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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 18:00

Je trouve que mes titres frisent de plus en plus le n'importe quoi.

 

Voici aujourd'hui un petit sujet qui ne mange pas de pain suite à mes activités de ce week-end. J'ai commencé à replanter mes plants de tomates.

 

Je les produits moi même comme un grand, en les semant et tout. Idem pour mes courgettes, potirons et concombres. Ca à l'air banal dit comme ça mais j'ai des copains qui ne jurent que par les plants tout faits du commerce, plus gros, plus virils, plus poilus. Peuh... petits joueurs ! Pour obtenir des gros plants de tomates quasi en fleur à cette époque en Belgique, je me demande le bilan carbone... Soit.

 

En plus, cela existe certainement mais obtenir des coeurs de boeuf, des noires de crimée et des "potager de Vilvorde" en plants...

Il n'y a que pour les melons, poivrons et aubergines que je recherche les plants dans le commerce, d'autant plus qu'un pépiniériste proche de chez moi (le potager gourmand pour ne pas le nommer) commercialise de chouettes variétés plutôt goutues et plutôt colorées mais surtout... relativement adaptées à nos contrées pas très sudistes. Cela fait plusieurs fois que je sème des aubergines en mars mais rien à faire, je vis dans une vieille maison où la température dépasse rarement les 19°c, alors les plants sont lents au développement, et finalement ne donnent rien de bon par la suite.

 

Mes tomates, aubergines, courgettes, concombres et potirons sont cultivés sur poquets. Une technique bien connue que je ne détaille ici que parce que mon blog est "tout-venant", multi-maniaque, donc pas pour les spécialistes.

 

Je creuse un trou, pas trop profond (30cm maximum) mais large (genre 50 cm de diamètre). Je le remplis de choses diverses. Toujours une poignée d'orties en morceaux dans le fond ou même mélangées au reste, des tontes de gazon pleines de trèfle, du fumier, du compost voire de "l'or brun " tout ce qu'il y a de plus commercial, ça dépend de ce que j'ai sous la main, notamment de la quantité de compost que j'ai. Cette année, j'ai ajouté une bonne dose de cendres de mon feu à bois. Les cendres offrent un apport de potasse. Ce n'est pas plus mal pour le bon développement des fruits, surtout que les tontes, les orties apportent une sacrée quantité d'azote. NPK quand tu nous tiens. Quand je n'ai pas trop la flemme, j'ajoute des feuilles de consoudes (mais il faut aller les chercher dans la nature), je crois me souvenir qu'elles aussi sont un bon apport de potasse. Et évidemment, je rebouche à 50 % avec de la bonne terre de mon jardin. Je remplis mes trous une semaine ou deux avant d'y planter mes légumes. Mais je les ai déjà fait le jour même, ça n'a pas changé grand chose à la reprise. Après j'arrose copieusement, je paille, toujours avec du gazon sec et j'écoute pousser la tomate.

 

Bilan : de beaux légumes, peu de maladies, voire pas du tout et une certaine indépendance vis-à-vis des rotations (mes tomates étant sous serre, ça m'arrange). J'ai vraiment constaté une amélioration de la vigueur des plants, de l'abondance des récoltes et de la résistance aux maladies cryptogamiques depuis que je cultive sur poquets avec de l'ortie bien entendu.

 

Ceci dit, ce n'est pas une recette que je donne... elle change d'année en année comme je l'ai dis. Dans mes trous, surtout ceux des cucurbitacées, on peut mettre quasiment n'importe quoi : mauvaises herbes diverses sans racines ni graines, épluchures, compost frais... Tout fait farine au moulin.

 

Bon, ben je m'en retourne repiquer.

 

Bonne soirée à tous.

 

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 12:45

Il ne s'agit pas de trois charmantes voisines mais de fleurs sauvages qui embelissent mon jardin en avril. Je sais, je suis un peu en retard, mais c'est ainsi. Je vous parle donc aujourd'hui des plantes dont la floraison suit, dans mon jardin celle des fleurs "précoces" dont au sujet desquelles je vous avais entretenu ici.

 

Il s'agit tout d'abord de la superbe Corydale solide.

 

P4140122 - Copie

 

En fait, elle ne l'est guère, solide, mais son nom vient du fait que son bulbe est plein, tandis que celui d'une espèce voisine, la corydale creuse est... en partie creux. Les botanistes sont de sacrés bouts-en -train. Qu'est-ce qu'on rigole !

 

  P4140132

 

La Corydale apprécie les talus, les bords de chemin assez ombragés. En fait, elle se plait sur des sols frais à humides, très riches. On la trouve souvent en bas de vallons, sur des sols d'alluvions ou de colluvions, des mulls actifs et frais, c'est à dire des humus à décomposition rapide, au pH neutre à basique, relativement humides.

 

P4140129

 Corydale, plante des talus.

 

 

Sur ce type de sol elle partagera souvent la vedette avec la Ficaire, la Moscateline, l'Ail des ours, la Circée de Paris, la Gagée des bois et la Primevère élevée. Sa fleur affecte la forme d'un long tube (l'éperon) muni à sa base d'une petite feuille digitée, la bractée (chez la corydale creuse, la bractée est entière). Je n'en ai trouvé confirmation nulle part, mais en général, les plantes dont les fleurs comportent de longs tubes sont pollinisées par des papillons de nuit.

 

 

 P4140131

 

Sur cette photo, on observe de trous à la base de l'éperon : ce sont des bourdons (parfois des fourmis) qui ne peuvent atteindre le nectar par la voie normale et la court-circuite. 

 

 

La Corydale est potentiellement toxique puisque elle renferme de alcaloïdes paralysant la moelle épinière à forte dose. L’absorption des racines et des autres parties de la plante peut occasionner des troubles nerveux.

 

 

La Primevère élevée est la plus commune de nos primevères sauvages.

 

P4190143

 

On la trouve sur les mêmes types de sol que la corydale, mais elle supporte mieux la lumière (pas le plein soleil tout de même) et on la voit souvent en bordure des ruisseaux. La primevère est comestible, sauf si une saloperie de chat s'est oublié dessus (mais pour ceux là, nous savons quoi faire n'est-ce pas ?). les jeunes feuilles s'ajoutent aux salades , en mélange pour tempérer leur saveur aromatique et piquante. Sinon, plus vieilles, il faut les cuire. Les fleurs décorent magnifiquement les salades et les assiettes. On préparait autrefois dans les pays scandinaves un hydromel parfumé aux fleurs de primevères. C'est du moins ce que j'ai lu, mais je veux bien le croire. En effet, elles ont un très léger goût de citron, j'en ai déjà ajouté à mon vin sec de sève de bouleau, en toute fin de fermentation. Ca lui a donné un côté "sylvaner" pas déplaisant.

 

 P4190141

 

Ce deux fleurs (Corydale et primevère) trouvent abri chez moi au pied d'un mur et d'une haie protégée du sud. C'est un endroit frais, humide, où l'accumulation de feuilles de la jeune haie commence à créer un peu d'humus.

 

Ensuite, voici la célèbre Anémone sylvie qui tapisse les bois de blanc en avril.

 

 P4070088

 

C'est l'archétype de la floraison forestière vernale. Cette plante de sous-bois fleurit massivement et assez brièvement au printemps, alors que les arbres sans feuilles laissent encore passer la lumière. Les feuilles restent encore jusqu'au début de l'été, le temps que les fruits murissent, puis disparaissent, la plante ne survit plus que par ses rhizomes qui forment un écheveau dense sous l'humus. C'est une plante à caractère couvrant et colonial. Elle pousse sur des terrains semblables à la Corydale mais moins humides, drainés et bien aérés.

 

Comme la plupart, si pas toutes, les renonculacées (la famille du bouton d'or), l'Anémone sylvie est toxique, irritante. Elle contient un hétéroside de lactone, le renonculoside qui libère la protoanémonine, un produit vésicant, qui produit des cloques dans le pire des cas, des brûlures ou un picotement dans le meilleur. Goûtez une feuille vous verrez bien, ça pique.

 

Même localisation dans mon jardin pour ces fleurs : fraîcheur et ombre. Cependant, j'en ai vu des parterres dans les vignes en Alsace du côté de Nothalten.

 

 

Pour continuer voici une anémone moins courante, mais magnifique, l'Anémone fausse-renoncule.

 

 anémone fausse renoncule

 

C'est encore une plante des sols riches, à l'humus frais et doux (mull). Elle tolère bien le calcaire et l'argile. On la voit souvent dans les sous-bois, les bords de chemins ombragés voire les bords de prairie des fonds de vallée. Elle à un comportement moins colonial que l'Anémone sylvie.

 

 

Anémone fausse renoncule détail

 

 

Enfin, voici la Primevère officinale ou coucou.

 

P4190146

 

C'est une plante plutôt thermophile qui aime les sols calcaires (mull calcique), les talus bien exposés où elle peut former des colonies. Dans mon jardin, elle a poussé plus ou moins spontanément (probablement des graines ramenées avec une motte de terre contenant d'autres plantes) mais pas à sa place. Elle ne prospère donc pas. Je la déplacerai en fin de période de végétation, avant que les graines ne tombent ou au tout début du prochain printemps à la formation de la touffe de feuilles. La Primevère officinale peut s'utiliser comme sa cousine la Primevère élevée.

 

Voilà un article qui mettra un peu de couleur sur ce mois de mai gris et triste.

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 14:16

 

cerisier en fleur détail

 

Quand j’ai commencé à penser à créer un blog, je m’imaginais créer des fiches de jardinage et donner plein de conseils, synthétiser tout ce que j’ai lu à droite et à gauche…

 

P4150136

Mon potager. Non, ne fuyez pas, c'est la partie couverte d'engrais vert. les grandes tiges sèches, c'est de la moutarde. Le vert ce sont des vesces et du seigle. Dans un mois je faucherai et incorporerai ces plantes au sol. pas de travail pour le moment...

 

 Le week-end passé, j’ai commencé à « retourner » mon jardin avec ma grelinette, sorte de bêche-fourche plébiscitée par tous les jardiniers bio qui se respectent (je n’ai pas trouvé de photo de mon modèle sur le net et la mienne est dégueulasse, si j’ai le temps la semaine prochaine je poste une photo de l’engin rendu présentable…). Le but est d’aérer le sol sans le mettre sans dessus-dessous, ce qui est souvent reproché aux bêches et au motoculteur. L’utilisation de la grelinette permettrait de ne pas mélanger les couches aérobies et anaérobies du sol…

D’autres décrient la grelinette en disant que c’est un attrape-bobos, super cher (dans les 100 euros quand même) et inutile et que si tu utilises une bêche pas trop longue, tu respectes autant la vie dans le sol. De plus, la grelinette, si le sol est trop argileux, trop plein de racines, trop  ceci et trop cela, et bien c’est du flan. Et que de toute façon en travaillant sur 30-40 cm, la couche anaérobie, on est loin de l’atteindre et que dans un sol bien constitué au niveau argilo-humique et profond, c’est pas demain la veille qu’on l’atteindra.

N’ayant aucune expertise sur ces divers points de vue, j’ai  longtemps hésité à en acheter une. Puis ma femme m’en a offert une pour mon anniversaire. J’ai trouvé ça génial. Non seulement, si la terre est bien amoureuse, la grelinette travaille le sol sans le retourner, en émiettant les mottes, non seulement étant trois fois plus large qu’une bêche le travail avance quasi aussi vite qu’avec un motoculteur que tu dois repasser trois fois, mais en plus tu te fatigues moins et ton dos est sain et sauf !

Donc, je suis peut-être un bobo, mais je trouve cet outil génial. Sauf, que le week-end passé, quand j’ai enfin trouvé un créneau pour travailler au jardin, le sol était encore trop humide et j’ai un peu trop retourner sans émietter. Est-ce que cet accroc aux grandes règles du nouveau jardinage respectueux de la belle vie dans le sol va faire dépérir mes légumes ? Vu que ca m’arrive chaque année et que j’ai quand même de beaux et bons légumes, je peux vous répondre que non.

 

P4150137

Après le passage de la grelinette (ci-dessus, sans protection après une semaine la terre argileuse sèche et devient difficile à travailler), je couvre comme je peux (avec du gazon par exemple voir ci-dessous) le sol pour le protéger.

P4150140

 

Et c’est à ça que cet exemple voulait vous conduire. Il n’y aura point dans ces pages d’encyclopédie du jardinier. Juste du vécu, loin des recettes toutes faites. Ne vous attendez donc pas à voir de belles photos de l’homme au travail, de réponses définitives, de recettes avec schéma 1, 2, mettez la chevillette 1c dans le trouloulou 1C. Non, il y aura surtout des interrogations, des doutes, rarement des solutions, qui parfois changeront l’année d’après, des erreurs aussi probablement.

On trouve déjà tellement de solutions gentiment bio qui ne sont pas très bio en fait…

Lierre terrestre

Lierre terrestre ou lamier amplexicaule. Une adventice bien jolie qui est aussi un condiment excellent pour les salades et les omelettes.

 

 

Quelques unes  en vrac ?

Le lithothamne qui est un dépôt calcaire issu de l’activité d’une algue rouge encroûtante extraite en profondeur (au large de l’archipel des Glénans dans le Finistère par exemple) est la coqueluche des jardiniers bio. Le guide Rustica du jardinage, à tendance franchement bio, le cite quasi à toutes les pages. C’est bon pour tout, de la vigueur de la plante à la lutte contre le mildiou. C’est vrai que c’est un bon amendement, riche en Oligo-éléments et neutralisant les sols acides. Or le lithothamne n’est pas une ressource durable. Les gisements diminuent et proviennent d’exploitations contestables au plan écologique puisque non seulement la récolte dépasse les facultés de régénération des « colonies » d’algues mais elle détruit aussi un écosystème primordial pour la reproduction d’espèces marines. Faites donc un petit tour sur ce pdf. Le Finistère a d’ailleurs décidé, il me semble, de suspendre les récoltes à partir de 2011.

La roténone et d’autres insecticides bio (jus de tabac, pyréthrine) ont longtemps été vendus librement en jardinerie et les gens achetaient ça tout content d’utiliser un produit bio efficace qui-ne –pouvait-pas faire –de-mal-puisque-bio. Or ces produits, s’ils sont efficaces, sont nocifs, y compris pour l’homme (relation entre roténone et maladie de Parkinson) mais surtout ne sont pas sélectifs : ils tuent le puceron mais aussi la coccinelle !

Les plantes-pièges, pour les pucerons notamment. Plantez donc de la capucine près de vos tomates qu’ils disaient, quand elles seront noires de pucerons, brûlez les, vos tomates seront épargnées. Sauf que observez : sur la capucine, c’est un puceron noir en colonies qui s’installe, sur vos tomates, un vert plutôt solitaire. La capucine ne protège donc pas grand-chose. On m’avait présenté aussi l’absinthe comme éloignant les pucerons. Je vous montrerai bientôt des photos de mon absinthe noire de puceron. C’est la première plante à être envahie ! Par contre, et c’est là un outil de première bourre pour le jardinier, ce rassemblement des pucerons sert de banquet et de nurseries pour les coccinelles et les syrphes au début du printemps. Ces prédateurs et leur descendance se disperseront dans votre jardin quand inévitablement à la fin du printemps la colonie de pucerons essaimera et laissera votre absinthe se régénérer tranquillement. De toute façon, heureusement que les pucerons lui font sa fête annuellement à cette jolie saloperie : elle est très envahissante et aurait tôt fait d’envahir toute ma parcelle d’aromatiques.

 

Armoise absinthe

 Armoise absinthe, bien en retard cette année...

Dernier exemple : on nous dit de planter des plantes aromatiques comme « rideau olfactif » près des choux pour éloigner les piérides. Certes. Mais c’est oublier que certaines plantes aromatiques comme le thym émettent leur parfum comme protection (un peu à la manière de notre sueur) contre le rayonnement solaire et qu’en Belgique, quand il fait froid et qu’il pleut… ben la protection olfactive n’est pas vraiment là. Par contre, j’ai observé que des choux perdus dans une jungle de fenouil et de coriandre, au point que le feuillage de l’aromatique cache véritablement le chou sont moins attaqués par les piérides qui y pondent nettement moins que sur les choux visibles.

 

Voilà quelques remarques éparses qui me sont venues en retournant mon jardin. Pas grand-chose, mais ça me rachète un peu de mes divagations sur les chats non ? Il faudra aussi que je vous raconte pourquoi je ne jardine plus avec la lune mais c’est plus long alors ça attendra. A la semaine prochaine

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 16:06

 

Mise à jour : 29 avril 2010

 

Voilà un titre juste pour la rime parce que les insectes dont nous allons causer n’ont rien de féroce, bien au contraire.

Avec le retour du printemps et la montée des températures, les insectes, et notamment les butineurs de toute sorte, refont surface… et vont être confrontés comme chaque année à une des causes de leur raréfaction : le manque de nourriture printanière.

Les abeilles domestiques mais aussi les bourdons, les abeilles sauvages, les papillons, les syrphes remettent le bout du nez dehors, après un hiver qui a été long et rude. Le problème de la nourriture est crucial pour eux en ce moment. En effet, peu de fleurs sont présentes dans l’environnement.

Lorsque l’hiver est doux, c’est encore pire. Le métabolisme plus élevé des insectes en hibernation ou hivernation, voire des réveils précoces, épuisent leurs réserves énergétiques et les fait sortir alors que la flore n’est pas encore développée. Il s’agit d’une des causes de déclin de papillons autrefois communs comme le paon du jour, la petite tortue, la Belle-Dame… mais aussi un des éléments qui intervient dans le complexe syndrome de mort des colonies d’abeilles domestiques.

Il est donc primordial d’encourager la plantation de plantes à floraison très précoce dans les jardins, une floraison qui s’étale pratiquement de janvier à la fin du mois de mars.  Alors évidemment, on songe aux crocus, à l’hélianthe, aux Héllébores (sauvages ou cultivées), à la perce-neige, aux jonquilles, au muscari. J’y ajouterai le jasmin d’hiver.

 

P3220055

 Une jonquille, toute simple, sauvage...

 

Personnellement, j’ai opté pour quelques espèces sauvages qui présentent l’avantage d’être décoratives, riches en nectar et pollen, et pour certaines… utiles pour ma cave. L’autre avantage, c’est que question résistance et facilité d’entretien, on fait difficilement mieux.

Héllébore fétide Kastelberg

Héllébore (ou Ellébore, les deux existent) fétide sur le Kastelberg en Alsace, pourtant des terrains schisteux, pas calcaires.

 

La plus précoce est l’Héllébore. Héllébore fétide, sauvage, aux clochettes vertes, qui résiste à tout mais aime les sols neutres à franchement calcaires. Elle pousse même dans les sols peu profonds et pauvres, sur des rochers parfois, c’est dire.

On pourra lui substituer sa cousine plus civilisée, la Rose de Noël (souvent Hellebora niger) aux fleurs variant du blanc au pourpre-noir en passant par tous les tons de rose.

Ces increvables, qui se reproduisent, s’étendent, se multiplient à foison préfèrent la mi-ombre. L’idéal est de les planter au pied d’arbres, de haies, de buissons feuillus. Au printemps, les branches dénudées leur offriront la lumière nécessaire mais en été le feuillage protégera ces plantes d’origine forestière des brûlures du soleil.

 

Tussilage 1

 Touffe de tussilage, les feuilles pousseront après.

 

Le tussilage est une petite Astéracée dont les touffes jaunes apparaissent dès février, jusqu’avril ou mai. Vrai "resto pour six pattes" comme la plupart des Astéracées (la famille des marguerites, du bleuet, des pâquerettes…), c’est une conquérante des sols humides, argileux et nus. Je ne peux pas vous conseiller un mode de culture, vu que chez moi, elle apparait spontanément sur les déblais, sur ma terrasse inachevée.

 

Tussilage 2

 Gros plan sur une touffe de tussilage, plante réputée pour soulager les maux de gorge

 

Le tussilage fait partie de ces plantes qu’on ne désire pas mais qui viennent quand même : trèfle, pâquerette, lamier pourpre, lierre terrestre… Nous reparlerons en avril de ces « adventices » que certains n’ont de cesse de combattre dès qu’elles montrent le bout de leur nez alors qu’elles ne font de mal à personne et font plutôt du bien aux pollinisateurs qui augmenteront votre « rendement » en fruits, aux auxiliaires qui contribueront à dézinguer les pucerons, alleurodes et autres amateurs de légumes. En effet, le tussilage et les autres mal aimés cités poussent sans problème dans votre potager dénudé, le long des plates-bandes, dans les interstices des surfaces « étanches » (bordures ou pavés, klinkers…). Ces plantes fleurissent dès que les conditions le permettent, parfois dès février. Leur floraison peut être décorative et certaines ont même un intérêt culinaire.

Sans entrer dans les détails (mais ils viendront un jour si si), les tiges de tussilages peuvent se préparer à la manière des asperges. La fleur du tussilage, de la pâquerette dans du vin blanc sucré (macération d’une semaine environ), c’est un excellent apéro. Le lierre terrestre, est une épice très particulière qui fait penser à un thym très musqué…

 

Et dans les haies et les bosquets de votre jardin…

Cornus mas 2

 

Il s’agit tout d’abord du cornouiller mâle (Cornus mas), un arbre qui supporte bien la taille et peu entrer dans la composition de haies. Il est spontané sur terrains calcaires mais moyennant un chaulage tous les deux-trois ans, il se plait bien dans mon sol limono-argileux. Sa floraison jaune dès le début du mois de mars quand le temps est clément (pas cette année par exemple) est superbe alors que tout suinte encore des bruns boueux et des gris tristes de l’hiver. Les fleurs sont odorantes et donneront dans le courant de l’été naissance à des drupes, vertes puis rouge brillant puis rouge foncé et molles : les cornouilles.

 

Cornus mas 3

 

Ces fruits de la taille d’une olive peuvent se manger crus quand ils tombent de l’arbrisseau. Ils peuvent entrer dans la confection  de gelées et de confitures. Mais surtout, les cornouilles peuvent servir de base à un délicieux et original vin doux, par décoction de fruits. On en reparlera à la fin de l’été.

 

Chatton saule 1

 Bientôt, ils se couvriront d'étamines dorées et éclaireront la campagne

 

Le saule marsault lui, n’a rien à voir ni avec le mime ni avec l’actrice. Il ne sert pas à grand-chose de notre point de vue humain et n’est même pas très beau en fait, sauf quand en mars il fleurit et que ses chattons dorés exhalent un parfum miellé délicieux et que l’arbre buissonnant ponctue la campagne de touffes dorées gaies. Ce saule s’accommode de terrains plus secs que ses pairs mais il aime quand même l’humidité et les sols riches et argileux. Ses inflorescences mâles riches en pollen et en nectar restent une des sources essentielles de nourriture pour les pollinisateurs.

  

Le prunellier fleurit un peu plus tard, vers la fin du mois de mars et le mois d’avril. C’est aussi un amateur de sols neutres à calcaires. Son nom vernaculaire (mais non je ne suis pas grossier) d’épine noire illustre bien la tronche de l’arbre : un bois sombre, noir carrément, couvert d’épines acérées.

Alors quand il fleurit de blanc pur à la fin de mars et durant avril, le contraste avec les branches de jais est saisissant. En plus, les fleurs sentent bon l’amande fraiche. Et pour peu qu’une gelée traitresse ne les cuise, elles évolueront en ces jolies petites drupes pruinées autant qu’astringentes : les prunelles. Dès les premières gelées, où grâce à votre congélateur si le temps est trop doux, elles pourront entrer dans la confection de boissons propres à affronter la tête haute la bise et le gel des mauvais mois : liqueur ou vin doux. Là aussi, rendez-vous cet automne sur ce blog !

P4220161 

Ces arbustes étaient très courants tant que les haies abondaient, que les fourrés, les lieux sauvages, les friches et autres lieux perdus n’étaient pas traqués et rasés au nom du productivisme et de la propreté bien ordonnée.

P4220160

Dans nos campagnes les trixhes (friches en wallon) et les commognes ou communes étaient des lieux appartenant au patrimoine commun, à la collectivité ou chacun pouvait faire paître ses ovins, caprins voire bovins (souvent parmi un troupeau communal mené par un herdier), des aisances communales diasait-on. Les abords des anciennes grandes voies étaient également des lieux collectifs de pâture, affublés d’un mot franc, Werixhas, ces endroits sont devenus dans notre toponymie des Wérichet, Wérihet, Wèrihat… Maintenant, prenez une carte précise de votre région, parcourez les rues de vos villages et vous verrez la quantité impressionnantes de ces friches anciennes.

P4220159

Remarquez sur cette photo la couleur de la branche qui donne son nom d'épine noire à l'espèce...

 

Sans compter que le prunellier entrait également dans la confection de haies défensives…

Une fois de plus, nos jardins pourraient servir de derniers remparts…

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 16:50

 

Mise à jour : 20 juillet 2010

 

L’Angélique officinale (Angelica Archangelica ou A. officinalis selon les sources) et dans une moindre mesure sa cousine l’Angélique sylvestre (Angelica sylvestris) sont des plantes qu’un "ami de la nature" qui aime les bonnes choses doit avoir chez lui.

 

Description  

L’Angélique est une Apiacée (famille de plantes qui avait l’heur de s’appeler ombellifères par le passé) de grande taille, puisque elle peut atteindre deux mètres de haut et 1 m de circonférence. Bisannuelle (mais certains textes la décrivent comme vivace), elle vit en fait souvent trois ans. Les graines sont mûres de juillet à septembre (plutôt juillet ces dernières années). Elles se mettent à pousser avant la fin de la belle saison. Les plantules disparaissent ensuite pour reparaître au printemps suivant et former une grosse touffe de feuilles longuement pétiolées d’un vert éclatant finement divisées et terminé par un segment trilobé. L’année suivante, la touffe se reforme puis développe une grosse tige ronde et creuse terminée par une grande inflorescence, l’ombelle, de parfois plus de 40 cm de diamètre. Les fleurs qui sont regroupées en ombellules formant elles-mêmes l’ombelle sont jaune-verdâtre. Elles sentent fortement le miel et suintent littéralement le nectar au début de l’été vers juin-juillet.

Toutes les parties de la plante sont fortement aromatiques.

 

Culture

On la trouve à l’état sauvage dans le nord de l’Europe jusqu’en Belgique. Elle aurait été assez commune dans la vallée de la Sambre.

Sa cousine l’Angélique sylvestre pousse dans les bois humides, les mégaphorbiaies en France et en Belgique. Ses fleurs sont blanches. Elle est également très mellifère. Si votre jardin est ombragé et pas trop sec vous avez peut-être intérêt à la cultiver. Je ne l’ai jamais utilisée en liquoristerie ni en cuisine, je ne peux donc m’avancer sur son goût.

 

Syrphe sur angélique des bois

Syrphe sur Angélique des bois


L’Angélique officinale s’accommodera d’une terre fraiche, profonde, riche en humus, à mi-ombre de préférence. Chez moi, elle réussit bien en terre limoneuse, riche, à un emplacement ensoleillé. Je la cultive en bordure de mon parterre de simples et d’aromatiques.


Vu sa grande taille, c’est une plante de massifs, de fonds de compositions, de carrés, de paysage, une plante de délimitation aussi. Personnellement, je la cultive en association avec d’autres Apiacées comme le fenouil et sa variété « bronze »,avec l’Absinthe ou l’Aurone. Le mélange de feuillages est assez joli et sa crée de la verticalité. Elle est bisannuelle. On la sème en été, éventuellement en pépinière, mais en place la culture démarre très bien. Pour peu qu’elle se plaise, l’Angélique se ressèmera comme une grande et pourra même devenir envahissante.

Semée en été, elle poussera seulement à l’automne ou au printemps suivant, formant une grosse touffe de tiges. Ce sont ces tiges jeunes, relativement tendres, qu’on peut cueillir pour la consommation. A la deuxième belle saison, la plante fleurira et formera des graines. Fleurs et graines s’utilisent également.


angélique mars 2010Touffe d'Angélique mars 2010


Les inflorescences verdâtres de l’Angélique sont extrêmement mellifères et attirent toutes sortes de butineurs, dont des abeilles sauvages, des coléoptères et de nombreuses espèces de syrphes. Ces diptères sont non seulement de bons pollinisateurs mais leurs larves sont carnassières et mangent notamment de grandes quantités de pucerons.

 

angélique ombelle gros plan

Gros plan sur l'ombelle. On distingue à l'aspect mielleux des fleurs, le nectar qui suinte, aubaine pour les insectes mais aussi...pour l'amateur de liqueurs.

 

angélique inflo juin 2010

Développement complet de la plante (les pinces à linge : une exclusivité artistique du rustre...)

 

Sa sève et ses feuilles offrent banquet à la punaise rayée et à la chenille du superbe Machaon. Pour qui s’intéresse aux insectes, c’est un véritable centre d’observation à peu de frais. L’hiver venu, il peut être utile de laisser les tiges séchées en place puisque les chrysalides de Machaon peuvent passer l’hiver accrochées au pied de la tige.

Inflo angélique avec abeille Ombelle d'Angélique avec abeille solitaire (une Osmie ?)



Utilisations culinaires
  

Les tiges de l’Angélique peuvent se confire dans du sucre ou du miel et devenir une friandise très originale. Le goût, à la fois fruité, végétal et « chimique » est inimitable. En dessert avec une salade de fruit, de la glace vanille, des pâtes de fruits, des tiges ou des racines confites d’autres plantes (je pense notamment au cerfeuil « perpétuel » au goût anisé et à la racine de guimauve), c’est délicieux. Elle transforme également les confitures traditionnelles en leur donnant un goût miellé et sauvage.

Les tiges, les graines, les feuilles, les fleurs et même les racines peuvent être mises à macérer avec du sucre, de l’alcool, du vin et de l’eau pour donner une liqueur au vert inimitable. Cependant, toutes les parties de la plante n’ont pas le même goût. Les fleurs et les racines donnent la meilleure liqueur. On peut également faire la liqueur à partir des tiges confites, cela apporte un petit goût caramélisé que je trouve personnellement un peu écoeurant.

 

liqueur d'angélique 1Liqueur d'Angélique faite "maison"


Dans sa patrie d’origine, le nord de l’Europe, on la mangerait encore (feuille et tige), crue sur du pain ou cuite à l’eau.

  

 

Une recette : Liqueur d'angélique 2010 by the rustre

  

La base : alcool neutre à 98 %, eau minérale ou vin blanc, sucre, angélique.

 

Diluez l'alcool de façon à obtenir un liquide à 22-25 %. Avec l'eau c'est facile, on dilue par 4, en gros. Avec le vin blanc, qu'on choisira sec et acide, c'est plus compliqué parce que le vin titre entre 10 et 12 % vol. Je consacrerai un post à ces dilutions. On ajoute l'angélique et on laisse macérer un mois.

 

Ensuite, on retire l'angélique et on filtre ou on soutire, on se débrouille pour obtenir un liquide clair. personnellement je soutire  et je filtre le fond, chargé en particules végétales avec un filtre à café qui a laissé passer au préalable un bon demi-litre d'eau additionné d'acide citrique, puis un litre d'eau claire (qui sera réutilisée au jardin !) afin de prévenir les goûts de papier.

 

Enfin, on sucre la liqueur à sa guise : à 10 gr par litre, ça tient plus de l'amer que de la liqueur. A 100 gr/litre, c'est une crème. Moi, 50g/litre ça me va bien.

 

 

 Quelles parties de l'angélique utiliser ? 

 

La base : tiges et feuilles

 

Plus raffiné, la racine.

 

Pour 2010, j'ai choisi la fleur pleine de nectar comme sur la photo plus haut. Ca sent le miel et les épices. Et des graines encore vertes, pleines de sève, comme ci-dessous. 2 belles ombelles de fleur et une seule de graine pour un litre de liqueur.

 

angélique jeunes graines

 

Attention de ne pas ajouter d'insectes à votre liqueur : ça donne un goût.

 

Sachez que vous pouvez remplacer une partie du sucre par du miel mais comme l'utilisation de vin au lieu de l'eau, cela modifiera les arômes de votre liqueur.

 

Enfin, on laisse reposer en bouteilles pendant un mois puis on déguste.

 

 

Médecine, légendes, histoires…

 

Les vertus médicinales de l’Angélique seraient innombrables, mais personnellement, je n’y connais pas grand chose et je ne m’avancerais pas sur ce terrain. Elle serait notamment apéritive, digestive et stimulante. Ce qui est sûr c’est qu’elle a été utilisée dès le Moyen Age dans la pharmacopée traditionnelle et qu’il n’y avait pas de jardin de curé sans Angélique.



Note importante : cette fiche se veut évolutive. Elle sera régulièrement remise à jour (photos de croissance, recettes, observations...)

 

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 13:49

Un peu alambiqué comme titre non ? C’était rapport aux moteurs de recherche et tout ça m’sieur… Que voulez-vous, il faut bien faire du chiffre, attirer le chaland. Tiens j’en rajoute une couche. Hier, c’était la journée internationale de la femme ! Voilà, comme ça, c’est fait. En passant, si vous doutez encore que 2010, c’est has been… Faut le faire, d’encore être obligé de militer pour l’égalité des sexes au 21ème siècle…

Bon, venons-en au fait. Vous ne vous sentez pas tout frétillant vous ? Malgré la neige, malgré un thermomètre qui affichait -6°c encore ce matin, ça y est, le printemps arrive. J’ai la bêche qui me démange…


crocus sous la neige 1


Si vous avez un jardin, plus encore si vous avez un potager, vous vous êtes déjà fait prendre. Le contraire est impossible. Dès que les jours rallongent, que le merle siffleur et le pinson moqueur lancent leur trille mélodieuse au-dessus des arbres séculaires dans l’azur clair du matin enjôleur et… Holà mes preux… Je m’emporte. Mais bon c’est vrai, on le sent dans ses tripes, non ? On a envie d’y retourner au jardin. De semer, de planter… parfois trop tôt, quitte à tout perdre.

Je n’ai jamais conçu ma vie à la campagne sans jardin et surtout sans potager, encore un truc que je dois tenir de mon père. Personne ne devrait le concevoir d’ailleurs, ça devrait être fournit avec la vie de cambrousse. Point. Ca et un congélo, ça rachète un peu les tonnes de CO2 que produisent vos déplacements incessants dans un bled dépourvu de tout .

Bref, en allant faire mes courses l’autre jour, chez Colruyt, quelle ne fut pas ma stupéfaction en voyant un rayon énorme rempli de bazookas défoliants, d’élixir anti-bébêtes pour tous les goûts, toutes les tailles, tous les nombres de pattes, d’anti-mousses etc…

Yeah, le printemps revient, on va pouvoir sortir les pulvérisateurs et dézinguer à tout va toute cette bon Dieu de création pleine de sales bestioles rampantes et volantes qui font rien qu’à mettre du désordre dans notre belle nature jardinière si bien rangée, taillée de près, avé des bô carrés et des pelouses bien vertes et impeccables.

J’ai un gros problème avec ce type de jardinage là, encore plus gros, bien plus gros qu’avec les chantres de la biodynamie, qui s’ils ont le don de heurter ma sensibilité scientifique ont au moins la correction élémentaire de laisser l’intimité de dame nature plus ou moins sereine.

Est-ce de ma faute à moi si j’aime le bordel, le pas bien rangé, le ça peut plus durer ? Parce que si vous venez dans mon jardin là aujourd’hui, vous n’avez pas intérêt à trouver à Versailles des airs de paradis ni à avoir un portrait de Le Nôtre à côté de celui de tata Yvette sur le buffet de la salle à manger. Sûr que vous auriez un choc.

N’y allons pas par quatre chemins : c’est un foutoir complet. Pour donner un exemple, non seulement je laisse pousser mes herbes pendant tout l’été, mais il y a des endroits où toutes les tiges séchées des angéliques, des guimauves, des mauves, des cardères et des carottes sauvages restent debout jusqu’au printemps, pour servir d‘abri hivernal  à l’entomofaune. Je n’utilise aucun insecticide, même bio. J’en ai des bouteilles à donner si vous voulez. Jamais ouvertes. Pas eu le cœur à m’en servir, même devant des invasions de chenilles sur mes choux.

Pas de désherbant, pas d’anti-mousse, peu de tontes, des végétaux rustiques, de chez nous en grande partie, des mauvaises herbes, de l’amendement organique, quasi aucun autre engrais, quasi pas de bouillie bordelaise (une à deux fois par an). A côté de mon jardin, le bio, c’est Tchernobyl.


J'aime le miel

Je rigole bien sûr, à peine. Non seulement, je ne m’accorde pas les produits de synthèse qu’on vend en vente libre dans les grandes surfaces (à des gens qui seront parfois les premiers à gueuler que les agriculteurs exagèrent, qu’ils nous tuent NOS abeilles et NOS papillons…) mais en plus je ne crois que très parcimonieusement aux solutions toutes faites du bio-de-grand-bazar.

J’expérimente, je rate, je réussis. Je vis et je laisse vivre. Mais le plus beau : mon jardin est plein d’insectes, de crapauds, de tritons, de hérissons, de chauve-souris et même de beaux légumes…

Ce titillement de la belle saison que je ressens au fond de mes vieux os est l’occasion d’inaugurer une nouvelle rubrique dans ce blog à brac.


Ici, on parlera de jardin et de potager… comment dire ? Bio ? Durable ? Naturel ? Choisissez.

Pour commencer aujourd’hui  je me permets une énumération sans explications des grands principes que j’essaie de suivre. Ma ligne de conduite est dictée par l’assurance que dans un confetti de pays peuplé de 10 millions de blaires, qui construisent à tout va et tellement qu’en certains endroits tu ne t’aperçois même plus que tu passes d’un village à l’autre, un jardin peut devenir un élément de maillage écologique, servant de couloir entre des zones qui présentent encore un intérêt pour la flore et la faune.


Anémone fausse-renoncule

Il faut veiller :

A planter un maximum d’espèces locales, rustiques, résistantes.

A veiller à ce que les fleurs plantées soient riches en nectar (et bannir les espèces horticoles trop savantes qui sont peu mellifères)

A veiller à avoir des floraisons bien étalées sur la belle saison

A planter des haies avec des arbustes locaux qui donnent du fruit. En plantant du cornouiller mâle, du néflier, du sureau noir, du prunellier, du frêne… vous ferez d’une pierre deux coups puisque ces arbustes ou arbres permettent d’élaborer des confitures et des boissons roboratives diverses

A moins tondre, à laisser même une partie de la pelouse se transformer en pré de fauche.

A choisir pour ses massifs fleuris des plantes hôtes pour différents insectes, intéressantes pour le potager ou autre: ortie, consoude, absinthe (oh là mes gens, je vous vois venir… et vous avez raison de penser ce que je pense que vous pensez…), angélique, panais…

A planter au potager des légumes plus ou moins adaptés à nos climats, à les planter dans de bonnes conditions (non, pas les jours feuilles…) à la bonne exposition, dans le bon sol, à la bonne température…

A faire bien d’autres petits gestes, mais aussi à se la dorer ou à siroter un muscat d’Alsace frais pendant que d’autres se cuisent le melon en tondant leur bon Dieu de green tout lisse.

Et surtout, comme pour le vin : être curieux, expérimenter, faire votre propre chemin sans trop suivre ceux des gourous, des modes, des chapelles.

Et comme pour les autres rubriques, je ne sers pas de guide, je témoigne juste d’expériences personnelles, avec leurs réussites et leurs limites.

Bon l’itinéraire vous dit ? A bientôt dès que le réchauffement climatique aura repris son cours normal…

 

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