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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 07:52

 

Invitation

Le Blog du Rustre

 

En collaboration avec

Les préservatifs en laine « Mammouth ».

Les Jeunesses centristes végétaliennes abstinentes de Bornéo

L’amicale des amateurs de défloraison de drosophiles consentantes passionnés d’oenophilie.

La quinte de toux Wallonne et la COCOF Bruxelloise

 

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Vous invitent

 

A la Première Université d’été de

Branlocouillométrie Théorique, expérimentale et appliquée

 

En accord avec les principes fondamentaux de la discipline, cette Université d’été débutera dès ce printemps. Le thème principal de nos débats promettra d’être passionnant :

 

La branlocouillométrie appliquée à l’écologie, au bio et à la biodynamie dans le domaine de l’agriculture, de la viticulture et de l’oenophilie.

Répercussions dans le domaine communautaire belge.

 

Dans la plus pure lignée de feu Anatole Legrain-Gallet « De tout, de rien mais surtout de n’importe quoi ».

 

Pour cette première, le Rustre est fier de déjà pouvoir vous annoncer la présence de sommités mondiales de la branlocouillométrie :

Dr Nicodème-Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent, de l’Université de Villerupt-lez-Blanchon-sur-Lesse et des Facultés Notre-Dame de la Vertu relative de Noyelles-en-Gers.

Pr. Léon Kraspeck de l’Institut Rémy Brika de Issy-Mont-Petitmédor.

 P4260171Léon Kraspeck, génie illuminé, enluminure du XIIIème siècle.

 

Programme des conférences :

La branlocouillométrie : composante essentielle du paysage politique belge. Par le Docteur Ingrid Gastier-Leroy

La branlocouillométrie, définitions et implications par N.A. Leruth

Branlocouillométrie expérimentale : Le bio, cette arnaque, ce piège à cons par le Professeur Kraspeck

Branlocouillométrie expérimentale : Le bio, seul futur de l’agriculture. Par le professeur Isidore De Crayon, Ingénieur des Mines.

Branlocouillométrie expérimentale : L’agriculture conventionnelle nous empoisonne. Par le Dr René Biloutte

Branlocouillométrie expérimentale : L’agriculture conventionnelle nous sauve la vie. Par Roger Stuyvenaarkerzeel, Ingénieur Agronome.

Pesticides : la vérité vraie cachée ! par le Dr. Roger-Annie Cordy et le Dr. R. Brika

Pourquoi je jardine avec la lune. Par le Pr. Franck Vincent de l’Université-d’y-fait –beau-tout-le-temps de la Guadeloupe.

Pourquoi je ne jardine pas avec la lune. Par les Dr. Salvatore et Adamo de l’Institut (ne me demandez pas lequel, c’est l’Institut avec un grand I, c’est tout)

La problématique syntaxiale de l’herméneutique expiatoire dialectique dans la perspective d’une branlocouillométrie relative générale. Par le Pr. Alex Tension. Prix Zorba de Physique quantique 1975.

 

Et bien d’autres merveilles et fantasmagories qui passeront devant vos yeux attristés durant cette belle saison. Par Robert-Louis Aznavour.

Et c’est tout. Par Ronald Rigole

C’est tout j’ai dit. Par Thénogénèse

Ta gueule ! Par Tioski.

Premier article cet après-midi dans le cadre de la prestigieuse encyclopédie du micro-savoir, richement illustrée par le peintre espagnol Chantal Goya. Par Mesanrapé.

 

Par les moustaches de Plastic Bertrand, le Rustre est un fondu ! Mais il n'a pas de moustaches Bertrand ! Et alors ?

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 15:22

 

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Je vous le demande un peu. Je vous la pose la question. Non mais ! C’est vrai quoi. Ya pas à dire, dès que tu as une marée noire ou une centrale atomique qui pète, il faut qu’ils ramènent leur fraise.

Il en pleut pour le moment. Des écolos. A cœur joie qu’ils s’en donnent !

Les écolos. Les bobos. Les végétaliens macrobiotiques. Les barbus. Les doux rêveurs. Et vas-y que je te prétends que le nucléaire c’est dangereux, et vas-y que je te bassine avec le réchauffement climatique, et v’la t’y pas que je te les brise avec ton empreinte écologique et ta taxe carbone.

Bon, on ne peut pas tout à fait leur en vouloir aux écolos, ils sont malades.

Ils souffrent d’un syndrome malheureusement encore peu étudié, le syndrome de la pastèque. Bien vert à l’extérieur, mais rouge au cœur.

Et là, je vous le demande un peu, fidèles citoyens, loyaux républicains, traitreux royalistes, peut-on encore décemment être de gauche au 21ème siècle ? Alors même qu’il n’y a plus un seul gauchiste assumé sur terre,dans aucun parti rosâtre que ce soit, même pas dans le parti communiste chinois à vrai dire. Peut-on tolérer dès lors tant de rouge bien planqué sous cette carapace verte ?

Alors même que les vraies valeurs qui ont porté l’humanité depuis l’état fruste de l’âge de pierre jusqu’aux cathédrales financières des cités d’affaires de Honk-Kong ou de New-York triomphent ? Je veux parler ici de ces valeurs porteuses que sont l’appât du gain et l’envie de grimper sur la gueule du voisin.

P5190136 - Copie 

Ma réponse est non, trois fois non. Même six fois si vous voulez. Ou plus.

Car enfin que fait la science ? Le syndrome de la pastèque ne doit plus être une fatalité. Il faut faire quelque chose. Je ne sais pas moi, un concert caritatif avec tout plein des gueuleuses, des chanteurs à voix, des chanteurs à texte, des chanteurs à clous, Raphael. Un truc à la télé, un pastèque-thon.

Un pastèque-thon. Ca devrait bien marcher. Au moins en Belgique où on adore déjà les pêches au thon. Ah, je vois quelques lecteurs français afficher une mine dubitative (je n’ai pas dit une carrière d’éjaculateur précoce).

Oui, je sais, je sais. Mais ne nous leurrons pas, larrons : avec le roi, le foot et la bière, les dernières briques du ciment des belges, ce sont la tomate-crevette et la pêche au thon. Une demi pêche avec une salade de thon dedans.

Pas fraiche la pêche hein, non de la bonne en conserve, au jus si possible, pas au sirop. Puis il vous faut du thon, en boîte aussi, que vous allez mélanger avec de la mayonnaise (rangez moi ce fouet et ces œufs, cette huile, en tube la mayo, malheureux), des échalotes ou de la ciboulette. Et voilà un des fleurons de la gastronomie belge vite préparé. J’allais écrire de l’astronomie et je n’aurais pas été loin de la vérité. Non, mais vous vous rendez compte ? Des pêches au thon !

Et on eut voulu qu’on sauvât ce pays de la ruine de l’âme ? Et ensuite, on voudrait son unité ? On voudrait lui accorder pitié et amitié ? Que nenni mes preux, sus au Belge et à sa pêche au thon. Dans le Belge, de son canal pendu à ses ondulations ardennaises, rien n’est bon, contrairement au cochon.

Sabrons, saignons, n’épargnons point, qu’un sang impur exhalant des remugles de pêche et de thon, abreuve nos souillons ! Aux larmes citoyens, jetons les pêches au thon, coupons, guillotinons, c’est de bon ton.

Mais bon, je m’égare et j’é fé un créneau. Revenons à nos pastèques. Car cette digression régressive digestive (quoique la pêche au thon, question digestion...), ne doit pas nous éloigner de nos échalotes. Comment diable peut-on être écolo au 21 ème siècle ?

Fichtre foutre de cornegridouille de bisturlute à cul.

Si vous me passez l’expression. Tant que vous y êtes passez le sel aussi. Et le poivre. Merci.

Car n’oublions pas de dire merci ni le proverbe :

"Radium qui rayonne, écologiste qui claironne".

Et oui car en vérité !

Mais bien chers frères, mes bien chères sœurs (quoi mille balles pour une brouette népalaise inversée ?).

En vérité !

Aussi vrai que vous me voyez là devant vous.

Il suffit, d’une petite fuite radioactive de rien du tout, d’une toute petite tempête minuscule pour que l’écologiste exulte et nous serve son fond de commerce : "On vous l’avait bien dit, mais vous n’écoutez pas".

Plusieurs études très sérieuses l’ont montré (lire à ce propos la synthèse publiée par Poujade et Bistrot dans Journal of pools chemistry) : si on écoutait l’écolo, on vivrait dans des cavernes en s’éclairant à la bougie. Et on roulerait à cheval. Et on se brosserait les dents avec des herbes. Et on en fumerait, de l’herbe.

Et on boirait du vin biodynamique dans des cornes d’aurochs à la pleine lune. Et on se vêtirait de peaux de fougères, parce que tuer des bêtes, c’est pas gentil. Et on n’aurait plus de mœurs autres que dépravées, trainant dans nos grottes à lire l’Equipe en savates en écorce de bouleau parce qu’il n’y aurait rien d’autre à faire parce que le progrès et la croissance seraient proscrits et que nous resterions là, à nous demander pourquoi.

Et nous passerions notre temps à faire ripaille, à manger, boire, dormir et bien sûr à copuler frénétiquement et dans le plus grand désordre avec nos femmes, nos voisines et les sœurs de nos femmes et celles de nos voisines et je ne vous parle pas de leurs cousines….

Bon.

C’est où qu’on signe ?

 

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Car enfin, cela suffit, Cassandres de Havane que vous êtes. La modernité, c’est le progrès. Et le progrès, c’est la croissance. L’Homme est l’Homme parce qu’il a su s’extraire de sa gangue animale et avancer seul, fier, debout, la zigounette ou le pilou-pilou au vent sur le chemin de la liberté par le travail et la sueur dans les sillons, puis dans les mines, puis les chaines de montage, puis les allées mornes du FOREM ou de l’ANPE parce que c’est moins cher en Chine. Et vous voudriez qu’on fasse marche arrière ? Qu’on recule ?

Au prétexte de quoi ? Félons fêlés!

Qu’en 1900 nous n'étions même pas 2 milliards et qu’en 2050 nous serons entre 7 et 11 milliards, alors que cette foutue planète n’a pas grandi d’un pet de libellule entre-temps ?

Que nos principales sources d’énergie existent en quantités finies et qu’elles s’accordent donc mal avec un modèle de croissance constante et infinie, que Monsieur Marché en a les bourses toutes tremblotantes dès que la croissance se tasse un peu ? Songez donc que TOTAL, source très encline à faire dans l’écologisme primaire estime que le pic de production de pétrole, de 100 millions de barils par jour, sera atteint en 2020. Autant dire dans… ah merde, dans 9 ans. Peut-être sera-t-il toujours temps d’échanger un baril de pétrole contre deux barils d’uranium. Ce qui nous fera un sacré paquet de barils d’uranium. Il va falloir songer à acheter une seconde planète pour stocker les déchets. Allons-donc peccadille que tout cela. Roupie de Sansonnet.

Foutaises.

Et puis évidemment, vous viendrez nous casser les roubignoles avec votre nucléaire là. Comme quoi, il y aurait des risques, des déchets. Pffff…. Racontars que tout cela. Chez les autres peut-être, les Ruscofs avec leur Marxisme branlant là en 86, je ne dis pas, mais chez nous monsieur… Quoi ? le Japon. Oui mais hé, tremblement de terre hein, magnitude 9. Tsunami hein… Centrales en bord de mer et tout ça. Pas de ça chez nous hein… Oui, un peu en France, mais pas en Belgique. Quoi ? La Belgique c’est tellement à un prout de moineau de la France qu’un méchant atome tout irradiant il serait sournois et chafouin au point d’échapper aux contrôles aux frontières ? Ah Ah ! Je me gausse, on parle de les rétablir les contrôles pour choper les Tunisiens, alors les atomiques n’ont qu’à bien se tenir !

Hé, et puis, il faut bien avouer qu’apparemment, Fukushima c’était sécurité au rabais et économies de bouts de chandelles à tous les étages, tout ça pour faire du profit capitaliste tout plein. C’est bien les Japonais ça. C’est pas chez nous que ça arriverait, dans nos pays occidentaux qui sont pleins de moralité toute immaculée que ça t’en arracherait des larmes. Pas vrai ?

Mais Seigneur Tout Puissant qui m’émiette les amygdales du bas, au nom de quoi mettrions-nous la bride au progrès ?

Des glaciers qui reculent, des ours qui floculent et des libellules qui t’enculent ?

Des papillons, des abeilles, des pandas, des guépards, des éléphants, des chanteurs de charme qui disparaissent tellement inexorablement qu’au jour d’aujourd’hui personne ne sait encore comment l’exorer ?

Du nucléaire dont on subodore depuis Hiroshima que ça peut avoir des conséquences fâcheuses sur l’appétit des vieux et que pourtant personne ne se sort les doigts du cul pour trouver une autre solution ?

Du fait qu’en Belgique, alors que nos routes sont saturées depuis des années, le développement du transport ferroviaire ou fluvial ça reste peau de zob et que de dix ans en dix ans la SNCB crashe les rares trains qui ont un chauffeur ou qui ne sont pas en grève dans l’indifférence béate des décideurs politiques ?

Comment ? Nous surexploiterions la terre en hypothéquant l’avenir de nos enfants ? Pas du tout d’accord. Si on se débrouille bien, avec notre technologie et tout, on pourra la sucer encore plus loin que la moelle la Terre et on sauvera l’avenir de nos enfants. Bon, c’est nos petits-enfants qui seront emmerdés, mais bon.

 

Tenthrède commune 3

 

Mais allons, allons, messieurs les écologistes, n’exagérez pas.

Vous vous faites les chantres du développement durable. Mais notre développement, cela fait des millénaires qu’il perdure. Pourquoi voudriez-vous que cela s’arrête ?

Comment ? Vous prétendez que notre modèle économique ne pourra se perpétuer qu’en augmentant les inégalités, les tensions sociales, la précarité du plus grand nombre ? Fadaises ! Je reconnais bien là le gauchiste qui sommeille en vous.

Regardez donc la façon dont notre civilisation repart depuis la crise de 2008. On l’annonce partout à la radio les entreprises renouent avec le profit, les actionnaires avec les dividendes et les patrons avec les primes mirobolantes. Et même pour les "petites gens" hein, regardez en Belgique avec "l’accord interprofessionnel", la marge énorme d’augmentation des salaires possible en 2012 : 0,3 % c’est-y pas Byzance ?

Non j’vous le dis moi, ces gauchisses d’écolos ne sont que des extrémisses alarmisses.

Non non non, messieurs les écolos vous ne nous ramènerez pas à l’âge des cavernes. On y foncera bien sans votre aide, comme des grands !

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 12:47

 

Ou... Belgitude le lundi, vomi le mardi…

 

Depuis quelques jours, mes histoires de Saints ne m’intéressent plus. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai comme un truc qui me tiraille d’ici à là quand je me mets à tenter de faire de l’humour. Vous voyez ? Là. Je peux pas le faire.

C’est qu’en Belgique l’actualité est bouillonnante, brûlante, radioactive, un feu d’enfer. Pensez-donc, Wouter Beke a été nommé négociateur. Ouaw la vache ! Wouter Beke, une espèce de Mister Bean jeune, peut-être très connu au nord du pays. Oui oui, certainement très connu. Mais en Flandre alors.

Jugez plutôt la pointure avec cet aticle qui le dit haut et fort : rien ne bouge du côté de Wouter Beke. Le pauvre ! C'est le printemps pourtant. On lui a déjà parlé des fleurs et des abeilles ?

http://levif.rnews.be/fr/news/actualite/belgique/rien-ne-bouge-du-cote-de-wouter-beke/article-1194967640719.htm

Et le mec, vachement couillu tout de même, a poursuivi tout le week-end des contacts informels discrets. Ouah ! discrets les contacts ! Et informels en plus ! Les infos ne disent pas s’il était au bistrot avec ses potes à l’insu de sa femme. Ni si Elio a offert le pastaga dimanche midi. Mais que dis-je, Wouter Beke, avec sa dégaine, c’est de la grenadine qu’il boit à midi. On ne devrait pas le laisser fréquenter des hommes politiques au gamin. C’est des mauvaises fréquentations. Tu commences homme politique et tu finis ministre. Et si ça se trouve de là, tu fais du golf avec Kadhafi. Ou tu passes tes vacances à Charleroi. Tout le monde n'a pas l'envergure d'offrir des emplois fictifs à la mairie de Paris.

N’empêche qu’une effervescence comme ça, alors que, arrondissons les chiffres, quasi un an après les élections, c’est toujours le no man’s land politique en Belgique, ça m’assied. Pour rester poli. Tout ça pour satisfaire à l’insatisfaction permanente d’une frange (une grosse frange, soit) de population pleine de pognon et au confort qui lui ressort par les oreilles. Une frange de nationalistes plus ou moins assumés pour qui la solution à leur énormes problèmes d’occidentaux cons et bouffis, c’est plus de souveraineté, plus d’individualisme, moins de solidarité, moins de partage. Parce que les nationalistes flamands, non seulement ils sont cons mais en plus ils sont de droite. Vous me direz que ce n’est pas antinomique. Certes, vous répondrais-je, narquois. Mais il ne faut jamais taper sur la droite, même avec des roses... Ca la décomplexe. Et la droite décomplexée, ça pue ma biche. Ca se laisse aller. Ca fait sous soi.

 

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Wouter Beke. Source : Michiel Hendryckx via wikipedia.

 

Mais que dire et que faire ? Alors qu’à l’aube d’un printemps sans précédent où le soleil se lève de nouveau à l’est sur le désert, les Belles Démocraties Occidentales s’émeuvent. Comment ? On leur aurait menti ? Le poète adepte de beaux chapeaux et d’oripeaux dignes des plus belles heures de Mobutu ou Bokassa, le grand douanier de la barrière de l’Europe serait un sanguinaire ? Comment, tu leur vends des armes en toute confiance à ces sauvages, et ils s’en servent pour tirer sur des gens ? Le scandale ! Nous, au gouvernement Wallon, on croyait que c’était pour arroser les plantes des parterres. Ouaw ! Mais attends hein, le Ministre-président Wallon a réagi énergiquement. Il a exigé que l’Europe décrète que dorénavant, quand on vendait des armes à des dictatures, il y ait une clause pour bien dire qu’on n’était pas au courant que c’était un dictateur et que le dictateur déclare bien qu’il ne savait pas que c’était des armes. Ou une close, je sais plus. Un truc de mauvaise vie en tout cas.

Que dire et que faire alors, que le boucher de Carthage, le Hannibal de la lunette solaire est bien près de prendre au collet la bouffée de liberté printanière ? Ah, ils doivent l’avoir saumâtre les insurgés qui attendent le dernier combat en observant les gesticulations timorées des Gentils Démocrates. Ceux-ci étaient moins timides naguère. Mais peut-être le pétrole Irakien était-il plus tentant que le Libyen ou plus facile à prendre sans avoir l’air d’y toucher ? Quelles billes économiques et financières peuvent bien trainer au milieu de cette cour là qui rend les occidentaux soudain si respectueux des souverainetés nationales et si pointilleux sur le droit d’ingérence ?

 

Kadhafi

N'oubliez pas : Portez les lunettes RAPH le LOUP, ligne KILLER...

 

C’est pas les Saoudiens qui s’encombrent de scrupules quand il s’agit d’aller mettre sur la gueule aux agitateurs. Mais hé, on est bien là, il y a les copains Ricains de Saint Barak qui leur ont tout de même conseillé, en gros, de pas trop cogner les manifestants, ou alors au moins de le faire discrètement.

Heureusement, il y a le Japon, qui focalise tous les regards. Là, je ne sais pas si je dois pleurer ou vomir. J’hésite. Voilà un pays balayé, écrasé. Des milliers de morts. Des villes déchiquetées. Des centrales nucléaires qui menacent d’exploser à côté d’une ville de 35 millions d’habitants.

 Mais l’occidental s’émeut. Pire, il se casoar. Manquerait plus qu’il se Nandou. Enfin, tout ça c’est des histoires de politique de l’autruche. C’est certain. Il tremble l’occidental, magnitude 8,8.

Non, brouillons d’êtres humains qui me lisez, ce n’est pas la dernière création de Galliano mais la magnitude du séisme Japonais (magnitude 8.8, ça c'est un nom de parfum).  Ah si jaune et déjà poney ! 

Mais si, Galliano, vous savez le couturier britannique (et ces cons là sont toujours susceptibles de créer un parfum vulgaire plutôt qu’un truc importable, car de la pelisse de pétasse au parfum de prout-prout, il n’y a qu’un pet d’écart), Grand Commandeur de l’Empire, Chevalier de la Légion d’Honneur, qui se bourre la gueule dans les cafés et qui raconte des horreurs comme la plupart des blaireaux qui se bourrent la gueule dans les cafés et qui fait plus parler de lui que ferait causer la bouille d'un sans-papier de 3 ans encagé avec sa mère dans un centre fermé. Ach ! Surprenant quand même ce manque de goût politique pour une personne aussi fine et distinguée. Un créatif qui en 2000 organisait un défilé affirmant vouloir rendre "un hommage luxueux et romantique à l'ingéniosité que déploient les déshérités pour se vêtir". Bon si vous ne pouvez pas vous retenir, prenez un seau plutôt que de le faire sur vos guibolles.

Bon, peu importe. Revenons à nos Nippons.

C’est que le Japonais, monsieur, est presque comme nous. Presque hein. Faut pas déconner. C’est quand même des fans de Mireille Mathieu, Gilbert Bécaud et même Adamo. On ne va tout de même pas faire une minute de silence en disant "aujourd’hui, nous sommes tous un peu américains" comme quand tu as des tours qui font boum.

En tout cas, les tas de carcasses de bagnoles et même de Toyotas, les grandes surfaces et les cinémas broyés, les ponts effondrés, les beaux navires drossés contre ces ponts… tout cela nous ramène à nous, à l’image de notre propre civilisation qui s’écroule. C’est pas comme les images de tous ces crève-la-faim si pauvres, si pas comme nous, si lointains. C’est triste, mais que voulez-vous mon bon monsieur ? Bon en plus, quand ils sont noirs ou musulmans, c’est pas comme si ils étaient vraiment comme nous. Que voulez-vous ? On peut pas en même temps promettre sa voix à Marine et se tracasser pour des noirs et des musulmans.

Pauvres en plus. Ils ont moins à perdre quand leur arrive le malheur. Ben oui quoi ? Leur vie ? Leurs enfants ? Un bras ? Dis-donc, nous c’est Médor, l’écran plat, la 6 ème saison complète de 24 heures chrono en DVD qu’on pourrait perdre dans une catastrophe. Bon, OK, on s’est vachement ému pour Haïti ou Phuket (parce que hé, c’était un chouette endroit pour les vacances hein ?). Mais ce n’est pas tout à fait la même chose.

Non, le Japon, c’est poignant hein. Ces scènes d’apocalypse, on pourrait presque les transposer à Bruxelles ou sur les Champs Elysées. C’est dire si ça nous touche. Alors tous les médias se braquent et vomissent un tsunami d’images catastrophiques et effrayantes, tout le temps, partout, télé, sites des journaux, facebook.

Civilisation de l’image et du voyeurisme. Hé, je ne jette pas la pierre, je les ai regardées aussi ces images. Et les images google du style avant/après ? Votre japon est plus propre avec la lessive Tsunami. Images à l’appui.

 

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Mais le pire évidemment, c’est la menace nucléaire. Ca c’est terrible, la menace nucléaire. Parce que dites, ma bonne Germaine… Et si ça arrivait chez NOUS ? Bon, le Japon, c’est malheureux hein. Mais et chez NOUS ? Parce que bon, les Nippons irradiés, c’est peut-être bon pour nos affaires. On ne sait jamais. Enfin, faut se méfier. Les pauvres spéculateurs et autres boursicoteyrs s'inquiètent : le situation au Japon pourrait faire plonger les bourses. Ca... La radioactivité et les bourses, ça ne fait pas bon ménage.

Bon, il pourrait y avoir un gros nuage radioactif, mais depuis Tchernobyl, on sait bien que les nuages radioactifs ne passent pas les frontières. Enfin, quoique, depuis 1986, il y a eu l’espace Schengen. Plus de contrôles aux frontières… Cela va-t-il influencer la contamination de nos pays ? Et puis si on le chope, le nuage, reste-t-il assez de places en centres fermés ?

Et donc, dans tous les médias en folie, chez tous les politiques qui savent que gouverner, c’est être réélu, le nouveau marronnier, c’est le Risque Nucléaire. Chez nous évidemment. Pas au Japon.

10 000 Japonais meurent, des milliers d’autres risquent la contamination et chez NOUS, tout d’un coup, le débat sur le nucléaire est relancé. Comme si endormis depuis des siècles, on apprenait tout à coup que le nucléaire comporte des risques. Comment ?

Mais si on nous avait dit ! Quoi ? Et Kadhafi c’est pas un gentil alors ? Rhhôôô ! Mais on nous cache tout !

Nicolas Sarkozy travaille déjà ses ministres à la tenaille pour savoir s’il ont récemment pris des vacances chez Tsunami ou pris l’avion avec Monsieur Fukushima. T’inquiètes monsieur le ministre, gesticule 5 minutes, distribue des moratoires à l’emporte pièces sur la prolongation de vie des centrales et dans 6 mois, les gnous auront tout oublié. Tu pourras reprendre une activité normale.

Quand ils comprendront que pour le moment, vu l’absence flagrante de couilles des politiques de développement d’énergies vertes, sans nucléaire, le bel écran plat dans le salon risque de rester noir, ils redeviendront moins pointilleux sur les risques. Quand ils comprendront que les premiers à devoir faire un effort dans leur confort douillet, c’est eux, ils la ramèneront moins. Et de toute façon, les gnous, dès qu’ils auront d’autres images devant leur tronche pour s’éclater, ils oublieront. C’est oublieux un gnou. Oublieux à se faire dessus. T’as qu’à voir comment ça vote pour les fachos de tout poil dès qu’un truc va de travers.

Tiens, petite parenthèse. Marine le Pen se tape un 23% d’intentions de votes dans un sondage. C’est la faute à qui ? Au sondeur ? A Sarko qu’est tout dur ? A la gauche qu’est trop molle ? Au fait que le père Le Pen était un bon Aryen et sa fille un bon atout pour le parti ? Ouah ! Et si c’était simplement du au fait qu’il y a 23 % de blaireaux en France. Comment ça c’est  simpliste ? Comment ? Ah ! Oui ! A vue de nez, il y a beaucoup plus que 23 % de blaireaux en France. Ca promet en 2012.

En attendant, en Allemagne, comme en France ou en Belgique, on découvre, effarés, qu’une centrale, ça peut faire boum. Merde alors ! On savait pas. Ben non. Ou alors on avait oublié.

Et comme à l’habitude, on prend alors toutes sortes de décisions et on pond de belles intentions dans l’urgence, la précipitation, l’irréfléchi le plus total. Un gouvernement de gnous pour les gnous. Gouverner n’est pas prévoir. Gouverner c’est se faire voir.

Décidément contemporains, vous me dégoutez. Pas que je me sente supérieur ou moins merdeux, mais au moins, tout seul, je suis le seul con dans la pièce. Aussi, je me tais. Je tire le rideau de mon blog pour un moment. Le silence.

A bientôt.

 

Je laisse les derniers mots au professeur Choron :

 

"Tous les français iront au ciel: le diable lui-même en a marre de leur grande gueule."

"La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qu'on s'est mise dans le derrière."

"Celui que tu assieds sur tes épaules essaiera de te pisser dans le col de la chemise."

"Qui perd une couille connaît la valeur de celle qui lui reste."

 

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 16:26

En un an de délires et d’approximations diverses sur le web, l’article le plus lu de mon blog reste celui-ci : Une méthode efficace pour éloigner les chats du potager. Je ne me lasse pas d’imaginer la tête de l’internaute croyant enfin trouver une vraie méthode pour protéger ses plates-bandes et qui tombe sur ce texte. Ah ! petits bonheurs furtifs…

Pour le premier anniversaire de mon blog, je ne pouvais faire qu’une chose… Ecrire une suite !

Avertissement : Si vous êtes fragiles du cœur ou de l’estomac, attachés plus que de raison à la bienséance, au bien-être animal, au sourire niais des enfants, à la morale telle qu’elle est sottement ânonnée dans les écoles publiques, je vous suggère vivement de différer votre lecture !

Par contre, si vous voulez vraiment aller plus loin et si vous ne connaissez pas le premier épisode, allez donc le lire via le lien ci-dessus, sans quoi vous serez perdus.

 

P4260166

L'Iran se révolte contre les chats. Photo de Maxwel Kalité-Filtre Von Sydow parue dans L'écho du Toulois. 1979.

 

C’était un jour comme les autres au pays des prairies grasses, des bosquets verdoyants et des asperseurs à purin.

Dans une aube rose et crème, le soleil pointait à peine ses rayons couleur de fonte en fusion pour réchauffer la nature assoupie au sortir de l’hiver. Seuls, des peupliers pelés, lovés dans quelque étole de brume diaphane, attendaient frileusement le vrai printemps qui les sortirait enfin de leur torpeur. Dans le petit monde secret des bosquets et des buissons, une mésange zinzinulait tout en s’afférant à débusquer quelque vermisseau tapis dans l’entrelacs de branches dénudées. Lointain, on entendait un pic pleupleutant entre deux séances frénétiques de martelage d’une souche morte quelconque.

Soudain, mâle et rauque, retentit un « Montjoie, Saint Denis, Maûssîs flaminds des gattes ! » qui stoppa net les divagations poétiques de toute cette création bruissante et fort sympathique au demeuré, mais quand même un peu con sur les bords au milieu.

Non mais merde quoi ! J’t’en donnerais moi des zinzinulations gratuites… A coups de crosse ouais, la mésange délicate ! A ma botte, je veux les voir tous ces emplumés. A ma pogne les siffloteurs édentés des haies.

Est-ce que je pleupleute dans le lointain moi ? Hein ? Ben non, exactement.

Non mais, z’ont rien d’autre à cogner ces fainéants ? On dit que la nature va mal, mais merde, ils le cherchent aussi. Ces pourris là se lèvent tôt, mais croiriez-vous qu’ils vont bosser pour la cause ? Le croiriez-vous ? Et ben non, ils zinzinulent et ils pleupleutent, les fâcheux ! Moi, je dis qu'il y a de la chevrotine qui se perd !

Bon, soit. Gardons notre sang au frigo à défaut de celui des autres, si vous me passez l’expression.

Le sabre au clair, le casque napoléonien rutilant, le tutu rose frémissant au vent, il est là, l’Homme, le Héros, le Sauveur. Ecce homo, et pas qu’un peu.

Les traits fichtrement burinés, les intentions sévèrement burnées.

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"We don't need another hero" gravure sur peau de matou de Hans Fouchtreköll, artiste espagnol du 16ème siècle. Musée du Catch, Vic-sur-Seilles.

 

Comme à l’accoutumée par petit matin, je faisais le tour de mes terres, les cheveux fous, le regard au vent sur mon fier coursier, étalon de noble race arabe. Et pas arable. C'est pas un cheval de trait non plus. 

Vous qui n’avez aucune imagination, vous n’auriez vu qu’un type bizarrement vêtu, enfourchant un vieux manche à balai muni d’une tête de cheval en carton et faisant cataclop cataclop pour faire comme si pour de vrai. Mais vous n’êtes que d’infâmes rustauds dénués de la moindre parcelle de poésie enfantine. Que dis-je ? D’ignobles réactionnaires urbains assoiffés d’émissions de télé ré-alitée voire grabataire, dégoulinantes de stupre et de bassesse humaine. Des suppôts du grand capital spoliateur globalisé.

Fouchtra ! Arrières monstrueux pensionnaires d’un fort-Boyard de pacotille offert aux affres des pensées lubriques de technocrates avilis.

Ompg-fgrunchougnarf… Pédés par la bouche !

Seul contre tous les chacals, je montais la garde, immuable dans mon habit de lumière.

Habit de lumière dont chaque élément, chaque détail avait été choisi avec un soin digne d’un empaleur de mouches tentant de s’en prendre à Anne-Marie Lisin ou d’un philatéliste essayant d’ajouter Marine Le Pen dans son album de timbres. Le sabre, la cuirasse et le casque surmonté d’une fière crinière jaune striée de bleu, le tutu rose et les collants noirs à pois multicolores. Des fuchsias, des vert bouteille, des ocre pâle.

Chaque élément avait été sélectionné par votre serviteur au terme de savantes et patientes observations de l’éthologie coutumière des pelés félidés, ennemis déclarés de la civilisation occidentale, celle qui sourit quand elle Laval.

M’entourant de ses oriflammes guerrières, la musique sauvage de Wagner rugissait dans tout le voisinage.

Quelque malotru traitreux vendu à la solde de l’engeance féline me vitupérait, bien planqué, le lâche, derrière la fenêtre de sa chambre, m’enjoignant, dans la langue vulgaire qui est celle des sots et des vilains, de « fermer ma gueule de cinglé et de cesser ce boucan » non sans ponctuer sa vile diatribe d’un « connard, gros enculé » du plus mauvais aloi. Rustaud va !

« Descends donc de ton donjon, baltringue, et viens tâter de ma lame dans tes fesses molles » lui rétorquais-je avec véhémence.

Non mais vous vous rendez-compte de la fainéantise de ces bouseux qui, à la moindre contrariété se targuent d’être des citoyens, d’avoir des droits, mais qui trainent encore leur savate en pyjama… à cinq heures du matin !

Ah j’vous jure. Sont pas coopératifs les voisins pour ce qui est de l’élan purificateur de ma croisade sacrée contre les pourris viandeurs à quatre pattes, ces grippeminauds à l’air sournois.

Imaginez-vous… Nous sommes en guerre et je suis le dernier rempart de la civilisation. Comme tout maître de guerre qui se respecte, j’échafaude stratégies et ruses d’échiquier dans mon quartier général, mes « headquarters » pour reprendre l’expression de nos farouches amis Britons. C’est que l’ennemi est veule et peu avare de ses ressources. Il s’adapte, il louvoie, il contourne. Salopiaud !

Alors sans cesse, moi aussi je m’adapte et je dominerais sans faiblir la situation si je pouvais faire fi de mes voisins, abjects collabos à la solde de la confrérie des immondes griffus…

Quand on pense que ces idolâtres hébergent en leur sein ces immondes miauleurs. Et s’il n’y avait que les margays, non pire… des chiens aussi.

Sans compter une inquiétante perte d'efficacité de La Méthode malgré une escalade vertigineuse dans la taille des pièges et du bac d’eau, la vigueur des paillettes de mon habit de scène et le volume sonore des vociférations wagnériennes, que Bayreuth à côté c’est un récital en sourdine de Charlotte Gainsbourg et Etienne Daho accompagnant une première Dame de France aphone !

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"Le chevalier Roland s'en vint à pied par la Chine jusqu'à Roncevaux" Enluminure du parchemin "De debilitio et alter couillonadis". Xème siècle. Abbaye de Morbach-aux-Parties.

Sans compter que nonobstant cette course frénétique à l’armement, j’ai du me rendre à l’évidence : les veules mistigris s’étaient donné le mot. Ils me narguaient. Ils me défiaient. La trempe avait cessé de fonctionner.

D’autant plus qu’un chien ou deux s’étaient mis de la partie. Doublant le volume des crottes parsemant ma pelouse telles des balises sur une avenue des Champs-Elysées à la gloire de la merditude canine. Et ces sales bêtes là sont rétives à la trempe et sont surtout trop grosses pour les pièges. Et puis, la viande de chien mouillé… il reste un goût je trouve qui ne sied pas bien aux crus charpentés que j’ai l’habitude de marier avec la viande goûteuse de carnivore domestique.

Cela me rappelle une anecdote lors d’une garden-party à l’ombre des pyramides donnée par le sympathique Moubarak, en compagnie de diverses personnalités de toute l'Europe, mais surtout françaises. Mon ami Olafsidur Bridursdottir, sultan du Boukistan, me confiait comment Lafite se mariait si délicatement au bichon grillé. Il en parlait avec délectation. Quel souvenir. Je reste marqué par Lafite en Egypte.

En plus, suite à un séjour dans une agréable pension de famille où on m’administrait de ravigotantes séances de stretching via de petites électrodes à même le crâne suivis de rapicolants bains glacés, j’avais promis au docteur qui s’occupait de moi de ne plus recommencer.

Bref, la révolte grondait. Mon armée tressaillait. Déjà, je voyais mes généraux et amiraux, Klébar, Muscat, Groucho, battre en retraite. Je me devais de reprendre les choses en main.

Abandonnant la Trempe, je me mettais en quête d’une nouvelle arme absolue. Cependant, je continuais de parcourir mon royaume dès potron-minet en Grand Uniforme d’apparat au son de Wagner, le sabre au clair. Non pas que ce fut d’une utilité stratégique mais je me dois de scrupuleusement suivre le protocole, les traditions et la discipline militaires sans quoi, la soldatesque s’étiole.

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"A Austerlitz, mets ta petite laine Napo, le fond de l'air est frais pour la saison" Par David et Jonathan. 1814. Musée du ferment lactique d'Ajaccio.

Mais mon esprit génial trouva bientôt l’arme absolue…

Et vas-y qu’une petite morveuse de 5 ans vient gémir à ma porte pour savoir si je n’ai pas vu « Hector ». Gamine qui soit dit en passant,  est la seule pauvre et petite façon que les gros cons idiots du 37 ont trouvé pour perpétuer leur race de veaux gras, ceux-là même qui insultent chaque jour le bon goût en passant et repassant du Mike Brand à longueur d’été lors de leurs puants barbecues méthanolisés. Dieu qu’elle est laide cette gamine. On dirait un furoncle avec des dents et une couette. Pouah !

« Hector ? Qu’esse j’en ai à foutre d’Hector moi ? Quoi ? Il est roux avec des tâches noires aux pattes et il a disparu depuis 5 jours ? »

« Ah bon ? Alors je suppose, petite gourde que par « Hector » tu veux parler de ce fruste tas de poils hirsutes qui se plaisait à pisser sur mes poireaux et à faire ses griffes sur le tronc de mon Vil-Burnus Variegata Bouldegra ? »

« Et bien sache qu’il peut se vanter d’avoir fait progresser la science, ta sale bête. Grâce à lui j’ai pu tester ma nouvelle sarbacane. Une vraie merveille. Je fabrique les fléchettes moi-même avec des piques à brochettes que je crante à l’opposé de la pointe pour enrouler un fil d’ouate et composer la boule qui offrira la résistance voulue à mon souffle puissant, résistance qui par réaction et défiant les forces de frottement du tube, propulsera le projectile dans les chairs de l’ennemi. Mais, je suppose petite gourde que tu n’y entends rien. On ne donne probablement pas de cours de physique dans les écoles maternelles. On devrait. Et puis des cours de chimie et de pharmacologie aussi tiens. Tu comprendrais alors la redoutable efficacité de la macération d’aconit napel, de digitale pourpre et d’ancolie dont j’enduis mes flèches. J’ai essayé avec le clébard des Lequeu. Radical. »

Incroyable cette histoire si vous me permettez un petit appartheid. Les Lequeu habitent à trois jardins du mien. Figurez-vous que leur labrador, par temps chaud, respirait très bruyamment, la langue pendante. Des heures durant en plus. Je m’en suis plaint.

Des gens vulgaires et grossiers ces Lequeu. Des nouveaux riches. Je suis sûr qu’ils doivent avoir une photo de Maître Modrikamen dans leur salon. Pire, je subodore que leurs enfants vont chaque semaine à des après-midis de rencontre avec Olivier Maingain ! La honte !

Ils m’ont répondu :

« z’êtes con ou quoi ? Il n’aboie jamais. Il a eu un cancer du larynx. On a du lui enlever les cordes vocales. C’est pour ça qu’il respire bruyamment, ça cicatrise. Vous allez pas me dire que ça vous emmerde à 150 mètres non ? »

« Et bien si, Môssieur le Bourgeois ! Il m’hôte les fulgurances de l’esprit, votre clébard emphysémique là… »

Evidemment, j’ai bien pris soin de traquer ma proie à la tombée du jour, tel le fauve au muscle tressaillant dans la savane qui rampe vers son repas et de ramasser mes fléchettes en me barrant. Ce fut facile, l’animal convalescent ne bougeait guère. Mais foutre gras me fut de laisser là pareille pièce de viande. Mais bon, vu la dose de poison dont j’avais enduit les flèches…

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"Ceci n'est pas un chat." Esquisse à la bière sur nappe de resto de Ernest-Aubert Magritte le mineur. 1652. Musée de la Tarte à la mirabelle de Virton. 

Mais cela évidemment je ne l’exposais pas à la jeune écervelée qui minaudait à la recherche de son patte-pelu, toute tremblante devant mon courroux… ou bien était-ce devant l’accoutrement pourtant fort sobre que je revêt pour faire la vaisselle que l’enfant frissonnait ? Un ensemble seyant composé d’un cycliste très moulant de couleur vert pomme, d’une bouée « petit canard » avec deux amusants grelots en guise d’yeux, sans oublier bien sûr, le masque, le tuba et les palmes. C’est que, voyez-vous, j’ai une sainte horreur de l’eau depuis mon dernier séjour chez les f.. à Corfou. Alors petit évier ou pas, pour la vaisselle, je prends mes précautions. Un véritable guerrier est prévoyant.

Par contre, je m’empressais de rassurer la gamine sur le sort de son minet.

« Mais ne t’en fais pas. Je n’ai pas empoisonné ton chat. Je ne suis pas fou. Je me suis contenté des fléchettes. C’est qu’il me fallait regarnir mon congélateur vois-tu. Alors je l’ai chopé quand il est venu se tailler les griffes contre mes arbrisseaux. Deux fléchettes. Une dans le ventre et l’autre dans le cou. Un tir admirable. Il n’a presque pas souffert. Enfin, pas longtemps. Plus après trois bons coups de pelle dans la gueule en tout cas. Mais ne pleure donc pas petite imbécile. Tiens, si tu veux dire un dernier adieu à ta bestiole, Il doit m’en rester une cuisse qui traîne dans le congélateur… »

Figurez-vous que l’ingrate s’en est allée en hurlant. Non mais quelle dinde cette gamine !

Et pour vous dire l’esprit tortueux et procédurier des gens, ces rustres m’ont envoyé la maréchaussée. Je me demande si c’est tendre de la cuisse de voisin ?

 

Peste-scriptoume : Ce texte est une fiction. L’auteur tient à rassurer sa famille, ses voisins et ses amis en jurant que ce n’est pas un récit autobiographique, qu’aucune voisine n’est venue frappé à ma porte. De plus aucune pique à brochette, aucun casque, aucun sabre au clair n’ont été maltraités durant le tournage. Enfin les chats… jamais moins de trois heures de cuisson, sinon, y a comme un goût…

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 17:08

Tête de veau et queues de langoustes, une recette sans queue ni tête. Préférez-y le Lièvre de mars cuit dès février. A la chandeleur pour que le lièvre prenne vigueur et ainsi retrouvez queue et tête.

 

Lièvre mijoté aux légumes rustiques, lardons et vin blanc.

 

Une recette rapicolante pour soigner les mots de langue.

Ingrédients : Un beau lièvre rose de Ravenne, des petits pois désaltèrent, des oignons dans la gueule, des lardons du Gardon, des légumes oubliés mais si vous vous en rappelez c’est mieux que sang : des panais bien nés, une betterave et une intelligente carotte, un pâtisson n’ayant pas trop pâti de la saison, puis tout ce qui vous passera par la tête si le cœur vous en dit pour prendre votre pied, sortir l’estomac de vos talons et ne plus se moucher du coude. Vive la liberté.

 

Les légumes doivent être capturés vivants au jardin, frais, que ça frétille encore dans sa cosse pour les pois.

Aux petits pois écossés, personnellement, je préfère les irlandais, mais faites avec ce que vous avez. Faites bien attention à prendre des petits pois verts car quand les petits pois sont rouges ils s’imbibent d’eau, comme on dit chez Michelin… Faites cuire à feu vif, le feu doux étant passé (au rouge) et depuis longtemps puisque "froid de janvier te tirlipimponne les pieds".

Lancez les dés de lard dans la poêle. Si vous faites un double six jouez encore une fois, sinon, passez votre four. J’aime le lard, j’en mets donc beaucoup. Il faut que la poêle soit bien couverte quand c’est cuit et que le lard refroidi. C’est très connu dans les camps naturistes. "Quand l’à poil a le lard qui refroidi, il se couvre."

Lancer les oignons, assez loin. Puis, faites les revenir. C’est pour cela qu’il est important de les lancer loin, pour que le retour soit long et difficile. Il faut en effet faire suer les oignons.

Idem pour la betterave . Faut l’envoyer danser. Une fois la bête rave party, bien la faire revenir le cul dans le beurre.

Découpez les légumes grossièrement.  

"Nom de dieu, bite au cul, giclure de moule mal rincée", conviennent très bien.

Si vous n’y arrivez pas, il faut les hacher encore plus grossièrement. En cuisine ça s’appelle concasser et vous conviendrez d’un con cassé que non seulement c’est grossier mais que  la banalité de la connerie ordinaire la rend encore plus vulgaire. Ce faisant, coupez court aux rumeurs brumeuses de la brunoise : Julienne n’est pas une paysanne comme les autres.

Tranchez net les panais. Puis enduisez les d’erreur, c’est déjà ça. Mais le meilleur pour paner les panais, c’est le mouton… de panure bien entendu. Vous verrez : un panais bien né pané c’est pain béni pour les nez pas bien niais et le palais pas laid. Et n’oubliez pas qu’un jeune pas né ne fera jamais un vieux panais peiné.

 

Prenez un beau lièvre affable à la Fontaine dont on ne peut boire l’eau. C’est un paradoxe. Normalement on devrait prendre un veau pour cuire sa tête en tortue si on voulait obtenir une vraie viande affable, la tortue étant cuite à point alors que le lièvre pressé, c’est moins juteux.

Pourtant c’est bien le lièvre qui est le plus affable quand il s’agit de se terrer dans une cruche à terrine. Malheureusement le lièvre taré terré, il faut le déterrer , n’hésitez donc pas à jeter la terrine à la Fontaine afin qu’elle se brise (mais surtout, ne buvez pas de son eau, faut suivre un peu, flûte, zut caca boudin).

La terrine du lièvre terré étant déterrée, mettez le lagomorphe à cuire à feu vif dans une cocotte et couvrez. Ne cuisinez qu’un seul lièvre, car il ne faut jamais couvrir deux lièvres à la fois.

Pressez les râbles pour en recueillir le sirop.

Découpez vos pâtissons avec une mandoline pour que les tranches soient plus harmonieuses. Ne leur jouer pas la sérénade, mais plutôt la marinade. Tirez le vin blanc, mais vérifiez au préalable la période d’ouverture. Il est vain de tirer le vin sans Vincent.

Mettez le tout à mijoter dans une cocotte mais surtout enlevez les plumes et les œufs.

Mijote, mijote. Longtemps. Mais pas trop. Est-ce précis ou est-ce pré sot ? Seul Georges pourra le dire.

Mais déjà, le tampax et il est l’heure de passer la serviette au cou (c’est plus hygiaphonique) et les fesses à table.

Car de la coupe au lièvre, il n’y a qu’une victoire, celle de la gourmandise.

Mais me direz-vous, que boire ? Peu importe, mais du vin et rouge et velu et ventru.

Et surtout n’oubliez pas. Je le répète souvent. L’alcool nuit. Ne buvez donc que le jour !

 

Amis épicurien ne peut atteindre, bonsoir !

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 18:28

1. Un coup de gueule, ça ne sert à rien mais qu’est ce que c’est bon !

Bonjour, j’habite un pays qui n’existe plus depuis 2007. Il est toujours là sur les cartes. Mais il s’évapore dans le cœur des gens. Et ça n’est pas bon signe ça pour l’existence d’un pays.

Depuis 2007, des gouvernements fédéraux bancals (et bancaires ha ha) succèdent aux interminables menuets de formation et n’arrangent, ne décident, ne clôturent rien. Ou si peu.

Tout a été dit, expliqué. La vérité et la solution sautent aux yeux si on a de la mémoire et qu’on garde l’oreille tendue (à défaut du bras pour certains). Et pourtant, quand je lis la presse internationale, quand je vois les commentaires du Belge moyen sur les sites journaleux, quand je constate le vaste vide de contenu de la manifestation du dimanche 23 janvier, les commentaires franchement désagréables que cela a suscité, je me dis que le Belge est perdu comme un con dans une situation qui le dépasse.

La tactique du pourrissement. Quand le Belge sera au bout du rouleau, déprimé, perdu, effrayé par le présent et le futur immédiat, il acceptera tout. Détricotage du pays, de la solidarité, du statut des travailleurs. Plus de tricot, à poil au milieu d’une nuit en hiver. Et à ce moment de perte ultime, tout recul, toute compromission, toute défaite paraîtra une victoire. C’est ainsi que les réformes de l’état fonctionnent depuis 40 ans en Belgique. Réformes bâtardes torturées pour convenir aux deux camps.

Et d’un côté, n’en déplaise aux couillons qui trouvent mon pays artificiel et ridicule, c’est ainsi qu’une nation complètement incroyable de diversité mais surtout de dichotomie (pas 36 mais seulement deux cultures dominantes, et c’est là une partie du problème évidemment) a pu coexister quasi pacifiquement pendant 180 ans.

Le péché, mortel, de ce processus, c’est qu’au lieu de préserver des espaces communs, de rencontre, tout a été fait pour séparer, net, les deux communautés. Tous les tournants ont été ratés ou mal pris : refus d’un bilinguisme généralisé, séparation communautaire des partis politiques, de la télévision nationale et de la presse en général, de l’enseignement, frontière linguistique, valse hésitation entre un état formé de communautés ou de régions…

Et ne cherchez pas de coupables… Les coupables, c’est nous, Flamands et Wallons, politiciens et simples citoyens. Nous avons lentement laissé pourrir la situation pour en venir au bordel actuel. Un bordel inextricable. Evidemment, les boucs émissaires sont  nombreux : les ignobles politicards profiteurs, les vilains socialistes clientélistes, les Flamands immondes  rapaces de droite, le système démocratique, le traité de Vienne (traité d’advienne que pourra), les hémorroïdes de ma Tata Germaine. Que sais-je ?

Cacophonie d’opinions… entre les rattachistes, les indépendantistes, les manifestants apolitiques, les nationalistes, les fédéralistes, les bruxellaires identitaires, les francophones flamands et les Wallons flamingants… sans oublier les germanophones aphones. Et ma tata Germaine evidemment.

On entend tout et son contraire. Et ce n’est pas moi qui vais vous expliquer. Pas assez malin pour ça. Cliquez sur les liens, lisez, faites vous une opinion. Vous êtes grands.

Aux yeux du monde et des Belges eux-mêmes qui crient "shame", notre petit pays du centre de l’Europe devrait donner l’exemple de la démocratie, la vraie, celle qui prend le citoyen en compte, pas les démocraties fantoches africaines ou moyen-orientales (ah, nos relents paternalistes tenaces…) où tu votes et tu as deux gouvernements pour le prix d’un, pendant que le Gbagbo coule comme le gdigdanic. (je parle d’un site qui m’a bien fait rire, mais jaune)

La vraie démocratie tellement démocratique que 7 mois après les élections, il n’y a aucun gouvernement, aucun accord, aucune discussion avancée et où on remet sans cesse à plus tard les vrais problèmes. Mais bon… est-ce la faute de la démocratie en question ?

Une chouette démocratie à la proportionnelle, où on met les urnes de côté pour négocier, pas forcément et uniquement avec des partis représentatifs de l’avis du plus grand nombre (genre les libéraux), mais simplement avec ceux qui veulent bien s’entendre. Certes…

Une démocratie fédérale dont les politiciens défendent les uns les francophones les autres les Flamands… y en a-t-il encore un seul qui défende les Belges ?

C’est sûr, ça va péter ici les gars. Les initiatives citoyennes se multiplient faisant trembler le quarteron de schtroumpfs à la retraite qui négocient on ne sait plus quoi. Manifestations, campings virtuels, appels de Ben Poelvoorde à ne plus se raser, concours de thèmes latins dans les écoles, brûlage de nœud papillons sur la Grand Place. Le Pays est au bord de la révolte. J’ai déjà rentré deux tonnes de sucre et de farine dans ma cave. C’est vous dire. Déjà, la région Wallonne fait sauter ses ponts et détruit ses routes en cas d’invasion. No passaran. Le travail est bien amorcé comme vous pourrez-vous en rendre compte si vous passez chez nous. Si, je vous jure, c’est fait exprès les trous dans les routes.

On veut un gouvernement, crient en chœur émouvant les belges et leurs dirigeants. Un gouvernement ? Mais pour faire quoi ? Rassurer les vilains et anonymes spéculateurs ?

Un gouvernement ? Mais on en a 6, même s’il y en a un qui est en affaires courantes (un gouvernement en affaires courantes ne signifie pas qu’il y a plus d’attachés au cabinet).

Un gouvernement à tout prix ? Même Bart, Didier et Alexander sur le même bateau ?  Autant devenir Chinois !

C’est la chienlit, je vous dis. Claude Eerdekens (un francophone amis français, malgré son nom), qui n’est pas à une idiotie près a même fait afficher un portrait du Général dans sa mairie, sa maison communale, pardon. LE Général, de Gaulle quoi…

Du coup, il est facile de les fustiger. De toute façon,  nos négociants en connerie, gros et détail, s’en foutent royalement. Même pas peur. Même pas honte. Ils auraient bien tort de s’en faire nos irresponsables politiques, nos hommes et femmes d’étals, marchands de belles paroles, acheteurs de voix aux petites phrases inconséquentes. Il n’y a qu’à voir les sondages qui paraissent régulièrement. Si on votait, la N-VA en ressortirait renforcée. Le PS aussi.

Ah ben, oui, nos responsables politiques ne sont que le reflet de nous-mêmes. On peut leur reprocher le nationalisme vindicatif Flamand, l’attentisme mou des francophones. On peut leur reprocher de nous avoir bourré le mou pendant des années tout en détricotant l’Etat Fédéral. Mais alors, il ne faut pas oublier de taper sur les doigts des journalistes de tout bord qui aujourd’hui encore font leur bisounours en se demandant si les négociations enfin vont reprendre. Et n’oublions pas la cravache appliquée à nous-mêmes pour avoir fermé les yeux pendant si longtemps.

La roue infernale. On coupe les ponts. On ferme les fenêtres. Et de chaque côté on est libre de tourner sur soi-même en oubliant l’autre, en ne le comprenant plus. Puis viennent les crises. Et là les discours faciles qui cherchent des coupables faciles fleurissent, trouvent une oreille facile. Et s’il y a de l’écoute, on va forcément trouver de nouveaux chanteurs. Jusqu’à tous quasi chanter la même chose. Et à ce moment là, l’auditeur lui, n’entend plus qu’un type de chanson. Il en vient à oublier qu’il y a d’autres styles. Autres styles qui ferment leur gueule, morveux, honteux, peureux.

Tout ce que moi je reproche à nos irresponsables politiques, c’est de faire trainer cette valse hésitation à mille temps depuis plus de deux cents jours, alors qu’ils savent très bien de quoi il en retourne.

Il y a une raison, un fautif principal à l’échec des négociations : c’est la N-VA, un parti nationaliste, séparatiste, populiste. Dernier avatar de la Roue Infernale.

Au lendemain des urnes, Bart De Wever, dont à cette époque on se rappelle encore les coups d’éclats anti-francophones, les photos avec JM le Pen, les accointances avec diverses divas de l’extrémisme flamingant le plus nauséabond (du genre de ceux qui voudraient amnistier et dédommager tous les collaborateurs de la deuxième guerre mondiale), devient informateur. Moi, je m’étonnais quand même de voir un républicain indépendantiste Flamand être chargé par le roi de démarches visant la création d’un gouvernement fédéral. Mais bon…

Le 8 juillet Bart est relevé de sa mission. Dans un processus normal, un formateur aurait du être nommé pour former le gouvernement… Hum. Mais non, depuis le 8 juillet, dans un flou total vis-à-vis de la population, c’est concours de la fonction la plus rigolote : préformateur, experts, conciliateurs de conciliabules, enfonceurs de portes ouvertes, pacificateurs en colt et en kilt… mais avec le même scénario à chaque étape : on s’approche de quelque chose, un texte « est sur la table », texte qu’on s’imagine contenir des semblant de compromis discutés longuement et âprement, à moins que ce ne soit des points de tournoi de belotte, et un parti, en général la N-VA, au dernier moment, dit non ou encore « et si on faisait autrement » ou « c’est celui qui dit qui est ». Bref, la N-VA est séparatiste et ne veut pas de compromis.

Mais pourquoi dresser un fil des événements ? Vous trouverez ce fil partout. Tout le monde est d’accord avec les faits. Ce sont juste les appréciations qui divergent.

La vérité est qu’on en revient toujours aux mêmes recettes depuis 40 ans : des flamands vindicatifs qui brandissent leur culture meurtrie par les méchants francophones arrogants, comme un drapeau déchiré sur la colline de leur martyr. Des Flamands qui une fois les larmes patriotiques sèches nous foutent en pleine gueule que nous sommes une région sinistrée, fainéante, pauvre et qu’on leur coûte des sous, que sans nous ils seraient plus riches, plus heureux, plus entre eux… De l’autre côté, vous avez les francophones, encore tout drapés dans leur gloire industrielle passée, accusant les coups, reculant sur la défensive de leurs ergots fermement plantés dans une Belgique qui s’effiloche comme peau de chagrin. Des francophones qui n’ont à proposer qu’un non ferme et vide de sens. Et vous avez le résultat : 40 années où on a viré le mortier des joints du mur Belge.

Un état fédéral sans partis politiques fédéraux, sans presse fédérale, sans opinion fédérale, sans sentiment fédéral. Deux populations juxtaposées et ignorantes l’une de l’autre. Avec des sensibilités politiques opposées (et si un gouvernement se forme, vous pouvez être sûrs que ça va valser sec) les uns complètement à droite, les autres plutôt à gauche.

Situation idéale pour que des politiciens habiles distillent des messages faciles et rémunérateurs du genre « vos malheurs dans la crise, les gars, c’est de la faute à ceux d’à côté. Virons les et tout ira mieux. Au moins, ça évite d’aborder les vrais problèmes, qui eux, sont à peu près insolubles sur le fond au niveau belge. Et on connait la suite, les cons avec accès aux urnes ne manquant pas … cela fait des années que tous les partis de Flandre jouent la surenchère nationaliste, peu, prou ou énormément.

Et on se retrouve avec deux populations qui se regardent en chien de faïence…

Alors oui, je râle. Le Belge râle. Le Belge râle mais avec philosophie et humour. Et les journalistes de s’étonner encore de cette foutue belgitude surréaliste. Et allons-y d’en rajouter des couches sur l’austérité, les spéculateurs et les agences de cotation. Et d’analyser et commenter la moindre saillie de Bart, la moindre grossièreté d’Erdeckens, et la plus petite pique de Reynders. Et d’embrayer avec de bons vieux micro trottoirs où ils arrivent à ne donner la parole qu’à ceux qui n’ont rien d’autre à dire « oh oui hein m’sieur, c’est terribbbb… ». A croire que les tonnes de fines analyses politiques dont nous abreuvent les journaux n’ont pas transformé chaque Belge en expert des questions institutionnelles, des clés de répartition des financements et de BHVologie.

Assez !

Pitié, fichez-nous la paix.

J’en ai assez des clichés, des ventres mous, des profiteurs, des nationalistes mais surtout… j’en ai plein le dos de la désinformation, des grands cours d’histoire à la petite semaine. Pfff… Marre du traité de Vienne, des éperons d’or, des tranchées de 14, de la collaboration… Toutes ces pages revisitées par des historiens avec une petite hache, au mieux de leur intérêt.

Alors, en matière d’économie, de solidarité, de politique… je suis une bille. Par contre, depuis tout petit, je suis passionné d’histoire. Surtout d’histoire régionale, voire locale. Et plus particulièrement, j’ai la chance d’avoir grandi dans le pays de Herve, bocage coincé entre l’Allemagne, la Hollande, la Flandre et le reste de la Wallonie. J’ai sillonné ses sentiers. J’ai rencontré ses habitants dans les bistrots. De Fléron à Moelingen et 's-Gravenvoeren, d’Aubel à Eupen.

Ce pays là n’est, n’était pas comme on vous le raconte. Et les frontières qui traversaient ce Pays n’étaient pas des lignes de séparation des cultures mais des zones de rencontre des cultures.

Alors l’Histoire n’est qu’un prétexte que ces gens là, les égoïstes repliés, jettent au visage de ceux qui veulent partager plutôt que bannir. L’histoire, ils la transforment et les peuples sont oublieux.

Si c’est tout le mal que je peux faire, j’ai envie de témoigner de ce que je sais (pas grand-chose), de ce que j’ai vu, de ce que j’ai lu. Des choses certes insignifiantes, comme la discussion avec un vieil homme des Fourons, des chopes échangées à Aubel, l’histoire d’un village ou deux du plateau, un peu de toponymie, quelques recettes de cuisine. Quelques jurons bien sentis aussi. Des trucs comme ça. De l’avéré, du ressenti, du supposé, peut-être mais à tout prendre pas moins honnête que les mensonges qui servent d’alibis aux séparatistes. En vrac : l’intangibilité de la frontière linguistique, l’opposition entre les mondes latins et germaniques, la bataille flamande des éperons d’Or, les Fourons Wallons, la Belgique pays artificiel, le martyr des flamands en 14-18…

Alors plutôt que de râler, je vous propose un voyage dans le passé, l’humour, la truculence. Un voyage dans ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare. Vous me suivez ?

OK. Bientôt, premier épisode.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 15:28

Billet sauvage et méchant.

Sûr qu’avec un titre comme ça, ça va racoler. Allez viendez me voir, tout est au rabais aujourd’hui même le titre. Tout doit partir. De toute façon on fait mieux et moins cher ailleurs. Mais si vous laissez des sous, j’enlève le bas !

Sur le net ces derniers temps, des blogueurs vignerons râlent sérieux, ou déclarent arrêter leurs activité.

Qwâ ?

Viticulteur serait un métier difficile ? Y en a qui la trouverait saumâtre ? Alors qu’ils travaillent au grand air ?

Allons donc, il suffit de se fier à la sagesse populaire pour comprendre que ces damnés de la terre à betterave ou à raisin, c’est de la racaille. Jugez-en mon expérience.

 

Citations éparses :

"Les fermiers, c’est des tchernobyls en puissance. Ces mecs là foutent nos nakkes aquifères en l’air, Monsieur, avec leurs foutus pesticides. "

Un mien voisin, en juillet dernier, canicule, affublé en tout et pour tout d’un maillot tendance string et d’un pulvérisateur plein de round-up. Comme mon voisin le dit aussi, dans son infinie sagacité,  "les graviers, mieux vaut les traiter préventivement vois-tu, on met moins de produit. Moi en plus je mets deux fois la dose, c’est plus efficace."

Mais encore :

"Faut voir comment ils passent leurs vignes au napalm les salauds de vignerons".

Sagesse populaire des forums viniques.

ou :

"Quand tu vois tous ces bios poil dans la main qui laissent leurs vignes à l'abandon, avec des herbes et tout. C'est dégueulasse tout de même."

Deux vieux schnoques avec des accents parisiens et des vêtements de randonnéeuh tous neufs de chez Décatheulon. Lors d'un pique-nique dans des vignes alsaciennes.

Le meilleur :

"Le pire, c’est les vignerons. Ils pleurent toujours, mais quand tu vois leurs baraques et leurs hectares, ne me dit pas qu’ils ne croulent pas sous le fric. Surtout avec le prix de leurs bouteilles ! Non mais tu as vu l’autre là, avec son Sylvaner à 6 euros… Il se prend pour qui ? la romanée contée ? Hé au super U, t’en as pour 2 euros…"

Un client alsacien à son boucher, l’été passé.

 

Bon, après une dizaine d’années à avoir travaillé coincé entre le monde agricole et… monsieur tout le monde, je pourrais vous en citer des centaines d’anecdotes. Je ne sais toujours pas si je dois en rire ou en pleurer.

Mais ce qui est sûr, c’est que dans nos campagnes, les paysans, dont les vignerons ne sont finalement qu’une variété, ne sont guère traités à leur juste valeur. Des galeux, des bouseux, des profiteurs, des pollueurs.

Le paysan a perdu son rôle nourricier dans l’imaginaire collectif. C’est le supermarché qui nourrit. Le paysan lui, pollue, salope les routes, ralentit la circulation en Massey-Fergusson, vit sur le dos de la société accroché comme une sangsue à ses subsides, empuantit le voisinage avec ses vilaines bêtes à corne qui ont le mauvais goût ultime de chier sur l’herbe qu’elles mangent, mon Dieu ma pauvre Solange, là ça me démange.

La subtile chaîne alimentaire, certes pleine d’embûches, d’intermédiaires rapaces et d’administrations procédurières, qui relie le producteur au mangeur-buveur, a du mal à être perçue par un consommateur lambda (quel abruti, celui-là, chaque fois qu’on parle d’un type qui agit comme un veau, c’est lui, Lambda) pour qui le jambon, ça s’achète en barquette, le lait c’est mieux avec des vitamines et des oligo-éléments ajoutés, et qui compte consciencieusement ses 5 portions quotidiennes de fibres et vitamines d’origine végétale. Et qui dépense en moyenne moins de trois euros pour une bouteille de vin.

Il faut dire que c’était quand même plus simple avant quand tu allais chercher tes œufs à la ferme, en croisant les poules du trou du cul desquelles les dits œufs sortaient à la douzaine. La belle époque…

L’agriculteur, ce mec pas très intelligent sur son gros tracteur poussif, toujours plein de caca. L’image est tenace.

Sauf que… Déjà pour conduire un tracteur moderne, faut suivre un stage à la NASA. Ensuite, l’agriculteur, entre les taux d’humidité à respecter dans le grain pour aller chez le négociant, le suivi des cours des différentes spéculations, la gestion des aides et subsides, les normes en matière d’intrants, les factures, la sécurité de la chaîne alimentaire, les déclarations diverses, les nouvelles normes sans cesse remises en cause par des normes plus neuves encore… l’agriculteur doit se taper le boulot de gestion et d’administration de n’importe quel patron de PME… en plus de son métier premier, agriculteur. Comme les cours sont volatils et le climat aussi, on lui dit de se diversifier. Alors il se diversifie. Mais chaque culture a ses exigences de terre, de durée, de récolte, son matériel de récolte, de stockage propre. Alors, il faut apprendre, se regrouper, louer, faire appel à des entrepreneurs agricoles… Et gérer tout ça en tenant compte de la pluie et du beau temps.

Heureusement, les journées comptent 24 heures, et en ne prenant pas trop de temps pour les repas et même en dormant 7 heures, the luxe, dans les périodes calmes, on peut espérer travailler entre 12 et 15 heures par jour. Ouf…

L'autre problème est que Monsieur Lambda, il lui faut des sous pour son nouvel écran plat, son tout nouvel IPad, son Iphone et bien sûr, les Vacances de Pâques sur la côte du Yucatan. Alors, tu penses si c’est inacceptable si le prix du lait et de la viande y augmentent ! Je m’esscuse, mais merde !

Et donc, si on prend les intermédiaires entre producteurs et consommateurs qui doivent bien gagner leurs vie et veulent gagner bien leur vie et le consommateur qui trouvera moins cher venant d’ailleurs s'il n'est pas content, le seul qui l’a dans l’os et doit accepter de travailler avec une marge parfois à peine positive (heureusement qu’il y a les aides européennes)… Ben c’est le producteur.

Alors, il y en a qui décident de se passer des intermédiaires et de vendre leur produit directement à Monsieur Lambda (mais quel con celui-là). Beaucoup de vignerons font partie de cette race là. Mais il y a aussi des fruiticulteurs, des éleveurs, des cultivateurs…

Produire, transformer et vendre à la ferme. Rétablir dans les villages une relation directe entre le producteur et le consommateur. Ajouter de la qualité, de l’équité, du goût dans le produit. Créer ainsi un emploi non délocalisable car lié au terroir, rendre au paysan comme à son client la fierté d’appartenir à une communauté, à un lieu. Créer un lien entre les gens, avec le sol, avec les paysages. Paysages dont nos agriculteurs sont les gestionnaires principaux. Souvent pour le pire, mais à qui la faute réelle ? Souvent aussi pour le meilleur quand il s’agit d’une agriculture restée familiale.

Voilà à mon sens un des défis les plus nobles du 21ème siècle. Mais bon, on n’est pas couché. Parce que l’agriculteur, le viticulteur qui prend son destin en main et décide d’aller avec sa création vers le public, tout seul, tout nu, il est pas rendu. Lisez donc le blog d’Hervé Bizeul, c’est un bon résumé. Tellement proche de ce que moi j’entends tous les jours chez des fermiers qui font de la glace, du fromage, qui tiennent des boucheries à la ferme, etc…

Alors évidemment, je ne dis pas non plus qu’il faut supprimer les contrôles, l’administration, la sécurité alimentaire. Ni que les agriculteurs sont tous des Saints avec auréole sur la tête. Non.

Mais quand même. Il y a là des perles d’humour noir.

Quand on pense que suite à la crise du lait, la Région Wallonne et le Fonds FEADER de la communauté européenne subsidient de plus en plus des projets visant à soutenir l’installation de fromageries à la ferme, on ne peut qu’applaudir.

Le problème c’est que pendant ce temps, l’agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (la sinistre AFSCA) brandit le spectre ou en tout cas fait allusion (et avec ces gens là, ça revient à peu près au même) d’une fin du lait cru en Belgique à cause des dangers de transmission de la fièvre Q aux humains. Bon, les risques sont vraiment vraiment faibles. Mais argument massue de l’AFSCA : le jour où un enfant mourra, ce ne sera pas de notre faute.

Alors faire du fromage à la ferme, c’est déjà un défi mais si en plus, il faut pasteuriser le lait…

Quand on pense que l’AFSCA justement continue à avoir auprès des producteurs une réputation qui confine à la terreur superstitieuse... Faut comprendre aussi. Cas vécu. Un éleveur a des nids d’hirondelles occupés dans son étable.

L’inspecteur : va falloir arracher tout ça. Contamination. Hygiène. Grippe aviaire.

Le fermier : Mais je croyais que les oiseaux étaient protégés, qu’on ne pouvait détruire ni leurs couvées ni leurs nids (note du rustre : ce qui est bien le cas)

L’inspecteur : veux pas le savoir.

Le fermier : oui mais les hirondelles, elles mangent les mouches et les bêtes sont plus tranquilles.

L’inspecteur : il existe des insecticides agréés pour ces cas là.

Bon c’est un exemple, mais ça dit bien à quoi peuvent être confrontés les producteurs.

Mais tout ça n’est rien bien entendu. Le pire, ce qui achève, ce qui fait songer certains à trouver ne corde solide et une poutre dans une grange, ce sont les casquettes…

Celles d’agriculteur, de comptable, de gestionnaire, de vendeur, de publicitaire, de communicateur, de transformateur, de spécialiste de la traçabilité, de l’hygiène, d’aménagement des ateliers, d’homme de loi… que doit revêtir, toutes en même temps, l’agriculteur qui se lance dans ce type de démarche.

Là-dessus vous ajoutez les casquettes de mari, de papa, et ça commence à faire lourd, toutes ces casquettes sur une seule tête. Et tout ça pour vous rendre compte au final que la clientèle est volage, difficile, radine. Que si vous voulez vous agrandir, vous alléger le travail, il faut du personnel et que là, ça devient la folie, inspection du travail, lois sociales, coût exorbitant…

Le problème aujourd’hui, c’est que l’agriculture familiale, de qualité, de proximité, c’est devenu un métier impossible pour un seul homme, une seule tête.

Le problème aujourd’hui, c’est que malgré des soubresauts de la part d’un certain public et des pouvoirs publics dans une certaine mesure, il y a une nette tendance qui se dessine. Une tendance à la rationalisation, à l’hygiénisme, au lissage, au gommage. A la dichotomisation entre d’une part le produit de qualité et de terroir réservé aux nantis et d’autre part le produit bon marché de masse.

Bien sûr, cette dichotomisation est loin d’être complète. Bien sûr dans certains secteurs comme le vin, il n’y a jamais eu autant de diversité et de qualité dans le vignoble.

Bien sûr, on revient de loin. Il y a aussi le réveil de toute une génération d’agriculteurs qui veulent renouer avec le public, la terre, quitter la course aux surfaces, au rendement et aux grosses machines de papa.

Bien sûr il y a les nouveaux médias comme internet qui permettent plus de visibilité, plus d’échanges d’adresse… mais dont le foisonnement a de plus en plus tendance à noyer l’information.

Quel équilibre va surgir de tout ça ?

Je suis bien incapable de répondre…

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 12:00

Deux semaines… sans blog, sans web, sans rien. Sauf le vide assourdissant du silence qui hurle à mes tympans (deux semaines n’ont pas été suffisantes pour m’ôter l’habitude d’écrire n’importe quoi).

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Pour moi, tenir un blog est une source de questionnement. Pourquoi diable se peler la couenne à pondre des textes fort approximatifs et à peine lus ? Ne mettrais-je pas un point final à mes divagations ? La tentation est forte. D'autant plus que associal, paresseux et timide de nature, je ne participe guère à la tendance "rencontre en live et tissage de liens d'amitié" du web 2.0.

Vous dire que le billet d’Hervé Lalau à propos de la "blogosphère vinique" m’a plongé encore plus dans l’atermoiement le plus tâtonnant ne serait pas mentir. Ce ne serait pas vérité apostolique non plus. Car à vrai dire, je ne fais pas partie de la "blogosphère vinique" comme d'aucune autre blogosphère d'ailleurs. Certes, j’écris de temps à autre pour retranscrire les bons moments passés avec telle ou telle bouteille de jus de treille en les saupoudrant d’un humour qu’on appellera "tout personnel", pour rester poli et ne pas froisser cet amour propre qui me tient tant à coeur. Mais franchement qui s’en soucie ?

Je ne suis pas non plus un "blogueur jardinier" malgré ou plutôt à cause de mes trop rares billets verts. Non plus qu’un polémiste politiquement incorrect en herbe. Encore moins un écrivaillon webesque avec une et une seule "nouvelle" déféquée en 10 mois.

Non, pire que rien, je suis un touche-à-tout… Belge en plus. Les seuls éléments qui pourraient donner un semblant d’uniformité à ce blog, ce sont des calembours vaseux et des tentatives un peu pathétiques de faire rire le passant qui passe.

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Car en vérité, je vous le dis : une rapide autant que salutaire introspection à propos de mes motivations et talents supposés pour écrire m’a amené à un verdict sans appel. Je suis un pitre. Pas comme Brad mais presque. Et je vous fais tout de suite le "plus Brad que Pitt" ou le "plutôt Pitre bradé que Brad Pitt."

Mais là aussi, mes pitreries ne sont pas suffisamment talentueuses pour attirer le grand public et faire de moi un humoriste riche, célèbre et adulé (surtout par les blondasses accortes et généreuses de la mamelle de moins de trente ans).  Et être riche, célèbre et adulé, c’est bien sûr ce qui m’a poussé à me lancer dans l’aventure blogueuse puisque ce qui pousse le blogueur, c’est l’ego et sa démesure. D’après certains fins analystes cultivateurs de melon en tout cas.

Non, à bien y regarder, si je veux faire du pognon un jour, ce qui je le répète, ne peut être que la seule motivation avouable et porteuse pour briller au firmament des Grands de ce monde en cette époque, il faut que je change mon fusil d’épaule.

Cette année nous ferons donc dans la blague à Toto, le ragot Lady Gaga, le clash du samedi soir. Nous aborderons les côtes suspectes de la droite décomplexée, du racisme raisonnable en façade, du vin de chapelle, du jardinage lunatique engagé parce que ça, ça attire du monde.

Je ne vais pas me lancer dans le scrap-booking ou le collage serviettes parce que je n’ai aucun penchant pour la zoophilie (le rapport ? aucun). C'est dommage, ça marche d'enfer ces trucs là.

J’essaierai de m’en tenir au sujet-verbe complément, introduisant aussi le langage texto. J’essaierai de sortir des "LOL", "énorme" et autres "c’est trop" pour attirer les lobotomisés à tendance claviériste (celui de l’ordi pas Christian, enfin quoique).

Bref, ça va racoler sec, mieux que de la Brésilienne modifiée certifiée ou de la Slave importée par camion. On va remettre une couche de rouge-à-lèvres et faire dans le formaté de mauvais goût, avec paillettes et couleurs putes intégrées comme dans les innombrables pubs pour parfums toutes clonées les unes sur les autres qui fleurissent, conchiatiques, sur nos petits écrans merdeux en fin d’année.

Mais non, je plaisante. Je n’ai pas le talent nécessaire pour tout ça. Je préfère rester un rustre un peu ridicule et pathétique avec un avis sur tout mais surtout un avis.

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Moi en 2011 au chapitre des résolutions, je continuerai à cultiver mon potager, à manger moins de viande mais de la bonne, à mettre plus souvent des fèves, des lentilles, des pois à table, à chiner chez les cavistes et les vignerons pour trouver des vins à portée de ma bourse, qui certes ne raviront probablement pas les apôtres autosatisfaits du grand et du racé mais qui donneront du plaisir à ma petite personne et ses invités. Et ça me suffira largement.

Je ne vous cache pas que les doctes avis, je les emmerde un peu. Je préfère mes erreurs à leurs certitudes. Ce sont les miennes, je peux me débrouiller avec, elles sont à ma portée.

J’espère continuer à passer pour un con, humaniste (quel terme ringard), idéaliste, simpliste, poujadiste, gauchiste aux yeux de la plupart en 2011. Comme je reste persuadé qu’il y a dans ce nombre des imbéciles, ça me fait le plus grand bien.

Et surtout, je continuerai à chasser le sérieux comme la peste de mes billets. Parce que le sérieux poussé à l'excès, ça me donne des vertiges avec ma foutue peur du vide.

Je continuerai à distiller mes photos banales, mes recettes banales, mes vins simples ou pas connus, je vous farcirai de souvenirs de randonnées dans des pays aussi peu lointains que le bocage de Herve, l’Ardenne, la Lorraine et l’Alsace, je vous gaverai à l’indigestion de jeux de mots faciles, d’idées centristes molles, d’approximations syntaxiques et en définitif de mes longues logorrhées illogiques.

Toute cette banalité de proximité ne servant qu’un propos : le beau, le bon, le bonheur n’est pas près de chez nous, nous sommes carrément assis dessus.

Pas besoin d’avion pour Ténériffe, pas besoin d’huile de truffe de la pampa Argentine, il y a un monde de saveurs, de couleurs et de lumières dans nos jardins et chez nos fermiers. Pas besoin de héros américains et de citrouilles d’Halloween, notre imaginaire et nos traditions un peu oubliés chatoient encore au détour de nos carrefours. Et avant de protéger les Pandas et la forêt du Brésil, apprenons à aimer et à garder nos haies et nos bosquets. Oh bien sûr mon propos n’est pas dénué de contradictions. Le foie gras de mon petit producteur local était délicieux avec des grenadilles importées.

Hé ! Finalement, par delà mes diatribes maladroites (je préfère me démolir moi-même que de laisser faire d’éventuels détracteurs agricoles, mon jugement est plus sûr, je me connais bien), je viens de découvrir un deuxième fil conducteur à ce blog, outre son imbécilité crasse. Content je suis.

Et comme je ne peux pas m’empêcher de faire mon intéressant et mon "pas comme les autres" je ne souhaiterai pas ouvertement bonne année. Imaginez qu’elle soit mauvaise, ne pourrait-on pas me faire un procès pour exercice frauduleux et trompeur de la voyance ? Par contre, au long de quelques textes assez poussifs, je voudrais dans les prochains jours vous exposer mes sentiments sur l’an 2010 écoulé et mes mauvaises résolutions pour 2011 dans quelques domaines qui me tiennent à cœur.

Demain, je dresserai un portrait brillant de mauvaise foi du web vin.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 12:15

Avec toutes mes bêtises quotidiennes, j'ai moins de temps à consacrer à de jolis articles de fond pleins de photos. Je vais essayer de compenser avec quelques articles qui feront la part belle à l'image. Je vous livre donc les plus jolies visions que m'ont procurées mes balades hasardeuses ces derniers temps...

 

Toutes ces photos ont été prises, non pas chez les Lapons, mais bien au coeur de la Hesbaye. La plupart ont été prises sur la zone naturelle de Grand Axhe, près de Waremme. Tout cela pour vous dire que la beauté est à vos portes. Pas besoin d'un avion pour ça. des pieds suffisent.

 

Par pitié, si vous voulez en utiliser une, n'oubliez pas de citer mon blog ! Merci.

 

Cristaux

 

 

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Allée saule têtard rue de Prâle

 

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Massettes (mare en haricot)

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 12:05

 

Belgique. Le soir improbable d'une année indéfinie...

Alors que le soir se couche et que notre Pays consume ses dernières braises, la peur nous étreint et colore le crépuscule de cendres. Nous sommes plus pétris d’angoisse que des cougnous à la Saint-Nicolas… La Belgique n’est plus et Jacques Brel ne chantera plus "avec" car désormais ce sera sans. Il n’aura jamais l’occasion de voir, le pauvre, qu’après la Meuse, le Plat pays ne l’est plus tant que ça. Le chaos s’installe et autorise l’imagination à galoper sur les routes sans repos vers nulle part (Dju ti).

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Maurice béjart, lors de la dernière représentation de son ballet pour snuls "La Belgique est un plaisir et doit le rester".

 

Rappel des faits.

Lundi 4 octobre, après 113 jours de négociations depuis les élections, Bart De Wever rompt les pourparlers voulant "Repartir de zéro, sur une page blanche (du cul aurait-il finement ajouté)".

Bon, on était sûr que depuis trois mois, ils ne faisaient rien qu’à jouer à la belotte, nos hommes politiques, démineurs, médiateurs, formateurs, informateurs, pré-formateurs, groupies alpinistes de haut niveau, post-ex-pré-formateurs et autres négociateurs, mais bon…

Première semaine d’octobre : les négociations reprennent sur des bases neuves et on aborde les sujets qui fâchent vraiment sans tabous dans le cadre d’une véritable révolution copernicienne (ne cherchez pas et réécoutez les bandes depuis le 13 juin…).

Et effectivement, le cœur du problème est vite enfoncé (comme ton cul, aurait dit Bart De Wever…) quand la N-VA dévoile ses véritables intentions. La scission de BHV, de la sécu, de l’IPP, la responsabilisation financière des Entités Fédérées (du cul ! aurait chuchoter Bart…) n’étaient qu’un pudique cache-sexe pour ses véritables ambitions : rendre obligatoire, deux fois par semaine, dans toutes les cantines scolaires de tout l’Etat Fédéral, le Waterzooi à la Gantoise et les carbonades flamandes.

Rien que ça. Bart De Wever déclare "les Francophones doivent accepter dans les 48 heures sinon, ils vont voir leur cul devant leur dos hein ! "

Les francophones rejettent l’ultimatum en Front Uni (on note quand même la phrase lourde de conséquences pour l’avenir de Didier Reynders "Ben quoi, c’est pas mauvais le waterzooi !").

Enfin combatifs, ils lancent un contre-ultimatum : Tous les vendredis dans les cantines scolaires du pays, ce sera tarte au vaution ou rien. Olivier Maingain, s’attirant les foudres de son parti, ajoute "Na na na na nèèèère !" Les Germanophones quant à eux, en ont marre d’être spoliés. Soutenus par les délégués liégeois, ils exigent de la cannelle dans tous les plats, même la mayonnaise. Le Front Francophone dépose un recours devant la cour internationale des droits culinaires.

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La présidente du CDH, Joelle Milquet, inflexible devant le diktat insupportable de la N-VA.

Samedi 9 octobre : 14h00 : Joelle Milquet en rajoute une couche : "le vaution est à prendre ou à laisser. Et si les flamands refusent, nous durcirons nos positions. Qu’ils prennent garde : nous pourrions mettre les cûtes peûres, la tarte al djôte et même la chimay bleue sur la table des négociations". Michel Daerden se dit prêt à recevoir des responsabilités de la part du roi pour être à table aussi.

15h00 : Laurette Onckelinckx en appelle à la collaboration du peuple et des élus flamands pour une Belgique "Tartine et Boterham".

15h30 : Bart De Wever réplique que "parle à mon cul,  les flamands ne collaboreront pas".

15h31 : "Ce serait bien la première fois" persifle Olivier Maingain.

Dimanche 10 octobre : Dans la nuit, un communiqué de presse de Bart De Wever vitupère : " Vaution, vaution, mon cul oui ! ".

Lundi 11 octobre : Bart De Wever rompt de nouveau les négociations et dans la foulée…proclame la sécession de la Flandre et déclare la Guerre Sainte du Waterzooi aux Wallons.

Mardi 12 octobre : L’ex-armée belge, depuis longtemps acquise à la cause du waterzooi et des carbonades dans ses hautes sphères, rejoint les milices de la N-VA et pénètre en territoire Wallon, par les Fourons, à 10h02.

A 10h04, le Gouvernement Wallon est en fuite et s’exile à Monaco. Elio Di Rupo, prostré par tant de violence, pense à rentrer dans les ordres, voire, pire, à devenir militant chez Berlusconi. Jean-Mihel Javaux songe sérieusement à tenter la star academy...

Restés seuls au bistrot à côté de l’Elysette à Namur et n’ayant pas eu vent de la fuite de leurs collègues, José Happart et Michel Daerden prennent le pouvoir et organisent la contre-offensive. Ils ne peuvent malheureusement compter que sur les militaires d’origine verviétoise, fondamentalement attachés au vaution depuis leur plus tendre enfance.

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Les combats furieux autant que brefs dans le Parc de la Boverie. Témoignage de Bruno Mathot, successeur et Neveu de Guy, qui a participé aux combats. "Ouf ti qu'esse qui nous ont mis les flaminds, on aurait cru un match du standard un mauvais jour. Pour nous hein !"

A 10h07, les belligérants convergent vers le Parc de la Boverie à Liège.

A 10h10, Bart De Wever, debout sur un char muni de sa nouvelle bannière : le Lion des Flandres surmontant la devise "Derrière mon cul, la mer", prend la tête des troupes flamandes. Son téléphone sonne :

-Bart ?

-Oui Didier…

-Bon, ben c’est plié non ?

-Je pense, ya.

-Bon, on se fait une bouffe ?

-Ya, mais plus dans ton resto de tapettes, là, où j’ai chipé du vin la dernière fois. Chez Léon je veux, j’ai une envie de mosselen hein, manneke.

-OK, sois prudent.

A 10h11, les soldats des troupes loyalistes en profitent pour passer par la foire de Liège pour faire des réserves de lacquemants en cas de siège prolongé, avec beaucoup de sirop, pour les bains de siège.

A 10h15, Michel Daerden déclare l’indépendance de la Wallonie, et en ouvre une pour fêter ça. Santé hein m’fi !

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Moment historique : la déclaration d'indépendance à rebours de la Wallonie par Michel Daerden.

 

A 10h18, c’est le choc entre les Wallons et les Flamoutchs 

A 10h19, c’est la débandade Wallonne. Bart De Wever déclare "On a plus vu leur cul que leurs fusils, hein manneke !"

A 10h20, c’est la fuite éperdue des derniers membres du gouvernement wallon : José Happart demande l’asile politique au Québec et Michel Daerden  à la ville de Cognac. Quant à Olivier Maingain, il demande le statut de réfugié au Lesotho déclarant : "Tu vas voir. Là bas aussi ils ont des problèmes de langues, là aussi il y a des flamoutchs, enfin des sortes. Je vais te foutre un de ces bazars…" Mais dès 11h00, José Happart est capturé à la frontière et incarcéré en camp de rééducation à la "Nederlandse academy", le forcing néerlandais. On ne sait pas ce qu’il advint des deux autres.

A 12 h00, les troupes flamandes occupent toute la Wallonie.

A 12h01, Didier Reynders, après une longue hésitation de 10 secondes, se déclare Guide Suprême de la République Wallonne. Il promet une paix équilibrée mais sans se mettre à genoux.

A 12h03, il achète des fleurs.

A 12h05, il prend la direction du "Chez Léon" de Bruxelles.

A 12h30, les moules même pas encore servies, le Guide Suprême déclare le vaution hors-la-loi. Il déclare la reddition sans conditions de la Wallonie et une journée spéciale sur la foire de Liège "waterzooi et carbonades à moitié prix".

A 12h45, Albert II et toute sa famille filent discrètement sur le yacht royal. Le roi demande l’asile politique aux îles Tuamotu. Il aurait affirmé que le premier qui lui servait des frites irait prendre la température de l’océan (avec son cul aurait sournoisement ajouté Bart De Wever)

Les Belges francophones  sont humiliés, battus, sous le joug. L’Europe s’indigne : "Allons-nous devoir nous trouver de nouveaux locaux ?" Bart les rassure "Nee hein manneke, tu peux rester hein fieu, mais dis-donc, Hermanneke… le waterzooi, tu aimes ça au moins ?"

L’affaire est donc pliée et les conditions de la reddition terribles : waterzooi et carbonades, non pas deux mais trois fois par semaine dans les cantines, suppression des abbayes de Chimay, Orval et Rochefort, et humiliations suprêmes : remplacement des bettes par des chicons flamands dans la recette de la tarte al djôte et déplacement de la date du carnaval de Binche au 11 juillet, nouvelle fête nationale belge.

Ceux qui ne sont pas contents, qui revendiquent ou qui voudraient faire rien qu’à protester sont envoyés en camp de rééducation, où ils mangent du waterzooi toute la journée en écoutant Helmut Loti et des vieux disques de Clouseau !

La Wallonie et Bruxelles battues, humiliées, à terre… jusqu’à ce que…

 Photo 032

A l'aube du 122, 123, 12... euh... quand on aime on ne compte plus. L'espoir revient par la serrure.

 

Jeudi 14 octobre. 

7h00 : d’abord sur les anciennes fréquences de "Radjo lène" puis sur toutes celles de ce qui était connu en des temps plus fiers comme "Fréquence Wallonie", se glissent, s’immiscent, douces comme le babil de la première fauvette au printemps (arrête, je pleure), les notes de la petite Gayole. Et derrière la musique s’élèvent les voix rassurantes, espiègles autant que viriles de deux héros nationaux, deux piliers de la Civilisation Belge : Julos Beaucarne et Arno.

C’est l’appel du 14 octobre. Il dit en substance ceci : c’est pas parce qu’un type qui n’a aucun goût a réussi à exciter nos amis flamands que les dés sont jetés. Les ewarés, c’est comme les snots : quand l’hiver passe et que le soleil revient, c’est du passé. Aimez-vous, la vie c’est chic et pas cher et les carbonades c’est quand même heerlijk avec du sirop de Liège. Il est temps de résister aux grosses biesses ou bien les yeux de ma mère ils vont pleurer. 

8h00 : Ami, entends-tu le bruit sourd du vaution qu’on avale ? Toute la Wallonie est occupée. Toute ? Non ! Car dans les forêts et les Fagnes à l’Est. Dans les bois du Staneux et sur les hauteurs de la Poralée, tout ce que la Wallonie, Bruxelles et les cantons germanophones comptent d’âmes élevées et raffinées prennent le maquis et organisent la résistance.

D’abord diffus, le mouvement s’accentue et se structure. Les différentes factions de cette armée secrète se sont entendues sur un but commun, une revendication ultime : "Dans les cantines scolaires, du Stoemp et de la tarte au vaution, de la cannelle dans la compote !" Et toute la journée la voix de la résistance galvanise désormais toutes les âmes friandes d’avenir dans notre beau pays… Cette voix, c’est celle d’une radio installée on ne sait où dans l’Est sauvage : masquée sous les sylves du Staneux ou terrée dans un cabanon fagnard, c’est Radjo Polleur !

N’ayant peur de rien, et férocement attaché à la liberté d’aller se faire une part de vaution à Tancrémont, ce blog se fera le relais, chaque fois que la censure baissera sa garde, des émissions de Radjo Polleur, à travers notre almanach… Si vous voulez rejoindre la résistance n’oubliez pas votre mot de passe :

"Qu’entendez-vous par là ?"

"Oh ! par là pas grand-chose… "

 

Poum-poum-poum… Poum (1)

Poum-poum-poum… Poum

Ici Polleur, les Wallons parlent aux Wallons !

Poum-poum-poum… Poum

Mononc Léon aime la tarte au Vaution.

Je répète

Mononc Léon aime la tarte au Vaution.

Poum-poum-poum… Poum

(1)    Vous n’êtes pas sans savoir que ces notes de la pub "Rodania", trois brèves une longue, symbolisent en morse la lettre V de vaution !

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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