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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 09:06

Très édifiante et fort vénérable encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

 

Par le très estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

Très richement illustrée de gravures d’époque.

 

Docteur Honoris cauda (avec la mention queue honorable) à l’Université Notre-Dame-de-serre-les-genoux-ma-fille de Saint-Pancrace-lès-Biloute. Et auteur de la thèse "Scholastique du haut du Pont du Gard : de l’importance de la longueur de l’élastique."

 

 

La fête de Pâques enfin dévoilée.

Normal, c’est la loi maintenant.

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Mangeons-le ! Sale bête !

 

En cette fin de semaine Sainte alors qu’en la foi du Christ notre Saveur le peuple de Jésus s’apprête à célébrer le mystère de la résurrection (ça s’entend hein que j’ai été enfant de chœur ! Et non, ce n’était pas à Bruges), l’Encyclopédie picrocholine du Micro-Savoir se devait de rétablir la chronologie véritable des faits.

Car enfin, vous ne voulez pas savoir vous comment se sont déroulés des événements qui, sur trois ou quatre jours, ont transformé une poignée de VRP en paroles d’évangile en une des plus puissantes multinationales au monde et ce pendant 2000 ans ?

Pourtant, rien ne laissait présager de ce qui allait se passer ce dimanche de l’an 33 de notre ère, alors que Jésus de Nazareth, dit Jéjé le miracle, arrive à Jérusalem. Dans la force de l’âge, avec ses 33 ans après lui-même, il arbore un look détendu dans la droite ligne d’un John Lennon sur la fin de sa vie. Avec lui, toute une troupe de joyeux drilles : Pierre, Thomas, Simon, André, Paul, Jacques, Silvio et les autres. De joyeux drilles mais pas seulement puisque certains sont des criminels. Pensez-donc, il y a des types du fisc dans la bande. Eux aussi ont adopté le look flower power, cher aux culs de sac mal famés de San Francisco.

Tous, ils n’ont qu’un rêve, devenir aussi célèbres que les Beatles et aussi acheter une maison bleue accrochée à la colline. Vous me direz que ça fait deux rêves, mais il ne faut pas chicaner, quand on aime, on ne compte pas, man.

Et voilà que la troupe, accompagnée de toutes ses groupies, arrive dans Jérusalem en délire. "Let’s the sunshine in" reprennent en cœur les Jérusalemois en lançant sur les "Jesus’Christ revival boys" des rameaux d’olivier et des colombes crevées. Z’avaient une drôle de façon de souhaiter la bienvenue ces gens-là.

Jésus aurait du sentir l’oignon, car au milieu de la foule en liesse, des énergumènes balançaient des œufs pourris, des cloches et des lapins faisandés sur le cortège. A un moment, ils lancèrent même des oranges mais la police mit vite fin à ces débordements : on avait peur que ça attire des gilles de Binche. Les autorités de Jérusalem n’avaient aucune envie de passer une nuit blanche au son du rat ta ta ta ta ta des hommes-autruches.

 

253 (2)Carnaval de Binche : le rondeau. Chant traditionnel : "Il pleut des oranges quand l'émeu se casoar, nandou thé point."

 

Mais Jésus n’en avait cure même si c’est lui qui allait les inventer si on veut (warf !). Monsieur était trop pris à faire saigner le cœur des midinettes en reprenant a capella "Simpathy for the devil" des Stones.

Mais les voici déjà à aviser un resto sympa dans le haut de la ville. Là aussi, ils auraient pu ressentir une bouffée de précognition, mais nada, que dalle, ils avaient trop la dalle. Les poissons du lac de Tibériade, c’est gentil mais ça ne tient pas au corps de randonneurs impétueux.

Et pourtant, ce restaurant qui allait sceller leur perte avait un nom prédestiné pour des artistes maudits : La dernière Cène. On remarquera en passant qu’à l’époque, l’enseignement du Français laissait à désirer, preuve que l’Empire Romain connaissait déjà les premiers signes d’une décadence qui ne pouvait le mener qu’à l’asservissement par le Teuton vindicatif et toujours à l’affût (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c’est souvent vindicatif un Teuton. Ce doit être le casque à pointe, ça n’incite pas à arrondir les angles). En effet, il n’aura pas échappé à votre sagacité que Scène, ça commence par S. Parce que c’est toujours un endroit singulier qu’une scène alors que le pluriel se voit souvent accolé un S au cul.

Or donc, en vérité, Jésus et les siens remontaient la grande allée de Jérusalem sous les acclamations de la foule à l’exception de quelques pisse-froids qui les huaient. Or, ces pisse-froids n’étaient pas n’importe qui : c’était des Parisiens. C’est qu’en cette époque pas plus qu’en la nôtre présentement, la Palestine n’offrait les apparences d’un état paisible et uni. En Vérité (si on vous le dit, enfin), les factions rivales se menaient des querelles intestines fort gazeuses. Les zélés zélotes, les Judéens, les Nazaréens, les Samaritains et… les Parisiens. Ces derniers étaient les pires : sournois, bobos, prétentieux, aisés. Quoi ? Comment ça il manque un h ? Rien à foutre.

Les Parisiens donc, tenaient à une Palestine forte et indivisible. A propos de Jérusalem notamment, ils refusaient absolument les facilités que le gouvernement accordait aux habitants Samaritains. Chaque année, au moment de la Pâque, ils faisaient le tour de la périphérie de Jérusalem pour affirmer son caractère Judéen.

Les plus extrémistes avaient voulu nommer ce tour le Gordel. Mais les plus censés de ces abrutis avaient bridé ces aspirations. Il faut savoir qu’en Judéen, Gordel signifie "je te pisse à la raie". Et donc, ils avaient appelé ça le "Tour des six jours".

En fait c’était une course de char dans le désert avec essentiellement des concurrents palestiniens pourvu qu’ils soient Judéens. En général de prestigieux groupes folkloriques venaient ouvrir les festivités. Des groupes qui venaient de partout, sauf de Binche évidemment. On appréciait beaucoup pour l’inauguration des festivités la présence des groupes égyptiens. Mais après tout quoi de plus logique pour des Parisiens d’aimer que les gens des pyramides l’ouvrent.

 

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Concert d'Indochine lors de la Pâque de l'an 24, sur l'esplanade du temple de Salomon. 

 

Vous connaissez l’histoire de ce calembours qui avait mal aux cheveux à force de se les faire tirer ? Et bien on vient de vous la raconter. Mais le pire contre-attaque.

Or donc en ce temps-là et pourtant en vérité, Jésus professait des trucs énormes. Des foutaises, je vous dis pas. Du genre "aimez-vous les uns les autres". Tous hein, même un Samaritain, même un Romain, même un n…, une personne de couleur je veux dire, si ça se trouve. Même un gille de Binche dis-donc. Ah non, pas un gille de Binche, quand même pas. Même un pic qui pleupleuterait le soir dans le lointain, il faudrait l’aimer. N’importe quoi on vous dit.

Et donc, Jésus, y faisait rien qu’à faire du parabole sur les pentes du Mont des oliviers et tout ça. Et dans ces paraboles, il racontait des histoires avec des Samaritains sympas. Et ça les Parisiens ne pouvaient pas le supporter. Un Samaritain sympa. Laissez-nous nous gausser à nous en courber. Un noir, je ne dis pas, un Belge à la limite, mais un Samaritain, faut pas exagérer. Et donc, les Parisiens n’avaient qu’une envie : guillotiner Jésus sur une croix !

 

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Le parabole de Jésus part en vrille lors d'une descente dans le désert du Sinaï en 22 après lui-même. 

 

Car enfin, a-t-on jamais vu un bon Samaritain ? Tous les bons Parisiens concordent là-dessus : contrairement au cochon, dans le Samaritain, rien n’est bon, de ses soldes jusqu'à la Samaritaine, non, rien n’est bon. D’ailleurs, c’est bien simple, même Juifs, les Parisiens préfèrent manger un cochon plutôt que de serrer la main d’un Samaritain.

Or donc en Vérité sur ta mère, parmi les joyeux compagnons de Jésus qui vivaient avec lui dans la forêt de Sherwood, il y avait… Je vous le donne en mille, mesdames et messieurs qui me lisez, témoins des errances humaines, des vilénies de l’âme les plus noires, des tractations les plus sombres entre le cœur et l’appât du stupre… Il y avait un traître.

Un être blessé du cœur, flétri de l’âme et qui puait du bec en plus, aspiré tout jeune par le côté obscur de la force et un papa qui s’appelait Luc qui avait un papa qui s’appelait Vador, annihilé par la vie, les quolibets de ses camarades d’école, les niaiseries venimeuses du genre "Judas Bricot, Judas Bricot euh", et aussi par son incompréhension maladive des choses du foot. Tel était le traître Judas Bricka.

Or donc en vérité si je mens, Jésus et les siens partageaient le repas pascal : du pain, du vin et… un agneau pascal en cuisson lente cuit avec amour mais avec lenteur, avec son jus et avec des patates. Dieu que c’était bon. Enfin, si je puis me permettre ce petit blasphème sans risquer d’aller me faire griller les coucougnettes sur le grand barbec de Lucifer.

Fort heureusement Jésus n’était pas très friand de moules, sinon on ne pourrait pas communier les mois en R. Et puis, vous imaginez le boucan dans des églises dont l’acoustique laisse parfois à désirer, toutes ces coquilles jetées dans de grandes casseroles après la communion. Et les slurps des gens qui aspireraient la moule au lieu de la gober. Vous avez remarqué dans les restos de bord de mer, il y en a qui font ça, aspirer au lieu de gober. Et ça fait un potin d’enfer. Et je trouve ça dégueulasse, j’ai l’impression qu’ils se gargarisent de gros filets de morve verdâtre. Bref…

Et en plus, encore heureux qu’ils ne se tapaient pas un plat de tripes dis-donc les apôtres. Enfin quoi que… Vous imaginez ? Un boudin à la place des hosties. Un délice !

Mais pas des andouillettes, ah non. "Ceci est mon sang" et tout ça et puis, "Il prit l’andouillette et la rompit, l’andouillette de l’alliance nouvelle"… Non, vraiment, non.

Bon bref, le menu était bien choisi.

 

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La Dernière cène, peinture à l'huile de Léonardo Da Trentemarto, 1289. 

 

Ce repas entre mecs était fort gai et Judas, pour tout dire était pris de remords. Allait-il livrer son compagnon à la vindicte des Parisiens avec leur accent pointu ? Il se tâtait, Dieu le tripote, quand tout à coup ce bout en train de Simon entonna une mélopée qui allait signer l’arrêt de mort de Jésus plus sûrement qu’un bout de savon de Massalia pouvait laver les mains d’un Pilate.

"Agneau de Dieu qui enlève les pêchers du monde, mets-y plutôt des abricots" chanta-t-il, l’espiègle. Jésus reprit en chœur. Judas le prit pour lui, se sentit vexer. D’un œil morne, d’un geste mécanique, il sortit son portable et composa le numéro du chef de milice Parisien. Hé oui, évidemment que Judas avait un cellulaire. Il faisait partie du noyau dur de ceux qui croyaient à cette nouvelle invention. D’ailleurs, ne l’appelait-on pas Judas l’Eucaryote ? (note de "l’auteur" : je reconnais que celle-là vient de très loin. Mais méfiez vous, la suite est pire.)

En effet et toujours autant en vérité, avec Judas l’Eucaryote, nous tenons fermement une des clés du mystère de la fois… d’avant. Tout tournerait autour du fait que Judas Bricka était surnommé Judas Bricot, fruit à noyaux. Or Judas, loyal il ne l’était pas : c’était Judas l’aloyal. Ne soyez pas surpris, en ces temps huileux où on était friand de Grèce antique, on flanquait des a privatifs partout et des concierges dans l’escalier. Donc les Judas étaient aloyaux et à noyaux. Mais or donc justement, d’après le témoignage du Boucher de Judas qui taillait la bavette comme personne, Judas adorait l’aloyau, partie noble s’il en est. Or en plus car, Jésus, à cheval sur les principes, avait exigé de manger une selle d’agneau pour la dernière cène et pas de l’aloyau. Et donc, voilà parce que en fait.

A quoi les choses tiennent tout de même (non pas là, ça me fait mal). Car en vérité, imaginez un seul instant (pas plus sinon vous allez avoir mal à la tête), un seul instant que plutôt que Judas Bricot, on l’ait surnommé Judas Nana ? Peu probable me rétorquerez-vous avec véhémence mais moins avec justesse, vu que Bricka, ça fait plus Bricot que nana, que nenni ?

Mais allez savoir. Les gosses, c’est tellement con des fois. Et alors, en vérité, Judas rancunier envers la gent féminine, aurait dénoncé Marie-Madeleine et pas Jésus. Et au lieu d’un barbu, sur la croix, on aurait une fille aux seins nus, seins qu’elle avait fermes et généreux d’après l’évangile selon Saint Roger. Et de nos jours, on aurait une autre affluence dans les églises et le Saint Suaire aurait été en page centrale de Playboy.

Or donc… mais si vous ne me croyez pas vous pouvez toujours partir. Je ne retiens personne. Et Or donc en Vérité si je vous le dis c’est que c’est vrai, nom de Dieu, les Parisiens sautèrent sur Kolwezi, prirent la Bastille et firent irruption sur la cène du crime, enfin du repas. La scène étant cruciale, je vous la fais au ralentit. Vous allez avoir l’impression de regarder un épisode de Derrick. Ca vous donnera un avant-goût de la maison de retraite. Les Parisiens débarquèrent sur la scène plus avec la légèreté du panzer et du pachyderme qu’avec la lourdeur du bateau et de la mouche. Vous imaginez la scène de cette cène qu’on nous assène saine ou aussi sale que la Seine, c’est selon la source ?

 

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L'arrestation, gouache au marteau de Bruno Giordano, neveu du Sauveur, 883. 

 

"C’est qui Jésus ? C’est toi ?" demandèrent-ils à Pierre, qui faisant dans son froc comme pas possible répondit :

"Ah non, moi je suis venu apporter le pinard : des bulles et du Château Neuf, vous n’allez pas me chier une encyclique pour ça non ?"

Jésus, courageux, intervint :

"Laissez le, il n’est qu’un maçon. Il est ce Pierre qui bâtit des églises. Il n’ira pas loin. Il n’a pas le pied marin. C’est pas qu’il aime pas l’eau mais il ne supporte pas la promiscuité avec les marins, surtout les très jeunes : Pierre qui roule ne masse pas mousses ! C’est une bonne habitude que perdront ses successeurs."

Alors Judas s’approcha et le baisa.

Jésus s’en offusqua et intervint : "Non, mais dis donc, tu veux pas non plus qu’on se pacse taffiole ?"

"Ben t’avais dit aimez vous les uns les autres ?"

"Oui, mais pas avec la langue !"

Cette scène dramatique, prit fin lorsque les gendarmes emmenèrent le prophète vers son terrible destin.

 

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Judas rongé par les remords. Toile anonyme mais faite par un artiste qui n'était pas manchot. Admirez l'intensité des sentiments rendus par le regard torve du traître.

 

Ca me rappelle cette histoire de David qui terrassa un géant philistin du nom de Jonathan Pierrevivante le Goret lent. Jonathan qui devait avoir des ascendances dans la Belle Province avec un patronyme aussi fleuri, était en effet très fort mais surtout très lent et très sale. Quel rapport me direz-vous ? C’est une très bonne question qu’il ne fallait pas me poser parce que je n’en sais fichtre rien.

Euh… Ah oui ! Le rapport entre David, Jonathan, les Parisiens et le Christ ? Mais c’est élémentaire, mon cher Robert, le rapport, c’est qu’il faut bien partir un jour sans retour. Ce que fit le Christ, flanqué d'une garde ne prêtant rien, même pas à rire.

Et on l’emmena, et on l’interrogit, et on le fut souffrir et on le martyrisout.

Il tira la fève et fut roi avec une couronne d’épines sanglantes (et non pas une couronne de pines sans glands, attention aux accords majeurs car la musique est un cri qui vient de l’intérieur). Il tira sa croix sous les quolibets de la foule versatile. Un jour ça te crie vive Pétain, le lendemain vive De Gaulle et le surlendemain, ça s’engage dans la marine.

Et là en haut du Golgotha, il souffrit sa passion pour découvrir le véritable sens de sa vie. Là-haut sur la colline, on entendait siffler, non pas Joe Dassin ni même le train et pourtant, c’était triste comme un dimanche sans petits pains au chocolat. Ah Yaya ya yaaaaaaïe !

Non, celui qui sifflait, c’était un des compagnons d’infortune de Jésus, un chanteur du nom de Brian, Brian May qui trouvait l’air frisquet pour un matin d’avril. "Show must go on" répétait-il. Et pourtant, pas de jolie blonde à forte poitrine pour faire tourner la roue de l’infortune. Et puis c’était pas une roue mais une croix.

Et puis avec eux, il y avait Bartabax, un voleur de chevaux notoire. Et puis il y avait cet humoriste Abyssinien dont la descendance serait très rancunière, Dieudonnus.

 

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Ponce Pilate disant la sentence. Aquarelle au Césium. Anonyme. Musée de la dune du Pilat. 

 

Ponce Pilate, un mec qui s’usait les mains à force de les laver vint les trouver. Ponce, qui habitait un palais de papier, de verre, était d’origine chinoise. Il devait son nom à ses exploits passés dans la flibuste. C’était un pilate des Calaïbes. C’était un pâle politicien qui quand il ne maniait pas la langue de bois, enchainait les poncifs : "Bien fait pour vos tronches, c’est un beau jour pour mourir sur une croix. Et moi en ce lundi pascal, je vous crie Géronimo ! Parce que je suis le chef et que Géronimo, c’est un grand chef à Pâques !"

Alors Jésus dit : "Mon Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font et arrête le Picon-vin blanc avant 13h00 parce que ça commence à se voir là."

Puis, en vérité, il signifia, la foule en délire reprenant en Italique, normal pour l'époque :

"Sur le Mont Sinaï. Sur le Mont Sinaï."

"Le prophète Isaïe. Le prophète Isaïe."

Dit a son peuple réuni. Dit a son peuple réuni."

Allons les rougeeeeu, allons les rougeuuuu, allons les rouge et et blancs".

La foule n'ayant pas passé sa jeunesse dans les années 80 à Liège parmi une marmaille footeuse, elle ne comprenait pas grand chose.  

Et puis avant de se laisser glisser dans les ténèbres salvatrices il cria encore "I’ll be back".

Mais bon, les apôtres qui assistaient à la scène enfermés en sous-sol n’y croyaient plus trop. Thomas, qui ne voyait plus que les murs de la fosse, restait sceptique. Après tout… L’âme c’est quand même surfait, deux mois en terre, dix jours en politique ou deux heures dans la finance et il n’en reste plus rien.

Et, en vérité vraie craché, juré, on mit Jésus dans un linceul. Et le linceul dans un tombeau. Et le tombeau dans une caverne avec des bougies pour l’éclairer. Et Claude Allègre s’en trouva fort aise, de voir cet espèce d’anarchiste écolo en cet endroit d’ombres. Ca confirmait ses théories sur les écolos, les cavernes et les bougies.

Et en ce soir, ils pleurèrent beaucoup sur cette plage. Pierre cria même Aline, pour qu’elle revienne. Mais rien n’y fit.

Et le deuxième jour ils pleurèrent encore comme des Madeleines avec Marie. Et ces madeleines rappelaient beaucoup à Pierre les proust qu’il faisait petit alors qu’il débarquait des caisses dans le port d’Amsterdam. Un endroit sympa le port d’Amsterdam, avec des marins qui chantent, certes, mais des rêves qui les hantent aussi et tout ça. Il y a juste la cuisine qui laisse à désirer. Il paraît qu’ils font les frites dans l’huile de morue.

Et le troisième jour, ils trouvèrent le tombeau ouvert. Ils prirent leurs chars et foncèrent vers la ville. Ils se virent dépassés par le Prince Laurent qui avait entendu parler de tombeau ouvert et en profitait pour rouler un peu.

Vous connaissez la suite de l’histoire. Les apôtres s’en allèrent sur les chemins, sans bicyclette, pour répandre la bonne parole : "aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé".

Un message d’une simplicité désarmante que l’esprit retors des successeurs du Christ n’eut de cesse de dévoyer. Au cours des siècles, à ce message relativement concis, on ajouta des conciles, des petits caractères de bas de page qui finirent par la remplir la page : les femmes c’est pas comme nous, les hérétiques c’est inflammable, les musulmans et les juifs, ça ne supporte pas le fil de l’épée, la terre est plate et ferme ta gueule, j’y ai tripoté son zizi mais il était d’accord, l’a pas dit non en tout cas… Enfin des broutilles quoi.

Et en cette semaine Sainte, en vérité, je vous le dis, il serait peut-être temps d’en revenir à l’essentiel du message.

En espérant ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posiez pas, je vous souhaite à tous chères lectrices et chers lecteurs, de recevoir et de donner de l’amour tant et plus aux vôtres et aux autres. Et de tester la réalité de la résurrection le plus tard possible.

Allez dans la paix du Christ. Amen.

 

 

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Published by le rustre - dans Chroniques rustiques
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