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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 09:15

Ce 26 avril, deux anniversaires marquent les esprits : la démission du dernier gouvernement de droit en Belgique et la catastrophe de Tchernobyl.

 Mais pour l'heure, je préfère revenir à mes petites fleurs...

 

 

L'Azuré des nerpruns :

 

Azuré des nerpruns 1

 

Si vous avez une partie boisée dans le jardin. Le Tircis, un papillon du groupe des Satyres.

 

Tircis

 

Plus tard dans la saison, il viendra "butiner" les prunes tombées au sol et les fruits pourris en général : le Vulcain. Nombre des exemplaires qu'on voit arriver chez nous sont des individus migrateurs qui viennent du sud de la France. L'état de leurs ailes ne laisse aucun doute... 

 

Vulcain 1

 

 

Chenille d'un petit papillon de nuit, l'écaille du séneçon, sur un séneçon. Plante sauvage des lieux secs, des talus, elle peut former des tapis très décoratifs.

 

Ecaille du séneçon chenille 1

 

 

La Petite Tortue, comme une vingtaine d'autres papillons de nos régions pond ses oeufs sur les orties, plantes absolument nécessaires à la survie de cette espèce. L'adulte, lui butine volontiers sur les fleurs de Cardère. Ce n'est pas un chardon mais ça y ressemble. Une grande plante bisanuelle dont les feuilles qui engainent la tige creuse forment comme des coupelles qui retiennent l'eau de pluie. D'où son surnom de Cabaret des oiseaux.

 

Petite tortue

 

Magnifique mais mal aimé des jardiniers : la Piéride du Navet.

 

Piéride du navet mâle

 

Encore sur Cardère, encore un papillon dont la survie dépend des orties : le Paon du jour.

 

paon du jour 

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 14:56

 

Le temps est élastique. Alors que nous étions étouffés d'hiver, il nous paraissait interminable. Maintenant que le printemps est là, c'est à peine si la mauvaise saison a duré un battement de cils. A nouveau nos jardins vont se revêtir de lumière.

 

Il est temps de semer la Sauge sclarée, une plante magnifique, solaire, mellifère et extrêmement aromatique. En quantité infinitésimale, cette plante donnera un parfum exceptionnel à vos penderies, vos vins blancs, vos infusions, vos pots-pourris. Choisissez. Mais en quantité plus importante, elle dégagera un parfum de sueur fauve assez désagréable. Cette plante est utilisée en parfumerie où elle remplace l'ambre gris qu'on tire de la graisse de cachalot.

 

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Déjà fleurissent les Coeurs de Marie, aux fleurs si particulières, à la floraison et à la culture facile.

 

 

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C'est de nouveau le temps de l'aubépine qui fleurit si élégamment les haies de nos bocages. Là encore, question de dose : délicat en petite quantité, le parfum des fleurs devient vite écoeurant, imitant un peu la pisse de chat sucrée.

 

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Et puis, voilà le mal aimé des jardins. Un soleil qu'on arrache avec dédain. Il y aura encore des crétins qui diront que ça vous fait faire au lit. Il est pourtant joli le pissenlit, seul ou en composition avec du muscari. Et puis il attire l'abeille, le bourdon, le papillon. Et puis, c'est qu'il est bon le bougre. Sa feuille dans les salades ou les potées, rissolée avec des patates et des lardons. Sa fleur, infusée et mise en gelée, ce qui donne un sorte de miel très parfumé.

 

pissenlit

 

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Bourdon sur cirse 1

 

J'aime le miel

 

C'est que les sauvages, les mal aimés, les rustres pour tout dire, ont leur charme, telle cette Cirse, un chardon simplement.

 

Cirse capitule

 

Puis, il y a les classiques, comme cette association genêt et lilas.

 

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Ou encore des sauvageonnes qui poussent où cela leur chante sans qu'on le leur demande. C'est le lierre terrestre, qui peut former de jolis tapis bleus qui prennent tout leur éclat lorsque le soleil se couche. Extrêmement mellifère, cette plante est aussi une aromatique puissante qui rappelle un peu le thym. A utiliser avec parcimonie, car son goût est puissant, dans les mescluns ou les omelettes, sur la viande grillée aussi.

 

Lierre terrestre

 

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Enfin, il y a les compositions fortuites comme ces choux frisés montés en fleur, avec comme fond un noisetier pourpre. Le jaune pâle du chou contraste de jolie manière avec le feuillage sombre. Viennent compléter le tableau, les vertes tendres et vaporeux du fenouil et du panais. Ce sera éphémère car les nouvelles cultures vont chasser les anciennes au potager.

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 11:27

« Quand le paon regarde son cul, il défait sa roue ».

Prof. Choron.

 

Bon écrire un texte sérieux et argumenté, je dois le dire, me défrise de plus en plus le chicon. Mais quand on écrit des approximations, il faut les assumer. Assumons.

Il y a quelques jours, suite à la reprise de mes activités jardinières et à une Xième discussion avec un quidam qui se dépêchait de traiter ses plates bandes avec du round up, avant que ça ne pousse, ce qui est quand même fort pour un herbicide qui pénètre dans l’indésirable à zigouiller par les feuilles, j'ai pondu un petit billet rapide et court. La conversation avec un type qui me connaissait un peu (mais pas trop), le petit sourire en coin s’affichait et les sous-entendus « bobo », citadin à la campagne qui fusaient m'ont gonflé grave.

 

Parce que les bobos, ce sont les autres, certainement.

Parce que j’ai vécu toute ma vie à la campagne, les pieds dans la gadoue et que j’aime l’odeur de la merde de vache, sans aucun doute.

J’ai donc pondu un petit texte exutoire, dont je ne veux rien renier ou presque.

Mais le Mystérieux Vengeur Masqué de la Science et Grand Pourfendeur de l’Idée Reçue du net, « l’agitateur », me fait remarquer, assez peu courtoisement comme à son habitude, que je m’a trompu.

A propos de mon texte : « Lui dire qu’entre une molécule d’origine végétale et une molécule de synthèse, il y a une grande différence, essentielle : la rémanence dans l’environnement et la toxicité des métabolites. Différence qui fait que la première est dégradée assez rapidement et que dans certains cas pour la seconde, ses enfants en boufferont encore dans 20 ans… ».

 

Il répond : « Ca, c'est une affirmation gratuite, généraliste, (trop) rapide, et fausse.

La toxico et la rémance d'un produit doivent être étudiées pour lui même et lui seul. Rien ne dit que la molécule "naturelle" X sera moins toxique ou moins longtemps que la molécule de synthèse Y. Et rien ne dit ne dit le contraire non plus, si on en reste à ces 2 "familles" là de produits, qui en réalité ne classent et ne différencient rien du tout.

Désolé, mais ce paragraphe reste donc pleinement associé à la lettre B du dictionnaire. Quand à la lettre C, elle est suffisememnt universelle pour ignorer les frontière des villes et des campagnes......

 

Damned. A me relire, Il a raison sur le fond. Sur la forme et notamment, sur l’association du paragraphe avec les lettres b et c du dico (bobo et citadin), il confirme pleinement cependant mon agacement.

A propos de cette habitude de beaucoup « d’adversaires » du bio ou simplement du durable ou de l’alternatif, parce que je ne me reconnais pas dans cette étiquette bio, de « nous » cataloguer dans le camp des doux rêveurs, des bobos. En gros l’idée générale est que toutes ces idées généreuses et farfelues et bien sûr complètement fausses sur les pesticides, les solutions alternatives, le jardinage ou l’agriculture durable, ne peuvent venir que de cerveaux citadins, qui ne connaissent rien à la terre et à son goût, de dilettantes gauchistes et altermondialistes. Certains voisins, pout tout vous dire s’étonnent que je ne sois pas barbu. C'est du moins ce que je me prends dans la tronche par moments et que je voulais faire passer dans le texte.

Et donc, le jardinier, l’agriculteur, le viticulteur qui est « bio » ou qui est dans une approche comparable garde encore pour beaucoup cette image de foldingue qui fiche rien avec un poil dans la main, même si la tendance s’inverse, que le bio fait recette de plus en plus (au propre comme au figuré).

N’en déplaise à Agitateur, cette image qui perdure est une grosse connerie, pour paraphraser sa rhétorique panzerienne. Des gens qui ont une réflexion environnementale, j’en connais pas mal. Dont des ingénieurs agronomes, des agriculteurs, jeunes ou en fin de carrière. Des gens avec la tête sur les épaules et qui regardent les chiffres en fin de mois. Mais qui en même temps se demandent ce qu’ils vont transmettre à leurs enfants et qui ont parfois encore connu des représentants en « produits phytopharmaceutiques » qui buvaient une rasade de leur produit pour montrer comme c’était inoffensif.  Prout à l’image du bobo citadin. Même s’il y en a bien sûr, des ceusses qui n’ont jamais mis le pied dans un sillon et qui bien à l’aise et ayant les moyens de boire et manger cher ne veulent que du naturel vibrant et vivant et tout pur.

Par contre, c’est vrai, ce n’est pas parce qu’un produit phytosanitaire est issu directement d’un végétal ou extrait dans le milieu naturel qu’il est inoffensif ou non rémanent. Il a raison l’agitateur, il faut dans tous les cas, des mesures de toxicité, des mesures de présence de la substance et de ses métabolites dans le sol, les eaux de surface, la chaîne alimentaire…

Le clivage entre substances naturelles et « de synthèse » n’est pas net ni simple. Et dans mon élan, j’ai trahi ma pensée, en partie. Pour prendre les cas du pyrèthre et de la roténone par exemple, c’est vrai que pendant des années, on a entendu que comme c’était issu de plantes, c’était inoffensif. Bon si ça flingue efficacement les insectes, moi je me méfie… Et effectivement, des études montrent maintenant que l’exposition à la roténone jouerait un rôle dans l’apparition de syndromes Parkinsoniens (mais la demi vie de la roténone et de son métabolite principal doit tourner autour de 150 jours maximum je crois) . Les pyrèthres peuvent aussi montrer une bioaccumulation.

Le point de vue du biologiste que je suis a toujours été que ces produits n’étant pas sélectifs, ils étaient de toute façon à minimiser dans leur emploi, tuant tout sur leur passage.

Mais il ne faudrait pas que l’intervention d’Agitateur ne soit comprise de la façon suivante : Vous voyez, bio ou pas, naturel ou pas, les dangers sont les mêmes, donc il y a danger de toute façon. Cessez vos fumisteries soi-disant naturelles.

C’est là où je m’en veux d’avoir utilisé un raccourci qui apporte de l’eau à son moulin.

Un moulin qui a beau jeu évidemment… Pour ne prendre que l’exemple du glyphosate, toujours abondamment utilisé, on nous a bassiné pendant des années avec son innocuité et sa rapide disparition dans l’environnement. Certes. Evidemment en furetant un peu, on peut se poser la question du devenir et des incidences de l’AMPA, métabolite du glyphosate. Apparemment, l’AMPA ne serait ni toxique pour les animaux de ferme, ni tératogène, ni cancérigène. Vous me direz, qu’au début de leur utilisation, les organochlorés et leurs résidus n’étaient pas considérés comme bien dangereux. C’est malheureusement, le propre de la recherche scientifique : elle avance. Et donc peut-être qu’un jour l’AMPA… En attendant, il est là, partout… Et puis on pourrait aussi s’interroger sur les interactions de cet AMPA avec d’autres polluants présents dans l’environnement.

Le malathion, insecticide lui aussi biodégradable, notamment par des bactéries marines et qui était encore dans le commerce il y a quelques années… maintenant, j’avoue que je ne sais pas si ça se vend encore. Je fréquente peu ces rayons là. Par contre son métabolite le desméthyl malathion… reste toxique et est lui relativement rémanent, si je me souviens bien.

Bon, des exemples, on peut en mettre des tas. Mais ça prend du temps, que je n’ai pas. Et puis on peut toujours une étude plus récente, contradictoire. Je ne suis plus chercheur, je ne suis plus in the move. Je suis juste un rigolo mais je ne voudrais pas que le glaçon de mes approximations cache l’iceberg du flou des autres.

Bref, les chercheurs cherchent avec raison, se contredisent, se renforcent, sortent des chiffres. C’est le jeu et c’est très bien comme ça. Petit problème, c’est ce qu’on fait avec les chiffres après. Et puis les raccourcis et approximations évidemment. J’en ai fait ma part. mea culpa, maxima mea culpa.

Mon voisin, malgré la remarque d’agitateur, peut donc continuer à utiliser ses produits achetés en jardinerie sans état d’âme. Je préfère mon purin d’ortie. Ah mais où sont les études sur la toxicité du produit me direz-vous ? Je les attends. Heureusement, le fait que l’ortie soit comestible (dans une certaine mesure je le reconnais), que sa réalisation au jardin et les concentrations utilisées soient dérisoires me rassure un peu. Mais peut-être va-t-on me montrer que j’ai tort et que les lectines racinaires qui auraient un effet « fongicide » s’accumulent dans le sol de façon alarmante !

Mon point de vue est bien sûr attaquable et je devrais vous fournir des liens, des références, des citations, des chiffres. Mais pas aujourd’hui. L’encyclopédie du jeudi m’attend. Par contre, j'ai maintenant le fil de mes sujets "jardinage" sérieux pour 2011. des dossiers et des chiffres vous en aurez.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 07:13

cerisier en fleur détail

 

"Moi, le bio, j’y crois pas. Y a que magouilles et compagnie là-dessous. Un attrape gogos. Mais bon, ne le prenez pas mal hein, mais vos herbes folles et vos trucs muches sauvages là, c’est du bordel et rien d’autre, passez-moi l’expression. A la campagne, monsieur, il faut les épaules pour entretenir son jardin comme il faut. Faut pas de poil dans la main. Et c’est un peu facile, le bio, comme excuse à rien foutre. Non mais. Vos orties et vos saloperies là, vous allez me les virer sinon, j’appelle la police. C’est interdit vous savez ! Ca peut se répandre vous savez. C’est quand même pas le bout du monde de passer un produit qui est fait pour. Ca se trouve dans tous les magasins. Y a que dans les magasins de jouets qu’on n’en trouve pas. Et encore… Et ne la ramenez pas avec vos conneries d’écolo, si c’est en vente libre, c’est que ce n’est pas dangereux. C'est fait pour les Inseks et les mauvaises herbes, pas pour les gens."

Et pour finir, le gars qui vous prodigue ses bons conseils "amicaux" vous fait l’aumône d’un petit sourire de dédain qui dit en gros "j’te reconnais bien va, bobo citadin."

Sauf que… Sauf que… Il ne sait pas qu’il s’adresse à un gars qui n’a vécu que deux ans de sa vie en ville, malheureux comme un rat en cage. Sauf qu’il ne se doute pas que les bosquets d’ortie sont là… exprès. Sauf qu’il ne voit apparemment pas que le bobo écolo se lève à 5 heures du mat’ pour y bosser dans son fouillis sauvage. Sauf que…

En plus, il semble ne pas savoir que les orties ne mangent pas les gens. Ce serait plutôt le contraire. Mais évidemment, si je lui dis ça, il va téléphoner à l'ambulance.

Evidemment, aucun voisin ne m’a jamais lancé cette tirade. Pas d'un coup. C’est un condensé. Un résumé. Un résumé que certains agriculteurs ou vignerons bio  doivent connaitre, non ?

En fait mon condensé de baltringue là, il a raison en partie. Pourquoi donc se peler la couenne à faire du bio si ce n’est pour en profiter au niveau marketing en arnaquant des bobos citadins ? C’est tellement plus facile d’acheter ce qu’il faut et de régler le problème sérieusement. Yaka. Et c’est vrai, dans n’importe quelle grande surface au printemps, on trouve des rayons entiers de saloperies pour anéantir à peu près toute la création, hormis peut-être votre belle-mère. Ca , ça reste à peine toléré, voire illégal. Contre les nématodes, les vers divers, les fourmis qui cro-ondent dans les bois, les taupes et les mulots, les carabes et les mouches diverses. Les champignons et bien sûr, les Mauvaises Zerbes !

Le baltringue un peu plus zélé vous assommera en vous disant que le cuivre, la roténone, le jus de tabac, c’est toxique aussi. Ca pollue. Il vous dira que le purin d’ortie, en France, le gouvernement a enfin pris les choses en main et légifère. Bien la preuve qu’il y a anguille sous roche !

Sûr de lui, il vous dira que des études montrent que le bio ce n’est ni meilleur ni plus sain que le pas bio.

Que le vent de toute façon disperse partout les produits inoffensifs du conventionnel.

Que voulez-vous lui répondre ? De toute façon, vous avez votre place bien au chaud dans son dictionnaire des gogos associés, à la lettre b comme bobo et à la lettre c comme con de citadin.

Vous allez lui parler de quoi ? Du fait que vous êtes d’accord avec lui pour le cuivre, la roténone et le jus de tabac. Qu’effectivement vous utilisez le tout avec extrême parcimonie et dans les bonnes conditions, pour le cuivre en tout cas parce que la roténone, il y a longtemps que c’est fini et à vrai dire, il y a longtemps que vous n’en avez plus besoin ?

Que lui ferait bien de faire de même en utilisant ses saloperies, ce serait un bon début ? Mais que peut-être, lire une étiquette sur une boîte est au-dessus de ses compétences ?

Lui dire qu’entre une molécule d’origine végétale et une molécule de synthèse, il y a une grande différence, essentielle : la rémanence dans l’environnement et la toxicité des métabolites. Différence qui fait que la première est dégradée assez rapidement et que dans certains cas pour la seconde, ses enfants en boufferont encore dans 20 ans…

Mais surtout, oseriez-vous l’argument massue : j’ai beau avoir un poil dans ma main d’écolo bobo, mes légumes sont au moins aussi beaux que les tiens, voire plus, boboche. Alors pourquoi s’emmerder à pulvériser tes trucs. Quoi ? Parce que c’est moins de boulot que désherber mécaniquement et faire mumuse avec tous mes trucs d’écolo ? Mais dis-donc monsieur baltringue, t’aurais pas un poil dans la main par hasard ? Graine de citadin va !

Ce court texte est un exutoire à une conversation pénible datée de ce week-end. Il condense et résume d’autres conversations désagréables. Il relate les boires et déboires d’un petit jardinier amateur perdu au milieu des pelouses impeccables de ses voisins. Cependant, quelque chose me dit que si des vignerons bios lisent ça, des souvenirs leurs reviendront aussi… Je me trompe ?

 

Epilobe hirsute fleur 3

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 12:06

J'interromps le feuilleton des voeux et résolutions, pour réparer un oubli honteux de 2010.

 

Petit plaidoyer pour cet oublié, de plus en plus étouffé, racorni, raccourci par des étés qui n'en finissent plus de se prolonger et des hivers de plus en plus pressés de nous souffler leur haleine frileuse au visage... une saison de feu et de gourmandises sauvages.

 

En espérant que ces quelques couleurs ensoleillent votre week-end. 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 12:36

Bon, là j'avoue, ce n'est plus de la thérapie mais de la provocation...

 

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Cirse capitule

Epilobe hirsute fleur 3

 

chenille d'un sphinx

 

Petite tortue

 

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chaume estivale

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 09:06

Franchement thérapeuthique en ce moment non ?

 

crocus sous la neige 1

 

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  cerisier en fleur détail

 

Cornus mas 2

 

fleur de poirier

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 14:13

 

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Oui, oui, j’ai mis un seul "n" à annus. Si si. Mais bon enfin… désolé ! C'est pas ma faute, c'est ma muse qui m'a obligé. Vous savez, ma muse, Rika...

Le mois de septembre se passe et il devient temps de faire le bilan "potager" de cette année 2010. Une année extrême par tous les bouts. Une année qui a permis au naturiste attentif et sans pudeur d’entendre le soir au fond des lignes de haricots le long cri rauque du jardinier qui se plaint.

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Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent. Colchiques dans les prés c'est la fin de l'été. Bon, t'as fini mémé Germaine, on peut reprendre ?

Alors déjà, 2010 a commencé par un hiver long et rigoureux. Long surtout… et rigoureux aussi. Et puis long quand même. Habitant une vieille maison, j’ai un peu de mal à maintenir mes semis effectués au début du printemps à une température idéale s’il fait trop froid dehors. Ou alors, il faut placer les bacs sur la cheminée, mais là c’est la lumière qui fait défaut.

Donc les germinations ont été lentes et un peu chaotiques. Et la croissance précoce fut vacillante également.

Mais le printemps est venu, sur les calendriers en tout cas.

Un printemps timide, frais et relativement sec. Et Juin a suivi, sec, très sec, avec des températures pas très chaudes mais surtout un vent du nord funeste. Et ensuite juillet où la sécheresse s’est installée pour plusieurs semaines, avec des températures caniculaires, puis quelques orages catastrophiques où l’eau a ruisselé plutôt que d’entrer dans le sol et où le vent s’est amusé à détruire les rares légumes qui avaient bien poussé.

P7030016 - Copie

Et enfin, août a suivi, très pluvieux, pas très chaud en journée mais surtout glacé la nuit, avec des températures qui descendaient régulièrement sous les dix degrés.

Si j’étais grossier, je dirais que ce fut vraiment une année de merde (Zut, à l’évidence je suis grossier !).

Une sale année, ouais m’sieur. Les semis de mai et juin ont été ravagés par le temps sec. Il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois et faire des semis tardifs. J’ai encore maintenant des pois en fleur dans le jardin. Puis la canicule de juillet a bloqué l’activité et la croissance des végétaux et les arrosages, bien ridicules même si copieux, face à des 38 degrés accompagnés de vent, n’y ont pas changé grand-chose.

P7030024 L'été... sans besoin de partir en Provence pour le trouver. Avantage : ma cave et ma terrasse ne sont pas loin...

Quand enfin des orages ont ramené un peu d’eau et que les croissances, floraisons et fructifications ont pu vraiment démarer, la fraîcheur et le manque de soleil ont pris le relais. Et avec la pluie, des hordes de limaces affamées se sont jetées sur les légumes. Je n’avais jamais vu cela. Jamais autant de bestioles, jamais autant de dégâts sur autant de légumes différents : salades, courgettes déjà développées, tomates vertes, plants entier de haricots… Un massacre.

 

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La mort de la fleur, oeuvre sur lin de... mais non, un gros plan sur une fleur et une feuille de sauge sclarée.

Et pourtant… pourtant au final, en ce mois de septembre j’ai eu et j’ai encore de beaux légumes. A force de trucs et d’astuces, mais surtout, d’un travail incessant (tous mes loisirs y sont passés).

Une première récolte de petits pois grassouillets, en pleine sécheresse, a été suivie par une deuxième volée de semis, effectuée fin juillet, quand la pluie revenait. Elle commence à arriver à maturité.

Comme chaque année, nous avons été dépassés par les haricots, bien que, là aussi, il ait fallu répéter le semis. Les nuits de juin étaient trop froides. Un vieux truc de mon grand-père s'est encore révélé vrai. La première ligne à lever, c'est celle que j'ai semé quand, en enfonçant mon doigt dans la terre, je ressentais une impression agréable et plus une impression froide. Mais ces haricots-là ont levé puis se sont retrouvés bien mal en point avec la sécheresse de juillet. Là aussi, tournée générale de semis tardifs à la pluie. Et donc, les haricots sont très tardifs. Pour les "mangetout" ça ne pose pas problèmes mais pour les fèves, j’espère quand même qu’ils arriveront à maturité avant le gel.

Les potirons abondent. La production de courgettes fut un peu chiche par rapport à l’habitude, mais elle reste convenable.

 

Les carottes, panais, navets sont gros, énormes. Mais il a fallu s’y prendre à plusieurs fois pour que les semis lèvent enfin. A ce propos, je suis très fier de mes panais issus de graines " maison". Voilà une culture qui ne m’aura pas coûté grand-chose. Pour certains légumes racines cependant, la lutte fut impossible : les radis devinrent vite piquant à mourir puis filandreux "à souhait".

Malgré la présence de galeries au printemps, aucune activité des campagnols à déplorer. J’attribue ce calme non pas à mes tristes trappes que ces ingénieuses bestioles déjouent si facilement (une seule victime au printemps, vu qu’elle m’avait dévoré deux pieds de tomates cœur de bœuf, c’était mérité. Bisque bisque de homard !), mais bien à la sécheresse qui les a fait crever de soif.

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Fouillis de mon potager : des tagètes pour les nématodes. Des panais levés tardivement l'année passée comme indicateurs à campagnols : quand ils meurent, il est temps d'agir ! Ces plants sont issus de pieds montés en graine en 2009.

Sécheresse bien néfaste aussi à la reproduction des hérissons, qui comme toujours quand ils manquent d’eau, entrent en léthargie et se cachent dans les composts et tas de branches. Ces bestioles piquantes ont pris mon jardin pour terrain de leurs ébats (bruyants, voyants et vulgaires qui renvoient une Paris Hilton au rang de grenouille de bénitier) au mois d’août seulement. Espérons que l’arrière saison sera clémente et permettra aux petits d’atteindre un poids suffisant pour surmonter la période d’hibernation.

Les légumes feuilles comme les bettes ont eu du mal à pousser mais on y est arrivé à force de patience.

Là encore, surprises d’un jardin qui n’est pas traité à l’herbicide et où on laisse aux plantes faire ce qu’elles veulent ou presque : sans que j’intervienne, mon potager s’est couvert de tagètes, de plants de panais, de bettes, de cosmos et même de coriandre, tous issus de plantes laissées en graines l’année passée. En passant, moi qui a du mal dans mon jardin sans ombre à faire pousser persil, aneth etc… je n’avais jamais vu de plants de coriandre aussi vigoureux, épais, et savoureux que ces plants issus de semis naturels. Idem pour les bettes qui ont mieux poussé " à la sauvageonne" que celles bien plantées en ligne et arrosées…

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Quant aux tomates mes amis… Après un début difficile, c’est la folie : des tomates partout, belles, goûtues, énormes, qui murissent toutes seules sur le pied. La faute au mélange vitaminé déposé à leur pied ? En tout cas, pour la première fois depuis que je jardine, ces tomates là arrivent à maturité sans mildiou et… sans bouillie bordelaise. En été, comme il faisait beau, j’ai tardé à traiter. Et puis, à force d’oublis, de reports, de "pas le temps", de flemme, il était trop tard : les premiers fruits mûrissaient. Pas de traitements, pas de problèmes.

Pas d’ennuis pour la gestion de l’eau non plus : avec un épais paillage de gazon surmonté d’une couche de paille, deux arrosages par semaine au grand maximum ont suffit même en pleine canicule. Et si les poivrons et les melons, logés à la même enseigne que les tomates, donnent des résultats moyens, les aubergines me laissent pantois : quatre plants, 8 à 10 aubergines, grosses en plus, par plant. C’est le festival de la moussaka et de l’aubergine confite pour le moment à la maison.

Un petit mot sur la variété de tomates "potager de Vilvorde" vendue par Semailles. Ce sont des tomates rouges de calibre moyen, délicieuses et juteuses. Ce serait une variété belge (découverte à Vivorde). Je remarque sa facilité à produire et à mûrir sous notre climat frais.

Et enfin, l’ail : ma meilleure récolte depuis 10 ans y compris en 2003. Des têtes saines, grosses et abondantes. On n’en manquera pas d’ici l'été prochain ! Je suis à 100 % pour la plantation à l'automne, pourvu que la terre soit mêlée de sable et régulièrement binée. Aucun problème avec l'hiver ni l'humidité et des gousses plus grosses que si on les plante au printemps.

Par contre, cette saison, il a fallu employer mille ruses pour que ça pousse. En voici quelques-unes…

Le paillage : indispensable cet été. J’en ai usé selon ma richesse en tontes de gazon et en paille. Avec les petits pois, cela a porté ses fruits (dans des cosses) : malgré la chaleur, de beaux pois dodus. Ce n’est pas évident à obtenir avec cette plante exigeante en eau. Je n’ai pas buté les pois, ni les haricots d’ailleurs. Au contraire j’ai laissé une légère dépression à leurs pieds comblée avec de l’herbe sèche : l’eau s’accumule au pied de la plante au lieu de ruisseler puis la couverture limite l’évaporation.

Même traitement pour les tomates, les courgettes, concombres…

Malheureusement, à moins d’acheter de la paille à des fermiers (et cet été, c’était niet puisque les réserves de l’année précédente étaient épuisées et les nouvelles moissons pas encore là), ou des paillages onéreux et pas très durables dans le commerce, il y a eu un moment où les gazons ne poussant plus, j’ai manqué de paillage. Les effets sur certaines plantes ont été spectaculaires. Les concombres par exemple, privés dès lors d’une humidité constante ont commencé à donner des fruits amers et immangeables.

L’autre problème du paillage est qu’il concentre les limaces qui y trouvent refuge en cas de chaleur. Il faut donc ne pas oublier de traiter régulièrement les parages avec des granulés au phosphate ferrique.

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Opération camouflage pour les brocolis cette année : les chenilles de piéride, y en a marre !.

Au printemps, j’ai arraché les plants de fenouils qui poussent un peu partout dans le potager pour les rassembler dans une zone en laissant des espaces pour les brocolis. Juste avant plantation des choux, j’ai planté pêle-mêle des cosmos, des tagètes, du basilic, du persil, de l’aneth. Au centre de cette jungle j’ai mis mes choux. Quand ils ont poussé, j’ai camouflé ce qui dépassait avec des fanes de tomatiers. Résultats : pas de chenilles. Les papillons survolaient bien la zone mais délaissaient les choux. Par contre mes brocolis ont été plus tardifs et plus petits. Une production propre mais faible. A l’intuition, je dirais que c’est la concurrence de la "jungle protectrice", surtout en matière d’eau qui a provoqué ce nanisme, malgré le paillage de la zone. Mais peut-être qu’en cet été exceptionnel, les brocolis n’auraient pas donné de toute façon, je n’en sais rien. Par contre, il y avait des aleurodes, mais peu.

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Les deux photos ci-dessus montrent les choux au milieu de leur cachette. oui je sais, il y a quelques trous dans les feuilles et pourtant pas de chenilles observées.

Et sinon, sur une terre argileuse qui se transforme en bêton dès que l’eau est chassée par la canicule, là où ce n’était pas paillé : biner, biner et encore biner.

Et enfin des arrosages bimensuels avec du bon purin d’ortie… additionné des "arrivages" du moment : verts de tomates, fanes de carottes, adventices sans graines, consoude… J’ai un bac qui cocotte en permanence près du compost. Ce ne sont ni les poireaux ni les bettes, ni même les courgettes qui vont s’en plaindre…

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La consoude est utile pour le jardin, mais quand elle est jolie, c'est encore mieux. Sa couleur sombre mariée au blanc des compagnons blancs (déssechés au moment de la photo malheureusement) c'est magique.

Et c’est à peu près tout, amis et voisins… Tout ça pour un beau panier de la ménagère, plein à craquer de légumes colorés, juteux, savoureux et 100 % sans crasses dessus.

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 10:33

J’ai un peu de mal à suivre régulièrement mon blog pour le moment. Un tas d’articles attendent qui l’inspiration, qui des photos, qui une relecture.

C’est qu’en plus de mon travail "officiel", mon potager me cause des soucis. Je ne suis pas le seul je suppose. Que dire de l’état d’esprit actuel des agriculteurs ?

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Tout le monde à l’air de s’en foutre pour le moment. La presse, les vacanciers, les cyclistes protestants de gauche, les footballeurs piémontais de droite…

C’est vrai qu’entre la Coupe déballonnée, les cyclistes à moteur qui râlent parce que, monsieur, quand y pleut ça glisse...

Les politiques belges qui s’amusent beaucoup en jouant à la chaise musicale (c’est tout de même pratique le fédéralisme, comme il y a plusieurs parlements et qu’on peut prêter serment, pas dans tous à la fois, mais on va y penser, il y a toujours un siège au chaud quelque part qui t’attend)...

Les politiciens français qui achètent avec de l’argent public des cigares cubains pour soudoyer les miliciens de l’oréal et obtenir la libération d’Ingrid Bettencourt… (enfin si j’ai bien compris…), ben les journalistes ont du pain sur la planche.

Du coup, la sécheresse, on n’en parle pas encore beaucoup. Pourtant, après un printemps particulièrement frais et sec, dans le nord en tout cas, l’été commence avec de fortes chaleurs, des pluies ridiculement parcimonieuses. Si les céréales ont l’air de bien se porter, le maïs, les betteraves, les patates tirent une drôle de tête en Hesbaye.

Quant au bétail, on commence par endroits à leur donner le foin de l’hiver prochain. Quant à les abreuver, si cela continue, la seule solution sera InBev…

Dans mon jardin, ça commence doucement à ressembler à une catastrophe. Malgré le paillage (qui pourtant joue bien son rôle et retient beaucoup d’humidité au pied des pois, courgettes, tomates…), la végétation stagne. A propos de paillage, je conseille à ceux qui l'utilisent de surveiller l'activité débordante des escargots et limces qui y trouvent refuge et profitent des nuits les plus humides pour faire festin.

Les courgettes et les concombres restent minuscules. Les salades ont soif, les radis piquent. Quant aux haricots et aux carottes, les levées ont été catastrophiques. Et maintenant ça crève de soif. Les sur-semis que j’ai réalisé ne bougent pas. Seuls les rustiques panais, provenant de graines faites à la maison, s’en tirent et poussent bien. Il n’y a plus d’eau de pluie dans les cuves depuis belle lurette et c’est à l’eau de ville que j’arrose, le plus parcimonieusement possible.

Nous prions pour la pluie. Les nuages gris et épais défilent au-dessus de nos têtes sans crever. On a eu juste une pluie drue mais courte hier après-midi. Mais le soleil et le vent ont tôt fait d’ôter cette eau aux pauvres plants assoiffés.

Or on annonce le retour de la canicule… En attendant, la Belgique danse pour fêter sa présidence tournante européenne (quand on y pense, c’est une expression qui fait un peu froid dans le dos). Ca ne devait pas être, manifestement, une danse de la pluie…

Dieu fasse que cette petite chronique monte aux oreilles des dieux comanches et sioux, avec les prières des agriculteurs et des jardiniers, pour faire venir l’eau…

Petite incantation ici (je ne sais pas si les français connaissent, mais ça vaut son pesant de cacahuètes)

 

Bonne journée sous le cagnard…

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:00

 

Le mois de mai s’en va et le ciel reste vide. Oh, pas comme Alain Souchon l’entend, non. Enfin quoi que… Pas partout certainement non plus.  

 

L’écologie, la biodiversité, les catastrophes écologiques, le réchauffement climatique, le bilan carbone, l’empreinte écologique… en voilà des beaux concepts qui commencent à bassiner le contemporain tant on les sert à toutes les sauces, y compris, surtout peut-être, quand il s’agit de faire vendre (des bagnoles soi-disant propres par exemple), pour satisfaire à un des Dieux les plus courus de notre belle humanité, le fric.  

 

Mais de quoi il parle le monsieur ? Des papillons, des abeilles, des divers insectes butineurs de nos campagnes, simplement.  

 

paon du jour

Paon-du-jour sur Cardère. Non, ce n'est pas un chardon chère voisine, non je ne dois pas le couper parce que sinon... 

 

 

Bon l’érosion de la biodiversité, je comprends que cela reste abstrait pour le fan de foot moyen ou l’électeur de droite ordinaire ou pour l’aficionado de la « ferme célébrité en Afrique » quand on parle de l’ours sur sa banquise, des trucs farfelus qui vivent dans la jungle amazonienne et à la limite des trucs rampant de Floride.

 

Mais quand on observe et qu’on attend chaque année le retour des insectes butineurs sur ses fleurs dans son petit coin de Hesbaye, on y est confronté de plein fouet à l’érosion de la biodiversité, en pleine gueule, juste à sa porte. Je vous parle là de bestioles qu’on attrapait ou qu’on observait avec fascination quand on était gosse. Des bestioles qui nous permettent d’avoir des poires pour la soif, des cerises quand leur temps revient, des fraises pour ravir la petite Charlotte. Des bestioles qu’on ne regrdait plus vraiment mais qui faisaient partie de notre quotidien. Abeilles et papillons, merde, feuilletez des livres d’enfants, soyez simplement honnêtes avec vous-même, ils font partie de notre imaginaire collectif, de notre patrimoine, de notre histoire, de notre culture.

 

Petite tortue

Petite tortue, toujours sur Cardère.

 

Normalement, ça doit plus parler que le sort du panda si lointain ou du caïman des Everglades somme toute assez moche à nos consciences étriquées, égoïstes, ethnocentriques, absolument pas capables de se projeter au-delà de l’horizon bien court de notre bled, de notre tribu, de notre gent, nos consciences tellement, trop, banalement humaines. Ou alors capables de s’émouvoir pour le lointain et le différent pour un moment, le temps d’un show télévisuel ou d’un journal télévisé, mais pas dans ses tripes, pas durablement. Le jour où des avions ont dézingué deux tours en Amérique, on était tous un peu américains et il y a eu une minute nationale de silence dans nos parlements et nos trams. Quand Port-au-Prince a été rayé de la carte, l’émotion a été très forte. Mais pas de silence dans les trams et aucun premier ministre n’a déclaré, aujourd’hui nous sommes tous un peu haïtiens…

 

Bon trêves de digression, revenons à l’effet de nos papillons. D’après les chiffres du groupe Lycaena (voir ce site), sur les 114 espèces autochtones du sol Wallon, 20 ont déjà disparu. 60 % de ce qui reste est menacé à des degrés divers. Personnellement, je constate ce déclin depuis des années dans mon coin de Hesbaye, même sur des espèces réputées communes, non menacées : machaon, paon du jour, petite tortue… Leur apparition dans le jardin est de plus en plus tardive, le nombre observé diminue chaque année. Je ne parle même pas des citrons, ces petites piérides jaunes, si communes dans mon enfance et dont je n’ai plus observé un seul individu depuis trois ou quatre ans.

  belle-Dame sur Budleia

Une Belle-Dame butinant un Budleïa, mais il y a tellement de plantes plus intéressantes que cet "arbre à papillons" plutôt invasif.

 

Ne parlons pas des abeilles… domestiques ou solitaires… le problème est suffisamment médiatique. Cette année, j’ai déjà pris contact avec 5 apiculteurs de ma région ou du Condroz voisin. Partout c’est le même abattement : mortalité importante (50 % parfois) des colonies cet hiver, reprise lente des activités, plus de miel à vendre…

 

Quant aux abeilles et guêpes solitaires, alors que depuis deux ou trois ans, leur nombre était tellement important dans mes vieux murs ou dans mon tas de terre attendant son évacuation suite à des terrassements, que certains soirs, on entendait le bourdonnement de leurs aller-retours au nid à plusieurs mètres. Cette année, il y a encore du monde mais plus de bourdonnement intense. La perte de biodiversité ce n’est pas seulement un danger nébuleux et mal perçu, c’est surtout un silence assourdissant de nos campagnes.

 

 

Bourdon sur cirse 1

 Bourdon sur Cirse.

 

Ce printemps, certes tardif, je n’ai encore observé dans mon jardin qu’un robert-le-diable. Rien d’autre… allez, deux ou trois piérides, c’est tout. Alors certes derechef, la saison n’est pas encore très avancée, attendons le mois de juin. Certes, l’hiver a été rude et certes, il ne s’agit que de mes observations personnelles dans mon petit coin de campagne. Pourtant,  je ne vous parle pas d’un événement ponctuel mais d’une tendance lourde, inéluctable que je vois, que j’observe depuis plusieurs années.

Vulcain 1Vulcain sur Salicaire.

 

La faute à qui ? Pour les abeilles comme pour les papillons, les boucs-émissaires sont tout trouvés : les vilains agriculteurs-chimistes pollueurs qui font rien qu’à détruire l’environnement et nos santés avec leurs poisons terribles vendus par les méchantes firmes complotistes capitalistes qui nous spolient.

 

Ce serait difficile de le nier : quand on déverse des insecticides, des herbicides et des fongicides sur ses cultures, sur des étendues aussi vastes que celles des champs de Hesbaye, on à beau faire dans le parcimonieux, dans le ciblé, dans le sévèrement contrôlé… il y a des dégâts collatéraux. Mais ce serait si simple de se contenter de cette réponse là…

 

chenille d'un sphinx

 La chenille d'un sphinx, je ne sais pas lequel.

 

Alors les chercheurs qui cherchent avancent d’autres hypothèses, notamment pour les abeilles domestiques : le Varroa, parasite des colonies par exemple. Il y a peut-être aussi des raisons plus subtiles : le fait par exemple, en Belgique du moins, que les processus de reproduction naturels des colonies soient court-circuités : pas d’essaimage, pas de reproduction libre avec le tout venant mais la fécondation des reines par des faux-bourdons choisis dans je ne sais plus quel labo en Flandres. Cela assure la conservation des souches et de leurs caractères (notamment la douceur des ouvrières) mais cela doit aussi occasionner une érosion de la diversité génétique.

 

TircisUn Tircis, petit papillon forestier du groupe des satyres.

 

La succession d’années à climat "hors-normes" a aussi son rôle : printemps froids et plutôt secs, été secs et chauds, automnes tièdes sans gelées, hivers rudes… En 2009, l’automne a été clément, sans gelées jusqu’en décembre. Les champs de moutarde étaient en fleurs. Abeilles et papillons ont butiné tard mais au ralenti dans la saison. Quand le froid est venu, avec assez vite des -15°c la nuit, les animaux ont abordé cette période extrême "fatigués", avec moins de réserves pour y faire face. Cela est susceptible d’entraîner des mortalités. Pour certains papillons qui hibernent sous la forme adulte (petite tortue, paon du Jour…), les hivers doux, les périodes tièdes dès janvier ou février (cas en 2007, 2008 dans une certaine mesure), provoquent une sortie d'hibernation à un moment où il n’y a pas de fleurs à butiner, pas de plantes sur lesquelles pondre. Encore une cause de mortalité.

 

Azuré des nerpruns 1 Azuré des Nerpruns (je crois), sur Salicaire.

 

Il y a bien entendu la banalisation des paysages, l’obsession de "l’ordre et de la propreté" des paysages. On fait la chasse aux méchantes orties, aux chardons, aux zones de friches. On a abattu quantité de haies, on n’entretient plus les arbres têtards, on fauche systématiquement et sauvagement, sans discernement les bords de routes, quand on ne les traite pas carrément au round-up.

 

Or l’ortie est l’hôte de plus de 20 espèces de papillons diurnes et nocturnes. Le papillon a un besoin vital de cette plante pour pondre ses œufs et nourrir ses chenilles. Il en est ainsi de la petite tortue, du paon du jour, de la carte géographique, du robert-le-diable, du vulcain. La Belle-dame pond principalement sur les chardons… Détruire les friches, les massifs d’orties, c’est détruire ces papillons.

 

Et puis il y a… les jardiniers amateurs "classiques" évidemment. Eux et leurs pelouses impeccables, leurs haies de thuyas ou de lauriers cerise, leurs fleurs décoratives (les cultivars à double corolle par exemple) peu mellifères, leur emploi massif et souvent inapproprié d’insecticides, herbicides, anti-mousses, alors que leur gagne-pain n’en dépend pas contrairement aux agriculteurs.

 

Ecaille du séneçon chenille 1Chenille de l'écaille du séneçon.  

 

Alors les conseils pour aider un peu cette "entomofaune" bien utile ? Affligeants de banalité, simples à mettre en œuvre, peu ou pas onéreux. Je les rabâche depuis dix ans dans des animations, formations, conférences. Conférences où je me fais régulièrement engueulé parce que je n’aborde pas le sujet CRUCIAL du jardinage avec la lune… grmbl grmbl… Bisque bisque rage !

 

Planter local (les haies, les fleurs), gérer sa pelouse de façon propre et extensive (moins tondre, tondre en bandes pas en spirale, y laisser le trèfle et les pâquerettes), laisser les coins peu usités du jardin ou cachés (derrière la cabane à outil par exemple) sans entretien, en friche, à l’abandon, ne plus utiliser de pesticides, pour les grandes propriétés tolérer à des endroits stratégiques les orties, les ronces et les chardons (ces derniers ne sont pas tous à couper avant fructification légalement sinon je vous fous les flics au cul).

 

Piéride du navet mâleLa Piéride du navet.

 

Ces mesures ne nécessitent pas un cent, au contraire, elles économiseraient même de l’argent. MAIS elles nécessitent par contre du courage : celui d’aller à l’encontre du facile à penser, de l’habitude, de la "culture" et surtout du regard réprobateur des voisins, dramatiquement offusqués de voir un fainéant pourri d’écolo laisser son jardin à l’abandon. Pouvez-vous imaginer qu’une voisine s’est déjà permis de passer son petit pulvé par-delà la clôture pour occire MES orties ?

 

Alors, on peut aussi acheter des mélanges bien chers, mettre de la lavande partout, du thym, des petits abris à papillons, des nichoirs pour abeilles solitaires. C’est très bien, pas forcément onéreux non plus (il faut veiller à mettre de vraies fleurs sauvages et pas des mélanges importés de Hongrie ou des soi-disant bleuets sauvages alors qu’ils sont doubles…), mais l’important, c’est d’accepter le sauvage, le pas-bien rangé, le bordel, le ça peut plus durer ! Je n’ai pas dit non plus de laisser tout tourner à rien et de ne plus savoir faire un pas dans un jardin devenu jungle. Mais on peut concilier le deux, non ?

 

Phalène sur salicaire Phalène sur Salicaire.

 

J’emmerde le regard dédaigneux des vieux cons suspicieux qui ne jurent que par le tiré au cordeau, les fripés qui arrosent leur caillasse au round-up alors qu’aucun diable vert n’y pointe encore le bout du nez et qui, allant jusqu’à ne même pas soupçonner l’infinie inutilité pour ne pas dire l’incommensurable connerie de leur démarche me toisent de haut moi et mes herbes folles. Le temps de la mansuétude est fini. Moi et mon bordel végétal, nous avons fini de nous la jouer profil bas. La guerre ne fait que commencer, et ça va saigner !

 

Parce que décidément, le combat est avant tout moral, éthique, culturel. On ne doit pas accepter, soutenir, aider toute la grouillance de vie susceptible de s’abriter dans nos jardins (ou sur nos bords de routes, nos friches, nos jachères…) parce qu’elle est utile à l’équilibre écologique ou pour des raisons scientifiques quelconques mais simplement parce que cette multitude a droit au chapitre et à sa place au soleil. Et de façon plus anthropocentrique, on doit protéger cette biodiversité pour NOTRE équilibre à nous.

 

Parce que quand le ciel et les prairies se seront tus définitivement, il nous manquera une part de nous-mêmes et mis à part les inconditionnels de TF1, quelques traders rapaces et probablement quelques amoureux transis du béton, je suis sûr que notre vie, notre bien-être s’en trouveront amoindris. Sans abeilles, sans papillons, nous serons un peu moins humains, voilà tout.

 

Vue de l’esprit ? Romantisme à deux balles ? Mièvrerie ? Peut-être. Mais à ceux qui pensent cela, venez donc croiser le regard de mon fils de 5 ans qui ne voit plus de papillons, celui de ma fille de quelques mois qui n’en verra peut-être pas beaucoup dans sa vie…

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