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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 07:59

 

Très édifiante et fort vénérable

Encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Très richement illustrée de gravures d'époque.

 

Par le Très Estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

 

Avertissement : Cet article a été lu et censuré par Maître Leboutte de la Ligue des Bien-Pensants et des Mal-Comprenants (LBPMC) qui n'y a rien trouvé de grossier, vulgaire, offensant ou discriminant. La ligue a cependant inséré quelques notes de bas de pages à l'intention des mal-comprenants. Merci la Ligue !

Et comme d'habitude en introduction un extrait d'oeuvre poétique majeure du patrimoine francophone !

 

Anacoluthe

 

« C'est la fête au village

Les parents, les enfants

Ont avalé leur potage »

Les Musclés

 

 

Alphabétiquement parlant, ce mot devrait précéder anachorète, mais, je le rappelle, je t’emmerde.

Il ne faut pas confondre l’anachorète et l’anacoluthe. Bien que tous deux fassent partie de la panoplie langagière du capitaine barbu dont il ne faut pas dire le nom sans y être autorisé par les gens dont la société porte le nom d’un château imaginaire inspiré de celui de Cour-Cheverny en Sologne, ils ne recouvrent pas les mêmes réalités épistémologiques1.

Je m’explique. L’anacoluthe (ou anacoluthon) est en effet une figure stylistique qui, par une rupture voulue de la construction syntaxique, conserve non seulement le sens et la facilité de compréhension mais apporte surtout un avantage à l'expression.

Anacoluthe vient de ce bon vieux Grec antique et ne doit dès lors pas être confondu avec l’analocuthe, qui est beaucoup plus douloureuse2. Il y a dans anacoluthe un alpha privatif comme dans :

A pas de bras, a pas de chocolat.

Amoral : qui n’aime pas la moutarde

A Balmoral : quand tu as la tête dans le cul, va donc faire un tour à Spa.

Amiral : qui n’a pas de miral

Analphabète (comme ses pieds) : Qui n’a pas de phabète dans le cul2bis

Abyssinie : privé de désert…

 Et pendant ce temps, au musée...Chocolat

 

Et puis il y a akolouthos « qui suit », comme dans « l’acolyte suivait monsieur le curé dans sa chambre ». L’anacoluthe signifie « qui est sans suite » en parlant d’une figure de style évidemment, pas d’un politicien wallon.

Heureusement, les politiciens wallons (et plus généralement les politiciens, ne soyons pas stupidement racistes, et ça, ce n’est pas une anacoluthe mais un pléonasme), les politiciens donc, seraient alors tous des anacoluthes3, n’ayant que très peu de suite dans les idées en général. Quant au général, pas plus que le colonel, il n’a de suite dans les idées non plus puisque son activité principale autant que sa raison d’être, reste la guerre, activité stupide et contreproductive s’il en est4.

Ce qui n’empêche pas l’acolyte, pourtant issu lui aussi de l’akolouthos comme l’anacoluthe, d’avoir perdu son h dans l’histoire, jalonnée s’il en est de guerroyages sauvages et bestiaux à coups de hache. Vous conviendrez d’ailleurs avec moi, en parlant de haches, que ce texte a de moins en moins de tête et de plus en plus de queue, mais je ne m’aventurerai pas dans de tels parages nauséabonds. Tiens, toujours en parlant de haches, Bertrand, 19 ans, de Liège m’écrit : « J’irais bien faire un tour à Maas ». Cher Bertrand, n’oublie pas que les coffee shops sont maintenant réservés aux résidants. Ca ne me semble pas très net vis-à-vis du traité… de Maastricht, justement, mais bon, c’est toi qui vois pour le dépôt de plainte.

Cela dit, cette perte de hash n’est pas délétère pour l’acolyte puisque sniffer de l’éther ce n’est pas de son h. Bon, craignant de manquer d’air tant je pète dans la stratosphère, je vais redevenir plus terre à terre.

C’est le moment de vous servir la suite. Et donc l’anacholute n’en a pas, de suite, n’est ce pas tout bonnement la classe ? D’ailleurs ne parle t-on pas d’anacholute des classes, dans le cas d’un cancre sans avenir ? Classons ces sentences sans suite puisqu’il n’y a plus de saison5.

Au contraire, le feuilleton « Plus belle la vie » n’est pas une anacoluthe, parce qu’il y a toujours une suite et que les saisons se suivent. Quant à DSK, ce n’est pas non plus une anacoluthe parce qu’il y a toujours une bonne dans sa suite en toute saison.

P4260166

« L’anacoluthe des classes, Hollande 1-FMI 0 » Peinture au fusain sur soie d’araignée de Wilfried Tumba, chauffagiste letton, 2012. Don du Musée de la brouette népalaise, Lorgny-en-Boise. On remarquera à gauche Nicolas Sarkozy6 brandissant le bouclier fiscal.

 

Alors que l’anachorète tire une longue figure, l’anacholute en est une de style. Une figure de style que les esprits chagrins qui président aux destinées mortifères d’une langue figée voient souvent comme une erreur de syntaxe. Bande de gueux va !

Le zeugma, la tmèse, l’anastrophe sont des anacoluthes. Je vous vois déjà plus bouche bée qu’un requin baleine se remplissant la panse de plancton.

Rassurez-vous, je ne vous bassinerai pas avec la définition de chacun de ces termes. Je me contenterai de vous en donner quelques exemples bien choisis.

Cependant, je saurai gré aux amateurs de scrabble lisant cet ouvrage de bien vouloir me laisser leur obbole à la sortie.

A ce propos, savez-vous quelle est la meilleure obbole pour un comique ? L’obbole de riz bien sûr.

Et pour Mireille Mathieu? La coupe obbole évidemment.

Je dis Mireille Mathieu mais cela laissera de bois les plus jeunes d’entre vous qui ne se souviennent pas de cette dame. Mais le gag fonctionne aussi avec Jeanne d’Arc, qui est tout de même une chanteuse plus récente. Pour les jeunes crétins alpins qui me liraient, Mireille Mathieu était une chanteuse du siècle passé, très croyante. Quant à Jeanne d’Arc, c’est l’oubliable interprète de « En rouge et noir », et de « Tout feu, tout femme ». Ah non, désolé, on m’informe que « En rouge et noir », c’était Jeanne Stella7qui l’interprétait. Ou Jeanne jupe en l’air7, je ne sais plus…. Ah non Jeanne Alken Maes7…   P4260166

« Mireille Mathieu va au Delphinarium de Chinon ». Soudure à l’arc sur bûches de Dom Rémy d’Orléans.1492. Certains auteurs pensent que sur cette œuvre, Mireille n’est pucelle qu’elle était. Don du musée de l’autruche de course, Reims-la-Glotte.

 

Revenons à nos anacoluthes. Répétez cette phrase 10 fois en faisant bien les liaisons.

« Revenons Za nos Zanacoluthes. » Dix fois.

Bien.

Plus difficile.

Toujours avec les liaisons. Dix fois.

« Revenons à nos anacoluthes zentils agneaux anaux sans anneaux. »

Ceux qui auront échoué gagneront un séjour d’un week-end à Roubaix, en novembre, en compagnie d’Anne-Marie Lisin et de Michel Daerden8. Tant pis pour vos gueules.

Donc différents types d’anacoluthes…

 

Le zeugma est une rupture de la structure syntaxique.

Exemples de zeugma :

« Elle abandonna son pantalon et sa vertu. »

« Il posa sa serviette puis sa question : voudriez-vous me faire le lit et une pipe ? »

DSK, dans : « Dominique l’embrouille au sofitel », Wouane Manne chaud de 2011.

 

La Tmèse9 ou hyperbate : C’est la séparation de deux mots normalement assemblés en intercalant un ou plusieurs autres mots ou le prolongement d’une phrase par ajout d'un élément.

« Une source anonyme et humide m’avait refilé des informations et la chtouille. »

Georges Simainon dans « Maigret et l'arc-en-ciel magique de Potiron»

« Tous ces zonards chomaient, dont c’était le métier»

Edgar-Marguerite Zemmour, dans « L’œuvre des noirs10. »

« Au Val Duchesse, les conneries commencent et les pourparlers. »

Bruno Michel, neveu de Louis, en parlant de la loi de financement.

 

Quand à l’anastrophe, c’est simplement l’inversion raffinée de l’ordre usuel de mots. Non, l’anastrophe n’est pas un couplet interprété par un pétomane… Ca c’est Anal song, d’Alain Caisson, une anale strophe pour ne pas dire une cacastrophe2ter.

Par exemple si je vous dis :

« La sidérurgie liégeoise est condamnée. 3000 personnes vont se retrouver au chômage sans espoir de reconversion. Nous les actionnaires, on s’en tamponne royalement. Notre dividende n’en sera que plus juteux »

Il faut reconnaitre que c’est d’une banalité affligeante et brutale. Par contre si je vous dis :

« Condamnée est la sidérurgie liégeoise. Au chômage se retrouveront les 3000 travailleurs et de reconversion, il n’est pas question. Royalement, nous en tamponnons-nous, actionnaires heureux. Plus juteux en sera le dividende. »,

C’est vachement plus poétique et tous ces râleurs d’ouvriers prendront la nouvelle avec le sourire. Il faut savoir leur parler, à ces gens là.

P4260166

« Le métallo n’aime pas la menthe à l’eau » Peinture au spray nasal sur plaque d’acier de Decker Metabo, glacier-ébeniste. 1745. Don de l’Institut Strasbourgeois de pissadouphilie11, Lisbonne-en –Barrois.

 

Je vous remercie de votre inattention et espère ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posiez pas. Dans le cas contraire, ça m’est égal.

Et tout à fait entre nous, en ce qui concerne le mois de décembre, je me suis laissé dire qu’il ne passerait pas l’année.

 

1.   Epistémologique : bien qu’il en ait lu la définition, l’auteur ne comprend pas trop ce mot. Il n’a pas vraiment sa place ici mais l’auteur s’en fout, il trouvait que ça sonnait bien.

2.   Vous remarquerez que dès qu’il en a l’occasion, l’auteur fait des calembours analogiques. C'est-à-dire qu’il place anal partout. C’est logique. En passant, il en profite pour nous servir des clichés grossiers quant aux grecs, aux analystes, aux anneaux olympiques, toutes catégories humaines supposées avoir un penchant pour l’anal. L’anal pour Douvres évidemment, comme dans, "je n’aime pas m’enfiler le train pour Londres, alors j’ai pris l’anal pour Douvres". Parce que bien sûr, selon l’auteur, les Anglais aussi aiment ça.

2bis Qu’est-ce qu’on vous disait ?

3.     L’auteur n’est décidément qu’une ordure poujadiste.

4.     Et antimilitariste en plus !

5.     Alitération prolongée provoquant des escarres de langage.

6.     Selon certaines légendes, ancien petit président du Pays des Schtroumpfs.

7.     L’abus de boissons contenant de l’alcool peut s’avérer dangereux pour la santé.

8.     L’auteur est décidément d’une cruauté inouïe.

9.    On remarquera avec étonnement que l’auteur nous épargne « Tmèse ta bère ».

10.  Celle-là, faut avouer qu’elle est dure à comprendre. M’enfin, il suffit de taper « hyperbate » sur wikipedia. On ne va pas vous obliger à lire Marguerite Yourcenar ou à écouter Zemmour.

2ter. Et hop ! Encore un coup !

11.   Pissadouphilie : marotte qui consiste à collectionner les pots de chambre. Les détours de l’âme humaine auraient du mal à tenir sur une carte Michelin.

 

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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