web, facebook et twitter, c’est la tornade des bons mots.

Une histoire de cul ça prête à rire. Surtout quand elle se fait aux dépends d’un puissant.

Sauf que…

Sauf que voici un puissant du monde jeté en tôle comme un vulgaire dealer. Jeté sans ménagement en pâture aux caméras avides et goulues. Sauf que voici une vie brisée.

Sauf qu’une femme dit avoir été agressée et violée. Sauf qu’elle n’est peut-être pas la seule. Sauf que le sordide de cette affaire sent les poubelles d’arrière cour et les remugles de pissoirs publics.

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L'arrestation de Strauss-Kahn à l'aéroport. La présence de Marine Lepen (la blonde bien cachée derrière le tricéraKahn) et de Sarko, le playmobil de droite, laisse envisagé les pires scénario complotistes.

 

Imaginez un peu le spectacle mesdames et messieurs, le barnum dans toute sa splendeur, défilé de monstres, la femme serpent, l’homme-jambon de Parme. Oyez oyez.

Voici un puissant, le patron du FMI, le présidentiable de la gauche française, un homme riche qui peut s’offrir les faveurs tarifées des plus beaux fleurons de la Vallée Silicone. Voici un homme qui se sait observé, qui se sait vulnérable, qui sait qu’on attend le faux pas. Et cet homme cède à ses instincts les plus bestiaux pour sauter une soubrette dans un salon ?

Et le voilà arrêté, déferré, empapaouté en quelques heures à peine ? En moins de temps qu’il ne faut à un évêque pour crier aux parents choqués, "ce n’est pas moi !"

Voilà que les infos, les preuves, les échos les plus divers se mettent à circuler sur le web plus rapides que la vitesse de la lumière journalistique officielle ?

L’odeur de complot, du "à qui profite le crime" fouette plus qu’un chat crevé au bord d’une route en juillet.

On hurle à la présomption d’innocence !

Sauf que… les témoignages affluent. L’homme serait coutumier du fait. Monsieur ne se sentirait plus dès lors que Popaul est aux abois. Tout le monde le savait mais fermait sa gueule. Tout le monde le savait mais ce n’était pas si grave.

Voici un homme qui se sent observé mais voici peut-être aussi un homme qui se croit intouchable, qui se dit que ses actes ne sont pas si graves que ça, que ce n’est que du jeu, que la soubrette, quelques dollars dans la culotte et elle aura la mémoire qui flanche.

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La morale de cette histoire c'est que les hommes sont des porcs. Et la morale de la morale, c'est que les filles aiment bien les porcs (chanson paillarde)...

 

Voici peut-être un homme qui n’en est pas à son coup d’essai, un prédateur, un porc qui s’en va aux femmes comme s’il s’en allait à la bauge.

Sauf que… il y a la présomption d’innocence, le lynchage public, les images avilissantes d’un homme face à une justice qui ne chipote tellement pas qu’elle nous choque, nous les Européens qui pourtant nous plaignons de nos arriérés judiciaires.

 

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L'homme derrière les barreaux du terrible "rock". Il a pourtant l'air doux comme un agneau. Certaines sources autorisées prétendent qu'il serait déjà sur l'île à danser Jailhouse Rock avec Elvis et Oussama.

 

Voyez, braves gens : la justice américaine est égalitaire. Voyez cet homme jadis si puissant, l’air hagard, perdu, poches aux yeux et poils raides au menton. Voyez la bête humaine.

Voyez la moralité de l’histoire. En Amérique, ça ne rigole pas. Voici un homme qui pourrait bien finir ses jours en tôle pour une tentative de viol, plus de 70 ans de peines cumulées. Chez nous, tu es complice d’enlèvement, séquestration, viol, torture, assassinat de fillettes, tu t’en prends pour 15 ans, toutes primes déduites. Et tu demandes l’asile politique à l’internationale des dégueulasses, enfin tu entres au couvent quoi.

Coupable ou pas. Complot ou pas ? Viol ou pas ? On finit par s’en fiche : l’important c’est le cirque mesdames et messieurs. Prenez vos tickets, prenez vos places. Un spectacle inédit par semaine.

Après le succès planétaire de notre représentation de "Fukushima".

Après le succès critique de notre chef-d’œuvre "Oussama".

Goûtez tout le sel de notre nouveau spectacle "la quéquette à Kahn", du sordide dans la plus pure tradition glaireuse.

Prenez vos tickets. Prenez vos places. Et la foule chamarrée qui se presse sous le chapiteau…

Parfois, je goûte plus que d’autres la vertu d’un coucher de soleil sur la campagne.

 

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 08:02

 

Un mot

 Bombardements sanglants de l’OTAN sur la capitale Libyenne : Il y a eu de la tripe au lit !

 

Encore DSK…

Nouveau tube pour Sœur Ségolène : "Dominique nique nique, les soubrettes dans les palaces…"

 

Une photo

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La consoude officinale : Plante indispensable  au jardinier et au gourmet. Ses feuilles préparées en beignets ont un petit goût de sole. Ses fleurs décorent les salades. Son purin est réputé riche en potasse. On peut aussi en faire un paillis pour les tomates, les courgettes... Longtemps on m’a dit que les fleurs changeaient de couleur avec la nature du sol. Pourtant, il semblerait que ce soient des variations génétiques qui font que les fleurs peuvent être blanches, jaunes, roses, bleues. Les bleues se marient admirablement au compagnon blanc.

 

Une chanson.

Toujours Chris Rea… The Road to hell.

 

 

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 07:20

 

Avec la belle saison, le travail au potager, toutes ces choses essentielles, j’ai moins de temps pour écrire, encore moins pour trouver l’inspiration. Encore que les plus belles foutaises me viennent à l’esprit quand je bêche.

Néanmoins, le blog va entrer en léthargie estivale. Pas de vacances pour le rustre mais un programme allégé si vous voulez. Je teste dès aujourd’hui une formule quotidienne courte : Un jour, un mot, une photo. Bien entendu, cette longue léthargie sera interrompue par les textes de notre Université d’été de branlocouillométrie (vous aviez oublié ?), par les fulgurances rares mais authentiques qui réveillent parfois mon esprit et que je crois l’œuvre de madame Bidochon ou de Rika Zaraï, de leur âme au moins, et par les incontournables dates dont il faut rire, comme par exemple le 14 juillet et le 21 juillet.

 

Un jour…

Samedi, je m’esbaudissais comme un blaireau, comme un gnou, devant la pluie qu’on nous annonçait. Peu de zob oui. Sur mon coin hesbignon, où il n’est plus tombé une goutte depuis plus d’un mois (même les orages de la semaine passée sont tombés à côté), il a juste plu dimanche matin. Ensuite le vent et le soleil ont vaporisé toute cette eau et le sol est redevenu plus sec que le coeur d’un politicien N-VA devant l’avenir de la Belgique.

Une saison inédite s’annonce…

 

Un mot...

Affaire DSK.

"Quand on travaille au FMI, normal qu’on soit chipoté des bourses".

"L’économie selon DSK : Les bourses montent, l’effet se recule."

Coluche toujours d’actualité : "2012, entre Marine et DSK, ce seront des érections pestilentielles."

 

Une photo...

 P8270044

Quand on pense qu’il y a encore des blaireaux pour aller à la côté belge, lors qu’il y a la France ou… La côte Zélandaise côté Pays-Bas. On y parle un vrai Néerlandais et un Anglais impeccable, les paysages sont jolis… et je ne résiste pas à…

 

Une chanson…

 

 

 

 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:14

 

L’almanach du week-end : du 9 au 15 mai.

De la pluie, enfin !

 

Essaim des Saints

Une bienheureuse revue de la semaine…

Le 9 mai nous commençons par fêter en tête Saint Bie et Saint Tudi. Qu’est-ce que tu dis ? Que tu ne connais personne avec des noms de billes pareils ? Moi non plus.

Le 10 mai : Saint Palais, un saint auquel se voue Wouter Beke. Un saint qui a bien du souci avec ses ressortissants, de quoi vous faire prendre la mer et ne plus revenir.

Le 11 mai : Saint Possesseur, c’est le saint des nantis, des pros, des bourgeois et du CAC 40. J’en veux, j’en veux !

Le 13 mai, quand il y a de la Sainte Rastragène, il n’y a pas de restreint plaisir.

Le 14 mai est faste : Sainte Aglaë, une sainte de Glace qui s’ignore ?

http://www.ina.fr/ardisson/lunettes-noires-pour-nuits-blanches/video/I08106887/sttellla-aglae.fr.html

 

Quant à Saint Aproncule, quand il avance, rien à faire, l’effet s’avance. Enfin, Saint Ponce est un type très usant.

 

Saints de glace

Saint Mamert, saint Pancrace et Saint Servais auxquels on peut  ajouter Gervais (qui effectivement est souvent au frigo) et Boniface constituent les Saints de glace.

Pas ceux-ci…

 

 

Ceux-ci non plus…

http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeDeMamelles

Ceux-là :

Vieux saints supprimés de nos calendriers officiels parce que d’un culte qui rappelait un peu trop le paganisme, ils marquent traditionnellement la période jusqu’à laquelle il faut craindre le dernières gelées. Cependant, je crains que comme messieurs météo, ces trois-là seraient un peu foireux.

Pour un peu de culture, ces deux liens… parce qu’avec les saints, un lien vaut mieux qu’une aura.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Saints_de_glace

http://www.laserreoutil.be/serre-outil/saints-glace/index.html

 

Retro Rustre.

Il y a plus ou moins un an…

http://lerustre.over-blog.com/article-mes-rieslings-du-printemps-50300259.html

"A chaque fois, le thème photo aura un rapport proche ou lointain avec le vin. Pour le riesling, on peut imaginer des photos des endroits d’origines, les agrumes, le tilleul, la marée noire dans le golfe du Mexique comme thème."

 

Et puis quelques mots pas graveleux sur un joli p’tit cru…

http://lerustre.over-blog.com/article-le-zotzenberg-de-mittelbergheim-51405948.html

 

Et pour vous prouver que j’étais déjà dingue…

http://lerustre.over-blog.com/article-delire-d-ours-polaire-51929359.html

"

C'était un ours blanc qui avait des troubles bipolaires. Il voyait la vie en noir et faisait grise mine. C'est qu'il aimait son pastis avec des glaçons. Alors quand on lui disait que "l'alcool, c'est mal, qu' ça te colle le cancer du col, même un verre pas plus" et qu'en plus on lui retirait ses glaçons comment pouvait-il se sentir pas traqué ni patraque de tracas et transi de tomber dans un traquenard, tranquille !

 

A propos de ressemblance...

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Bon week-end !

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:41

 

Il est nul, hein, mon titre ! C'est la preuve que j'ai besoin de vacances.

Sinon j'aurais pu vous servir un "Soirée pas si cloche", vu que je vais vous narrez un repas solitaire pris lors du week-end de Pâques.

Je préfère vous prévenir tout de suite. On ne pourra pas me reprocher de faire semblant. C’est déjà ça.

Donc je vous préviens. Les lignes qui vont suivre ne sont pas politiquement correctes. Je ne vais pas vous faire une éloge de l’ivresse. Non plus qu’une apologie de l’ébriété.

Mais quand même.

Le vin est partage. Certes.

Mais je le confesse, alors que ma fête approchait (la commémoration de l'évangéliste qui a inspiré mes parents lors du choix de mon prénom quoi), j’ai eu envie de me faire plaisir. Oui, cette année, ma fête tombait le lundi de Pâques. Je vous rassure, c’est exceptionnel et... Non, je ne m’appelle pas cloche.

Marc. C’est mon prénom. Maintenant que vous savez, vous êtes priés de ne pas l'ébruiter.

Donc remontons le temps. Samedi soir du week-end pascal...

 

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Oui je sais, ce n'est pas très pascal... mais z'avez qu'à moins polluer, il fera moins chaud en avril ! 

Et je suis seul. Je bois et je mange seul. Quelle tristesse ! Quel misérable celui qui boit seul sans partage. Oh que j’ai honte ! Même pas en vrai ! Quelle paix aussi, alors que le soleil mourant tire le rideau d’une journée sèche et brûlante !

C’est qu’aujourd’hui, exceptionnellement sans femme et sans enfants, je vole à la vie le plus précieux des biens : le temps. Pas n’importe lequel. Le temps pour soi.

Croyez-moi, cette denrée-là est des plus rares et des plus savoureuses.

Et je suis là dans la quiétude de mon jardin, par une soirée d’avril exceptionnelle, alors que le soleil rougeoie encore et que des dizaines de merles s’appellent et se défient de leurs strophes flutées. Je suis là à prendre le temps. Celui de regarder, d’écouter, de siroter, celui de vivre et mieux encore, le temps de me sentir vivre. Pouvoir goûter à ça même rarement, c’est une richesse sans prix. Bien mieux qu’une Rolex à 50 ans.

Et tandis que l’air tiédit, la couleur de mes pensées vire au gris. Pas le grisâtre, mais le grisé. Le vin me monte à la tête, un peu. Oh, et que les ligues de vertu aillent se faire foutre, c’est le bonheur de sentir ses nerfs à vifs, toujours tendus comme des cordes, regagner leurs gaines, se lover sur eux-mêmes et soupirer d’aise.

Putain, on n’est pas bien là ?

Et qu’est-ce qu’on boit ?

  

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Un muscat 2007 du domaine Schwartz à Itterswiller.

Jamais entendu parler ? Vous n’êtes pas les seuls. Mais ayant acquis auprès d’un receleur du coin des asperges vertes, je voulais les accompagner et j’ai acheté le premier truc qui venait. Bonne ou mauvaise pioche ? La mention a de quoi faire frémir l’amateur : "cuvée prestige".

La chose est très pâle, presque face de lune. Limpide et lumineux comme il se doit.

Il lui faut un peu d’aération pour donner sa pleine mesure. A la note pure de muscat, s’ajoute une autre note florale qui donne de la fraicheur au nez. C’est agréable.

En bouche, le vin, sec au goût, débute sur la rondeur avant de terminer sur la fraicheur. Avec ses arômes muscatés délicats et purs, le vin donne une impression de légèreté. Il se prolonge sur 15 secondes avec une impression à la fois saline et citronnée.

C’est un vin dont la description n’appelle pas la dithyrambe mais c’est un joli vin sans fausse note, qui tombe là où il doit tomber, qui donne ce qu’il doit donner..

Je l’accompagne donc d’asperges vertes dont une partie est servie râpée, crue, saupoudrée de gros sel, d’huile de colza première pression à froid et d’une pincée (pas plus et petite encore) de thym citron. L’autre partie des asperges est ébouillantée durant quelques minutes pour garder son croquant et servie avec une vinaigrette légère. L’accord est délicieux, muscat et asperges ne s’étouffant pas. Par contre le thym citron et le muscat se renforcent. Excellent.

P4280089Une étiquette reconnue et primée par la fondation Rémy Bricka.

Et avec le carpaccio, habitué de mes rares soirées solitaires, puis le petit steak grillé (cornes de gatte, oignons grillés, saupoudrage d’herbes du jardin), je m’ouvre un monument. C’est un vin étiqueté "Nature". Comme dirait un célèbre guide, la civilisation n’a qu’à bien se tenir. Moi, le sans soufre et compagnie, je ne suis ni pour ni contre. Je suis pour les bons vins. Et là mes petits amis…

 

C’est Jadis 2005, du domaine Barral. Un Faugères pour ceux qui ne boiraient que du mouton-Cadet.

P4280092On ne dit pas Jadis, on dit Il était une fois.

Noir c’est noir, opaque, chante Johnny. Il ne dit pas opaque dans la chanson. Certes, mais ses déclarations le sont parfois.

Un nez profond, puissant, évident de gelée de cassis avec des épices, de la mûre très mûre.

En bouche, une structure équilibrée avec des tanins relativement puissants encore mais fins (juste un peu secs), une matière veloutée et aromatique de gelée de cassis, de mûre, framboise, des volutes musquées, qui se faufilent de la gorge au nez, des épices enfin. Et le plaisir se prolonge sur une vingtaine de secondes, pas mal quand même. L’ensemble dégage une fraicheur redoutablement soiffarde

Un vin excellent de par la profondeur et la puissance de ses arômes, l’équilibre de sa matière. La puissance et l’élégance en même temps.

Et la soirée se passe comme un souffle, comme une brève étincelle, comme le battement d’ailes d’une éphémère amoureuse aux rayons de la lune (oui ben du calme, un peu gris OK, mais là ça fait un peu Joint Ville).

Le lendemain, mes enfants et mon épouse sont de retour. Le capharnaüm et la joie s’installent à nouveau. Le bonheur n’a pas qu’un visage. Heureusement, sinon je ne serais qu’un vieux pochetron solitaire et acariâtre.

 

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Le sang a coulé à OK Barral.... Vacances vous dis-je !

 

Et les vins que sont-ils devenus ? Surtout le Barral qui a la réputation d’être instable et que j’ai conservé dans ma cuisine au tiède ?

Le muscat reste pareil à lui-même sur deux jours : certes variétal mais élégant, sans faux col comme dirait Lucky Luke quand il commande une chope.

Quant à Jadis, vous ai-je déjà dit que ce n’était pas mieux avant ?.

Boire Jadis un lendemain, ce n’est pas pour me déplaire, mais le boire un surlendemain, cela tient du téméraire.

A la profonde senteur de gelée de cassis s’impose un chaud parfum épicé de garrigue et de laurier, une note légèrement camphrée et un trait légèrement cireux qui donne de la classe à l’ensemble.

En bouche, c’est le même élan aromatique. S’y ajoute un petit côté viandox roboratif. La marque de la structure, c’est la fraicheur, la légèreté et l’équilibre. Par contre, les tanins se sont réveillés, fins mais plus puissants qu’au premier jour, asséchant agréablement la bouche. La matière respectable habille les papilles. Pas d’alcool perceptible et une longueur considérable qui dépasse les 25 secondes, avec des parfums floraux et de l’amertume complètent le beau tableau. En d’autres termes, le vin s’est ouvert et complexifié.

P7050040 

Alors s’il vous plait, laissez-moi manger ma banane !

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 09:47

 

J’ai reçu hier sur mon mail privé une missive qui m’a laissé aussi bouleversé que les draps de mon lit l’étaient lors de ma dernière nuit d’amour avec Laetitia Casta, il y a 5 ans dans la moiteur du Paris nonchalant de juillet.

Cette lettre émanait de Madame Nicole Pfertzel et témoignait d’une détresse alarmante. N’écoutant que mon courage et mon humanité à fleur de peau, je lui ai répondu bien poliment et comme il faut. Je vous retranscris cet appel à l’aide ainsi que ma réponse dans leur intégralité. La lettre de Madame Pfeltzer est authentique. Je n’en ai pas modifié une phrase, un mot, une virgule, une faute d’orthographe.

 

"Que la Paix et la misericorde de Dieu soient avec vous,

 

Je m'excuse pour cette intrusion, je me nomme Mme Nicole PFERTZEL nee le 17 Novembre 1953 originaire de la France mais actuellement hospitalise dans un hфpital nomme St THOMAS a Londres. J'ai du vous contacter de cette sorte parce que je souhaite faire une chose tres importante. Cela vous semblera un peu suspect d’autant plus que vous ne me connaissez pas et je ne vous connais pas. Je souffre d'un cancer du cerveau qui est en phase terminale, mon medecin traitant vient de m'informer que mes jours sont comptes du fait de mon etat de sante degrade. Selon ce que le Docteur m'a justifie, une Boule s'installe presentement dans ma cage cerebrale, j'ai cette maladie depuis plus de 4 ans. Je vie tout seul sans enfant au monde.

 

J'envisage de faire une donation de tous mes biens. J'ai presque vendu toutes mes affaires a une compagnie d'exportation de bois en Afrique au Benin ou je vis depuis pres de 21 ans. Je dispose actuellement d’une somme de 1.225.000$ (Un millions deux cent vingt cinq mille Dollars) que j'avais garde pour un projet de construction. Cette somme se trouve dans une mallette que j’ai deposee au niveau de la section de gardiennage de BOA Benin dont seul mon notaire peut vous aidez a recuperer cette mallette. Je souhaite qu’une partie de cet argent soit verse a differentes associations, des centres d'aide aux orphelins et aux sans abri. Je ne sais pas dans quel domaine d'activite vous exercez mais je souhaiterais vous aider a aider les autres. Je serai gree de vous donner cet argent qui pourra vous aider dans votre entreprise et vos projets.

Je souffre enormement et j'ai tres peur, je n'arrive presque pas a dormir la nuit comme la journee car je ne veux pas mourir sans avoir fait don de tout cet argent sinon je pense que cela serait un gachis.

Veuillez me contacter des que possible si vous etes d'accord pour mon offre directement par mon mail en cliquant juste sur repondre  depuis votre boite electronique pour des raisons de securite et de confidentialite.

 

Que la Paix et la misericorde de Dieu soient avec vous"

 

Voici ma réponse :

 

Chère Madame Pfeltzer,

Que l’incurie crasse du seigneur vous accompagne et que son fils vous tripote,

 

Je suis bien content que vous ayez pensé à ma modeste personne pour vous délester du fardeau encombrant que constitue cette fortune. Je ne refuse jamais rien quand il s’agit d’argent. Sachez en effet que je suis veule, pingre, avare, âpre au gain.

Je suis un salaud et je ne transmettrai pas un liard de votre pactole ni aux orphelins ni aux sans-abris. Je garderai tout pour moi. Je n’en ai que faire de la détresse des autres, des larmes d’enfants des rues crottés et des miasmes de familles entières jetées dans le froid de l’hiver, proies innocentes offertes aux crocs des loups. Chacun sa merde. Sachez également que j’écrase les chats égarés des petites filles à l’œil triste et que je déleste les petites vieilles esseulées de leurs maigres économies en abusant de l’avancement de leur Alzheimer chaque fois que l’occasion s’en présente. Mais bon, ce qui est dit est dit et c’est moi que vous avez choisi.

Permettez moi de répondre point par point à votre admirable lettre à travers laquelle je sens poindre l’âme juste mais torturée qui est la vôtre dans l’espoir de soulager votre bât avant de vous ôter votre pognon trop lourd à porter.

En préambule vous me dites "Que la Paix et la misericorde de Dieu soient avec vous,"

Certes, chère Madame Pfeltzer, certes. Mais à vous qui allez passer de vie à trépas sous peu et qui espérez sans doute rejoindre celui que vous appelez affectueusement votre créateur dans l’espérance un peu sotte et égoïste de s’asseoir à sa droite, d’être invitée à sa table pour y partager un repas simple mais copieux de roastbeef juteux, de purée Mousseline et de compote du jardin des Hespérides (si elle est orange, ne vous en étonnez point), à vous qui allez sans doute partir dans des souffrances longues et atroces, je vous dois la vérité.

Dieu et tout ça, c’est pour de rire.

Lorsque la lumière de votre conscience s’éteindra, il n’y aura plus rien que le néant et l’oubli.

Les ténèbres.

Il n’y a rien d’autre de l’autre côté du rideau de la mort que ce que les fantasmes de nos âmes effrayées ont bien voulu y mettre. Autant que vous soyez prévenue, cela vous permettra peut-être de transcender le moment en remettant à la postérité des dernières paroles un peu moins connes que "je remets mon âme à Dieu" et autres fadaises Saint-Nicolesques.

Vous commencez par me dire que "Je m'excuse pour cette intrusion, je me nomme Mme Nicole PFERTZEL nee le 17 Novembre 1953 originaire de la France mais actuellement hospitalise dans un hфpital nomme St THOMAS a Londres."

Pour l’intrusion, rassurez-vous, je n’ai rien senti. Pour votre naissance en France, que voulez-vous, je n’ajouterai pas à votre détresse. Je vous dirai simplement que personne n’est parfait, qu’on ne choisit pas sa famille ni son côté du trottoir quand on fait la pute à Manille. Vous êtes hospitalisée à Saint Thomas dites-vous ? Vous faites bien de le souligner. J’y reviendrai plus tard.

Vous continuez en m’avertissant. « J'ai du vous contacter de cette sorte parce que je souhaite faire une chose tres importante. Cela vous semblera un peu suspect d’autant plus que vous ne me connaissez pas et je ne vous connais pas."

Effectivement, nous ne nous connaissons pas, chère Nicole, et je me demande bien comment Diable vous avez pu vous procurez mon adresse. Ne dites rien. Etant hospitalisée en Angleterre je suppute que c’est Kate ou William, les deux polissons, qui ont du vous parler de moi.

Si vous revoyez Kate, n’allez surtout pas lui dire que je suppute, C'est une femme de tolérance mais elle le prendrait mal.

Suspect ? Allons donc, Nicole, je crois en la générosité humaine et en la flèche aveugle du destin. Ni l’invraisemblance de votre histoire ni les fautes d’orthographes (leur nom est Légion) ni l’emploi irrépressible du masculin qu’on sent poindre dans chacune de vos phrases ne peuvent laisser le doute en moi s’immiscer. Comme pour St Thomas, j’y reviendrai. Mais d’ores et déjà, je vous fait part de mon étonnement quant à votre choix d’un mail au hasard pour vous soulager. Les médecins et infirmières qui s’occupent de vous sont ils mauvais au point de ne point mériter ne serait-ce qu’une parcelle de votre générosité ?

Vous continuez : "Je souffre d'un cancer du cerveau qui est en phase terminale, mon medecin traitant vient de m'informer que mes jours sont comptes du fait de mon etat de sante degrade. Selon ce que le Docteur m'a justifie, une Boule s'installe presentement dans ma cage cerebrale, j'ai cette maladie depuis plus de 4 ans. Je vie tout seul sans enfant au monde."

Pas de problème Nicole, si vous avez une boule dans votre cage, fut-elle cérébrale, ouvrez-là, la boule s’envolera. C’est Pierre Perret qui le dit.

Vous n’avez pas d’enfants et vous êtes seule au monde. Permettez moi de me réjouir : cela évitera les orphelins et les amis tirant de longues figures lors de vos funérailles.

J’admire cette partie de votre texte. Moi qui essaie lamentablement de faire rire les gens (gratuitement en plus, quel scandale) tous les jours je n’aurais pas fait mieux. J’en suis désolé mais en phase terminale, il est normal que vos jours soient comptés à cause de la dégradation de votre état de santé. Et si présentement, vous sentez une boule justifiée par le docteur, vérifiez quand même que ce ne soit pas dans le bas du dos et que votre nuque n'éprouve pas le frisson glacé de l'infamie, effleurée par le souffle rauque du praticien, parfumé des riches senteurs des Cohiba et des single malts que ces usuriers-là s’enfilent à longueur de journée.

Mais maintenant revenons-en à ces histoires de suspicion et de Saint Thomas.

Bon, chère Nicole, il est temps de tomber le masque vous ne croyez pas ? Mais pour quelle sorte d’imbécile heureux me prenez-vous donc, chère Nicole ? J’ai compris dès le début que vous ne vous appeliez pas vraiment Nicole, Nicole. Je crois que plutôt que d’un Hôpital londonien, vous m’écrivez d’un quelconque cyber-café d’Abidjan, que vous ne souffrez pas plus que moi d’un cancer, enfin à ma connaissance, n’ayant jamais fait de check-up et que plutôt qu’à Nicole, vous devez répondre à un patronyme aussi délicieusement exotique que sottement dévot comme Dieumerci, Bonenfant-Jésus ou encore Baptiste-Aristide.

Je pense, mon cher Baptiste-Aristide, que vous n’êtes qu’un vil arnaqueur tentant de soutirer de l’argent à des Occidentaux stupides et crédules. Oh, ne croyez pas que je vous en veuille ou que je vous juge. J’ai du mal à imaginer qu’un piège si grossier puisse fonctionner. Enfin, réfléchissez un peu. Chez vous, en Afrique même où les clichés les plus éculés fixent générosité imbécile et joie de vivre niaise, votre scénario serait-il crédible ?

Ici, en Europe, non voyons, Fortuné-Jésus.

Et donc voici une femme seule, mourante, qui lègue sa fortune à un illustre inconnu ? Allons donc, Dieumerci, ici en Europe, la générosité, on l’applique à soi-même. C’est chacun pour soi et Dieu pour personne. Car, soit dit en passant, vos références religieuses en début de texte sont parfaitement déplacées. Chez nous, la religion, nous n’en avons plus, à moins qu’on considère le CAC 40 comme une religion, et la crapule sans enfants de Standard and Poors comme du clergé régulier. Oui, je dis sans enfants, car j’ai du mal à imaginer une telle bande d’hyènes jouant nonchalamment avec la vie des gens à coups de dévaluation de la cotte de pays entiers, aimant leurs enfants aussi, comme n'importe quel bon soviétique. Il suffit d’imaginer la vie professionnelle de ces gens-là.

"Dis, t’as vu le cataclysme au Japon ?"

"Ouais, pas bon pour les pépètes ça, on va dévaluer leur cotte tiens."

Ces gens là, les morts, les blessés, les malades… Rien à foutre. Le pays souffre les 7 plaies d’Egypte ? Qu’à cela ne tienne, on en rajoute une. Alors quand on travaille pour la 8ème plaie d’Egypte, rien de moins, on ne devrait pas pouvoir avoir d’enfants. Et au lieu d’emmerder les gens qui veulent adopter un gosse parce qu’ils sont homosexuels, on ferait mieux de s’inquiéter de leur appartenance ou non au monde de la grande finance. Les homosexuels, en général eux, sont pourvu d’une âme. Et c’est important l’âme, pour le développement. Plus que l’orientation sexuelle.

Ah mais j’oubliais, Dieumerci, la crapule financière internationale, comme vous au fond, ne fait qu’obéir à la loi du marché. La loi du marché… laissez-moi rire. Il y a une gradation dans les lois vous savez. Il y a les lois physiques comme la gravité, les "lois" de la biologie : évolution, transmission du génôme, lois de l’hérédité, tout ça. Du tangible, de l’immuable, du véritable "c’est comme ça et puis c’est tout".

Et puis il y a les lois qui gouvernent la vie des hommes, moins intangibles. Elles sont censées régler nos vies et nos relations en tenant compte de ce qui est bon et juste. L’idée est généreuse même si le résultat est imparfait puisque dépendant de l’époque, de la moralité de la société, de l'état de sa démocratie. Utopique mais quand même soutenu par des critères éthiques et moraux aussi désuets que le bien commun ou la dignité humaine par exemple.

Et puis, tout au fond du panier, il y a les "lois" qui n’en sont pas vraiment : non immuables comme les lois physiques, non inéluctables (pourquoi je peux pas dire simplement éluctables ?) et surtout absolument soutenues par aucun critère éthique et moral. Telle est la loi du marché : une loi uniquement soutenue par l’appât du gain, la volonté de se remplir les poches. Une loi qui permet à des sociétés privées de dévaluer la dette d’un pays dont le seul crime a été de subir un séisme et de perdre des dizaines de milliers d’habitants. Comme si ça ne suffisait pas, on en rajoute une couche, sans qu’aucun mécanisme éthique ou moral ne vienne contrebalancer ça. Mais je m’égare Dieumerci. Revenons en à votre boule cérébrale et à cette prétendue fortune que vous voulez me transmettre.

Et donc, je ne vous en veux pas. Mais je me dis aussi que si vous usez de subterfuges aussi grossiers, c’est que des fois ça marche… Dès lors, je ne peux que vous encouragez.

Savoir qu’il y a des gens assez cons pour tomber dans vos pièges nauséeux me fait dire bien fait pour leur gueule. Cela m’interroge aussi sur l’état de ma civilisation naguère si pédante dans sa colonisation de vos pays, l’avilissement de vos peuples. Civilisation qui jouait sa péronnelle et sa mère la vertu envers ces pauvres sauvages qu’il fallait absolument convertir, occidentaliser, sauver, après avoir vendu leurs fils et leurs filles comme du bétail pendant des siècles évidemment. Belle revanche en réalité, merci Dieumerci.

Mais franchement, vous attaquez ainsi à un Belge… Là, mon admiration s’étiole. Enfin, Dieumerci, essayez de me faire croire à moi au geste désintéressé, à la bonté spontanée, à la commisération pour les orphelins et les sans-abris, essayer de me faire gober ça à moi, qui vit dans un pays où les socialistes sont aux affaires depuis des décennies, au pays de Charleroi et d’Ans, afférés à magouiller de-ci, de-là sans jamais prendre de repos comme la grouillance lombricidée d’une bouse de vache bien avancée. Entre parenthèses imaginez la détresse d’un esprit de gauche comme le mien qui voit les socialistes dans leurs œuvres depuis si longtemps…  

C’est pourquoi Jésus-Aristide, mon ami, permettez-moi, avec tout le respect que je vous dois, de vous enjoindre séant d’aller vous faire foutre, vous, vos sous, votre boule cérébrale et votre hôpital londonien.

Enfin Marie-Aristide, si par malheur votre missive était authentique et que vous vous mourriez réellement d’un cancer à Londres, sachez que je compatis tout entier : gastronomiquement, il y a tout de même des endroits mieux famés pour son dernier repas.

 

Que l’épaisse misère et la corde de Dieu soient avec vous, et tout ça…

 

André-Modeste Lerustre, votre obligé.

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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