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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 12:15

 

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Ce matin, 6h35…

Prendre les chemins de traverse. Voler le temps de les prendre.

L’autre soir, je revenais d’une réunion à Gembloux. Minuit approchait. L’air me berçait de cette douceur si rare et délicieuse des mois de juin, quand les crépuscules sont longs et que la nature bruisse de vie à six pattes. Je ne suis pas rentré par l’autoroute. J’ai traversé les campagnes hesbignonnes par de grandes voies rectilignes et faîtières. Ce qui n’est pas compliqué dans cette grande platitude culturale.

A l’ouest, il restait les vagues traces gris-orange d’un jour qui se vautrait derrière l’horizon. A l’opposé, éclairant la plaine sans fin d’une lumière indiscrète, une pleine lune rose me regardait. Je dépassais Thorembais-les Béguines, Ramillies, Eghezée…

Je trouvais que la vie était belle. Mon esprit vagabondait et même, miracle, distinguait des bouteilles à moitié pleines. Et j’ai su ce que je devais faire. Parfois, la nuit et les plaines font ça. Vous apporter des réponses. Chez moi, les grands espaces et les pleines lunes roses aident beaucoup. Ca a toujours été comme ça.

Je devais faire quelque chose que j'avais repoussé durant 23 ans au moins. 

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Depuis l’âge de 16 ans environ, j’écris. Peut-être plus tôt. J’ai de brumeuses bribes de souvenirs. Mais depuis 16 ans, oui, j’écris. Enfin… je noircis des feuilles. J’ai noirci des feuilles en tout cas.

Des histoires dans des jungles où il pleut tout le temps, dans des déserts où il y a toujours du vent, dans des bois où le soleil ne perce jamais. Je n’ai jamais su pourquoi. Pas précisément. Je sais que des trucs me trottent dans la tête, apparaissent et disparaissent ou bien restent et cognent. De idées qui tournent, reviennent, se battent, enflent. Je sais que quand je me mets devant une feuille ou un clavier, ces idées se transforment en mots et que ça me fait du bien. Ca me donne du plaisir mes petits amis. Quand j’écris des foutaises, je suis parfois mort de rire en les écrivant.

Quand j’écrivais mes histoires dans le désert ou la jungle, il y a eu des après-midi d’écriture pluvieuse ou des après-midi pluvieuses d’écriture, je ne sais plus, durant lesquelles je plongeais dans mes histoires. Je ne suis pas certain que quelqu’un entrant dans ma chambre aurait vu qui que ce soit. Cet indiscret aurait peut-être entendu l’écho des gouttes s’échappant de la corolle de quelque fleur tropicale pour rejoindre une flaque dans la boue, là-bas dans cette jungle sans fin où se débattaient mes héros. Mais pas d'ado... perdu loin, loin dans ses mondes imaginaires.

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Je ne l’ai jamais dit à personne. Les tas de feuilles griffonnées sont restées dans des caisses et se sont perdues au fil de mes déménagements. Je ne saurai jamais si ce que j’écrivais était bon ou pas parce que personne ne les a jamais lues ces feuilles et personne ne peut donner un avis.

Puis la vie est passée par là et je me suis consacré à des choses sérieuses ou rémunératrices. Aux oubliettes les scribouillages vains. Mais les idées me trottaient toujours dans la tête. Et un jour de 2010, j’ai craqué. Une idée plus insistante que les autres. Une idée qui voulait vraiment finir sur papier. C’était le texte avec le dingue qui flinguait des chats en écoutant les Walkyries. Vous savez, le fêlé qui massacre les chats des voisins à la sarbacane puis les flanque dans son congel pour les bouffer. J’ai écrit ce truc et comme d’habitude, j’ai flanqué les feuillets dans un bureau pour les oublier. Sauf que je n’ai pas oublié. Que ce texte-là en a appelé d’autres. Et ce personnage-là a rejoint les autres qui vivent dans leur jungle ou leur désert. Il est là quelque part à vivre en moi. Je pense qu’il aura bientôt un nom et qu’il a de plus en plus envie de savoir quel goût ça a... un voisin.

Mais sincèrement, comment pouvais-je parler ouvertement de ces trucs à quelqu’un ? A mes amis ? A ma femme ? A ma famille ? A ceux que j’aime et qui, je l’espère, m’aiment quand même un peu aussi ?

Sans rire. Vous l’avez lu ce texte avec des chats ? Et celui avec l’oryctérope ? Comment voulez-vous présenter ça à quelqu’un que vous aimez, qui peut-être a un minimum de respect pour vous ? En lui disant…

"Oui je sais, mais c’est venu tout seul et sur le moment, ça me paraissait une bonne idée. Quand j’aligne les mots c’est pas que ça me paraisse beau mais je me sens bien. Quand c’est sorti, que ça me semble fini, j’éprouve un sentiment de plénitude rare chez moi : celui du travail terminé et rondement mené".

Et d’ajouter quoi ? Que si un jour je pouvais en vivre, même un peu, petitement, de ces idées qui se bousculent, je friserais le bonheur ? Qu’au milieu de tous ces trucs que je fais depuis 20 ans (une licence, un doctorat, de la recherche, des métiers divers et variés), j’ai toujours ressenti comme un flou, comme un espace brumeux au-delà des 5 prochains jours de ma vision intérieure. Mais pas quand j’écris. Là tout est clair. Tout est simple. Je sais ce que pense l’homme aux chats. Je sais ce qu'il va faire bientôt. Je me souviens de deux jeunes filles auxquelles il est arrivé des histoires dans les Fagnes. Je sais qu’il y en a une dans sa cuisine qui s’inquiète. C’est qu’elle commence à voir des choses peu agréables la pauvre.

S’asseoir, se promener, conduire, et laisser venir tout le bordel. De toute façon ça tourne tout le temps là-dedans. Jusqu’à la nausée. Comment on dit ça aux gens ?

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Il y a dans le plaisir solitaire de l’écriture une joie honteuse et secrète, une impudeur difficile à assumer, une légèreté et une inutilité dont l’acceptation ne doit être facile qu’aux nantis et aux oisifs. Et encore…

Vous avez lu mes divagations sur l’eurovision ? Il faut quand même pouvoir assumer ce genre de trucs. Surtout si on s’avoue que mauvais, moyen ou bon, ce n’est jamais qu’une soupape de sécurité pour un esprit torturé de mauvais mots et de tourneboulures fantasques. L’important, c’est que ça sorte comme me disait un ami amateur de fayots et peu rompu aux mondanités les plus basiques. Que des gens aiment est important et gratifiant, mais finalement, c’est secondaire.

Alors un jour, je me suis dit que si je n’osais pas me livrer à ceux que j’aimais, j’allais le faire avec des inconnus. C'est que depuis mes 16 ans étaient apparus le web et son neveu Bruno 2.0.

Je ne sais pas ce qui m’a pris mais en catimini, honteusement, discrètement, j’ai ouvert un blog. Probablement en me disant que ça ne durerait que quelques temps. Deux ou trois textes. Et puis, personne ne le lirait. En plus, j’allais prendre un pseudo, comme ça aucun de mes proches ne saurait. Personne ne lirait mes nullités.

Mais des gens ont lu. Il s’en est même trouvé pour apprécier. J’ai découvert que j’étais capable d’écrire sur autre chose que des jungles où il pleut tout le temps.

Je peux vous dire que ça fait un drôle d’effet. Un jour, j’ai regardé mon compteur et j’ai constaté que je dépassais les 300 textes. Et les 10 000 visites, les 20000 pages vues (quant à dire qu’elles ont été lues jusqu’au bout…)

Là aussi, l’effet est rude. Interpelant. Bon… je préférerais 100 000 hein, je ne vais pas mentir. Surtout qu’au début, on croit au mirage du web 2.0. Ca semble si facile. On publie des articles et puis on publie sur une page facebook et sur twitter, même si profondément on n’aime ni FB ni twitter et qu'on n’y capte pas grand-chose.

Et hop, les gens voient, viennent lire… Sauf que vos infos à vous sont noyées au milieu de tant d’autres infos, qu’à la fin, elles deviennent invisibles. Ce qui est tout à fait humain. Moi-même je suis loin de lire quotidiennement les sites que j’aime si ce sont des sites avec des textes. Le web 2.0, c’est efficace si on fait court et interpelant.

Et moi, avec mon mode de production "tu t’assieds et tu lâches les vannes", faire court n’est pas dans mes cordes.

Etre sur facebook, a également eu un effet pervers sur mon petit ego. J’ai vu passé des noms d’amis et de vieilles connaissances… Qu’il était diaphane le voile qui me séparait de la révélation avant que les roses ne se fanent (n’importe quoi).

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Et puis un beau matin (enfin, il pleuvait mais ce n’est pas grave), Fesse bouc l’a fait pour moi. Il a découvert que je ne m’appelais pas Ferdinand Lerustre, mais bien Marc Houbart.

Voilà.

Je m’appelle Maaaarc, Marc Houbaaaaart. Vas-y Marc cours, cours !

Laissez votre Rubick’s con cube et allez jacter à l’est comme disait Jules. Pour le meilleur et pour le pire, le Rustre se dévoile.

Je gribouille. C’est comme ça. C’est plus fort que moi. Rassurez-vous employeurs et familiers, ça me mange plus de temps de sommeil et de repas que de temps de travail ou avec les enfants. Vu que la tranche horaire 5-7heures du mat m’est propice aux idées farfelues mais aussi aux valises sous-oculaires. C’est ainsi.

Et pour vous inconnus, amis FB, mes amis, ma famille, mes voisins je continuerai sans vous en rabâcher les oreilles. Sachant que Monsieur Houbart restera lui-même et que le Rustre restera le Rustre. Deux personnes qui se ressemblent sans être tout à fait les mêmes. Deux personnages principaux et une foule de personnages secondaires : Nico le Tich, l’homme aux chats, Francis Ballast, Pascal Mouton, Anatole Legrain-Gallet… et bien sûr les petites mésanges qui zinzinulent dans les fourrés et mes amis les pics qui pleupleutent le soir dans le lointain, les salauds.

Libre à vous d’aimer ou pas. Mais là aussi, c’est comme ça.

Et toi, surtout toi ma belle et tendre. Toi à qui j’ai du mal à parler parce que parler c’est pas mon truc sauf quand il s’agit d’ouvrir ma grande gueule pour dire n’importe quoi. Toi qui pourtant, malgré mes bougonneries et ma mauvaise foi crasse reste la balise sur mon chemin, j’espère qu’un jour tu comprendras, tu accepteras et peut-être même… que tu aimeras un peu. Ce jour-là je serai un "écrivain", même à mes yeux.  

Jeudi, 7h15… juste le temps de prendre une douche, de conduire les enfants à l’école et d'aller bosser.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:39

 

Intro musicale : Also sproutch zaza pousse pas.

Cliquez impérativement maintenant et...  

 Dans cette video "Gloubiboulga amabit", le groupe moldave vainqueur en 2008.

 

... Pendant que la musique hurle, lisez l’intro  à rythme sénatorial comme il se doit pour l'introduction à un chef-d'oeuvre marquant pour l'Humanité (en jaune pipi italique, aucune allusion à Berlusconi ici, l'intro en jaune pipi, pas l'humanité... non mais des fois). 

 

A l'initiative du Ministère du Bon Goût et de la pensée Ariel

Avec la collaboration de l’Amicale Flamande des Joyeux Délateurs Amnistiés.

Avec la collaboration des radjos et télévisions privées de goût douteux de la communauté française de Gelbique.

Avec la collaboration de la Cocof , de la teu teu, d’Atchoum et d’autres nains de jardins.

Avec le soutien de Georges Michael, du doudou et d’Elio, le beau maillot de Ravenne.

Les productions Lerustre présentent

Une émission réalisée par Stamely lubrique et Woody Haleine pur vierge

Le 51ème concours Eurocouillon de la chanson débile

 

Avertissement : Cette série de sketches a été réalisée avec un humour extrêmement ras des pâquerettes dans le cadre de la campagne « des labours et de  l’énergie verte »

Ré-avertissement : feuilleton lourd et poussif à lire sans complexe deux fois par semaine sur le Blog du Rustre. Laissez votre finesse et votre pudeur au vestiaire. Viendez avec le rustre !

 

Mesdames et messieurs... Attendez je laisse finir l'intro musicale...

Il est long Stanley... Difficile de rassembler toutes les facettes du personnage... le kubrick'scube je veux dire... Bon il a pas fini ? Et "Zorro pousse toi", tu vas la fermer ton intro ?

Pfffffff.... c'est long hein... Et ce con de macaque qui tape sur son os ! Les bronzés font du ski, voilà du bon cinéma... Mais le Kubrick là, avec sa grosse tablette de "Côte d'or" qui traine autour de Jupiler, de Jupiter... Pfffff.....

Ah !

 

Mesdames et messieurs, chères auditrices, chers auditeurs, chers oryctéropes, chers pics qui pleupleutent le soir dans le lointain, amis chats au court-bouillon et même vous, électeurs de la N-VA, bonsoir !

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Le Chanteur Daniel Broutelavoine qui gagna l'eurovision en 1988 avec Âne masseur, âne.

 

En direct depuis le Sportdome paleis de Hunserkfundjrupdropgrotekeu en Islande, c’est Jean-Louis Lahaye qui vous présente cette 51ème édition du concours Eurovision de la Chanson paillarde et grotesque. Pour cette soirée extraordinaire, j’aurais la chance et l’insigne honneur d’être accompagné de mon vieux complice Jean-Pierre Hautain, directeur d’antenne de Radio Brabant et également présentateur de l’émission phare de la chaîne "j’en bourre quand même"… Bonsoir Jean-Pierre. 

-Bonsoir Jean-Louis, j’espère qu’il y aura de sacrés décolletés ce soir, cré vin djiou. Si je peux vous corriger, ce n’est pas radio Brabant, mais Radio Barbant, nuance.

-Heu… Oui, Jean-Pierre, de taille cette nuance. Nous comptons aussi à nos côtés, monsieur Serge le Lama de la ferme didactique de Bar-sur-Montcul.

- Jean-Louis, bonsoir.

-On peut savoir ce que vous foutez là ?

-On m’a invité et je ne crache jamais sur un regain de notoriété, même quand moi être fâché !

-oui je signale à nos auditeurs qui n’ont pas l’image que vous êtes un vrai lama, avec des poils dans la culotte et tout, et même pas Tibétain de surcroit !

-Rien à voir, je suis originaire des rives du Titicaca. Vu ce qui va défiler comme merde devant nos yeux ce soir, on m’a invité en tant que régional de l’étape si vous voulez. En plus le picotin est offert et c’est défrayé en diable. On se croirait en mission Californienne pour la Région Wallonne. Moi très content, je ne vais pas cracher dessus. En plus, j’étais très impatient de vous rencontrer Jean-Louis. Vous avez un nom qui fait frisoter la laine de mon imaginaire. Lahaye, comme Jean-Luc, comme Brigitte… Fantasmes ! Il me vient comme des envies de vous brouter. Lahaye, quel charme ! Si je ne frêne pas mes pulsions il se pourrait qu’on m’y en chêne.

-Euh… Je suis hétéro et sauf votre respect Serge, je ne suis pas zoophile…

-Mais qu’allez-vous imaginer là Jean-Louis, Je ne mange pas de ce pin là, vous vous tromper d’orme. Je suis végétarien, simplement. Et à l’instar de mes cousins camélidés et autres vieux chameaux, j’aime les feuillages tendres et les jeunes pousses branchues. Mais rassurez-vous, je saurai me contenir. Je suis ici pour travailler, alors au bouleau.

-Merci de votre présence Serge. Et bien entendu, on ne peut plus s’en débarrasser… Le professeur Francis Ballast, la moustache généreuse et l’accent liégeois profond. Bonjour Francis… Des nouvelles de Tancrémont ?

- Mouais bof…

-Bravo l’enthousiasme. C’est parce que je vois une tarte aux myrtilles à vos côtés, ainsi que… Ouaw ! "Très vieille prunelle distillée sans âge" ! Vous nous gâtez ! Mais dites-moi Francis, vous n’avez pas l’air en forme.

-Je pense sérieusement à la grève sauvage Jean-Léopold… Avec un Jean-Machin chose, c’était déjà dur mais avec un Jean-Trucmuche en plus…

-Vous n’avez qu’à nous appeler par nos prénoms. Jean-Louis et Jean-Pierre ça doit pouvoir être retenu par un cerveau d’historien tel que le vôtre, non ?

-L’historien peut-être, mais l’artiste, Jean-Raphaël, l’artiste, lui, est meurtri. Je ne doublerai pas mon nombre de trouvailles en Jean-perds-du-temps (dans les TEC) sans avantages sociaux et salariaux compensatoires. Peu m’importe de bloquer les Wallons, de faire ricaner les Flamands, ce sera non. C’est du droit élémentaire au combat social qu’il s’agit !

-En même temps, si vous faites grève, on s’en fout un peu vous savez Francis… Vous conduisez pas un bus non plus. C’est pas comme Jean-Pierre qui a conduit Dubus à la RTBF…

-Je ne suis pas ce Jean-Pierre là, Jean Louis… Moi c’est Hautain…

-Peu m’importe, cloportes visqueux et lubriques, puisqu’il en est ainsi, je vous appellerai Môssieur Hautain et puis c’est tout !

-Bien Francis, bien, mais il va être gentil et aller à la niche maintenant hein ! Coupez la tarte, versez-nous de cette odorante prunelle et n’en parlons plus !

- Oui Jean-Louis, d’autant plus que les deux présentateurs vedette de Radjiö glagla Radjiö igloo, la radio Islandaise, viennent d’entrer sur le plateau.

-Puis-je me permettre d'ajouter une brindille aux poutres de votre humour Jean-Pierre ? J'ai connu une autre Radjiö glagla Radjiö igloo aux USA, à New-York, je ne sais plus si c'était dans le Bronx ou dans le Queens ! 

-Hilarant Serge ! Revenons à nos présentateurs. Il s’agit de deux vedettes en Islande : Sigidur Olafsmursson et Lady Glagla, la chanteuse volcanique, qu’on a vu dans le chef-d’œuvre de Steven Iceberg. Le naufrage de la p’tite Annick.

-Une chanteuse volcanique qui s’est faite des cendres par la critique, notamment par Haroun Tazzief, pour son rôle d’Annick dans ce film. Mais Lady Glagla se lave de ces scories méprisables.

-Un film poignant pourtant qui conte la vie d’une jeune fille riche qui sombre dans la prostitution au Brésil.

-Oui, Jean-Michel, avec une fin mièvre comme on les aime, avec des requins de la finance qui attaquent un banc de maquereaux. Alors, c’est la panique générale. Les filles de joie fuient, s’égayent dans tous le sens. Une vraie débandade de morues !

 P8140249Parmi ces trois chanteuses, saurez-vous reconnaître Lady Glagla ?

 

-Passionnant, mais je vous interromps Francis, parce que le premier candidat entre en piste et que vous commencez à me concasser les gesticules avec vos anecdotes.

-Tout à fait Jean-Pierre et ce premier candidat est une candidate en la personne de Natacha Tenfeu, candidate Ukrainienne. Natacha qui nous chante la "Musique du vagin", tout un programme Jean-Pierre.

-Je ne vous le fais pas dire Jean-Louis, Wa ha ha hin hin hiiiiiinnnnnn. Surtout que les Ukrainiennes de l’eurovision, en général, quand elles n’ont pas des poils, elles ont de sacrées paires de loches, si je puis me permettre.

-Et bien dites-moi les deux Jean-Phil les mouches, on fait dans la finesse, le classieux à ce que je vois. C’est carrément monégasque comme présentation. Vous voulez pas que j’en lâche une pour faire les chœurs ?

-Oh taisez-vous Francis, écoutons plutôt cette œuvre inoubliable…

 

   

-C’est beau hein Jean-Louis.

-J’en suis tout tourneboulé, évanescence vaporeuse de création artistique…

-Tu parles Jean-Phillibert, elle n’a aucune chance de gagner : pas de décolleté ou à peine, pas de musclés qui arrachent leur froc pour danser en string léopard, pas de flammes et d’étincelles. Aucune chance je te dis. Elle aurait fait ça en bikini et en faisant le grand écart pointé renversé ou la brouette taïwanaise à 6 branches, là je dis pas. Je dis pas. Mais là…

-Francis a raison Jean-Louis, c’était de la poésie pure, aucune chance de gagner. Les candidats en soliloque qui monologuent, même avec leur foune, n’ont que peu de chances de gagner. Il faut que ça pète l’eurovision.

-Pourtant, je trouve cet instrument très intéressant, il me rappelle la bise de mon plateau Andin natal, là-bas, dans le Titicaca, terre brûlée au vent des landes de pierre, autour des lacs, c'est pour les vivants un peu d'enfer, le Titicaca. Le son me rappelle le cri d’un animal…

-Le miaulement d’un chat peut-être ? Mpffff wa ha ha hin hin hiiiiiinnnnnn !

-Mais tout à fait Jean-Pierre, ne riez pas. Cet instrument fut très utilisé dans l’antiquité et jusqu’à récemment, à la cour du shah persan par exemple. Ainsi qu’à la cour siamoise. Tout les goûts sont dans la nature.

-Exactement, ainsi félin un siphon les autres !

-Tout à fait mes amis. Et ce sera la conclusion de cette première partie. Nous nous retrouverons après une courte page de pub. Ici Jean-Louis Lahaye en direct de Hunserkfundjrupdropgrotekeu.

 

Vendredi, ne ratez pas la suite... pétaradante de ces aventures... 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 14:55

 

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Source : http://www.kroll.be/index.php?option=moi

 

En raison de la sombre actualité de ces derniers jours, nos programmes sont remplacés par la retransmission en direct de l’hommage funèbre à feu le jeu des dictionnaires, décédé en ce mois de juin de l’an de graisse 2011. Une graisse pas très antique. Or, nous savons tous quoi penser de la graisse antique. N’est-ce pas, petite péronnelle ? Cette émission sera commentée en direct par Jean-Louis Lahaye, présentateur-arboriculteur à la RTBF, le professeur Francis Ballast, spécialiste de l’histoire du rail (un peu comme Jean-Luc Delarue mais pas du même rail, si vous voulez) et par monsieur Bruno Gregory, neveu de tous les neveux.

 

-Francis, Bruno, bonjour.

-Bonjour Jean-Louis.

-Bonjour Jean-Blaise.

-Jean-Louis, Francis, moi c’est Jean-Louis. Ne commencez pas à enduire les auditeurs d’erreur. Ils sont suffisamment déboussolés comme ça les pauvres.

Et à vous, chers auditeurs, je vous souhaite malgré la tristesse des circonstances, un excellent bien que solennel moment en notre compagnie.

C’est en de biens funestes circonstances en effet que nous nous retrouvons aujourd’hui pour assister en direct à la cérémonie d’hommage funèbre au regretté jeu des dictionnaires et à sa jolie petite sœur « la semaine infernale », décédés tous deux dans des circonstances aussi inopinées que soudaines et surprenantes.

-C’est un peu un pléonasme Jean-Paul… Inopiné, ce n’est pas un mot sale, ça signifie…

-Commencez pas à ramener votre fraise Francis, avec votre petit Monsieur je sais tout et votre longue figure.

De biens tristes circonstances donc, qui nous amènent ici en cette chapelle Onze Lieve Vrouw des vertus discrètes de Uccle…

-1180, Jean-Bernard, 1180.

-Gné ? Quoi 1180 , C’est la date des Eperons de bronze ou quoi ?

-Non, le code postal de Uccle, mon cher.

-Pfffff… Nous sommes et gné gné gné… pour assister, disais-je, à cette cérémonie d’hommage qui sera menée par Monseigneur l’Abbé Georges Clooney et par la mère supérieure du couvent des Ursulines de Chimay, Ma mère l’oie. Alors que déjà se pressent, la mine sombre et le regard hagard…

-Je vous signale Jean-Pierre que mon regard était aussi hagard quand j’étudiais l’histoire du chemin de fer. Hagard… Chemin de fer… Comique non ?

-Non Francis… Pourriez-vous nous faire grâce de votre humour ferroviaire en ces instants funestes, espèce de bille… de chemin de fer.

-Désolé, mais sur les jeux de mots, j’y vais à Fonck, Jean-Luc. J’ai soif, me ferais bien une p’tite jupe en l’air moi.

-Je reprends… Une foule à la mine triste et à l’œil aussi rouge qu’un nœud pap’ de crooner Montois, donc, où l’œil avisé du commentateur averti reconnait nombre de personnalités, Francis…

-Tout à fait Jean-Denys, mon jeune ami. D’emblée on remarquera au premier rang la famille Tilkin, déjà orpheline et à laquelle on arrache une seconde fois le cœur. Je signale au passage que pour la communion, le vin de messe a été remplacé par du mastaquet.

-Du mastaquet Francis ?

-Oui, l’apéritif des intrépides ardennais Jean-Christophe. Vous ne me semblez pas très averti ! Juste derrière la famille Tilkin, on reconnait, éplorés et visiblement très déprimés, le Docteur Derscheidt accompagné de son infirmière, madame Pannekoek. Il se dit à ce propos que la cérémonie sera suivie d’une superbe séance collective d’ablépharie, qui soyez en sûr, fera un pfffffftttt mémorable. Aux pieds du bon docteur, vous remarquerez son teckel, qui répond, enfin qui répond, il ne dit rien hein le chien, c’est une expression, qui répond donc au doux nom de « balle dans la bouche ».

-C’est pas plutôt un prénom de mouche ça, Francis ? Quoi qu’il en soit, pouvez-vous nous remettre les pendules à l’heure ? Cet animal semble souffrir des pattes.

-A l’heure avec le rail ? Vous n’y pensez pas. Pour le clébard, il a eu un accident il y a cinq ans. Il est sourd aux ultra-sons, pauvre bête, alors il n’a rien entendu en traversant la ligne du tram… Il est resté paralysé de l’arrière train. Pourtant le docteur l’avait sifflé trois fois… Depuis, il a le cul monté sur une paire de roulettes fisher-price.

-C’est terrible, Francis, quel dommage mais quel hommage.

-Tout à fait Jean-Perdpasune. Ce sera une cérémonie mémorable, à la hauteur de ces deux personnes de qualité qui nous quittent trop tôt. Voyez plutôt cette assemblée de haute volée où on aperçoit en vrac Super-Wallon, le Docteur G., Priscilla Suçotte, Chuchotte, pardon, DJ Didjier, et même ce vieux dégueulasse de parrain. Je signale également la présence exceptionnelle de Vanessa, qui arbore une superbe veste en peau de mouton retourné et qui a exceptionnellement fermé son salon de coiffure de la rue Crapaurue à Vervjier. Verviers dont je dirais, pour résumer « 4800 ».

-Je ne vois pas Thomas Gunzig, Francis ?

-Non, malheureusement, pris d’un fou-rire en relisant le texte « bande de cons » dans l’escalier il a eu un glissement sémantique et est atterri sur les dalles. Il souffre d’ailleurs terriblement des amis Dal.

-Quelle triste histoire. Ca m’attriste. Je vais me faire un café bien serré pour me remettre, tiens. Mais dites moi Bruno, on ne vous entend pas beaucoup je trouve. Je vous signale quand même que la RTBF vous rétribue grassement, enfin grassement… Vous pourriez vous impliquer. Quel est votre sentiment en ce jour funeste.

-Une joie indescriptible Jean-Louis. Je suis heureux de la disparition de cette émission de klettes.

Ma vie était belle avant. La semaine, j’étudiais l’Art et le bon surréalisme Belge à l’académie « Willy Borsu » de Grez-Doiceau.

-Aaahh Grez-Doiceau, Jean-David, que dire de ses 1390 ?

-Faites chier Ballast. Ne m’interrompez pas ! Le week-end, j’animais la troupe scoute « toujours bleue » de Thorembais. Ta gueule Francis ou je te ventile ! Mes soirées, je les passais à la jeunesse militante et réformatrice de Jodoigne à écouter en boucle de vieux discours de Jean Gol.

-Jodoigne, mille trois-cent…

-Francis, la ferme !

-J’étais heureux. Je venais de recevoir mon troisième service de table en faïence bleue à l’effigie d’Olivier Maingain, avec écrit dessus « la Belgique est un plaisir et doit le rester ». C’est dire si je nageais dans le bonheur.

Mais tout a changé pour moi. Maintenant je me cache. Je tremble et je sue les mille gouttes. Parce que vivre cacher dans un poêle à mazout, c’est chaud, surtout en hiver… Tout ça c’est de la faute à mon parrain qui, quand il a été engagé à la chorale « Onze Lieve Vrouw » d’Anderlecht…

- 1070, Jean-Yves, 1070.

-… s’est mis à faire les navettes vers la capitale. Il rentrait vers 17h00 et écoutait la Première pour les infos trafic. Il est tombé sur « le jeu des dictionnaires » et sur les sketches de Juan d’Oultremont, à propos de son neveu… Gregory. Mon idiot de parrain… Pour vous dire qu’il est bête, figurez-vous qu’à Pâques, il s’est mis à chercher des œufs le long des autoroutes wallonnes parce qu’il avait entendu dire qu’il y avait beaucoup de nids de poule. Ce con s’est mis à croire que le Grégory de Juan, c’était moi. Il a commencé à me regarder avec un air drôle, à m’offrir des trucs bizarres : une photo de Didier Reynders sur une trappe à souris armée, une carabine avec, collé au-dessus de la gueule du canon, un post-it disant « regardez-ici et souriez» et sur la gâchette un autre disant « appuyez ici pour prendre la photo », une webcam, qu’il disait…

-Oui, je comprends votre souffrance Bruno…

-Non ! Vous ne comprenez rien ! Vous n’entendez rien aux cris sourds qui montent de nos plaines de toutes ces personnes blessées par cette bande d’humoristes à la sauvette. Marc Herman, François Pirette… voilà des comiques qui sont rigolos et drôles. Mais cette bande là… Vous imaginez-vous les générations de Bruno qui dorment la peur au ventre ? Les centaines de fumeurs traumatisés ? Et les porteuses d’appareils dentaires ? Et ces centaines de jeunes filles traumatisées à la seule idée d’aller quémander une dringuelle à leur parrain ? Mais ce n’est pas le pire, Jean-Louis. Savez-vous que les chauve-souris ont disparu de la grotte de Han depuis qu’elles sont scrutées en permanence par des visiteurs indiscrets qui tentent de voir comment elles font pour faire caca la tête en bas ? Et toutes ces pauvres femmes qui ont un copain qui s’appelle Freddy et qui redoutent qu’il ne se transforme au téléphone en abominable limace visqueuse et lubrique ? Bon débarras oui, le jeu des dicos et ses gros Robert ! J’ai toujours préféré les petites rousses !

-Si vous me permettez, mon cher Jean-Balthazar, j’avais prévu que ce petit monsieur de Bruno Grégory serait un con. Alors je me suis permis de lui apporter un petit présent.

-Faites, Francis, faites.

-Ooooooohhhh monsieur Ballast, une photo dédicacée de Charles Michel, mon idole !

-Et pas n’importe quelle photo ! C’est une carte musicale ! Embrassez-le sur la bouche, vous verrez.

-Smaaaaaak !

-Qui a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé, l’orange, qui a volé l’orange du marchand…

-Dieu me tripote, Francis, comme vous connaissez bien mes goûts ! Gilbert Bécaud. C’est, mais, qu’est-ce que……

-Qui a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé….

-Arrrrrghhhhhhh. Hhhhhh.

- a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé

- Bien fait pour ta gueule, gros baraki. Vasse tchir ê Mouss !

… a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé…

-Mais que Francis….

-Curare, Jean-Fernandel, rapide et efficace. La carte en est enduite.

-Mais… Il est mort ?

… a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé…

-Plus raide que lui, tu meurs. Enfin quoique, Rocco Siffredi… Mais non… Il est mort.

… a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé…

-Sur ce, si je puis me permettre, Francis… Gilbert est légèrement exaspérant. Je l’enverrai bien rejoindre Nathalie pour discuter de Pouchkine….

… a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé a volé…

-Pas de problème Jean-Mouammar… Un petit marteau et….

-Tu vas la fermer ta gueule Gilbert ? Tu vas la fermer dis, hein ? PAF ! Dis tu vas la fermer ? Tu nous emmerdes avec tes oranges. PAF ! Fais toi un jus et basta. Y a plus grave que tes agrumes de mes deux pamplemousses tu crois pas ? La faim dans le monde, les gaufres de Bart… tout ça…. PAF !

Et voilà Jean-Louis (oh ! j’ai dit Jean-Louis !). Pour fêter ça, je vous proposerais bien une lichette de tarte au riz. Vousse on boquet d’doreye, valet ?

-Rôôô Francis, vous n’allez pas nous refaire le coup de la tarte ?

-Mais c’est de circonstance Jean-Théophile. Elle vient de Tancrémont. Et avec… Hop là ! Une bouteille de mastaquet. Buvons à la santé des disparus.

-Si vous me prenez par les sentiments… Santé ! Dju ! C’est du genre couillu !

-Y a même encore les poils autour Jean-Maryse ;

-Je dirais qu’il y a de la pomme non ?

-Aaaahhhh mais pas que, mais pas que… Jean-Hips ppppolyte. Mais je vous me interromps, mon vieux Jean-Adalbert, c’est le moment de la lecture de l’évangile. Ecoutons. C’est Pierre Kroll qui devait faire la lecture mais l’émotion l’a laissé sans voix. C’est donc Mister Q lui-même qui le remplace.

-Evangile selon Saint Robert..

1.4.1. Et donc or en vérité, il prit le pain, le rompit et dit à ses disciples, prenez le, moi je préfère les rillettes.

1.4.2. Et car or ni donc en vérité toujours puisque je vous le dit, oui en effet.

1.4.3. Merde, j’ai fait une tâche de rillette sur ma toge. Il faudrait un miracle pour ravoir ça à 40 degrés.

1.4.4 et des poussières. C’est dingue de se dire que si on avait crucifié Marie-Madeleine au lieu de Jésus, le Saint Suaire serait en pages centrales de play-boy ! j’ai dit que c’était dingue pas que c’était respectueux des écritures.

-Francis… quelle émotion. Je suis tout chose. Remettez moi une rasade de mastaquet. Je me demande si je n’y ai pas décelé un peu de pétrole.

-Y en a Jean-Alain, y en a. Mais là Jean-Poulain, je vous arrête. Ecoutez. C’est le moment du requiem. Interprété par la chorale Sainte Pépette du Staneux de Polleur, qui accompagne un soliste de renom, et quel renom, puisqu’il s’agit du célèbre rappeur serésien 50 centimes.

-Dju, ca va déchirer grave, si je puis me permettre… Ecoutons…

- Yo ! 50 centimes represents… Yo Seraing est dans la place… Yo frites et boulets sauce lapin… ouééééééé. Ah tous les Luigi et les mingati…

-Euh… vous êtes sûr que c’est un requiem Francis ?

-Ne vous plaignez pas ou je remets Gilbert. Et je ne suis pas sûr qu’il ait retrouvé son voleur…

-Ah bon… Mais voilà déjà Francis, qu’on me fait signe : il faut rendre l’antenne. La rendre mais pour en faire quoi ? Déjà que la RTBF télé, c’est plus très drôle depuis longtemps. Maintenant, que nous restera-t-il à la radio ? Mouais Dubus, c’est rigolo… mais si les TEC font grève…

-Elle est à chier celle-là Jean-Henri.

-C’est donc ici que nous nous quittons, chers auditeurs, alors que la cérémonie ne fait que commencer. Alors que nous avons à peine effleuré l’énorme galerie de personnages vrais comme imaginaires qui ont habité nos ondes pendant plus de 20 ans. Et voilà qu’ils nous quittent, comme ça, par la petite porte, presqu’en catimini. La N-VA a raison, ce pays s’évapore. Ces personnages, ces rires qui ont bercé toute notre jeunesse et qui retournent aux limbes avec les snuls, avec Coluche, Desproges, Geluck, Garcia et Decaunes, les Inconnus… Que va-t-il nous rester pour nous fendre la poire ? Tous ces personnages que nous aimions et qui ne seront plus que des archives mortes. Le temps passe et sa roue tourne, je le sais. Mais franchement, le temps qui passe m’emmerde encore plus que Gilbert et ses oranges. Bon vent gros membres de l’équipe, continuez à le faire avec la langue.

Quant à nous, mon cher Francis et sans transition…

-Non c’était Bruno, je crois, pas Transition.

-Certes… mais nous nous retrouverons la semaine prochaine pour commenter ensemble le 51ème concours Eurovision de la chanson paillarde. A vous les studios !

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 07:47

Je me souviens lorsque j’étais jeune fille, un jeune garçon qui passait par bonheur me trouva si jeune et si jolie qu’il me fit voir… Ah non, désolé, je me goure.

Ca c’est le début de la « Brabançonne d’une putain », une chanson paillarde.

Moi, le début que j’avais imaginé c’est : Je me souviens, c’était il y a un an, le 13 juin. Le ciel azur n’arrivait pas à cacher le fond frais de l’air qu’un vent du nord aigre balayait. Mais après, c’était la page blanche.

Après, j’ai imaginé un « J’ai fait un rêve ». Ca partait très solennel puis ça tombait dans le délire loufoque. Mais tout ce que j’ai réussi à rêver c’est qu’après l’arrivée au pouvoir du Grand Gaufrier des Flandres, il y avait une répression culturelle terrible pour dégouter les gens de parler le Français jusqu’à ce qu’on remplace dans les écoles, l’étude de Hugo, Baudelaire et Villon par les textes des frères Taloches, de François Pirette et de Marc Herman. Sur quoi, tout le monde se décidait à suivre des cours accélérés de Bantou.

Mais c’était un peu court. J’ai aussi un texte qui doit faire deux pages sur deux peuplades imaginaires qui s’appellent les Flamodurs et les Francomous. Ce n’est pas très drôle et je n’arrive pas à le finir.

Il y a aussi l’étude branlocouillométrique de Mme Ingrid Gastier-Leroy. Mais elle reste embryonnaire.

La vérité, braves gens, Français, Françaises, mes chers concitoyens, mes chers concitoyennes, ma bonne Tata Germaine, c’est que je ne trouve rien de drôle à raconter sur la crise belge. Elle m’emmerde la crise belge.

Ce n’est pas que je ne trouve pas cela risible. C’est risible.

Les plateaux télé politiques de ce dimanche étaient risibles.

Avec les mêmes éternels présidents de partis francophones sauf Elio qui a piscine le dimanche alors qui envoie Laurette. Les mêmes seconds couteaux qu’à l’habitude côté flamand (sauf le fils de Croo, il faut le dire), parce que les présidents de partis ont mieux à faire que d’aller plaider leur cause dans l’autre communauté dont ils se fichent. Les présidents Francomous chez les Francomous, les Flamodurs chez les Flamodurs. Rien à foutre de ceux d’en face, ils ne votent pas pour nous. Ils ne peuvent pas.

Vlan. Quand j’écris ça évidemment, je termine mon texte. Il n’y a plus rien à dire. Une crise qui dure depuis un an, depuis 2007, depuis 1999, depuis 1830. Je n’en sais rien. Mais ce qui est sûr c’est que le fait de n’avoir aucun média, aucun parti politique en commun n’arrangera jamais rien. Et pour les médias, ce ne sont pas les timides mumuses occasionnelles de la RTBF qui y changeront quelque chose. De toute façon, le citoyen lui-même n’en a plus rien à foutre de l’autre communauté. Je n’en ai plus rien à foutre de cette société Flamande où on pleurniche sans cesse sur l’arrogance et le joug francophone alors que cette même communauté Flamande détient la majorité aux deux parlements, tous les postes ministériels clés, l’Etat major de l’armée, l’essentiel des aménagements structurels autoroutiers, portuaires et ferroviaires. Une communauté où on pleurniche sur les sous dilapidés pour les méchants Francophones alors qu’on est une des communautés les plus riches d’Europe. Une communauté qui enterre des élues de partis xénophobes puant les relents du nazisme et de la collaboration en grande pompe, une communauté où les hommes politiques jouent dans les jeux télévisés, font du kung-fu dans les magasines, s’affichent plus comme des participants à secret story que comme des hommes d’idées. Du reste pourquoi encore avoir des idées alors que la haine du Francophone tient lieu d’unique ligne de pensée dans la politique flamande ?

Je n’en ai plus rien à foutre des Flamands et j’aurais même tendance à ne plus leur trouver aucune excuse. Il vaut mieux donc que je m’abstienne avant de devenir grossier.

Quant aux Francomous, qu’ils soient Wallons ou Brusseleirs… Quand je vois leurs pathétiques représentants oser ressortir les mêmes lieux communs depuis un an (depuis 2007 si on est honnête). Mais les mêmes, hein, à la virgule près. Quand je les vois battre leur coulpe et tendre l’autre joue, alors que ce qu’ils devraient faire c’est mettre les nationalistes le nez dans la merde de leur passé, de leur présent et de leur futur, oser un discours fort qui démontre que maintenant c’est fini de rigoler. Mais non, ils nous rabâchent encore que l’important c’est le socio-économique, qu’il faut une réforme de l’état mais pas à n’importe quel prix, qu’il y a des avancées sur la table autour de laquelle personne n’est assis pour daigner les entrevoir ces avancées.

Alors qu’ils savent que s’ils ne capitulent pas purement et simplement, les Flamodurs reviendront dès la prochaine législature avec de nouvelles revendications intenables pour une communauté (nous) minoritaire, bouc-émissaire, honnie et conchiée par une majorité arrogante et nationaliste.

Comme s’ils ne savaient pas, nos présimous de partis, que le socio économique a beau être important, tout le monde s’en fout en Flandre puisque tout ce qui ne marche pas pour eux, c’est de notre faute à nous. Et que si le moteur socio-économique veut avancer, il est pendu au bon vouloir des roues communautaires.

Mais à l’image du formateur, les Francomous restent aphones. Un coq et un lion dans une basse-cour, c’est jamais bon pour les plumes du coq.

Non, rien à faire, je n’arrive pas à être drôle face à un pays qui s’enfonce irrémédiablement dans le grand nulle part. Un pays qui va se réveiller un  jour exsangue, sans futur, sans rien. Et se jour là, ce ne sont pas nos chers présimous et autres présidurs ou grands gaufriers qui s’en prendront plein la gueule. Regardez vos portefeuilles et vos factures, vous verrez qu’il n’y a rien de drôle.

Parlons-donc de choses plus primesautières. Je me sens l’esprit léger, l’humour aérien. Pas difficile dans un pays qui s’évapore.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 13:10

Un article édité avec le soutien de l’Université d’été de Branlocouillométrie des facultés hasardeuses d’Hastière-par-Delà et l’amicale poujadiste des cafés du commerce réunis.

 P4300054

La Faculté s'interroge sur l'origine de la bactérie chiatique.

 

Le dernier feuilleton qui remplace l’affaire DSK dans les journaux est un exemple magnifique de cette science ultime qu’est la branlocouillométrie.

En revenant de vacances, j’entendais parler à la radio d’une affaire, d’un scandale, d’une crise de Licoli. Diantre me dis-je, Silvio a encore frappé. A moins que ce ne soit DSK. Cette Licoli, ce doit être encore une strip-teaseuse italienne mineure de fond. Ou une Chilienne. Mais non, l’affaire des mineures chiliennes, c’est fini. Ou alors Licoli, c’est une chaîne d’hôtel où Christine Lagarde aurait "rencontré de façon consentie" un homme de chambre en sortant de sa douche. Et si c’est con senti…

Pas du tout.

Il s’agissait simplement du mystère du concombre andalou et de l’Escherichia Coli, E. coli pour les intimes. E. coli, une bactérie de notre flore intestinale, une inoffensive commensale de nos tripes qui se retrouve expulsée dans les égouts et les rivières avec nos selles qui ne sont pas chevalines. Bactérie dont certaines souches peuvent devenir pathogènes et nous foutre des courantes comme peu d’attachés aux cabinets ministériels en voient même quand il est temps de faire disparaitre les preuves en fin de mandature et que ça saigne dans les ministères.

Le concombre andalou et le bacille. Un beau titre de roman.

L’affaire du concombre à castagnettes et de la bactérie à caca.

Mais je m’excuse tout de suite. Je polémique, mon cher Victor. Je déblatère mon vieux dromadaire. Et la présomption d’innocence alors ? Et le droit à l’image du concombre masqué ?

Bon, je l’aimais bien le concombre comme coupable présumé suspect. Déjà que la mise en rapport de la bactérie fécale et du concombre… Quand j’imaginais comment la bestiole A s’était retrouvée sur le concombre B… je souriais. Les Grecs je savais, mais les Andalous… Bon peut-être trouverait-on là un début d’explication aux "aïe aïe aïe" des musiques ibériques.

 

 

Mais, coup de théâtre, nos voisins allemands nous annoncent que ce ne sont pas les concombres andalous mais les germes de soja qui sont accusés de culpabilité présomptuelle. On parle déjà d’une caution de 5 millions de dollars et d’un emprisonnement à Tomate island, la terrible prison fédérale du légume.

Les germes de soja ! La vache ! Un sale coup pour les végétaliens, diététiciens new-age et autres hygiénistes à l’opprobre facile. Mangez du steack et des frites mes gens, on meurt, mais moins vite et la panse heureuse. Et mettez-y de la sauce andalouse, y a pas de concombre dedans !

Mais mon épouse me dit qu’elle aurait entendu que peut-être ce ne serait pas éventuellement les germes dans les germes mais autre chose. Mais quoi ? L’Europe tremble. La disette menace. Les loups rodent dans Paris et les Flamingants dans Bruxelles, réclamant l’amnistie des petits pois… La famine guette. Vous aurez le choix dans ce monde mes enfants : la faim ou la chiasse.

Et en plus, la rumeur a voulu que ce ne soit pas des aliments industriels mais des aliments bios, les coupables (je l’ai entendue telle quelle au journal celle-là). Ah, ah, vous voyez, hein, on accuse la malbouffe, la méchante industrie agro-alimentaire polluante et perverse et ben non mes canards, c’est le bio qui vous empoisonne !

Une entreprise de jardinage allemande était pointée du doigt. Evidemment, le fait qu’un légume soit bio implique qu’on limite les produits phytosanitaires, pas le caca pour le faire pousser.

Personne n’a non plus songé qu’un aliment pouvait être bio ET industriel. Un concombre qui grandit sur de l’ouate avec des produits dedans, si les produits sont bios… c’est un concombre bio je suppose. Même si les fiers hidalgos ou les titanesques Teutons se torchent avec la susdite ouate avant de fourrer les concombres dedans. Bio ! Si le fier hidalgo ou le Teuton qui pointe sous son casque mange bio et se teint les cheveux avec une teinture bio, évidemment.

Enfin, je dis les concombres mais j’aurais pu dire les germes de soja. Ou autre chose puisque ce ne sont pas les germes mais bien les germes (les bactéries quoi, suivez un peu, crotte). Ni l’entreprise bio, d’ailleurs, enfin apparemment, je crois. Enfin peut-être. Vous y comprenez quelque chose vous ?

Les derniers présumés innocents accusés de culpabilité suspicieuse, ce sont les fonds de fosses à purin issus de la bio-méthanisation. Nonobstant, je reste sceptique. Avec les cacas de porcs, les merdes de vaches, les résidus gluants de vêlages et les déchets organiques divers que l’occidental jette alors qu’ils feraient l’ordinaire et la joie de n’importe quel enfant du Sahel, on produit du gaz.

Dans le joyeux bouillon à partir duquel est produit le méthane, de sympathiques bactéries fécales copulent joyeusement, mettant en commun et mélangeant leurs patrimoines génétiques respectifs. Et donc de ce gai bouillon naissent des tas de souches nouvelles et exotiques de E. coli. Quand le gaz part, et que Melchior bat l’bazar, il reste un résidu sec, excellent engrais qu’on épand sur les cultures. C’est beau le recyclage, beau comme une miche bio avec un morceau de chocolat équitable.

Et comme nous vivons une sécheresse exceptionnelle où c’est qu’il ne pleut même pas pour laver les légumes, ben ils sont encore pleins de caca quand on les met sur vos étals.

Comme dirait l’autre, à force d’y mettre de la merde, on en avale.

Et je n’invente rien, j’ai mes sources !

http://www.rtl.be/info/monde/europe/800655/bacterie-eceh-une-entreprise-de-jardinage-pointee-du-doigt

Et quelles sources dis-donc !

P4300026Même le lapin, c'est dangereux pour la santé, sutout s'il est Japonais. regardez celui-ci qui se gausse de ses courbes généreuses. Il est tout de même bizarre ce lapin !

Mais dis-donc, hé ! Les Teutons là, avec leurs saucisses immondes et leur mayonnaise au sucre ? Ne seraient-ils pas coupables ? C’est que ça te bouffe n’importe quoi un Teuton. C’est que sous le casque à pointe, il n’y a pas que du bon goût chez ces gens là !

Quand la matière fait cale, on n’est pas dans la merde, je vous jure. Déjà qu’on ne peut plus manger de viande, boire de vin, qu’il faut se méfier du lait cru, faire gaffe aux pesticides, passer entre les gouttes de cholestérol, se faufiler entre les monceaux de bisphénol A et les montagnes de lipides saturés.

Il va falloir manger nos doigts ou nos enfants, je vous le dis moi. Pour les enfants, faites gaffe à leur alimentation : ils doivent manger bio, ça leur donnera une viande plus saine.

En attendant, les marchés du concombre, du soja, et pourquoi pas de la salade et de la tomate se cassent la gueule. Ca sert cette traçabilité dont on nous rabâche les oreilles et qui emmerde les producteurs et leur coûte de l’argent. Tu identifies avec précision l’origine andalouse des concombres coupables mais qui n’ont rien à voir dans l’histoire, mieux tu identifies deux ou trois producteurs suspects innocents en les nommant nommément, mais c’est toute la production européenne qui prend la pâtée parce que les gens paniquent.

 

Il faut dire qu’il y a de quoi paniquer. Regardez donc cette photo de Daniel Bahr, ministre allemand de la santé visitant l’hôpital de Hambourg le 5 juin. Il a un masque sur le visage.

144 96 be2e839921626aa99aa6d39e0975e287-1307521900

Source : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_e-coli-le-nombre-de-nouvelles-infections-baisse-de-maniere-sensible?id=6237723

La bactérie E. coli transitant (ha ha) par les intestins et les fèces, on peut se poser des questions sur cet accoutrement… suce pet…

Vous avez vu "Y a-t-il un pilote dans l’avion ?" Cette scène où le commandant demande aux passagers de garder leur calme et où le plan suivant montre une panique indescriptible, avec même une grosse poitrine dénudée secouée devant la caméra. Ben, c’est un peu ça la chaîne de la sécurité alimentaire. On se la joue technicité et professionnalisme, mais de toute façon dès que ça sort dans la presse, c’est le bazar intégral. Et comme les gens mon bon monsieur, ils sont… comment dire… C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases.

 

Prenons plutôt un exemple.

Voici un article traité par deux grands médias belges.

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_e-coli-contamination-de-betteraves-exportees-vers-la-belgique?id=6244163

http://www.rtl.be/info/monde/europe/801378/une-variante-de-la-bacterie-eceh-sur-des-betteraves-exportees-en-belgique

On y apprend quoi ? Rien. Que des germes de betteraves entrant en Belgique ont révélé la présence de souches d’E. coli. Que ce n’est pas la même que la bactérie mortelle, mais qu’elle est potentiellement pathogène puisque entérohémorragique. Que ça arrive tout le temps. Que l’AFSCA fait son boulot. Point barre.

Sauf que l’internaute, le lecteur, il est pressé. Que s’il s’arrête au titre tapageur ("Une variante de la bactérie Eceh sur des betteraves exportées en Belgique" pour RTL et "E.coli: contamination de betteraves exportées vers la Belgique" pour la RTBF) et aux photos de l’article, le Belge il va arrêter d’acheter des racines de betteraves en pots et même des fraiches cet automne s’il a un peu de mémoire. La presse, c’est magnifique.

 

P9100129 

 

Mais maintenant, et en exclusivité, le Rustre est en mesure de vous révéler, après une analyse fine et approfondie de l’actualité de ces derniers mois, les dessous de cette affaire. LA Vérité avec un gros V comme dans Vidéo Gag.

C’est un complot ! Un complot ourdi par des sectes maçonniques à la solde du nouvel ordre mondial !

Les betteraves et les germes de concombres ont été contaminés par des déjections bio mais radioactives de BenLadenzilla, qui a muté en passant par Fukushima en se rendant sur l’Ile. Là bas, Michael Jackson, Elvis Presley et maître Modrikamen ont recueilli les matières fiscales, euh fécales, du monstre terroriste et les ont semées sur les cultures occidentales. Kadhafi était au courant du complot et voulait tout révéler au monde. C’est pour ça que l’OTAN l’opprime jusqu’à l’OPEP. Quant à l’implication de DSK elle semble certaine mais bénéficie encore d’une présomption de je-ne-sais-plus-quoi-inventer-pour-faire-mon-rigolo. Et croyez-le bien, il y a de grosses légumes qui sont impliquées ! Je l'ai dit à Elio, il est resté sans voix... pendant une semaine, carrément !

 

A moins qu’il ne s’agisse d’un complot des Drus, immondes habitants chauves de la nébuleuse du concombre, ennemis de la princesse Malvira et du prince Geluck. (1)

Qui pourra nous sauver ? Qui nous délivrera du mal, de la tentation et des pousses de betteraves transgéniques ?

Je n’en vois qu’un, un seul. Venant faire mordre la poussière aux ennemis de la terre en direct du frigo palace… Leguman bien-sûr.

 

(1). Je n'ai trouvé aucune illustration sur youtube de cette pièce maîtresse du patrimoine belge : le feuilleton de et avec P. Geluck intitulé "la constellation du radis" où les méchants étaient des chauves munis de concombres. Le générique, écrit par Philippe Lafontaine himself disait "Si c'est pas toi, si c'est pas moi, si c'est pas là et si c'est pas ici. Ce n'est pas grave si tu t'ennuies, il y a dans ta tête une fusée qui s'enfuit dans la constellation du radiiiiiis ! Du radiiiiiiiiis You hou hou. on la voit quand on est dans son lit, on la voit d'n'importe où... Du radiiiiiiiis You hou hou, c'est quelque part très loin d'ici."

Si un généreux donateur a un lien, je suis preneur.  

 

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 06:36

 

Le mingati jeune en action.

 

Le mingati lorsqu’il n’a pas encore 16 ans dans les années 80, n’a pas de mobylette. Mobylette qui n’était pas une mobylette mais un Kamino. Donc le mingati doit s’occuper à autre chose. Hormis le glandage organisé, le mingati se complait dans la pratique d’un sport au moins aussi exaspérant que le foot, le "kots".

Plus tard viendraient les slows "skette braguette" là-dessus. En attendant, ça sortait en 1984. 

Faire un kots consiste à souffleter la nuque d’un congénère avec le revers de la main de façon à ce que la pointe des doigts et les ongles cinglent violemment la peau. C’est très drôle. Pour le mingati en tout cas : il a beau vous faire le coup tous les matins depuis 6 mois, il s’esclaffe encore comme une hyène quand vous vous mettez à gueuler de douleur.

Plus inoffensive, mais légèrement lassante, est sa traditionnelle blague du midi :

"Hé, minga sôôôr, y a ton lacet k’est détaché, trafiquant de sperme de lion".

Immanquablement vous regardez vos chaussures et le Mingatouzzzze de répliquer, finaud l’animal :

"Merci d’m’avoir saluer !"

Et de partir d’un rire éléphantesque, qui encore maintenant dans mon esprit n’est dépassé en exaspération que par le pleupleutement sonore d’un pic dans le lointain.

Evidemment, vous attendant quand même à cette réplique d’académicien après dix ou vingt réitérations du trait d'esprit, vous pourriez vous abstenir de baisser la tête, mais le mingati risquerait de le prendre mal et de vous foutre un kots pour vous apprendre le sens de l’humour.

Une autre activité routinière du mingati consiste à vous tendre la main dans le but manifeste d’entamer une poignée de main à connotation virile et pourtant pré-pubère. Lorsque vous faites mine de répondre à cette sollicitation, le mingati retire brusquement sa main en pointant le pouce vers le haut en hurlant "prends le bus !" Là également, il avait beau vous l’avoir fait 100 fois, il ne pouvait s’empêcher de s’écrouler d’hilarité à la 101ème.

Et de nouveau, un peu blindé après 100 fois, vous pouviez faire montre d’une résistance toute humaine à cet humour ravageur en l’envoyant se faire foutre ou simplement en n’entrant pas dans le jeu, mais alors sans coup férir, vous vous preniez... un kots évidemment.

Enfin, je me souviens d’une activité prenant place plutôt en cours que dans la cour. Et là, force m’est d’avouer que je participais volontiers à cette activité. Mais à force, nous étions tous un peu des mingatis.

Il s’agit du lancer de "tchoukets". Et là, amis et voisins, ouvrez votre esprit et admirez le génie humain. Le tchouket est un morceau allongé et plié en deux de papier compressé et mâché, volontairement baveux et collant, propulsé au moyen d’un ou de deux élastiques tendus entre le pouce et l’index.

Coefficient d’adhésion garanti et élevé surtout sur mur, plafond ou tableau noir. Les plafonds de nos classes étaient constellés de centaines, parfois de milliers, de ces petits bouts de papier, fixés là depuis des générations probablement. Peut-être même certains bouts de papiers provenaient-ils des versions originales d’évangiles apocryphes, voire des manuscrits volés de la Guerre des Gaules.

Evidemment, il y avait toujours un moment où, lassés des murs et des plafonds, on se les balançait dans la gueule, ce qui s’avérait douloureux et passablement dégueulasse et glaireux.

Parfois, nous laissions les tchoukets pour nous envoyer des élastiques tendus et propulsés au moyens de nos lattes, qui finissaient par exploser en pleine classe tant elles étaient sollicitées. C’était rarement au goût du prof je dois dire.

Vous savez, je regarde ça avec tendresse, mais qu’est-ce que c’est bon d’avoir grandi…

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 10:31

 

Parlons le minga ti.

 

 

 

 

L’expression "minga ti", que nous belges finissions par utiliser comme une interjection sans trop savoir de quoi il s’agissait, signifie littéralement "Sexe féminin, toi !" C’était l’équivalent italiote du très liégeois "Ouf ti", également répandu, mais moins.

Il s’agissait d’expressions interjectionnelles traduisant l’étonnement, le ravissement, l’approbation rude et virile. On pourrait rendre ces expressions par mazette, diantre, ou palsembleu.

Mais si vous disiez à un Piétrouze, "palsembleu" dans la cour de récréation, vous vous preniez une tatatne parce qu’il croyait que vous insultiez sa mère. Il fallait dire minga ti ! 

Minga ti admettait plusieurs variantes dans la cour de récréation. Variantes dont je m’explique mal les origines, les nuances et les significations.

Il y avait "Minga", tout court. Ou "Minga wash" ! Et encore "Minga saurrrrrrre". Le tout pouvait être ou pas assorti d’un sonore "ti".

Nous, les Belges du groupe, étions un peu exclus de la cour princière "des étrangers" à dominante italienne. Nous n’avions pas droit à nos noms en Ouze. Il fallait être du clan pour ça.

Moi par exemple, j’étais juste le "trafiquant de sperme de lion". Parce que je saoulais tout le monde de mes jeux de mots et de mes blagues et que pendant les heures d’étude je faisais circuler avec deux camarades de petites brochures pamphlétaires et rigolotes, constellées de dessins et de bons mots sur les profs. Mais pour le rapprochement sémantique exact entre cette activité et ce surnom, ne me le demandez pas, je ne l’ai jamais compris.

Pourtant, nous étions en admiration devant ces petits caïds et adoptions volontiers leurs habitudes dialectales. Par souci de prestige. En effet, comment ne pas brûler d’admiration béate devant la nonchalance et la classe "Grands seigneurs" de ces barons avant l’heure, affalés sur les bancs de la cour, jambes écartées, à se gratter les couilles en sirotant un coca tout en faisant des commentaires emplis de finesse et de respect égalitaire sur la gent féminine.

-Hééé, minga soorrrr, piétrouze, t’as vu Nathalie comment qu’elle est bonne ? 

-Oufti oui ti Minga wash, k’éééénne pour une paire de loches, ti !

Vous voyez le genre. Le mingati de 12-13 ans n’était pas plus fin dans son comportement, mais cela, c’est pour demain.

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 06:15

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Mouettes-vous années de jeunesse ?

 

 

Comme je vous le disais l’autre jour, le fonctionnement d’une mémoire est fascinant quand elle navigue dans le brouillard du lointain. Ce qui vous touche, parmi des jours et des jours de vie, des choses futiles qui sont celles qui restent gravées et résument tout le reste.

Des chansons et des films...

 

  

Des noms aussi. Gennaro Tornincasa. Voilà le nom très improbable et pourtant tellement couleur locale du présentateur de « Liège matin » dans les années 80. Entendre son nom à la radio l’autre jour m’a immédiatement mis la gueule dans cette foutue brume d’un autre monde.

En 1984-1985, alors que je rentrais à l’Athénée Maurice Destenay de Liège. Je revois les trémies défiler et les bouchons s’égrener sur les quais de la Meuse alors que mon père m’emmenait à l’école. En écoutant Liège matin. Il y a des morceaux qui reviennent. Pourtant, je ne dois pas les avoir entendu sur Liège Matin mais plutôt sur des fêtes foraines, des manèges. Il y a Radio ga ga, Jump, la musique de Giogioz Moroder sur une histoire sans fin, SOS fantômes. Je ne sais pas pourquoi mais l’évocation de cette période lointaine invite immanquablement la pluie. La grisaille. La crasse. Je découvrais Liège et Outremeuse après une enfance strictement verte et campagnarde.

Mon père voulait absolument m’inscrire dans une « école convenable », où je pourrais apprendre le latin pour faire des grandes études après. Ben voyons. Quand il alla m’inscrire en août, la première chose qu’on lui demanda, c’était sa profession et son diplôme. Il répondit technicien, à l’Université siouplaît, et électricien pour la formation. On lui répondit alors qu’il était préférable pour son fils (moi) de suivre l’enseignement des sections dites « modernes » et pas celui des sections latines.

Le latin c’était pour d’autres types d’enfants et d’autres types de parents. Les sections « modernes » qui dans ma tête, ont toujours par la suite correspondu à un ensemble flou où on n’apprenait certes pas le latin, mais surtout où on reléguait tous ceux qui échouaient en sections latines, une sorte d’enseignement de seconde zone. Mon père s’emballa, cria, en appela aux droits de l’homme, exhiba mes bonnes notes d’école primaire, menaça d’aller m’inscrire ailleurs.

Le professeur qui procédait aux inscriptions céda. Remarquez en passant qu’il s’agissait d’un professeur de morale laïque, vous savez, ces cours où, entre autres, on tente de vous inculquer des foutaises comme le libre examen, l’égalité entre les hommes, la démocratie qui donne des chances équivalentes à tous ses enfants. Enfin des carabistouilles quoi.

Donc, il céda et m’inscrivit en classes latines. Mais pas dans n’importe quelle classe. Subtilement, enfin si on veut, la première année des sections latines étant divisée en 4 classes (1La, b, c et d), on m’orienta vers la classe 1Ld.

D, la dernière des 4.

Une classe de 36 élèves dont 80 pourcents étaient issus de l’immigration plus ou moins proche : essentiellement des Italiens, puis des Espagnols, des Marocains, un Allemand et un Français et des Belges, fils et filles « d’ouvriers », de « manuels ». A 12 ans c’était mon premier contact avec les concepts d’égalité et de non discrimination. Ca m’a beaucoup marqué.

Et j’ai donc passé ma première année de secondaire dans l’environnement très exotique des « Italiens de Seraing » comme on les appelait. Même si la plupart venaient de Liège ou de Bressoux, et des fabuleux immeubles de Droixhe, autre fleuron d’intégration belge (pour les Français, ces immeubles sont ou étaient ce qui se rapproche le plus de vos banlieues à pauvres).

Cette année m’a marqué donc. Elle fut loin d’être heureuse tous les jours tant je ne m’habituais ni à la ville ni aux caïds qui me prirent comme tête de Turc. Ca m’a pourri la vie et probablement orienté définitivement vers le côté obscur de la Force, même si je me soigne.

Mais aujourd’hui encore, quand je plonge, ce sont presqu’exclusivement les bons souvenirs qui remontent. Alors les gars, si vous désirez suivre un cours d’Italo-Liégeois des années 80. C’est demain. Sans l’accent parce que ça passe mal par écrit.

Et donc mes copains s’appelaient Salvatore, Pietro, Marcelino, Mohammed, Esméralda. Avouez-que ça a une autre gueule que Kévin ou Allison. Mais entre-eux ils se donnaient du Piétrouse, du Pardouse (du nom de famille Pardo), du Marchelouze… le tout en faisant trainer indéfiniment le "ouze". Ca donnait "Hé Piétrouuuuuuuzzzze" ! Ils s’en tapaient 5 ou se donnaient des bourrades viriles en se demandant des nouvelles "Hé Minga ti, Pardouuuuuuzzze, t’as vu le Standard la branlée de la mort qui z’y ont mis Minga soooooorrrr."

Demain, nous analyserons plus avant l’éthologie du mingati de 12 ans.

‘nga ti, kééénnn biesse ti ci là !

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 08:59

"Ils mangent le caviar à la louche. Sont cons. C’est même pas meilleur à la louche, d’abord."

Coluche.

209 (2)Vautrons-nous dans le stupre, le lucre, la luxure, le vice... 

La semaine dernière, dans la presse, on nous servait sur plateau fumant le dernier (mais pas l’ultime malheureusement) avatar de la glauque affaire DSK. Mais si, vous savez, le type qui aurait tenté de violer une femme dans une chambre d’hôtel. Une femme ? Mais si, vous connaissez. "Une" être humain, avec deux jambes, deux yeux, un cerveau, des sentiments, enfin, un être humain quoi. Comme un homme mais en femme, avec des trucs en plus en haut et des machins en moins en bas, et en général un salaire moindre pour la même fonction mais avec plus de boulot et de pression.

Mais oui, mais bon, c’était une bonne après tout, une noire en plus. J’en ai même entendu arguer que c’était une musulmane. On ne va tout de même pas traiter un homme de cette stature, Français en plus, comme un chien parce qu’il est amateur de saine gaudriole ? Puritains de Ricains va.

P5290053 Le financier et la soubrette, une fable pour corps de Lagarde. Les images exclusives qui ne laissent aucun doute quant aux responsabilités et culpabilités : elle sourit !

 

Tudieu, Géraldine ne poussez pas le bouchon trop loin avec votre féminisme à fleur de peau, j’en suis encore à me demander si vous avez une âme. Et la présomption d’innocence que diantre !

Bref, en deux semaines on a tout entendu, tout vu jusqu’à la nausée ou pire. Les "anges de la téléréalité" en passeraient presque pour une émission digne de Bernard Pivot, à côté de ça.

Bon, vous permettez un instant ? Il me faut déféquer un coup.

Personnellement, ce déferlement émétique m’a rappelé des paroles de Roger Waters :

“You make me feel with the urge to defecate”.

Mais je conviens qu’il ne s’agit pas des mêmes orifices et que la comparaison est boiteuse.

Nonobstant, depuis une semaine, on atteint des sommets dans les bas-fonds. Cela doit vouloir dire que tout ça est gratuit. Hein Chérie, si il y a nonobstant, on paie rien, non ?

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Mais quand même, on frémit devant la lubricité de ce regard. 

Car voilà t’y pas maintenant que le beau monde s’offusque devant le train de vie New-Yorkais du Grand Khan. Le gourou du machisme. Le Khan Gourou quoi. Un animal sauteur si vous voulez.

"Et t’as vu ce qu’y met comme fric dans un appart ?"

"Ah le salaud, il est plein aux as dis-donc."

Indécent. Un scandale. Et l’estocade finale, le vrai tomahawk dans la gueule à Khadafi : "il est socialiste pourtant."

Comme si un homme politique socialiste, ça devait forcément habiter des corons à Marcinelle ou à Bergues.

C’est bien connu. Tu es avocat, chef d’entreprise (une entreprise de révisorat à Ans pour prendre un exemple quelconque) MAIS tu es zomme de gauche, zomme politique de gauche d’abord en plus.

Alors t’es pauvre. Tu roules en deuch’ et tant qu’on y est tu fais les poubelles le matin pour te confectionner un vrai déjeuner du terroir. C'est que finalement t'es du côté des ouvriers, donc pauvre. Je signale à ceux-là qu'ils ont raté quelques épisodes depuis le front populaire.

Ah merde alors ! Non mais. On peut plus violer tranquille les femmes de chambres et en plus, il faudrait être pauvre comme zob ? Peau de job oui ! A quoi ça servirait d’être zomme de pouvoir alors ?

Pour conclure, je me permettrais ces révélations étonnantes aux offusqués faciles. Saviez-vous que notre monde voit des gens devenir riches alors que d’autres restent pauvres. Il en est même qui restent riches alors que d’autres deviennent pauvres.

Saviez-vous que certains patrons, peut-être même de patrons qui tirent à gauche, allez savoir, gagnent des millions d’euros chaque année alors qu’au pied des immeubles où ils gagnent ces sommes plantureuses, d’autres hommes, voire des hommes plutôt à droite dans leurs pensées les plus inavouables, n’ont même pas de quoi se payer les cartons qui leurs servent de couverture la nuit. Et on me susurre de source sûre que cet état de fait ne daterait pas d’hier. Ben dis-donc…

Je ne dis pas qu'il faut trouver ça normal mais bien qu'il ne faut pas s'en scandaliser uniquement en fonction des soubresauts de l'actualité. Il faut s'en indigner tous les jours.

A toute chose malheur est bon. Pendant que le monde visite virtuellement les apparts de DSK, les réacteurs de Fukushima peuvent fondre tranquillement, peinards, et la Libye peut tranquillement s’enfoncer dans la guerre civile. Au moins on ne nous emmerde plus avec le malheur de ces gens-là, non mais ! Laissez-moi manger ma banane, merde !

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 07:59

 

J'ai retrouvé un petit exercice "d'écriture automatique" réalisé au bord d'un chemin il y a quelques mois, alors que je me promenais. Je l'avais totalement oublié...

 

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Chut ! Ecoutes. Tu entends ce cri flûté, légèrement nostalgique ?

Tsi tsi flu !

Non ? Pas le temps ?

Trop occupé à écouter le vacarme de ton propre cœur qui s’alarme parce que tu vas être en retard au cinquième rendez-vous de ta journée, que tu dois avoir fini à l’heure parce que c’est toi qui va récupérer les gosses aujourd’hui, qu’il y a des bouchons, qu’on annonce du verglas que…

Tais-toi ! Regardes avec tes oreilles, te dis-je. C’est une mésange. Tu entends son cri flûté, légèrement nostalgique ? Tu le sens effleurer ta peau avec la tiédeur parcimonieuse d’une matinée de mars ? Tu le sens te titiller le bulbe olfactif d’esquisses de primevères et de violettes dans la rosée ?

 

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu regardes.

Il faut que tu vois ces reflets dans les nuages quand le soleil se fane. Il faut que tu vois ces deux amoureux dont le regard irradie l’abandon et la joie. Tu as été comme eux. Tu pourrais être eux. Toi aussi tu as eu ces yeux avant que la vie ne te dépasse.

Parce que les sourires des enfants ne sont jamais comme à leurs deux ans. Et que leurs deux ans, c’est éphémère.

Parce que 80 années ça parait long. Pas quatre-vingt printemps. Quatre-vingt floraisons du muguet. Quatre-vingt saisons des fraises. Quatre-vingt temps des cerises. Huit fois compter sur ses dix doigts. Très court. Tu te retournes et tu ne dois plus compter que quatre fois sur tes dix doigts. Trois. Deux. Un. Zéro.

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu entendes.

Il y a tellement de bruit.

Il y a tant de sons qui t’assaillent.

Cacophonie de concepts qui caquètent.

Des cris comme des gifles qui pleuvent de partout. Du son, tellement de sons, tout le temps, partout, toujours. Tellement de fureur. Au sein de ce brouhaha, on crie ton nom. Tu ne l’entends pas. Tu ne le comprends pas. Tu ne sais même plus qui tu es.

Tellement de bruit. Qu’au début tu n’entends pas le râle qui sort de ta gorge. Mais le râle se fait plainte, se fait cri, hurlement qui monte et écrase le boucan petit à petit comme une masse qui s’abat sur tous les mp3, radios, ipad et autres boîtes à oubli qui t’entourent.

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu ressentes.

Silence.

Un merle noir lance sa trille du haut d’un épicéa. Tu entends tes pas lourds qui font craquer les feuilles mortes qui jonchent en tapis épais le sol de la forêt. Un chêne immense et griffu te regarde passer.

Un hêtre cyclopéen, droit et élancé, large comme la main d’un père, est plus attentif. Il te voit sourire. Tes deux pieds dans la boue. Le paysage triste du Condroz un soir de mars. Marcher sur une crête d’où le regard ne s’arrête plus. Entrelacs de branches nues et mortes, damiers agricoles mornes bruns, gris, jaunes, fanés.

Et le ciel pastel.

Et le murmure du vent.

Le silence pesant loin du verbiage des gens. Juste ce merle qui appelle le printemps.

Il faut que tu t’arrêtes. Il faut que tu respires. Il faut que tu vives. Simplement.

Un à un les instruments parlent dans le soir qui s’attarde. Le souffle d’une vache, l’aboiement lointain d’un chien, le bruit métallique d’un joug dans une étable et puis quelques chats-huants. Et là, au sein de cette symphonie en calme majeur, tu marches encore jusqu’à te retrouver, jusqu’à te rappeler ton nom. Marcher dans le vent, le froid, la nuit, les étoiles, jusqu’au carrefour sur la crête, croisement des croisements entre n’importe où et nulle part. Si tu prenais à droite, tu irais très loin. Si tu prenais à gauche tu irais encore plus ailleurs.

Tu es arrêté. Tu respires. Tu vis.

Et les étoiles tombent autour de toi parce qu’il est presque trop tard.

Presque.

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