Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 16:12

Très édifiante et fort vénérable encyclopédie

Picrocholine du micro savoir.

Par le très estimé

Professeur Nicodème Abélard Leruth de la Motte de la Tichauvent

(Nico le Tich pour les intimes mais il y en a peu)

 

 

Docteur en branlocouillométrie expérimentale de l’Université de Villerupt-lez-Blanchon-sur-Lesse. Thèse : "Granulométrie en phase gazeuse des corn-flakes soumis à un rayonnement subatomique de spin de cheval positif".

Docteur en Herméneutique expiatoire dialectique des solides aux Facultés Notre-Dame de la Vertu relative de Noyelles-en-Gers. Thèse : "Flexibilité ondulatoire de l’appendice caudal bovin dans l’optique d’un diachronisme syntaxique utérin en milieu à queues".

 

Œdicnème Criard.

(Burhinus oedicnemus, ce qui est en soi tout un poème de virilité).

 800px-Burhinus oedicnemus 070403 POTSource : Wikipedia, Pascal Aleixandre

Animal muni d’un bec, de plumes et d’ailes, ce qui est d’une banalité confondante pour un oiseau.

Il ne doit pas être confondu avec ses cousins le furoncle bruyant et l’abcès-suintant-le-pus-tiède hurleur.

Œdicnème criard est un nom extrêmement rébarbatif à écrire quoiqu’il réjouisse en général l’œil du cruciverbiste taiseux et du scrabbleur aphone, nom étrange que mon logiciel word s’entête à souligner, parce que, bordel de merde au cul qui colle, le o n’est pas collé au e… Mais, fistule purulente, qu’est-ce que ça peut bien lui foutre ? De quoi se mêle-t-il celui-là ? Nom d’un greffon glaireux ? Ca les regarde non, le o et le e s’ils ne veulent pas être accolés ensemble, comme de vulgaires chiens dans une arrière-cour crasseuse, borgne et sourde à la misère humaine ?

Il y a quand même des trucs plus graves que ça non ? Nom d’une verrue moisie aux remugles de vieux camembert trop fait ! Est-ce que Kadhafi, il s’inquiète lui que le e et le o ne soient pas accolés dans une posture qu’il faut être grec pour apprécier ? Non monsieur, non… Il s’en fout Kadhafi, il a bien trop à faire avec les hordes de drogués révolutionnaires manipulés par Ben Laden et les slips Sloggi, piquousés jusqu’à la moelle d’héroïne frelatée mexicaine et avec les bataillons occidentaux surexcités à coup d’amphétamine de contrebande à la solde du capitalisme spoliateur mené tambour battant par Lady Gaga et Le Grand Président de la Nation de la Liberté de voter comme des abrutis !

Je m’excuse mais merde !

Croyez-vous que les Japonais vont avoir du mal  à s’endormir le soir parce que quand tu écris oedicnème criard, word te met du rouge ? D’ailleurs quand tu écris word, il souligne en rouge aussi. C’est vous dire s’il est con ! Le mec, il est même pas dans son propre dico !

Non bien sûr, les Japonais, encore tout secoués de la catastrophe récente, s’agitent et se débattent dans leurs cauchemars atroces peuplés de ponts broyés, d’os fracturés, d’abrutis de commentateurs européens bien planqués à Paris ou à Bruxelles ânonnant de leur petite bouche de prétentieux qui sait tout mieux que tout le monde que "le risque zéro ça n’existe pas", de mutants verts sortis tout droit d’une centrale nucléaire inoffensive et absolument nécessaire au bien-être moderne que sinon les cavernes et leurs bougies nous attendent.

Tas d’ignares. Au temps des cavernes d’abord, ils ne connaissaient même pas encore la bougie. C’est vous dire comment ils pleuraient toutes les larmes glacées de leur corps d’âge glaciaire les pauvres, sachant d’ores et déjà que sans bougies, ils auraient du mal à suivre la nouvelle ode au bon goût soyeux de l’humanité avec une grosse tache pétée dans les draps de TF1, carré de côtelettes VIP.

C’est vous dire comment Mammouth écrasait le prises en cette époque peu au courant des finesses de l’humanité moderne et où on se préoccupait plus de la pine de l’auroch que du spin de l’électron.

Voilà, mais Môssieur word lui, se plait à me souligner oedicnème parce que je n’accole pas le o et le e, alors que ce n’est même plus usité dans l’écrit moderne et que merde à la fin, il faut savoir ce qu’on veut : l’âge des cavernes sans bougies où on liait o et e pour rendre le oï grec qu’on ne savait même pas encore prononcer ou l’époque moderne où on s’éclaire à l’atome mais où on ne lie plus o et e. Il faut vivre avec son temps et mourir avec l’OTAN comme me disait l’autre jour un des fils Kadhafi.

Mais je m’égare comme disait Saint Lazare en mettant la langue à Jésus qui tentait le bouche à bouche pour le ranimer. "Je sais que c’est bon pour tes artères et que tu comptes vivre longtemps Jésus, dit Lazare, mais tu devrais arrêter l’ail cru au petit-dej, ça te fait une haleine de veau marin".

Bon et donc, que disais-je avant de m’égarer… Ah oui, c’est ça. Le o et le e d’oedicnème rechignent à l’accouplement, ce qui est leur droit le plus strict après tout. Si vous le permettez, dans la suite de cet exposé, nous appellerons l’oedicnème criard mâle "Roger" et sa femelle l’oedicmémère gueularde "Germaine". Au moins, dans Roger, le e et le o étant séparés par un G, ils sont moins tentés par un orgasme graffen…  graphologique.

Roger est donc un oiseau limicole des plaines de L’Eurasie….

Mouais… j’en vois qui ne suivent déjà plus. Quand je dis Roger, je parle de l’Oedicnème criard évidemment, suivant la convention dont au sujet de laquelle nous venons de digresser longuement et oisivement à l’instant. Je vous jure, vous ne suivez guère.

Roger donc, vit dans les grandes plaines d’Espagne, d’Ukraine, d’Inde… Non, je le répète, Roger est un oedicnème pas une dinde. Suivez, merde. Je vais finir par m’énerver et ne plus transmettre que les derniers potins de la téléréalité si vous continuez.

Roger vit donc dans les grandes plaines radioactives de l’est de L’Europe et même en Alsace, c’est vous dire s’il aime la choucroute. Il a bien résisté à Tchernobyl, hormis une ou deux pattes surnuméraires de-ci de-là. Roger est persuadé que là où il y a du Geiger, il n’y a pas de plaisir.

Roger vivant dans les plaines, il niche à terre, puisqu’il n’y a pas d’arbres. Il ne faut donc pas s’étonner des idées au ras des pâquerettes de Roger. Si vous l’aviez vu dans l’isoloir le jour des cantonales, Roger, vous eussiez entonné avec lui "C’est nous, les gars de la Marineeeuuuu". Mais que dis-je, un oiseau, ça ne vote pas. Ca a des choses bien moins sottes à faire.

Des choses moins sottes comme manger des vers, des insectes et ce qui traine dans la plaine. Car vous l’ai-je dis, de l’Afrique du Nord aux plaines Ukrainiennes en passant par l’Espagne et l’Alsace, Roger et Germaine vivent dans une plaine d’une platitude si morne qu’elle ferait regretter à Jacques Brel la pendaison d’un canal. Quand il veut se faire Germaine, Roger fait des mouvements vulgaires et disgracieux en criant comme un oedicnème, d’où son nom de Roger criard.

Evidemment, la question que tout le monde se pose c’est "est-ce que Roger pleupleute ?" tel le pic le soir dans le lointain ? La réponse est non. Comme son véritable nom l’indique, Roger se contente de crier, crier-er, Germaine pour qu’elle revienne et de pleurer, pleurer-er Oh j’avais trop de plaine.

Et je vais vous dire : le fait que Roger ne pleupleute pas me le rend déjà à moitié sympathique. Reste à savoir s’il est amateur de Ricard ou de 51 et une grande histoire d’amour inavouable entre Roger et moi pourrait débuter dans le matin gris assombri par les noirs nuages qui viennent du nord, terre brûlée aux landes de pierre, c’était le cornet d’Amora.

J’espère ne pas avoir répondu aux questions que vous ne vous posez pas sur Roger et Germaine. En vous souhaitant une soirée atomique, à la semaine prochaine.

Nicodème Abélard Leruth Baron de la Motte, Marquis de la Tichauvent.

Par le rustre - Publié dans : Almanach des sots et des malentendus - Communauté : Made in Belgium
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